Disclamer : La série ne m'appartient pas. Once Upon a Time appartient à la ABC.

Je voulais remercier la Guest qui a laissé une super review sur "Un personnage inexistant". J'espère que tu repasseras par ici... ^^

Bonne lecture !


Regina s'était enfuie. Emma avait essayé de la suivre mais Hook l'en avait empêchée, lui disant que la reine préfèrerait être seule. Cependant, le cœur d'Emma n'était plus à la fête. Alors, en fin de soirée, elle se rendit chez la Mairesse. La demeure était imposante et sortait du cœur de la nuit, mais ce n'était la maison que redoutait Emma.

Elle toqua doucement et appela la propriétaire. Regina ne dit rien. Ses jambes n'avaient pu la porter plus loin que le pas de sa porte. Elle était assise, le dos appuyé contre la porte, le froid de celle-ci lui rappelant le froid en son cœur. Non, son cœur n'était pas froid, sa souffrance en attestait. Il était vide.

« Regina, je suis désolée. Ouvre-moi. »

La brune écouta la tirade de la Sauveuse. Elle disait qu'elle comprenait le fait d'être poursuivie par ses vieux démons, qu'elle était désolée, terriblement désolée. Emma réalisait qu'une bonne action n'était qu'une affaire de point de vue. Elle avait sauvé une femme et détruit Regina. Encore. Emma s'excusa pour tout : pour Henry qu'elle avait voulu lui prendre, pour ne pas l'avoir crue quand elle disait ne pas avoir tué Archie, pour le décès de sa mère. Emma s'excusa d'exister car en grossissant le trait c'était là toute la cause du chagrin de Regina : Emma avait tout saccagé. Tout ce que Regina construisait volait en éclat dès que la Sauveuse était là.

La voix d'Emma se fit plus basse. Ses excuses devinrent des prières murmurées. La porte demeura fermée. Des gouttes salées roulèrent sur les joues de la blonde, de colère, de tristesse. Elle s'en voulait mais rien ne pourrait effacer le retour de Marianne. Elle apposa sa main sur la porte, comme si ceci lui permettait d'approcher Regina. Tout ce qu'elle pouvait faire c'était parler. Les mots ne peuvent défaire les actes et c'est là toute la fatalité.

Une fois que la blonde fut partie, Regina se redressa. Elle était fatiguée d'avoir pleurée, fatiguée de cette vie. Elle avait fait de son mieux pour devenir gentille, devenir une héroïne. Mais le fait est qu'un acte héroïque n'efface pas tout une vie de sévices. Elle était en colère contre elle. Elle était son pire ennemi sur le chemin du bonheur. Tout ce qu'elle touchait finissait par se faner, mourir et disparaître.

Elle brisa tout ce qui passait à sa portée : vases, verres, bibelots. Elle les brisa en mille morceaux. Elle cassait ses objets mais c'est son cœur qu'elle anéantissait. Elle pleurait, hurlait. Elle criait contre elle, contre Robin contre Marianne, contre Emma. Quand il n'y eut plus rien à jeter, plus rien à briser, elle prit le temps de regarder sa maison. La demeure est à l'image de celui qui y vit.

Les rideaux étaient déchirés. Des cadavres d'objets jonchaient le sol. Tout était déchet. Tout n'était qu'un paysage de désolation. L'apparence austère de le noble bâtisse n'était plus. Il n'y avait plus que Regina, une femme brisée brisée par sa famille, par les autres, par la vie.


La blonde quitta le domicile de Regina. Elle marchait d'un pas vif. Elle essuya ses larmes d'un revers de main. Elle repassa devant le Granny's et vit Robin qui aidait à ranger les chaises. Le cœur de la Sauveuse se gonfla de colère. Elle s'approcha de lui et le défia du regard.

