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A/N : Oui, on en a mit du temps… on sait ! Mais vaut mieux tard que jamais et ce chapitre est plus long que les autres… en espérant qu’il soit à la hauteur de vos attentes !
Merci pour tous les Reviews ! C’est vraiment très gentil ! -
4- L’étrange anniversaire de Mr Potter
Lorsqu’il était sorti du stade, plusieurs minutes plus tard, Harry avait scruté aux alentours pour voir si Remus et Patmol étaient encore dans les environs. Il ne les vit nul part mais s’entêta néanmoins à jeter quelques coups d’œil subtils à la route tandis qu’ils reprenaient le chemin de la ville dans la fourgonnette ministérielle. Après que Ron lui ait fait remarquer qu’ils savaient transplaner, Harry avait rougi puis abandonné l’idée des les entrapercevoir à nouveau. Il s’était donc concentrer sur leur nouvelle destination. Tout ce qu’il savait, c’est que tous les autres venaient aussi et qu’une relative élégance semblait de mise. Bref, ils allaient dans un endroit public. Il avait essayé de demander où ils pouvaient bien se rendre mais les frères Weasley avaient fini par le menacer de l’attacher sur le toit s’il n’arrêtait pas de poser des questions. Harry n’avait donc pas pris de chance et s’était laissé conduire. La route était longue mais avec les Weasley, tous les neuf, on s’ennuyait rarement. Il faut dire qu’à quatorze dans un véhicule… Harry fut agréablement surpris de les entendre entonner des chansons de route typiquement « sorcières » que même Percy fredonnait. Évidemment, Harry ne les connaissait pas. Il s’étira le cou pour regarder Hermione, de l’autre côté de Ron. Elle semblait aussi enchantée que lui et regardait, en souriant d’une oreille à l’autre, Ron, qui chantait faux mais de bon cœur. Derrière elle, Ginny s’était mise à genoux sur son siège et faisait un étrange jeu de main avec Bill, assis sur la banquette juste derrière. Charlie, le meneur des petits chanteurs rouquins, battait la mesure en frappant solidement dans le dossier de devant, ce qui donnait un impressionnant trémolo à la voix de Fred, juste derrière Harry. Il ne semblait pas troublé outre mesure; il faisait, avec George, une sorte de chorégraphie des bras, manquant d’assommer plusieurs passagers. Et totalement au fond, les trois Poursuiveuses de Gryffondor essayaient de suivre la chanson au milieu de leurs éclats de rire.
- Non seulement ils se sont fait une équipe de Quiddtich complète, mais en plus, ils se sont fait une chorale ! hoqueta Katie entre deux chansons.
- En effet… Le problème, c’est que tout le talent est allé au Quiddtich. Il n’en restait guère pour le chant. Vous m’en voyez on ne peut plus désolée, dit Molly avec un clin d’œil.
Sans se démonter, Charlie entonna d’une voix encore plus forte, pour couvrir le rire des non-roux, une chanson traditionnelle que tout petits anglais connaissaient. Harry et Hermione se joignirent discrètement à la chorale Von Weasley. Charlie enchaîna avec d’autres pièces qu’Harry connaissait et, peu à peu, il finit par chanter avec autant d’enthousiasme que les autres. Un à un, ils avaient cessé de faire du tapage autre que les paroles de la chanson et c’était beaucoup plus joli.
Puis, comme toute bonne chose a une fin, M. Weasley les conduisit à bon port. D’ailleurs, le brave homme était fort heureux que ses passagers aient été trop concentrés sur les chansons pour remarquer qu’il s’était perdu dans les rues de Londres pendant une bonne quinzaine de minute.
- Et voilà, nous y sommes ! Et pile à l’heure ! déclara Arthur en éteignant le véhicule.
Après avoir patiemment attendu son tour pour sortir, Harry se retrouva dehors, entre Ron et Hermione à regarder l’enseigne étrange de ce qui semblait être, selon toute vraisemblance, un restaurant. Bien que ce genre de sortie était banale pour le commun des mortels, Harry était très heureux. Il n’avait pas eut très souvent eut droit au plaisir de la fine cuisine et jamais pour son anniversaire. Même s’il se doutait qu’il ne pouvait leurrer personne, Harry prit un air décontracté, les Potter ayant tout de même leur fierté.
- Le Merlin ! J’en ai entendu parler mais je n’avais pas encore eu l’occasion de venir, s’écria Hermione avec un large sourire.
Harry aurait bien voulu ne pas avoir l’air de ne pas être le seul à ne pas connaître l’endroit mais les choses étant ce qu’elles sont… Hermione se pencha vers Harry pour lui expliquer à voix basse.
- C’est un restaurant tenu par des sorciers et tout ce qui y trouve est conçu pour les sorciers à l’exception d’une seule chose; il est interdit d’y faire de la magie. La moitié de la clientèle est Moldus. Ils viennent ici parce que le nom et le décor assorti sont accrocheurs pour les amateurs de culture médiévale. Les moldus sont convaincus que les serveurs et les clients vêtus en sorciers font partie de l’ambiance ou qu’ils sont des participants à des jeux de rôles. C’est le seul endroit public où il y a des moldus dans lequel nous sommes libres de parler de notre monde sans danger ! expliqua-t-elle en riant.
- Il va s’en dire que c’est le restaurant préféré de papa, ajouta Ron sur un ton narquois.
