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From the shadows, with love
Author:
Meloe-bkl PM
Une vieille affaire refait surface et propulse le staff du Lightman Group au cœur d'une enquête où vérité et mensonge s'entremêlent. Sauront-ils remonter les traces sans se perdre de vue ?
Rated: Fiction T - French - Romance/Adventure - Gillian F. & Cal L. - Chapters: 5 - Words: 17,781 - Reviews: 12 - Favs: 2 - Follows: 7 - Updated: 03-05-13 - Published: 10-15-12 - id: 8612344
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Titre : From the shadows, with love
Auteur : Meloe
Bêta : Rauz
Disclaimer : I don't own Lie to Me or any of the characters. No copyright infringement intended.
Genre : Aventure, drama, romance.
Résumé : Une vieille affaire refait surface et propulse le staff du Lightman Group au cœur d'une enquête où vérité et mensonge s'entremêlent. Sauront-ils remonter les traces sans se perdre de vue ?
Saison/Spoiler :
Saison 2.

Avertissement : Certains des évènements qui seront décrits dans cette fic sont réels et la documentation sur laquelle je me suis basée est disponible sur le net pour ceux que ça intéresse. Leur statut de "secret d'état" n'est plus d'actualité mais ils sont cependant considérés comme tels pour les besoins de l'histoire. Leur interprétation et leur utilisation dans cette fic n'engagent que moi et reflètent les besoins de l'intrigue et non un quelconque jugement sur les protagonistes ayant pris part à ces évènements. Les personnages extérieurs à LTM sont le fruit de mon imagination et toute ressemblance avec des personnes réelles est fortuite.

A/N : Cette fic est la première du genre à laquelle je m'essaie et elle sera sans aucun doute moins "légère" que les précédentes, d'une part compte tenu de l'intrigue et de l'autre des sujets traités. L'histoire est presque terminée et je publierai les chapitres à intervalles réguliers. Cette fic est le fruit d'un long travail – j'ai commencé à l'écrire au début de la saison 2 de LTM – et elle se déroule donc à l'époque où Reynolds travaille encore avec le Lightman Group et où Dave et Walloski & Co n'ont pas encore fait leur apparition. Comme d'habitude, vos reviews sont les bienvenues ! ;-)


Chapitre 1 : Repeat performance

Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour. Nietzsche

Le cas, le cas, et encore le cas. Gillian soupira lourdement : il n'y aurait pas d'échappatoire. Tant qu'ils n'auraient pas résolus l'affaire, aucun d'entre eux ne pourrait sortir du bureau. Comme sa soirée semblait loin subitement. Elle n'avait rien prévu de bien compliqué, non. Juste un bain, une musique en fond sonore et un verre de ce jus de fruit qu'elle affectionnait tant à portée de main.

Elle s'autorisa une minute et porta la main à sa nuque, tentant de dénouer ses muscles douloureux. L'alerte de son ordinateur lui signala un nouvel email, la faisant se redresser. Un soupir, un clic et les affaires reprirent. Elle scanna rapidement le nom de l'expéditeur – Boyle, l'un des assistants du médecin légiste – et ouvrit l'email avant de crier, plus fort qu'elle ne l'aurait voulu, le nom de Cal.

— Foster, que se passe-t-il ? demanda Ria en accourant.
— Cal, où est Cal ?
— Parti.
— Où ?
— Je ne… bégaya-t-elle. Ascenseur, désigna la jeune femme.

Gillian ne prêta pas plus d'attention à Torres et tenta de battre son record à la descente d'escaliers, un sport auquel se prêtait habituellement Cal. La peur au ventre, elle dévala les marches plus vite que la prudence ne l'aurait voulue et atteint finalement le parking juste à temps pour entendre son collègue démarrer. Sans plus réfléchir, Gillian courut pour finir sa course quelques mètres devant la voiture de celui-ci, un crissement de pneu aigu saluant sa performance.

— Foster ! cria-t-il. Ça ne va pas ?
— Cal, soupira-t-elle en ouvrant la portière, je viens.
— Oui parce que m'accompagner voir le maire est tellement plus important que les comptes annuels du groupe, railla-t-il. Qu'est ce qu'il se passe ?
— J'ai reçu le rapport du médecin légiste, lui apprit-elle en reprenant son souffle. La directrice de la banque, Madame Alforen, a été étranglée. Le tueur s'est servi d'une ceinture en cuir, ajouta-t-elle.
— Et tu as pensé que tu devais te jeter sous les roues de ma voiture pour me le dire, grogna-t-il en démarrant de nouveau.
— Cal… C'est le même mode opératoire, ça n'est peut-être pas une coïncidence.
— Peut-être, admit-il en accélérant rageusement.

