
Le titre parle pour lui même, j'imagine ! Je découvre le jeu en même temps que je le parodie, alors il *peut* y avoir des incohérences.
Rated: Fiction T - French - Parody - Chapters: 16 - Words: 77,458 - Reviews: 15 - Favs: 6 - Follows: 2 - Updated: 06-09-12 - Published: 02-03-12 - id: 7801375
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Chapitre 13 – Le Futur Imparfait de Noel
Serah : Alors voilà ce à quoi rêve Noel…
Et tout en prononçant ces mots, Serah jeta un coup d'œil autour d'elle : un monde chatoyant, chaleureux, empli par le bruit de dizaines de serveuses s'affairant à combler le moindre des désirs de Noel – hormis ses désirs charnels, bien entendu – n'oublions pas que cette parodie s'adresse à tous les publics.
Serah : Ca ne m'étonne pas qu'il n'ait pas envie de partir… Il doit se sentir bien, ici.
C'est là qu'elle remarqua quelque chose d'étrange, en s'intéressant au visage des serveuses : elles étaient toutes ses sosies.
Serah : Je… c'est gratifiant, c'est sûr, mais ça me met un peu mal à l'aise, quand même…
Se frayant un passage malgré tout parmi ses clones – et tout en prenant garde de ne pas croiser leur regard, bien qu'elle passât de toute manière inaperçue – Serah parvint jusqu'à Noel, ou plutôt jusqu'à son trône : une véritable colline de coussins soyeux, en haut de laquelle il apparaissait majestueux, une couronne d'adamante sur la tête, et dans la main droite, un verre taillé dans l'antidiamant dans lequel une Serah versait de la manzana.
Serah : Noel ! Il faut…
Minute ! Je… euh… je viens de recevoir une lettre. Bizarre… Un fan, peut-être ?
« Cher narrateur,
En dépit de la liberté de narration qui vous est conférée, j'ai le regret de vous informer que la tonalité que vous donnez au rêve de Noel est bien trop joyeuse pour son triste passé. Je vous prierai donc de bien vouloir vous en tenir à la version présentée de façon officielle. Autrement dit, formulations précieuses à part, t'as intérêt à me virer ces serveuses-Serah en vitesse sinon ça va barder pour toi, mon p'tit gars !
Veuillez agréer mes sentiments les meilleurs, etc. etc.
Le Tout Puissant. »
Serah : Qu'est-ce qu'il veut dire par « la version officielle » ?
Mmh… ferme les yeux.
Serah : Quoi ? Mais pourq…
Ferme les yeux, j'te dis.
Serah : Bon… Et maintenant ?
Rouvre-les, maintenant.
Serah : Je vois pas l'intérêt d… Oh ! Tout a changé !
En lieu et place du magnifique petit intérieur bourgeois et de la montagne de coussins se tenait devant elle… un paysage désolé, que masquait une sorte de brume noire.
Serah : Alors j'imagine que c'est le passé qui hante Noel… Oh mais… C'est lui, justement, là-bas ! Hé ! Noeeel !
Mais celui-ci ne l'entendait pas, tout occupé qu'il était à fouiller dans le cadavre d'un Béhémoth.
Noel : Allez… où elle est, cette foutue clé ?
Serah : … Noel ?
Noel : Ah ! La voilà ! Ha ha ! Tu vois, saloperie ? Tu vois ce que ça t'a coûté de l'avaler ? T'es mort et moi j'ai réussi à récupérer la… Aah ! Elle est tombée ! Meeeerde… Elle est où ? Bon, tant pis, j'irai dormir chez Caius, ce soir. Brrr….
Serah : Caius ? Ah, il se retourne ! Hohéééé ! Ah, enfin !
Mais tandis que le chasseur se dirigeait vers elle au risque de la percuter, il la traversa sans même s'en rendre compte, comme si elle était… invisible. La jeune protagoniste entreprit malgré tout de suivre son comparse pour découvrir la suite de ce rêve.
Noel : Hé, Caius !
Caius : Mmh ?
Noel : J'peux crécher chez toi, ce soir ? J'ai paumé mes clés.
Caius : A une seule condition, Noel.
