1. Appartenance: Les personnages présents dans cette fiction ainsi que son univers appartiennent à Toby Whitehouse (Being Human) et à James Griffin (The Almighty Johnsons).

2. Rating: Je la note "T+", car l'univers sera à peu près identique à ceux des deux séries (ce qui reste correct tout de même). Mais certains chapitres pourront être "M" en raison de certaine scène de violence ou de sexe (comme dans les deux séries en fait xD).

3. Autre: Merci beaucoup pour vos précédentes reviews ! Je suis contente de voir que vous regrettez cette fiction qui touche à sa fin aujourd'hui, car ça me prouve que vous l'avez beaucoup aimé et j'en suis très touché ! ^/^. Dans ce dernier chapitre, je m'excuse d'avance qu'il donne l'impression d'être bâclé, mais comme le disait mon indice à la fin du chapitre précédant, c'est la fin d'une vie pour en débuter une autre, alors... ce sera vous qui imaginerez si vous le souhaitez! Sur ce, bonne lecture :)


Chapitre 30

Point de vue d'Anders.

Après plusieurs minutes de marches dans les bois, nous finîmes par arriver dans un endroit un peu plus dégagé, comme si les arbres avaient formés un cercle autour de rien. Des pierres étaient disposées dans ce cercle dans l'herbe, certainement pour s'y placer lors du rituel.

Hanna s'avança vers son frère, qui lui, était près de deux arbres en train de sortir des cordes de son sac. Je m'approchai alors d'Axl, le voyant également confus de la situation.

« Tu crois qu'il va faire quoi avec ces cordes ? Lui demandai-je.

— Je ne sais pas mais... elle à l'aire de l'aider à s'attacher, regarde. »

Nous vîmes effectivement Hanna en train de lier les poignets de Martin autour des fines branches des deux arbres. Nous restâmes silencieux, curieux de voir ce qui allait ensuite se passer, et Hanna se tourna vers nous.

« C'est normal. Mon frère, Heimdall, est le dieu des univers et gardien des portails. Il est là pour nous permettre de faire le voyage vers Asgard.

— Comme une sorte de porte ?

— Oui, c'est ça Anders.

— Mais comment va-t-on procéder ?

— D'abord, nous allons tous prendre place devant une pierre. »

Nous fîmes alors ce qu'elle dit, sauf pour elle et Axl, qui se placèrent au centre du cercle l'un à côté de l'autre, devant Martin. Hanna annonça qu'il fallait désormais procéder au mariage.

« Mais, enfin, comment ça se passe ? On n'a pas de prêtre, demanda Axl.

— On n'en a pas besoin, car il s'agit d'un mariage selon les coutumes scandinaves, et parce que je suis la déesse du mariage. Je sais comment faire.

— Oui, bien évidemment, fit Axl un peu gêné.

— Du coup, vous deux...fis-je en les regardant à tour de rôle, vous allez être mariés ?

— Non, reprit-elle, seulement Odin et Frigg. Je pourrais retourner à ma vie normale, et Axl aussi. Vous tous en fait. »

Oui, plus ou moins. Je serais toujours un vampire après ça. Je plaçai mes bras derrière mon dos, et alors qu'elle commença à parler dans notre langue d'antan et prit une dague pour s'entailler la main, mon regard se posa sur Jean. Je devais l'avouer...même si j'avais fait des efforts surhumain, j'étais fortement attiré par elle.

Lorsqu'elle vit que je l'observai, elle détourna aussitôt les yeux et se mit à rougir. J'avais une folle envie d'aller la voir et lui parler.. ! Mais j'étais certain que si je le faisais, tant que Bragi et Idunn seront là, je risquerai de refaire une grosse bêtise, celle qui m'a poussé à m'effacer la mémoire.

Mes pensées vagabondèrent sur ce que j'aurais bien pu faire, et la terrible idée d'avoir couché avec elle me tétanisa et me retourna les tripes.

Une puissante lumière nous aveugla tous subitement, j'eus soudainement l'impression de me faire foudroyer par la foudre pendant de longues et pénibles secondes. Lorsque le choc et cette lumière s'arrêtèrent, le silence prit place, et nous nous regardâmes tous les uns les autres, essoufflés.

