Anime/Manga » Fullmetal Alchemist »

Inséparables
Author:
White Assassin PM
Ils volent, ils s'aiment, et meurent ensemble. Je voulais rêver, l'aimer, et mourir à ses côtés. Pourtant, je ne le pourrai pas. Car ce monde me retient. Et ma vengeance aussi. / Edvy Shônen-Ai , Deathfic
Rated: Fiction T - French - Drama/Romance - Edward E. & Envy - Chapters: 7 - Words: 25,962 - Reviews: 19 - Favs: 8 - Follows: 4 - Updated: 07-26-12 - Published: 06-26-12 - Status: Complete - id: 8258050
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Note de l'auteur : Me revoilà ! En vérité, j'avais prévu de publier ce chapitre demain mais... Ca ne va pas aller, parce que si jamais je m'absente la semaine après celle-ci... Ca va faire un SUPER trou entre deux chapitres, et ça... C'est pas possible x) Alors j'ai tout organisé pour que tout soit enfin posté le 26 ;p Donc bon... Ca va être assez rapide xp

A propos des musiques, vite fait : la partie 2... Au début, y'a pas mal de titres, donc choisissez celui que vous préférez (si vous comptez écouter les musiques proposées), car sinon, vous allez vous retrouver avec des trucs tout doux là où il faut que ça pulse xD

A propos de l'histoire : GRAND tournant dans ce chapitre... Accrochez-vous à votre siège, v'là d'l'action ! :D

Bonne lecture ! Et merci à ceux qui se sont donnés la peine de reviewer, c'est vraiment chouette ! :3

Musiques :

-P1 : « Main theme ~ Hayashi, piano version » (OST de Higurashi no Naku Koro ni)

-P2 : « Dear you » (Yuzuki pour Higurashi no Naku Koro ni) OU (pas le temps pour tous x) ) « Shiawase » et « Sei » (OST de Higurashi no naku Koro ni) PUIS « Inner Universe » (OST de Ghost in the Shell), « Angels » et « The Howling » (Within Temptation)


Chapitre 3 : Bonheur hypocrite

Un pépiement d'oiseau. Il ouvrit les yeux, et tourna la tête vers la fenêtre contre laquelle, à un rythme régulier, se heurtait une fine pluie. Les gouttes, qui restaient accrochées à la vitre, ondulaient sur celle-ci, et troublaient le paysage qu'elle lui offrait Central était trouble. Sa tête aussi.

« … »

Aussi étrange que cela pût paraître... Il préférait les journées pluvieuses. Elles, au moins, ne mentaient pas. Elles n'annonçaient pas du bonheur lorsque le monde en était dépourvu.

Il avait appris à aimer la pluie, à aimer sa mélodie et ses murmures.

Il jeta un petit coup d'œil aux oiseaux, bien matinaux aujourd'hui, puis s'extirpa, une fois de plus, de ce lit dont le léger craquement, ce faisant, lui rappelait tant de choses. Il se dirigea vers la fenêtre, l'ouvrit, et s'accouda à celle-ci. Il regarda la pluie tomber sur la ville, comme envoûté par cette vision mouvante et floue.

Pleuvait-il aussi sur sa tombe ?


« Al ! J'y vais... ! » annonça l'alchimiste d'un ton qu'il voulut dynamique.

« Oui ! Prends soin de toi, nii-san ! » fit en retour le plus jeune en sortant juste la tête de la cuisine, le torchon encore dans les mains, et un sourire franc sur le visage : pour une fois, son frère avait accepté de prendre un petit-déjeuner, et avait parlé un minimum au cours du repas.

Petit à petit, il progressait sur la voie de la guérison, et cette constatation soulevait de joie le cœur du jeune adolescent. Il allait retrouver son frère.

Son frère d'avant.

Frère qui, sur le pas de la porte, la referma doucement. Il posa sa tête contre, inspira profondément. Est-ce que les efforts faits ce matin allaient avoir une incidence sur sa journée, ou pourrait-il maintenir cet entrain factice jusqu'au soir ?

