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Heavy Rain The Two Brothers
Author:
Marionetcompagnie PM
Quelques années après les événements d'Heavy Rain, soldés par la mort de Scott Shelby, une nouvelle série de meurtre commence, le même modus operandi. Une famille en particulier se trouve plongée dans leurs origines...
Rated: Fiction K - French - Drama/Suspense - Chapters: 3 - Words: 10,466 - Published: 05-09-12 - id: 8100577
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[NB : Les dialogues ayant été originellement écrit en anglais; les dialogues en gras sont ceux qui étaient également en français dans le texte original]

Samedi

9:32 am.

0.51 inches

C'était une matinée d'automne ordinaire dans la banlieue New-Yorkaise lorsque Fye se leva ce matin là, les rideaux fermés, le bruit d'une légère pluie au dehors, et sa femme, Sophie, toujours endormie, à ses côtés, blottie dans ses bras. Il se redressa de quelques centimètres seulement. Ses yeux bleus se posèrent sur elle et lui fit décider de rester au lit encore quelques minutes avant de se lever. Il jeta un regard au réveil. Il était encore tôt, il n'avait donc pas à se presser; sans compter qu'il ne travaillait pas et n'aurait donc pas à se rendre à l'hôpital aujourd'hui. Il passa une main dans ses cheveux mi-longs, se frotta un œil, bailla discrètement. Il n'aimait pas réellement le bruit de la pluie au dehors, mais c'était toujours mieux que si un orage se pointait. Il avait toujours haï le bruit du tonnerre, l'avait toujours craint.

Ses yeux firent le tour de la pièce, plutôt sombre puisque le temps était mauvais et les rideaux toujours fermés. La chambre était dominée de bleue même si quelques touches de vert se trouvaient par-ci par-là. Il avait laissé la décoration au soin de sa femme, lorsqu'ils avaient emménagé, et c'était sa couleur préférée. Il sourit imperceptiblement. La chambre semblait si dérangée. Ils n'avaient pas pris le temps de ranger leurs vêtements la vieille, mais il irait sans doute les porter à laver plutôt que de les replacer dans l'armoire.

Son regard se tourna de nouveau vers la jeune femme à ses côtés.

'Elle est vraiment adorable quand elle dort...'

Il caressa avec tendresse ses cheveux blonds comme les siens, quoi qu'un peu plus clairs, puis se pencha sur elle et déposa un baiser sur son front. Elle fronça alors les sourcils, tourna la tête, puis ouvrit un œil. La première chose qu'elle trouva vu le charmant sourire de son époux et ses yeux remplis d'amour qui la fixaient. Toujours un peu endormie, elle sourit à son tour, s'étira avec précaution, bailla, une main délicate sur sa bouche rose. Elle resta collée à son buste nu et taillé lorsqu'elle se décida à parler d'une voix ensommeillée.

"Coucou, toi..."

"Bonjour, mon chaton. Tu as bien dormi ?" Elle s'étira de nouveau, se colla davantage à lui.

"Comme un bébé, merci~. Et toi ?"

"Avec toi, toujours." She giggled gently.

"C'est gentil~."

Elle se redressa finalement, contemplant elle aussi l'état de la chambre après une nuit agitée, souriant comme l'avait fait son mari. Elle s'assit sur le matelas, puis se redressa, se leva, sous le regard de son mari. Il ne le détourna pour se lever à son tour que lorsque la jeune femme alla attraper le sous-vêtement de la veille qui traînait au sol, allant lui aussi à la recherche de ses effets. Sophie prit ensuite un peignoir et s'en habilla, puis chercha dans sa commode quelques vêtements qu'elle mettrait dans la journée. Son mari avait prit la liberté de ramasser tous les vêtements au sol, tant qu'elle était occupée, mais elle s'approcha de lui et lui demanda d'un regard de les lui donner, ce qu'il fit sans se faire prier. Elle déposa ensuite un baiser sur ses lèvres, se surélevant un peu, sur la pointe des pieds -il faisait au moins vingt centimètres de plus qu'elle-.

"Je vais aller prendre une douche. Tu me rejoins ?" Malgré un sourire amusé, il secoua la tête.

"Non, je vais m'habiller et vérifier que les enfants sont réveillés, et faire le petit déjeuner."

"Tu es un coeur. Je serais pas longue."

