Luxure et Prudence

Voici un nouveau récit, il sera composé de quatre parties. J'espère que vous aimerez...


Couple : Edward et Bella
Rating : M
PDV : Alterné Edward et Bella

CHICAGO, 1930


PREMIÈRE PARTIE


PDV Edward

La journée avait mal commencé, une cargaison m'avait encore été volée par ce crétin de James. Il se croyait malin et voulait me faire ce que j'avais fait moi-même cinq ans plus tôt.

« Emmett, il faut le faire taire et ce définitivement. » décidai-je.

« Je m'en occupe, boss. »

Il quitta mon bureau et par la porte ouverte, j'entendis les jacassements au rez-de-chaussée. Ma femme avait encore réuni ses amies, des grues stupides selon moi, pour jouer aux cartes.

Je sortis ma flasque de whisky et en bus une longue gorgée. Je détestais devoir prétendre mais c'était nécessaire. Je ne pouvais pas évoluer autrement que sous couvert d'une vie lisse et sans histoires. Ma vie était un tissu de mensonges qui me protégeaient, je ne m'impliquais réellement avec personne. C'était une des choses qu'Aro Volturi m'avait appris, ne faire confiance à personne, pas même à sa femme. Ce fut d'ailleurs grâce à sa propre femme que j'avais liquidé ce fumier et ses deux associés.

Je descendis les escaliers en espérant ne pas attirer l'attention de ces dames, en vain. Ma femme et ses compagnes étaient sur le seuil du salon, Angela Yorkie, Lauren Crowley et une autre que je ne connaissais pas.

« Oh ! Te voici Edward. » s'exclama niaisement Jessica.

« Bon après-midi mesdames. »

« Ne pars pas encore, tu dois absolument faire la connaissance d'Isabella ! »

Jessica me désigna l'inconnue, une jeune femme mince, les cheveux châtain avec de grands yeux chocolat. J'eus un mouvement de recul pour mieux la détailler, cette souris était bien appétissante... dommage.

« Isabella Newton, voici mon mari, Edward Masen. »

« Enchantée, M. Masen. » me dit-elle en baissant son regard.

Ses joues se colorèrent légèrement, elle représentait l'image parfaite de la femme enfant.

« Mme Newton. » répondis-je sobrement.

« Le mari d'Isabella est dans l'importation. Il peut nous avoir des collants de soie en provenance d'Italie ! » pépia ma femme.

« Eh bien, voilà de quoi te ravir, n'est-ce pas ? »

« Oui ! Tu penses que nous pourrons... »

« Nous en parlerons plus tard Jessica. Je suis attendu. »

Je les saluai et me pressai de sortir de chez moi. En route vers mes rendez-vous, je repensai à Isabella, sa candeur me donnait envie de la faire rougir en lui susurrant des mots crus. Elle avait tout d'une provinciale, jamais Jess ne se serait intéressée à elle si son mari ne vendait pas des collants.

En arrivant à l'entrepôt, je retrouvai Garrett et Alistair.

« Bonjour boss. »

« On en est où ? » aboyai-je.

« Veut pas parler. »

« Saleté de flic ! Allons-y. »

Je dégainai mon flingue et entrai à la suite des mes hommes. Le sergent Johnson était solidement ficelé sur une chaise, ses pieds baignaient dans une bassine d'eau et Garrett avait installé des cables électriques juste à côté. C'était notre technique d'interrogatoire.

« Alors Johnson, tu n'es pas assez grassement payé ? » ricanai-je.

Il balbutia désolé une dizaine de fois. Il faisait partie de nos taupes chez les flics, il me coutait cher cet enfoiré et il avait aidé James dans son vol... Ces flics ! Ils avaient toujours les yeux plus gros que le ventre.

« Tu sais ce qu'ils vont dire de toi ? »

« Qui ? »

« Les flics, quand ils vont retrouver ton corps carbonisé dans une décharge, d'ici deux ou trois semaines. »

« Pitié... Pitié... M Masen ! »

« Ne salis pas mon nom en le prononçant ! » m'exclamai-je avant de lui donner un coup de poing.

Son visage était déjà tuméfié et une de ses arcades sourcilières avait explosé.

« Dis-moi où est le stock ! »

« Je sais pas... »

« Tu crois que tu vas supporter combien de temps la torture ? »

« Je jure, je ne sais pas ! » pleurnicha-t-il.

J'étais bon pour décrypter les gens et cette enflure mentait.