Noel : Oh, me dis pas que…
Caius : Tu devras me tuer.
Noel : T'es vraiment chiant avec ces conneries. Pourquoi est-ce que tu peux pas simplement me laisser dormir sur la banquette ? Ou même par terre ?
Caius : Un Gardien, un vrai, doit dormir sur un bon lit, Noel. Il n'y a qu'un lit chez moi, alors pour m'en détrôner, tu devras me vaincre !
Noel : Bon, laisse tomber, j'vais plutôt voir si j'peux pioncer chez Yeul… En plus, je préférerai largement sa compagnie, la nuit… au risque de pas dormir des masses, hé hé… euh… bon, à toute à l'heure.
Caius : Un jour, Noel, tu me tueras.
Noel : Oui, oui, l'oncle Norbert disait pareil, mais c'était quand il me courait après en agitant un balai, la main sur le cœur. D'ailleurs il avait raison, il a fait un infarctus quand j'suis venu chez lui à l'improviste. Mais là n'est pas la question, j'dois aller voir Yeul, moi.
Fort heureusement, la marche ne fut pas longue, puisqu'il retrouva la prophétesse quelques mètres plus loin.
Noel : Coucou !
Yeul : Oh, salut, Noel.
Noel : Dis… euh… J'ai paumé mes clés…
Yeul : Je vois… et Caius refuse de t'héberger à moins que tu le tues, je parie ?
Noel : Voilà. Donc j'aurais besoin de ton aide…
Yeul : Ecoute, Noel… Je serai ravie de t'aider, mais je ne peux pas être complice d'un meurtre, ce serait mauvais pour mon karma.
Noel : Mais non, je parle de dormir chez toi ce soir !
Yeul : Oh, d'accord… Oui, c'est vrai… J'ai un canapé clic-clac que tu pourrais utiliser…
Noel : Tu sais, Caius a dit qu'un vrai Gardien devait dormir dans un bon lit... Depuis le temps qu'il en est un, il peut pas avoir tort…
Yeul : Bon, j'ai compris, j'irai dans le clic-clac…
Noel : Mais non ! Pourquoi on pourrait pas dormir dans le même lit ?
Yeul : Je… je… JE SUIS PAS PRÊTE POUR CA !
Noel : Hé ! Attends ! Merde… J'aurais mieux fait de m'en tenir au canapé…
Renonçant à rattraper la Clairvoyante qui, de toute manière, s'était déjà trop éloignée, Noel dut se résoudre à combattre Caius.
Noel : Allez, Caius ! Ramène-toi !
Caius : Tu es prêt à me tuer, alors ?
Noel : Pas du tout. Une fois que je t'aurais fait bouffer tes dents, je te ligoterai dans un coin et j'utiliserai ton lit.
Caius : Commence par me battre !
Noel : Yaaaaah !
Caius : Haa !
Noel : OUAaaaah ! Hé, fais gaffe avec ce truc, t'as failli me…
Caius : Yaaah !
Noel : AAAAAAAaaaaaah ! C'est pas cool, t'y vas vraiment à fond !
Caius : Prends ça !
Noel : Aargh ! Je… d'accord… d'accord, j'ai compris… Je dormirai dehors…
Caius : Tu n'es pas encore prêt à me vaincre.
Noel : Non, mais t'inquiète pas, j'vais m'entraîner dur ! C'est la dernière fois que j'dors à la belle étoile ! LA DERNIERE !
Caius : Il s'agissait de toute manière de ta dernière occasion de me combattre.
Noel : Hein ? Mais pourquoi ?
Caius : Je dois m'en aller.
Noel : Où ça ?
Caius : Quelque part.
Noel : Quand ça ?
Caius : Maintenant.
Noel : Mais comment ?
Caius : Par un portail.
Noel : Et pourquoi ?
Caius : Parce que.
Noel : Et où ça ?
Caius : Quelque part.
Noel : Je crois qu'on tourne en rond.
Caius : C'est la raison précise pour laquelle je vais faire ce que je dois faire.
Noel : Tu m'as même pas dit ce que t'allais faire…
Caius : Tu n'as pas besoin de le savoir. Essaie de veiller sur Yeul.
