Bonjour à toutes et à tous !

Je publie aujourd'hui ma nouvelle fic. J'espère qu'elle vous plaira autant que Meurtre à Storybrooke :)
C'est une AU, basée sur une idée qui m'a traversé la tête il n'y a pas très longtemps. Je publierais un chapitre par semaine, le mercredi.
Sans en dévoiler trop, l'intrigue est basée sur l'histoire d'Emma, tueuse à gage de renommé, qui se voit attribuer une nouvelle cible, une certaine brune que l'on connait tous..

Je remercie ma super béta readeuse SwanQueen20 comme toujours, et Emy0708 qui a eu la gentillesse de me prêter son lutin correcteur ;)

J'attends vos avis avec impatience ! bonne lecture et à la semaine prochaine :)


Chapitre 1 : Un nouveau contrat.

Sa respiration était lente, ses mouvements précis. Les battements de son cœur ralentissant petit à petit, chaque nouvelle expiration faisant ralentir son rythme cardiaque encore un petit peu plus.
Dans la lunette de visée, l'homme était plongé dans une grande discussion passablement agitée, son interlocuteur gesticulant dans tous les sens, certainement agacé par la situation ou peut-être tout simplement déçu parce que son plat de spaghettis n'était pas à la hauteur de ses attentes. L'intérieur du restaurant était sobre et peu engageant, certainement choisi pour son coté discret et peu tape à l'œil, rien de mieux pour une négociation d'affaires ou pour parler de choses qu'il ne faut pas ébruiter.

Rapidement l'homme assis en face de la cible, le serveur qui passait de table en table, les clients qui se déplaçaient devinrent invisibles pour elle, son esprit faisant opposition de tout ce qui l'entourait. Une seule chose importait, la cible, rien que la cible.
Le bruit du vent, le chant des oiseaux à quelques mètres d'elles, posés sur la rambarde du balcon, le brouhaha incessant provoqué par les allers retours des centaines de voitures en contrebas, plus rien de tout ça ne pouvait la déranger. Elle était enfermée dans sa bulle, concentrée sur une seule chose, sa respiration, lente et posée, et l'homme qui était dans son viseur.
Parfois elle souriait en pensant que les quelques secondes précédent la mise à mort d'un homme étaient proches de la méditation que pouvait pratiquer certains adeptes du yoga ou du bouddhisme. L'ironie de la situation arrivait parfois à lui arracher un petit éclat de rire. S'imaginer que des personnes faisaient tout ça pour trouver la paix intérieure lui semblait à la fois idiot mais surtout particulièrement réaliste. Après tout, elle-même ne se sentait bien que dans ces moments-là, bien trop rares pour elle. Sa vie tumultueuse l'avait amené à faire bien des choix, souvent mauvais, parfois très risqués, mais aujourd'hui, comme à chaque fois qu'elle était sur le point de mener à bien un contrat, elle était sereine, et parfois, elle se demandait si le terme était le bon, heureuse.

Déviant sa lunette de quelques degrés afin de vérifier que le vent n'avait pas tourné, elle posa le regard sur un petit drapeau suspendu à la fenêtre voisine de celle du restaurant. Fronçant les sourcils, elle se livra à un rapide calcul afin d'ajuster son tir aux modifications de l'environnement, un léger vent s'étant levé.
Posant son doigt sur la molette de sa lunette de visée, elle ajouta un cran de décalage sur la gauche. Satisfaite de son réglage, elle vint repositionner la mire sur la tempe de sa cible.

Délicatement son doigt vint se poser sur la gâchette, la caressant une fois, puis deux, dans un geste habituel, presque superstitieux.
Ralentissant encore légèrement sa respiration et ses battements de cœur, elle prit encore quelques secondes, ferma les yeux, et quand elle les ouvrit de nouveau, elle bloqua sa respiration.
Le geste fût rapide, précis, incisif, quasiment instinctif.
A trois cents mètres de là, l'homme porta sa fourchette à sa bouche et s'effondra, sans un râle, sans un cri. Il était mort avant même d'avoir touché le sol. Une giclée de sang macula les murs beiges situés quelques mètres plus loin. Les nappes blanches et rouges sur les tables prirent une teinte écarlate qui ne partirait sans doute jamais.
Après quelques secondes de stupeur, l'homme assis en face de la victime se mit à crier, alertant les serveuses et les autres clients. Rapidement l'agitation naissante dans le restaurant fit place à l'horreur, les gens commençant à comprendre qu'un meurtre venait de se produire, sous leurs yeux.

