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Mon Crapaud Bien-Aimé
AN : Ceci n’est pas un Ordre du Phénix. Nous répétons : Ceci n’est pas un Ordre du Phénix !
Ronny a raison !
Pour la deuxième journée consécutive, Harry s’éveilla en remerciant le ciel et Dumbledore de lui avoir enfin permis d’aller au Terrier. Il soupçonnait fortement Mme Weasley d’avoir eu à faire dans ce revirement puisque jamais auparavant Harry n’avait passé plus de deux semaines chez les Weasley. Il allait y passer un mois entier. Lorsqu’il avait reçu la lettre qui lui disait qu’il n’avait qu’à plier bagages, qu’on venait le chercher, Harry s’était senti aussi heureux que mal à l’aise. Il ne voulait pas qu’on se sente obligé de l’héberger… même si Ron lui avait clairement dit que sa mère avait demandé à l’avoir avec elle tout l’été. Harry avait même envoyé une lettre signalant que ce n’était pas si mal chez les Dursley et que les Weasley ne devaient pas s’inquiéter de son bien-être. C’était très gentil de leur part mais il ne voulait pas abuser de leur hospitalité. La réponse de Mme Weasley arriva directement par la bouche d’Arthur, qui était venu le chercher, dans une très chic voiture du ministère.
- Molly a échappé ta lettre dans le feu. Elle n’a donc malheureusement pas pu la lire alors je suis venu te chercher, avait dit M. Weasley.
Harry n’y avait pas cru et Arthur le savait bien. Il ne répondit rien et fit un large sourire à M. Weasley avant de monter l’escalier en courant pour aller chercher sa malle, qu’il avait fait au préalable. Arthur était monté avec lui pour l’aider. Pour une raison obscure, il n’avait pas osé amener un de ses fils pour aider Harry. Les Dursley avaient dit un bref et obligatoire « Au revoir » à Harry avant qu’il ne ferme la portière de la voiture. Ce fut le cœur léger qu’il quitta Privet Drive et il répondit avec plaisir à toutes les questions enthousiastes que M. Weasley lui posait sur tout ce qu’il voyait. En arrivant au Terrier, il avait reçu un accueil des plus chaleureux, Mme Weasley lui ayant probablement fêlé deux côtes en lui faisant un câlin magistral.
Or donc, deux nuits avaient passé depuis que Harry était arrivé au Terrier. Il n’avait fait aucun cauchemars et il en était ravi. Peut-être y avait-il un rapport avec la présence de Ron dans pièce, Harry n’en était pas certain. Il espérait cependant que cet effet bienfaisant de nouveauté ne s’effriterait pas trop rapidement parce qu’il avait horreur de ces mauvais rêves qui ne prenaient jamais la peine d’avertir avant d’arriver.
Harry ouvrit lentement les yeux, prêt à affronter cette journée avec joie et bonheur. Il sursauta en voyant deux visages identiques, qui arboraient un sourire malicieux, penchés sur lui.
- Debout, grand garçon ! dirent Fred et George d’une seule voix en attrapant Harry par les bras pour le forcer à se lever.
Harry, qui n’était pas encore entièrement réveillé, eut du mal à tenir debout. Coup de chance, il se retrouva enveloppé dans l’étreinte solide des jumeaux.
- Mais… mais… Qu’est-ce qui se passe ? demanda Harry, surpris.
- Joyeux anniversaire, Harry ! dirent Fred et George.
Harry sentit son cœur se serrer. Son anniversaire. Il l’avait complètement oublié ! Pour une fois dans sa vie, enfin, à ce qu’il se souvenait, il allait le passer avec des gens qu’il aimait. Il ouvrit la bouche pour remercier les jumeaux mais fut totalement pris de cours lorsque Fred et George l’embrassèrent avec vigueur et effet sonore, chacun sur une joue, le coinçant dans une sorte de sandwich fraternel.
- Maintenant, direction déjeuner !