Noel : Non, attends ! Hé ! Deux secondes ! Je peux utiliser ton lit, du coup ?
Caius : J'ai fermé la porte et les clés sont sur moi.
Noel : Aaah ! Vite, donne-les m…
Mais il était trop tard, le Gardien avait disparu dans un portail, celui qui l'emmènerait à Valhalla.
Noel : Bon, 'vaudrait mieux que j'aille trouver Yeul. Ca va faire une personne de moins pour qui mettre la table, ce soir… Voyons voir… Elle est partie par là, il me semble…
Et rejoignant celle qu'il avait maintenant la charge de protéger, il la trouva face au monument commémoratif de la victoire de l'équipe de Noel, Caius et Yeul au bowling du temps où il y avait d'autres personnes avec qui jouer.
Noel : Aaah, le bon vieux temps…
Yeul : Noel ? Caius est parti, n'est-ce pas ?
Noel : Ouais, je le soupçonne d'avoir voulu échapper à son tour de vaisselle, ce soir…
Yeul : Mmh…
Noel : Oui ?
Yeul : Ecoute, Noel, j'ai bien réfléchi, et je me suis dit qu'on pourrait peut-être dorm… Aah !
Noel : 'Tention !
La jeune femme, s'étant prise les pieds dans sa robe, s'étala de tout son long sur le sol poussiéreux, et s'en serait sortie indemne si une grosse pierre ne s'était pas trouvé au lieu de l'impact de sa tête.
Yeul : Ooh…
Noel : Meeerde ! Une hémorragie ! C'est mauvais, ça ! Euh… qu'est-ce que j'peux faire ? Qu'est-ce que j'peux faire ?
Yeul : Ce… n'est pas grave, Noel…
Noel : Un peu que c'est grave ! T'as le crâne complètement ouvert et j'ai rien pour te soigner ! Attends, si Marcel est mort suite à un rhume qu'on n'a pas pu soigner, imagine ce que ça peut être pour ça !
Yeul : Non, je veux dire… Noel… Ce n'est pas grave si je meurs… J'ai eu une vision de l'avenir, je n'aurais pas tardé de toute manière à succomber… c'est un futur plein d'espoir… et… et…nous nous reverrons… Au revoir… Noel…
Noel : D'ac… attends… et les clés ? Non, oublie les clés… Meurs pas, Yeul ! Si tu meurs, j'vais vraiment me retrouver tout seul !
Yeul : …
Noel : YEUUUUUUL ! Bordel !
Se relevant et donnant, de rage, un énorme coup de pied dans le gros caillou responsable de la mort de sa protégée, Noel se prit ensuite la tête entre les mains.
Noel : Pfff… Bon, je crois que « Gardien » c'était pas ma bonne vocation, vu le temps record que j'ai mis pour échouer… Mmh… Ca veut dire… que j'ai plus aucun sens à ma vie… qu'est-ce que je peux bien faire maintenant que tout m'a été retiré ? Ah, peut-être que… oui… c'est ça ! Dans tous les films que j'ai vus, le héros déprimé va faire un tour dans un paysage vide, voire désolé quand il peut, pendant des heures, jusqu'à ce qu'il reçoive un signe qui lui dise quoi faire ! Ah, super, moi j'ai une énorme plaine désolée pour moi ! Bon, il est temps de me mettre en route !
C'est ainsi que Noel prit son absence d'avenir en main et entreprit de commencer une longue quête désespérée pour sa propre identité par le biais d'une errance à travers les plaines du monde désolé.
Serah : Voilà maintenant deux heures qu'il marche… Quand est-ce qu'il va trouver ce fichu signe ?
Je peux accélérer le temps, si tu veux.
Serah : Comment ça ?
Quatre heures plus tard…
Serah : Je vois aucune différence, j'ai marché pendant quatre heures de plus !
Oui, mais les lecteurs ont pas eu à se taper lesdites heures de marche.
Serah : Qui ça ?
Oh, regarde ! Il s'est arrêté !
Serah : Exact. Bon, je vais réessayer de lui parler, peut-être que maintenant il me verra.
