Juste avant les ténèbres

I

Persuasion

Note de l'auteur : Me voilà déjà de retour avec cette nouvelle fic. C'est une suite directe de « Paradoxe », qu'il faut lire pour pouvoir comprendre celle-ci. Ce premier chapitre est un cadeau pour mes lectrices. J'avais envie de commencer d'une manière agréable, vu que le titre de la fic n'annonce rien de bon. Donc profitez-en. Bonne lecture !


Disclaimer : Star Trek, ses personnages et son univers ne m'appartiennent pas et je ne touche aucune rémunération pour mes écrits.

Cela faisait quelques semaines, que Spock et moi étions revenus du passé. La réalité altérée, dans laquelle nous avions retrouvé nos marques, n'était pas bien différente. À quelques détails près. Mais rien que nous ne pouvions pas gérer.

Notre relation et le lien qui nous unissait, eux, n'avaient cessé d'évoluer et de grandir. Très peu de personnes étaient au courant. Il y avait Bones et Uhura, bien évidemment, Christine Chapel, par extension et l'Enseigne Johnson, qui s'était engagé à garder le silence. La discrétion était de mise.

L'Enterprise était actuellement en mission d'exploration. Nous devions cartographier une zone inexplorée. Et on ne pouvait pas dire que c'était palpitant. J'étais en manque d'action. Et comme à chaque fois que c'était le cas, je m'adonnais à une de mes activités favorites. À savoir, rendre visite à mon Vulcain préféré, entre deux quarts. Je me trouvais donc actuellement dans ses quartiers, assis dans un fauteuil, à l'observer. Oui, parce que monsieur avait du travail et que ça ne pouvait pas attendre. Il semblait donc trouver son ordinateur plus intéressant que moi et cette situation ne me convenait pas du tout.

« N'y pense même pas, Jim. Je dois finir ce rapport. »

Sa pensée me parvint aisément, mais je ne pus empêcher toutes sortes d'images lubriques de me traverser l'esprit. C'était presque toujours le cas, dès que je l'avais sous les yeux.

« Rabat-joie. » Lançai-je, en me levant pour me diriger vers le lit.

J'avais bien l'intention d'obtenir ce que je voulais.

Il observa mon manège, du coin de l'œil, mais je sentis son regard sur moi. Il s'obstina, néanmoins, à faire comme si de rien n'était et se reconcentra sur sa tâche. L'air de rien, je m'allongeai sur les draps.

« Il fait tellement chaud, dans tes quartiers. » Fis-je remarquer, d'une voix innocente, en retirant mon t-shirt.

J'entendis clairement la respiration de Spock avoir un raté, mais ses yeux restèrent focalisés sur l'écran. Je poussai le vice jusqu'à enlever mon pantalon, puis me réinstallai confortablement, en soupirant, les paupières closes, détendu. Je savais pertinemment que mon compagnon voyait clair dans mon jeu. Mais, j'aimais trop le faire tourner en bourrique, pour m'arrêter là, et imaginai un scénario des plus satisfaisants, pour perturber sa concentration. Je l'aurais à l'usure, c'était une certitude. Je descendis lentement ma main droite, en partant du cou, caressai mon torse, m'attardai sur mon ventre, pour finalement la poser sur mon érection naissante, à travers mon sous-vêtement. Un soupir m'échappa. Je tournai ma tête vers le Vulcain et ouvrai les yeux, pour plonger dans ses orbes obsidiennes qui s'étaient finalement posées sur moi. A présent que j'avais toute son attention, mon excitation grandissante me fit durcir un peu, sous ma paume. Mes doigts se glissèrent sous l'élastique, pour agripper directement mon membre et le caresser lentement. Ma respiration devint laborieuse. Je soutins difficilement le regard de Spock, noirci par le désir, qui dériva lentement le long de mon corps, pour se poser beaucoup plus bas. Il inspira profondément, tentant certainement de garder son contrôle. Je resserrai ma poigne, accélérai le mouvement. Mon expression se fit suppliante.

« Spock. » Soufflai-je, en basculant ma tête en arrière, mes paupières closes sous le plaisir.

Je sentis, soudainement, le matelas s'affaisser à côté de moi. Sa manière de se déplacer silencieusement était parfois inquiétante. Mon boxer me fût retiré avec hâte et une main tira sur mon poignet, pour me faire lâcher prise. J'entrouvris les yeux pour voir sa bouche m'englober et gémis fortement sous la moiteur de sa langue. J'aimais tellement le voir céder, dans ces moments. C'était ma manière de le dominer. J'ondulai des hanches, sans pouvoir me contrôler, alors il me plaquait au lit avec force, augmentant la cadence. Au bord de la jouissance, un soupir de frustration m'échappa, quand il s'arrêta brusquement. Il se redressa, pour se débarrasser de ses vêtements, à son tour, puis vint s'installer entre mes jambes. Je sentis son érection, contre la mienne, déjà humide et ses vrilles s'enrouler délicieusement autour de mon membre. Il posa mes mollets sur ses épaules, puis se pencha sur moi pour capturer amoureusement mes lèvres, avant de me pénétrer brutalement, dans un contraste saisissant avec la tendresse de ses baisers. Si je criai malgré tout sous la surprise, en agrippant violemment ses cheveux, en griffant son dos, le lubrifiant naturel m'évita de trop souffrir de son intrusion. Il se retira lentement, pour revenir avec force, ses hanches claquant durement contre l'arrière de mes cuisses. J'en eus le souffle coupé. Il commença alors à se mouvoir à un rythme lancinant, maîtrisé.