« Alors on va faire un marché. Tu me dis ce que je veux et je t'achève d'une balle entre les deux yeux, c'est rapide et sans douleur à ce qu'il paraît. »

« Pitié... »

« Ou alors on va continuer les coups puis on s'amusera à t'électrocuter un peu pour que tu perdes la boule et ensuite, on te grillera comme un porc ! »

« NON ! »

Garrett abattit une barre de fer dans son tibia droit, l'os se brisa et du sang gicla. Je me reculai pour éviter d'avoir mes chaussures tâchées.

« Alors ? »

« Je devais le livrer ce soir ! avoua-t-il enfin. Personne ne sait... pitié. »

Je fis signe à Garrett qui me suivit à l'extérieur.

« Envoie le gamin pour vérifier. Tu me rapatries tout ça immédiatement. »

« Et s'il n'y a rien ? »

« Tu demandes gentiment à veuve Johnson si tu peux attendre. James se pointera discrètement. »

« Ok. »

Le chauffeur m'ouvrit la porte et je lui indiquai une autre adresse. Cette poupée aux yeux chocolat m'avait vraiment émoustillé, j'avais besoin de palper des seins et vite.

Rosalie Hale tenait le bordel le plus chic de l'État, c'était une vraie garce et elle avait un caractère trop outrancier à mon goût pour avoir envie de la tronquer.

« Laquelle ? » me lança-t-elle pour tout accueil.

« Vikki. »

« Ah ! T'es pas au courant ? » s'amusa-t-elle.

« Éclaire-moi. »

« Elle s'est tirée avec James. »

Je serrai les poings et jurai.

« Samantha est là ? »

« Oui, tu connais le chemin. »

Une demi-heure plus tard, je ressortis de la chambre sans me sentir vraiment rassasié. Ça ne m'était jamais arrivé, sans doute étais-je trop accaparé par ces deux connards qui m'avaient doublé.

« Rosalie, appelle Emmett pour qu'il vienne fouiller la chambre de Vikki. »

« T'es pas chez toi ! » gronda-t-elle.

« Tu sais que j'en ai le pouvoir. »

« Et tu sais que c'est pas dans ton intérêt. »

« Appelle-le. » ordonnai-je.

J'attendis et elle obéit, cette tigresse m'avait évité la prison huit ans plus tôt et depuis, on avait un arrangement, une sorte de pacte de non-agression. Elle restait indépendante et gardait mon secret, en échange, je la protégeais.

« Il arrive. » m'annonça-t-elle toujours irritée.

« Oh... tu sais bien qu'il en pince pour toi, taille-lui le cornet et il ne cassera rien. » me moquai-je.

_oOo_

Une semaine plus tard, James et la pute rousse étaient toujours introuvables mais au moins j'avais remis la main sur ma cargaison. Emmett partit avec une dizaine d'hommes au Canada les débusquer, ils revinrent bredouilles. Ces deux-là étaient plus malins que je ne l'aurais cru.

_oOo_

Le lundi soir suivant, Jessica avait invité ses parents ainsi que les Newton pour le souper, voilà qui promettait d'être intéressant. Elle m'avait fait préparer mon smoking et je l'entendais aboyer sur les bonnes pour que tout soit impeccable.

Mes beaux-parents n'avaient pas voulu de moi au départ, il m'avait fallu peu de temps pour découvrir un vilain secret de mon beau-père et depuis il me mangeait dans la main, il me craignait aussi. Sa femme, elle, venait d'une famille richissime, elle avait gardé ses standards d'héritière. Elle me détestait car je n'étais pas assez riche et arrogant. Je ne descendais pas d'une famille d'aristocrates ou d'industriels. Mon père était avocat, nous avions vécu confortablement, ma mère m'avait elle-même instruit. Jessica lui confiait peut-être aussi que je ne la touchais qu'une fois par an.

Réfugié dans mon bureau, j'ouvris un tiroir à clé et contemplais longuement la photo où je posais avec mes parents. Ils avaient succombé à la grippe espagnole en 1918, me laissant orphelin et moi-même très malade. À ma sortie d'hôpital, j'étais seul et sans un sou. L'associé de mon père s'était empressé de rafler les titres et l'argent sur le compte, il avait vendu la maison et tous les bijoux de ma mère. J'avais failli bien tourner, le médecin qui s'était occupé de moi venait de démissionner, il m'avait proposé un peu d'argent et mis à ma disposition son appartement dans le centre de la ville. J'étais trop naïf et en colère, je voulais récupérer ce qui me revenait.

