Chapitre 1 : Nouvelle menace

31 Décembre 1844, Arendelle

Le royaume est en fête, les rues sont parsemées de décorations artisanales. Le peuple d'Arendelle s'apprête à fêter le réveillon du nouvel an. Il s'agit d'un événement fort attendu depuis longtemps car les portes du château furent fermés pendant plus de dix ans, les villageois ne pouvant pas profiter pleinement des fêtes en présence de leur souverain.

Il est coutume qu'avant de profiter des festivités, le souverain annonce les nouvelles lois à appliquer pour l'année suivante et souhaiter les meilleurs vœux aux citoyens. Tout Arendelle se donna rendez-vous au château pour entendre la reine depuis son balcon.

Elle s'avança, dans une nouvelle tenue créée par sa magie pour l'occasion, aussi belle que tous les jours, elle va commencer son discours. Le peuple acclama la reine Elsa depuis la cours du château et les environs.

« Merveilleux réveillon à vous tous »

La foule applaudit.

« Je tiens tout d'abord à remercier ceux qui ont contribué à l'embellissement d'Arendelle sous la direction de mon cher majordome Kay. Les rues ainsi que le château n'ont jamais été aussi bien colorés et illuminés, en cela vous me comblez. Et je tiens à dire que je me suis régalé lors de la veille et du jour de noël, et j'espère être encore surprise ce soir. Je remercie donc ma chère Gerda qui s'est tué à la tâche aux cuisines jusqu'à maintenant. Vous pouvez souffler, ce soir je veux vous voir danser ! »

Cette dernière acquiesça pour dire merci.

« Que cette nouvelle année soit synonyme de renouveau pour vous tous. Beaucoup de changement et de réforme seront mis en place dans de cours délais, mais je ne tiens pas à parler politique ce soir alors que la fête bat son plein. Dès demain dans les rues du royaume et aux portes du château, seront affichés les nouvelles lois, vous serez libres de les contempler ». Elle se retourna et sembla appeler quelqu'un

« Mais il y a un événement important que je souhaite annoncer dès maintenant, enfin qu'ils souhaitent annoncer... Mes chers sujets, la princesse Anna d'Arendelle et Kristoff Bjorgman. »

La foule applaudit, heureux de voir sa princesse, on pouvait entendre « vive la princesse Anna » crier dans tous les sens. La princesse était accroché à son compagnon un bout de papier à la main. Alors qu'ils s'avancèrent pour prendre la place d'Elsa, cette dernière sourit et le lui arracha des mains.

« Elsa ! » dit Anna avec angoisse « Je ne peux pas faire ça sans notes ».

« Oh ma chère petite sœur, tu es sans conteste la plus courageuse des personnes que je connaisse, après avoir bravé des montagnes ce ne sera pas grand chose, au diable les longs discours, reste juste toi-même, ils vont adorer » répliqua Elsa pour la rassurer.

Anna eut du mal à démarrer avec tout ce brouhaha, causé par l'excitation, et l'angoisse, elle regarda Kristoff plaintif, il compris alors que la parole lui était donné volontiers.

« Bonsoir Arendelle » cria t'il « Depuis que la reine Elsa m'a nommé fournisseur royalde glace, j'ai vécu un bon moment auprès de la plus belle, drôle, et surtout étrange des femmes » Anna plaça discrètement un coup de pied « Aie ! Et je rajouterai doté d'un fort tempérament... Mais ma famille m'a toujours enseigné que ce qui rend les gens moins que parfait un peu plus parfait c'est... »

« L'amour » coupa avec douceur Anna en prenant ses mains et le regarda avec tendresse.

La foule fut attendri devant cette scène, il se passa 10 secondes pendant que les amants se fixaient, sans tenir compte de ce qu'il y avait autour d'eux, en réalité, rien ne se passait, un silence perdurait à la fois comme si le peuple respectai leur intimité. Anna se décida, pris une grande inspiration et se tourna vers le public.

« Kristoff et moi avons décidé de prolonger ce bonheur, au prochain printemps, nous nous marieront »

Sous les « Vive la princesse Anna », « Vive le prince Kristoff » et les tonnerres d'applaudissement, ils s'embrassèrent amoureusement. Elsa quant à elle lança un de ses tours pour rendre le spectacle plus merveilleux.

La salle de bal était désormais accessible, on y mangeait, buvait et dansait jusque tard dans la nuit. Anna et Kristoff accompagnés d'Olaf le bohnomme de neige et Sven le renne, se mêlaient à la population avec plaisir, hors du château , on proposait différentes activités tel que des rondes ou l'ascension du mât de cocagne. Kristoff en bon grimpeur attrapa plusieurs cadeaux pour ensuite les distribuer aux enfants.