- J’espère que tu as faim, Harry !
Sans autre préambule, ils attirèrent le pauvre garçon hors de la pièce.
- Hey ! Mais je ne suis même pas habillé ! protesta Harry, paniqué.
Les jumeaux stoppèrent net, réalisant en effet que Harry avant en tout et pour tout, qu’une paire de boxers rouge avec des petits vifs d’or qui voletaient.
- Ron ne t’as pas dit de mettre un pyjama ? demanda Fred avec un large sourire.
- Euh… oui mais j’avais chaud alors…
- Tu aurais dû l’écouter ! coupa George.
Ils se remirent à marcher en direction de l’escalier, entraînant Harry, de force, avec eux.
- C’est la tradition, chez nous. Il faut toujours bien se vêtir la veille de son anniversaire…
- Si tu ne veux pas te retrouver nu à la table pour le petit déjeuner, enchaîna George.
- Mais je ne peux pas y aller comme ça ! protesta Harry qui essayait de ralentir la progression vers l’escalier.
- Oh si tu peux !
- Et tu vas le faire !
Sourds aux protestations du pauvre petit Harry, Fred et George le forcèrent à descendre l’escalier jusqu’à la cuisine. Mme Weasley était déjà occupée aux fourneaux et ne tourna pas la tête tout de suite. Ce qui donna du temps à Harry de se débattre pour essayer de se sauver de la poigne solide des jumeaux Weasley. Il ne voulait pas que Mme Weasley le voit comme ça ! Même si elle allait sans doute lui permettre de remonter se changer, l’idée de rester en boxer étant sans doute une mauvaise blague des machiavéliques jumeaux Weasley.
- Maman, s’il te plait…
- Tu peux lui dire d’arrêter ?
- Il n’est pas bien grand…
- Mais c’est fou comme il bouge !
Harry arrêta immédiatement de bouger, à la grande satisfaction de Fred et George qui commençaient à se fatiguer, et regarda Mme Weasley se tourner lentement vers lui. Harry, devenant aussi rouge que ses boxers, lui fit un large sourire stupide et embarrassé.
- Ron ne t’a pas averti ? demanda Molly en haussant un sourcil.
Harry blêmit tout d’un coup, sa mâchoire se décrochant jusqu’aux genoux. Ce n’était pas possible !
- Si ! Mais il avait chaud ! expliqua George.
- Tant pis pour toi ! dit Mme Weasley en riant.
- Je… dois… rester comme ça ? balbutia Harry.
Mme Wealsey rit de plus belle et avança vers Harry. Pour éviter une retraite stratégique du rapide Attrapeur, Fred et George ne lâchèrent prise sur Harry que lorsqu’ils furent certains que leur mère le coincerait avant qu’il ne se mette à courir. Effectivement, Molly enveloppa Harry dans une étreinte douce mais solide.
- C’est la tradition, Harry ! Bon anniversaire ! dit-elle en se redressant pour l’embrasser sur les deux joues. Et n’essaie pas de te sauver, j’ai mis Fred et George sur ton cas et je crois que ça pourrait être dangereux si tu essaies de leur fausser compagnie.
- Très dangereux, ajouta Fred.
- Je te l’avais dit ! Maintenant, assieds-toi, ce ne devrait pas être très long, maintenant, dit Mme Weasley avec un sourire avant de retourner à ses fourneaux.
Sous l’œil vigilant de Fred et George, Harry avança vers la table et se laissa tomber sur une chaise.
- Ah non, tu es au bout de la table, aujourd’hui ! dit George.
- Et ne proteste pas ! Tu ne voudrais pas qu’on se fâche, hein ? dit Fred.
Harry poussa un grognement et se leva pour aller prendre place au bout de la table… qui était décidément beaucoup plus longue et avait beaucoup plus de couverts qu’à l’habitude. Harry préféra ne pas penser tout de suite à la raison de ces places supplémentaires. Il regarda la pièce autour de lui. Il voyait flou. Il poussa son index sur son nez pour remonter ses lunettes et s’aperçut qu’il ne les avait pas. Le comble. En plus d’être presque nu, il n’avait pas ses lunettes. Les jumeaux ne lui avaient pas laissé le temps de les mettre.