L'associé m'avait traité comme un gamin, le soir-même, je l'avais cambriolé. Il m'avait surpris et conduit aussitôt sur les docks. Le reste avait déterminé qui j'étais aujourd'hui. Cette nuit-là, j'étais entré au service des Volturi, la mafia italienne de Chicago. Aro vit du potentiel en moi, j'avais la rage et j'étais orphelin, il m'avait façonné pour faire de moi un homme à son image. Il m'avait sous-estimé... Après sept ans de meurtres, braquages, tabassages, j'avais décidé de m'affranchir. Évidemment, les trois Volturis ne m'auraient pas souhaité bon vent. J'avais du séduire la femme d'Aro, ça m'avait pris une semaine. Cette salope avait cru que j'étais prêt à tout pour elle, moi je voulais l'empire des Italiens et je l'avais eu. Tous étaient partis en croisière au fond du lac... bon débarras.

Bien sur, je n'étais pas le seul à Chicago, il y avait d'autres Italiens, des Irlandais aussi. J'avais de l'ambition, je n'allais pas rester toute ma vie dans l'Illinois, je voulais pousser jusqu'en Californie et aller voir les chercheurs d'or. Là-bas, les pauvres affluaient, la journée ils triaient des tonnes de cailloux et le soir ils se saoulaient et jouaient au poker, bref l'avenir était sous le soleil, pas ici.

« Chéri ? »

Jess frappa à ma porte mais se garda bien d'entrer, elle savait par expérience que personne, pas même elle, n'avait le droit de pénétrer dans mon bureau.

« J'arrive. » répondis-je en fermant le tiroir.

Dans le salon, mes beaux-parents discutaient avec Isabella et son mari. Pour l'occasion, elle portait la robe bleue nuit que j'avais offert à ma femme peu après notre rencontre. Jessica, cette pimbêche, l'avait détestée. pour la séduire, je n'avais pas pu compter que sur ma belle gueule, j'avais du allonger la monnaie pour elle. Son père avait été ma cible, c'était un heureux hasard qu'il ait eu alors une fille en âge de se marier. Mon beau-père était sénateur et il était depuis ma couverture sans s'en rendre compte. Je savais que la police m'avait à l'oeil depuis des années mais ma réputation était irréprochable grâce à la famille Stanley.

« Bonsoir à tous. »

Je baisai la main de ma belle-mère puis celle d'Isabella. Elle trembla sous mes lèvres, quand je me relevai, je la dévisageai avec arrogance. Cette poupée était décidément bien innocente et désirable. J'en avais défloré des moins jolies et des plus naïves... quel dommage. J'avais aussi appris cela des Volturis, ne jamais se laisser tourner la tête par une paire de seins ou de jambes, je ne baisais que des putes.

Mike Newton était nerveux, il suait à grosses gouttes quand je l'interrogeais, je devinais facilement qu'il se droguait, sans doute à l'opium. Isabella vint à son secours à de nombreuses reprises.

« Messieurs, voulez-vous m'accompagner au salon pour fumer ? » proposai-je à la fin du repas.

Jess gloussa et se tourna vers les deux autres femmes.

« Les hommes et leurs cigares. Venez, nous allons prendre le thé à l'étage. »

Elle entraina sa mère et Bella en chuchotant les derniers potins. Mike se révéla particulièrement ennuyeux, il crut capter notre attention en parlant de son business, en fait nous nous ennuyions ferme. Quand je me retrouvai seul avec mon beau-père, nous parlions politique et alcool... Mais puisque Mike était là, pas question de nous révéler, la prohibition était plus appliquée que jamais.

« Dites-nous où vous avez trouvé cette perle ? » demanda ensuite mon beau-père.

Je souris, peu étonné par sa curiosité. Grâce à moi, Rosalie lui avait accordé une ardoise dans son bordel.

« Nous nous sommes mariés il y a un mois tout juste. Isabella est arrivée à Chicago il y a un an avec sa mère, cette dernière s'est mariée avec mon oncle. »

« Où se trouve sa mère ? » demandai-je.

« En Europe pour quelques semaines encore, mon oncle vient d'Écosse. »

« Et le père d'Isabella ? »

« Une triste histoire, il était shérif dans une petite ville près de Seattle, il s'est fait tué il y a deux ans par des contrebandiers je crois. »

« Triste histoire. » renchérit mon beau-père, soudain mal à l'aise.

