Salutations.

Bon, je suis encore à peu près dans les clous pour poster régulièrement, même si j'arrive décidément pas à tenir parfaitement le rythme de "1 chapitre par semaine". Même pas car je suis trop occupé, j'avais juste zappé que ça faisait une semaine depuis la dernière mise à jour ^^'

Voici donc la suite! Bonne lecture :)


Chapitre 11 : Réponses

ooOO-OOoo

Trad par A-Key, relecture par Eclipse.
Fic originale de Tobina.


L'homme entendit le seul mot – presque inaudible - qui avait franchi les lèvres de Jodie, et fit un pas en avant.

Juste derrière elle, il pouvait apercevoir deux visages qui lui étaient familiers.

Alors assurée qu'ils n'étaient pas en danger, une petite fille s'avança devant une Jodie pétrifiée sur place. Ses yeux bleu glace le fixèrent à travers des mèches blond vénitien et Akai sentit l'air s'électriser autour d'eux, tout en voyant le corps de la fille trembler de rage. Elle brisa le silence en sifflant entre ses dents :

-Toi ! Pourquoi es-tu ici ?

Il ne chercha pas à éviter son regard. Ses yeux verts se plantèrent dans le bleu des pupilles de l'enfant.

-Je sais que vous voulez des réponses – toutes les deux, ajouta-t-il en lançant un bref regard à Jodie. Et vous les méritez amplement, mais je vais devoir vous faire patienter encore un peu, car il y a plus important pour le moment. Tout ce que tu dois savoir, petite, c'est que je suis du FBI et que je suis ici pour retrouver ton ami.

Ai serra les dents, mais ne dit rien. Akai se dirigea vers Jodie, encore abasourdie, et posa une main sur son épaule.

-Jodie, est-ce que je peux te parler ?

Elle parvint à hocher légèrement la tête et le suivit dans l'une des pièces. Agasa fit venir Haibara à la table et l'invita à se rasseoir.

-Ai-kun, qu'est-ce qui te dérange chez cet homme ? D'où le connais-tu ?

Loin d'être calme, elle se força néanmoins à répondre à la question d'une voix posée.

-Cet homme est Moroboshi Dai – connu en tant que « Rye » au sein de l'Organisation. Ma sœur Akemi était amoureuse de lui, mais il n'a fait que se servir d'elle. Pour glaner des renseignements pour le FBI, visiblement. Je l'avais déjà rencontré à l'époque, c'est pourquoi il m'a reconnu du premier coup d'oeil, même sous cette apparence.

-Il n'a pas l'air surpris que tu sois devenue une enfant. Je me demande ce qu'il sait...

L'ascenseur annonça de nouveau l'arrivée de nouveaux invités.

Ai et Agasa fixèrent les portes qui coulissaient, et Akai comme Jodie se précipitèrent, reprenant leurs positions.

Deux personnes sortirent de l'ascenseur et se figèrent à la vue des deux pistolets braqués sur eux, mais se détendirent lorsque Jodie et Akai baissèrent leurs armes et leur firent signe d'entrer.

Ai jeta un œil à sa montre et reporta son regard sur le garçon à la peau foncée et la fille aux cheveux bruns qui l'accompagnait.

-Seulement quinze minutes. Tu as fait encore plus vite que je ne le pensais, Hattori-kun.

-Espèce de... Tu joues à quoi là, à pas vouloir m'dire ce qui est arrivé à Ku...Conan-kun ? aboya Heiji, se rappelant au dernier moment que deux des personnes présentes dans la pièce n'étaient pas censées connaître le secret de Conan.

-Je t'aurais bien appelé, mais nous avions nos propres problèmes, nous aussi ! Alors arrête de crier sans savoir de quoi tu parles, répliqua sèchement Ai.

Toute la pression de la nuit dernière couplée à l'apparition inopinée de l'ex petit-ami de sa sœur lui mettaient les nerfs en pelote, et cela transparaissait dans sa voix devenue tranchante.