La jeune femme avait déjà fini de ranger son fusil, délicatement démonté pièce après pièce, chacune rangée à son emplacement précis dans sa valise de transport.
Sans se presser, elle quitta la chambre de l'appartement vide qu'elle occupait jusque-là, descendant les escaliers un à un, fredonnant un air connu d'elle seule.
Sortant de l'immeuble sans un regard en arrière, elle rejoint l'artère principale de la ville en marchant d'un pas assuré. Après quelques centaines de mètres de marche, elle rejoignit un transporteur qui l'attendait sur une place de parking à stationnement limité.

« Bonjour » glissa-t-elle en souriant, tendant la main pour saluer le jeune livreur qui fumait en attendant son colis.

« Madame Teller ? »

« Elle même ! tenez voici le colis comme convenu. Faites attention c'est fragile. »

« Aucun soucis madame, ne vous inquiétez pas, votre livraison se fera sans aucun problème. Vérifiez que l'adresse est bien la bonne s'il vous plait .»

La jeune femme prit le document qu'il lui tendait, le parcourant en diagonale. De toute façon hormis l'adresse qui était celle d'un box de stockage, toutes les informations inscrites sur le formulaire étaient fausses. Signant rapidement en bas de la page, elle redonna les papiers à l'homme qui décolla la partie autocollante du document et la colla sur la valise puis ajouta un scellé sur la poignée.

« Voilà madame Teller, le colis est réceptionné, il sera livré demain dans la matinée comme prévu. »

« Super » répondit la jeune femme en souriant, s'éloignant déjà d'un pas rapide. « Bonne journée à vous ! »

Sans attendre la réponse du jeune livreur, elle continua de s'éloigner des lieux du crime, sans la moindre once de stress.
Quelques pâtés de maison plus loin, elle s'engouffra dans une ruelle, enleva rapidement son manteau et sa perruque brune, jetant le tout dans une poubelle vide et reprit son chemin en sifflotant, frottant ses longs cheveux blonds d'un geste vif pour les remettre en place.


Assise à la terrasse d'un café, la magnifique blonde sirotait son café patiemment en lisant le journal du matin. Les gros titres parlaient de son exploit de la veille, ce qui la faisait sourire. Elle avait conscience que son métier était moralement discutable mais elle était toujours fière de voir les journaux parler de ses œuvres, et surtout de voir écrit, comme à chaque affaire, que la police n'avait strictement aucune piste.

Du coin de l'œil elle vit un homme s'avancer, tirant la chaise en face d'elle, s'installant à sa table sans en demander la permission.

« Bonjour Emma ! Tu es toujours aussi belle » s'exclama-t-il en souriant.

« Merci ! » répondit la blonde sans lever la tête. Cela faisait près de dix ans que Graham était son contact, et cela faisait près de dix ans qu'il essayait de la mettre dans son lit.

« Tu t'es rasé avec une biscotte ou quoi ce matin ? » ajouta-t-elle en voyant l'air négligé du jeune homme, ses cheveux bruns à peine peignés, une barbe de quelques jours clairsemant son visage.

« Oui.. non.. enfin disons que la nuit à été longue.»

« Passe-moi les détails merci ! »

« Désolé » répondit l'homme en souriant. « Je vois que tu lis le résumé de tes exploits. Tu vas avoir une nouvelle page en plus à ajouter à ton album »

« Oui.. il va falloir que j'en commence un deuxième très bientôt. Bon trêve de politesse, tu as ce que tu me dois ? »

« Bien sûr.. » dit-il en tendant une enveloppe sous la table. « Dix mille en cash, les quatre-vingt dix mille autres sont virés sur ton compte temporaire. »

« Super ! » répondit la blonde en tendant la main sous la table pour attraper l'enveloppe qu'elle rangea discrètement dans la poche intérieure de sa veste rouge. « Je vais pouvoir me prendre quelques semaines de vacances au soleil, ça va me faire du bien, j'en ai marre de la grisaille de New York. »

« Héééé bieeeen, à vrai dire... » répondit l'homme en se grattant le menton « Tu devrais peut-être repousser un peu ton voyage au Bahamas, j'ai une nouvelle proposition à te faire.»

« Si elle implique un séjour avec toi à l'horizontal, tu oublies vite avant que je ne te fasse manger ce journal » s'exclama la blonde en haussant les sourcils.

