Hey !

Alors, j'ai deux trois infos.
D'abord, A-Key m'a fait remarqué qu'elle n'avait pas laissé les mots en japonais dans sa traduction des premiers chapitres, mais qu'elle les laissait maintenant (chose que j'ai aussi faite sur le peu de chapitres que j'ai traduis), donc voilà, ne vous étonnez pas de ce changement, on ne l'avait pas remarqué avant ^^'

Ensuite, je vais partir sans accès internet pour un peu plus d'une semaine, le chapitre suivant sera donc en retard. Je ne sais pas encore trop si j'essayerais de le poster dès mon retour et d'en poster un suivant quelques jours plus tard pour rattraper ou si je reste sur un rythme d'un chapitre par semaine et tant pis si j'en ai raté une, je verrais bien selon si j'ai le temps.

Ah, et le titre du chapitre (dans le menu déroulant) est différent du titre juste ci-dessous car il y a une limite de caractères, le "vrai" titre plus proche de l'original et le suivant. Voilà.

Bonne lecture et à bientôt !


Chapitre 9 : Faites qu'il soit sain et sauf !
ooOO-OOoo

Trad par A-Key, relecture par Eclipse
Fic originale de Tobina


Ran se réveilla en sursaut. Elle était allongée sur le canapé, enveloppée d'une couverture. Sur la table à côté d'elle, son téléphone affichait 7h04 du matin.

« J'ai dû m'endormir. L'hôpital n'a toujours pas appelé. »

Elle se redressa, quittant sa position pour le moins inconfortable, et s'étira.

Ses pensées revinrent sur la soirée de la veille, ainsi que l'incroyable vérité qu'elle avait découverte. Ou plutôt – la vérité qui avait confirmé ses soupçons.

Toute la nuit, elle avait passé en revue tout ce qu'elle savait, et tout ce qu'elle ignorait. Il restait tant de choses qu'elle ne pouvait pas découvrir par elle-même, mais elle était déterminée à bombarder Shinichi de questions jusqu'à ce qu'il lui explique tout, et ce dans les moindres détails !

Aussi, certains souvenirs lui revinrent, et ses joues s'empourprèrent.

« Je saisis maintenant pourquoi il se montrait aussi réticent à l'idée de prendre notre bain ou de dormir ensemble... »

Mais ce qui la tracassait le plus, c'était cette impression tenace que quelque chose de terrible avait dû se produire pour qu'il soit devenu – comme ça. Qu'il ne semble pas chercher à demander de l'aide l'effrayait. Certes, il avait toujours été du genre indépendant, mais ce n'était jamais qu'un lycéen, tout comme elle. Cela faisait plusieurs années qu'il travaillait avec Megure, donc il aurait été logique qu'il en parle avec l'inspecteur s'il se tramait quelque chose de grave ?

Mais non, il avait bien joué son fichu rôle, jour après jour ! Il l'avait trompée elle, ses parents, et la police !

Et il lui avait menti. Lui, son meilleur ami. Ou plutôt, celui qu'elle considérait comme tel. Les amis ne sont-ils pas censés être présents les uns pour les autres, remplir le rôle du confident ?

Elle était à la fois triste et furieuse qu'il se soit fermé à elle de la sorte lorsqu'il avait des ennuis, alors qu'elle aurait pu lui apporter son aide.

« Il va payer cher pour tout le souci qu'il m'a causé ! »

Mais dans le même temps, elle savait qu'il ne faisait pas ça pour s'amuser. Pas Shinichi ! Tout abruti fana d'enquêtes qu'il était, il ne lui avait jamais menti auparavant. Et pourquoi resterait-il dans ce corps minuscule aux capacités limitées, de son propre chef, alors qu'il était le jeune détective le plus prometteur de tout le Japon ?

Il lui avait fallu une nuit entière pour évacuer sa frustration et sa rage avant d'en arriver à cette conclusion.

Il avait toujours mis la vérité sur un piédestal – découvrir la vérité était ce qui le motivait le plus en tant que détective. Et il était bon à ce qu'il faisait. Peut-être un peu trop, ce qui ne manquait pas de flatter son ego. On l'appelait même le « Sherlock Holmes de l'ère Heisei », parfois. Qu'il en devienne prétentieux de temps à autre n'avait rien d'étonnant.

Cela avait dû être difficile pour lui, de toujours devoir se mettre en retrait, ne jamais être pris au sérieux, d'être traité comme un enfant.

« Dire que je le mettais au lit ». Elle eut un petit rire. Le grand Shinichi Kudô avait dû se plier à ses horaires de coucher, et aller à l'école primaire. Elle se promit de le taquiner à ce sujet – lorsqu'il irait mieux.