Je te rappelle que t'as déjà essayé il y a trois heures, et que ça avait pas eu beaucoup d'effet.
Serah : Oui, oui, tu es bien gentil mais je m'en souviens encore…
Ne daignant pas même attendre une quelconque réponse de la part du narrateur qui l'aurait sûrement laissée muette, l'institutrice partit rejoindre un Noel effondré sur le sol, et commençait à s'en approcher lorsqu'une lumière vive apparut, et l'instant d'après, il s'élevait dans les airs. Serah eut le temps de s'accrocher à sa main, ce qui la fit elle aussi flotter.
Noel : Mmh ? Oh ! Je vole ! JE VOLE ! J'ai trouvé ma nouvelle vocation ! JE SUIS UN OISEAU !
Serah : Noeeel !
Noel : Plaît-il ? Ah, tiens Serah ! Comment tu… Hein ? SERAH ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Serah : Ce n'est qu'un rêve, Noel, tu as déjà vécu ces événements, mais tout ce que tu as vu toute à l'heure était artificiel. Moi aussi j'étais enfermée dans un rêve, et j'ai réussi à en sortir.
Noel : Ah, bon, ça me rassure alors… Mais, euh… juste comme ça… On s'en tire comment ? Parce que là, on est en train d'être aspirés par cette lumière, et tu sais ce qu'on dit sur les lumières blanches au bout des tunnels…
Serah : Il suffit de… Allez !
D'un coup sec, elle dégagea Noel du rai lumineux, et le suivant de près dans sa chute, elle atterrit à ses côtés au moment où un monstre apparut devant eux.
Serah : Oh !
Noel : Toi ?
Gogmarog : V… Vouuuuus !
Noel : Non mais tu nous suis ou quoi ?
Gogmarog : Maaaaaais nooooon, eeeeenfiiiin, jeeee…. Jeeee… jeeee… Jeeeee suiiiis venuuuu iciiii pouuur meeees vacaaaaaances… C'eeeeest vouuuus quiiiii êêêêêtes touuujouuurs lààà oùùù jeee vaaaais…
Noel : Ah ben c'est pas de bol. Allez, Serah, on le bute ?
? : Il y aaaa uuun proooblèèèème, chééériiii ?
Gogmarog : Reeeeste daaaans le poooortaaaail, Goooogmaaaarooogiiiinaaaa.
Gogmarogounet : Qu'eeeest-ceee qu'yyy see paaassee, paaaapaaaa ?
Gogmaroginou : Papaaaaaa, quaaaand eeeeest-ceee qu'oooon aaaarriiiive ?
Gogmarog : Reeeesteeeez eeen deeehoooors deee çaaaa, leees eeenfaaaants.
Serah : Euh…
Gogmarog : Jeeee vouuus eeeen priiiie, éééépaaaargneeeez maaaa faaaamiiiille.
Noel : Oui, bon, je suis moins emballé que toute à l'heure à l'idée de t'éviscérer…
Serah : Moi aussi…
Noel : Ca va pour cette fois, hein !
Gogmarog : Miiiiiille meeeeerciiiii. Tuuuu peeuuuux plaaaaaanter la teeeeente, Goooogmaaaarooogiiinaaa.
Noel : Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?
Serah : Je ne sais pas trop… Et si on allait là où Yeul a rendu son dernier soupir ? Il y a quelque chose qui m'intrigue à propos de ce monument…
Noel : Oui, je sais, le sculpteur savait pas trop à quoi ressemblait une balle de bowling, alors il a dessiné un ballon de foot, du coup ça donne un petit effet bizarre, avec les quille à côté.
Serah : Non, ce n'est pas ça… Je voudrais y aller, en tout cas.
Noel : Ouais, d'accord. C'est pas comme si on était pressés, de toute façon.
Le retour vers le lieu du trépas de Yeul fut plus rapide qu'à l'arrêt, Noel ne s'étant pas arrêté cette fois-ci une demi-douzaine de fois pour regarder l'horizon d'un air profond et mélancolique
Noel : Ah, vous m'avez vu ? Alors ? J'avais l'air de quoi quand je faisais ça ? La classe, hein ?