Elle aussi avait un charmant sourire au visage, un peu taquin, sans doute à cause des manières de son époux, de cet accent britannique et de ces phrases irréprochables, de sa galanterie. Puisqu'elle avait les bras remplis de vêtements, il lui ouvrit la porte de la chambre et eut droit à un nouveau baiser, sur la mandibule, cette fois. Il entreprit ensuite de s'habiller. Fye préférait procéder à sa toilette le soir, en rentrant du travail, afin de nettoyer son corps de la sueur de la journée et de l'odeur de l'éther qui l'entourait constamment. Il savait que Sophie ne supportait pas cette odeur, même si elle n'en disait jamais rien. Il s'approcha donc de sa garde robe et en sortit un boxer propre, un pantalon droit cendré, un gilet vert olive, une chemise blanche et une cravate rouge. L'Anglais s'habilla rapidement pour passer la porte de la chambre et longer le couloir, passant la salle de bain d'où il entendait l'eau couler pour arriver près des chambres de ses enfants. Il entrouvrit celle des jumelles et aînées, Rose et Aurore, mais elles dormaient toujours. En revanche, son fils, Thomas, qui avait six ans et trois de moins que ses sœurs, se réveilla lorsqu'il ouvrit la porte de sa chambre.

'Oh... Je l'ai réveillé.'

Le petit homme blond se redressa donc sur son lit alors que son père venait s'y asseoir. La chambre de ses sœurs étaient peinte de rose et de jaune, remplie de motifs de fleurs, de nuages, de soleils, mais la sienne était plutôt étoilée et marine. Le sol était bleu océan, son lit en forme de bateau, la plafond une voute étoilée, des posters des astres spatiaux sur les murs, des jouets fusée, voilier, pirates ou cosmonautes. La mer et les étoiles étaient deux passions plutôt contraires, mais deux passions du petit garçon tout de même. Fye caressa ses cheveux.

"Désolé, fiston, je ne voulais pas te déranger."

Il se frotta les yeux mais ne parla pas, regardant simplement son père en tendant les bras. Le Britannique soupira intérieurement. Malgré ses six ans, Thomas était plutôt en retard. Il parlait peu, avait tendance à pleurer lorsqu'il n'avait pas sa mère, ou son père, ou au moins ses sœurs avec lui, et l'école était toujours une épreuve un peu difficile pour lui. Son esprit s'égarait parfois dans un monde qui n'était manifestement pas celui des personnes qui l'entouraient. Un autiste... Le cœur de Sophie s'était brisé lorsqu'elle l'avait appris, mais ses parents étaient si attentionnés que sa situation s'était bien améliorée en quelques années.

Il accepta finalement l'accolade, prenant son garçon dans ses bras, mais le reposant peu après à ses côtés, lui prenant juste la main pour descendre avec lui. Il devait absolument s'habituer à ne pas toujours être porté. D'autant qu'il se faisait lourd pour le pauvre Britannique qui commençait à se faire vieux. Même s'il n'avait pas l'air d'avoir quarante ans, son dos le lui rappelait souvent ! Ils descendirent tous les deux et Fye alluma la télévision pour son fils, attendit qu'il soit assez perdu pour ne pas se soucier de son absence pour enfin aller dans la cuisine. Il n'avait pas pris la peine de l'habiller : il savait que sa femme voudrait aller lui faire prendre un bon bain avant tout. Sophie, d'ailleurs, sortit de la douche peu après, propre, fraiche et habillée d'une robe bleue à manche longue, ses jambes réchauffées par des collants de laine blancs. Dès qu'elle aperçu son fils, elle alla déposer un baiser sur son front, le saluant en français, et le prit dans ses bras sans hésitation dès qu'il le quémanda. Elle rejoignit son époux dans la cuisine : il commençait à préparer les ingrédients pour faire, sans aucun doute, des gaufres. Il avait même déjà sortit le moule.

"Tu veux que je t'aide ?"

Il se retourna. Même s'il fut peu ravi de voir Thomas dans les bras de sa femme, il ne dit rien. Il avait beau le lui répéter, Sophie faisait moins d'effort que lui pour aider Thomas à se libérer de sa dépendance maternelle. Elle appréciait sans doute trop l'idée que son enfant ne puisse jamais la quitter. Il secoua doucement la tête pour lui répondre, se retourna vers le comptoir.

"Non merci. Mais tu pourrais réveiller les filles si elles ne sont pas descendues dans quelques minutes. Même si je suis sûr qu'elles accourrons en sentant les gaufres..."