- Ah ! Pardon… on avait oublié… dit Fred qui avait dû remarquer le geste de Harry.
- Faudrait pas que tu rates le visage des gens qui vont te voir ! assura George.
Fred sorti de sa poche les lunettes de Harry et les passa à George qui se fit un malin plaisir de les mettre lui-même à Harry.
- Tu sais, je trouvais que tu avais tendance à être échevelé, mais le matin, c’est encore pire que d’habitude, dit Fred en ébouriffant les cheveux rebelles de Harry, lui donnant encore plus l’air d’un porc-épic.
- Voilà ! Maintenant, tu ne vas rien manquer ! dit George en passant à son tour sa main sur la tête de Harry.
Harry gratifia les jumeaux de son meilleur regard meurtrier qui ne sembla pas les troubler outre mesure. Ils lui firent une grimace et restèrent à côté de lui, les bras croisés, surveillant ses moindres gestes. Harry tourna la tête vers l’escalier, certain que Ron avait été réveillé par tout ce bruit et qu’il descendrait bientôt. Le bruit de quelqu’un descendant les marches lui prouva qu’il avait raison et Harry se prépara à recevoir Ron avec hargne pour ne pas l’avoir averti plus clairement.
Mais ce fut Percy qui apparut en bas de l’escalier. Il regarda immédiatement vers Harry et une expression de surprise se peignit sur son visage. Visiblement, il ne s’était jamais fait coincer en sous-vêtements à son anniversaire.
- Harry… Tu aurais dû écouter Ron, dit simplement Percy en avançant vers lui.
- Je commence à le penser aussi, murmura Harry.
- Joyeux anniversaire, lui dit solennellement Percy en lui tendant la main.
- Euh… merci ! répondit Harry en lui serrant la main.
Derrière Percy, Fred et George roulèrent les yeux.
- En parlant de Ron… Il ne s’est pas réveillé, lorsque vous êtes venus me chercher si gentiment ? demanda Harry aux jumeaux.
- Ron ? Mais il est debout depuis longtemps !
- Il avait un truc à faire avant le petit déjeuner…
Harry fonça les sourcils devant la réponse nébuleuse de Fred et George et ne posa plus de questions. Percy prit place à la table et attendit d’un air digne. Les jumeaux déménagèrent dans le salon et Harry, à sa grande horreur, les entendait comploter. Songeant qu’il pourrait peut-être profiter de l’occasion pour au moins aller enfiler un t-shirt, Harry se leva doucement.
- Harry, tu n’essaierais pas de te sauver, par hasard ? demanda Mme Weasley sans même tourner la tête.
Une seconde plus tard, Fred et George encadraient Harry et le forçaient à se rasseoir sur sa chaise.
- Vilain garçon !
- C’était ta dernière chance !
- La prochaine fois, on va devenir méchant !
- Même Rogue aura l’air sympa à côté de nous !
Harry, qui n’avait pas encore eu le temps d’être embarrassé ou d’en vouloir vaguement à Mme Weasley, s’enfonça sur sa chaise et se résigna à attendre la suite des événements en écoutant la radio des Sorciers. Fred et George, après un petit coup d’encouragement sur l’épaule, retournèrent au salon. Quelques minutes passèrent avant que les poulets de la cour se sauvent en courant. Harry tourna la tête vers la porte avec une anticipation peu réconfortante. Étonnement, il aurait préféré que le moins de personne possible n’arrive au Terrier, ce matin.
D’un pas énergique, Bill et Charlie entrèrent dans la maison. Fred et George revinrent dans la cuisine pour accueillir avec enthousiasme les nouveaux venus et Mme Weasley quitta évidemment ses fourneaux. Seul Percy, dont les effusions d’émotions étaient plutôt rares, et Harry, qui aurait désespérément aimé avoir la cape de son père à ce moment précis, ne bougèrent pas de leur place.