« Ce...Ça y est ? Demanda Axl.

— Oui, fit Hanna. Nous ne sommes plus que des humains. Mais sachez que tous ceux qui vous ont connu après l'éveil de votre incarnation, vous oublierons s'ils sont humains...

— C'est à dire que mes amies...commença Jean, m'auront oubliées ? (Hanna hocha la tête). C'est pas grave, je saurais régler ça. Mais je me sens effectivement plus libre de mes sentiments maintenant.. ! Je ne suis plus attirée par Anders !

— Merci bien, dis-je en riant, je ne suis pas si repoussant que ça, estime-toi heureuse que ce soit tombé sur moi !

— Ferme-là Anders, c'est un peu malsain et péteux de ta part, intervint Ty.

— Oh, je viens de capter un truc, fis-je en le regardant. Je ne pourrais plus t'appeler Mister Freeze ? Pfff c'est tellement dommage.. !

— Mais fermez-là donc ! »

Nous tournâmes en même temps la tête vers Mike, qui nous regardait sévèrement. Il nous montra Hanna, qui était à genoux par terre, les yeux rivés vers les deux arbres, où était accrochés des cordes coupées.

« Où...Où est Martin.. ? Fis-je inquiet.

— Ça ne pouvait pas se passer autrement... C'était sa destiné, se sacrifier pour permettre l'éternel repos des dieux dans leur maison. J'y ai été préparé, mais... mais je ne m'attendais pas à ressentir ça. Il me faudra du temps... pas mal de temps... »

Nous commençâmes à partir quad un terrible mal de crâne me transperça les tempes comme une flèche. De nombreuses images, sons et sensations défilèrent dans ma tête et dans ma poitrine à une vitesse ahurissante. Je tombai à genoux tant la douleur était violente. Jean tomba elle aussi à genoux, comme moi, et s'avança difficilement dans ma direction, jusqu'à m'atteindre.

« Argh ! C'est quoi ça ?! Cris-je de douleurs.

— C'est tout qui vous revient Anders, répondit Hanna. Si Bragi est parti, alors les hypnoses sont levées. »

Tout cessa brutalement. Je regardai Jean droit dans les yeux, et reculai comme je le pus malgré le fait que j'étais au sol. J'avais.. ? J'avais.. !?

« C'est bon, papa, arrête, je ne t'en veux pas...d'accord ?

— Papa ? Tu m'appelles Anders habituellement.. !

— Oui. Quand tu es parti il y a seize ans, tu m'as ordonné de vous oublier, toi et Mitchell, mais de me souvenir de vous depuis toute petite lorsque cette hypnose serait annulée.

— Oui... je me souviens... Alors tu te souviens de tout.. ?

— De toi, de maman, de Mitchell, de Olaf et de la Nouvelle-Zélande, de cet homme terrifiant, de Annie, de George, de mon enlèvement, que...que tu es un vampire...comme Mitchell. Bon sang, mais tout est clair ! Fit-elle tout à coup. Quand Mitchell disait que je pouvais être sa fille, ce n'était pas qu'une question d'âge, mais parce qu'il était mon deuxième papa ! »

Un grand silence s'en suivit et tout le monde nous regardait. Jean m'enlaça alors pendant de longues secondes, avant de reculer et de me gifler.

« En revanche, je t'en veux de m'avoir demandé de tout oublier ! Espèce d'idiot ! »

Je la regardai, les larmes aux yeux et la reprit dans mes bras. Ma petite fille... ! J'avais retrouvé ma petite fille ! Hanna me regarda et se mit à sourire.

« Je suis certaine qu'Amanda aurait voulu voir ça...

— Du coup, c'est comme si elle était partit pour de bon... ? Demanda Jean.

— Oui, mais je ne pourrais jamais oublier les souvenirs de sa vie que Frigg m'a laissé. »

Je regardai de nouveau ma fille et l'enlaçai une dernière fois avant de nous lever enfin. Ty s'approcha de moi, un sourire en coin.

