Voici ma première histoire, donc soyez indulgents s'il vous plaît! Je serais ravie de partager ma passion avec d'autres tifanics, alors n'hésitez pas à me laisser des reviews pour me dire ce que vous pensez de mon histoire, avis positifs et négatifs!


Le petit pub du port était bondé. Et pour cause: le RMS Titanic, surnommé "Le paquebot de rêve", allait quitter les côtes de Southampton d'un instant à l'autre, transportant à son bord plus de 2000 passagers. Il devait s'arrêter à Cherbourg et Queenstown, pour finalement arriver en Amérique, à New-York.

Nous jouions une partie de poker. L'atmosphère était tendu: Olaf et Sven, contre Fabrizio et moi, avaient joué leur billet du Titanic de 3ème classe.

- Messieurs, fis-je, la vie de quelqu'un va changer.

Sven posa ses cartes sur la table. Il fit durer l'attente avant de les retourner.

- Oh, deux paires...Je suis désolé, Fabrizio…dis-je, l'air dépité.

- Mais, Jack! Tu as joué tout ce que nous avions! Qu'est-ce que…

- Je suis désolé, le coupais-je, mais tu ne vas pas revoir ta maman avant un petit moment. Parce que nous allons en Amérique, full les amis!

Je me levais, pris les billets, et en tendis un à Fabrizio. Il bondit, fou de joie:

- Wouuuhou! Nous partons en Amérique! cria-t-il avec son accent italien.

Olaf, l'air révulsé, fit mine de me donner un coup dans la figure, mais il assoma Sven, qui tomba lourdement par terre.

- Le Titanic part dans cinq minutes! nous avertit le barman.

Nous sortîmes du pub en trombe, hurlant à qui voulait l'entendre que nous partions en Amérique, que nous embarquions sur le Titanic!

Nous réussîmes à nous faufiler en courant entre tout les gens qui attendaient le départ du paquebot, hurlant notre joie aux oreilles de tout le monde.

Le petit pont d'embarquement était en train de se fermer. Nous arrivâmes à toute vitesse, et les hommes chargés de faire embarquer nous demandèrent:

- Êtes-vous passés par la vérification?

- Bien sûr! De toute façon, nous sommes américains! mentis-je en brandissant mon ticket sous leur nez.

A l'intérieur, la foule des passagers de troisième classe se bousculait, chacun cherchant sa cabine. Je n'arrangeais pas les choses, car, toujours pas remis de ma joie, je hurlais:

- On est les fils de pute les plus chanceux du monde!

Après une succession de couloirs, et toujours autant de monde, nous finîmes par trouver le numéro de notre cabine. Elle était déjà occupée par deux hommes. Je leur serrai la main:

- Enchanté! Je suis Jack Dawson! Eh, qui t'a dit que tu prenais la couchette du haut? lançais-je à Fabrizio d'un ton enjoué.

-Where's Sven? demanda un des deux hommes, l'air surpris.

Nous posâmes en vitesse le peu d'affaires que nous avions, puis nous filâmes sur le pont, pressés de sentir l'air marin emplir nous poumons.

Il n'y avait personne à la proue. Le ciel était d'un bleu parfaitement clair. Je me penchais un peu pour admirer les flots, quand je vis des dauphins qui sautaient gaiement.

- Regarde! lançais-je à Fabrizio. Wouwouwouuu!

- Je vois déjà la statue de la Liberté! En tout petit, bien sûr! plaisanta mon ami.

Je m'accrochais aux cordes et montais un petit peu. J'écartais les bras, et là...je n'avais encore jamais ressenti une telle sensation. Tout cet air frais qui rentrait d'un coup dans mes poumons habitués à la pollution de la ville, cette impression de dominer l'univers!

- Je suis le maître du monde! hurlais-je, euphorique.

Il n'était que deux heures de l'après-midi, c'était le premier jour de croisière, j'avais encore une semaine pour en profiter. J'étais heureux.

Nous passâmes le reste de la journée à nous réjouir de notre sort, nous nous vantions d'être les plus chanceux du monde. La nuit dans les couchettes fut un peu mouvementée à cause du bringueballement du paquebot, mais j'avais connu pire. Comparé aux nuits que j'avais passées à dormir sous des ponts ou en plein vent, j'étais heureux de dormir dans un vrai lit avec de vrais draps.

Le lendemain, le temps était toujours aussi magnifique, le bateau fendait l'écume à toute vitesse.

Je dessinais une petite fille qui regardait la mer avec son père, quand j'entendis Fabrizio dire:

- Il est beau, ce bateau, hein?

- Ouais, c'est un bateau irlandais, lui répondit une voix que je ne connaissais pas. Je me retournais: un grand costaud bouclé parlait avec mon ami. Il était en train de lui expliquer que le Titanic avait été construit par 15000 Irlandais. Il venait manifestement d'Irlande, et était fier de son pays.

Non loin de là, un majordome passa, tenant à la main des laisses, au bout desquelles étaient attachés des chiens très élégants avec de longs poils soyeux. Sans doute le portrait craché de leurs maîtres: il n'était pas difficile de deviner qu'il s'agissait des chiens de première classe, que l'on descendait pour faire leur balade matinale.

-Ah, ça c'est typique! On descend les chiens de première classe pour qu'ils chient ici, déclara-t-il.

Je me tournais vers lui:

- Pour qu'on sache quel rang on occupe dans l'ordre des choses? demandais-je en souriant.

- T'as peur d'oublier? me répondit-il en souriant également. Je m'appelle Tommy Ryan, dit-il en me tendant une main.

- Jack Dawson, répondis-je, enthousiasmé de voir qu'il semblait y avoir des personnes sympathiques à bord de ce navire.

Fabrizio se présenta à son tour, et Tommy s'enquit:

- Tu te fais du fric avec tes dessins?

Je m'apprêtais à lui répondre quand, je ne sais pour quelle raison obscure, je tournais la tête vers le pont supérieur. Une jeune fille s'y tenait, les mains délicatement posées sur la barrière. Elle avait des cheveux auburn élégamment relevés en un chignon qui laissait échapper quelques mêches bouclées. Elle portait une robe vert de jade, couverte d'une fine couche de dentelle. Elle regardait droit devant elle, fièrement, l'air sûre d'elle. Je ne parvenais pas à détacher mon regard de cette créature semblable à un ange, quand Tommy m'interrompit dans ma rêverie:

- Oublie-la, boyo, t'as plus de chances de voir des anges te sortir du trou de balle que de fréquenter une fille comme ça.

Il avait raison. Je n'avais aucune chance. Mais je continuais de l'observer quand même, juste pour le plaisir des yeux, quand un homme en costume, les cheveux d'un noir de jais et l'air peu sympathique, arriva derrière elle et tenta de prendre sa main. Mais elle la lui retira et partit, me laissant rêver.

Le reste de la matinée, je pensais encore à elle, mais le repas de midi fut tellement amusant avec Tommy et ses compagnons qui faisaient des pitreries à faire rire un mort, qu'elle me sortit vite de l'esprit, et je n'y pensais plus jusqu'à la fin de la soirée.

Avant de m'endormir, je passais en revue dans ma tête tous les moments agréables de cette journée, quand la magnifique demoiselle du pont s'installa dans mes pensées. Mais je me dis que ce n'était pas possible, que Tommy avait raison, que cette fille n'était pas pour moi. Nous n'étions pas du même monde. Je m'endormis et fis quelques rêves bizarres, peuplés d'angelots, de jolies filles bouclées et de dauphins qui me sautaient à la figure.