- C’est le seul endroit où il peut discuter de plaques de courant et d’eklecticité, quel bonheur, dit Fred en roulant les yeux.
- Où il pouvait, tu veux dire ! Le propriétaire le lui a interdit, il était trop étrange, même pour l’endroit !
Évidemment, ils s’esclaffèrent à nouveau, sauf Arthur qui avait pris une teinte rose.
- Hum… Si on allait attendre les autres à l’intérieur ? proposa-t-il avant de se diriger vers l’entrée sans attendre leur approbation.
Une fois à l’intérieur, le patron lui-même vint les accueillir, tout heureux de serrer la main du fameux Harry Potter.
- Ravi de vous rencontrer, M. Potter. Je suis Raphaël McClane ! Ravi, vraiment, enchanté ! Bienvenu dans mon restaurant ! Je suis enchanté ! Ravi !
- Euh… Enchanté, dit Harry en lui serrant la main, essayant d’ignorer les sourires moqueurs des Weasley.
- Venez, mais venez donc ! Je vous ai réservé la terrasse privée ! Il fait tellement beau, ce serait pêché de ne pas en profiter pour l’anniversaire de M. Potter !
- La terrasse ! Eh ben, y’a des avantages à tout, murmura Bill à l’oreille d’Harry tandis que McClane les conduisait en montrant le paysage.
Harry haussa les épaules, les joues en feu. Il n’avait jamais aimé la publicité et il ne l’aimerait jamais. Charlie lui donna une solide tape sur l’épaule.
- Quand tu auras vu la terrasse, tu seras content, pour une fois, que quelqu’un soit si ravi de te rencontrer, dit-il avec un clin d’œil.
Harry lui lança un regard sceptique et passa la porte devant laquelle McClane venait de s’incliner bien bas. Il se retrouva dehors, sur une magnifique terrasse aux allures médiévales. Les piliers, le balcon, les hautes chaises et l’immense table ovale étaient tous faits de bois finement sculpté. La façade du restaurant était en pierre, sans doute vieillie par un procédé magique, ce qui ajoutait au cachet. Mais ce n’était pas ce qui était le plus impressionnant. La terrasse donnait sur un immense parc ou jardin qu’Harry ne connaissait pas. Non loin d’eux trônait une immense fontaine représentant une sombre gargouille aux ailes ouvertes et au loin se dessinait la silhouette d’un antique château.
- Alors, M. Potter, la terrasse vous plait ? demanda fébrilement McClane à l’oreille d’Harry.
L’interpellé sursauta et se retourna vivement pour faire face au propriétaire qui, légèrement courbé vers l’avant, le regardait avec de grands yeux suppliants.
- Euh… Oui, beaucoup. C’est magnifique, M. McClane, répondit Harry en reculant d’un pas.
- Oh ! C’est fantastique ! Asseyez-vous, mais asseyez-vous donc ! Venez, votre place est au bout, évidemment ! dit joyeusement le brave homme en allant lui même tirer l’immense chaise pour qu’Harry puisse s’y installer.
Bien que McClane était sans aucun doute bourré d’excellentes intentions, Harry se sentait mal à l’aise… très mal à l’aise. Tant de sollicitude de la part de quelqu’un qui ne le connaissait pas avait tendance à le rendre nerveux. Il faut dire que même les Weasley avaient cessé de sourire et regardaient la scène avec embarras. Harry évita donc de les regarder et serra les poings. Il enfonça la tête dans les épaules et amorça un mouvement pour aller rejoindre le jovial monsieur. Il avait à peine terminé son premier pas lorsqu’il fut stoppé dans son élan. Quelqu’un s’était glissé derrière lui, avait passé son bras autour de ses épaules et le pressait maintenant contre lui d’une manière extraordinairement rassurante. Harry baissa évidemment les yeux vers la main qui reposait maintenant sur sa poitrine. Deux détails suffirent à Harry pour savoir à qui elle appartenait. Des tâches de rousseurs et une alliance.
- C’est très gentil, Raph, mais je crois que Harry a déjà appris comment s’asseoir tout seul, dit gentiment M. Weasley.
McClane ouvrit grand les yeux, surpris, avant de rougir.
- Peut-être un peu trop de zèle, mmmmm ? Désolé, M. Potter. Je vous laisse et je vais aller attendre vos autres invités, dit McClane avant de s’incliner à nouveau devant Harry et de quitter la terrasse.
Harry l’avait suivi des yeux, étonné qu’il ait repris ses esprits si rapidement. Il n’était pas le seul à fixer la porte avec un drôle d’air mais il était certainement le seul à se sentir si étrange. Il faut dire qu’il avait rarement été défendu et que l’étreinte de M. Weasley était pour lui quelque chose d’exceptionnel.
- Eh ben, dit Arthur après un soupir. Et après, on dit que c’est moi qui suis étrange avec mes plaques de courant.
Ils éclatèrent tous de rire et Harry se tourna vers M. Weasley avec un large sourire. L’homme lui fit un clin d’œil et relâcha son étreinte après une petite tape sur le torse.
- Par contre, il avait raison. Tu t’assois au bout !
Harry roula les yeux et, sans se départir de son sourire, alla se glisser dans l’immense chaise du Maître.
- Hum… J’ai toujours su que je n’étais pas bien grand mais dans cette chaise, je me sens franchement nain, dit Harry une fois qu’ils furent tous assis.
