Auteur : TheProblematique ( u/2176345/TheProblematique )

Titre : Veritas

Disclaimer : L'univers appartient à Gene Roddenberry et à J.J Abrams, et l'histoire à TheProblematique.

Avertissements : Traduction & fic slash assez graphique (traitant de relations amoureuses et sexuelles entre garçons).

Je change encore de fandom pour m'attaquer à l'une de mes fics préférées de tous les temps (oui je ne traduis pas n'importe quoi), écrite par la merveilleuse TheProblematique. Ça fait longtemps que je pensais à la traduire. J'espère que cette trad trouvera un public, car j'ai remarqué que le fandom Star Trek a un public francophone beaucoup plus restreint que le public anglophone, et c'est bien dommage. Justement, je suis contente de pouvoir y contribuer. Cette fic a été écrite avant le nouveau film (excellent) de 2013, mais reste on ne peut plus pertinente je trouve. J'espère arriver à restranscrire son humour et la façon géniale dont l'autrice écrit le point de vue de Kirk.

Il y a 25 chapitres. J'espère pouvoir publier au minimum une fois par semaine. Bonne lecture !


Prologue

« La vérité est rarement pure et n'est jamais simple. » Oscar Wilde

Vous vous êtes déjà demandé ce que le commandement de Starfleet pensait de toutes ces missions lointaines qui ont mal tourné, et où la réglementation semblait ne plus importer ? Toutes ces expériences de mort imminente et ces sauvetages miraculeux de dernière minute où la vie d'un seul homme semblait contrebalancer… tout le reste ? Toutes ces fois où un certain Jim Kirk ignorait les règles pour son commandant ? Toutes ces entorses au protocole qu'un certain M. Spock justifiait d'une manière ou d'une autre par la logique ? Est-ce juste la chance qui les a sauvés jusqu'ici ? Est-ce vraiment une simple estime amicale qui les rend tous les deux aussi prompts à ignorer les procédures habituelles ?

La Fédération va-t-elle prendre ce risque ?

Un jeune capitaine ne peut pas se permettre de devenir émotionnellement fragilisé par son Premier Officier. Voici l'histoire de la fois où quelqu'un l'a remarqué.

ooo

« Nous devons partir maintenant, Jim ! »

« Ils ont Spock. »

« Regarde-toi- »

« Ils. Ont. Spock. Bones ! »

Son ton était absolument sans appel, et même si Jim savait qu'il n'avait que cinq minutes avant que l'Enterprise ne soit forcé de quitter l'orbite en vitesse de distorsion, il était déterminé à ne pas perdre une seconde supplémentaire de ce précieux temps à se disputer avec son médecin-chef.

« Jim, en tant que médecin et ami, je te dis… »

« Je ne peux pas l'abandonner ! Je ne le ferai pas tant qu'il me restera du temps ! »

Il pouvait déjà voir l'édifice de la prison apparaître devant lui, illuminé par la faible lumière des étoiles, et il essaya de courir encore plus vite.

« Ton temps est écoulé ! »

« Il me reste cinq minutes ! »

« Tu es fou ! Je sais que tu as… une profonde affection pour Spock- » commença le docteur d'une voix entrecoupée, d'un ton furieux, « -mais tu vas te faire tuer ! »

« Non, je vais sauver Spock ! »

« Non, c'est faux ! Parce que c'est impossible ! Désolé, mais nous n'pouvons rien faire- »

« Si, nous pouvons faire quelque chose, et je vais le faire dans les- » il regarda son minuteur, « -quatre minutes et quarante-cinq secondes qu'il me reste avant que nous partions de ce trou à rat. Avec mon Premier Officier ! »

L'effort qu'il faisait pour suivre rendait McCoy titubant d'épuisement, mais il ne ralentit pas et, ce qui soulagea intérieurement Jim, réussit à maintenir leur allure déjà extrêmement rapide.

« Assez ! Jim ! »

Jim regarda son minuteur. Quatre minutes et trente secondes. Spock. Rien d'autre n'importait jusqu'à ce que son temps soit écoulé.

« Tu ne peux pas le sauver ! Il est trop tard, ils l'ont et on nous a ordonné de partir- ! »

« Je peux et je vais le faire ! »

« Bon sang, Jim ! Tu es le capitaine de ce fichu vaisseau… ! Arrête ! »

« Il me reste quatre minutes ! Après ça… ! » Mais le monde n'existait pas après ça. Pas maintenant, en tout cas.

Le terrain pencha un peu vers le haut mais Jim avait l'impression de voler, il courait si vite que ses pieds touchaient à peine le sol.