Gillian soupira devant le silence obstiné de son collègue. Elle savait que sa colère n'était pas vraiment dirigée contre elle, mais ça n'aidait pas de voir Cal se renfermer de nouveau sur lui-même. Depuis qu'ils avaient récupéré cette affaire, elle l'avait vu retrouver sa mauvaise humeur des premières années et si elle savait à peu près comment réagir face à celle-ci, Ria et Eli eux avaient vite déclaré forfait, préférant attendre que la tempête ne se calme. Ils ne pouvaient pas comprendre, songea-t-elle.

Ni l'un, ni l'autre n'étaient là aux débuts du Lightman Group, leur arrivée s'était faite au bon moment, alors qu'ils profitaient tous d'une renommée grandissante. Mais ça n'avait pas toujours été le cas, se souvint Gillian. Pas de politiciens, de stars ni d'enfants prodiges à leurs débuts, pas de requêtes du FBI, de la NSA ou du Département de la sécurité intérieure non plus. Étant donné le passé de Cal et ses liens turbulents avec les quelques agences pour lesquelles il avait travaillé, ce n'était pas quelque chose qu'ils avaient envisagés. Au lieu de cela, le Lightman Group avait travaillé pendant de longs mois en étroite collaboration avec la police locale, aidant dans l'élucidation de meurtres et d'affaires compliquées. Sordides le plus souvent, se souvint Gillian.

C'est l'une de ces nombreuses affaires qui les avait menés sur la piste de Clay Balden, un tueur en série qui sévissait à Baltimore, non loin de Washington. C'est seulement quand les meurtres avaient commencé à se succéder à une vitesse affolante que la police locale s'était finalement résolue à faire appel à leurs services. Ils n'avaient malheureusement pas été capables de les aider à l'époque et, depuis 2003, le tueur courait toujours en liberté. Bien qu'ils l'aient apparemment effrayé suffisamment pour qu'il stoppe ses meurtres, Balden semblait être de retour aujourd'hui.

— Tu dois le dire au procureur, Cal, le poussa Gillian.
— Je vais voir le maire, pas le procureur, contra-t-il.
— Et tu sais très bien que le procureur sera là aussi, soupira-t-elle. Tu dois le leur dire, le FBI doit être mis au courant. Cal, on a beaucoup plus de moyens aujourd'hui. Si c'est lui, on l'attrapera.
— Sûrement, dit-il ironique, et Balden va se livrer juste parce qu'on à les camionnettes du FBI derrière nous plutôt que celles des locaux. Penses à lui envoyer un mémo, finit-il en garant brusquement la voiture.

Gillian n'eut pas le temps de répliquer quoique ce soit avant que Cal ne sorte rapidement du véhicule, faisant claquer bruyamment la portière derrière lui. Elle récupéra sa mallette et sortit de la voiture, les épaules affaissées. Elle attendit plusieurs longues minutes l'ascenseur, sachant pertinemment que Cal prendrait les escaliers, calmant son trop plein de colère par un peu d'exercice physique.

— Docteur Foster, la salua Reynolds en entrant dans l'ascenseur.
— Ben.
— Quelque chose ne va pas avec Lightman ? Je viens de le voir foncer dans les escaliers, il a bousculé plusieurs employés au passage, conclut-il en grimaçant.
— Ce n'est rien, soupira-t-elle. Ben, il va falloir que je parle au procureur à propos d'un nouvel élément.
— Lightman ?
— En parlera peut-être mais dans le cas contraire, je parlerai au procureur, expliqua-t-elle résolue.

Reynolds lui jeta un regard en coin et secoua la tête, décidant qu'il y avait sans doute une justification au comportement de ses deux collègues. Ils sortirent de l'ascenseur juste à temps pour voir Lightman s'en prendre à un pauvre assistant.

