Salutations !

Pour changer, je m'excuse pour mon énorme retard. J'avais oublié cette fic, j'avais oublié que j'avais un chapitre d'avance, j'avais pas le temps/la flemme… Bref.

Voici donc enfin la suite (et je me suis du même coup rappelé que j'avais aussi commencé à poster cette trad sur AO3 et que je m'étais interrompu donc j'ai repris, mais c'est pas le sujet).

Ensuite, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c'est qu'i chapitres d'avances, A-Key ayant été productive ces derniers temps. La mauvaise, c'est que je risque de ne pas avoir le temps de les poster dans les un ou deux mois à venir pour cause de voyage. J'essayerais quand même d'en poster un autre avant de partir, histoire de me rattraper un peu, mais je ne promet rien !

En attendant bonne lecture, et patience : on verra tous le bout de cette trad un jour.


Chapitre 13 : Un souhait irréalisable
ooOO-OOoo

Traduction par A-Key. Relecture par Eclipse.

Fic originale de Tobina.


Après que l'homme eut fini de lui prélever un échantillon de son sang, Conan s'était à nouveau retrouvé seul. Il avait perdu la notion du temps, à présent. D'abord il avait essayé de compter les heures, puis il était tombé de sommeil, épuisé il ne parvenait pas à estimer combien de temps s'était écoulé depuis qu'il s'était réveillé pour la première fois dans ce local de rangement.

Il avait faim, mais c'était le moindre de ses problèmes. La soif, elle, était plus difficile à ignorer. Quand avait-il bu pour la dernière fois ? Sa gorge était sèche et lui faisait mal lorsqu'il devait tousser ou avaler sa salive.

Lorsque Bourbon était venu le chercher dans la maison de Momozono-san, Conan avait alors de l'eau sur lui, mais il n'avait pas eu l'occasion de la boire. Qui penserait à boire une gorgée d'eau alors que son plus grand secret est sur le point d'être dévoilé à l'ennemi ?

Son corps le tiraillait de toutes parts à cause de la position inconfortable dans laquelle le mettaient ses liens. Allaient-ils le laisser mourir ici ? N'avaient-ils pas l'intention de l'interroger ? Et s'il avait prévenu Ai et Hakase trop tard, et qu'ils n'avaient pas pu fuir de la maison à temps ? Qu'en était-il de Ran, Kogoro et tous les autres ? L'Organisation connaissait la vérité sur Kudô Shinichi, ils étaient tous dans leur ligne de mire désormais.

Ne pas savoir ce qu'il était advenu de ses amis le rendait fou.

« Pourquoi ne l'ai-je pas dit à Ran plus tôt ? »

Maintenant que le pire était advenu, il se rendait compte que le fait qu'elle sache ou non n'avait que peu d'importance. Il était très peu probable que Gin ou un autre membre de l'Organisation se demande si elle savait quoi que ce soit au moment d'appuyer sur la détente.

Il devait bien l'admettre – il avait eu peur. Peur qu'elle le déteste, car il savait qu'il ne l'aurait jamais supporté. Plus il lui mentait et plus il devenait difficile de penser à lui dire la vérité.

Maintenant, elle savait, mais il n'avait pas eu l'occasion de lui expliquer ses raisons.

Il ne voulait pas qu'elle l'apprenne comme ça.

Il espérait qu'au moment où il le lui dirait, ce serait de sa vraie voix, dans son vrai corps.

Que « Edogawa Conan » ne serait plus qu'un souvenir... et qu'ils auraient du temps devant eux.

Il tenta de chasser l'idée qu'ils ne pourraient peut-être plus jamais passer de temps ensemble.

Au cliquetis que fit la clé dans la serrure, son regard se braqua instantanément sur la porte, qui s'ouvrit.

Une femme qu'il ne connaissait que trop bien se tint devant lui. Elle referma la porte et s'y adossa. Ses cheveux blonds cascadaient sur une combinaison de cuir noir et une veste courte assortie.