« Messieurs, la journée a été longue. » déclarai-je en me levant.

Les jours suivants, je guettai les allées et venues chez moi, je voulais revoir Isabella mais pas son crétin de mari. Je perdis du temps à écouter ses mots, à traquer son odeur fleurie, à l'épier derrière les tentures du salon.

Un après-midi pluvieux, Jessica se désola de sa garde-robe auprès d'Isabella et je savais où elle voulait en venir. J'étais posté dans l'entrée, je me saisis du sac de ma femme et allai le cacher dans le jardin d'hiver. J'entrai ensuite dans le salon et Jess se précipita vers moi.

« Edward, chéri, j'allais te faire demander. Peux-tu mettre à notre disposition la voiture aujourd'hui ? »

Comme si elle avait le pouvoir de me faire demander, quelle sotte.

« J'en ai besoin, je sors justement. »

« Alors dépose-nous, s'il te plait. »

« Bien sûr. »

Elle pressa Isabella de se préparer et se mit à chercher son sac, elle s'énerva en le trouvant pas. Comme espéré, elle me laissa seul avec Isabella pour aller houspiller les bonnes.

« Où allez-vous ? » m'enquis-je.

« Je l'ignore, votre femme a accepté de m'aider à m'habiller un peu plus à la mode. »

« Pourquoi ? »ne pus m'empêcher de lui demander.

« Je n'en sais rien. » rit doucement Isabella.

« Je vous trouve très bien ainsi. La robe bleue de l'autre soir était peut-être démodée mais vous étiez sublime. »

« J'espère que vous ne m'en voulez pas. Jessica a dit que vous lui aviez offerte il y a quelques années. »

« Elle vous va mieux qu'à elle, très chère. » lui garantis-je.

Isabella rougit et je serrai les poings pour ne pas la plaquer contre le mur et l'embrasser. Pendant le trajet en voiture, Jessica entre Isabelle et moi, j'écoutai les jérémiades de ma femme. Évidemment elle me supplia de lui donner encore quelques liasses de billet.

« Quel budget avez-vous ? » demandai-je à Isabella.

« Je n'avais pas prévu de sortir... »

« Vous êtes une amie sincère, j'en suis sûr, voilà pour vous. »

Je lui tendis plusieurs gros billets mais elle ne les prit pas. Étrange.

« Vous allez devoir supporter des heures de shopping, vous gâcherez votre journée si vous ne participez pas. Prenez et amusez-vous. »

Je lui posai les billets sur ses jambes puis toquai à la vitre. Le chauffeur s'arrêta et descendit de voiture pour m'ouvrir la portière.

« Ne les quitte pas, je veux tout savoir à ton retour. »

« Bien, boss. »

Je saluai Isabella et Jessica puis entrai dans le premier restaurant que je vis.

_oOo_

Quelques jours plus tard, j'appris que Mike était en voyages d'affaires.

« Croyez-vous que cela est acceptable ? Ils sont jeunes mariés et il la laisse seule ! » se confia Jess à ses parents lors du déjeuner dominical.

« Pour ses affaires. » relevai-je.

« Pauvre enfant, elle doit se sentir bien seule. » murmura mon beau-père.

« Invite-la à rester ici, Jessica. »

« Je ne suis pas sûre, mère. Elle est assez ennuyeuse. Je devrais plutôt le suggérer à Angela. »

Je me tendis, exaspéré par ma femme mais tout de même soulagé de ne pas avoir sous mon toit la tentatrice.

Isabella alla donc chez les Yorkie. Je savais qu'Angela passait toutes ses matinées au Temple pour les bonnes œuvres de son père, pasteur. Il y avait des chances pour que j'y débusque Isabella seule...

_oOo_

« Jessica, je peux savoir pourquoi tes cheveux ressemblent à un nid de corneille ? » lui dis-je un matin au petit-déjeuner.

« Je... »

« Va chez le coiffeur ce matin-même ! Je voulais t'emmener déjeuner mais tu ressembles à un épouvantail. »

Elle se leva et pleurnicha en montant dans sa chambre.

Je partis en rigolant et allai directement chez les Yorkie. Leur gouvernante me lança un mauvais regard quand je demandais à voir Mme Newton. Elle finit par me conduire dans un salon, Isabella y lisait.