« Alors Bragi est partit pour de bon ?

— Je peux tester si tu veux, dis-je en ricanant.

— Si tu veux mais pas sur moi ! Je te connais trop bien !

— Roh ! Mon cher et tendre petit frère ! Jamaaaaaiiiis je n'oserais t'embarrasser !

— Prouve-le.

— Tu vas retirer tes vêtements et tourner en rond dans le cercle dessiné par les arbres.

— Espèce de ! ! »

Il se jeta sur moi avant de me pousser par terre et de m'écraser ses mains toutes chaudes et humides sur le visage.

« Arrête, Ty!Ris-je. Tes mains sont toutes chaudes et moites !

— Imagine si tu avais été encore Bragi, idiot !

— J'imagine très bien ! Ç'aurait été très drôle !

— Parle pour toi ! »

Je le repoussai assez facilement et nous nous mîmes à rire, même Mike était amusé. Tyrone me regarda en souriant avant de s'arrêter net dans son euphorie.

« Tu as dit quoi ?

— Que ç'aurait été très drôle !

— Non ! Avant !

— Euh...De tourner en rond ?

— Non avant ça !

— Je ne sais plus ce que j'ai dit Ty, tu fais chier ! Je ne vais pas remonter dans le script pour lire ce qu'il y a d'écrit !

— Il a dit que tu avais les mains chaudes et moites, fit Jean en croisant les bras amusée. »

Je vis alors un large sourire se dessiner sur la bouche de mon frère, et il se mit à rire nerveusement avant de se lever et de partir en courant sur le chemin pour retourner aux voitures.

« Qu'est-ce qu'il a ? Demandai-je inquiet.

— Il n'est plus Odr, alors c'est la fête ! Dit Mike. Il va certainement rejoindre Dawn.

— Dawn ? Fis-je surpris. Ma Dawn ?

— Ouais, elle est venue de Nouvelle-Zélande depuis trois ans, et leur relation était compliquée à cause de Odr.

— Mais elle est humaine, elle ne se souviendra pas de lui.. ?

— Olaf nous avait déjà dit qu'il y avait cette possibilité-là, alors ils ont tout fait, Ty et Dawn, pour qu'elle puisse se souvenir de leur relation après le rituel. »

Je souris, attendri par le récit de mon frère aîné. Je taquinais Tyrone depuis aussi loin que je me souvenais, à propos de sa sexualité douteuse et sa capacité à avoir une relation, mais finalement, j'étais content pour lui, et pour Dawn. Bon sang, elle était ici ? Il fallait que j'aille la v... Ou pas. Après tout, il s'est passé seize ans depuis la dernière fois que nous nous sommes vu, et... Elle risquerait d'être choquée...

« Allez, rentrons. »

Je suivis alors Mike, accompagné de Jean et des autres, vers le petit sentier battu que nous avions emprunté pour venir jusqu'ici.

« Papa.. ? Me fit Jean la tête baissée. Il faut que je te dise quelque chose qui ne va peut-être pas te plaire et... qui risque de poser des problèmes...pour toi.

— Tu m'inquiètes un peu en m'annonçant le sujet comme ça, fis-je anxieux. Mais vas-y, je t'écoute, je suppose que je le dois bien à ma fille...

— Merci, sourit-elle. Eh bien... J'ai eu un petit ami de mes dix-huit à dix-neuf ans et demi.

— Je suppose que c'est normal pour cet âge-là Jee...fis-je en souriant.

— Oui, mais...ce n'est pas n'importe qui...(Elle s'arrêta et moi également). Il s'agit de quelqu'un que tu connais... Que tu connais très bien même...

— Ne joue pas à ce petit jeu-là avec moi, Jean. Je suis relativement calme, mais quand je suis offensé, je peux mal tourner à cause de... de ce que je suis. »

J'avais peur de deviner ce qu'elle s'apprêtait à dire, mais mon avertissement et mon regard appuyé lui fit peur et elle secoua doucement la tête de gauche à droite avant de dire que ce n'était pas le bon moment, puis elle reprit sa marche.

