Anime/Manga » Mai HiME »

Une vie pour une autre
Author:
Sarabeka PM
Elles ont perdus leurs pouvoirs de HiMEs. Elles ne sont plus que deux jeunes femmes au milieu d'un pays ravagé. Et elles doivent survivre, l'une pour l'autre, même au milieu de la meute où elles ne sont acceptées qu'à contre coeur.
Rated: Fiction T - French - Hurt/Comfort - Natsuki K. & Shizuru F. - Chapters: 11 - Words: 41,959 - Reviews: 58 - Favs: 8 - Follows: 9 - Updated: 01-05-13 - Published: 03-04-12 - id: 7895254
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Waah ! J'ai du sang plein les mains ! Qui peut savoir qu'un oiseau est capable de saigner autant ? C'est ignoble... Dire que j'voulais faire vétérinaire quand j'étais gosse. Je conseille d'avoir le coeur bien accroché. Mais on a un renardeau au centre de soins. Le genre d'animal qui fait plus peluche qu'autre chose.

Je remercie tous ceux qui lisent et commentent. Même si ça fait toujours bizarre de se rendre compte que son travail est apprécié et suivi.

Bonne lecture.


- Des fauves ? répéta Natsuki.

Elle imaginait mal l'invasion de Tokyo par des félins immenses. Après la guerre hommes contre hommes, il ne manquait plus que la nature se rebelle sous la forme de ses prédateurs les plus féroces.

- Cherche pas. Armez-vous. Solidement et efficacement, fit Kuro en attrapant lui-même une machette cachée sous son lit de camp. Et vite ! rajouta-t-il en se dirigeant déjà vers la sortie de sa tente.

Natsuki et Shizuru se dévisagèrent un instant, l'une ne sachant pas trop quelle conduite tenir, l'autre s'avançant déjà vers la brune. Dehors, des cris éclatèrent. De rage, de haine et de douleur. Les lueurs des feux se firent plus vives. Signe que les feux n'étaient plus contrôlés et commençaient déjà à détruire les tentes et les abris les plus inflammables.

Shizuru attrapa le visage de Natsuki et y déposa un baiser neutre.

- Je t'interdis de mourir.

Elle sortit après ces mots. Laissant sa compagne seule dans la grande tente. S'armer oui, mais avec quoi ? Elle avisa le coffre immense et entreprit de l'ouvrir. Quiconque vivant dans cet endroit avait au moins une bonne demi douzaine d'armes dans son abri. Kuro ne devait pas être en reste.

Bingo !

Même si c'était loin d'être le Beretta avec lequel elle avait l'habitude de tirer, elle attrapa tout de même le revolver qui se présenta à ses yeux. C'était toujours aussi froid, toujours aussi dur, toujours aussi glauque… Mais ça pourrait peut-être lui sauver la vie. Ou bien l'achever si elle estimait n'avoir aucune chance contre les ''fauves''.

Elle vérifia que les six chambres du barillet étaient pleines, attrapa plusieurs chargeurs et sortit à son tour après avoir tiré le chien en arrière. Il faudrait qu'elle fasse attention. Ce n'était pas un automatique. Mais c'était toujours mieux que rien.

En passant le rabat de la tente, elle se sentit plongée dans un cauchemar qui revenait trop souvent à son goût ces derniers temps. Le feu gagnait effectivement du terrain, dégageant une fumée qui piquait les yeux et la gorge. Mais personne ne s'en occupait. Ils étaient tous en train de se défendre contre une bande d'adolescents. Moins nombreux qu'eux, certes, mais beaucoup plus forts. Il s'agissait surtout de jeunes hommes, maigres et nerveux, tout en muscles et au regard de ceux qui sont devenus des bêtes.

Les armes qu'ils exhibaient se résumaient le plus souvent à un tesson de verre ou une brique. Mais ils s'en servaient avec tellement de hargne que les coups pleuvaient. Faisant mouche à chaque fois, brisant quelques os au passage.