Il se décolla finalement de la porte, puis sortit de l'immeuble, et se dirigea vers le QG militaire. Comme il n'avait pas pris de parapluie, il arriva ruisselant à celui-ci et un peu bougon. Ses habits lui collaient à la peau, il était trempé de la tête aux pieds -si, si, jusque dans ses chaussures. Ô bonheur-. La seule chose qui avait échappé à la pluie était sa montre en argent, qu'il avait pris soin de protéger de celle-ci, au creux de ses mains glacées et détrempées. Non, l'argent ne rouille pas, mais qu'importe : il ne voulait pas prendre le risque -sait-on jamais-.

Et voilà ce qui expliquait l'hilarité de son supérieur, en le voyant arrivé tout mouillé. Il eut le droit à une rapide leçon sur le fait qu'il fallait être prévoyant et avoir un parapluie... Ou passer son permis, au choix, mais... Étrangement, le colonel ne lui fit pas plus de remarques que cela. Au contraire, il se montra plutôt gentil et alla lui chercher des serviettes -de l'armée, forcément-, qu'il lui rapporta avec un sourire qui disait : « Tu m'en dois une, pour ça ».

« ... »

Edward s'empara des serviettes, un peu déconcerté. Le geste lui décrocha un petit sourire à la fois amusé et nostalgique. Il se déshabilla partiellement, restant en débardeur, et se sécha comme il put avec les serviettes un peu rêches d'avoir trop servi, en posa une sur la chaise en cuir usé de son bureau -histoire d'éviter de détremper le mobilier-, puis s'y installa confortablement. Il eut la surprise de trouver, sur le bureau, une tasse de café.

« Tu avais mauvaise mine, hier... » expliqua Roy, même si le petit blond ne lui avait rien demandé. « Et comme tu es parti sans prendre le temps de boire ce que je m'étais échiner à t'apporter... »

Il compléta avec un air sournois :

« … Je l'ai laissé sur ton bureau. Et tu as intérêt à tout boire, crois-moi.

- Vous plaisantez ? »

Edward bugua. Urgh, du café froid. Il prit la tasse dans ses mains d'un air dégoûté, pour vérifier... Mais la reposa bien vite. Elle était brûlante.

« Effectivement. C'est le lieutenant qui te l'a apportée, ce matin. Elle se fait du souci, tu sais. Comme nous tous. »

Le jeune alchimiste ramena la tasse vers lui, et souffla doucement, tout en regardant son reflet, incertain, sur le café, flotter au gré des petites ondulations du liquide, au travers de la douce vapeur sucrée qui en émanait. Du souci... ?

Tout en avalant une gorgée, le petit blond jeta un coup d'œil curieux à son supérieur, qui, comme si de rien n'était, avait repris son travail. C'était peut-être la première fois qu'il se rendait compte que... Tout n'était pas totalement noir.

Aujourd'hui, en tout cas.

Il regarda par la fenêtre, derrière Roy : la pluie avait cessé. Quelques rayons timides de soleil avaient creusé l'épais barrage de nuages pour inonder la ville par endroits. Le ciel avait cessé de déverser ses larmes sur la ville elle semblait revivre.

« Au fait, qu'est-ce qu'il s'était passé, hier, avec le généralissime ? J'ai cru comprendre que vous aviez eu une légère altercation... En tout cas, vu comme tu es parti en coup de vent, ça le laissait sous-entendre », déclara soudainement le colonel, sans quitter des yeux ses dossiers, sur lesquels, étrangement, il se penchait relativement sérieusement.

« Bah, rien d'important. Il voulait juste voir comment on avançait, c'est tout il n'y a eu aucun problème, j'étais juste pressé de rentrer... Et un peu embarrassé, j'avoue, parce que vous n'étiez pas là, en fait », rétorqua le petit blond avec un petit rire qu'il voulut enjoué.

Déjà que le Führer avait compris l'espèce de double vie qu'il menait au bureau, autant éviter que tout le monde fût au courant. D'ailleurs, Roy, ayant aussi fait les frais de cette désagréable visite surprise, préféra éviter de continuer sur ce sujet et n'insista pas. En fait, il craignait un effet boomerang et... Il avait reçu quelques remontrances à peine voilées concernant le retard qu'il avait accumulé sur son travail, et ne souhaitait pas faire part de celles-ci à son subordonné.

Non, parce que vous croyiez vraiment qu'il avait décidé de s'y mettre sérieusement, comme ça, d'un coup ?

