« ERIK ! »

Réveillé en sursaut, Erik se redressa d'un bond dans son lit, le cri de détresse de son compagnon résonnant dans son esprit. Le cœur battant à tout rompre, il tenta de se persuader qu'il ne s'agissait que de l'un de ses trop nombreux cauchemars. Il se rallongea et referma les yeux, mais la voix affolée de Charles hurlait toujours son prénom, en boucle, comme un écho. N'y tenant plus, il vit venir à lui le combiné du téléphone, puis composa le numéro du manoir Xavier. Ce fut la voix endormie de Hank McCoy qui répondit. Erik grogna :

— Où est Charles ?

Il entendit le jeune scientifique soupirer profondément avant de répondre :

— Là où il est censé être à quatre heures du matin. Dans son lit.

— Va vérifier !

Le ton d'Erik était suffisamment impérieux pour que son interlocuteur obéisse sans discuter. Il n'attendit que quelques secondes qui lui parurent durer une éternité. Finalement, lorsque Hank reprit l'appareil, sa voix blanche plus que ses mots lui donnèrent la réponse qu'il redoutait.

— Il n'est plus là… son fauteuil est là mais Charles… il a disparu… Je...

Il n'entendit pas la suite. Le téléphone alla s'écraser contre le mur opposé de la chambre dans un bruit sourd. Les morceaux n'avaient pas fini de s'éparpiller sur le sol qu'Erik avait déjà quitté les lieux.


Charles s'éveilla avec une migraine phénoménale. Il n'en avait pas connu d'aussi intense depuis des mois… plus depuis qu'il avait abandonné le sérum conçu par Hank. Soudain totalement lucide, il ouvrit les yeux pour constater qu'il ne se trouvait plus dans sa chambre, ni même au manoir. Il était dans une pièce sombre, une sorte de cave aux murs de pierre nue, d'environ trois mètres sur trois. Il était allongé sur un matelas posé à même le sol. Une faible lumière filtrait par les barreaux d'un petit soupirail placé bien trop haut pour qu'il puisse voir à travers, même s'il pouvait se mettre debout. Debout...

— Non…

Il s'assit, réalisant avec terreur que toutes ses sensations lui étaient revenues au niveau des jambes. Il enfouit sa tête entre ses mains, se concentrant au maximum… et rien… c'était le néant… il était seul, totalement seul…

— Non… c'est impossible !

Refusant de céder à la panique, il tenta de rassembler ses derniers souvenirs. Il avait dîné avec Hank tout en parlant des travaux qui venaient de se terminer et des professeurs qui devaient arriver dès la semaine suivante. Après avoir lu un peu dans son bureau, il était parti se coucher. Comme chaque soir, sa dernière pensée du jour avait été pour Erik. Il s'était demandé où se trouvait son amant et s'il allait bientôt lui revenir. Il avait vite sombré dans le sommeil… et rien d'autre ne lui revenait. Comment avait-il pu atterrir dans cet endroit, quel qu'il soit ? Il retenta d'utiliser ses pouvoirs, mais il finit par se rendre à l'évidence : la ou les personnes qui l'avaient enlevé s'étaient débrouillées pour lui injecter un sérum similaire à celui créé par Hank, le rendant ainsi totalement vulnérable. Frissonnant de peur, il se recroquevilla sur le matelas, priant pour que son enlèvement soit vite découvert et que ses amis partent à sa recherche.

— Erik… retrouve-moi…


Erik fit une entrée fracassante dans le manoir à l'aube. Hank l'attendait dans le hall, marchant de long en large.

— Tu as trouvé quelque chose ? Demanda le nouveau venu, retenant à grand peine sa colère.

— Rien. Il n'y a aucune trace d'intrusion, ni dans sa chambre ni aux alentours.