« Non attend, fis-je en lui attrapant le poignet. Je me doute de ce que tu vas dire…

— Mais si ce n'était pas ça, je te mettrai hors de toi, et je ne veux pas que ça arrive…

— Tu es sorti avec Mitchell, n'est-ce pas.. ? »

Elle inspira profondément avant de soupirer et de baisser le regard. Alors c'était vraiment ça… Je resserrai les dents un instant pour canaliser la colère qui montait, mais au final, je me calmai assez rapidement. Je ne pouvais blâmer personne d'autre que moi dans cette histoire. J'avais poussé Mitchell à partir parce que je l'avais manipulé, puis je n'avais pas essayé de le retrouver, ni lui, ni Jean, pour savoir comment ils allaient tant j'étais préoccupé par Herrick et Megan. C'est Mitchell qui avait prit soin de Jean, et je devais l'avouer… Ces deux-là étaient loin d'être repoussants. Je ne peux pas en vouloir à Jean et Mitchell d'avoir été attiré l'un par l'autre, même si l'idée qu'on m'ait volé Mitchell ne me laisse pas indifférent, et qu'il ait touché à ma fille alors qu'il l'a connu et presque considéré comme la sienne.

« Je suppose que je n'y peux rien de toute façon, c'est fait et on ne peut pas revenir en arrière…

— Tu nous en veux ? Parce que je ne veux pas que tu en veuilles à Mitchell, il ne voulait pas au départ, j'ai dû faire des pieds et des mains pour qu'il accepte. Mais je veux que tu saches que je n'ai jamais eu de relation… physique avec lui.

— C-Ce… C'est vrai ? Fis-je étonné et rassuré.

— Oui, il n'a jamais voulu parce qu'il me disait que j'étais trop jeune et que ça poserait des problèmes.

— Oh ! Ris-je. Ça m'étonnerait que ce soit pour cette raison, car moi je suis passé à la casserole à seize ans! (Elle me regarda bizarrement). Oui, pardon… C'est un peu cru. Il ne t'a pas dit la véritable raison ?

— Non…

— Je pense, premièrement, que c'est parce qu'il t'as connu toute petite et qu'il te considère un peu comme ça fille… Alors l'idée d'inceste, même si vous n'avez aucun lien de sang, ne l'a pas trop emballé. Et deuxièmement, justement en parlant de sang, c'est parce que tu es humaine, et que quand il...passe le pas avec quelqu'un, cette personne-là s'en remet plutôt difficilement…

— Alors quand je croyais qu'il ne m'aimait pas, ce n'était pas vrai ? C'était une preuve justement, mais pas d'amour comme je le pensais…

— Je pense qu'il a dû t'aimer comme tu l'as aimé, fis-je en reprenant la marche. Car après tout, il était seul, certainement désemparé, et tu es plutôt séduisante et quelqu'un en qui il pouvait vouer sa confiance et sa vie, puisqu'il te connait depuis toute petite. Il avait besoin d'amour et réconfort, et tu as certainement su lui en donner… »

La conversation prenait une tournure assez étrange, étant donné que j'étais en couple avec Mitchell, qu'il avait eu une relation avec ma fille, et qui moi-même a tenté de la séduire malgré moi.

Alors que nous n'étions plus très loin de l'endroit où nous avions laissé les voitures, je m'arrêtai net, sentant une odeur que je n'avais plus senti il y a de ça des années.

« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Jean.

— Que personne ne bouge. Restez ici. »

Je passai alors devant tout le monde, et une fois arrivé sur le grand sentier, je tournai la tête vers les voitures et ne vit personne. Pas même Mitchell. Pourtant, je les sentais... Mitchell, et lui, Herrick. Une fois près des véhicules, je regardai autour de moi, sur mes gardes.

« Mitchell.. ? »

Aucune réponse, mais j'entendis un rire et je vis Herrick surgir des arbres, non loin de moi, un sourire malsain sur les lèvres et les mains sur les hanches.

« Officier Johnson ! Cela fait si longtemps !

— Où est Mitchell ? Fis-je sèchement.