« Je vais te faire payer de m'aguicher de la sorte alors que j'ai du travail. » Pensa-t-il, en me regardant droit dans les yeux, avant d'accélérer légèrement.

J'attrapai sa nuque et l'embrassai passionnément, pour lui montrer que j'acceptais tout à fait son châtiment. Il me quitta soudainement, se redressa et me tira à lui. À genoux, l'un en face de l'autre, il encadra mon visage de ses mains pour s'emparer de mes lèvres une nouvelle fois, avant de me prendre par les épaules pour m'inciter à me retourner. Je m'exécutai, avec curiosité. Une fois dos à lui, il passa son bras gauche autour de mon torse, posa sa paume chaude sur mon cœur affolé, pour me plaquer contre lui. De sa main droite, il enveloppa mon érection puis il me pénétra de nouveau, atrocement lentement, me mettant au supplice. Je laissai ma tête tomber en arrière sur son épaule, me tournai vers lui pour dévorer sa bouche, en glissant mes doigts dans ses cheveux noirs, et cambrai mes reins pour mieux le recevoir. Je le sentis profondément en moi, brûlant. Il me caressa impitoyablement, ne me laissant aucun répit, accéléra la cadence de ses hanches, me pénétra durement. Je ne contrôlai pas les gémissements indécents qui passèrent ma gorge et raisonnèrent sur les murs de la pièce. Mes lèvres dérivèrent pour happer son oreille. Je la mordillai légèrement, jouai de ma langue. Il resserra sa prise sur moi, en réponse, puis m'amena à la délivrance. Terrassé par mon orgasme, je me laissai tomber en avant, la tête dans l'oreiller. Spock attrapa mes flancs fermement, perdit le peu de maîtrise qu'il lui restait et me prit à un rythme désordonné. Je le sentis alors se tendre derrière moi et une vague de chaleur se répandit en moi.

La pression retomba, il caressa tendrement mon dos en se retirant, puis s'allongea à mes côtés. Je me roulai en boule contre lui, soupirai de bien-être. Il m'étreignit avec force, respira mon cou, embrassa mon épaule.

« Vas-tu me laisser finir ce rapport maintenant ? » Chuchota-t-il.

« Tu es vraiment impossible. Tu le sais ça ? » Répondis-je, en rigolant. « Va bosser ! Moi je suis épuisé. Je vais me reposer. »

Il glissa sa main contre ma joue, pour tourner mon visage vers lui, puis m'embrassa doucement, une dernière fois, avant de se lever, se rhabiller tranquillement et de retourner s'asseoir à son bureau. Je l'observai, allongé sur le ventre, les bras sous l'oreiller, un doux sourire aux lèvres. Le sommeil me gagna rapidement.

Je me réveillai en sentant une caresse sur mes cheveux et ouvris les yeux lentement. Spock était assis à côté de moi, sa main massant délicieusement mon crâne. Il avait remonté le drap sur moi, même si je ne risquais pas d'avoir froid, la température ambiante étant adaptée au Vulcain. Je me retournai sur le dos en m'étirant comme un chat.

« Il est quelle heure ? » Demandai-je, d'une voix alourdie par ma sieste.

« 19,30 heures. Notre quart commence dans une heure. » Me renseigna-t-il.

« Douche ? » Proposai-je, en me levant.

Pour toute réponse, il enleva son t-shirt en se dirigeant vers la salle de bain. Je le suivis, en attrapant deux serviettes au passage, avant de le rejoindre, et marquai une pause dans l'entrée, à la vue de son corps nu, sec et musclé, de ses cheveux noirs plaqués sur son front par l'eau coulant sur sa peau. J'accrochai son regard et m'avançai vers lui, après avoir déposé mon chargement sur une tablette. Depuis le début de notre relation, notre fréquentation des douches soniques avait grandement diminué. Nous préférions largement la cabine de verre, plus traditionnelle, mais aussi plus intime et propice aux instants de tendresse. Je me faufilai derrière lui, l'enlaçai de mes bras, tendrement. La chaleur de l'eau réveilla mes sens. J'embrassai son épaule et attrapai le gel douche, pour en verser une bonne quantité sur ses omoplates, puis reposai le flacon, avant de le masser doucement, en faisant mousser le liquide parfumé. Une odeur de menthe poivrée, rafraîchissante, embauma l'air. La vapeur envahit lentement la pièce. Il soupira. Mes mains bienfaitrices caressèrent sa nuque, son échine dorsale, ses fesses fermes. Je me collai à lui, faisant courir mes doigts sur ses côtes, vers son ventre plat, puis remontai sur ses pectoraux. Les poils doux de son torse chatouillèrent mes phalanges et je migrai vers le sud, attrapant son membre légèrement en érection.