Pendant ce temps, Elsa s'occupait de ses convives au château, elle enviait la situation de sa sœur, quand on est hôte on a du mal à s'amuser. Jusqu'à ce qu'une mystérieuse jeune femme grande et svelte à la peau pâle, les yeux bridés, au x cheveux ébènes, habillée d'une étrange tenue blanche qu'elle n'avait jamais vue, fit son apparition et s'approcha vers elle.

« Majesté ! » dit-elle en faisant la révérence

« Je ne vous reconnais pas, a qui ai-je honneur ? » répondit Elsa intrigué par l'apparence de la jeune femme.

« Je m'appelle Oyûki » répondit elle « Je viens d'un pays lointain, qu'on appelle pays du soleil levant, l'Empire Japonais, je fais le tour du monde, je vais de royaume en royaume pour y découvrir ses merveilles. Et ce soir, le destin voulu que je m'arrête chez vous, mais si ma présence trouble votre réception, je comprendrai si vous me congédiez ».

Elsa fut encore plus intrigué mais finissait par être fasciné par cette rencontre.

« Oh ! Ne vous inquiétez pas ! Je suis enchantée, c'est la première fois que je vois une personne d'origine si lointaine, mettez vous à votre aise ! Joignez-vous à la fête ! »

Elsa prit le bras de son invité et l'emmena vers un fauteuil. »

« Venez, j'aimerai beaucoup que vous me parliez de votre pays, et je vous parlerai du mien ».

Elsa était enthousiaste, cependant un détail la troubla, alors qu'elle était en contact physique avec cette étrangère, elle remarqua que cette dernière avait la peau froide, voire glacé. Mais elle l'oublia très vite, car fasciné par les récit de la japonaise. Elle en apprit plus sur les dragons, le Fûji-yama, les cerisiers en fleurs... A son tour, elle parla d'Arendelle, de ses coutumes, des plus beaux endroits à contempler si on y vient qu'une fois. Elle ne parla pas de son pouvoir, celui de contrôler la neige et la glace, car elle ne voulait pas l'effrayer, et d'ailleurs elle n'avais aucune idée jusqu'où a pu se propager la nouvelle sur l'affaire qui s'est déroulé il y a quelques mois, quand sa magie fut dévoiler à la vue de tous. Un moment Oyûki se pencha vers Elsa et lui chuchota.

« Je suis comme vous »

Elsa sursauta. Ce n'était pas une certitude, mais elle se douta de quelque chose qui lui glaçait le sang, elle se souvint alors de la froideur qui émanait de la peau d'Oyûki. Elle se leva et lui dit ces quelques mots.

« Je crois que nous devons nous entretenir ailleurs... »

« Je le pense aussi. »

Elsa traversa la salle de bal, emprunta le couloir et un escalier, se dirigea vers un petit salon, sans prévenir ses convives et sans se retourner. Oyûki l'avait bien entendu suivi. Elle s'assaillirent chacune dans un fauteuil, elles étaient face à face.

« Vous n'êtes pas là par hasard, et il n'est nul question de tour du monde, n'est ce pas ? » demanda Elsa.

« J'ai su que je n'étais plus la seule a posséder ce don dès votre naissance, je l'ai sentie, et j'ai planifié notre rencontre au moment où vous aurez compris que vous ne pouvez être heureuse avec un tel fardeau. Malheureusement, je constate que j'arrive trop tard... »

Elsa ne comprit pas les intentions de cette femme, que lui voulait elle ? Comment ça elle arrivait trop tard ? Pourquoi vouloir la rencontrer quand elle était désespérée, seule dans son palais de glace ?

« Que me voulez vous ? »

« Reine Elsa, savez vous ce qui nous différencie ? Vous êtes réel et moi une légende, Yûki Onna, la femme des neiges et de la brume, que tout le monde craint dans le pays d'où je viens. Nous possédons un pouvoir venu des cieux, les personnes comme vous et moi ne connaîtrons jamais le l'amour et le bonheur des hommes. Il est inconcevable que vous vivez parmi ces simples mortels qui vous mentent, en vérité ils vous haïront »

Elsa bondit de son fauteuil complètement abasourdie.

« C'est faux » s'emporta t'elle ! « Je ne connais pas votre histoire ! Et si ça s'est mal finit pour vous, je suis navré de l'apprendre, mais ma famille ainsi que mon royaume m'aime avec ou sans magie, je suis leur reine ! ».