Son sourire s'effaça, laissant place à une moue soucieuse.

Lorsqu'elle repensait à son état, qui s'était empiré brutalement, une boule se formait dans sa gorge. Il y avait quelque chose de bizarre... Mais elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus.

Elle soupira, et se leva pour se préparer un rapide petit déjeuner. Il était encore tôt, mais elle voulait se rendre à l'hôpital dès que possible. En allant vers la cuisine, elle aperçut quelque chose sur la table, à côté de son téléphone.

Les lunettes de Conan.

« Ah, oui – après qu'Amuro-san l'ait emmené avec lui, j'avais rassemblé toutes les affaires de Conan avant de rentrer à la maison. Heureusement qu'il n'en a pas besoin. Shinichi a une vision presque impeccable. »

Elle allait s'en tenir là, lorsqu'elle réalisa :

« Shinichi n'en a peut-être pas besoin, mais Conan, oui ! C'est l'essentiel de son déguisement. C'est incroyable ce qu'une paire de lunettes peut changer quelqu'un. Je ne sais pas si qui que ce soit parviendra à faire le lien en le voyant sans, mais je ferais mieux d'aller les lui apporter, juste au cas où !

Le petit-déjeuner vite oublié, elle se mit en quête d'un bout de papier et laissa un mot pour son père, qui dormait encore à poings fermés.

« J'te jure... était-ce vraiment nécessaire de boire autant en regardant Yoko à la télé ? »

Elle attrapa sa veste et son sac à main, avant d'ouvrir la porte d'un geste brusque...

...Pour se retrouver nez à nez avec la personne juste derrière, qui s'apprêtait à frapper.

-Ourf !

-Wow, du calme, hé ! L'est peu tôt pour piquer un sprint, nan ?

Elle leva la tête et rencontra un visage au teint mat, qui lui adressait un grand sourire.

-Hattori-kun ! Qu'est-ce que tu fais ici ?

-Haaaââ ? Ben, Kud... Conan-kun te l'a pas dit ?

Il se gratta l'arrière de la tête, l'air visiblement embarrassé. Ran avait souvent entendu ce genre de dérapage de sa bouche, mais , elle y prêtait tout particulièrement attention. Combien de fois Hattori avait-il lâché des « Ku...Conan-kun » ou encore « Kudô » ? Hattori était au courant de tout, c'était à présent clair comme de l'eau de roche !

« Ce qui explique pourquoi « Conan-kun » et lui s'entendent si bien », grommela-t-elle inté Hattori connaisse son secret alors qu'elle-même était dans le noir complet lui resta en travers de la gorge.

« Je vais le faire mariner un peu ».

Elle lui lança un sourire innocent.

-Oh, j'ai bien peur qu'il ait oublié de me dire que son « Heiji-niichan » venait lui rendre visite. C'est bête ! Tous les futons en plus sont partis au lavage, mais je suis sûre que, grands amis comme vous êtes, ça ne vous posera aucun problème d'en partager un, pas vrai ?

Satisfaite, elle nota que son visage avait pris une belle couleur rouge.

-Haha... ouais... bien sûr...héhé... pourquoi pas ? bafouilla Hattori, nerveux.

Ran eut un petit ricanement, puis son sourire fit place à un soupir.

-Bon, ça va ! En vérité – je suis au courant, pour son petit secret.

-Tu – attends ! Quoi ?

-C'est une longue histoire. Je te raconterai tout en allant à l'hôpital. Allez – allons voir comment se porte notre patient aujourd'hui.

« Patient ? Oh non, Kudô – qu'est-ce que t'as fait, encore ? Tu peux pas rester cinq minutes sans t' mettre dans la panade ? »

-A-attends ! s'écria-t-il ens'élançant après Ran, qui avait déjà atteint le bas des escaliers. Lorsqu'il fut à sa hauteur, il se mit à la bombarder de questions et elle lui résuma les évènements de ces dernières heures.

Son attention attirée par la conversation, il fut aisé pour un certain jeune homme avec une casquette enfoncée sur les yeux, qui recouvrait également sa chevelure hirsute, de suivre ce qu'il se disait. Il pouvait à peine croire ce qu'il entendait, mais tout d'un coup, beaucoup de choses lui semblaient désormais bien plus claires.

ooOO-OOoo

-Hééé ? Comment ça, il n'y a personne du nom de Conan Edogawa ? Il est forcément ici ! Un ami l'a amené ici hier soir, il avait une commotion cérébrale ! Vérifiez encore, s'il vous plaît !

Les yeux de Ran étaient écarquillés d'inquiétude et elle se mordit la lèvre tandis que l'infirmière de la réception, avec quelques clics de souris, faisait défiler de nouveau les données sur son écran d'ordinateur.