« Bonjour Isabella. »

« M. Masen ? »

Elle se releva en rougissant puis tenta de lisser sa robe.

« Je venais aux nouvelles de la santé de votre mari. » mentis-je avec talent.

« Mon mari ? Mais il n'est pas souffrant ! »

« Ah... j'ai du mal comprendre, je le croyais à l'hôpital. »

« Dieu l'en préserve. Il est en voyage à Détroit. »

Et voilà qu'elle invoquait dieu! Si je cédais, si je la séduisais, j'allais lui faire absoudre toute religion, elle ne vénérerait que moi.

« Et il vous a laissée seule ? » m'étonnai-je.

« Il n'avait pas le choix. »

« Pourquoi n'êtes-vous pas venue chez nous ? »

« Angela m'a proposé... »

« Mais elle n'est pas là, tandis que Jessica s'ennuie seule à la maison. »

Au même instant, deux petites filles furent irruption et tirèrent sur la robe de la jeune femme.

« Viens jouer Bella ! »

« Dans un moment, nous avons un visiteur. » les réprimanda-t-elle gentiment.

« Vous êtes la nounou en plus ! C'est inacceptable ! » dis-je faussement outré.

« Pas du tout, cela me fait plaisir. »

« Bella ! » piailla la plus petite.

Je posai ma main sur l'épaule d'Isabella et la tournai face à moi.

« Promettez-moi que vous viendrez chez nous à la prochaine absence de votre époux. »

« C'est entendu. » souffla-t-elle, troublée par ce contact.

Elle se mordit la lèvre puis me tendit la main pour me signifier que ma présence n'était plus requise.

Cette femme me troublait beaucoup trop pour mon propre bien. Cette mijaurée battait des cils et je bandais... Je n'aurais pas du aller la voir, je n'aurais pas du penser à elle. Je m'en fichais qu'elle fut mariée, elle était simplement trop désirable et je refusais que quelqu'un puisse avoir un tel pouvoir sur moi.

Je me mis à l'éviter au maximum, sortais dès que les amies de Jess arrivaient, annulais ma présence à deux dîners. Au bout de deux semaines, j'avais l'impression d'avoir rêvé cette femme. Je ne ressentais plus le besoin de la voir, je ne voulais plus découvrir sa chair, je ne désirais plus son corps. Et deux semaines plus tard, en fin d'après-midi, je la croisai dans la rue. Elle était seule et admirait des bijoux dans une vitrine. Elle était belle, même avec son nez rosi par le froid, même enfouie sous un manteau trop grand, même décoiffée.

« Mme Newton, comment vous portez-vous ? »

« Bonjour M. Masen. Bien et vous même ? »

« Bien. »

« Faites-vous quelques achats ? »

« J'aimerais bien ! » rit-elle.

« Où se trouve votre époux ? »

Elle me désigna l'échoppe attenante, un armurier. Je vis Mike de dos, il était penché sur ce que lui montrait le vendeur.

« Il en a pour longtemps ? »

« J'espère qu'il a bientôt fini, je suis là depuis une demi-heure, je connais cette vitrine par cœur. »

Elle leva les yeux au ciel puis fut prise de frissons.

« Voulez-vous que je vous raccompagne ? Votre mari sera sans doute plus à l'aise pour marchander. »

Je ne lui laissai pas la possibilité de répondre et entrai chez l'armurier. Mike se tourna vers moi et parut inquiet.

« Votre femme attend Mike. »

Il fronça les sourcils, sans doute vexé par mon reproche.

« Oui, je le sais. »

« Je la raccompagne chez vous. »

Je tournai les talons, ignorant son objection.

« Allons-y. » dis-je à Isabella en lui désignant ma voiture.

« Je ne veux pas vous déranger. »

« Où habitez-vous ? »

« Votre chauffeur s'en souvient peut-être. »

Celui-ci hocha la tête et prit place au volant, je savais aussi où elle vivait.

« Oh ! J'ai oublié que je devais passer chez le tailleur Graam. » me dit Isabella à peine installée dans la voiture.

« Allons-y. » décidai-je.

Isabella me remercia et indiqua l'adresse au chauffeur. Je regrettais vite ma décision. Elle essaya les trois robes qu'elle avait commandées. Toutes étaient à la mode, près du corps et décolletées.

« Votre femme voulait ce tissu. » me dit-elle en sortant de la cabine avec la dernière robe sur elle, une robe rouge sang tout en transparence au niveau des épaules et du haut de la poitrine.