Sans un mot, Erik grimpa quatre à quatre les marches menant à l'étage. Il avait besoin de constater les faits par lui-même. Comme Hank le lui avait dit, le fauteuil de Charles était toujours là où il l'avait laissé la veille, près de son lit. Les draps étaient froissés, preuve que le télépathe s'était bien couché. Rien d'autre dans la pièce ne semblait dérangé. La fenêtre était fermée de l'intérieur. Si Erik n'avait pas été certain qu'Azazel était mort, il aurait dit qu'il s'agissait là de l'œuvre du téléporteur. Mais, après tout, rien ne prouvait qu'un autre mutant ayant le même pouvoir, ou un pouvoir similaire, ne se promenait pas dans la nature…

Il se laissa tomber sur le lit en soupirant profondément. Il n'était pas du genre à laisser tomber, mais il ne voyait pas comment faire pour retrouver Charles sans aucun indice. Si les rôles avaient été inversés, son amant n'aurait eu qu'à utiliser le Cerebro pour le localiser. Il se sentait totalement impuissant et il détestait ça. Les poings serrés, il se releva d'un bond, faisant sursauter Hank qui parcourait la pièce du regard, incertain sur la conduite à tenir.

— Qu'allons-nous faire ? Demanda le jeune scientifique.

— Le retrouver.

Les poings sur les hanches, Hank lança :

— Et tu comptes faire ça comment ?

Erik ne répondit pas. Il se précipita dans le bureau de Charles, l'autre homme sur ses talons. Alors qu'il fouillait dans les tiroirs, le scientifique s'exclama :

— Si tu me disais ce que tu cherches, je pourrais peut-être t'aider !

Sans céder sa fouille, Erik grommela :

— Je suis sûr qu'il a gardé les fiches des mutants qu'il avait trouvé avec le premier Cerebro.

Hank soupira :

— Elles ne sont pas là.

— Alors où ?

— Suis-moi !

Ils descendirent au sous-sol du manoir. Erik écarquilla les yeux devant les installations qui équipaient à présent les lieux.

— Vous faites quoi ici tous les deux ? Demanda-t-il au bout d'un moment.

— Charles a prévu des salles d'entraînement pour les mutants dont les pouvoirs sont… disons instables ou dangereux. Et il fallait également un endroit pour mettre en lieu sûr le nouveau Cerebro.

Tout en parlant, ils arrivèrent devant un mur blanc, nu. Surpris, Erik se tourna vers Hank qui l'ignora et posa la main sur le panneau en face de lui. Un cliquetis se fit entendre, puis le mur pivota, dévoilant une pièce cachée. Lorsqu'ils furent entrés, le mur se referma automatiquement derrière eux. Erik désigna les nombreuses étagères encombrées de papiers et d'objets divers et variés.

— C'est quoi tout ça ?

— Mes recherches… et des choses que Charles veut garder en sécurité, loin de…

Il s'interrompit, visiblement embarrassé.

— Loin de moi ? Souffla Erik d'un ton plus amusé que vexé.

— Prévoir l'avenir ne fait pas partie de ses pouvoirs. Il ne pouvait donc pas deviner que vous alliez vous réconcilier. Et il voulait être sûr que tout ceci ne tomberait jamais entre de mauvaises mains.

— Je suppose que lui et toi êtes les seuls à avoir accès à cette pièce.

— Exactement. Ah, voilà !

Hank lui tendit un épais classeur noir.

— Tous les mutants que nous avons répertoriés à l'époque sont là-dedans.

Erik prit le classeur et s'installa à l'unique table présente dans la pièce. Hank se pencha par-dessus son épaule alors qu'il parcourait rapidement les pages.

— Tu cherches quoi ?

— Un mutant capable de se téléporter.

— Azazel…

— … est mort. J'ai besoin de savoir s'il y en a un autre. Ou, encore mieux, si l'un d'eux aurait un pouvoir qui nous permettrait de localiser Charles.

— Attends ! On ira plus vite à deux !

Hank ouvrit les anneaux, ôta la moitié des pages du classeur, puis alla s'installer par-terre pour se mettre lui aussi à la recherche d'un mutant qui pourrait les aider.


