
"L'oubli est le meilleur moyen de recommencer." Charles aurait dû y penser plus tôt, ça lui aurait peut-être évité quelques soucis supplémentaires dont il se serait bien passé. XMFC. Départ donné par la fameuse scène de la plage. /Titre changé - enfin./
Rated: Fiction M - French - Romance - Xavier, C. & Magneto - Chapters: 9 - Words: 23,086 - Reviews: 19 - Favs: 10 - Follows: 11 - Updated: 10-20-12 - Published: 06-25-12 - Status: Complete - id: 8256767
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A+ A- |
Disclaimer : Les personnages sont la propriété de Marvel. Les événements se basent sur ceux du film X-men : First Class
Nora Hegel m'appartient.
Pairing : Erik/Charles ; Erik/Raven
Note - histoire de : J'avoue tout, j'ai pas fait ma relecture ultime de chapitre, donc il reste peut-être des fautes. Pardon pardon. Pis je le poste maintenant, parce que mardi, je suis pas là et que une semaine de plus à attendre pour un chapitre tout p'tit et assez nul, ce serait vous manquez d'respect ma'am.
J'adorerais avoir une sorte de jingle qui annoncerait ce genre de chapitres, complètement vide et ne servant qu'à la transition d'une phase à une autre. M'enfin, bref.
Lorsque j'ai écrit ce chapitre, j'étais en pleine lecture de La Peste de Camus, donc vous avez ici droit à une splendide analyse décomposée comme celles qui peuplent le roman. J'en suis un peu fière. [cette info était inutile, d'ailleurs, j'me demande, y'en a qui lisent les conneries que je raconte ici ?]
Sinon, j'ai une folle envie de faire un crossover avec un affrontement Mutant vs FBI avec pleins de slash dans les deux camps, ce serait fabuleux. *.*
J'me lâche complet. Bref Bonne Lecture
Et promis, le prochain chap', ya de l'action, du sang, des reproches, de l'amour (ceci est le synopsis de la série ricaine de base, j'ai honte)
Emma Frost s'immobilisa immédiatement lorsque les aiguilles de son antique pendule traversèrent la chambre pour s'encastrer dans le mur derrière elle. La femme aux diamants haussa un de ses sourcils parfaits, décontenancée. Qu'est-ce qui lui prenait à cette horloge ? Un grincement lui fit tourner la tête et elle aperçut les ressors de son lit traverser son matelas tandis que l'armature en elle-même se liquéfiait comme une glace laissée en plein soleil.
La télépathe soupira bruyamment. Elle n'avait plus de lit, aucun moyen de connaître l'heure et Magneto était furieux.
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La sensation était étrange, chaude et poisseuse, elle pesait sur sa lèvre supérieure, s'infiltrait à la commissure, emplissant sa bouche d'un goût cuivré. Le plafond lézardait, les marches étaient poussiéreuses, l'ampoule cassée. Il renifla, réveillant la douleur incrustée dans son nez. Sa tête lui tournait tandis que le flux de sang se tarissait doucement.
Conséquence démesurée d'un désaccord qui avait mal tourné.
Comme d'ordinaire, c'était Erik qui s'était emporté le premier. Il s'agissait d'une histoire stupide, une question de fréquentation. Charles avait tenté de le calmer en l'appelant par la voie de la raison, en vain. Désespéré et exténué, il avait amorcé ce geste proscrit, celui d'amener ses doigts à sa tempe. Erik n'avait pas réfléchi. Il détestait qu'on vienne mettre le désordre dans ses pensées déjà suffisamment confuses pour qu'on vienne en rajouter. Son poing s'était mouvé de sa propre volonté, sans que son esprit ne contrôle rien. Charles avait reculé sous l'impact. Aucun des deux hommes n'avait prit conscience de ce qu'il venait de se passer avant que la manche de chemise du télépathe ne se tache de rouge carmin.
Charles avait aussitôt pris la fuite, laissant Erik gérer seul sa rage.
La porte voisine de son appartement s'ouvrit, éclairant faiblement le palier, lugubre à cette heure avancée de la soirée. Nora se pencha au-dessus de lui en murmurant des « Gott ! Gott ! » désolés. Avec douceur, elle pressa un mouchoir contre le cartilage endolori de Charles, lui ordonnant de renverser la tête. Elle caressa d'une main tendre ses boucles brunes décoiffées pour le réconforter. Les yeux bleus du télépathe commencèrent à le piquer tandis qu'il refoulait les larmes qu'il éprouvait face à l'immense gentillesse presque maternelle que lui témoignait sa logeuse. Elle s'occupait toujours de ses blessures sans qu'il ne lui ai jamais demandé de le faire. Elle était d'une bonté rare.