— J'ai rendez-vous avec le maire, pesta Cal à l'encontre du jeune homme. J'ai rendez-vous, il est dans son bureau, ergo : je rentre, finit-il avant de forcer le passage.
— Excusez-le, murmura Gillian derrière lui. Monsieur le Maire, Monsieur le Procureur, salua-t-elle en entrant dans le bureau.
— Docteur Foster, je vois que l'agent Reynolds est venu avec-vous, observa le maire.
— Et si on sautait les civilités pour en venir à l'affaire, qu'en dites-vous ? les interrompit Cal d'une voix cassante. Vous savez, les meurtres, le sang, les familles en pleurs… A moins que vous ne préfériez que je commande le thé et les gâteaux ?
— Cal, le sermonna Gillian. Je suis désolée, messieurs…
— Ne vous en faites pas Docteur Foster, la coupa le procureur. Votre collègue a raison, cette affaire est grave. Je crois savoir que le médecin légiste vous a envoyé son rapport. Reynolds ?
— Affirmatif, Monsieur. Madame Alforen, la directrice de la banque braquée, est morte des suites d'une strangulation brutale. Aux vues des traces et des fibres, le légiste en a déduit qu'elle a été étranglée avec une ceinture de cuir.
— Le reste du personnel ?
— Sain et sauf. Le tueur les a fait se déshabiller cependant, probablement pour gagner du temps, répondit l'agent.
— Pas pour gagner du temps, rectifia Cal, mais parce que c'est un moyen infaillible de s'assurer qu'ils seraient tous beaucoup plus concentrés sur leur propre état que sur ce qui pouvait se passer autour d'eux.
— Pour détourner l'attention, clarifia Gillian.
— De quoi, c'est la question, réfléchit Cal à haute voix. Vous avez dit que la secrétaire avait assisté au meurtre de sa patronne, je veux l'interroger.
— Ça risque de ne pas être possible, fit remarquer le procureur. Elle est en état de choc et actuellement à l'hôpital.
— Damnit ! s'écria Cal en frappant le bureau du plat de sa main. Je dois lui parler, asséna-t-il.

Devant l'air choqué des trois hommes, Gillian leur adressa un regard désolé avant de se tourner vers son partenaire. Il avait les mains derrière la tête, décoiffant un peu plus ses cheveux indisciplinés, la tête basse. Ça ne lui ressemblait pas, cette posture défaite, mais là encore la situation n'était pas vraiment ce que l'on pouvait qualifier de normale. Cal avait un passé avec Balden : le tueur avait apprécié l'attention que lui avaient apportée à la fois la médiatisation de l'affaire et leur présence. Et elle savait que Cal s'en voulait affreusement pour les meurtres qu'il n'avait pu empêcher.

— Nous devons en effet parler à la secrétaire, reprit Gillian. Il y a un nouvel élément dans l'affaire, ajouta-t-elle en tournant un regard interrogatif vers Cal.
— Un nouvel élément, répéta le procureur. Pourquoi n'en avons-nous pas été informé plus tôt ? demanda-t-il, irrité. Avez-vous la moindre idée de la signification du mot collaboration, Lightman ?
— Au moins autant que vos services, lui répliqua Cal en se levant. Écoutez-moi, reprit-il, vous croyez pouvoir jouer la carte du contrôle mais vous ne savez pas à quoi vous avez à faire. Le nouvel élément, cracha-t-il, s'appelle Clay Balden. Exact, continua Cal en lisant la surprise et la peur sur les traits du procureur, celui-là même. Tristement célèbre pour les meurtres de onze femmes, douze aujourd'hui, finit-il.

Une fois sa tirade finie, Cal s'affaissa de nouveau dans une chaise, prenant le temps de leur silence pour réfléchir à la suite. Falkin, le procureur, semblait effrayé et pensif tandis que le maire et Reynolds paraissaient simplement surpris.

— Le Tueur de patrons, murmura le maire. Il sévissait à Baltimore, se rappela-t-il.
— Affirmatif, confirma Reynolds. Il a tué uniquement des femmes haut placées : une députée, une avocate, deux directrices d'usines de conserves, une doyenne de faculté… toutes avec une ceinture de cuir noir. Le Lightman Group avait déjà enquêté sur l'affaire à l'époque, lut-il dans le dossier.
— Il ne m'échappera pas cette fois-ci, affirma Cal. Et pour la première fois nous avons un lien, une piste, c'est pour ça que je dois parler à cette secrétaire, souligna-t-il.
— De quels autres éléments disposez-vous ? demanda Falkin en ignorant Lightman. Quelque chose sur son mode opératoire, sa signature, son profil ? Une identification ?
— Aucune identification, ni photo, Monsieur, répondit Reynolds. Les équipes sont en train de revoir les caméras de la banque, quant au profil…
— On ne sait pas vraiment, reconnu Gillian. Les deux hypothèses dont nous disposons sont qu'il a un problème avec les femmes en position de force ou avec l'autorité en général. Quoiqu'il en soit, il a séduit les secrétaires des onze femmes à chaque fois, précisa-t-elle.
— A vrai dire, l'autorité est une bonne piste, observa Reynolds, chacune des femmes assassinées ont été décrites comme des personnes autoritaires, très strictes, parfois injustes, par leurs collaborateurs.
— D'où, merci de le reconnaître, mon besoin de parler à la secrétaire… Joanne Dulgon, je crois, conclut Cal en se remettant à arpenter le bureau. De préférence avant qu'un nouveau meurtre ne soit commis, précisa-t-il en fixant le procureur.
— Elle est à l'hôpital, mais elle devrait pouvoir sortir d'ici demain, proposa Reynolds.
— Très bien, soupira Falkin. Agent Reynolds, elle est sous votre responsabilité, amenez-la au Lightman Group dès que possible.