Le silence revint alors entre eux deux. Edward but encore quelques gorgées du liquide noir et réparateur après une nuit à nouveau agitée, puis posa la tasse. Discrètement, il sortit de sa petite mallette de cuir ses inséparables journaux, ainsi que celui à peine publié de ce matin. Il était un peu gondolé à cause de la pluie qu'il avait reçue, mais restait tout à fait lisible. Tout en gardant, par mesure de sécurité, des papiers de l'armée à sa droite -pour pouvoir faire comme s'il s'y intéressait dès que quelqu'un s'approcherait de lui-, il se pencha sur ce journal.

« … »

Ses iris dorés glissèrent avec rapidité sur les pages jaunies, qu'il tournait à un rythme régulier. Il arriva bientôt à la fin du journal... Rien d'intéressant aujourd'hui. Dépité, il revint à la première page, se disant que, à défaut de trouver des informations intéressantes sur cet homme qu'il recherchait, il pouvait au moins se tenir un peu au courant de l'actualité.

« UN INCENDIE FAIT DIX VICTIMES DANS UN IMMEUBLE »

La une.

Hm... Pas de bol pour ces g-... Tiens, à vue de nez, la photo, qui prenait un bon tiers de la page, lui disait quelque chose. Il devait s'agir d'un immeuble non loin du QG. C'était peut-être pour cela qu'en venant, il avait vu des militaires s'activer... Et que l'un d'eux lui était même rentré dedans par mégarde, dans le hall... ?

« Colonel... Vous êtes arrivé tôt, ce matin, non ? » questionna le petit blond.

« Assez, pourquoi ?

- Ben... Apparemment, y'a eu un incendie en ville... C'était près d'ici?

- Oui, à quelques rues, pourquoi ?

- Comme ça, juste pour savoir... Ils ont trouvé l'origine de l'incendie ? » demanda d'un ton suffisamment sombre pour que son supérieur levât la tête.

« Pas à ma connaissance, mais c'est l'équipe qui a été affectée à cette affaire, et qui doit être sur place actuellement, qui doit posséder le plus de renseignements. J'ai entendu dire que, justement, l'équipe mobilisée avait commencé à enquêter dès que le foyer s'était éteint, en raison de la pluie. Ils ont peur que cela détruise les éventuels indices. »

Le silence, à nouveau, reprit ses droits.

Indices.

Edward resta pensif. Cette histoire l'intriguait. A première vue, ça n'avait pas de rapport direct avec celle qui le préoccupait, mais, sait-on jamais... Les psychopathes n'avaient pas forcément un seul mode opératoire. Tout pouvait servir. Il aurait bien aimé faire un tour sur place, histoire de vérifier, par exemple si quelqu'un avait vu une voiture avant l'incident, ce genre de choses...

Tout était utile, et les indices étaient parfois là où on les attendaient le moins.

Toutefois... Il ne pouvait pas se permettre d'aller enquêter de son côté, alors que King Bradley le tenait à l'œil depuis la veille. Surtout vu la puissance du dit œil. Tch.

Bah, il irait discrètement jeter un coup d'œil pendant la pause de midi, prétextant vouloir manger dehors plutôt qu'à la cantine si, au pire, on lui posait la question.

Par contre, en attendant... Il pouvait toujours jeter un œil à la description des victimes que le journal mentionnait quelques pages plus loin. D'après ce qu'il avait remarqué... L'homme qu'il recherchait avait à son actif une bonne douzaine de victimes. Toutes jeunes et blondes. Cheveux longs. C'était probablement pour cela qu'il avait été visé, et c'était le seul lien qu'il avait pu établir entre les personnes qui avaient été froidement écrasées, ou heurtées à mort. Et avec d'autres, aussi... Qui elles, n'étaient pas passées sous les roues d'une voiture, mais qui étaient mortes dans des circonstances troublantes. Si, parmi celles qu'avait fait l'incendie, il en trouvait ne serait-ce qu'une qui correspondait à la description...

… Il n'aurait plus qu'à suivre de près les investigations menées par l'équipe chargée de l'enquête, et ça le mènerait tout droit à cet homme qui obnubilait ses pensées depuis deux mois.

