Bonsoir !

Comme je l'expliquais dans le one-shot (Silence) posté ce matin pour l'anniversaire de Norvège, je poste également le début d'une fanfic.

Policière. Je demande donc indulgence aux lecteurs T_T Je suis une habituée des séries policières, des BDs, des mangas, des films, des romans policiers, mais uniquement en lecture. C'est la première fois que j'écris du policier… OTL ça ne sera évidemment pas du Conan, du Miss Marple, Hercule Poirot ou Holmes, mais bon…

Et, oui, je me suis inspirée d'un certain personnage de la BBC pour le personnage de Norvège. Vous le trouverez donc peut-être un peu OOC mais, au final, je trouve que ça lui correspond bien.

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Je vous explique rapidement le principe en passant. Chaque affaire est divisée en chapitre et traite d'un pairing, d'un groupe, d'une famille de persos d'Hetalia. Vous pouvez me soumettre vos envies de persos/pairings/groupe/famille/etc bien sûr ! ;)

Je le répète également, comme dans le résumé, mais aucun personnage d'Hetalia ne meurt. Les victimes de meurtres ne seront jamais l'un d'eux. Ma bêta est trop sensible x) (oui, sinon, je suis une grosse sadique…)

Je nommerai A1 pour Affaire 1, A2, pour Affaire 2, etc afin que vous puissiez savoir quand commence/finie une aventure. (et comme ça, moi, je gagne de la place pour les titres…)

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/ !\ Je préviens tout de suite que cette fic est bien une fic DenNor mais qu'il met un certain temps à se mettre en place. Autant dire que ce n'est pas la priorité de la fic, quand bien même je suis raide dingue de ce pairing :)

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Puisque c'est un AU (ou UA pour les bons franchouillards), je vous remettrai en début de chapitre les noms et prénoms des personnages apparaissant dans le chapitre.

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Norvège : Lukas Bondevik

Sur ce, je vous souhaite une très bonne lecture ! A vos méninges !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 1 : Les inconnus

Mathias inspira profondément, raffermit sa prise sur la valise et ouvrit finalement la porte qui lui faisait face. Le hall d'entrée était étroit mais la lumière qui descendait de l'escalier l'invita à monter à l'étage. Là-haut s'entendait un violon jouant un air grave et profond. Mathias entama sa montée. Alors qu'il venait de gravir les premières marches, on le héla :

- Monsieur ? Je peux vous aider ?

Bien sûr, le jeune homme n'avait sorti cette phrase que par pure politesse et le dévisageait avec une certaine animosité, quoique ce n'était peut-être que de l'indifférence. Pour Mathias, il était impossible de définir clairement l'expression de ce jeune homme aux cheveux blancs et aux yeux indigo. Il n'avait pas un sourire, ni même une bouderie il paraissait étrangement désabusé, comme si c'était monnaie courante que de recevoir des étrangers mais ses sourcils légèrement froncés démontrait un certain agacement, aussi infime soit-il.

Mathias redescendit les quelques marches qu'il venait à peine de gravir. Il gratifia le jeune homme d'un large sourire, lui ébouriffa les cheveux, ce qui ne plut, en tout bon euphémisme, que moyennement à ce dernier. Puis, il lui fourra sa valise dans les bras.

- Merci, mon gars !

Le jeune homme relâcha sans ménagement la valise. Cet homme avait un accent à couper au couteau. Il savait que lui-même avait parfois tendance à retrouver ses réflexes d'Islandais, comme quand il s'emportait par exemple, mais il n'empêche qu'en dehors de ces moments, il parlait sans accent. Au contraire de cet inconnu qui vous écorchait les mots au moyen d'une fraiseuse accompagnée du cri strident d'une scie sauteuse.

- Je ne suis pas votre boniche.

- Ah ?

Il leva les yeux au ciel, comme si se présenter était une torture qu'on s'exerçait à lui faire vivre tous les jours sinon plus. Mais Mathias insistait du regard, à la fois amusé qu'un jeune homme s'oppose à lui et en même temps curieux de savoir qui il pouvait être pour habiter la même résidence que lui.

- Je m'appelle Emil Steilsson et j'habite ici. Et vous ? Qu'est-ce que vous faites là ? J'étais persuadé que mon frère ne voulait plus de colocataire.

- Ah ah ! Brave petit…

Cette réplique n'avait pas lieu d'être. Emil haussa un sourcil d'incompréhension tout en montrant un visage totalement désintéressé. Il s'apprêtait même à faire demi-tour.