- Tiens ? Mais que faites-vous ici, tous les deux ? Vous n’aviez pas prévu de venir à la fin du mois d’août ? demanda Percy, qui semblait presque fâché que ses frères aient changé leur emploi du temps.
- En effet, mais comme il y avait une excellente raison d’arriver plus tôt, on a profité de l’occasion ! Tu n’es pas content de nous voir, Percy ? répondit Charlie avec un large sourire.
- Oui… Bien sûr… dit Percy très sérieusement.
- C’est d’une évidence… Où est… Harry ! Joye… oh… outch… Ron ne t’a pas averti ? demanda Bill.
Harry ferma les yeux un instant.
- Oui… mais pas assez, on dirait, répondit-il.
- Je vois ! J’adore tes boxers, Harry ! dit Charlie en riant.
- Je les aimais aussi… avant…
- Bah, on a vu pire, tu sais ? dit Bill.
- Oh, ça va ! grogna Charlie.
- Notre cher frère Charlie s’est fait avoir encore plus que toi. Quand je suis allé le chercher, il était flambant nu ! Je peux te dire qu’il avait l’air malin, à la table ! poursuivit Bill.
Tout le monde éclata de rire, sauf Percy, évidemment. Puis Bill et Charlie forcèrent Harry à se lever de sa chaise pour lui souhaiter joyeux anniversaire. Selon ses souvenirs, Harry n’avait pas reçu, au cours de toute sa vie, autant de baisers que dans cette seule journée… Et il était possible qu’il en ait d’autres. C’était étrange… Agréable mais étrange tout de même.
Puis, Mme Weasley retourna à ses fourneaux tandis que Bill et Charlie s’asseyaient à la table pour tenir compagnie à Harry. Fred et George devaient avoir terminé leur complot parce qu’ils restèrent eux aussi. Harry eut donc le loisir d’entendre les plus croustillantes histoires du traditionnel matin-anniversaire, photographies en prime. Ron était vraiment mignon avec un pyjama rose avec des petits lapins. À ce jour, aucun Weasley, incluant Ron, ne savait pourquoi il s’était retrouvé avec ce truc sur le dos. Harry riait à gorge déployée lorsque M. Weasley entra dans la maison.
- Oh, Harry… Est-ce que Ron aurait oublié de t’avertir ? demanda-t-il en riant.
Harry tourna vivement la tête vers lui, se sentant rougir jusqu’à la racine des cheveux… une fois de plus.
- Mais non ! Je l’ai averti ! Mais ce n’est pas ma faute s'il ne m’a pas écouté, dit Ron qui entrait derrière son père.
- T’aurais dû être plus convaincant ! grogna Harry.
- Je ne voulais pas te gâcher la surprise, répliqua Ron qui leva à nouveau Harry de sa chaise. Joyeux anniversaire !
Harry reçut le câlin et les bisous d’anniversaire avant d’être agressé par M. Weasley qui l’enveloppa dans une solide étreinte qui se rapprochait fortement de ce que Harry aurait pu qualifier d’amour paternel.
- Joyeux anniversaire, Harry, dit Arthur avant de l’embrasser sur les deux joues.
Après avoir remercié chaleureusement M. Weasley, Harry se tourna vers Ron.
- Où tu étais, faux-ami ? demanda Harry en camouflant un sourire.
- Faux-ami ? Simplement parce que tu te retrouves en boxer un peu à cause de moi ? Tu es sévère… Mais bon, c’est ton anniversaire, je te pardonne, dit Ron en riant. Où j’étais ? Et bien… regarde !
- Regarder quoi ? demanda Harry.