La reine Elsa était connu pour son tempérament calme à l'instar de sa sœur, elle se mettait rarement dans cet état, mais l'attitude de la soi-disant Yûki Onna était plus qu'incorrecte, comment pouvait elle parler ainsi de son peuple et de la nature de l'homme ? L'étrangère lui tint un sourire narquois, et pour lui prouver qui elle était réellement, s'échappa rapidement de son fauteuil en lévitant, suivi d'un brouillard glacée et parsemée de cristaux de glace, s'approcha d'Elsa et mit sa main sur son front. Cette action ce déroula si vite qu'Elsa ne put se défendre, et la température de la pièce avait considérablement baissé. La reine se retrouva paralysé, sous la domination de Yûki Onna.

« Votre réponse ne m'impressionne guère, vous pensez qu'Arendelle vous aime, mais vous n'avez sans doute pas oubliée ces jours sombres...»

Elsa fut projetée dans un univers immatériel, sûrement un sort de Yûki Onna. Devant elle se défila plusieurs souvenirs de son passé : son isolation, le jour de son couronnement, le regard apeuré des gens qu'elle avait surpris alors que la fontaine se frigorifiait, les gardes de Weselton qui voulaient sa mort, Anna gelée...

« Je vous en prie arrêtez ça ! » implora Elsa.

« Ma pauvre fille, cela n'est rien comparé à ce qui vous attends, si vous refusez d'admettre que vous n'êtes pas de leur monde. »

« ASSEZ ! »

Sous sa colère et la peur, elle réussi à se défaire du joug de Yûki Onna en libérant son pouvoir. La tapisserie et le parquais était recouverts de glace. Elle recula et se plaça en position de défense et prépara une parade en cas de nouvelle attaque.

« Je vous demanderai de quitter ces lieux immédiatement ! Ou sinon vous serez victime de ma colère ! Et si vous voulez vous battre, je suis prête à vous défier ! »

Yûki Onna leva le bras. Craignant une attaque, Elsa plaqua la japonaise contre le mur et l'accrocha derrière une camisole de glace.

« Je vous aurais prévenue ! Je n'hésiterai pas à vous... »

Elsa calma sa fureur avant de prononcer un mot qu'elle penserai jamais employer et qui était à mille lieux de ses principes. Yûki Onna riposta.

« Me tuer ? Vous êtes si faible face à un simple mot ? »

Elle se libéra sans problème de la camisole et fit disparaître toute forme de glace dans la pièce en les absorbant.

« Je ne suis pas venue me battre, pas maintenant, votre magie n'aura aucun effet sur moi, laissez moi vous montrer. »

Elle créa une épée de glace, la brandit et s'empala elle même, au niveau du cœur. Elsa en fut effrayé, qu'elle eu du mal à contempler cette scène.

« Vous ne possédez pas un cœur de glace, le vôtre est aussi bouillant qu'un cœur de volcan, un parfait paradoxe, cela vous empêche d'exploiter correctement vos pouvoirs. Et si il fallait engager un combat, pensez aux victimes collatéraux. »

Elle retira l'épée de sa poitrine, la plaie se cristallisa et disparu sans laisser de marque, aucun sang n'avait coulé. Elsa conclut que l'être qui était devant elle n'était pas humaine, ou du moins ne l'était plus. A ce moment quelqu'un frappa à la porte, une voix masculine se fit entendre, c'était celle du majordome Kay.

« Votre majesté, nous avions entendu du bruit en bas, est ce que tout va bien ? Vos convives s'impatiente. »

Elsa se tourna vers la porte prudemment, en veillant à ce qu'elle ne soit pas atteinte par derrière.

« Oui Kay ! Je redescend, j'étais venu souffler un peu, dites à mes invités de ne pas s'inquiéter, j'arrive dans une petite minute. »

« Bien votre majesté. »

Les deux femmes attendirent que Kay s'éloigne, Yûki Onna jugea qu'il était l'heure pour elle de s'en aller. Elle ouvrit la fenêtre qui donna vue sur le fjord et dit à Elsa.

« Je vous laisse plusieurs années, je reviendrai dans longtemps, profitez de votre bonheur, travaillez votre magie ! Un jour vous serez mienne, vous n'y échapperez pas ! »

Elle s'évapora sous forme de brume et s'échappa laissant derrière elle de la neige. Elsa s'écroula et pleura. Elle pensait que tout ses soucis avaient cessé depuis des mois, mais il s'avéra faux. Que devait-elle faire ? En parler à quelqu'un ? Hors de question, c'est son combat, Anna et ceux qu'elles chérie ne s'impliqueront pas cette fois-ci, au grand jamais.

Un instant plus tard, elle regagna la salle de bal. Anna se précipita vers elle.

« Elsa ! Est ce que tout va bien ? Tu es toute pâle ! »

Elsa enlaça fermement sa sœur.

« Oh Anna, tant que tu seras avec moi, je serais toujours bien. »