Charles ne savait pas depuis combien de temps il était enfermé. Il était perturbé par la perte de ses pouvoirs. La première fois, lorsque Hank avait utilisé sur lui son sérum et lui avait rendu l'usage de ses jambes, il avait béni la disparition des voix dans son esprit. Il avait passé des années dans une sorte de brouillard, refusant de voir que ses pouvoirs étaient beaucoup plus importants que tout le reste. Il avait fallu qu'il retrouve Erik, cet homme qui lui avait fait tant de mal mais qu'il ne parvenait pourtant pas à haïr, pour qu'il accepte enfin son destin. Ses pouvoirs étaient bien trop importants pour qu'il se permette de les brider ainsi. Mais, aujourd'hui, ils avaient à nouveau disparu, le laissant seul, désespéré et à la merci de la moindre attaque physique ou mentale.

Il soupira, puis se redressa. Malgré la peur qui lui nouait les entrailles, il ne devait pas abandonner tout espoir. Il se leva lentement, peu sûr de la force de ses jambes nouvellement retrouvées. Le soupirail était vraiment trop haut. Tout ce qu'il pouvait voir, c'était que le jour commençait à décliner. Il avait faim et soif, mais c'était supportable, preuve qu'il n'était pas enfermé depuis plus d'une journée. Il fit le tour de la pièce, sondant les murs à la recherche de la moindre ouverture. En vain. Le soupirail semblait être la seule entrée de la pièce. Pourtant, il était bien trop petit pour qu'il ait pu passer à travers.

Il se rassit, réfléchissant rapidement. Seul un pouvoir de téléportation, ou similaire, pouvait expliquer comment il se retrouvait dans cette pièce sans porte ni fenêtre. Erik lui avait dit qu'Azazel était mort. Donc ça voulait dire qu'au moins un autre mutant était doté de ce genre de faculté. Il essaya alors de se remémorer les pouvoirs de ceux qu'il avait localisés lors de sa première utilisation du Cerebro.

Au bout d'un moment, il abandonna, ne parvenant pas à se concentrer suffisamment. Il espéra que sa disparition avait été constatée et que Hank avait eu l'idée d'aller consulter leurs archives. Ses pensées s'envolèrent encore une fois en direction d'Erik. Comment son compagnon allait-il réagir en apprenant qu'il avait disparu ? Et surtout, comment allait-il pouvoir le retrouver ?


Erik était frustré et avait de plus en plus de mal à conserver son calme. Cela faisait des heures qu'avec Hank, ils épluchaient les fiches, en vain. Alors qu'il commençait à désespérer de trouver quoi que ce soit susceptible de les aider à retrouver Charles, la voix du scientifique s'éleva soudain :

— J'ai quelque chose !

Hank se leva et posa la fiche devant Erik. Celui-ci lut à voix haute :

— Marcus Wilkins. Capacité : téléportation. Pourquoi ne l'a-t-on pas recruté à l'époque ?

— Il avait douze ans.

— Donc, il est maintenant adulte… et il pourrait être celui qui a enlevé Charles. Localisation : Orphelinat St Joseph, Brooklyn, New York.

Erik soupira profondément en se pinçant l'arrête du nez.

— Ça ne va pas nous aider beaucoup. Il pourrait être n'importe où à présent.

— C'est déjà un début. Je vais voir si je peux obtenir des renseignements sur lui. Je reviens.

Avant qu'il ait pu lui demander comment il allait obtenir ces informations, Hank avait quitté la pièce en courant. Erik consulta à nouveau la fiche de Wilkins. Il sentait la colère gronder en lui. Elle était là, juste sous la surface, ne demandant qu'à exploser. Soudain, il fut incapable de rester plus longtemps enfermé dans cet espace exigu. Il se précipita vers la porte que Hank avait laissée ouverte et sortit à grand pas du manoir. Une fois dehors, ses pas le conduisirent à l'endroit où, bien des années plus tôt, Charles lui avait appris à canaliser ses pouvoirs. Se retrouver dans ce lieu précis décupla sa peur. Les jambes coupées, il se laissa tomber à genoux, les poings serrés sur les cuisses, la tête baissée.