Sur son visage fatigué apparut malgré tout un sourire étrange celui qui, spontanément, nous vient lorsque l'on sent l'étau se resserrer autour d'une proie qu'on traque depuis longtemps sans en voir le bout de la queue. Une proie qui nous a donné du fil à retordre, mais qu'on aperçoit enfin quelqu'un qui ne sent venir le piège dans lequel il est déjà tombé. L'excitation augmenta considérablement son rythme cardiaque, à mesure qu'il tournait les pages, silencieusement. Si son hypothèse s'avérait juste... Il aurait déjà franchi un cap important il n'aurait plus l'illusion de ne pouvoir toucher sa vengeance que du bout des doigts : il la tiendrait fermement au creux de sa main.

Cet homme paierait pour ce qu'il lui avait arraché.

Il appliquerait l'échange équivalent à la lettre.

« ... »

Il trembla légèrement en arrivant à la dite page, où de plus amples informations étaient fournies sur les circonstances de l'incendie et les victimes. Il avait été fourni, pour chacune d'entre elles, une photo prise, bien évidemment, bien avant l'incident.

Déception.

Certaines étaient jeunes trop jeunes. Aucune n'était blonde. Rien, parmi ce panel de visages pour la plupart souriants, ne correspondait au profil sans doute recherché par le meurtrier.

Mais l'un d'eux correspondait à ce que lui, recherchait.

Des cheveux bruns.

Courts.

Un visage aux traits marqués.

Ces yeux verts pernicieux.

Et ce sourire hilare.

Malade.

Cet homme. Nul doute possible.

Le souvenir de ce sourire était resté dans sa mémoire torturée comme une écharde profondément ancrée dans la chair de son hôte.

...

Impossible...

Impossible.

Edward se lève d'un bond. Heurte le bureau. La tasse, sous le choc, tombe. Se brise au sol en de petits éclats le café, noir... Ténèbres liquides, se déverse, comme mouvant, à ses pieds, rampe sur le sol comme du goudron.

Mais le bruit cristallin ne parvient pas à arracher le blond à la rage qui l'étouffe.

Le papier, fragile, entre ses doigts puissants et tremblants, se déchire, tombe et disparaît, englouti dans la mare noirâtre qui jouxte le bureau de l'alchimiste.

Impossible.

Ses yeux sont si grands ouverts, à présent, que même eux, couplés à une grimace de fureur, en viennent à défigurer l'adolescent.

Roy, alerté, se lève. Mal lui en prend : le geste, pourtant anodin, suffit à sortir de sa transe le plus jeune, qui laisse libre cours à sa rage. Dans un cri déchirant, celui-ci fait basculer le bureau, qui s'écrase au sol dans un vacarme assourdissant, noyant la pièce sous une mer de papiers, qui volent en tous sens.

Il n'a pas pu.

Il n'a pas pu crever comme ça.

« Fullmetal ! » hurle le colonel, complètement abasourdi par l'attitude inattendue et violente de son subordonné. Il écarte d'un geste brusque son fauteuil, contourne son bureau à toute vitesse et se précipite vers l'adolescent qui continue à mettre la pièce sans dessous de sous, écrasant davantage, si possible, les objets déjà fracassés au sol, et détruisant tous les autres qui ont le malheur de se trouver à sa portée.

« Enfin ! Qu'est-ce qu'il te prend ? » s'exclame-t-il en essayant de maintenir le plus jeune, alors que, Riza, alertée par les hurlements dans le bureau adjacent, débarque brusquement dans la pièce.

Ce n'est pas possible.

Il doit s'en assurer.

Voir son cadavre calciné et putréfié de ses yeux.

Voir le visage fondu et décomposé de cet homme qui a nourri sa haine et sa rancune deux mois durant.

Il doit y aller.

Ça ne peut pas se finir comme ça.

Non.

« Fullmetal ! Reprends-toi ! » hurla à nouveau Roy en le plaquant contre lui pour l'empêcher de faire plus de dégâts, ou de se faire mal. Ce faisant, il ordonna à sa subordonnée, pétrifiée devant la porte d'entrée :

« LIEUTENANT ! Filez à l'infirmerie me... Chercher... Un médecin... VITE ! »

La jeune femme hésita, peinant à se décider entre obéir à un ordre qui semble sage, et venir sans plus tarder au secours de l'homme qu'elle aime.

« J'y cours ! » s'exclama-t-elle finalement, en hurlant aux curieux qui s'amassaient petit à petit devant la porte de s'écarter au plus vite. Pas besoin que d'autres personnes se retrouvent prises dans la lutte et soient blessées. De plus... Il était fort probable que seul le colonel parviendrait à apaiser le jeune alchimiste.