— Disons qu'il n'a pas l'air très en forme... »

Il se pencha derrière un buisson et attrapa Mitchell par le bras et le força à se placer devant lui. Mon coeur loupa un battement quand je vis qu'il titubait, qu'il avait les mains liées dans le dos et surtout, qu'il avait un pieu à moitié enfoncé dans le ventre.

« Vos retrouvailles auraient pu se passer comme ça il y a quelques heures ! Fit Herrick en riant. Et dire que tu étais prêt à te tuer à cause de ce pauvre type, Mitchell…

— L-La ferme...fit mon amant difficilement.

— En tout cas, si je suis ici, ce n'est pas pour rester. J'avais promis quelque chose il y a quelques années de ça, alors me voici !

— Laissez Mitchell tranquille ! Criai-je énervé.

— Pourquoi laisserais-je Mitchell tranquille alors que tu as tué Megan ! Me répondit-il froidement. Je t'avais dit qu'il n'y avait pas moyen que tu refuses ma proposition, Johnson. Je viens honorer ma promesse. Si tu refusais, je ferais du mal à ceux que tu aimes. »

Il plaqua Mitchell un peu plus contre lui avec une main, et de son autre main libre, il enfonça doucement le pieu plus profondément. Mitchell se mit à gémir de douleur avant de vaciller mais Herrick le maintint debout.

« NON ! Fis-je terrorisé à l'idée qu'il tue Mitchell. Arrêtez.. !

— Je n'ai même pas eu le temps de demander à Megan de poser son pieu… Je ne vois pas pourquoi je te ferais plaisir, Johnson.

— S'il vous plaît.. !

— Quoi que.. ? Il y a encore un moyen, maintenant que tu es en face de moi, dit-il en souriant. Je laisse Mitchell tranquille à condition que tu mettes ton pouvoir d'hypnose à ma disposition. »

Je resserrai la mâchoire, réalisant qu'il n'y avait pas moyen de sauver Mitchell.

« Je… Je n'ai plus ce pouvoir...fis-je plus doucement.

— Vraiment ? S'étonna Herrick. Tu n'es pas crédible, Johnson.

— Je dis la vérité.. ! Si nous sommes ici, c'était justement pour me débarrasser de ce don !

— Alors tu as fait une bien belle erreur… »

Herrick arracha tout à coup le pieu du ventre de Mitchell, et ce dernier se mit à crier sous la douleur et la surprise. Voyant le bras de Herrick s'élever pour certainement poignarder Mitchell en plein coeur, je me mis à courir dans leur direction, mais à l'instant où le pieu allait s'enfoncer dans la chair, Herrick et Mitchell tombèrent au sol à cause de quelqu'un qui venait de les percuter afin de la renverser. Le pieu tomba par terre, et alors que Mitchell s'empressa de se relever, je reconnus Jean qui s'était jeté sur Herrick. Ce dernier se releva doucement, un peu sonné, et alors que Jean se redressait aussi, Herrick l'attrapa brutalement par les épaules frêles et fragiles, et la plaqua contre le lui pour nous faire face.

« Sachez qu'on ne joue pas avec moi ! Cria-t-il tel un fou.

— JEAN ! Fis-je en m'arrêtant dans mon élan.

— C'est fini tout ça ! De vous suivre, de vous espionner, de prévoir des plans pour vous détruire ! Vous êtes deux ombres noirs dans ma vie que j'ai envie d'éliminer une bonne fois pour toutes ! Alors j'espère que ceci vous fera comprendre qui je suis, et que vous ne pourrez jamais rien contre moi ! RIEN !

— Relâchez-là.. ! Cria Mitchell un peu essoufflé.

— Bien.. ! »

Herrick attrapa tout à coup la tête de Jean, et donna un violent coup de torsion sur la droite, et Jean tomba par terre. Mon cœur s'arrêta, et mon souffle aussi.

« Oups ! Fit-il avec les mains en l'air, je l'ai lâché trop vite ?

— JEEAANN ! »

Ma voix fit écho avec celle de Mitchell et nous nous précipitâmes tous les deux sur elle, qui gisait dans les aiguilles de pins. J'attrapai doucement sa tête, et constatai avec effroi que sa nuque était belle et bien brisée. Non.. ! NON JEAN !