- Je suis Mathias Køhler ! Tu n'as rien à craindre gamin, avec moi, tu seras en sécurité ! On m'a refilé la chambre libre de cette bicoque. Apporte-la valise là-bas.

A chaque mot que Mathias avait aligné, la mine d'Emil s'était peu à peu assombrie et entourée d'une aura malsaine. D'où l'appelait-il « gamin » ? En sécurité ? Avec ce guignol ? Cela l'étonnerait beaucoup ! Traiter sa maison d'enfance de « bicoque » lui plaisait également moyennement. Quant à l'histoire de la valise, il était bien décidé à la laisser en bas, quoiqu'on en dise. Bref. Peu importe qui était ce « on » dont avait fait mention l'intrus, Emil se ferait un plaisir de lui faire sa fête. Le jeune homme se détourna de l'étranger et retourna à ses occupations, ignorant royalement cet autre venu d'ailleurs.

Mathias haussa les épaules face à la réaction du jeune Emil et finit par monter à l'étage, là où il savait sa chambre. Sans compter que la mélopée du violon se poursuivait. Pourtant, lorsqu'il posa le pied sur le perron, la dernière note fendit l'air et tout devint brusquement calme. Mathias perçut des bruits de pas, des sanglots, le bruit calfeutré d'un fauteuil qui accueille une personne. Curieux de savoir qui était son colocataire et de savoir également ce qui se tramait, il s'approcha plus discrètement observa discrètement par l'entrebâillement.

Il aperçut le profil d'un homme au moins aussi grand que lui, au faciès fier, mais dont les larmes démontraient une grande sensibilité, tandis qu'un autre, beaucoup plus menu, plus petit, lui tapotait avec tendresse l'épaule, tentant surement de le consoler alors que lui-même avait les yeux qui brillaient. Le plus grand souleva ses lunettes et tampona ses yeux. Le plus petit lui déposa un baiser sur la joue. Mathias délaissa les deux hommes et se tourna du mieux qu'il put vers la gauche : il entraperçut un pied qui se balançait depuis le fauteuil tandis qu'une main jouait avec un archet, orchestrant une troupe imaginaire.

Soudain, l'archet désigna, menaçant, la porte. Mathias ne put s'empêcher de frissonner. Il avait l'impression d'avoir à faire à un être invisible, capable de poser sur lui une malédiction d'un simple doigt tendu vers lui. Il déglutit lorsque, en silence, l'archet s'arrêta un peu plus sur la porte. Puis, il sursauta lorsqu'une voix perça depuis la pièce :

- Toi.

Mathias se demanda s'il avait été repéré.

- Oui, toi : l'imbécile qui se cache derrière la porte.

Les yeux de Mathias s'écarquillèrent. Comment avait-on deviné sa présence ? Assez abasourdi, il ouvrit la porte et entra dans le salon baigné de lumière. Ne faisant pas cas des deux hommes qui le dévisagèrent avec surprise (les joues du plus grand s'empourprèrent, gêné d'avoir été vu ainsi faible et larmoyant), il fronça les yeux afin de distinguer son accusateur.

Assis nonchalamment dans un fauteuil vintage aux carreaux typique de la campagne avec ses couleurs mal assorties, le jeune homme était d'un blond si clair que ses cheveux auraient pu être tout aussi blancs. Ses yeux étaient vides de toute émotion, d'un bleu profond limpide. Il jaugea d'un seul coup d'œil Mathias et posa le bout de son archet sur le menton tout en concentrant son regard sur un point invisible par-delà la fenêtre.

- Que… co… comment avez-vous su ? demanda perturbé Mathias

- Rébellion.

- Pardon ?

Le jeune homme laissa le bout de l'archet reposer en direction des deux hommes assis en face de lui. Il se leva et débita dans un seul souffle :

- 13 ans mais de petite taille un père d'1m82 un autre d'une force phénoménale étreinte rassurante de l'un, sensibilité de l'autre, donc amour et tendresse en surdose: complexe d'infériorité et rejet de l'affection familiale. Désir d'indépendance. Mains usées par les machines, épines incrustées dans la peau depuis… hum… disons cinq ans port de lunettes réajustées minutieusement toutes les cinq minutes donc précision, minutie. Vous travaillez dans la menuiserie de haute qualité, n'est-ce pas ? Non, pas besoin de répondre. Quant à vous : légères traces de poudre à canon au bout des doigts, marque du port d'un casque d'insonorisation : entraînement au tir régulier. Port de la ceinture avec portefeuille à gauche alors que les gens le mettent habituellement à droite, donc il y a habituellement autre chose du côté gauche : une arme de service. Visiblement, vous travaillez comme agent gouvernemental. En tant que tireur d'élite, à tout hasard. Deux professions totalement exceptionnels et honorables, ah !, nous y sommes : désir de reconnaissance. Mais étouffé par l'affection de ses parents. Donc, une seule solution : prouver son existence par son absence. Donc fugue. Donc, acte de rébellion.