-Oh, Silverbullet – dans quel pétrin t'es tu fourré, cette fois ? soupira Vermouth.

-Ça ne te regarde p...commença-t-il, avant qu'une quinte de toux ne vienne lui couper la parole.

-Oh, je vois. Tiens.

Elle s'agenouilla derrière lui, coupa la bande adhésive qui liait ses poignets et ses chevilles et l'aida à s'asseoir. Il put voir une bouteille d'eau dans sa main droite, qu'elle lui tendit.

-Bois. Il n'y a rien à craindre – ce n'est pas une drogue, ni du poison – juste de l'eau, précisa-t-elle un sourire en coin face à son air sceptique.

Conan prit la bouteille à deux mains et en but prudemment une première gorgée. Il devait se retenir pour ne pas tout avaler d'une traite. Vermouth se releva :

-Tu seras soulagé d'apprendre que tes amis ont pu partir avant que Bourbon ne vienne leur rendre visite.

Il abaissa la bouteille et ferma les yeux un instant avec une expression de soulagement, puis reporta son regard sur elle.

-Et maintenant ? Vous avez envoyé vos tueurs les éliminer ? Se débarrasser de quiconque connaît mon identité ?

-En vérité, nous sommes dans une position plus compliquée que cela. Bien sûr – nous voulons Sherry, la traîtresse, et nous ne pouvons nous permettre de laisser qui que ce soit en possession d'informations à notre sujet dans la nature, mais il serait préférable de ne pas trop attirer l'attention. Tuer autant de personnes, liées entre elles d'une manière ou d'une autre qui plus est, paraîtra suspect à coup sûr.

Elle prit une cigarette ainsi qu'un petit briquet doré. La flamme vint lécher le bout de la cigarette jusqu'à ce que celle-ci se mette à briller d'une lueur rouge. Après avoir pris une profonde bouffée, elle souffla doucement la fumée.

-Bourbon a commis une erreur en t'amenant ici aussi tôt. S'il s'était montré plus patient, il aurait pu t'attraper plus tard sans se faire voir et préserver sa couverture en tant qu'« apprenti de Mouri-san ».

Elle ne paraissait pas mécontente - plutôt amusée. Après avoir tiré une nouvelle fois sur sa cigarette, elle poursuivit, un sourire légèrement hautain sur les lèvres :

-Ne t'inquiète pas, il n'est pas question de nous ruer sur tes amis pour les réduire au silence un par un. Ce serait bien trop facile de lier la disparition d'un petit garçon avec les morts, soudaines, de son entourage tout entier. Peu banal pour un kidnapping, tu ne trouves pas ?

« Ce serait donc vrai ? Ils ne sont pas en danger pour l'instant ? »

Il aimerait beaucoup la croire, mais de par ses expériences avec l'Organisation, il savait à quoi s'en tenir.

-Donc vous ne ferez rien, et vous comptez juste espérer que la police enquête sur ma disparition comme s'il s'agissait d'un simple kidnapping – ne me retrouve jamais, et qu'elle classe l'affaire ? Ça ne marchera jamais et vous le savez.

Il plissa les yeux.

-Ne me prends pas pour un imbécile. Qu'est-ce que tu vas faire, Vermouth ?

-Pff, tu n'es pas drôle, soupira-t-elle.

-On me le dit souvent, rétorqua-t-il sans s'émouvoir.

-Mais c'est pourtant vrai ! Le boss se retient pour le moment, mais cela ne durera pas longtemps. Un sniper ici, un accident là – tôt ou tard, il va se débarrasser de tous ceux qui nous collent d'un peu trop près.

Vermouth observa un instant son visage tendu.

-Comme tu le sais, j'ai toujours joué selon mes propres règles. J'ai suivi les ordres que le boss m'a donné, mais je suis libre d'aller et venir comme bon me semble.