L'imposante silhouette d'Erik apparut dans l'encadrement de leur appartement. L'allemand jeta un œil menaçant à la femme, mais elle ne plia pas. Nora ne pliait jamais face à l'adversité, sa conscience était plus solide qu'un roc. Charles n'était pas aussi fort. Il capitula et regagna son foyer en remerciant timidement sa voisine.
Dès le seuil passé, Erik l'emprisonna entre ses bras, le visage lové dans son cou. Il était désolé, il ne voulait pas. Charles lui rendit son étreinte, il ne pouvait pas rester fâché contre lui. Lentement, Erik releva la tête pour venir embrasser son cadet, sans faire attention au sang séché qui recouvrait ses lèvres.
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Oui, Erik avait vécu à Frohburg. Bien évidement qu'il connaissait une Nora. Nora Hegel, sa logeuse, une femme qui se mêlait toujours de ce qui ne la regardait pas. Il ne pouvait pas expliquer pourquoi, mais Erik nourrissait pour cette femme un incongru sentiment de jalousie. Jaloux de quoi ? Que pouvait-il envier à cette vieille avec laquelle il n'avait eu au grand maximum que deux ou trois conversations ?
Il était normal que Frohburg et Nora fassent partie de ses souvenirs, mais qu'ils fassent partie de ceux de Charles l'était beaucoup moins.
Son verre éclata contre le mur, tachant le papier-peint d'une flaque jaunâtre aux relents d'alcool. Raven ne l'avait jamais vu dans un état pareil et sa fureur actuelle contrastait immanquablement avec sa passivité des derniers jours, lorsque les brides de ses souvenirs remontaient à la surface sans qu'il ne puisse s'en expliquer l'origine. Erik devenait fou, il voulait hurler, il hurla, il voulait tout anéantir, le métal se déforma. La mutante n'était pas certaine que même Shaw soit un jour parvenu à le mettre dans une telle rage, mais ce point restait une hypothèse, puisqu'elle n'avait jamais assisté à une des expériences du médecin. Bien évidement, le docteur d'Auschwitz avait dû réussir par des moyens immondes et cruels à déclencher la colère d'Erik, et ceci plus d'une fois. La colère, cette clé du pouvoir, cette éternelle compagne qui permettrait à Erik d'atteindre le sommet de son art, son apogée. Elle était bien petite face à l'ouragan qui habitait présentement Magneto.
Perdre un être cher est un événement tragique dont on ne se remet jamais complètement. Emmêlé dans la nostalgie que cette disparition a provoquée, celui qui reste se noie dans un chagrin dont il n'existe que deux issues : l'oubli ou la vengeance. Quand on en a la possibilité et qu'en plus l'assassin a éliminé celui que vous aimiez froidement ou avec sadisme, la vengeance permet de guider celui qu'elle anime aveuglément sur un long et sinueux chemin dont l'arrivée ne se distingue jamais. Cette quête de vengeance prédomine alors la vie de celui qui l'a appelée, allant jusqu'à occulter la douleur ressentie par la mort de celui à venger.
Devenir le rat de laboratoire d'un scientifique inhumain à l'égo surdimensionné est une expérience où la souffrance est omniprésente. Les séquelles restent à jamais gravées dans le corps en de laides cicatrices et ancrées dans l'âme, communément nommées « traumatismes ». Il y a toujours un avant et un après qui se distinguent par leur opposition ; l'un est bonheur, l'autre fatalité. Le pendant tranche l'avant pour faire naître l'après. Le plus souvent, même si c'est elle qui marque le plus, la période du pendant est la plus courte et on peut se dire, avec un brin d'optimisme stupide et naïf, que le plus dur est de survire à l'enfer du pendant, parce qu'une fois que c'est fini, la vie reprend.
Donner sa confiance à quelqu'un après une existence parsemée de trahisons de toutes sortes, reprendre foi en une unique personne et la laisser briser vos barrages émotionnelles pour découvrir en définitive que cette exception vous mentait éhontément et s'était amusée à modifier vos facultés mémorielles, cela vous anéantit un homme.
Peut-être était-ce la somme de toutes ses épreuves qui rendit cette dernière déception si outrageante et lui donna un caractère si exagéré. À l'instant même, cette révélation rapportée par Raven paraissait aux yeux d'Erik être l'une des pires choses qu'il eut eu à vivre.