Natsuki fit feu dans le dos d'un des ''fauves'' qui allait frapper Setsuna par derrière. Cette dernière s'en sortait remarquablement bien malgré son handicap. Sa main droite fracassait mâchoires et pommettes aussi bien que n'importe quel engin mécanique. Natsuki comprit en voyant un éclat brillant qu'elle tenait un poing américain. Son bras gauche, quant à lui, était entièrement recouvert d'une gaine de cuir hérissée de dizaine de petites pointes de métal. Avec un tel équipement, elle n'avait qu'à balancer son bras sans se soucier de la précision. Les jeunes au visage éborgné et au torse griffé que Natsuki croiserait plus tard étaient son œuvre.

Natsuki chercha Shizuru du regard, mais ne la vit nulle part. Elle s'inquiétait. Shizuru était partie sans arme.

Sur sa gauche, Kuro jouait de la machette avec une aisance déconcertante. Comme s'il avait fait ça toute sa vie en fait. Natsuki le vit trancher une tête avant de partir à la recherche de Shizuru. Elle traversa le parking en courant, bouscula plusieurs personnes sans trop savoir où elle allait. La fumée de l'incendie lui faisait tourner la tête. Elle avait du mal à respirer normalement. Elle se sentit tomber lorsqu'une poigne ferme la tira par le bras.

- Mais t'es tarée ! Courir comme ça vers les flammes !

C'était Isamu, il la soutint sur quelques mètres avant de s'accroupir brusquement, évitant ainsi un projectile qui lui aurait ouvert le crâne en deux. Natsuki s'effondra à sa suite. Il la secoua un moment, avant de tourner la tête vers la silhouette floue qui fonçait vers eux en hurlant à la mort.

Natsuki visa et fit feu. La détonation l'assourdit un instant. Une masse chaude tomba près d'elle. Un visage qui n'avait pas l'air plus âgé qu'Isamu. Ce dernier s'était redressé. Natsuki remarqua qu'il ne portait pas d'arme. Et sa vision se faisait de plus en plus floue. A ce rythme là, le prochain ''fauve'' qui leur tomberait dessus serait le dernier.

Elle leva difficilement son bras armé et posa sa main près de son oreille, canon vers le haut. Serrant les dents, elle appuya sur la détente.

Elle eut l'impression que le monde entier explosait dans ce coup de feu. Vint le silence. Inquiétant face à toutes ces ombres qui se battaient devant ses yeux écarquillés au maximum sous l'effet de la douleur. Elle s'était cambrée, la bouche ouverte en un cri muet. Puis vint le sifflement. Affreux. Qui déchira le silence comme un coup de griffes létal.

Natsuki se redressa difficilement, la douleur lui avait au moins remis la tête en place. Pour le moment. Le vacarme environnant était étouffé par ce seul sifflement. Qui perçait son tympan droit comme une balle l'aurait fait de sa peau. Elle n'entendit pas la course précipitée dans sa direction, ni le cri furieux de celui qui lui tomba sur le dos en moins d'une seconde. Elle ne tomba pas. Griffa de sa main libre en hurlant elle aussi.

Il avait les yeux verts. Comme elle. Et les cheveux noirs. Comme elle. Il se tenait sur ses deux jambes, campé, prêt à tuer s'il le fallait.

Comme elle.

Sauf qu'elle, elle était pressée. Elle cherchait Shizuru et n'avait franchement pas de temps à perdre avec un gamin comme lui. Il amorça un geste. Elle fit feu sans sommation ni hésitation. Le cadavre touchait à peine le sol qu'elle repartait déjà en courant.

- SHIZURU !

Sa voix, rendue rauque par la fumée, se perdit au milieu du tumulte environnant.

Elle cherchait quelque chose, n'importe quoi, un signe, une voix, qui lui indiquerait que Shizuru était là. Qui la mènerait vers elle.