« Haha... non ma belle, même si j'aimerais beaucoup avoir le plaisir de voir ce que tu sais faire sous une couette » glissa-t-il dans un clin d'œil. « Ce que j'ai à te proposer est un nouveau contrat. »

« Pour qui cette fois ? »

« Je ne peux pas te le dire, le commanditaire tient à garder l'anonymat. »

« Bien ! » répondit Emma en se levant, prenant son journal.« Bonne journée Graham, à la prochaine ! »

« Non non non, reste, reste s'il te plait.. »

Sans dire un mot, la blonde se réinstalla sur sa chaise.

« Ce que tu peux être chiante avec tes principes » grommela l'homme en tapotant ses doigts sur la table.

« Je ne travaille jamais sans... »

« Sans connaitre le nom du commanditaire, je sais oui, je sais, ça fait des années que je te pratique ! »

« Alors tu devrais savoir que ce n'est pas la peine d'essayer de me la jouer en me disant que c'est top secret. » répondit Emma en penchant légèrement la tête. « Tu sais bien que j'aime savoir pour qui je travaille.. au cas où il lui prendrait l'envie de me doubler, je saurais à quelle porte frapper ! »

« Ça valait le coup d'essayer non ? après tout qui ne tente.. »

« Rien, n'a rien oui » s'exclama la blonde en terminant la phrase. « Assez de blabla, explique moi tout avant que je ne perde patience. »

L'homme leva les yeux au ciel en se demandant si une fois, une seule fois, il arriverait à faire en sorte que la blonde ne le presse pas comme un citron.

« Cible à quatre cents mille.. pour la même personne. »

« M. Gold ? encore ? décidément, il s'est mis en tête de me faire buter la moitié de la ville ? »

« Disons qu'un homme d'affaire aussi puissant à parfois besoin d'éloigner certains concurrents.. d'une manière ou d'une autre. »

« Moui... enfin bon après tout je m'en fou, tout ce qui m'intéresse c'est qui, quand, et où ? »

« Voici tout ce que tu as à savoir » répondit l'homme en ouvrant sa mallette, en sortant une pochette cartonnée qu'il tendit à la jeune femme.

« Une femme ? »

« Oui pourquoi ? ça va à l'encontre de tes principes ? »

« Non.. c'est juste que c'est rare, c'est tout » répondit Emma en haussant les épaules.

« Riche femme d'affaire, veuve, 29 ans, un enfant de 10 ans.. »

Graham fixait la blonde d'un air inquiet. Il ne connaissait pas grand-chose d'elle mais il savait qu'elle avait passé la majorité de son enfance à être ballottée d'orphelinat en orphelinat. Il craignait que le fait de devoir tuer le seul parent restant pour le jeune garçon ne lui fasse refuser le contrat.

« Je vais devoir faire de lui un orphelin » murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour le jeune homme.

« Oui... mais Gold a précisé que tu si tu souhaitais t'en débarrasser aussi, cela ne le dérangerait pas outre mesure. »

« J'ai pas pour habitude de tuer les gosses » répondit la blonde en foudroyant Graham du regard.

« Je sais, c'est ce que je lui ai répondu » affirma-t-il avec un sourire en coin.

« Bien.. des consignes ? il faut faire passer ça pour un accident ? »

« Non, pas d'accident pour cette fois. En fait il veut que tu la tues d'une manière bien particulière. »

Emma s'attendait à tout. Depuis le temps qu'elle faisait ce métier, elle avait eu beaucoup de demandes spéciales, toutes plus bizarres les unes que les autres. Outre les maquillages de la mort en suicide, ou en accident, certains commanditaires avaient des exigences particulières comme le fait de faire jeter la victime dans un fleuve, de la faire broyer dans un compresseur pour voiture, voir même de la jeter du haut d'un hélicoptère en plein vol. Plus rien ne l'étonnait dans ce monde bizarre.

« Il faut que tu la tues d'une balle, d'une seule. En plein cœur !»

« En plein cœur ? ma foi ça ne devrait pas être difficile.. »

« Je ne m'inquiète pas pour ça » répondit l'homme en souriant. « Alors ? »

« Alors tu peux faire le virement, deux cent mille sur mon compte, je t'enverrais les coordonnées dans la journée, et le reste une fois le travail achevé, comme toujours. »

« Parfait ! tu as un mois.. »

« Ça me suffira largement. Je vais étudier un peu tout ça » dit-elle en secouant le dossier.

Sans laisser à Graham le temps de répondre, Emma se leva et pris son journal sous le bras.