-« Comment t'as pu lui faire ça ? Comment ? Tu sais qu'elle t'aime au moins ? Ou alors t'es trop CON pour le voir ! Tu devrais crever pour l'avoir abandonnée. Et pourquoi tu t'es écrasé devant ta bonne femme hein ? Pourquoi ?

- Calmez-vous my lady...

- Je suis pas ta lady ! Puis c'est quoi ces présentations ? 'Salut chérie je te présente Regina' ?

- C'était important... »

Soudain Emma réalisa une chose. Robin n'avait pas été choqué d'apprendre que Marianne avait été tuée par Regina. Il n'aurait jamais été aussi calme, autrement. Ca voulait dire que...

« Putain tu savais qu'elle l'avait tuée ?! Tu savais et tu es sorti avec celle qui avait tué ta femme ?! »

Elle ne lui laissa même pas le temps de répondre. Elle lui mit violemment son poing dans la figure. Il était ignoble. Emma presque sûre que « sortir avec la meurtrière de son épouse » figurait dans la définition de « éthiquement incorrect ». Elle le frappa encore et jura. Elle était dans une colère noire. C'est David, alerté par les cris, qui sépara sa fille de Robin. La blonde se débattit, voulant en découdre avec le voleur.

Finalement exténuée de son voyage et des évènements de la soirée, elle s'évanouit dans les bras de son père.


Henry avait rejoint sa mère brune dès les premières lumières du soleil. Il ne voulait pas qu'elle se sente seule et fasse quelque chose qu'elle finirait par regretter. Il lui parlait du dernier livre qu'il était en train de lire, espérant chasser les idées noires de sa mère et le sujet « Marianne ». Regina avait passé son bras autour de celui de son fils et ils marchaient côte à côte.

La brune vit Marianne et Roland un peu plus loin. Elle fit mine de ne pas les voir afin d'éviter une nouvelle confrontation avec la femme de Robin. Cependant ils entendirent tous deux distinctement Marianne dire à son fils qu' « il ne fallait pas qu'il s'approche de Regina car elle était l'Evil Queen, la méchante femme qui avait voulu la tuer. »

Les yeux de Regina s'humidifièrent. Henry se sentit gonflé de courage.

- « Arrêtez de dire du mal de ma mère, cracha-t-il.

- Je ne fais que dire la vérité, argua Marianne.

- Vous..., commença-t-il.

- Henry... »

Regina posa sa main sur le bras de son fils pour lui intimer le silence. Ceci ne ferait qu'atiser la haine et la brune ne savait que trop bien où ceci menait. De plus, Roland était présent et la Mairesse ne voulait pas qu'il assiste à ce combat de rue. Marianne ne lâcha rien et profita du silence d'Henry pour continuer sa longue tirage visant à rabaisser et injurier Regina.

Emma arriva, un sac de chez Granny's ainsi qu'un café à la main.. Elle éprouvait quelques difficultés à trouver le sommeil. Son visage se durcit et elle lança un regard noir à Marianne.

- « Je vous conseille d'arrêter tout de suite.

- Pourquoi ? C'est l'Evil Queen après tout.

- Ici, trente ans ont passé. L'Evil Queen est morte, il ne reste que Regina. Alors tâchez d'évoluer aussi. Je vous interdis de lui adresser la parole, de l'approcher ou même de la regarder. Emmerdez-là et je vous coffre. C'est bien clair ? Si elle l'approche, dis-le moi Henry. Bonjour Regina » ajouta-t-elle encore à l'intention de son fils et de la brune.

Elle tourna les talons et les planta là au milieu de la rue. Marianne prit Roland dans ses bras et partit. Regina resta bouche bée devant la scène et Henry sourit, fière qu'Emma ait défendu, une fois encore, sa mère.


La Sauveuse était à fleur de peau. Elle n'admettait aucune critique envers Regina de la part de quiconque. Il y avait ceux qui n'accordait guère d'importance à cette histoire, ceux qui plaignaient Regina dans l'ombre et ceux qui médisaient sur elle.