« Tu es insatiable, Jim. » Soupira-t-il, à ce contact.

« Je ne serai jamais rassasié de toi. Jamais. » Chuchotai-je, à son oreille, avant de la mordiller.

Depuis quelque temps, j'avais une envie particulière, dont il était tout à fait conscient. Mais il me laissait l'initiative, aller à mon rythme.

« J'ai envie de toi. » Pensai-je, en lubrifiant une de mes mains sur son membre, avant de la faire courir sur la chute de ses reins, en descendant plus bas.

Je frôlai son entrée, doucement, de la pulpe de mes doigts, en demandant son accord. En réponse, il se pencha légèrement et appuya ses paumes contre la paroi en reculant ses hanches vers moi. Je le pénétrai prudemment de mes phalanges glissantes, l'explorai avec curiosité, guettai ses réactions. Ses gémissements me mirent sur la voie et je trouvai sa prostate avec satisfaction. C'était grisant de lui faire ressentir ce que j'éprouvais habituellement. Mon membre devint douloureux, à la vue de ses reins ondulant doucement pour venir à ma rencontre. Je retirai mes doigts quand je le sentis prêt, guidai mon érection d'une main, pour le pénétrer en douceur, et le laissai s'habituer à ma présence. Un murmure rauque monta de sa poitrine. Une fois enfoncé en lui jusqu'à la garde, je fis une pause pour ne pas jouir sur le champ. Il était si étroit et tellement chaud, que j'en perdis presque la raison. J'agrippai amoureusement ses hanches, me retirai lentement, pour revenir de plus belle. À une cadence atrocement lente, je commençai à me mouvoir en lui, en empoignant son sexe pour le masser fermement. Ses vrilles vinrent se lover autour de ma main, comme pour m'empêcher de partir. Les gémissements de Spock montèrent crescendo, à mesure que mon rythme devenait frénétique. J'embrassai sa nuque, sentis l'odeur épicée de sa peau. Il tourna sa tête vers moi et happa mes lèvres, m'entraîna dans un baiser passionné, sa langue jouant avec la mienne. Ses cris se perdirent dans ma bouche. Je sentis le plaisir monter en lui, grâce au lien, et accélérai encore, atteignis mon propre point de rupture. Mes doigts se resserrèrent sur son membre, jusqu'à ce qu'un liquide chaud coule entre mes phalanges, éclabousse le mur. En quelques allers-retours, je rejoignis Spock dans l'orgasme, en le serrant fermement contre mon torse.

L'eau chaude nettoya nos corps, tandis que nous reprenions nos souffles. Il se retourna face à moi pour m'embrasser tendrement, en me prenant dans ses bras. Puis il me savonna à son tour.

Une fois propres et habillés, nous nous mirent en route vers la passerelle. Je pris place dans mon fauteuil, Spock derrière sa console, tandis que les autres s'installaient également à leurs postes. Notre quart commença dans une ambiance calme, propre au début de la phase nocturne. Mon regard se perdit dans l'immensité de l'espace, sur l'écran principal et je repensai soudainement à cette idée de permission sur Vulcain. Nous n'en avions pas reparlé, depuis la dernière fois et sa réponse énigmatique me revint en mémoire. Je me tournai vers lui, en pivotant mon siège. Il me regardait déjà, ayant certainement capté mes pensées.

« Je te répondrai bientôt. » Me dit-il, silencieusement.

Ce lien télépathique était décidément bien pratique, surtout en public. Je savais que dans quelques jours ce serait l'anniversaire de Spock – je savais également que les Vulcains ne fêtaient pas ce genre d'événements – et que les deux éléments étaient liés, mais pas de quelle manière. Tout ce mystère m'angoissait quelque peu. S'il semblait plutôt confiant, je ne comprenais pas pourquoi il ne m'en parlait pas.

« J'ai besoin d'être sûr avant. » Pensa-t-il.

Être sûr de quoi ? Je n'en savais rien, mais il ne m'en dit pas plus pour le moment, et reporta son attention sur ses appareils, en me tournant de nouveau le dos. J'abandonnai provisoirement et décidai d'attendre qu'il veuille bien s'expliquer, puis me retournai vers l'écran, en m'enfonçant confortablement dans mon fauteuil et me préparai à un quart qui promettait d'être ennuyeux.