- Bah, tu sais, je crois que seul Hagrid pourrait avoir l’air parfaitement à l’aise, là dedans, dit Bill en avançant sa propre chaise qui était aussi passablement disproportionnée.
- Toues les chaises sont grandes, mais confortables, constata Fred en se tortillant joyeusement sur sa chaise.
- On a la bonne compagnie, on a le confort, on a la vue, il ne reste qu’à espérer que le repas sera à la hauteur ! dit Charlie en levant son verre d’eau avant d’en prendre une gorgée. L’eau est excellente, c’est sans doute un bon présage. Levons donc tous nos verres à cette journée ensoleillée emplie de joies et de rire.
- Poète, mon frère, dit George avec une moue à la fois impressionnée et amusée.
- N’est-ce pas ? Je suis un homme plein de ressources ! répondit Charlie avec un demi-sourire.
Harry eut un petit rire et prit le menu qui était devant lui. Avec la prestance de l’endroit, il s’attendait à y voir des noms de plats qu’il ne comprenait pas mais il eut l’agréable surprise de voir qu’il s’était trompé. C’était un menu tout simple et de bon goût. Un silence s’installa durant lequel ils imitèrent tous Harry puis McClane revint, suivit de Lee, Seamus, Dean et Neville. Ils s’extasièrent tous les quatre sur la beauté de l’endroit.
- Où sont vos parents ? demanda Harry à Lee et à Seamus une fois que McClane fut reparti.
- Oh, mon père avait une réunion barbante à laquelle il ne pouvait se défiler, et ce n’est pas faute d’avoir essayé, expliqua Seamus.
- Et les miens sont en train de garer la voiture, dit Lee. Ils vont être ravis, ils fantasment sur la terrasse depuis des années.
- Eh ben… Je ne voudrais vexer personne mais il faudrait tout de même qu’ils se retiennent. C’est qu’on va manger sur cette table, vois-tu, expliqua gentiment Fred, très sérieusement.
- Fred ! s’horrifièrent en même temps Lee et Mme Weasley, pour des raisons différentes.
Angelina dut mettre rapidement la main devant la bouche pour ne pas recracher son eau tandis que beaucoup se cachaient derrière leur menu. Fred prit son air le plus angélique et accueillit les Jordan avec enthousiasme. Lee jeta un œil à ses parents et secoua la tête, sans doute pour en chasser une image dont il préférait se passer.
- Géniale la terrasse, on en a toujours rêvé, dit M. Jordan, les yeux pétillants.
- Oh, ça va oui, gémit Lee en se laissant tomber sur sa chaise.
Ils se mirent tous à rire, sauf les Jordan qui regardaient leur fils avec un air interrogateur. Ils étaient sur le point de demandé ce qu’ils avaient manqué lorsqu’une (très jolie) serveuse vint les voir.
- Puisque tout le monde est arrivé, vous voudriez peut-être prendre un apéritif, demanda-t-elle avec un charmant sourire. Je vais vous laisser regarder ce qui vous fait envie et je reviens.
Et elle disparut sans attendre de réponse.
- Ben fallait pas partir alors, murmura Bill qui l’avait suivie des yeux.
Ils s’esclaffèrent à nouveau et Charlie lança sa serviette de table à son frère, qui souriait d’une oreille à l’autre.
- Seigneur… Je crois qu’il y a un problème hormonal chez mes enfants aujourd’hui, soupira Molly qui avait été la seule à ne pas rire ouvertement.
- Maman, tu as déjà entendu parlé de cette petite chose qu’on appelle l’hérédité ? répliqua George.
- C’est sûr que…
- Arthur !
- Alors, qu’allons-nous prendre ? dit M. Weasley en plongeant le nez dans son menu.
Un murmure amusé parcourut une nouvelle fois la table.
- Je crois que je vais y aller pour un Zombie, dit Fred en refermant son menu.
- Parce que tu penses que tu as droit à autre chose qu’à une bieraubeurre ? demanda Molly, sourcil haussé.
- C’est la fête de Harry ! Faut arroser ça ! répondit George avec beaucoup d’espoir.
- Bel essai, conclu Mme Weasley en retournant à son menu.
Quelques minutes plus tard, la serveuse revint pour prendre les commandes. Les adultes prirent surtout du vin, les jeunes des bieraubeurres. Percy surprit tout le monde en demandant un Martini. Mme Weasley semblait vouloir protester mais comme il était majeur, maintenant, elle ne pouvait tout de même pas l’en empêcher. Surtout pas devant tout le monde.
Évidemment, Bill commanda avec un très séduisant sourire qui, à première vue, sembla produire l’effet escompté.
- Bourreau des cœurs, dit Ginny en roulant les yeux.
- Mais je n’ai rien fait moi ! répliqua Bill en toute innocence.
Harry secoua la tête avec un sourire en coin et retourna à l’élaboration de son menu. Ils les entendaient discuter ensemble, de choses et d’autres, en feuilletant leurs menus. Harry avait presque terminé son choix lorsqu’il songea soudainement qu’il n’avait pas encore été à Gringott et qu’en conséquence, il n’avait plus beaucoup d’argent. Il remarqua alors un phénomène étrange.
- Euh… Pourquoi est-ce que je n’ai aucun prix d’indiqué dans mon menu ? demanda-t-il à Hermione, fort perplexe.