Heiji était à deux doigts de lui fournir une réponse explosive et ponctuée de « Aho » quand la jeune fille à côté de lui prit la parole :

-Ai-chan... tu étais au courant ? Et vous aussi, Hakase ?

La voix de Ran trahissait son amertume. Elle était au bord des larmes.

-Tout le monde, à part moi... Même vous, Jodie-san ? Et vous, qui êtes-vous ? lança-t-elle à Akai en criant presque – des larmes bien visibles dans ses yeux à présent. Elle avait déjà vu cet homme deux fois par le passé. Une fois à New York, et une seconde fois dans une rue enneigée à Tokyo.

-Et n'allez pas me dire que je pleure tout le temps ! J'ai le droit de pleurer ! Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce qu'il se passe ici, à la fin ? Je n'en peux plus de tout ça ! Et même si Shinichi vous a dit de ne pas le faire, sachez que ça m'est égal ! Il n'est pas là, et personne ne sait ce qui a pu lui arriver, ni même où il se trouve ! Alors crachez le morceau!

Tous les regards étaient rivés sur l'adolescente au souffle court, jusqu'à ce qu'Agasa se racle la gorge.

-Ran-chan, il serait mieux que nous en parlions seul à seul. Je vais tout te raconter, du mieux que je le peux.

Elle lui adressa un regard reconnaissant et ils se dirigèrent vers la petite chambre qu'occupaient Akai et Jodie quelques instants auparavant.

Sachant qu'Agasa serait bien plus tendre que Ai, Heiji était soulagé que le vieil homme prenne la responsabilité de cette conversation pour le moins délicate. De plus, il n'aurait pas à esquiver ses coups de karaté. Heiji frissonna à cette pensée.

-Donc, Haibara-san – tu as quelque chose pour l'retrouver ? On a un plan ?

-Un plan ? Il a pu me contacter via le transmetteur que Hakase a inventé pour les shonen tantei-dan. Les lunettes-radar indiquaient qu'il se trouvait dans Chûô, mais où exactement, si tant est qu'il y est toujours ? Difficile à dire. Il a juste eu le temps de nous informer que Bourbon en avait après nous, avant... d'être interrompu, et le signal a disparu, expliqua Ai.

Elle se rappela du cri de Conan, et serra les poings.

-Donc – nous n'avons pas de plan, parce que nous ne savons pas par où commencer !

-Genre ce Amuro f'sait vraiment partie de l'Organisation ? Merde ! Nee-chan m'a dit qu'il avait emmené Kudô à l'hôpital après qu'il se soit pris un gros coup sur la tête. Oh, au fait – Kudô était dans les choux à cause de sa commotion cérébrale et c'pour ça que Ran est au courant aussi. Elle avait dû sortir chercher des antidouleurs. C'est en rentrant de la pharmacie qu'elle a vu Amuro partir avec Conan sous l'bras, dans un sale état. Il leur avait dit de retourner à l'agence pour rassembler ses affaires mais pour finir il est allé les rejoindre, et a dissuadé Ran de s'rendre à l'hôpital elle-même, soupira Heiji en se laissant tomber lourdement sur l'une des chaises. Le reste, tu connais. J'ai rencontré Nee-chan à l'agence, on n'a trouvé aucune trace de « Conan-kun » à l'hosto, et voilà.

Ai fronça les sourcils.

-Il l'a drogué ? Et comment était-il au courant de son identité ?

-Ça, je pense avoir ma petite idée.

Ils se tournèrent vers Akai, une expression interrogatrice sur leurs visages.

-Je surveillais la maison de Hakase la nuit dernière, lorsqu'un intrus s'y est introduit et l'a fouillée, après votre départ.

Croisant ses bras sur sa poitrine, Haibara lui lança un regard suspicieux.

-Tu surveillais la maison ? Pourquoi ?

-Peut-être parce que j'habite à côté, et que je veux être un voisin modèle ? dit-il, un sourire amusé étirant ses lèvres.