Elle hocha la tête et n'insista pas. Elle préférait toujours l'aider lorsque c'était lui qui faisait la cuisine, mais c'est vrai que c'était souvent elle qui préparait le petit déjeuner, puisqu'il n'avait pas le temps de le faire avant de partir à l'hôpital. Fye se contentait souvent d'une tranche de pain et de confiture malgré les remontrances de Sophie. La vie d'un médecin n'est jamais vraiment facile.

La jeune française laissa donc son mari à la cuisine et repartit avec son fils dans le salon, s'assit dans le canapé devant la télévision allumée.

Comme l'avait prévu le Britannique, les deux jumelles ne tardèrent pas à descendre, une fois réveillées, certainement alléchées par l'odeur, toujours dans leur pyjama. Pour les reconnaître plus facilement, ou plutôt pour que leur père les reconnaisse plus facilement, Sophie avait pris l'habitude d'habiller Rose en rose, vert, et Aurore en bleu, ou jaune. Leur pyjama ne faisait pas exception. Elles allèrent embrasser leur mère, puis leur père, le détournant de ses fourneaux pour quelques secondes, puis retournèrent au salon, s'asseoir elles aussi sur le canapé, regarder elles aussi la télévision.

Ironiquement, il n'y avait jamais grand chose pour les enfants lors des matinées de fin de semaines, aussi Sophie avait changé plusieurs fois de chaînes à la recherche vaine d'un dessin animé ou d'une émission de jeunesse, et avait laissé la télécommande sur une chaîne d'information. A dire vrai, c'était plus pour son mari, qui écoutait alors d'une oreille distraite, car elle n'aimait pas réellement regarder le journal télévisé, en particulier celui de New-York. Il était toujours rempli de mauvaises nouvelles, d'agressions et de meurtres, de catastrophes naturelles en tout genre... Elle détestait entendre de telles monstruosités. Et elle détestait que ses enfants puissent entendre de telles monstruosités. C'est sans doute pour cela qu'après à peine quelques minutes elle se retourna vers eux, souriant doucement, affectueusement.

"Et si vous jouiez ensemble les enfants, ou alliez attendre les gaufres de Papa dans la cuisine ? Moi je vais y aller."
"Moi aussi, maman."
"D'accord, moi j'ai faim !"

Elle leur fit de petites tapes d'affection dans le dos et les jumelles se levèrent et trottinèrent en direction de la cuisine, joyeusement, l'une derrière l'autre, allant s'asseoir à la table de bois clair, balançant les jambes sur leur chaises. Sophie resta encore assise un moment. Son fils gigota dans ses bras pour qu'elle le laisse au sol et qu'il rejoigne ses sœurs, ce qu'elle s'empressa de faire. Le petit s'empressa de passer l'arche et de grimper sur une chaise aux côtés de ses soeurs. La jeune femme ne décida de suivre ses enfants que plusieurs minutes plus tard, et et s'était dirigé vers la pièce plus lentement, mais s'était pourtant arrêtée net, sa curiosité attisée par le téléviseur, lorsqu'elle entendit la voix masculine du présentateur annoncer une autre nouvelle terrifiante.

Fye tourna la tête quelques secondes, sourit à ses enfants lorsqu'ils arrivèrent. Il avait presque fini; les gaufres étaient bientôt dorées et goûteuses.

"J'espère que vous avez faim, mes puces."

"Je suis MORTE de faim, papa !" Il ricana doucement.

"Tu exagères, ...Au-rore. Qu'est-ce que vous voulez sur vos gaufres ?"

"Je veux des fraises et de la crème fouettée !"

"Je veux des bananes et du chocolat !" Il se mit de nouveau à rire, dos à elles. Ses filles étaient très énergiques et extraverties. Elles tenaient sans doute leur énergie de leur mère, d'ailleurs.

"Et qu'est-ce que Thomas veut sur ses gaufres, mon chéri ?"

Thomas ne répondit pas immédiatement, la tête tournée vers l'entrée de la cuisine, manifestement en train de penser à autre chose ou attiré par quelque chose en particulier. Rose, à ses côtés, passa donc une main devant son visage, le faisant sursauter puis se retourner, lui grattouilla la tête.

"Tu veux quoi sur tes gauffres, Thommy ?" Il prit un temps de reflexion, un doigt sur la bouche, dans la bouche.

"Sirop."

"Du sirop d'érable donc." Fye hocha la tête. "Les filles, vous pourriez préparer ce qu'il faut ?"

"Oui papa !"