Ils arrêtèrent tous de parler en même temps et toutes les têtes se tournèrent lentement vers lui, une expression neutre sur le visage.
- C’est fou ce qu’un garçon si intelligent peut poser comme question stupide, dit Charlie.
- Mais… mais… C’est que je…
- Harry ! Quand on est invité, on ne s’attarde pas sur le prix des choses. Donc choisis ce que tu veux manger, mange et digère. Le reste, ce n’est pas ton problème, grogna Ron en le menaçant avec son propre menu.
Harry fixa Ron, incrédule. M. Weasley n’allait tout de même pas payer pour lui en plus ? Si ? Les Weasley n’étaient déjà pas très riches, avec toute l’organisation de la journée, ajouter un repas qui ne devait pas être dans les moins cher du pays, c’était tout de même trop.
- Mais… !
Harry n’eut jamais le loisir de terminer sa phrase. Le lourd menu de Ron venait de s’écraser sur son crâne.
- Outch !
- Il n’y a pas de « mais » ! Tu commandes et tu la fermes ! gronda Ron en brandissant à nouveau son arme improvisée.
Harry regarda tout le monde, un à un. Ils le regardaient tous avec un air étrange, comme pour le mettre au défi de protester à nouveau. Il poussa donc un soupir et retourna à son choix de plat principal.
- C’est quand même injuste, ne put-il s’empêcher de murmurer.
- C’est très juste. Personne ne paie à sa fête, répliqua Hermione avec une patience amusé.
- En effet. Et je te conseille de clore le sujet parce que McClane avait proposé de te faire chanter joyeux anniversaire par tout le restaurant et ceux qui voulaient se joindre à la chorale pour t’apporter ton dessert. J’ai refusé la proposition parce que je me suis dit que ça ne te plairait pas beaucoup. Mais il est toujours temps de changer d’avis, n’est-ce pas ? dit Arthur avec un aimable sourire.
Harry dévisagea M. Weasley avec de grands yeux pendant quelques secondes et replongea le nez dans son menu, bien décidé à ne plus rien dire sur le prix de son repas.
- Tu as un talent inné pour convaincre les gens, mon chéri, dit Molly avec un rire dans la voix.
M. Weasley n’eut pas loisir de répondre puisque la serveuse revint à ce moment. Elle donna à chacun sa consommation, s’attardant légèrement tout près de Bill. Le dernier à recevoir sa bieraubeurre fut Harry. Il tourna la tête vers la serveuse, qui regardait toujours Bill, et la remercia en souriant. La jeune femme lui jeta un bref regard avant de retourner vers Bill… Puis de revenir vivement vers Harry, les yeux ronds.
- Vous… êtes… Harry Potter ?
- Il lui ressemble, n’est-ce pas ? interrompit Fred.
- On arrête pas de le lui dire ! enchaîna George. Il devrait faire un concours de sosies ! C’est certain qu’il gagnerait !
- Mais il est trop timide, ce pauvre enfant, conclut tristement Fred.
Le temps sembla s’arrêter. La serveuse regardait alternativement Harry, Fred et George. Le pauvre Potter ne savait plus trop quoi dire. A vrai dire, seul les jumeaux semblaient à l’aise.
- Donc… vous n’êtes pas… Harry Potter, balbutia la serveuse.
- Euh… euh…
Harry, paniqué, regardait les jumeaux, espérant qu’ils le sortent de l’embarras où ils l’avaient mis.
- Bien sûr que c’est lui ! répondit joyeusement Fred.
- C’est justement pour ça qu’il gagnerait ! ajouta George.
Bouche bée, la pauvre fille les regarda tous les yeux pendant plusieurs seconde en clignant des yeux. Et enfin, au bout de ce qui sembla une éternité à Harry, elle le regarda à nouveau.
- Vous êtes Harry Potter ? demanda-t-elle.
- Euh… oui, murmura timidement Harry.
- Oh… euh… enchantée, dit-elle avant de s’en aller d’une démarche d’automate.
- C’est ça, jetez tous les efforts de Bill à l’eau ! soupira Ron. Elle va se sentir complètement stupide et il a probablement perdu toutes ses chances.
- Bah, avec le charme naturel des Weasley, il va probablement réussir à la reconquérir avant le dessert, dit Charlie avec un haussement d’épaule.
- Vous êtes cruels de rigoler aux dépends des gens, dit Percy de son air supérieur.
- C’est toujours comme ça ? demanda soudainement Mme Jordan à Mme Weasley.
Harry remarqua alors que mis à part ses propres interventions et une seule phrase d’Hermione, les Weasley étaient ceux qui avaient entretenu la conversation depuis leur arrivée. Et pourtant, personne n’avait semblé s’ennuyer jusque là, au contraire.
- Oh non, bien sûr, la rassura Molly avec un geste de la main
- Ouf, parce que… commença M. Jordan.
- Ils sont sages aujourd’hui, continua Molly sur un ton neutre.
Les Jordan échangèrent un regard, camouflant leur amusement.
- Vous n’êtes pas trop de deux alors, dit gentiment le père de Lee.
Mme Weasley eut un petit rire sarcastique.
- Vous plaisantez ? Vous croyez qu’ils prennent ça d’où ? demanda-t-elle tandis qu’Arthur affichait un large sourire. Avec lui, ça me fait huit enfants.
- Mais il y en a juste un avec qui elle fait de l’inceste, assura fièrement George.