« Et comment tu comptes le libérer de là en quatre minutes ? » cria McCoy. Il prenait lentement du retard alors que son capitaine avançait à toutes jambes.

« Chekov a déjà enregistré ses coordonnées ! » dit Jim par-dessus son épaule. « Si je bousille le champ de force autour de sa cellule nous n'aurons pas besoin de le libérer ! Nous le téléporterons ! »

« Tu vas… désactiver un champ de force précis dans… une cellule précise dans un… bâtiment précis… en moins de quatre minutes ? »

Jim réussit étonnamment à faire sortir un petit rire sinistre de ses lèvres gercées.

« Mon Dieu… ! Tu vas faire planter tout l'immeuble, c'est ça ? »

« Seulement quelques secondes. »

Le rire de McCoy fut à mi-chemin entre une quinte de toux rauque et un aboiement. Il était absolument sans humour ; il n'était clairement pas impressionné par son ami.

« Tu… es vraiment… fou ! »

En entendant ça, Jim leva les yeux au ciel et ne répondit pas. Au lieu de ça, il choisit d'accélérer, ils y étaient presque.

C'était une structure énorme, et très bien gardée. Mais Jim n'avait aucune intention d'essayer d'entrer, à la place il se dirigea tout droit vers le disjoncteur. L'obscurité faisait une couverture parfaite, et l'espèce locale étaient des êtres avec une très mauvaise vue, surtout pour détecter des mouvements rapides ; l'équivalent d'un œil humain incapable de voir les ailes d'un colibri. Ça leur prendrait un moment pour se rendre seulement compte que quelqu'un était là.

Avec un peu de chance. S'ils couraient assez vite.

« Kirk à Enterprise ! » appela-t-il dans son communicateur. « Répondez, Enterprise ! »

« Capitaine ! Ici Scott. Dans deux minutes et trente-quatre secondes toute la crème de Starfleet va se demander pourquoi nous sommes toujours en orbite autour d'une planète qu'on nous a ordonné de quitter, vous devez vraiment- »

« Oui, oui je sais. Débutez les procédures de départ habituelles, et préparez-vous à téléporter le Dr McCoy et M. Spock. Kirk termin- »

« Et vous ? »

« C'est vrai. Et moi. Kirk terminé. »

Il ferma l'appareil d'un coup sec et sortit son phaser, explosant la porte de la structure à distance, toujours en courant.

« Espérons qu'ils ne remarqueront pas ça pendant encore deux minutes. »

Il se précipita à l'intérieur et scruta les énormes tanks de stockage à chacun de ses côtés. Son dernier ressort était de leur tirer directement dessus, mais bien que les habitants de la planète aient instinctivement réagi par la violence face à son équipage, Jim avait réussi à établir que la confrontation avait surtout été un déploiement d'auto-défense avant que quiconque n'ait pu communiquer ses intentions pacifiques. Il ne pouvait pas vraiment les laisser avec les prisonniers de tout un pâté de cellules libérés et fous furieux, cela allait à l'encontre de tout ce que représentait Starfleet, sans parler du fait que la Directive Première de non-interférence serait jetée par la fenêtre.

À moins que tout le reste n'échoue.

Alors il ferait sortir Spock d'ici, quoi qu'il en coûte.

« Bones, aide-moi à trouver les contrôles… ! »

« Là ! »

Il courut jusqu'à un écran de la taille d'une table. Ça allait être compliqué.

Le panneau de contrôle était programmé entièrement avec les symboles des habitants, bien sûr, mais Jim avait étudié les bases en se préparant à la mission, et demandé à Uhura de lui enseigner la structure générale de la langue quelques jours avant de se téléporter. Il espérait que son expérience de la mécanique pourrait compenser le reste, ou alors il en serait réduit à la conjecture et à l'instinct.

« Allez… » haleta-t-il, tentant fébrilement de neutraliser le système de protection par mot de passe.

Il sentit à peine McCoy venir s'arrêter à côté de lui, haletant fortement. Cette fois, heureusement, le docteur sut rester silencieux, même s'il ne pouvait être d'accord avec ce que Jim faisait, c'était leur seul espoir.

« Oui ! »

Ensuite il fallut se déplacer dans le menu de navigation et trouver les bonnes touches. Jim maudit ses mains glissantes qui laissaient des taches rouges sur la surface plane, et secoua la tête pour lutter contre sa vision qui se voilait, clignant furieusement des yeux pour essayer d'organiser les calculs qui parcouraient son esprit, pour essayer de se concentrer uniquement sur les mots étrangers et non pas sur la douleur ou sur Spock assis seul dans une cellule parce qu'il devait garder son sang-froid pendant la dernière minute, allez Kirk, réfléchis, réfléchis.