Ce fut l'éclat d'acier du couteau de Shizuru qui lui indiqua la direction. Et l'urgence. Si elle ne faisait rien, Shizuru se retrouverait bientôt avec quinze centimètres d'acier dans la gorge. Un gaillard massif la maintenait contre un mur, retournant son propre couteau contre elle. Shizuru peinait de plus en plus à tenir la lame loin de sa gorge. Mais l'arme avançait progressivement.

Natsuki se rua vers l'homme, le bouscula en lâchant un cri de rage qui aurait fait fuir n'importe quel prédateur sur cette planète. Elle s'acharna sur cet homme, vida son barillet, le rechargea, tira à nouveau. Dans le torse, dans le visage… Jusqu'à ce que la partie supérieure de son corps soit réduite en charpie. La frénésie ne partait pas. Elle aurait voulu réduire ce corps en poussière d'un seul geste de la main.

- Natsuki ! Ca suffit, Natsuki !

Appuyer sur la détente n'amenait plus rien à part un clic monotone. Plus de balles. Une main se posa sur son épaule. En un réflexe malheureux, elle se retourna brusquement, revolver tenu par le canon. La crosse percuta violemment le menton de Shizuru qui recula de plusieurs pas. Si elle avait été totalement lucide, Natsuki s'en serait immédiatement voulu. Mais son cerveau ne répondait plus aux ordres qu'elle lui donnait, ne se fiant qu'à l'instinct de survie. Besoin primordial dans une situation comme la leur.

Elle observa un instant Shizuru qui la fixait en se tenant la mâchoire, tremblante.


Le bruit s'était encore atténué derrière le sifflement suraigu. Mais parce que c'était terminé. Des ordres étaient donnés pour éteindre l'incendie. Heureusement, dans un espace aussi confiné que le parking, il n'avait pas pu réellement se propager. La fumée mit longtemps avant de totalement se dissiper et même après ça, beaucoup toussaient.

Natsuki avait aidé à éteindre le feu et à rassembler les blessés. Huit morts et une vingtaine de blessés dans la meute. Dix huit morts et cinq prisonniers chez les ''fauves''.

- On en fait quoi ? demanda Mirai à Kuro en désignant les cinq jeunes gens.

On leur avait attaché les mains dans le dos et fait s'agenouiller. Natsuki contemplait la scène à l'écart.

- On ne peut pas les garder. Et si jamais on les libère, ils vont aller rejoindre leur chef pour lui donner des infos. On ne peut pas prendre de risque, continua le second.

- Tu as raison.

Les cinq ''fauves'' levèrent les yeux vers Kuro qui secoua doucement la tête.

- On va les exécuter, annonça-t-il froidement.

C'est un chef. Il doit être clément, mais ferme quand il le faut. Capable de trancher le membre pourri pour le bien de la communauté. Je ne voudrais pas être à sa place.

Les cinq étaient jeunes. Pas plus de dix-neuf ans. Mais le regard de ceux qui ne croient plus à rien. L'un d'eux soupira même de soulagement à l'annonce de Kuro. Deux autres pas contre, tremblaient de tous leurs membres tandis qu'un troisième pleurait silencieusement. Le cinquième était une gamine qui regardait Kuro droit dans les yeux, comme le mettant au défi de mettre sa sentence en œuvre.

Un homme s'avançait déjà et Natsuki remarqua qu'il s'agissait de la sentinelle à la hachette avec qui elle avait fait sa garde. Mais Kuro lui barra le passage. Il lui prit même son arme des mains et s'avança vers les rangs. Il désigna trois personnes. Trois jeunes personnes. Dont Isamu.

Le garçon était pâle mais il prit tout de même la hachette que lui tendait Kuro.

Natsuki préféra détourner les yeux. Entendre les cris était déjà bien assez suffisant. Les suppliques, les demandes de pitié. L'un des ''fauves'' appela sa mère en pleurant. Les os craquèrent sous les coups de hachettes, la peau se déchirait sous le poignard ou se faisait broyer par la masse. Ils durent s'y reprendre à plusieurs fois. Frapper une fois pour recommencer, encore et encore. Dans un bruit humide de sang et cervelle éparpillés.