Cette fois, ce fut au tour d’Alicia de porter la main à sa bouche pour garder sa bieraubeurre à l’intérieur. Et tandis qu’ils éclataient tous de rire, sauf Percy, qui avait repris son air solennel, Mme Weasley plongea le visage dans ses mains en gémissant.
- Vraiment très spirituel, dit Percy en ajustant ses lunettes.
- Hum… euh… excusez-moi, murmura une voix timide.
Les rires cessèrent et les têtes se tournèrent vers la porte où se tenait leur serveuse, tenant son carnet de commande tout contre elle.
- C’est que j’ai oublié de prendre vos commandes, alors…
- Oh mais ce n’est vraiment pas grave ! dit Bill avec une surdose de charme dans son sourire. Venez et ne vous inquiétez pas pour mes frères, on s’habitue avec le temps.
Harry ouvrit grand les yeux et tourna la tête vers Ron, qui se retourna au même moment. Ils se regardèrent un moment, la bouche ouverte. C’était tout de même gros comme drague. Puis ils regardèrent Hermione tous les deux. Elle secouait la tête, les yeux au ciel. Visiblement, ce n’était pas le genre de phrase qui accrochait la jeune Gryffondor. Mais la serveuse…
- Y’a des ajustements à faire partout, répondit-elle d’une voix suave.
À ce stade-ci, Fred et George se mordaient sans l’ombre d’un doute l’intérieur de la bouche pour ne pas éclater de rire, à l’instar de beaucoup. Ils réussirent néanmoins à passer leur commande et la serveuse, après un dernier clin d’œil pour Bill, disparut à nouveau en ondulant les hanches.
- Alors là, Bill, je ne sais pas si tu dois me faire honte ou si je dois être fier, dit Charlie, quelques secondes plus tard.
- Quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait encore ? s’étonna Bill, les joues rouges.
- Un joli numéro, mon cher, répondit Charlie en riant.
- Personnellement, ça m’étonne que ça ait fonctionné mais bon… dit Hermione en regardant au loin.
- Tu es insensible à mon charme, petite Granger ? demanda Bill, faussement blessé.
Hermione ne répondit que par un léger mouvement d’épaules.
- Parce que tu appelles ça du charme ? J’appelle ça de la pêche au filet ! protesta Alicia en riant.
- J’aurais tendance à être d’accord. Je suis désolée, Bill, mais on te voyait venir de loin, avec tes gros sabots ! ajouta Katie en hochant la tête. Malgré tout le charme Weasley que tu possèdes, ça, c’était grossier.
- Certes… Mais ça a fonctionné, non ? répliqua Bill d’un air digne.
- Chaque personne est sensible à une forme différente de charme, dit doucement Mme Weasley. J’admets que ce n’est pas à celle-là que je suis sensible…
- Et j’en remercie le ciel, murmura Arthur.
Molly adressa un tendre sourire à son mari.
- … mais certaines le sont. Comme d’autres sont sensibles à l’humour, poursuivit Mme Weasley avec un regard appuyé pour Angelina, qui rougit. Chaque personne à ses points faibles. Et j’admets que Bill, tu es doué. Je ne sais pas si ça me plait, par contre.
- J’aurais pu être psychologue, si j’avais voulu ! dit Bill avec une grimace.
- Ah vraiment ? demanda Hermione, sceptique.
- Ouaip ! Par exemple, Angelina est attiré par le sens de l’humour…
- Ca, ce n’est pas bien difficile à trouver, rétorqua Hermione.
- …Alicia aussi. Katie préfère le genre sérieux et ténébreux. Ginny, éternelle romantique, a un faible pour les points communs et la gentillesse. Et toi, Hermione, ce qui t’attire, je dirais que c’est…
- Les accents et une démarche de canard, dit Ron sur un ton cinglant.
Comment Harry avait réussi à ne pas rire resta toujours un mystère pour lui. Mais Hermione ne goûta pas à l’humour de Ron. Elle le fusilla du regard, sourde à tous les autres qui s’étaient mis à rire.
- Alors, Harry, qu’est-ce que tu as commandé ? demanda Ron en toute innocence.
- La table d’hôte Grecque, répondit aussitôt Harry, ne voulant pas qu’une guerre éclate le jour de son anniversaire.
La conversation dévia sur le repas. Le taux d’hormone semblait être revenu à la normale, personne ne voulait que Ron et Hermione s’entretuent et ils commençaient à avoir faim. De plus, les Weasley étaient difficiles à suivre, quand ils voulaient. Maintenant que la discussion se faisait dans les règles de l’art, ils pouvaient tous y participer, même Neville, qui avait semblé en manquer plusieurs bouts. Harry accueillit sa salade Grecque avec plaisir, même s’il la trouvait plutôt grosse pour une entrée. Heureusement, Ron, qui voulait y goûter, l’aida relativement bien à la terminer. Puis vint le tour du plat principale. La tante Pétunia pouvait bien se vanter d’être une cuisinière hors pair, les souvlaki qu’Harry avait devant lui étaient cent fois meilleurs.
- C’est quoi ces petites patates ? demanda Ron, penché sur l’assiette d’Harry.
- Pomme de terre Grecque.
- Oh…
- Ron, tu veux bien manger dans ton assiette et laisser Harry manger la sienne ? gronda Hermione, exaspérée.