Je ne savais pas quoi faire et je sentais une puissante douleur s'installer dans ma poitrine alors que je réalisai qu'elle… !

Je vis Mitchell se lever, attraper le pieu qui était toujours au sol, et se tourner vers Herrick qui était de s'enfuir.

« Tu n'iras pas plus loin, espèce d'enfoiré ! »

Il lança le pieu tel un javelot et ce dernier se planta en plein milieu du dos de Herrick. Le vampire s'arrêta brutalement, et tomba lentement à genou, comme paralysé.

Je regardai de nouveau Jean, paniqué. Il fallait que je tente !

Je me mordis le poignet à sang et me penchai dans le cou de ma fille pour en faire de même. Lorsque son sang entra en contact avec ma langue, je dû me faire violence pour ne pas en boire, et malgré mon esprit qui commençait à s'embrumer par la tentation, je plaquai mon poignet ensanglanté contre son cou mordu et priai pour que cela fonctionne.

Alors que je réalisai que j'avais trop tardé, je sentis Mitchell se placer prêt de moi et m'enlacer en même temps que Jean, qui elle était contre moi.

Non...Non, je ne pouvais pas avoir échoué ! C'est censé fonctionner ! Mon regard fixait Jean dans l'espoir de la voir de nouveau respirer, mais je ne voyais que son regard fixé sur un point invisible et éteint.

Il me semblait entendre Mitchell me parler, mais je ne comprenais rien. Il me secouait, me criait dessus, mais je n'entendais qu'un bourdonnement et comme un sifflement en continu dans mes oreilles.

« Jean…fis-je toujours sous le choc.

— Anders, s'il te plaît.. ! »

Je tournai enfin la tête vers Mitchell, tel un corps sans âme et sans but, et le regardai de façon distraite.

« Elle...Elle est.. ?

— Lâche-là...s'il te plaît, pour la je-ne-sais combien de fois…

— Non...Non, je ne peux pas avoir échoué, Mitchell…

— Anders...Fait moi confiance... »

Tel un automate, je décollai alors Jean de moi et Mitchell plaça délicatement ses mains derrière le cou de Jean avant de refaire pivoter doucement sa tête comme pour la remettre en place.

Après le craquement désagréable que fit son cou, mes yeux se posèrent sur celui-ci et sur la morsure que je lui avais infligé à contre cœur.

« Regarde.. ! »

Je sortis de cet état de torpeur quand Mitchell m'adressa la parole et mes yeux regardèrent plus attentivement la blessure. La morsure se refermait doucement !

« Attend… fis-je surpris. C-Ce.. ? Ça veut dire que.. ?!

— Oui ! Parfois, selon comme le vampire se fait ''tuer'', il ne peut pas se régénérer s'il ne se trouve pas dans toutes les bonnes conditions. Et j'ai bien cru que tu n'allais pas la lâcher pour que je puisse le faire, car si je ne l'avais pas fait à temps, ça n'aurait pas fonc- »

Nous sursautâmes tous les deux lorsque Jean inspira d'un seul coup profondément, les yeux grands ouverts, noirs, dirigés vers ciel.

« JEAN ! Fis-je en la secouant doucement.

— Hey, shhh, fit Mitchell pour la rassurer »

Elle cligna une fois des yeux et ces derniers reprirent leur teinte bleutée. Elle nous regarda un peu désemparée avant de se redresser toute seule pour s'asseoir.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé.. ? Demanda-t-elle comme essoufflée.

— Eh...Eh bien...commençai-je, Herrick… t'as...brisé la nuque…

— Quoi ? Fit-elle étonnée. Non, c'est pas possible, je ne serais pas encore viv-… »

Elle s'arrêta tout à coup de parler et nous regarda à tour de rôle, la bouche légèrement entre ouverte, et les yeux écarquillés. Elle inspira profondément avant de soupirer, le souffle tremblant.

« Vous m'avez transformé.. ?