« Elle le trouvait trop voyant alors je l'ai pris pour moi. »

« Cette robe est splendide sur vous Isabella. » lâchai-je malgré moi.

« Merci. Vous êtes certain que je ne vous retiens pas ? »

« Du tout. Qu'aviez-vous prévu pour votre soirée ? » m'enquis-je.

« Je devais aller au cinéma. Mike doit assister à une réunion ce soir. »

Elle tourna sur elle-même et scruta chaque détail de sa tenue.

« Puis-je vous inviter à dîner ? »

Elle stoppa son manège et me dévisagea une seconde avant de rougir. Elle était vraiment trop innocente pour son bien et j'avais trop envie de la salir.

« Où ? »

« Je connais un endroit charmant. »

Le court trajet fut pesant, Isabella avait perdu de sa légèreté et je serrai les poings pour ne pas la ravager sur la banquette arrière. Se doutait-elle de mes intentions ? Je n'avais encore rien décidé, ce que je voulais faire d'elle n'arriverait pas sans quelques règles, et ces règles je devais me les imposer à moi-même. Hors de questions que je reste pendu à ses lèvres dès qu'elle ouvrirait la bouche, que je regarde son corps en imaginant sa poitrine, ses fesses, son sexe, hors de question que je veuille plus que me perdre en elle. Elle ne devait pas avoir ce pouvoir sur moi. Les efforts fournis de ces deux dernières semaines n'étaient que du vent, j'avais perdu du temps, je m'étais menti.

« C'est... très intime. » constata Isabella après que l'entrée nous fut servie.

« En effet, on y mange très mal mais au moins nous ne sommes pas dérangés. »

Elle se mordit la lèvre et ma queue se réveilla pour la énième fois depuis que j'avais aperçu Isabella dans la rue.

« Ne m'en veuillez pas, j'avais peur de compromettre votre réputation en vous invitant dans un endroit à la mode. »

« Merci de votre sollicitude. » répondit-elle sèchement.

S'attendait-elle vraiment à un endroit sophistiqué ? Ce restaurant m'appartenait, je n'avais pas exagéré pour la qualité de la nourriture, mais pour moi, le chef faisait attention et si Isabella avait été d'abord septique, son humeur s'arrangea en goutant le plat et le dessert.

« Sa réputation n'est pas méritée. » me dit-elle quand elle eut fini son café.

« Vous avez rendu ce repas parfait, ma chère. »

Encore une fois, elle s'empourpra.

« Je vous ai privé de votre séance de cinéma. J'en suis navré. »

« Il y aurait bien vite une autre occasion pour moi de passer le temps ainsi. Ne vous inquiétez pas. » me dit-elle.

Je la raccompagnai chez elle, elle ne descendit pas tout de suite de voiture quand bien même le chauffeur lui tenait la portière ouverte.

« M. Masen ... » commença-t-elle.

« Edward. »

« Edward... merci de m'avoir tenu compagnie. Je m'en veux tout de même de vous avoir retenu si longtemps. »

« Vous êtes de bonne compagnie vous-même, Isabella. »

« Bonne nuit, Edward. »

Son regard m'invitait à plus et je fus pris de court. Je l'avais donc émoustillée, sous ses dehors de petite fille, une femme voulait être regardée... sauf que je n'allais pas me contenter d'un coup rapide à l'affut du retour de son mari.

« Bonne nuit, Isabella. »

Elle masqua bien vite sa déception et rentra chez elle.

_oOo_

Moins d'une semaine plus tard, je cédai à mon désir de m'approprier Isabella, j'ordonnai à Emmett de la surveiller. Il fallait que je sois sûr d'elle car elle m'avait obsédé jour et nuit et j'avais bien l'intention de la baiser pour m'en libérer.

Emmett me tendit son rapport deux jours plus tard, confirmant ce que je savais déjà d'elle.

« C'est tout ? » m'étonnai-je.

« Patron, elle n'a pas une vie remplie. »

« Épargne-moi ton jugement. »

« Il n'y a rien d'autre à savoir. » insista Emmett.

« A-t-elle des projets pour demain soir ? »

« Son mari part pour Miami cet après-midi. Deux semaines d'absence prévues. »

Je souris, en érection et impatient. Isabella allait avoir ce qu'elle voulait et plus important, moi aussi.