Heureusement que son oreille sifflait toujours. Elle aurait pu entendre les appels au secours sans ça.


Elle ne rentra pas à l'abri. Même s'il avait été miraculeusement épargné par le feu, comme quelques autres. Elle savait que Shizuru s'y trouvait, un morceau de tissu imbibé d'eau sur le visage. Mais elle ne voulait pas la rejoindre.

La rage de tuer avait disparu petit à petit. Et lorsqu'elle avait voulu s'approcher de sa compagne pour ne serait-ce que s'excuser et la soigner, Shizuru avait eu un geste de recul. Ca avait sûrement été inconscient. Mais terriblement blessant pour Natsuki.

Elle avait peur. Peur de ce qu'elle était devenue l'espace d'un instant. Et puis elle comprenait ce qu'avait pu ressentir Shizuru.

Tuer pour l'être qu'on aime. Pour le sauver, ou le protéger. Ca revient au même.

Et elle s'en voulait. De ne pas avoir compris plus tôt, de ne pas s'être contrôlé…

Elle aperçut une ombre derrière elle et se recroquevilla un peu plus sur elle-même. Setsuna s'assit alors près d'elle.

- Les regrets sont bons pour les morts, déclara-t-elle de but en blanc.

Un moment passa, où elles ne dirent rien.

- T'es franchement bizarre. T'es impulsive, voire complètement inconsciente parfois, mais face à elle c'est… Je sais pas. On dirait que t'es plus la même.

Shizuru a été celle qui a réussit à me changer. La seule.

Elle lui avait petit à petit appris la confiance, l'amitié. Puis finalement la haine et l'amour, affreusement entrelacés. Sans Shizuru, elle aurait sombré dans une spirale de solitude. De la même façon que Nao quelques années auparavant.

J'ai parfois l'impression de faire une rechute.

- Tu devrais aller la voir.

- Non.

- Pourquoi ?

Elle eut un tremblement incontrôlé.

- Je… Je n'en ai pas le droit.

- Pour ce qu'il s'est passé tout à l'heure ? Ca arrive. Tu avais peur, tu étais à cran. On l'était tous.

- J'aurais pu la tuer…

- Mais tu ne l'as pas fait.

Setsuna se releva en s'aidant de son bras valide.

- Ecoute. Tout le monde a faillit mourir au moins une bonne demi douzaine de fois. Ne serait-ce que ce soir. Et pourtant on est là. La vie continue. On a tenu jusqu'ici, ce n'est pas pour rien.

Natsuki ne répondit pas. Elle observait les ombres qui bougeaient lentement dans la semi pénombre.

- Tu dois être stupide.

- Quoi ?

- Tu as pourtant dit que vous étiez déjà mortes dans les bras l'une de l'autre. Et vous vous êtes mises ensembles. Jusque là tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Même si tu as l'air d'être la fille la plus longue à la détente de la planète.

La louve se rendit compte que les paroles de Setsuna sonnaient vrai. Trop à ses oreilles sifflantes. Longue à la détente… Pas qu'un peu. Shizuru avait attendu trois longues années avant que Natsuki se rende compte de quoi que ce soit. Et il avait fallut le festival des HiMEs pour ça.

Vraiment stupide…

- Et tu disparais du jour au lendemain après son accident. Comme ça, l'air de rien.

Elle claqua des doigts.

- Alors qu'elle a le plus besoin de toi. Il paraît que tu t'en veux, mais tu répètes la même erreur en ce moment même.

- D'où est-ce que tu sors tout ça ?

- J'ai veillé ta copine pendant ta petite escapade à Toranomon. C'est fou tout ce qu'on raconte lorsqu'on a de la fièvre.

Natsuki remarqua qu'elle s'était redressée et qu'elle serrait les poings. Comme si elle s'apprêtait à frapper. Setsuna la défiait du regard.

Elle attend de voir si je pourrais lever la main sur elle. Elle me provoque.

Mais le regard de la jeune fille se radoucit.

- T'as vraiment du mal à comprendre.