— Je n'ai pas eu le choix...fis-je en passant ma main sur le visage. Je suis désolé… Je ne voulais pas te perdre alors que je venais de te retrouver Jee…

— Ne lui en veut pas, j'aurais fait la même chose Jean… ajouta Mitchell. Et puis tu es si jeune, tu as tant de chose à vivre encore…

— Je ne me sens pas bien...fit tout à coup Jean. J'ai la tête qui tourne, j'ai mal au ventre et j'ai la gorge sèche comme du papier de verre. »

Je jetai un regard à Mitchell et je pus comprendre ce à quoi il pensait aussi. La soif de sang.

« Ecoute, continua-t-il, ça ne va pas être très simple au départ, aussi bien pour toi que pour nous, car tu vas être tenté par beaucoup de choses, des choses qu'on maîtrise à peine… Si tu veux bien démarrer en tant que...que…

— Vampire.. ?

— Oui...Il va falloir que tu fasses des efforts phénoménaux pour que tout puisse bien se passer. Là, tu as besoin de sang, et comme tu n'en as encore jamais bu, je te conseille de ne jamais mordre ou boire du sang humain, d'accord ? C'est le genre de truc qui te fait tourner la tête et qui te rend incontrôlable quand tu en deviens dépendant.

— Donc du sang d'animaux, comme Stephan dans The Vampire Diaries ?

— Tu connais ce vieux truc ? Fis-je étonné.

— Oui, j'ai récupéré notre vieux lecteur DVD. Mais les DVD se font de plus en plus difficile à trouver, le marché du HVD a trop grimpé ces dix dernières années, et les vieux lecteurs ne les lisent plus.

— Eh dire que je me souviens de l'époque où nous avions encore la disquette, rit Mitchell.

— Une disquette ? C'est déjà un miracle pour moi de connaître les DVD ! »

Nous nous mîmes à rire mais le silence retomba rapidement en nous rendant compte que nous n'étions pas encore tiré d'affaire. Je confiai alors à ma fille de vraiment être prudente, de faire ce qu'on lui conseillerait de faire, et de ne jamais trop s'éloigner de nous.

Eh oui… Lorsque nous rentrâmes avec tout le monde sur Bristol, nous discutâmes qu'entre nous trois pour savoir où nos pas allaient nous mener désormais. Il était nécessaire pour notre sécurité et celles des autres que Jean parte avec nous, et cette idée ne semblait pas lui déplaire. Elle qui, depuis toute petite, rêvait de retrouver son père, de partir à l'aventure… Elle ne semblait pas si terrifiée non plus à l'idée d'être devenu un vampire, cette idée lui plaisait presque. Peut-être que Mitchell, avec les années, avaient réussi à lui apprendre qu'il n'y avait pas que des mauvais côtés ?

Mais lorsque nous dûmes partir de Bristol, nous ne dîmes à personne ce qui était arrivé à Jean. Trois vampires dans la famille faisait déjà beaucoup… Et ce n'est certainement pas mes frères qui auraient acceptés l'idée, pas après ma transformation il y a seize ans.

Mais une chose était sûre. Une nouvelle vie commençait pour nous trois. Herrick était mort, je n'étais plus Bragi, Jean n'était plus Idunn et était devenue elle aussi un vampire…

Nous nous étions installé dans une petite maison en Nouvelle-Zélande dans la même année. C'était notre idée depuis que Jean avait cinq ans. Et c'était vraiment la vie idéale… Même si Mitchell n'avait que vingt-quatre ans d'apparence, il se conduisait comme un véritable père et ami avec Jean, et cette stabilité familiale nous avait aidé tous les trois à lutter sur ce qui faisait de nous des monstres. Mais j'étais heureux, j'arrivais presque à oublier que nous en étions… Nous voulions nous fondre dans la masse, nous intégrer parmi les humains de la région… Et nous avions réussi… Nous vivions presque une vie normale…

Je ne pouvais pas rêver mieux… Me retrouver éternellement avec l'homme que j'aimais, avec ma fille… Comme quand je n'étais encore qu'un humain...enfin, plus ou moins.