Mal lui en pris de croire en ce vain espoir : momentanément soulagé de voir sa subordonnée lui obéir, le dit colonel fit l'erreur monumentale de relâcher l'emprise qu'il exerçait sur le petit blond. Profitant de l'occasion, celui-ci se débattit avec une force qu'il ne lui aurait jamais crue, agrippa son uniforme d'une poigne de fer, et le projeta violemment au sol, lui coupant littéralement le souffle.

« …... ! »

La pièce fut envahie d'un silence pesant, que n'osèrent même pas briser les soldats, effarés, regroupés devant la porte, et reculant petit à petit : la perspective de se retrouver happés dans ce combat entre deux alchimistes réputés et visiblement de mauvais poil commençait à leur faire regretter, et bien, d'avoir voulu jeter un coup d'œil.

Roy toussota un peu. Il n'en croyait pas ses yeux et son corps, mais dut se rendre à l'évidence : Edward lui avait brisé au moins deux côtes en l'envoyant à terre.

L'heure n'était plus à la rigolade ou aux pour-parlers.

« Fullmetal... Tu ne me laisses pas le choix », marmonna-t-il entre deux grimaces de douleur, avant de sortir de sa poche l'un de ses gants, l'enfilant en un temps record et le pointant vers l'alchimiste. S'il fallait en arriver là, tant pis.

De toute façon, il était sûr que l'adolescent n'était pas assez stupide pour tenter le diable, et avait parfaitement conscience de la puissance que pouvait receler ce tissu, pourtant d'apparence inoffensive.

Néanmoins, à sa grande surprise, l'alchimiste avait un temps d'avance sur lui : à peine eut-il tendu son bras vers l'alchimiste, que l'automail transmuté de ce dernier se retrouva bien ancré au creux de sa paume, traversant le tissu et la chair avec autant d'aisance et de facilité que s'il s'agissait de papier.

« Je te déconseille d'essayer », gronda l'alchimiste, alors que, lentement, coulait sur la lame transmutée le doux liquide carmin.

Roy, bien qu'abasourdi et figé par l'incompréhension et la douleur, et même s'il était toujours au sol, soutint le regard d'Edward.

Un regard qui avait bien changé : Si auparavant, ces iris couleur de sable étaient devenus vides, à ce moment y brillait... Une lueur terrifiante.

Cette lueur qui rend difficile le moindre geste, que l'on sait pouvoir nous être fatal.

Roy, qui n'aurait jamais pensé pouvoir être impressionné par le petit gabarit du jeune garçon... Dut reconnaître qu'en le voyant ainsi penché sur lui...

… Il avait la désagréable impression de n'être plus qu'une souris face à un tigre.

« Si tu penses qu'une paire de gants pourrait éventuellement m'impressionner, je te garantis que tu te trompes lourdement. Essaye à nouveau d'en pointer un vers moi, et on verra qui de nous deux est le plus rapide. Tu disais plaisanter, tout à l'heure... ? Eh bien pas moi. Je suis très sérieux. », persifla le jeune alchimiste en tournant doucement sa lame dans la plaie déjà béante, au creux de la paume de son supérieur.

Supérieur qui plissa douloureusement les yeux. Pourtant, loin de rester pétrifié face à cette menace, le colonel envoya un coup de pied dans le ventre de l'adolescent son but n'était en rien de lui faire mal, mais bien de l'écarter le temps suffisant pour pouvoir se remettre sur pieds.

« …. ! »

Edward esquiva de justesse, et fit quelques pas en arrière, sa lame s'arrachant à la chair dans un bruit répugnant, entraînant avec elle un filet de sang qui explosa au sol en de petites gouttes étoilées qui, peu à peu, s'insinuèrent entre les rainures dont il était composé.

« Je crois que tu oublies à qui tu t'adresses, Fullmetal, et que tu en viens même à oublier les règles élémentaires de politesse. Aurais-tu, par le plus grand des hasards, oublié que je suis ton supérieur, et qu'à ce titre, tu n'as aucune autorité sur moi ? » lança le plus âgé en serrant fortement, de sa main gauche, la droite, meurtrie.

« Parce que tu crois que j'en ai quelque chose à battre, de ton grade ?