Ron ne répondit pas et pointa quelque chose derrière Harry. Évidemment, le jeune garçon se retourna pour tomber nez à nez avec… Hermione, qui arborait un sourire à la fois moqueur et appréciateur. Si Harry avait rougi souvent depuis qu’il était levé, ce n’était rien comparé à la couleur qu’il venait de prendre.
- Hermione… euh… Salut, dit Harry en fixant ses orteils.
- Bonjour Harry ! J’avais d’abord pensé venir plus tard mais je crois que j’ai bien fait de venir plus tôt, dit Hermione en riant.
Tout le monde se mit à rire et Hermione prit à son tour Harry dans ses bras.
- Joyeux anniversaire, Harry ! dit Hermione.
Après les baisers traditionnels et quelques moqueries supplémentaires, tout le monde prit place à la table. Harry constata qu’il restait cinq places de libre. Pourtant, seul Mme Weasley et Ginny n’étaient pas encore assise. Qui était les trois autres ? Harry cessa d’y réfléchir lorsqu’il songea qu’effectivement, Ginny allait bientôt descendre et le voir comme ça. C’était déjà embarrassant de la voir rougir en temps normal…
Puis les poulets se sauvèrent à nouveau dans la cours. Harry fronça les sourcils et regarda les Weasley. Ils étaient tous plus ou moins en train de combattre un fou rire. Même Percy avait un sourire moqueur. La sonnette d’alarme dans le cerveau de Harry se mit à hurler. Puis il entendit la voix de ceux qui arrivaient… Celles qui arrivaient, plutôt. Si sa mémoire était exact, les rires qu’il entendait appartenaient à Alicia, Angelina et Katie. Harry figea une seconde ou deux puis bondit de sa chaise tellement vite que personne au monde n’aurait pu le rattraper. Il fila en direction des escaliers mais arrêta net. Sur la dernière marche se tenait Ginny qui le regardait avec de grands yeux bien ronds. Harry se retrouva donc debout, au milieu de la cuisine, stoppé dans une position aérodynamique lorsque les poursuiveuses de l’équipe de Gryffondor entrèrent dans la maison.
- Vous venez de manquer la plus belle tentative d’évasion jamais vue au Terrier ! dit Fred à ses amies.
- C’était vraiment bien réussi. Si Ginny n’avait pas fait obstruction, vous auriez raté le spectacle, enchaîna George.
- Wouah… Et ça aurait été vraiment dommage, dit Angelina en riant.
Tout le sang de Harry lui monta au visage tandis qu’il se faisait assaillir par les trois jeunes filles. Lorsqu’elles le lâchèrent enfin, bien que Harry n’avait pas trouvé leur contact désagréable du tout, il avait presque repris une couleur normale.
- Merci les filles. Mais… euh… commença Harry.
- Qu’est-ce qu’on fait ici ? Et bien… On vient fêter ton anniversaire et on a été invitées à un méga match de Quidditch affrontant les Weasley au reste du monde, expliqua Alicia.
- J’espère que tu es prêt parce qu’on a pas l’intention de perdre ! dit Katie avec un petit coup sur l’épaule de Harry.
- Je suis toujours prêt pour un match de Quidditch, assura Harry.
- Tant mieux ! Mais j’espère pour toi qu’ils vont te permettre de t’habiller mieux que ça. Quoi que… dit Angelina avec un jeu de sourcil suggestif.
Harry poussa un grognement et retourna vers sa chaise, sous les rires de toute la maison. Il était sur le point de s’asseoir lorsqu’il remarqua que Ginny s’était silencieusement glissée à sa place, à l’autre bout, à côté de sa mère. Malheureusement, Harry ne fut pas le seul à le remarquer.
- Ginny, tu n’as pas souhaité un joyeux anniversaire à Harry ! dit Charlie, les yeux pétillants de malice.
- Oh… Joyeux anniversaire, Harry, murmura Ginny.
- Merci, dit Harry en pliant les genoux pour s’asseoir enfin.
Mais George l’attrapa par le bras pour le forcer à rester debout.