Elle jeta le mégot de la cigarette, puis poursuivit :

-Les choses ont changé. Cela fait un moment maintenant que je ne me plie plus aux directives. Peut-être que je deviens faible ? Et alors ? dit-elle en haussant les épaules. Le boss l'a remarqué aussi – grâce à Gin – et s'est mis à vouloir restreindre mes mouvements. Il faut que je passe à l'acte bientôt. Je veux en sortir, mais je ne veux pas passer le reste de ma vie à me terrer, en tant que traître, comme Sherry.

Elle adressa un sourire en coin à Conan, qui la regardait, bouche bée.

-Surpris ? Tu as bien entendu. Je t'aiderai à les démanteler – mais pas au prix de ma vie, ni de ma liberté !

Il la fixa, ayant peine à y croire.

-Tu veux... mais comment ?

-J'ai mis mon plan en place le jour où Kir a « tué » Akai Shûichi. Je suis sûre que tu étais de la partie ?

Conan acquiesça et elle lui répondit d'un regard approbateur.

-C'est bien ce qui me semblait. Je ne croyais pas à sa mort et quelques semaines après un nouveau locataire s'installait dans le manoir Kudô. Coïncidence ? Je ne pense pas. Tu n'aurais jamais laissé un inconnu vivre chez toi et aussi près d'elle. Je lui ai rendu une petite visite et après quoi, j'étais certaine que Okiya Subaru était Akai Shûichi. Après tout, je suis une as en la matière, je sais reconnaître un bon déguisement quand j'en vois un.

-Tu savais donc que l'assassinat n'était que du vent. Et Kir ? demanda Conan.

-Je me fiche pas mal de l'espionne. Elle sait ce qui l'attend en réintégrant l'Organisation, mais je ne l'ai pas encore dénoncée, dit-elle sur un ton narquois. Enfin – j'ai passé plus de temps avec le département de recherche pour me faire une idée de leurs projets, et leur voler ceci.

Elle plongea la main dans sa poche de veste et lui montra l'objet, logé au creux de sa paume.

-Mais c'est... ? balbutia-t-il, le souffle coupé par la vision de la petite gélule.

-Oui. C'est l'APTX4869 d'origine.

Il fronça les sourcils.

-Pourquoi l'avoir volé ? Ce n'est pas censé leur servir dans leurs recherches ?

-Si, mais ils n'utilisent plus le poison d'origine. Ils l'ont légèrement modifié et il ne reste plus que quelques gélules du prototype, pour les recherches. Je voulais te le donner. Avec, Sherry aurait été capable de trouver un antidote permanent. De nouveau dans ton corps d'origine, l'échantillon aurait servi de preuve pour les incriminer, et tu aurais pu être en position de les faire arrêter.

Conan n'y croyait pas. « Tout aurait pu se terminer si vite... et il a fallu que je dérape ! Quel idiot je fais ! »

Vermouth pouvait lire ses pensées sur son visage. « Désolée, Cool Guy – le destin peut être cruel, parfois. »

Il essaya de se reprendre.

-Je crois que ton plan n'est plus vraiment une option, haleta-t-il – cette fois de frustration plus que de soif.

Elle acquiesça :

-Lorsque Bourbon m'a appelée en me parlant de « Kudô Shinichi », je me suis un peu... inquiétée. Et à raison, comme nous pouvons le constater. Je l'ai filé après qu'il t'ait déposé ici.

Rejetant ses cheveux en arrière, elle ajouta :

-En temps normal, c'est plutôt plaisant de travailler avec lui. Il n'est pas aussi ronchon que certains autres hommes au sein de l'Organisation, mais là, il était sur le point de tout faire tomber à l'eau. Il m'a compliqué la tâche.

Elle sembla à la fois déçue et perdue dans ses pensées, puis reprit :

-Pour faire court, voici le reste de l'histoire : lorsque Bourbon est arrivé à la maison dans laquelle Sherry s'était terrée tout ce temps, elle était vide. Il a passé la nuit là-bas et a envoyé des données très intéressantes à notre département de recherche. Au moment de partir, il est « tombé » sur Akai, qui l'a enfermé à clé dans la cave de ta maison, après lui avoir posé quelques questions. Bourbon ne pourra pas aller bien loin avant un petit moment.