- J’ai le droit de m’informer quand même ! protesta Ron.
Hermione ne prit pas la peine de répondre et lui fit des gros yeux. Harry, heureux dans son cœur comme rarement auparavant, fit don d’une patate à chacun. Hermione allait protester mais lorsqu’elle vit la sienne atterrir devant elle, elle ne dit plus rien et la mangea rapidement.
Bref, tout alla bon train et Harry se retrouva bientôt à prendre la dernière bouchée de son dessert et à se servir sa deuxième tasse de thé.
- Ouf… c’était excellent, soupira Ron en se laissant lourdement tomber sur le dossier de sa chaise. Mais je crois que j’ai un peu trop mangé.
- C’est normal, t’as mangé la moitié de l’assiette d’Harry en même temps que la tienne, dit Hermione en se tapotant le coin de la bouche avec sa serviette de table.
- Tu exagères toujours, dit Ron en rejetant la plainte du revers de la main.
Harry eut un sourire indulgent pour ses amis et but de son excellent thé. McClane, qui n’était réapparu qu’une seule fois durant le repas pour s’assurer que tout était parfait, refit surface, poussant devant lui un chariot sur lequel reposait une grosse boîte en carton.
- Oh, Ron, avec un peu de chance, il va y avoir une Vélane à l’intérieur, dit très sérieusement Hermione.
- Vraiment très drôle, répondit Ron avec une moue boudeuse.
McClane se dirigea droit vers Harry et déposa la boîte juste à côté de lui. Harry, sa tasse de thé toujours dans les mains, leva vers lui un regard de petit garçon. Qu’est-ce qu’il pouvait bien vouloir qu’il fasse avec une grosse boîte en carton ? Une maison dans un arbre ?
- Tenez, et joyeux anniversaire ! dit aimablement McClane avant de repartir avec son chariot.
- Euh… merci, murmura Harry, regarda suspicieusement la boite, sans se départir de sa tasse de thé.
- Ca, Harry, c’est une boîte de carton, expliqua patiemment Hermione.
- Mais je sais bien ce que c’est ! Mais qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ? demanda Harry.
- Ben l’ouvrir, crétin, dit Ron en lui enlevant doucement sa tasse de thé.
- Ah… Ouais… C’est une idée comme une autre, répondit Harry en rougissant.
Sans se préoccuper de l’amusement des autres, Harry se pencha et ouvrit la boîte. Étrange. Dans la grosse boîte se trouvait d’autres boîtes, plus petites et emballées. Ses cadeaux.
- Oh…
L’immense petit déjeuner, le sentiment pour la première fois de sa vie de faire partie d’une famille, le Quidditch dans un vrai stade, le restaurant… et maintenant, il avait aussi droit à des cadeaux.
- Tu les gardes pour Noël ou tu les ouvres tout de suite ? demanda Fred avec un sourire moqueur.
- Euh… C’est que… Pourquoi c’est lui qui les apporte ? dit Harry, se rabattant sur la seule chose logique qui pouvait expliquer son état d’ébahissement.
Évidemment, personne ne fut dupe mais c’était tout de même un bel essai.
- Je suis venu les porter ici avant d’aller te chercher, expliqua Arthur. Enfin, j’ai apporté ceux signés Weasley. Les autres sont arrivés par leur propre moyen, je crois. Je ne voulais pas les laisser dans la fourgonnette, tu les aurais vus.
- C’est papa et M. Finnigan qui ont apporté les autres, confirma Lee. C’était pas plus compliqué. Par contre, j’aurais pensé qu’il aurait pu les apporter d’une meilleure façon que dans une grosse boite en carton !
- N’est-ce pas ? C’est d’un… ennui, dit Charlie.
- Mais c’est pratique, intervint Percy.
Les frères Weasley échangèrent un regard qui sous-entendait que justement, pour eux, le sens pratique de Percy était d’un ennui…
- On va commencer par les sortir de là, dit Ron en se penchant sur la boîte.
Harry se mit aussitôt à l’aider et, évidemment, il regarda soigneusement chaque emballage. Lorsque le dernier fut sur la table, Harry s’étonna de voir qu’il y en avait beaucoup. Une vingtaine, environ. En considérant que c’était sans doute le triple de ce qu’il avait reçu durant toutes les années où il avait habité chez les Dusrley, il eut un certain choc.
- Euh… Je dois faire ajuster mes lunettes ou il n’y en a effectivement aucun qui est identifié ? demanda-t-il dans un effort pour avoir l’air décontracté.
- En quoi c’est nécessaire ? Ils sont tous à toi ! se moqua Seamus.
- Oui, ça je m’en doute. Mais ils ne viennent que d’une seule personne ?
Les sourires narquois disparurent aussi rapidement qu’ils étaient apparus.
- Oh… ouais… C’est sûr que dit comme ça… J’avoue ne pas avoir écrit mon nom, dit Ron en se grattant le cou. Bah, tu n’as qu’à dire merci à tout le monde et les déballer quand même ! Au pire, s’il y en a un que tu n’aimes pas, personne ne va dire que ça vient de lui, et c’est tout !