- Percy lui-même s’est donné la peine de lui serrer la main, tu sais ? dit Fred. Tu ne voudrais pas tomber plus bas que Percy ?
Un murmure amusé se propagea autour de la table, arrêtant sec au niveau de Molly. De son côté, Ginny avait rougi de plus belle mais Harry n’était pas certain de la raison entre lui et l’insulte que Fred venait de lui faire. La cadette des Weasley se leva lentement de sa chaise et se dirigea vers Harry. George recula pour laisser toute la place à sa petite sœur. Ginny s’arrêta juste devant Harry et prit une grande respiration avant de lever la tête vers lui.
- Joyeux anniversaire, Harry, dit-elle avec conviction.
Harry avait un peu grandi et était maintenant d’une taille à peu près normale pour un garçon de son âge. Ginny dut donc se lever sur la pointe des pieds pour l’embrasser sur la joue, même si Harry avait légèrement baissé la tête pour l’aider. Ginny ne visa malheureusement pas très bien et donna son baiser un peu trop près de la bouche de Harry. Ils eurent tous les deux un spasme de surprise et Ginny dut poser ses mains sur les épaules de Harry pour ne pas tomber. Personne d’autre qu’eux ne savait pourquoi ils avaient un regain d’embarras, ce qui les amusa fortement… Quoi qu’ils auraient été encore plus amusés s'ils l’avaient su. Ginny donna rapidement son deuxième baiser à Harry et recula vivement. Elle lui fit une sorte de sourire d’excuse et retourna le plus lentement possible vers sa place.
- Tu vois, c’était pas si désagréable, n’est-ce pas ? dit Bill en riant.
- Mais je n’ai jamais cru que ça pourrait l’être, répliqua Ginny.
Elle-même ne savait pas où elle avait pris le courage de répliquer aussi sérieusement mais elle fut heureuse de voir qu’elle les avait tous surpris.
- Bon, maintenant, il faut manger, dit finalement Mme Weasley.
- Je te souhaite bonne chance, Harry, lui dit très sérieusement Charlie.
- Hein ? Pou… pourquoi ? demanda Harry, à nouveau très inquiet.
Personne ne répondit, tout le monde regardant alternativement M. et Mme Wealsey qui approchaient de Harry et Harry lui-même. Plusieurs assiettes se posèrent alors devant Harry. Une impressionnante pile de crêpes, une autre de saucisses, une de jambon, des fayots, des œufs, des toasts, de la confiture, du porridge, du bacon, deux croissants, un bagel au fromage à la crème, quelques brioches, un assortiment de fromages et quelques fruits furent bientôt à la disposition de Harry. Il avait haussé peu à peu les sourcils, impressionné par la quantité de nourriture. Avec ça, il pourrait nourrir une armée. Mais pourquoi devant lui spécifiquement ?
- Euh… C’est moi qui fait les assiettes ? demanda-t-il à Mme Weasley.
- Oh non, bien sûr ! Ca, c’est TON petit déjeuner, répondit-elle avec un large sourire.
- Vous plaisantez ? Vous voulez que je mange tout ça ? Mais… mais… je mange à peine le huitième de tout ce qu’il y a devant moi ! s’écria Harry.
- Ne t’en fais pas, on va s’occuper de ce qui reste, assura Bill.
- De toute façon, à ce jour, personne n’a réussi à tout manger, dit George.
- Même pas Ron ! C’est te dire ! ajouta Fred.
- Hey !
Malgré la protestation de Ron, tout le monde éclata de rire. C’est peut-être cette atmosphère amicale qui permit à Ginny de faire ce qu’elle fit. Elle se pencha sur la table et regarda Harry très sérieusement.
- Mais je crois que si tu arrivais à tout manger, ça ne te ferait pas de mal. Tu es beaucoup trop maigre… Et si tu es trop plein, ça donnerait plus de chance à Charlie d’attraper le vif d’or, dit-elle.