Il se demanda l'espace d'un instant si elle comptait l'abandonner à son sort, mais sans doute tout cela servait-il ses intérêts. Tant que Bourbon était hors d'état de nuire, il ne lui accordait que peu d'importance. D'autres personnes préoccupaient son esprit.

-Et Ran ? Vu l'heure qu'il est, je suppose qu'elle a déjà dû se rendre compte que je n'étais pas à l'hôpital. Je suis également certain que Haibara ne restera pas non plus les bras croisés sans rien faire.

-Ah oui, c'est vrai, elle s'appelle Haibara Ai maintenant, c'est ça ? Comme c'est mignon, pouffa la femme blonde. Elle ferait mieux de faire profil bas plutôt que de tenter le diable en essayant de te retrouver, mais autant que je me souvienne, elle a couru à ton secours aussi vite que ses petites jambes pouvaient le lui permettre, lors de notre altercation au port. Je me doute bien qu'elle tentera encore quelque chose de suicidaire.

Elle ponctua sa phrase d'un haussement d'épaules, et jeta un coup d'œil à sa montre.

-Il est 10 heures du matin et ta petite amie n'est pas chez elle. Je me suis rendue là-bas après être passée voir Bourbon et je n'y ai trouvé que son père, ivre mort – donc oui, je pense qu'elle a remarqué.

Conan se mordit la lèvre. Oh non ! J'espère qu'elle ne va pas faire de bêtise. Et Kogoro, toujours aussi inutile ! Zut ! Il avait également peur pour Haibara. Essayerait-elle vraiment de voler à son secours ? Avant, elle était si terrifiée par l'Organisation que la simple mention de ce nom la faisait trembler de tous ses membres, mais elle avait changé avec le temps. Elle était plus forte désormais, et pour les quelques personnes qu'elle pouvait appeler ses amis, elle était capable de soulever des montagnes. Il pouvait seulement espérer que le professeur garderait un œil sur elle.

Pour le moment en tout cas, il n'y avait rien qu'il puisse faire, sinon glaner quelques informations.

-Que me veut-il, ton boss ? Je ne sais pas où se cache Haibara et il a déjà les résultats de ses recherches en sa possession. Quel est son but ? demanda-t-il, bien qu'effrayé par les potentielles réponses.

-Son but ?

Elle y réfléchit un court instant, comme si elle devait se souvenir elle-même.

-L'argent, la gloire, le secret de la jeunesse éternelle... la liste est longue.

-La jeunesse éternelle ? Il veut être immortel ? C'est irréalisable, dit-il, abasourdi.

-Oh, tu penses ? demanda Vermouth d'une voix douce. Regarde toi – regarde moi. Nous sommes les preuves vivantes qu'il est possible de remonter le flot du temps. Le boss n'est pas idiot. Il ne désire pas cela pour lui-même. Il sait qu'être immortel est davantage un fardeau qu'un cadeau divin, mais il y a bien assez de gens sur Terre qui pourraient mettre n'importe quel prix pour retrouver leur jeunesse passée. Imbéciles qu'ils sont !

Conan la regarda d'un air curieux.

-Tu n'as pas pris l'APTX de ton plein gré, n'est-ce pas ?

-Ce n'était pas l'APTX et – non... dit-elle, son regard perdu dans le vague. Il s'agissait d'une substance expérimentale qui, jusqu'à présent, n'avait jamais pu être recréée. L'APTX4869 était censé être un poison qui ne laisse aucune trace dans l'organisme, et à part toi et Sherry, nous n'avons eu aucune autre mort non confirmée.

Elle regarda à nouveau Conan, comme si elle le plaignait.

-Maintenant que le boss sait que l'APTX a le potentiel pour rajeunir l'être humain, tous nos scientifiques n'obéissent qu'à un seul ordre : Arracher à ton corps le secret qu'il renferme, et créer la formule parfaite de la jeunesse éternelle.


Posté le 05.08.2019