Un long silence s'ensuivit. Les deux hommes, visiblement des clients, restèrent pantois. Mathias ne savait pas trop où se mettre. Chez qui était-il tombé ? Il cherchait à se cacher de sa patrie, certes, mais peut-être pas au point de s'enfermer chez un psychopathe. Il ouvrit la bouche pour faire une blague mais l'étrange locataire des lieux lui planta son archet sous le nez. Voire même dans le nez. Mathias loucha et rabaissa l'instrument.

- Euh… je ne connais pas ces gens.

- Je ne parlais pas de vous, crétin.

L'homme à lunettes se leva, quoique chancelant un peu, et fronça les sourcils.

- Fu… fugue ?

- Petit mais débrouillard. Il n'a pas été kidnappé il n'est pas perdu : il veut montrer ses qualités. Il va surement se payer un repas, prendre les transports tout seul, se trouver un coin pour la nuit.

Les deux hommes se jetèrent un coup d'œil sceptiques et firent la moue. Mathias comprenait parfaitement leur sentiment : qui était cet espèce de guignol qui débitait des paroles incompréhensibles à toute allure ? Vu que personne ne bougeait, l'énergumène se frotta le cou avec son archet.

- Il revient demain, maugréa-t-il

Puis, il se tourna brusquement vers Mathias et pointa de nouveau son instrument vers lui.

- Mon café.

- Hein ?

Il désigna les deux hommes de son archet et fit un mouvement vers la porte. Pas un sourire ni même un mot de politesse. A dire vrai, il n'attendit même pas de voir les deux hommes partir qu'il attrapa son violon et gratta les cordes tout en s'affalant dans le fauteuil.

Les deux hommes hésitèrent un instant mais finirent par quitter la pièce. Mathias était un peu gêné. Il passa une main dans ses cheveux blonds en bataille et s'excusa à la place de l'étrange locataire alors que lui-même n'avait aucune idée de ce qui se tramait.

- Mon café.

Mathias se retourna. Il toisa cet homme et prit la porte. Au même moment, Emil arriva avec une tasse de café fumante. Mathias fut arrêté en plein élan. Aucun de ses deux nouveaux colocataires n'arborait de sourire ou quelconque expression. Mais où était-il tombé ? Plus jamais il ne ferait confiance à un Néerlandais pour lui faire passer la frontière. Il avait payé cher pour se retrouver en sécurité et il se retrouvait dans une maison de fou.

- C'est qui ce type ? demanda avec un mouvement de tête dédaigneux Emil tout en passant la tasse de café

Le jeune homme affalé dans son fauteuil en avala une grande gorgée et grimaça. Il jeta un coup d'œil et haussa les épaules.

- Je te l'ai dit, gamin, protesta le nouveau résident, je suis Mathias Køhler et j'habite ici désormais.

Un silence.

- Et est-ce que je pourrais au moins connaître le nom de mon colocataire ? Merci, ce serait bien aimable !

Mathias était à bout. Le voyage avait été épuisant il était dans un pays différent du sien il s'était perdu dans les transports il n'avait tapé personne depuis deux semaines et l'accueil était épouvantable.

Emil jeta un coup d'œil à ce qui semblait être son frère, lequel hocha subrepticement la tête, puis il se leva.

-Voici mon frère, Lukas Bondevik. Officiellement, violoniste maudit. Officieusement, le meilleur détective d'Oslo.

Mathias trouvait cette présentation étrange. Lukas ne fit pas un mouvement de son fauteuil et même ses yeux semblaient de nouveau fixer un point invisible. Emil dépassa le nouveau venu sans lui accorder la moindre attention. La seule réaction de Mathias : il se retourna et le héla.

- Eh ! Où est ma chambre ?


Affaire à suivre…

*met ses lunettes de Men In Black*