Titre : Cher Spock

Titre original : Dear Spock/Beautiful

Lien vers la fic originale : /works/668315

Auteure : MissCar

Traductrice : falyla

Paring : Jim Kirk/Spock Nyota Uhura/Bones Leonard McCoy

Rating : M

Etat de fic originel : terminée (32 chapitres)

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de StarTrek (reboot 2009), l'intrigue est à Miss Car avec son aimable autorisation. Seule la traduction est à moi.

Warning : Homophones, s'abstenir. Cette fic est un yaoï. Cela signfie qu'elle parle de relations homosexuelles entre deux hommes. Si vous ne supportez pas cette idée, passez votre chemin, cette histoire n'est pas pour vous. Tous les autres, lecteurs avertis ou simples curieux, vous êtes les bienvenus.

Résumé : Parfois il paraît plus simple d'exprimer ce qu'on ressent pour une personne dans une lettre qu'elle ne lira jamais. Malheureusement, les choses ne se passent jamais comme elles devraient…

Note de la traductrice : Me voici de retour avec une nouvelle traduction. Pour celles et ceux qui ne seraient pas familiers avec la franchise StarTrek ou qui n'aurait pas vu le film de 2009 sur lequel est basée cette fic, visionnez-le au plus vite même si la SF n'est pas votre tasse de thé, les acteurs sont canons. Pour les allergiques incurables, Wikipédia propose un résumé du film tout à fait complet. En dernier recours, vous pouvez aussi ne rien faire du tout, cette histoire donne suffisamment de détails pour comprendre les événements qui ont précédé.

Bonne lecture.

Cher Spock

Prologue – Mais pourquoi on n'est pas potes ?

Jim se rua dans ses quartiers, en pestant à mi-voix contre son premier officier, comme d'habitude. C'était devenu courant durant les premières semaines de son capitanat. Il tenta de se rappeler qu'il n'avait pas le droit de le buter, même s'il en avait très, très envie. C'était lui qui avait décidé que Spock serait parfait pour ce poste. Il accusa le vieux de la caverne – et toutes les choses qu'il n'était pas censé voir dans cette mine de glace fondue – de lui avoir donné cette idée à la con. C'était un vrai désastre.

Ils étaient censés être les meilleurs potes du monde et même un peu plus. Ils étaient censés se comprendre mieux que n'importe qui. Et enfin, ils étaient censés ressentir un amour aux multiples facettes si profond qu'il n'existerait aucun mot standard pour décrire leur relation.

Et pourtant, ils ne faisaient que se disputer. La moitié du temps sur la passerelle, Spock lui donnait l'impression d'avoir deux ans parce qu'il remettait en cause chacune de ses décisions. Mais les autres fois, ça tiltait à la perfection comme s'ils pouvaient lire dans l'esprit de l'autre. C'était ce qui rendait toute cette situation si frustrante. Il pouvait voir la possibilité d'une grande équipe de commandement telle qu'elle l'avait été dans une autre dimension. Malheureusement, ça ne se ferait pas et ça le rendait dingue.

Ils se disputaient trop. Bon, peut-être que c'était aussi de sa faute. Il ne cédait jamais. C'était une aptitude qu'il avait acquise grâce à Frank : pendant des années, ce dernier lui avait fait sentir qu'il ne valait pas plus qu'une merde. Il était perpétuellement en mode défensif et manquait un peu de confiance en lui. Peut-être que c'était sa faute s'il interprétait tout comme une insulte. Peut-être qu'il portait trop de séquelles pour être l'ami de Spock.

Et même s'il était présentement en train de frapper son oreiller en espérant que ce soit Spock, il voulait toujours être ami avec ce casse-couilles de Vulcain. Cependant, il se demandait si Spock voulait la même chose. Au moins, lui faisait des efforts. En plusieurs occasions, Jim l'avait invité à jouer aux échecs ou pour le déjeuner. Spock l'avait immédiatement envoyé bouler de toutes les manières vulcaines possibles.

Jim pouvait difficilement le blâmer de vouloir passer du temps avec sa petite amie parce qu'elle était vraiment canon. Bon, d'accord, peut-être qu'il était un peu contrarié à propos de cette histoire de copine mais il n'arrivait pas à savoir s'il était jaloux de Spock parce qu'il était avec Uhura ou jaloux d'Uhura parce qu'elle était avec Spock. C'était compliqué et peut-être que ça contribuait à attiser son désir de hurler sur Spock lors de moments vraiment inappropriés. Non pas qu'il admettrait ce fait à quiconque. Il avait déjà du mal avec l'idée de se l'avouer à lui-même.