-Je suis désolée, mais son nom n'est inscrit nulle part. Peut-être l'a-t-on amené dans un autre hôpital ?

Heiji tira sur la manche de Ran.

-Nee-chan, je le sens pas, là.

Sur la route de l'hôpital, il avait dû expliquer à Ran pourquoi il était mêlé à cette histoire de Conan/Shinichi. Il lui avait raconté qu'il avait découvert le pot-aux-roses lors de l'évènement organisé sur Sherlock Holmes, mais il avait refusé de lui donner davantage de détails. « C'est pas à moi de le dire, tout ça. Je me ferais botter les fesses ! », telle était son excuse.

Mais là, Shinichi avait disparu.

« Oi, Kudô ! T'vas pas me laisser faire ça tout seul ! T'as intérêt à être sain et sauf, pour que tu puisses te prendre ta raclée ! Mais faut que j'lui en dise plus pour qu'elle saisisse à quel point la situation pourrait s'envenimer. »

Un coup d'oeil en direction de l'infirmière lui confirma que son attention ne se portait plus sur eux. Sa voix était néanmoins semblable à un murmure :

-T'as bien dit que c'est ce « Amuro », là, qui l'a emmené à l'hôpital ? Kudô m'en avait parlé un peu. Il était clairement pas sûr qu'il soit réellement ce qu'il prétend être, mais il n'avait aucune preuve. Et j'crois bien qu'il avait raison. Attends une seconde – je vais passer un coup de fil.

Heiji laissa une Ran pour le moins déboussolée au comptoir, tout en s'assurant de toujours l'avoir dans son champ de vision. Il composa le numéro et attendit. Sans prendre la peine d'écouter la réponse de son interlocuteur, il cracha dans le combiné :

-Haibara-san ! J'crois que tout est en train de nous retomber sur la figure, là ! Kudô a disparu !

-Je sais – c'est eux.

La réponse était nette. Il en manqua de laisser tomber son téléphone.

-Tu... tu sais que c'est eux ?

Légèrement calmé, il baissa de nouveau la voix.

-C'quoi tout ce bazar ? Tu peux m'expliquer ? J'suis à l'hosto, avec Nee-chan qui était censée passer voir comment il allait, mais apparemment il n'y a jamais été admis ! Et là tu viens me dire que t'es déjà au courant et qu'ils sont les responsables ?

-Parfait, ça veut donc dire que tu es déjà à Tokyo, répondit Ai sans tenir compte de sa tirade. C'est déjà du temps de gagné. Je vais te donner l'adresse où tu peux nous retrouver. Amène Mouri-san aussi.

« Elle m'a même pas écouté, ou bien ? ». Il leva les yeux au ciel, mais prit note de l'adresse.

Il raccrocha et se tourna vers Ran, qui l'avait observé d'un air impatient, affichant son inquiétude grandissante.

-À qui parlais-tu ? Tu as découvert quelque chose ? Où est-il ? Qu'est-ce que...

-Hopopop ! Respire, Nee-chan ! On va le retrouver ! On m'a donné une adresse où on peut rejoindre Agasa Hakase et Haibara-san. Allez, il n'y a pas de temps à perdre.

Entraînant Ran derrière lui, il se dirigea d'un pas vif vers la sortie.

-Hakase et Haibara-san ? Mais, et la police ? S'il a vraiment disparu, il faut qu'elle soit au courant ! Megure-keibu pourra nous aider ! dit-elle.

Heiji fit volte-face, et Ran manqua de le percuter.

-Non, on peut pas ! Écoute, j'voulais pas t'inquiéter plus que ça, mais vu où on en est maintenant, faut qu'tu saches ! Les types qui lui ont fait ça sont vraiment dangereux. Trop dangereux, même pour la police. Si c'était si facile, il n'aurait pas hésité à le leur dire, nan ? Ce sont des ombres ! Et ils se fichent complètement de qui ils doivent descendre, tant que ça leur permet de protéger leurs secrets ! Ça fait perpette qu'il est à leurs trousses, et il n'a toujours pas pu amasser assez de preuves pour les traîner en justice. C'est pas en choper deux ou trois qui aidera. Le reste disparaîtrait dans la nature et recommencerait plus tard – encore plus meurtriers qu'avant ! Il faut les éradiquer complètement ! Mais pour l'heure, on a pas assez d'infos pour y arriver.

Ran resta immobile. Elle essayait de digérer tout ce que Heiji venait de lui dire.

« J'avais donc raison. Il est en danger – il l'était depuis le début ! Et maintenant, ses ennemis lui ont mis la main dessus... »

Ses yeux s'embuèrent de larmes.

« Shinichi... faites qu'il soit sain et sauf ! »


Posté le 27-05-2018