Ses doigts parcouraient la surface plane à une vitesse vertigineuse, cherchant, cherchant…

« Allez, bon sang… »

Cherchant… si près…

« Où es-tu ? »

Ça devait être là… juste devant lui…

« Allez… »

Et enfin-

« Mais oui ! Chaque ordinateur de chaque planète de chaque galaxie a un redémarrage ! »

Il appuya sur la dernière touche d'un air triomphant et recula.

« Cinquante secondes, Jim ! »

Jim attendit, incapable de respirer. « Kirk à Enterprise, » dit-il calmement dans le communicateur. « Préparez-vous à téléporter M. Spock, à mon signal. Je me fiche que vous croyiez l'avoir dans votre viseur, personne ne doit essayer de désintégrer les molécules de mon Premier Officier avant que je ne le dise. Leur atmosphère a déjà trompé nos scanners. »

« En attente, Capitaine. À votre signal, » fit immédiatement la voix de Scotty.

« Très bien Scotty, prêt dans trois… »

Les lumières autour d'eux vacillèrent et moururent.

« Deux… »

Il y eut un bruit semblable à celui d'une roue géante qui s'arrête.

« Un… »

Tout devint mortellement silencieux.

« Maintenant ! »

L'explosion de bruit venant du bâtiment fut assourdissante, même à cette distance. Jim passa une seconde à ne pas se sentir désolé pour les gardes de la prison, puis mit son communicateur à son oreille, écoutant avec attention. Ses ingénieurs avaient littéralement cinq secondes avant que, selon ses estimations, le système de secours s'enclenche et que la cellule de Spock redevienne impénétrable.

« Vingt secondes Jim ! » dit McCoy.

« Est-ce qu'il est là ? » cria Jim, entendant beaucoup de bruits confus qu'il ne pouvait distinguer. « Enterprise ! Est-il en sécurité ? Est-ce que vous l'avez fait sortir ? » Pour la première fois depuis qu'il avait réalisé ce qu'il devait faire, Jim ressentit une peur insidieuse parcourir son échine. Si ça ne fonctionnait pas il devrait laisser Spock. Seul. Sur une planète hostile. Il ne pouvait pas faire ça. Mais il devrait… c'était son devoir

« Quinze secondes… »

« Répondez Enterprise ! Bon sang ! »

« Dix, neuf… »

« Enterprise ! »

« Il est là, oui il est en sécurité ! » La voix de Scotty fit irruption dans les prémices de panique de Jim. « Il va bien, capitaine, et nous avons enregistré votre signal ! Prêt à téléporter ! »

Jim sourit faiblement, sentant son équilibre osciller. C'était fini. Ils s'en sortiraient. Spock était en sécurité.

C'était fini. Il avait réussi.

Oui.

« Non ! »

Le cri de McCoy vint de très, très loin. Wow, ils ne plaisantaient pas quand ils disaient que le flot d'adrénaline s'en allait rapidement. Soudain le sol insista pour se pencher sur le côté et Jim ne put l'attraper avec ses pieds.

Il s'effondra sur le sol, se permettant enfin de réaliser qu'il y avait pas mal de sang qui jaillissait de sa blessure ; ses mains en étaient nappées et il faisait coller son T-shirt à sa peau. Même ses cheveux étaient dégoulinants de rouge, hein, quand est-ce que c'était arrivé ça, il avait couru pendant les derniers… oh, siècles, et en fait ça faisait vraiment mal de partout… particulièrement à son ventre, aïe, aïe, la douleur était aveuglante…

« Jim, reste avec moi espèce d'idiot ! Tu es le plus stupide, le pire capitaine de l'histoire des connards inconscients qui risquent leur vie pour ceux qu'ils aiment, bon sang, ne renonce pas maintenant ! »

Puis il sentit le sol froid et métallique de la salle de téléportation contre son flanc, et les cris horrifiés commencèrent peu après, mais ce qu'il se souvenait avoir entendu avec une parfaite clarté était une voix, une voix familière, merveilleuse, prononçant son nom. Juste son nom.

« Jim, Jim… »

Il ne voyait rien, même s'il était plutôt certain que ses yeux étaient ouverts.

« Spock, je vais m'en sortir. »

Il se pourrait qu'il n'ait pas dit ça à voix haute. Dans tous les cas, sa dernière pensée fut qu'il espérait que Spock l'avait entendu.