— Charles, ne m'abandonne pas… Je suis désolé… tellement désolé…

Il sentait les larmes rouler sur ses joues, mais ne les essuya pas. Il avait besoin d'évacuer sa peur par un moyen ou un autre. Et ce moyen-là était bien moins dangereux pour tout le monde que l'autre.


Charles était fatigué. Il avait faim et soif. Et il commençait également à avoir un peu froid. Son pyjama était plutôt léger et l'air se rafraîchissait de minute en minute. Il se recroquevilla un peu plus sur le matelas, espérant que la personne qui l'avait emmené là ne l'avait pas oublié. La nuit était à présent tombée presque totalement. Ses pensées partirent à nouveau en direction d'Erik. Afin de ne pas céder à la peur et à la panique, il se remémora tous les bons moments qu'ils avaient vécus ensemble. Et, peu à peu, il plongea dans le sommeil.

Il ouvrit les yeux sur une plage ensoleillée qu'il ne connaissait que trop bien. L'endroit était désert. Il n'y avait aucune trace du combat qui avait eu lieu dans cet endroit, bien des années plus tôt. Il se tourna vers l'océan, contemplant un long moment les flots calmes qui venaient mourir sur le sable. Puis, il sentit une présence familière derrière lui. Il se retourna vivement, mais il n'y avait personne.

Erik ?

L'air sembla soudain se troubler devant lui. Une silhouette apparut, d'abord indistincte, puis de plus en plus précise. Erik était à genoux sur le sol, les poings serrés sur les cuisses, la tête baissée. Son corps était transparent, comme celui d'un spectre. Charles s'approcha doucement, perplexe. Finalement, il se laissa tomber à genoux face à son compagnon qui semblait ne pas avoir remarqué sa présence.

Erik ?

L'autre homme ne réagit pas. Charles vit les larmes qui coulaient sur les joues de son amant. Il tendit la main pour les essuyer mais ne rencontra que le vide.

Erik !

Il soupira profondément, comprenant qu'il ne s'agissait que d'un rêve. Il était seul, enfermé dans cet endroit inconnu, persuadé qu'il allait y mourir. Pourtant, son instinct de survie était plus fort. Son amour pour Erik était plus fort. Il se concentra, puisant tout au fond de lui les microscopiques bribes de son pouvoir que le sérum n'avaient pas effacées.

Erik… je t'en prie… j'ai besoin de toi !


Erik n'avait pas bougé et pourtant il y avait eu un soudain changement d'atmosphère autour de lui. Il sentait les rayons ardents du soleil réchauffer sa peau alors qu'une fraction de seconde plus tôt, il était sous un ciel gris, presque pluvieux. Au même moment, une voix familière s'insinua dans son esprit, le frappant aussi durement qu'un coup de poing en plein ventre.

Erik… je t'en prie… j'ai besoin de toi !

Il se redressa vivement et croisa le regard angoissé de son compagnon.

Charles ?

Il reconnut instantanément l'endroit pourtant rien d'autre n'importait que le sourire de son amant face à lui. Il voulut le prendre dans ses bras, mais le Charles Xavier qu'il avait en face de lui n'était qu'une image, une visualisation de l'esprit de son amant. Celui-ci s'exclama d'un ton soulagé :

Tu m'entends enfin !

Où es-tu ?

Dans une sorte de cave sans porte ni fenêtre. Je me suis réveillé là-bas et je n'ai vu personne depuis que j'y suis.

Donc c'est bien un téléporteur qui t'a enlevé. Hank en a trouvé un dans les fiches de tes archives, Marcus Wilkins. Il est parti se renseigner pour essayer de localiser ce Wilkins. Je… je t'ai entendu m'appeler… la nuit dernière.

Charles fronça les sourcils.

Je ne m'en souviens pas. Ils m'ont injecté du sérum, Erik. J'ai retrouvé mes jambes mais j'ai perdu mes pouvoirs.