-Tu habites... Oh, je savais que cet Okiya-san était suspect ! Et dans le Bell-Tree-Express, tu as...

-Oui. Ça fait un moment que je garde un œil sur vous, à présent. Tu devrais réserver ton regard noir pour celui qui a mis ton labo sens dessus-dessous. Je l'ai intercepté ce matin alors qu'il s'apprêtait à partir. J'ai dû faire preuve de « persuasion » pour le faire parler, mais il a fini par se rendre, poursuivit Akai, visiblement satisfait. J'ai trouvé ce disque dur dans son sac, tu en auras besoin. Je ne pense pas qu'il reste quoi que ce soit d'utile sur ton ordinateur. Malheureusement, il a pu transférer les données à son supérieur avant que je ne m'occupe de lui, donc ils connaissent tes méthodes de travail.

Ai baissa les yeux sur le petit carré de plastique gris posé sur la table. « Il a restauré les données. Bien sûr. Toutes mes recherches sur l'antidote sont entre leurs mains à présent. Que vont-ils en faire ? Le modifier pour en faire une arme mortelle parfaite ? »

-Qu'est-ce qu'il t'a dit sur Kudô ? Il t'a dit où il se trouve ? s'enquit Heiji, impatient.

-Non. Même son arrogance a ses limites. Il ne trahirait jamais son « boss » ! Mais au moins, il ne représente plus une menace pour nous à présent. Je m'en suis assuré. Quant à la façon dont il a appris l'identité de Kudo-kun – un malheureux concours de circonstances, je dirais. Bourbon se trouvait juste devant la pièce où Ran-san s'occupait de Conan-kun. Apparemment elle avait découvert quelque chose qui l'avait convaincue que Conan-kun n'était autre que son ami disparu, Kudô Shinichi, et elle l'a appelé de cette manière. Il ne l'a pas nié, et Bourbon a fait jouer de ses relations pour découvrir le reste.

Un halètement se fit entendre derrière eux. Lorsqu'ils se retournèrent, ils firent face à une Ran bouleversée, dont les yeux étaient écarquillés d'horreur.

Couvrant sa bouche de ses mains, elle s'effondra lentement sur le sol.

-C'est... de ma faute ? Si je n'avais pas... il... non...NON ! cria-t-elle, se tenant la tête entre les mains comme si elle cédait à une crise d'angoisse.

Agasa, qui se tenait à ses côtés, s'agenouilla et tenta de la réconforter. Murmurant des mots rassurants, il la prit tendrement dans ses bras, et, tel un père avec son enfant, la berça doucement. C'était douloureux pour lui de voir cette jeune fille normalement si enjouée et souriante, qu'il connaissait depuis qu'elle était toute petite, fondre en larmes de cette façon.

C'était trop pour elle. Elle venait à peine de se rasséréner un peu après avoir appris la vérité sur la disparition de Shinichi, ce qui l'avait profondément affectée. Le professeur lui avait tout expliqué concernant le poison, l'Organisation, Ai, et même toutes ces fois où elle avait vu Shinichi sous sa véritable apparence. Elle avait essayé de garder son calme en écoutant toute l'histoire, mais il avait vu chacun de ses tressaillements, chaque larme silencieuse qui roulait le long de ses joues pâles.

Et voilà qu'elle s'en voulait pour ce qui était arrivé à Shinichi. Il soupira. « Combien de temps devront-ils encore souffrir, tous les deux ? »

Il se releva doucement. Soutenant le corps tremblotant de Ran, il l'emmena dans la chambre où ils discutaient auparavant pour qu'elle puisse s'allonger un peu.

Les trois autres personnes avaient observé son chagrin avec une inquiétude grandissante.

-Est-ce que ça va aller ? demanda Jodie sur un ton anxieux.

Encore secoué, Heiji dirigea son regard sur la porte fermée, derrière laquelle il pouvait toujours entendre les sanglots étouffés de Ran.

-C'est une fille forte. Il faut lui donner un peu de temps.


Posté le 21-06-2018