Curieusement, Harry se demandait si ça n’avait pas été fait exprès. Il n’avait pas l’habitude de recevoir des cadeaux et il se sentait toujours embarrassé d’avoir à en déballer. Il ne savait jamais comment réagir, quoi dire. Mais comme cette fois il ne savait pas à qui s’adresser exactement, ça lui semblait plus facile. Il se mit donc à les déballer joyeusement, sans trop de presse. Il devina certaines provenances, comme le kit d’entraînement d’Attrapeur qui venait sans doute de Charlie et la plante carnivore qui venait probablement d’Hagrid. Beaucoup de ses cadeaux avaient rapport au Quidditch, évidemment. Il soupçonna Dean de lui avoir envoyé l’affiche géante du Club de Flaquemare puisqu’elle venait avec des bouchons d’oreilles, sans doute destinés à étouffer les ronflements de Neville. Puis il déballa le petit mou du bout. L’expression d’horreur qui se peignit alors sur son visage n’avait sans doute jamais eu son pareil dans l’histoire de l’humanité.
- Mais… mais…
- Ce n’est pas notre vrai cadeau, soit rassuré, dit Fred avec malice.
- Mais on a pensé que tu ignorais qu’il y avait sur le marché une poupée à ton effigie, enchaîna George.
- Alors on te l’a achetée ! conclurent-ils ensemble.
Harry, sous le choc, ne trouva rien à répondre et dévisagea avec horreur sa grotesque représentation qui souriait d’une oreille à l’autre.
- Elle ne te ressemble pas beaucoup, dis donc, dit Hermione en lui prenant la poupée des mains. Mais elle est confortable, ajouta-t-elle en la serrant contre elle.
- Faut le dire, je vais t’en acheter une à ta fête, dit Ron avec un sourire moqueur.
- Je ne crois pas que ça plairait à Harry, répliqua Hermione asseyant la poupée devant Harry.
Le pauvre garçon, qui commençait à avoir les yeux secs, ne pouvait arrêter de la regarder. Une poupée ! De lui ! Il existait, dans le monde, des gens qui avaient une poupée de lui ! Quelle atrocité !
Puis quelqu’un enleva le Harry-souriant de devant lui.
- Bon, on voit bien que c’est ton cadeau préféré mais tu dois ouvrir les autres, dit Ron, la poupée contre son cœur.
- Allez, dis-nous si tu l’aimes ! dit Fred, avide d’entendre enfin la réaction d’Harry.
Harry, perturbé de voir Ron le serrer contre lui, lança un regard outré aux jumeaux.
- Ce n’est pas que je ne l’aime pas mais je me vois tous les matins dans le miroir, dit Harry, les yeux bien ronds. Et, honnêtement, j’espère ne pas réellement ressembler à ça !
Ils s’esclaffèrent à nouveau et Harry eut même un sourire en coin. Il secoua la tête et continua à déballer ses cadeaux. Mais jamais, de toute sa vie, il n’allait admettre qu’il existait une poupée de lui, même s’il allait être coincé avec une pour le restant de ses jours. Et puis, au bout de ce qui sembla à Harry une éternité de plaisir et de papier d’emballage, il se retrouva devant son dernier cadeau, entouré de confiserie, de livres, de figurines, son propre jeu d’échec et plein d’autre truc… incluant la poupée, qui était présentement en train de se faire jouer dans les cheveux par Ron, qui ne semblait même pas s’en rendre compte.
- Toute bonne chose ayant une fin, voici le dernier, dit Hermione, qui regardait très régulièrement Ron, au grand amusement d’Harry.
À tâtons, Harry devina aisément que c’était un livre… assez gros, d’ailleurs. Il le déballa soigneusement et jeta l’emballage dans la grosse boite. C’était un livre étrange, sans dessin ni rien d’écrit sur la couverture. Curieux, Harry l’ouvrit lentement…
Pour tomber nez à nez avec une photo de lui, Ron et Hermione à leur répartition. Il eut une grimace amusée et Hermione, qui s’était étirée pour voir, plaqua une main devant sa bouche, se remémorant soudain ses dents d’avant.
- Outch, ça fiche un coup ! dit Ron. Tu n’étais pas nerveux du tout, Harry, uh !
Harry roula les yeux et tourna les pages. C’était bien un album photo. Certaines photos avaient été développées selon la méthode moldues et d’autres par procédé magique, selon l’excellent jugement de la personne qui lui avait donné l’album. Harry avait toujours trouvé qu’il était parfois préférable de capturer pour toujours l’image du moment, au lieu de faire bouger la photo. Mais c’était une logique de quelqu’un qui venait de chez les moldus.
- C’est ton idée, Hermione ? demanda Harry.
Elle secoua négativement la tête, se cachant toujours les dents. Harry retourna à l’album. Les photos étaient en ordre chronologique. À la deuxième année, les images étaient de meilleure qualité. Elles montraient principalement les amis les plus proche d’Harry. Certes, il arrivait souvent qu’il soit sur la photographie mais pour la cause, Harry ne s’en formalisait pas. Pour quelqu’un qui n’avait pas beaucoup de souvenir heureux, il était agréable de pouvoir chérir ceux qu’on avait. Il regarda donc les images une à une, Ron et Hermione penché près de lui, sans se préoccuper des autres qui semblaient mourir d’envie de savoir ce qu’ils pouvaient bien regarder.
- Wouah ! Je la veux celle-là ! dit soudain Ron, en pointant la photo qui montrait en boucle comment Hermione avait giflé Malefoy.
- Je ne savais pas qu’on pouvait les développer comme ça, dit Hermione, surprise.