Serah : Moui, ça allait…
Bientôt, le monument était en vue, et à l'instant même où Noel entra en contact avec celui-ci, il s'illumina pour faire apparaître un portail… d'où sortit Mog.
Mog : Kupo !
Noel : Qu'est-ce que tu fous là, toi ?
Mog : Lightning m'a envoyé vous chercher, kupo !
Serah : Ah ?
Mog : Oui, je sais tout à propos de Caius, kupo !
Noel : Super, dis-nous tout !
Mog : Il y a longtemps, c'était un L'Cie, mais Etro l'a libéré et lui a confié la tâche de veiller sur Yeul, kupo. Elle l'a donc aussi doté du Cœur d'Etro, une incarnation de la force vitale de la déesse, qui le rend immortel.
Serah : Ca ne va pas nous faciliter la tâche…
Noel : Il voulait que je le tue alors qu'il est immortel ? Eh beh… Il devait vraiment pas avoir envie de me voir squatter son lit, le Caius…
Mog : Ce n'est pas tout, kupo. Comme il a écouté Yeul lui raconter ses prophéties, il sait tout de la ligne du temps. Son immortalité et sa mémoire, kupo, lui donnent un énorme pouvoir !
Serah : C'est terrifiant…
Noel : Oui, mais c'est sans compter sur le fait qu'on est les gentils. On va nécessairement gagner.
Serah : Que sais-tu d'autre, Mog ?
Mog : C'est tout, kupo.
Noel : Boah, c'est toujours mieux que rien, j'imagine…
Mog : Je dois aussi vous faire prendre ce portail, kupo.
Serah : D'accord. Allons-y, Noel !
Tous deux se retrouvèrent alors dans un paysage familier, bien qu'il ait été ravagé par les affres du temps.
Serah : Cet endroit… Est-ce que ce serait…
Noel : Ca m'en a tout l'air.
Mog : Neo-Bodhum, kupo.
Noel : Du moins, celui de mon époque, soit 700 AC. On peut plus vraiment parler de « Neo ». Peut-être « Old-Bodhum », mais c'est hideux, comme nom.
Serah : Il n'y a plus personne…
Noel : Oui, forcément, Gadot, Yuj, Lebreau et les autres ont pris plus d'une ride, depuis le temps.
Serah : Mais leurs descendants auraient pu survivre, et pourtant…
Mog : Là-bas, kupo.
Serah : Ah, oui, il y a bien quelque chose, de ce côté !
Noel : Allons voir ce que c'est.
Mog : On dirait une distorsion temporelle, kupo !
Serah : On dirait que quelque chose en sort !
Noel : Quelqu'un, plutôt…
Serah : Oh ! L… Lightning !
Lightning : Ah, bien, vous êtes déjà là.
Serah : Lightning, c'est bien toi ?
Lightning : Je sais que je suis pas maquillée, mais quand même, tu pourrais faire un effort pour être sûre et certaine…
Serah : Non, je veux dire… Ce n'est pas une illusion, n'est-ce-pas ? C'est vraiment toi…
Lightning : Oui, Serah. Et Noel… Je dois dire que je me suis trompée sur ton compte.
Noel : Ah !
Lightning : Tu es complètement stupide, pervers, inconscient, et pas particulièrement puissant, mais tu as le mérite d'avoir réussi à m'amener ma sœur.
Noel : Bien, bien ! Ca sent la récompense, ça, non ?
Lightning : Pas du tout. Tu as eu l'honneur de concrétiser les plans de la divine Etro.
Noel : Ben y a un autre plan, portant le nom d'une lettre de l'alphabet, que j'aurais bien aimé concrétiser, moi…
Lightning : Pardon ?
Noel : Moi ? J'ai rien dit. C'est Mog. C'était très discret, mais il me semble avoir entendu son « kupo », à la fin.
Lightning : C'est ça, oui. Toujours est-il qu… Hein ?
Serah : Qu'y a-t-il ?
Lightning : Oui… Je comprends…
Noel : Qu'est-ce qui lui arrive, cette fois ?
Lightning : Ce sera fait, bien entendu.