Reynolds acquiesça et sortit du bureau, comprenant qu'il était congédié. Cal et Gillian en firent autant quelques minutes plus tard, retournant au Lightman Group s'occuper des papiers qui ne manqueraient pas de s'être accumulés sur leurs bureaux respectifs durant leur absence.

— Tu parleras au docteur de la secrétaire dès que possible, l'interpella Cal en sortant du bureau du maire. Je veux savoir si elle est vraiment en état de choc ou si elle joue la comédie afin de reporter l'interrogatoire, expliqua-t-il sèchement.
— Je vais me renseigner, acquiesça-t-elle.
— Et Foster, l'arrêta-t-il, je le leur aurais dit à propos de Balden.
— Je sais, Cal.
— Alors la prochaine fois, laisse-moi décider de la manière dont je souhaite mener l'entretien : le procureur nous cache quelque chose, finit-il avant de regagner le parking.

Bonjour Foster, adieu Gillian, pensa-t-elle amèrement. Elle réfréna un élan de colère face à la rebuffade injuste de son collègue et se dirigea elle aussi vers le parking, s'installant à sa place sans un mot. Le trajet fut silencieux, inconfortable même du point de vue de Gillian, ce qu'elle attribua à la fois à la conduite nerveuse de Cal et à son air préoccupé.

Une phrase lui revint en mémoire, "avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités", et elle songea que cela s'appliquait particulièrement bien à Cal. Sa culpabilité était exagérée, il avait toujours eu cette tendance à endosser les responsabilités de ce pour quoi il ne pouvait rien.

Une fois arrivé, Cal partit rapidement s'enfermer dans son bureau, ignorant les regards perplexes d'Eli et Ria. Cette dernière suivit Gillian quelques instants avant d'oser rompre le silence tendu.

— Foster, l'interpella Torres, j'ai le numéro du docteur qui s'occupe de la secrétaire, dit-elle en lui tendant un papier.
— Merci, Ria. Commencez à préparer la salle d'enregistrement pour demain, je vais m'arranger pour que la secrétaire puisse arriver tôt.

Elle nota le signe d'acquiescement de Ria et se dirigea d'un pas fatigué vers son bureau. En entrant, Gillian prit soin de fermer la porte et d'abaisser les stores avant de s'autoriser une pause, se laissant tomber sur le sofa. La migraine qui menaçait depuis ce matin se fit plus insistante et elle tenta de calmer sa respiration, de ralentir son pouls, de ne penser à rien tout simplement. Tentative qui échoua et, en même temps que la migraine se déchainait à pleine puissance, les images de la journée vinrent se bousculer devant ses yeux. Et tel un catalyseur, Cal : elle lui apprenant l'implication de Balden, sa colère, son désarroi, lui se renfermant…

Elle soupira lourdement et se redressa en massant ses tempes. Si elle commençait ainsi, les larmes ne seraient pas loin et ça ne ferait pas avancer l'enquête. Ils allaient attraper cette ordure pour de bon et elle ne laisserait pas les états d'âme de son ami la décourager, elle voulait Balden au moins autant que lui. Elle était responsable au même titre que Cal dans cette histoire, pas question de se laisser aller à l'auto-apitoiement, décida-t-elle.

La sonnerie du téléphone la tira de ses pensées et déclencha une nouvelle vague de douleur. Elle décrocha, oubliant un instant la réponse professionnelle qu'elle utilisait d'habitude. Ce qui ne sembla pas poser de problème particulier à son interlocuteur, songea-t-elle en entendant un souffle court suivi d'une profonde inspiration, puis…

— Bonsoir Docteur Foster, dit une voix grave à l'autre bout du fil.
— Bonsoir, tenta Gillian. Monsieur ?
— Voyons, vous me connaissez, Docteur. Mais peut être devrions nous faire plus ample connaissance…
— Qui êtes-vous ? demanda-t-elle, un début de panique dans la voix.
— Votre sauveur, souffla l'homme avant de raccrocher.
— Balden… murmura Gillian.

Elle resta plusieurs secondes, l'esprit complètement vide, le regard fixé sur le combiné. Le tremblement de ses mains était imperceptible, la pâleur de ses joues juste un peu plus prononcée qu'à l'habitude mais en arrivant sur le seuil de son bureau, Cal comprit immédiatement que quelque chose clochait.

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