- Hé ?

Elle poussa un soupir exaspéré.

- Elle a besoin de toi. Qu'est-ce que t'attends pour la rejoindre ? Elle t'attend ! Qu'est-ce qu'il y a de compliqué à ça ?

- Je ne sais pas… Tout et rien sûrement…

Setsuna vint se poster près d'elle et la poussa dans le dos.

- Vu que t'as du mal à faire le premier pas, je t'aide, répondit-elle au regard interrogateur de la brune. Et n'oublie pas, aujourd'hui est le premier jour du reste de ta vie. Alors profite !

Natsuki se rendit alors près de Shizuru. Le rabat tomba dans son dos.

- Natsuki ? fit une voix à l'accent chantant. Je pensais que tu ne viendrais plus.

Silence gêné. La brune baissa les yeux.

- Tu vas bien ? demanda-t-elle finalement.

- Hormis le fait que tu m'aies brisé deux dents et que j'ai eu très peur, je vais bien.

Sa gorge se noua. Elle l'avait blessée, assez pour lui briser les os. Si le coup avait été porté plus haut, elle aurait pu lui ouvrir le crâne. A cette simple idée, elle se détesta.

- Je suis… Je suis… Désolée, Shizuru. Désolée… hoqueta-t-elle en se perdant dans des sanglots sans fin.

Deux bras l'enlacèrent alors qu'elle tombait à genoux, pleurant toutes les larmes de son corps. Shizuru lui murmurait de se calmer en lui caressant les cheveux.

- Pardon… Pour aujourd'hui… Pour chaque fois où je te fais du mal.

- Ssshh… Ce n'est rien. Ca m'a sonné mais je survivrais.

- Pardon pour être partie de l'hôpital… Je m'en veux tellement… Je m'en veux, si tu savais.

Les doigts de Shizuru se crispèrent dans ses cheveux. La simple évocation de ce souvenir lui été douloureux.

- Et… Et je comprendrais si toi aussi.

- Natsuki…

- J'aurais du rester. Mais j'avais tellement peur. Que tu ne te réveilles pas. Que tu ne te réveilles plus.

- Natsuki.

Elle l'attrapa par les épaules pour la repousser à peine et voir son visage.

- Je t'en veux oui. Tu as raison. Pour ne pas être restée. Mais tu es revenue.

Voyant que la brune détournait les yeux, Shizuru lui attrapa le menton entre deux doigts pour la forcer à la regarder en face.

- Alors même si tu m'as laissé seule dans cette chambre de réanimation la dernière fois, même si tu m'as fait mal aujourd'hui, tu es avec moi. Et plus important… tu m'as sauvé la vie.

Pour mieux te blesser après…

Natsuki se mordit la lèvre pour ne pas fondre à nouveau en sanglots. Elle n'était pas à la hauteur et cette simple constatation lui mettait l'estomac à l'envers.

Shizuru se redressa, la releva avec elle pour l'attirer dans ses bras. Un instant plus tard, sans vraiment comprendre pourquoi ou comment, Natsuki se trouvait assise sur les genoux de Shizuru, posée sur le lit. La brune enfouit son visage au creux de l'épaule de sa compagne.

- Ca a été affreux pour moi de ne pas te trouver à mon réveil, fit Shizuru en glissant une main dans ses cheveux.

Natsuki serra un peu plus le poing sur le pull de Shizuru.

- Au début, j'ai attendu. Je pensais que tu finirais pas revenir. Pendant des semaines. Mais rien. Pas un coup de fil, aucune lettre.

- Je suis désolée…

- J'ai attendu. Encore et encore. En me disant que tu ne voulais peut-être plus de moi.

- C'est faux. Je voudrais toujours de toi.

Elle ponctua sa phrase en déposant ses lèvres sur la peau fine devant sa bouche. Elle sentit Shizuru frissonner.

- Je voudrais toujours de toi. Parce que j'ai besoin de toi.