« A bientôt beau brun. Et pense à te laver la prochaine fois, tu sens le parfum de gonzesse à dix mètres ! »

L'homme s'appuya contre le dossier de sa chaise en souriant, suivant du regard la jeune blonde, ou plus particulièrement ses fesses moulées dans un jean serré, jusqu'à ce qu'elle disparaisse au coin de la rue.


Glissant les clefs dans la serrure, la jeune femme soupira. Elle qui avait prévu de prendre l'air, de s'éloigner de la ville pendant quelques temps, allait devoir repousser, une fois encore, ses vacances.
Refermant la porte derrière elle, elle jeta les clefs sur le meuble qui trônait dans l'entrée. Posant d'abord le journal sur la table basse, elle enleva ensuite sa veste en cuir rouge qu'elle déposa délicatement sur le canapé.
D'un pas rapide elle marcha jusqu'à la cuisine, ouvrant le frigo pour prendre une bière fraiche. Malheureusement pour elle le service d'étage n'avait pas encore remis à flot sa réserve de boisson. Soupirant d'un air dépité devant ce grand frigo vide, elle referma la porte et se dirigea vers le bar afin de se servir un whisky sec.

Avec l'argent que lui rapportaient ses contrats elle ne logeait que dans des hôtels chics ou des résidences de standing, avec room service. Mais comme elle avait prévu de quitter son appartement dans la journée, les femmes de ménage n'avaient pas refait le plein.

Après avoir bu quelques gorgées de liquide ambré, elle déposa le verre sur la table basse et se rendit dans sa chambre, fouillant dans sa valise pour en sortir son album souvenir qu'elle caressa du plat de la main.

S'installant de nouveau dans le salon, elle posa l'album sur la table basse en s'asseyant sur le canapé.
Une paire de ciseau à la main, elle découpa consciencieusement l'article de presse parlant du meurtre de la veille.
Ouvrant son album, elle feuilleta les pages une à une, faisant défiler plus d'une dizaine d'années de travail, chaque page portant la mention d'une date, d'une heure et d'un nom. Sur chacune d'elle, bien centré, était agrafé un article de presse du journal local de la ville dans laquelle avait été commis le meurtre.

Chaque contrat lui évoquait des émotions différentes, parfois de la fierté, de la joie, mais bien souvent c'était la nausée et un profond dégoût d'elle-même qui prenait le pas sur tout le reste.
Être obligé de tuer pour gagner sa vie, même si bien souvent les contrats visaient des personnes véreuses ou totalement pourries, lui retournait parfois l'estomac.

Inspirant fortement, elle se gifla mentalement et prit sur elle. Se rendant à l'avant-dernière page de l'album, elle prit son stylo et griffonna. « 20 janvier 2014, 12:43, Gregory Mendell ».
Attrapant l'agrafeuse posée à côté d'elle, elle positionna l'article de presse presque au millimètre et le fixa d'une agrafe à chaque coin.

Caressant doucement l'article supplémentaire, elle soupira en se rendant compte que son prochain contrat serait le dernier de cet album. Allait-elle en ouvrir un deuxième ? ou était-ce le signe qu'il était temps pour elle de ranger les armes et de faire autre chose ?
Souvent elle s'imaginait prendre sa retraite, profiter de la vie au soleil avec quelqu'un à aimer pour de bon. Mais après quelques verres, cette vision onirique s'évanouissait rapidement. Malheureuse, maltraitée depuis sa plus tendre enfance, Emma s'était persuadée avec le temps qu'elle n'était pas faite pour vivre une fin heureuse.
Elle savait que son travail l'accompagnerait jusqu'à la fin de ses jours. Elle était faite pour ça, elle était douée et reconnue dans le métier, et elle était persuadée qu'elle mourrait un jour une arme à la main.. ou par surprise, abattue par un tueur à gage posté deux cents mètres plus loin.

Se levant pour se servir un nouveau verre, elle attrapa le dossier qu'elle déposa sur le bar. L'ouvrant d'un geste désinvolte, elle parcouru les feuilles une à une, essayant de comprendre à qui elle allait avoir à faire.
Après quelques minutes, Emma décida d'arrêter là pour aujourd'hui, l'alcool commençant à faire effet, bientôt elle n'aurait plus les idées claires.
Commandant un repas rapide auprès du service de chambre, elle planifia sa soirée idéale. Un bon bain chaud et une série abrutissante à la télé l'aideraient à trouver le sommeil, en espérant qu'il soit sans rêves, et surtout sans cauchemars.
Attrapant la bouteille de whisky pour l'emmener auprès d'elle sur le canapé, elle referma le dossier.

« A demain madame Mills. »