Erik avait eu de l'espoir, il l'avait placé dans Charles. Il avait cru – quelle naïveté ! - qu'en ce monde fondé d'égoïstes, de lâches et de salopards, il y avait encore une étincelle de lumière à la chaleureuse bonté. Il avait cru à la perfection. Il avait cru en Charles.
Par deux fois.
Erik envoya son poing dans le mur poussé par un excès de frustration – il n'avait plus rien à lancer et à détruire, sa chambre n'était plus qu'un vaste amas de verres éclatés, de métal distordu et fondu et de meubles défigurés. Mystique regardait les dégâts sans un mot, attendant la fin de la crise, ne sachant plus quoi penser. Croyant qu'Erik lui avait délibérément caché sa relation passée avec Charles, elle l'avait interrogé sitôt rentrée de la conférence, avec virulence en plus. Comment pouvait-elle se douter que l'allemand n'en conservait aucun souvenir ? Ou seulement quelques brides indistinctes et incompréhensibles. La vérité leur avait sauté au visage presque en même temps. Charles était derrière tout ça. Dès l'instant où cette constatation avait pénétré l'esprit d'Erik, le miroir de la penderie avait volé en éclats.
Le créateur de la Confrérie se laissa soudainement tomber dans un fauteuil, qui n'avait pas été trop touché par la tempête d'émotions. L'extériorisation de sa colère avait lessivé entièrement l'âme de l'allemand et maintenant que l'accalmie pointait, il se sentait complètement vide, il avait l'impression de sombrer au fond de son propre être, de disparaître avaler par lui-même.
Il avait besoin de réponses pour combler ce néant intérieur.
Il devait voir Charles et exiger de revoir ce qui lui appartenait.
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Le manoir s'agitait depuis quelques jours, vibrant au son des perceuses et des marteaux, des murs qu'on abattait ou qu'on construisait. De nombreuses pièces, jusqu'alors plongées dans un silence dénué de vie, se paraient peu à peu, au gré des travaux, d'une soudaine activité qui retentissait dans toute la demeure. Le domaine Xavier revivait tandis que l'équipe menée par Hank McCoy se chargeait de lui refaire un nouveau visage.
Charles en était enchanté, surtout, qu'absorbé par ses tâches de réaménagements, Hank avait cessé de le fuir comme la peste noire. Visiblement, le mutant se plaisait énormément dans son rôle de chef de travaux et c'est avec un enthousiasme bon enfant qu'il indiquait à ses subalternes quelles modifications étaient prévues à tel et tel endroit.
Bien sûr, lorsque des hommes venaient de l'extérieur – comme le plombier ou l'électricien – Le Fauve devait se terrer dans un coin de la maison et faire oublier sa présence et surtout son apparence animale, reléguant alors ses devoirs à un Alex qui ne comprenait strictement rien aux gribouillis rédigés par son collègue, forçant bien souvent Charles lui-même à intervenir.
Mais dans l'ensemble, le manoir retrouvait sa joie de vivre et la bonne humeur qui lui avaient fait défaut pendant de longues semaines. Cette chaleureuse ambiance permettait aux occupants de renouer les liens tissés entre eux, qui avaient été quelques peu malmenés après le drame de Cuba. Alex, par exemple, qui avait beaucoup d'estime pour Erik et qui s'était senti complètement déboussolé par son départ, reprenait confiance et sa presque parfaite maîtrise de son pouvoir en témoignait. Sean, quant à lui, débordait d'énergie et ne s'était jamais autant montrer volontaire, qu'importait la tâche. Charles leur découvrait de vrais talents pour le bricolage et il s'en réjouissait. Au sujet de Hank, le Professeur était rassuré de ne plus ressentir ni sa peur, ni son dégoût et encore moins sa haine. Mieux que quiconque, Charles savait à quel point ses émotions pouvaient vous posséder et vous détruire. Pour rehausser le tout, le scientifique paraissait de mieux en mieux accepter sa nouvelle carrure ainsi que sa fourrure bleue.
Les repas devenaient de véritables fêtes, les travaux avançaient avec une grande rapidité, monopolisant tout le temps des quatre mutants et Charles était on ne peut plus heureux, lorsque, pour se rassurer, il sondait furtivement les esprits de ses élèves et n'y trouvait aucune pensée négative ou désespérée.
Il leur semblait à tous que le soleil ne cesserait jamais de briller au-dessus de Westchester, tel un été éternel. Aucun ne pouvait prévoir le cataclysme qui s'apprêtait à s'abattre sur la maison en pleine rénovation. Aussi, profitaient-ils tous du beau temps, insouciants comme de jeunes enfants.
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