- J'ose l'espérer, si tu comptes rester parmi nous », répliqua le colonel, se tenant sur le qui-vive, près à la moindre riposte. « Tu devrais être assez grand pour savoir que les problèmes personnels n'ont pas leur place sur un lieu de travail. Je ne sais pas ce qu'il te prend, mais tu devrais prendre la mesure de ton attitude, et des ennuis qu'elle risque de t'attirer. Un tel spectacle est navrant. Reprends-toi », compléta Roy, espérant que rappeler ces règles élémentaires remettrait un peu d'ordre dans l'esprit chamboulé de son subordonné. Profitant de ce court moment de pause, il fit un signe agacé, de sa main intacte, aux rares soldats restés agglutinés devant la porte, les gratifiant d'un joyeux : « Vous n'avez rien d'autre à faire, vous ? Dispersez-vous, ça ne vous concerne pas ! »

C'était à lui de régler ce problème, et vite.

S'il y parvenait.

Car en effet... Le colonel était complètement décontenancé par l'attitude de son subordonné. Qu'est-ce qui avait pu le mettre dans cet état ?

« Je pense que t'as pas compris », fit soudainement Edward, tout en toisant du regard, malgré sa taille, son supérieur. « Justement, je ne compte pas rester. J'avais l'intention de m'en aller. Et pas plus tard que tout de suite. »

Tout en disant cela, le petit blond mit sa veste et attrapa son manteau d'un geste brusque, les traits toujours abîmés par une rage bien visible.

« Fullmetal ! Je t'INTERDIS de quitter cette pièce... ! » s'écria le colonel en le voyant se diriger d'une démarche pesante, mais rapide, vers la sortie. Réagissant au quart de tour, il se précipita vers lui, et lui attrapa l'épaule avec force. Hors de question qu'il laissât cet enfant s'en aller dans un tel état.

« …. ! »

Ce regard.

Dur.

Haineux.

Résolu.

« Touche-moi encore une fois... Essaye, ne serait-ce qu'une fois de plus, de te mettre en travers de ma route... Et moi, je te fous cette lame en travers de la gorge », cracha le jeune alchimiste en joignant le geste à la parole, et en appuyant la lame glacée sur la gorge brûlante d'avoir trop crié de son supérieur.

« …... »

Figé, il s'écarta, stupéfié, retirant sa main ensanglantée de l'épaule d'Edward, qui resta maculée de sang. Du sang carmin, noyé dans les sombres fibres du tissu.

L'alchimiste, sans dire un mot de plus, tourna pour de bon le dos au colonel, et se fraya sans mal un chemin parmi les quelques soldats téméraires qui avaient choisi de rester pour assister au bouquet final... Et qui, à présent, trouvaient bien plus judicieux de ne pas entrer en contact, visuel ou tactile, avec le petit blond.

Roy, quant à lui, regarda, les yeux écarquillés, disparaître au loin, au bout du couloir, cette silhouette noire et terrible, dont seuls les cheveux dorés restaient entourés d'un halo de lumière qui, d'une étrange façon, lui sembla éphémère.

Ça n'avait pas été le regard d'un enfant.

Et il ne l'était peut-être déjà plus.


A suivre...


Bon ben voilà, un chapitre somme toute assez sombre... Qui pourtant, commençait relativement joyeusement ! (comme quoi x) ) En même temps... Le titre n'aurait de sens autrement, donc bon xp

J'espère que ça vous a plu malgré tout ! Surtout que bon... J'ai eu du mal avec Roy T.T Ce n'est pas un personnage que j'apprécie forcément, donc je n'ai pas trop l'habitude de le manier... J'espère ne pas avoir fait trop de OOC u.u'' Enfin bon... Même si c'est le cas, tant pis ! J'ai besoin de ses réactions telles qu'elles sont décrites ici pour avancer dans mon histoire, donc xD

J'espère aussi que mon Ed ne fait pas trop OOC u.u'' (on a le droit de péter des câbles, parfois, non?)

Bref ! Assez de blabla... ! J'espère que vous serez là pour le prochain chapitre... Plus que deux avant l'épilogue (déjà écrit ! Niark ! Donc la fic sera finie, et rapidement, donc ne partez pas ;p)

Merci de me suivre, et... Mettez un review ! Je veux savoir ce que vous en pensez ! ;p

BisouX à toutes et à tous !

White Assassin

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