Serah : Elle parle toute seule comme Alyssa, dans les Ruines de Bresha… tu crois que ce serait… ?
Noel : Le Tout-Puissant…
Lightning : Bien, je vous les amène.
Serah : Quoi ?
Lightning : Vous avez dû comprendre de quoi il en retournait, mais dans le doute, je vais répéter pour toi, Noel.
Noel : Trop aimable.
Lightning : Nos retrouvailles auront été de courte durée, le Tout-Puissant veut vous voir. Il vous expliquera les détails de ce qui va suivre, mais pour faire simple, nous allons mener le combat sur deux fronts : moi à Valhalla, vous dans le monde des humains.
Noel : Quoi ? Alors notre aventure est pas terminée ? Moi qui espérais qu'en amenant Serah ici, elle te sauterait dans les bras, moi dans les vôtres, Etro organiserait une barbecue party et les mots « The End » s'afficheraient entre deux merguez…
Serah : Encore un dernier effort, Noel. Je sens qu'on approche de notre but !
Lightning : Mieux vaudrait ne pas faire attendre le Tout-Puissant. Il vous attend derrière ce portail.
Noel : Prête ?
Serah : Evidemment !
Et ensemble, ils pénétrèrent dans ce nouveau portail, au bout duquel ils auraient enfin la réponse à la question qui les taraudait depuis si longtemps. Qui était donc le Tout-Puissant ? Oui. Qui est-il donc ? Vous aussi, vous vous le demandez, n'est-ce pas ? Eh bien on va jouer à un jeu, vous allez me faire des propositions, et je répondrai par Oui ou par N… Oh et puis tant pis, oubliez, c'était une idée à la con, on va se contenter de découvrir la réaction de nos deux lascars.
? : Bienvenue.
Serah : Ca alors !
Noel : Ouais, en fait j'aurais dû m'en douter…
Serah : Exact, en fin de compte ça ne pouvait être que lui.
? : Je suis très content de vous voir en chair et en os, vous deux.
Serah : Tout l'honneur est pour nous !
Noel : Ouais, on n'a pas tous les jours l'occasion de rencontrer Morgan Freeman.
M. Freeman : Allons, allons, ne prononcez pas mon nom en vain, voulez-vous ?
Noel : Oh, ouais, pardon…
Serah : Selon Lightning, vous allez nous renseigner sur ce que nous réserve la suite des événements, non ?
M. Freeman : En effet, mais il convient d'abord que je revienne sur certains événements. Cela risque d'être long… des cacahuètes ?
Serah : Non merc…
Noel : Oh, trop d'la balle !
Serah : Euh… évite de te gaver comme ça devant le Tout-puissant, quand même…
Noel : Mfmf !
Serah : Prends le temps de mâcher, aussi, tant que tu y es…
M. Freeman : Ha ha ! Ca ne fait rien, il peut manger comme il l'entend… Voyons voir… Oui… Tout a commencé lorsque vos amies Fang et Vanille ont sauvé Cocoon des griffes de la gravité. Ma servante, Etro, a pris de pitié vos compagnons pour leurs efforts, et je ne peux pas vraiment l'en blâmer, mais le problème, c'est qu'elle n'a pas été très futée, et en intervenant pour les débarrasser de leurs marques de L'Cie, elle a été obligée d'ouvrir la porte du royaume invisible. Ceci fait, bien entendu, elle a refermé le portail, mais en faisant cela, elle a altéré la ligne du temps. Lightning est la seule à s'en être rendue compte. Elle a été aspirée par une force irrésistible, et s'est ensuite réveillée sur la plage de Valhalla.
Noel : Encore un coup de Lenneth.
M. Freeman : Non, pas dans ce jeu-ci.
Serah : Si c'est pour dire des trucs incompréhensibles, Noel, tu peux continuer à te gaver de cacahuètes, moi j'essaie d'écouter.
Noel : Oui mais y en a plus.
M. Freeman : Quand y en a plus, y en a encore. Je ne suis pas le Tout-Puissant pour rien, tout de même.
Noel : Wouhouuu !