Elle vint passer la matinée suivante chez moi, jouant aux cartes et perdant. Je les entendais toutes rire des derniers potins et des déboires d'Angela à faire chanter des enfants de choeur. Jessica leur confia qu'elle préparait en secret une fête pour mon anniversaire, fête dont j'étais déjà au courant et à laquelle je ne pouvais hélas pas échapper.

Peu après le déjeuner, Isabella déclina l'offre de ma femme pour aller faire des achats.

« Qu'avez-vous donc de prévu ? » railla Jess.

« Une séance de cinéma. »

« Ma pauvre, vous y perdez votre temps et votre argent. »

« Ce sont ces parties qui me font perdre mon argent. » rit la jeune femme.

« Finissons cette partie, je vous accompagnerai Jessica. » conclut Angela.

J'ouvris la fenêtre de mon bureau et fis signe au chauffeur. Je saluai ces dames et partis, ma femme râla à l'idée de devoir se rendre en taxi jusqu'au centre ville. Ça n'était pas une mauvaise idée de lui attribuer une voiture et un chauffeur finalement.

« A la villa Novella, vite. »

Le chauffeur m'obéit, une fois arrivé, je le renvoyai.

« Retourne te garer au bout de ma rue et attends-y Mme Newton. Amène la moi. »

J'entrai en courant dans le petit hôtel dont je venais de faire l'acquisition. Je fis signe à une femme de chambre de me rejoindre, elle était sexy avec son uniforme trop moulant... mais elle ne me fit aucun effet.

« Emmène-moi à ma chambre, j'espère qu'elle est impeccable. »

« Nous avons suivi vos ordres. »

La chambre était sans doute ravissante, je m'en fichais du décor mais il y avait une salle d'eau attenante et une grande baie vitrée donnant sur les jardins. Le lit retint toute mon attention, il était très grand en fer forgé. Dans une des tables de chevet, j'y trouvais des menottes et une arme.

Je me postai dans un recoin de la chambre et attendis, trop longtemps à mon goût. Isabella fut conduite par un valet, elle entra lentement dans la chambre et admira le décor sans me voir. À quoi pouvait-elle penser? Je me levai de mon fauteuil et me révélai à elle.

« Je n'ai pas beaucoup de temps. » annonçai-je.

Elle évita mon regard ce qui m'agaça et me plut à la fois.

« Je ne sais pas... »

« Quoi ma chère ? »

Je sortis une cigarette de mon étui puis le lui tendis. Elle déglutit et fit un pas vers moi, tel l'agneau vers l'autel du sacrifice. Et quel sacrifice... je bandais depuis que j'étais arrivé, cette femme allait recevoir une sacrée leçon de baise. Elle prit la cigarette que j'avais portée à la bouche et la jeta à terre, son regard chocolat me défiait.

« Je ne devrais pas être ici... »

« Ne vous souciez pas de votre mari, n'y pensez pas. »

Mes mains glissèrent sur ses hanches. Elle baissa la tête, rougit, le manège habituel.

« Vous voulez être ici, avec moi, n'est-ce pas ? »

« Oui. » souffla-t-elle en croisant ses bras sur sa poitrine.

« Déshabille-toi. »

Elle me regarda désemparée telle une petite poupée coincée dans le carcan des convenances.

« Ne me fais pas attendre ! » pestai-je.

J'en avais assez de ses airs de sainte-nitouche, je n'avais plus la patience de la désirer, je devais la posséder et vite. Elle avait sursauté, ses mains tremblantes défirent son col puis passèrent sous son jupon pour le défaire.

« Dépêche-toi ! »

Elle se mit à couiner tout bas, pouvait-elle me torturer encore plus ? Je la saisis par le bras et la poussa jusqu'au lit. Je lui arrachai ses bottines et elle poussa un petit cri de douleur. J'agrippai ensuite ses bas et son pantalon de coton puis sa jupe qui se déchira aussi en plusieurs endroits, je m'en fichais royalement. Elle aurait du déjà être nue sous moi, elle me faisait languir, encore et encore tant elle était maladroite et hésitante. Son corsage me donna un peu plus de mal, j'en vins à bout au bout de trop longues minutes.