- Moi non plus, dit amèrement Harry, repensant à la photo de lui qui le montrait sans cesse se faire plaquer par le nain chantant.
C’était principalement des images joyeuses. Il y avait dans la vie d’Harry Potter beaucoup d’événements dramatiques mais aucun ne semblait être mentionné. Sauf une impressionnante photo de lui, faisant face au dragon, les yeux brillants de détermination. C’était un cadeau très personnel et Harry, bien qu’il aimait beaucoup les autres (hormis la poupée), préférait largement celui-ci.
- Cool comme album, dit Ron, une fois qu’Harry l’eut refermé.
- Traumatisant mais charmant, en effet ! approuva Hermione avec une moue amusée.
- Est-ce qu’on pourrait le voir aussi, oui ? gronda George, à demi couché sur la table.
Harry le regarda, surpris, et, avec un petit rire, s’étira pour le lui donner.
- Des photos ! J’adore les photos ! J’espère qu’on est dessus ! dit Fred en se pressant contre son jumeau.
L’album fut feuilleté plusieurs fois, par des groupes différents. Chacun avait ses propres commentaires à apporter sur les photos. Neville, entre autre, semblait ravi d’avoir perdu un peu de poids. Mais Harry nota cependant que seule Ginny n’y porta pas le même intérêt que les autres. Elle le regarda même moins que Percy.
- Merci, Ginny, dit Harry lorsque son album lui revint.
La jeune fille rougit jusqu’à la racine des cheveux.
- Comment tu sais que c’est moi ? demanda-t-elle.
- Et bien, tu l’as à peine regardé, ce qui prouve que tu connaissais déjà les photos. De plus, la qualité est meilleure à partir de la deuxième année. Or, c’est là que toi et Colin êtes arrivés à l’école. Parce que c’est bien lui qui les a prises, non ? demanda Harry.
- La majorité, oui, répondit Ginny avec un sourire d’excuse.
- Eh ben… y’a un avantage à tout, dit Ron. Mais ça explique son acharnement.
Tous ceux qui connaissaient Colin éclatèrent de rire.
- Remarque, je ne comprends pas pourquoi c’est ton ami. Il est aussi amusant qu’une poignée de porte, dit George à sa sœur.
- Colin est très gentil. Tu ne le connais pas, c’est tout ! protesta Ginny.
- Personne n’a dit qu’il était méchant ! On dit juste qu’il est ennuyeux ! dit Fred.
- Ce n’est pas parce qu’il ne passe pas son temps à faire des mauvais coups dans tous les coins qu’il est forcément ennuyeux, gronda Ginny.
Tout comme son frère Ron, Ginny semblait fidèle à ses amis.
- Ginny ! Il ne fait que prendre des photos et il ne parle que d’Harry ! intervint Lee en riant.
- Et alors ? Il semblerait que ce soit aussi mon unique sujet de conversation ! On fait un joli duo, répliqua vertement la jeune Weasley.
Un silence à entendre les criquets s’installa.
- Hum… c’est bien que tu l’admettes mais je ne l’aurais pas fait aujourd’hui et ici, si tu veux mon avis, dit Charlie en hochant la tête.
Ginny ouvrit grand les yeux, horrifiée, avant de rougir plus que jamais. Harry, embarrassé, lissa soigneusement la couverture (rigide) de son album tandis qu’ils éclataient tous de rire. Puis Mme Weasley porta secours à sa fille et reporta la conversation sur les cadeaux d’Harry.
Ils restèrent là un bon moment, à parler, rire et boire du thé, avant qu’ils ne se décident à partir. Les notes furent réglées, à la grande horreur d’Harry qui aurait tant voulu payer, et ils partirent tous, Harry en tête, les bras chargés de cadeaux. Ron, qui semblait s’être attaché à la poupée, suivait derrière, les bras aussi plein. Hermione avait hérité de la plante carnivore et n’en semblait pas spécialement heureuse.
Harry remercia tout le monde, reçu de nouveaux baisers et monta dans la fourgonnette. Puis ils se retrouvèrent une nouvelle fois sur la route. M. Weasley alla reconduire les filles chez-elles et reprit la route du Terrier. Le retour fut moins animé que l’allée. Ils étaient tous passablement fatigués. Harry dodelinait de la tête et se cogna le front à quelques reprises contre la fenêtre. Ron s’était endormi, avec la poupée dans ses bras. Hermione, les yeux clignotant, le regardait d’un air béat.
- On est arrivé, dit finalement M. Weasley en arrêtant la voiture, légèrement soulagé.
Comme des Zombies, ils sortirent un à un pour retourner dans la maison. Ils déposèrent tous les cadeaux sur la table de la cuisine et montèrent aux étages sans autre forme de procès. Fred et George avaient à nouveau cédé leur chambre à Bill et Charlie et dormaient avec Harry et Ron dans la chambre de ce dernier. Ils se préparèrent tous pour dormir et se laissèrent tomber dans leur lit.
- Ron, dis-moi, je veux juste savoir si tu es conscient que tu es en train de t’endormir avec la poupée de Harry dans tes bras ? demanda Fred en baillant.
- Je crois qu’il a un faible pour moi, dit Harry en riant.
Quelques secondes plus tard, Harry se recevait lui-même en plein visage.
- C’est vrai qu’elle est confortable, ne put-il s’empêcher de constater.
Ils éclatèrent tous de rire, pour la dernière fois de la journée.