Une fois la surprise générale passée, tout le monde éclata à nouveau de rire. Charlie encouragea aimablement Harry à manger à s’en défoncer l’estomac tandis que les filles protestaient, voulant avoir leur attrapeur dans le meilleur de sa forme. Harry mangea son impressionnant repas avec appétit tandis que les autres mangeaient des toasts en attendant leur tour pour se nourrir, avec ce que Harry n’aurait pas la force de manger et ce que Mme Weasley avait fait pour eux. Suivant la conversation avec intérêt, Harry parvint à manger un peu de tout. Mais sa tonne de nourriture de diminuait toujours pas. S'il n’avait pas mieux connu Mme Weasley, il aurait juré qu’elle avait fait exprès pour que tout se renouvelle à chaque fois qu’il en mangeait un bout. Puis, après avoir manger à peu près le quart de ce qu’il avait à manger, Harry se jeta vers l’arrière, semblant pendre sur sa chaise.
- Je crois que je vais mourir, dit-il simplement.
Un nouvel éclat de rire se fit entendre.
- Je crois que le jubilé a terminé ! dit Ron.
- Qu’est-ce qui se passe, Harry, tu n’aimes pas la cuisine de maman ? demanda Bill.
Harry redressa légèrement la tête.
- Si… vraiment ! Mais je crois que je vais être malade si je mange encore… Alors je vous lègue le reste… Sauf peut-être la brioche qui est là, dit-il s’en saisissant.
- Ahah ! Tu vois bien qu’il te reste de la place ! dit Ron.
- Oui… un peu dans l’œsophage, répondit Harry en laissant retomber sa tête.
- Alors ne reste pas comme ça, tu aides le tout à remonter. Ne fais pas comme Percy ! Laisse-lui l’honneur d’avoir été le seul à en vomir, dit Charlie.
- Ce n’est même pas vrai ! protesta Percy.
- Hey… On a une photo, dit George.
Percy plongea le nez dans son assiette. Tout en riant, les convives se passèrent les assiettes de Harry et les nouvelles que Mme Weasley leur donnait. Harry se laissa tout de même pendre sur sa chaise en mangeant sa brioche, les yeux fermés. Même après avoir terminé sa succulente brioche, il ne releva pas la tête. Il continua de pendre sur sa chaise, donnant inconsciemment le plaisir aux jeunes filles de le contempler selon leur bon plaisir. Il écoutait distraitement la conversation, concentré à digérer et à tout garder à l’intérieur. Puis, une main appartenant sans doute à une très cruelle personne, lui donna des petites tapes directement sur l’estomac. Harry se redressa aussitôt, un drôle de bruit sortant de sa gorge.
- Harry, ce ne sont pas des manières ! dit Hermione en riant.
Selon toute évidence, c’était elle la cruelle propriétaire de la main cruelle.
- Hermione, s’il te plait, ne recommence pas. Je n’ai vraiment pas envie de vomir pour vrai, dit Harry.
- Héhé, tu n’avais qu’à ne pas t’endormir sur ta chaise ! dit Ron.
- Je ne dormais pas !
- C’est ce qu’on dit, dit M. Weasley avant de croquer dans un croissant.
Harry rougit, s’excusa avant d’enfin reprendre part à la conversation. Il se surpris lui-même à étirer le bras à plusieurs reprise pour attraper un bout de bacon ou une saucisse, sous le sourire moqueur de tout le monde.
- Harry, tu veux ne pas faire de piqué, durant la partie ? Tu risques de t’enfoncer droit dans le sol, lui dit Angelina.
- Oh, tu sais, je ne sais même pas si j’arriverais à décoller alors…
Le repas se continua et se termina dans cette franche atmosphère de camaraderie. Puis tout le monde s’affaira à ramasser la cuisine pour épargner du travail à Mme Weasley. Harry aurait bien voulu aider mais même s'il avait réussi à se lever, tout le monde aurait protesté. Il resta donc assis sur sa chaise, se demandant comment il allait arriver à monter l’escalier pour se changer.