Je saisis ensuite ses poignets fins et les bloquai dans une de mes mains tandis que de l'autre, je dégageai mon sexe durci. Je plaquai après ma main libre sur son sexe, elle ne mouillait pas, tant pis pour elle. Je m'enfonçai en elle brusquement, je n'avais rien connu de tel, c'était si bon, si excitant. Je n'avais pas affaire à une petite pute, ni à ma femme, mais à Isabella. Elle que j'avais désiré depuis notre première rencontre. Elle qui avait hanté mes rêves et qui m'avait fait me branler comme un gamin. Elle qui m'avait résisté et qui avait fini par céder. Aucune femme ne m'avait encore résisté, aucune ne s'était jamais rendue, elles s'étaient toutes offertes.

Je la pris de longues minutes, ignorant sa raideur et ses yeux fermés. Quand je me penchai pour l'embrasser, quelques larmes coulèrent sur sa joue, m'enrageant encore plus. Chaque pénétration manquait de me faire jouir dans cet antre chaud et serré, je voulais encore être en elle. J'avais été stupide de croire que la sauter une fois me guérirait de cette attraction. Je la voulais à moi, je voulais la soustraire à son mari et l'enfermer dans cette chambre.

« Isabella... Tu … vas... m'obéir... tu... es... à... moi ! »

« Edward... » geignit-elle.

« Tu es ma... chose... tu es à moi ! »

« Oui ! » râla-t-elle.

Je sentis son vagin se contracter autour de moi, elle aimait ça, ça ne m'étonnait pas... Je m'enhardis encore, la martelant, elle allait jouir et je décidai de le lui refuser. Je me retirai au dernier moment et éjaculai sur son ventre plat et blanc. Elle grogna de frustration et ouvrit les yeux, comme si elle était ivre son regard était flou. Je lui saisis le menton entre mon pouce et mon index et la força à me regarder.

« Tu as compris Isabella ? »

« Je ne peux pas... »

« Garde-le ton mari, je parie qu'il ne te fait pas autant d'effet que moi. »

Je ponctuai mes paroles en lui enfonçant deux doigts dans son sexe.

« N'oublie pas que tu m'appartiens désormais. »

« Edward... »

« Tu aimes ça ? » lui dis-je brutalement.

« Oui... »

« Petite puritaine... tu la veux en toi ? »

« Oui ! »

« Tu vas apprendre ma belle, tu vas apprendre à me satisfaire. »

Elle gémit de plus belle tandis que je continuais mes allers-retours en elle avec mes doigts en les courbant. Je bandais à nouveau, je n'en pouvais plus de la voir se tortiller. Ses seins appelaient ma bouche alors je les ravageais, les mordais, les suçais. Mon désir ne pouvait pas je me redressai et portai mon sexe jusqu'à sa bouche.

« Prends-la. » commandai-je.

Sa petite main se ferma doucement sur ma queue et elle osa quelques mouvements.

« Tu la veux là ! »

Je glissai un doigt encore luisant de son jus entre ses lèvres. Elle déglutit et hésita, elle m'énervait avec sa retenue. Je me pressai contre sa bouche, elle l'ouvrit et m'aspira. Elle ne savait rien pourtant c'était bien meilleur qu'avec n'importe quelle poule. Je jouis rapidement en lui rappelant qu'elle était à moi, elle avala mon sperme puis se lécha les lèvres... Elle était faite pour ça.

Je n'en avais pas fini avec elle, je voulus la gouter depuis sa source. Je plaquai ma bouche contre son entrée et titilla son clitoris. Mes mains malmenèrent ses seins et ses hanches, j'étais déchainé, galvanisé par ses gémissements de plus en plus sonores. Jamais je n'avais autant désiré une femme, jamais je n'avais cherché à faire jouir une femme, jamais je n'avais eu si peu de contrôle sur moi, cette pensée réussit à me réveiller. Je retirai ma bouche et mes mains quand je la sentis encore au bord de l'orgasme.

« Non ! » se plaignit-elle.

« Tu ne le mérites pas ! La prochaine fois, arrive rapidement et attends-moi nue sur le lit ! »

Je claquai une de ses fesses rebondies puis me relevai. Je me rhabillai en silence, évitant de croiser mon reflet dans le miroir, comme toujours. Ses vêtements gisaient à terre, abimés, ses bas étaient filés, des boutons avaient été arraché... que m'avait-elle fait ? Sorcière... je partis sans la regarder.

_oOo_

PDV Bella

La porte claqua et je pus enfin respirer à plein poumons. Puis je souris, satisfaite de moi, fière et déterminée à le faire craquer. Ce salop de mafieux allait tomber grâce à moi.

A SUIVRE ...


J'attends vos impressions...