M. Freeman : Où en étais-je, déjà ? Ah, oui… Lorsque Lightning est arrivée devant le trône d'Etro, celle-ci lui a confié la lourde responsabilité de veiller sur son royaume, et l'a pour cela revêtu d'une armure très chouette, scintillante, avec des plumes, tout ça.
Serah : Oui, nous l'avons vue.
Noel : C'était joli, ouais.
M. Freeman : Quoi, c'est tout l'effet que ça vous fait ? C'est moi qui l'ai dessinée, quand même, cette armure…
Noel : Oh, elle était superbe ! Géniale !
Serah : Je n'en croyais pas mes yeux !
M. Freeman : Mais non, mais non, enfin, vous allez me faire rougir. Bref, depuis, elle contemple la ligne du temps, et c'est elle qui t'a envoyé ce songe, Serah.
Serah : Oh, je vois…
M. Freeman : Il y a une chose que vous devez savoir… La déesse faiblit en ce moment-même, et si elle venait à s'éteindre, le monde serait plongé dans le chaos !
Noel : Attendez, attendez… C'est la déesse du Chaos, et si elle disparaît, le monde sera submergé par celui-ci ? C'est quoi, ces conneries ?
M. Freeman : Oui, bon, j'avoue, c'est pas très logique, mais ils ont fait ce qu'ils ont pu pour trouver une intrigue qui ne fasse pas trop râler.
Serah : Ils ? Qui ça ?
M. Freeman : Rien qui vous concerne. Votre mission est toute autre.
Noel : C'est rageant ! On trouve enfin le maître de l'univers, et tout ça pour découvrir qu'il y a encore des types qu'on connaît pas !
M. Freeman : Vous n'avez pas à les connaître, vraiment… A la rigueur, retenez simplement qu'ils se font appeler « L'équipe de développement ». C'est un nom un peu barbare, je vous l'accorde. D'ailleurs, eux aussi ont aussi des petits côtés barbares. La rumeur dit qu'ils ont les yeux bridés et la peau jaune.
Noel : Ah ben ça ! Je leur suis bien reconnaissant de pas m'avoir crée à leur image !
M. Freeman : Bon, revenons à nos brebis égarées… Je n'ai pas besoin de vous présenter Caius, vous le connaissez déjà… il vous faut savoir qu'il essaie de détruire tout espoir en réduisant le futur à néant.
Noel : Mais pourquoi ?
M. Freeman : Oh, il a sans doute de bonnes raisons… il cherche à sauver sa petite protégée, Yeul, à la délivrer de sa malédiction pour ne pas avoir à l'enterrer tout le temps, mais retenez seulement que c'est le méchant, et que les méchants ont une fâcheuse tendance à vouloir tout détruire, ou tout dominer, au choix.
Serah : Ce n'est pas un peu manichéen ?
M. Freeman : Un petit peu. Caius est malheureusement atteint du syndrome dit « Syndrome d'Ultimecia », il veut supprimer le passé, le passé et le futur, autrement, toute la ligne temporelle, pour les compresser et…. Ben supprimer l'espace temps, quoi. Je ne vais pas vous faire un dessin, ce ne serait pas très bon pour nous.
Noel : Ca, je veux bien l'admettre…
Serah : Mais comment va-t-il s'y prendre ?
M. Freeman : C'est là qu'est toute la subtilité, si on peut dire ça. Voyez-vous, ce n'est pas directement Etro qui a altéré l'espace-temps, quand elle a voulu aider vos amis L'Cie… « quelque chose » est sorti de Valhalla, un pouvoir incommensurable, inouï, gigantesque… en bref, vous l'avez compris, si cette chose venait à s'abattre dans le monde des humains, ça ne serait joli à voir. Caius veut donc assassiner Etro pendant son sommeil pour que cette puissance soit libre de son emprise et déferle dans le monde visible par la Porte Ethérée. Mais cette porte ne s'ouvre habituellement que pour laisser entrer les âmes au Valhalla… mais que se passerait-il si des millions d'âmes y entraient en même temps ?
Noel : Ca ferait un embouteillage de malade ?
M. Freeman : M… mais non ! La Porte Ethérée s'ouvrirait en grand pour toutes les laisser entrer, et cette puissance titanesque en sortirait pour engloutir le monde !