Quand leurs regards se rencontrèrent, elle pensa que ce n'était qu'un rêve. Qu'elle se réveillerait bientôt, dans un grand lit aux côtés de Shizuru qui la rassurerait. Elle se rendormirait alors tranquillement, en se disant que tout ce qui était arrivé n'avait été qu'un affreux cauchemar.

- Même si je ne te mérite pas…

Shizuru l'embrassa.

- C'est ce que toi tu penses. Pas moi.

Elle écarta une mèche qui s'était évadée de la tresse de Natsuki.

- Laisse-nous une chance. Laisse-toi le temps. J'attendrais encore.

Tu as toujours attendu. Que ce soit à Fuuka, après le festival des HiMEs, ou lorsque tu t'es réveillée. Tu m'as attendu trop longtemps.

Seulement voilà, elles n'avaient pas le temps d'attendre. Elles avaient faillit mourir aujourd'hui, elles pourraient très bien mourir demain. Tuées par un fauve trop hargneux ou une bombe malencontreuse.

Et si jamais une seule d'entre elles survivaient ? L'autre ne s'en remettrait jamais. Sûrement.

En réalisant qu'elle aurait tout simplement pu perdre Shizuru, Natsuki se serra encore plus contre son aimée.

Elle est tout ce que je n'ai pas encore perdu. La seule qu'il me reste.

Elle pressa ses lèvres contre les siennes. Goûtant à cette saveur salée, vitale. Elles échangèrent des baisers passionnés, se séparant seulement pour reprendre un souffle rapide et désordonné.

Les lèvres de Shizuru allèrent frôler la gorge de Natsuki, lui procurant de délicieux frissons.

Elle savait ce qui allait se passer. Elle se moquait bien qu'on les entende.

Cette nuit-là, elles firent l'amour. S'offrant et recevant comme si c'était la dernière fois.

Elles oublièrent le monde, le feu et l'acier. Ne restait que le corps, les baisers, les caresses et le plaisir de l'autre.


- C'est quoi exactement, un ''fauve'' ?

Mirai tira sur la cigarette qu'elle serrait entre ses lèvres et recracha la fumée. Personne ne savait d'où elle tenait ces cigarettes, mais il s'agissait d'un bien précieux et rare. Aussi rare que les fois où l'on voyait Mirai fumer.

Elle jeta un regard en coin à Natsuki.

- C'est les gamins des rues. Dangereux parce qu'ils sont nombreux, mais pas organisés. Contrairement à nous. On les a appelés comme ça par opposition à la ''meute'' qui comprend peu de personnes mais est organisée.

C'est tout bête en fait.

Il était étonnant de voir à quel point les choses avaient pu devenir simples depuis le début du conflit. Les besoins s'étaient réduits au strict minimum. Manger, dormir, trouver un toit… Il ne fallait rien de plus.

Elle termina de remonter la paroi de tôle. Après l'incendie, le camp était à reconstruire dans sa quasi-totalité. Des patrouilles de récupération de matériaux avaient été organisées. Mais pour l'instant, Natsuki se sentait beaucoup mieux à l'abri du parking sous la garde des sentinelles. Et puis, de cette façon, elle restait à proximité de Shizuru.

- Tu crois qu'ils vont revenir ? demanda-t-elle en observant le profil de Shizuru.

- Je ne pense pas non. A moins qu'un second groupe ne décide de tenter sa chance. Ce qui s'rait pas crédible.

- Comment ça ?

- On leur a fichu une raclée. Ils n'ont aucun survivant pour leur filer des infos.

Le regard de Shizuru croisa celui de Natsuki. Elle lui fit un signe de la main.

Mirai jeta sa cigarette à terre et l'écrasa avec son talon.

- Tss… Vous m'écoeurez.

Elle retourna à ses occupations. Shizuru eut un sourire. Bon, peut-être qu'elles avaient effectivement fait un peu de bruit.


Croyez-moi ou non, mais j'ai eu énormément de mal à écrire le moment entre Natsuki et Shizuru. J'ai l'impression que ça sonne faux quelque part. M'enfin...

Vos impressions ?

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