Alors… comment as-tu fait… ça ? Demanda son amant en désignant la plage autour d'eux.

Je pense que les effets du sérum sont en train de se dissiper. Ou alors, je suis vraiment en train de rêver cette conversation…

Tu ne rêves pas, Charles. Je suis bien là… Enfin, mon esprit est là. Et mon corps est au manoir, à l'endroit où tu m'as appris à contrôler mes pouvoirs.

Un éclair de compréhension travers le regard du télépathe qui souffla :

Je comprends mieux… c'est à cet endroit que nous avons partagé l'une de nos premières connexions mentales… et l'intensité de notre lien doit être canalisé par l'énergie résiduelle qui s'y trouve encore.

Après autant d'années ?

Charles hocha la tête en souriant, puis reprit un air grave.

Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir maintenir le contact… ni si je serai en mesure de le rétablir.

Je te retrouverai. Et je ferai payer ceux qui s'en sont pris à toi.

Erik ! Tu sais ce que je pense de la violence !

Oui, ma mâchoire s'en souvient encore, sourit son amant. Je…


La connexion fut brutalement rompue alors que Charles était éveillé en sursaut par un bruit sourd. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre ce qui venait de se passer. Il faisait toujours nuit. Sa cellule n'était éclairée que par un faible rayon de lune. Pourtant, il aperçut rapidement le plateau-repas qui avait été déposé près de lui. Il dut se faire violence pour ne pas se jeter sur la nourriture et tout engloutir en quelques secondes.

Pendant qu'il se forçait à manger lentement, il revécut en pensées sa connexion avec Erik. Il avait encore du mal à croire qu'il avait réellement parlé avec son amant. Pourtant, tout au fond de lui, il savait que c'était réel. Et un regain d'espoir envahit son cœur.

Il termina son repas et se réinstalla sur le matelas, espérant se rendormir et retrouver son lien avec son compagnon. Cette fois-ci, le sommeil ne vint pas. Et plus il essayait de le faire venir, plus celui-ci le fuyait. Soupirant profondément, il se rassit, frissonnant alors que son dos rencontrait le mur froid derrière lui. Que n'aurait-il pas donné pour une couverture !

Les yeux clos, le corps engourdi, il finit par sombrer dans une sorte de demi-sommeil agité. Alors que ses pensées s'égaraient dans de multiples directions, sans but précis, il sentit comme une présence près de lui. Il lui fallut moins d'une seconde pour s'éveiller et ouvrir les yeux. Son regard se posa d'abord sur des pupilles rouges fixées sur lui, puis sur le visage tendu d'un inconnu à la peau blafarde, encadré de cheveux blancs comme neige. Avant qu'il ait eu le temps d'ouvrir la bouche ou d'utiliser ses pouvoirs, une aiguille fut plantée dans la peau de son bras. Il sentit un liquide glacé s'insinuer dans ses veines alors qu'une douleur horrible irradiait dans son dos. Il se tordit sur le matelas en gémissant. Lorsque la douleur reflua, elle fut remplacée par une intense nausée qui l'empêcha de se redresser pendant de longues minutes. Enfin, la pièce cessa de tourner autour de lui. Il rouvrit les paupières et constata sans surprise que l'inconnu avait disparu, ne laissant derrière lui qu'un nouveau plateau-repas garni. Encore nauséeux, Charles se sentit incapable de manger pour le moment. Il s'assit lentement et essuya d'un revers de la manche les larmes de douleur et de frustration qui avaient coulé sur ses joues. Une colère soudaine remplaça tous les autres sentiments. Il hurla :

— Qui êtes-vous ? Pourquoi me faites-vous ça ? Que voulez-vous ?

Bien entendu, il n'obtint aucune réponse. Il se retint à grand peine de donner un coup de poing dans le mur près de lui. Il prit plusieurs grandes inspirations pour faire retomber sa colère. Il se concentra, essayant de retrouver sa connexion avec Erik, mais bien sûr, il en fut incapable. Alors il se recroquevilla une nouvelle fois et se prépara à attendre… encore…