Frapper dans l'oreiller ne le soulagea pas de cette frustration qui avait pris la forme de Spock et il n'avait pas non plus envie de s'accorder le temps d'une petite séance privée pour se débarrasser que cette tension induite par Spock. S'il faisait ça, un autre éléphant apparaîtrait dans la pièce [1]. Il n'était pas prêt pour ça.

Il repensa au temps où il avait onze ans. Sa mère l'avait emmené voir le docteur Suarez après sa tentative de suicide avec la voiture de collection et la falaise. Le forcer à consulter un psy était la manière que sa mère employait pour lui monter qu'elle se souciait de lui, même si elle allait rester avec Frank encore une autre année avant de divorcer. Le docteur Alayna Suarez était un bon médecin, elle n'était pas effrayée par les pitreries habituelles de Jim. Elle travailla avec lui jusqu'à son décès, dix ans plus tard.

Elle serait probablement fière de lui parce qu'il avait vraiment atteint son potentiel. Le docteur Suarez était l'une des rares personnes qui croyait en lui. C'était elle qui l'avait fait entrer dans cette école pour enfants doués dans l'Iowa. Là, il n'avait pas peur qu'on se moque de lui parce qu'il était intelligent et il était hors de portée de son beau-père. Cependant, le docteur Suarez aurait vraiment été furax contre lui de s'être senti complètement perdu l'année qui avait suivi son décès. Sa femme avait été très en colère. Heureusement, Pike avait été là pour le remettre sur le bon chemin.

Jim avait dû travailler sur plusieurs problèmes pendant son adolescence incluant la mort de son père et plus tard, la mort de son frère. Parce qu'il avait été admis à la Williams School, il n'avait pas accompagné sa mère lorsqu'elle avait été assignée sur Tarsus IV après son divorce. Sa mère avait reçu une médaille pour ses actes qui avait aidé à sauver des douzaines d'enfants du massacre mais elle n'avait pas pu sauver son propre fils. Sam était l'un de quatre mille enfants qui étaient morts sur la planète. Disons simplement que c'était pour cette raison que Jim avait passé beaucoup de temps en thérapie.

L'une des méthodes préférées du docteur Suarez était de demander à Jim d'écrire des lettres aux gens qui le rendaient dingue. Le médecin prétendait que parfois il était plus facile de dire les choses dans une lettre plutôt qu'à la personne même.

Quelque part, dans un centre de stockage sur Terre, il y avait probablement des dizaines de lettres écrites sur papier – à l'ancienne – adressées à sa mère, à son père, à son beau-père et à Sam. Aucun des destinataires n'avaient jamais vu ce que Jim avait écrit, même pas les deux qui étaient encore en vie mais il s'était senti mieux de le faire. Peut-être que cette technique allait fonctionner avec Spock.

S'il n'essayait pas quelque chose bientôt, l'incident de la passerelle allait se reproduire. Il n'avait aucune envie de se faire à nouveau étrangler à moins que ça n'implique un lit et des mots de sécurité. Et quand on voyait la petite amie, ce n'était pas près d'arriver. Non pas que c'était ce qu'il voulait. Enfin…

Il aurait préféré faire ça sur une version papier mais le papier était une denrée rare dans l'espace et il ne voulait pas se payer une visite chez la psy du vaisseau à moins d'y être obligé, elle le connaissait trop bien. Au lieu de ça, il sélectionna l'application e-mail de son PADD et se mit à dicter. Comme il n'allait pas envoyer ces courriers à Spock, il ne les verrait jamais. C'était la solution parfaite.

Malheureusement, il souffla sur le micro au mauvais moment et confirma l'envoi des e-mails à Spock sans s'en rendre compte.

Les logiciels de reconnaissance vocale peuvent se monter diaboliques.

NdT :

[1] A elephant in the room en vo est une expression anglaise qui signifie qu'on a un énorme problème sous ses yeux et qu'on l'ignore volontairement.

À suivre…

Voilà, ce n'était certes pas très long mais c'était un prologue en même temps… Donc, vos commentaires sont les bienvenus.

Bisous

Falyla