Il continua ses préparations un moment pendant que les deux blondes sortaient des placards et du réfrigérateur tout ce dont elles auraient besoin. Les gaufres furent prêtes en une petite minute et une fois placées dans un plat qu'il amena au centre de la table, le Britannique s'étonna finalement de ne pas voir sa femme sur l'une des chaises de la cuisine. D'autant que Sophie était elle aussi restée une grande enfant : elle salivait toujours à la mention de crêpes, de sucreries, de chocolat, de gaufres.

'C'est étrange...'

Il plissa les yeux en fixant l'arche et penchant la tête. Sa femme était devant la télé, proche d'entrer dans la cuisine. Il s'occupa d'abord de ses enfants, leur servant une gaufre chacun, pour le moment, laissant les filles se débrouiller seules mais aidant le plus jeune à étaler le sirop. Ce n'est qu'une fois tout le monde servit qu'il appela son épouse, qui n'était étonnamment toujours pas venu les rejoindre.

"Sophie ? Le petit-déjeuner est prêt."

"T-tu devrais venir voir ça, Fye."

Son ton sonnait plutôt préoccupé, et cela l'inquiéta. Il décida donc de laisser ses enfants seuls quelques secondes et passa l'arche pour rejoindre la femme blonde qui se tenait à quelques pas seulement, les yeux rivés sur la télévision. Pris dans ses préparations, il n'avait pas entendu les nouvelles annoncées, mais le put à présent, et tourna lui aussi son regard, fronçant alors les sourcils, vers le poste.

"En effet, une seconde victime a été retrouvée dans un terrain vague près de Highline Park. LE garçon, Jimmy Adams, âgé de dix ans, a été découvert mort depuis plus de six heures, un origami représentant un chien dans la main droite et une orchidée déposée sur sa poitrine. Son visage a été couvert de boue. Ce modus operandi a été identifié par la police comme celui du malheureusement célèbre tueur aux origamis. Scott Shelby, le tueur d'origine, a été tué lors d'une tentative d'arrestation il y a plusieurs années, ce qui a bien sûr conduit laa police à penser que quelqu'un tente d'imiter ses rituels. Qui est-ce et pourquoi restent des questions en suspend. La population est appelée à rester très prudente. Le tueur agit durant la journée et dans des lieux publiques. De nombreux parents victimes du tueur aux origamis ont mentionné une étrange lettre arrivant avant que leur enfant ne disparaisse. Si vous recevez une lettre de ce genre, vous êtes naturellement encouragés à contacter les autorités compétentes immédiatement. Sans transition, de nouveaux événements en Lybie..."

C'est à ce moment là que le Britannique bougea, s'approcha du poste et l'éteignit. Sa femme avait baissé la tête, une main sur la bouche, l'air inquiète. Il alla immédiatement la prendre dans ses bras, caresser ses épaules, son dos.

"Highline park..." Elle murmura. "La première victime a été retrouvée dans Harlem... Comment ça se fait ? C'est si loin..."

"Est-ce que tu penses vraiment qu'il y a une raison ? Les meurtriers sont des fous. C'est pour ça qu'ils tuent de sgens. Ils sont cinglés. Tu ne penses pas ?"

"Peut-être..." Elle tremblait doucement. Il pouvait le sentir. "C'est... de plus en plus proche... De chez nous..."

"Ce n'est que la deuxième victime. Ce peut être une coïncidence. Ne t'inquiète pas... Comment pourrait-il arriver quelque chose à nos enfants ? Nous ne les laissons jamais seuls, pas même une seconde."

"J'imagine..."

Elle soupira, ferma les yeux, se blottissant davantage contre le corps de son époux qui la resserra contre lui de ses bras. Malgré tout ce qu'il pouvait dire, elle était toujours inquiète pour ses enfants. Il lui en fallait bien moins que cela pour qu'elle panique à leur propos. Elle tremblait toujours et tentait de respirer avec calme. Son mari finit par lever son menton de deux de ses doigts, l'embrassant sur les lèvres, un baiser tendre et réconfortant.

"Nous devrions rejoindre les enfants dans la cuisine."

Elle hocha lentement la tête, il se décolla d'elle et fit demi-tour. Elle lança un dernier regard à la télévision, éteinte, puis rejoignit enfin sa famille. Les filles avaient déjà terminé leur gaufre et en avait même pris une deuxième.

Sophie n'en mangea qu'une avec du sucre, et Fye les mangea nature.

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