Je me mis à sourire quand je vis Mitchell sauter sur Jean pour la faire couler dans l'eau du lac. L'eau était glacée mais ces fous avaient quand même voulu s'y jeter pour fêter la nouvelle année. J'avais été raisonnable, moi, j'avais préféré rester sur la berge en train de regarder le soleil disparaître sur la ligne d'horizon, pour commencer à laisser apparaître les lumières de la ville d'Auckland.

« Allez Andy ! Viens te baigner ! Cria Mitchell en me faisant signe.

— Espèce d'enfoiré ! Rétorqua Jean en sortant la tête de l'eau. Je vais te noyer !

— Essaie donc pour voir ! »

Jean se mit à courser Mitchell comme elle put dans l'eau, et ce ne fut qu'éclats de rires, éclaboussure et vengeance en boucle jusqu'à ce que le ciel soit noir.

« Regardez ! Fis-je en pointant le ciel. Ça commence ! »

Mitchell et Jean s'empressèrent de sortir de l'eau pour s'asseoir sur les serviettes et regarder le ciel. Je me calai dans les bras de Mitchell, et Jean vint se réfugier dans les miens. Les feux d'artifices commencèrent à illuminer et à colorer le ciel dans des bruits d'éclatements et de pétillements, pour fêter la nouvelle année.

« Bonne année à vous deux, fis-je resserrant mes bras autour de Jean et en me blottissant davantage dans les bras de mon amant.

— 2028...fit Mitchell les yeux rivés vers le ciel. Je devrais avoir presque cinquante-trois ans si je n'avais pas été un vampire…

— Sale vieux, fit Jean en riant.

— Et moi quarante-sept, dis-je en souriant.

— Bah moi presque vingt-deux ! Fit Jean en me pinçant gentiment.

— Nous repenserons à cette conversation dans cent ans, fit Mitchell en nous regardant à tour de rôle. Vivre avec vous deux pour toujours ne me gêne pas du tout, au contraire… J'ai vraiment l'impression d'avoir une vraie famille, et c'est important pour moi, qui suis orphelin et qui n'ai jamais pu avoir d'enfant à moi…

— On s'en fou, je suis ta fille quand même Mitchell, ajouta Jean. Tu es mon deuxième papa ! Nous sommes ensemble tous les trois et en Nouvelle-Zélande. Que vouloir de plus ? »

J'étais d'accord avec elle. Que vouloir de plus.. ? Je levai les yeux vers les lumières colorées qui jaillissaient dans le ciel et souhaitait qu'une seule chose : que cet instant dure une éternité.


Et voilà, c'était le dernier chapitre de cette fiction ! :)

Le fait que Herrick revenait dans l'histoire n'était pas pour repartir gentiment, surtout à l'avant et dernier chapitre de cette histoire. Eh oui, Jean, comme Anders et Mitchell désormais... C'est tragique et dramatique, mais j'appréciais tellement ce personnage que je me voyais mal la laisser grandir, vivre, vieillir et mourir alors que son père vivrait éternellement (déjà pour Anders, pour Mitchell et puis pour elle-même, Jean).

Sinon, il s'est passé pas mal de temps entre le début de cette fiction et la fin ! O.O J'avoue avoir eu cette expression quand j'ai calculé tout ça x) En 2028, sérieusement ? Alors je sais, j'ai fait allusion à la série "The Vampire Diaries" dans ce chapitre, car je trouvais que ça collait bien, et puis parce que c'était le moment de parler de l'avancée technologique dans les années 2020 (j'ai fait des recherches et tout pour trouver le HDV xD)

Bref, sinon, comme il l'était suggéré dans le chapitre 20, ils retournent bien vivre en Nouvelle-Zélande comme Jean le voulait... (à vrai dire, j'avais carrément zappé ce détail, j'y ai repensé au dernier moment xD)

Sur ce, je vous laisse me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre et de cette fiction en général :)
Je ne vous cache pas que je suis un peu triste de l'avoir terminée, car j'étais tout autant à fond dedans que vous xD

Mais voilà, si vus avez beaucoup aimé cette fiction, vous risqueriez d'apprécier mes autres histoires :)

A bientôt peut-être pour certains ! :)

byye ! ;)