Noel : Ah, oui, aussi…
M. Freeman : Cette puissance est telle qu'elle peut traverser les différentes époques pour en grignoter l'essence. Ainsi, à mesure qu'il progressera dans l'espace-temps, Caius aura rempli son objectif.
Noel : C'est sacrément tordu, comme plan.
Serah : On doit empêcher cela à tout prix, mais comment ?
M. Freeman : Votre périple touchera bientôt à sa fin, mais d'abord, vous devez vous rendre à Academia, en 500 AC.
Serah : Le jour du lancement du parc d'attraction de Hope, n'est-ce-pas ?
M. Freeman : En effet. Caius prévoit d'y faire une petit apparition-surprise pour lancer le parc d'attraction contre Cocoon, sur le point de s'effondrer à cause de la séance-dédicace qui changera le centre de gravité de la sphère.
Serah : Deux catastrophes en une… Ceux qui survivront à une telle tragédie verront aussitôt fondre sur eux cette masse de chaos et la puissance enchaînée dans Valhalla…
Noel : Autrement dit, on a besoin de nous pour sauver le monde !
M. Freeman : Exactement. Je vais vous ouvrir un portail vers votre destination… Voilà. Bon courage !
Serah : Une petite minute, M. Freeman…
M. Freeman : Oui ?
Serah : Je voudrai savoir quelque chose…
M. Freeman : Je t'écoute.
Serah : Puisque vous êtes aussi puissant, pourquoi n'intervenez-vous pas directement dans ce grand péril ?
Noel : Mmh… Les voies de Morgan Freeman sont impénétrables…
M. Freeman : Ta question est pertinente, mais vois-tu, ce n'est pas aussi simple…
Serah : Vraiment ?
M. Freeman : Oui, car ma puissance vient du doute des mortels. Une partie d'entre eux croit en moi, une autre partie non. Dans le fond, ils n'ont aucune réponse à cette question, ils font eux-mêmes le choix d'y croire ou non, il s'agit là de leur propre liberté. Si j'apparaissais et que je multipliais les miracles devant eux, ils seraient forcés de croire en moi et m'abandonneraient leur propre destinée, la remettraient entre mes mains. Mais le fait de se demander si j'existe ou non leur impose d'y réfléchir par eux-mêmes. La question théologique est sans doute plus importante que la réponse. Ce serait comme si quelqu'un vous racontait la fin d'un livre excessivement cher que vous avez toujours voulu lire, mais que vous n'auriez jamais pu vous offrir. Pour ce qui est des guerres de religion qui ont secoué l'histoire, je ne suis pas dupe si elles se sont faites en mon nom, le cœur des hommes qui portaient mes bannières ne contenait que la haine et la rage. C'est la bêtise de certains qui en est responsable, pas mon culte. Et ceci est valable pour toutes les religions, aussi bien ceux qui me sont fidèles que ceux qui le sont à Chuck Norris ou à Sora-desuka.
Serah : Oui, je comprends…
Bon, on est toujours dans une parodie, là, ou bien on a dévié vers l'essai théologique ?
M. Freeman : A vous de me le dire, M. Desuka.
Merde.
M. Freeman : Vous espériez vous cacher derrière ce surnom ridicule de « Narrateur » ? J'attends toujours les trente gils que vous me dev…
OH ! LA-BAS ! UNE VACHE A SIX PATTES !
M. Freeman : …
JE DECONNE PAS ! ELLE EST EN TRAIN DE DEGUEULASSER VOTRE CANAPE !
M. Freeman : Ah non, pas mon canap… Hein ? Mais où est…
COUREZ !
Serah : AAaah !
Noel : Allez, vite !
Et sautant dans le portail, nos amis se retrouvèrent bientôt à Academia, la même ville qu'ils avaient quittée quelques temps plus tôt (cent ans, pour être exact), mais qui semblait considérablement changée.
Serah : C'est la dernière ligne droite…
Noel : Le chemin m'a l'air un peu plus compliqué qu'une simple ligne droite, mais soit, allons-y !
Fin du Chapitre
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