Grumpy était au bar, buvant peut-être déjà sa troisième bière en ce début d'après-midi. Emma passait en coup de vent pour se prendre un café.

« Alors, la reine a pété une durite ? » demanda le nain.

Emma ne répondit pas. Elle soupira d'énervement mais ne pipa mot. Si elle commençait, elle ne pourrait pas s'arrêter. Leroy ne semblait pas sentir le danger et il reprit :

- « Elle n'a que ce qu'elle mérite.

- Ferme-la.

- Le monstre paye enfin ses dettes. Comme quoi il y a une justice en ce bas monde.

- Je t'ai dit de la fermer ! »

Emma explosa et cola un coup de poing au nain qui vacilla de sa chaise. Il se releva et chargea la blonde dans le but de lui saisir les jambes pour la faire basculer au sol. Elle le frappa avec rage en hurlant. Au sol, elle lui donna un furieux coup de pied dans le tibia et se releva. Elle le saisit par le col de sa veste et essaya de le soulever à sa hauteur. Elle cracha des insultes, injures.

« Ce n'est pas parce que tu ne crois plus au bonheur, qu'on doit tous finir comme toi », vociféra-t-elle, menaçante.

Elle défendait Regina bec et ongles, devant tout le monde. Dès que son prénom était prononcé, la blonde avait le regard qui s'assombrissait, près à répéter l'inlassable et perpétuelle même bataille. Dans ses moments les plus calmes, elle vociférait des arguments visant à la défendre.

La Mairesse avait entendu des échos de cette croisade menée en son nom. Elle blâma Emma pour ce comportement puéril. Cependant, ce comportement l'amenait à la considérer autrement. Personne jusqu'alors ne l'avait défendue avec tant de hargne.


Robin filait de nouveau le parfait amour avec sa Lady Marianne ou il serait plus juste de dire qu'il n'avait pas eu le courage de se défaire de sa femme pour aller avec son True Love. Ladite femme faisait allégrement du copinage avec Snow. Si Regina en était dégoutée, elle ne pouvait manifester ouvertement sa haine. Elle n'avait que ce qu'elle méritait.

Emma et Hook étaient devenus un couple. La Mairesse en était outrée. Comment la blonde avait-elle pu choisir un type pareil comme beau-père pour leur fils ? Le pire dans tout cela, c'est qu'elle n'avait réalisé l'importance de cette femme à ses yeux qu'après le départ de Robin et l'installation de Hook en tant que « petit copain officiel de la Sauveuse ».

Elle soupira en se massant les tempes, les yeux fermés. Que pouvait-elle y faire dans le fond ? Pas grand chose... Si la blonde avait de piètres goûts en matière de partenaire, elle ne pouvait rien faire pour rectifier le tir. Elle sourit à sa propre pensée.

Elle soupira une nouvelle fois et se décida à mettre fin à cette montagne de paperasse avant la fin de la journée.

Elle s'accorda sa fin d'après-midi et s'adonna à la préparation d'un gâteau pour le retour de son fils. Quelqu'un sonna à sa porte. Elle se lava les mains et partit ouvrir à son invité surprise.

Sur son perron, se tenait une femme blonde qu'elle n'avait pas vue depuis longtemps.

« Regina, quel plaisir de te voir. »

Et sans aucune autre forme d'introduction, la blonde gifla Regina. Cette dernière ne dit rien, autant surprise par sa présence que par son geste.

- « J'estime que ce n'est pas cher payé pour tout ce que tu m'as fait endurer.

- Maleficent... »


La jeune et douce Regina était devenue l'Evil Queen impitoyable dont l'histoire ne tarit pas les crimes. Inutile de dire à quel point elle fut surprise de trouver une fée dans ses appartements. Après Tinkerbell, elle croyait que c'en était fini de la gentillesse des fées envers elle.

Elle discuta néanmoins avec cette dernière. Elle se surprit à sympathiser avec elle. Ceci n'était pas arrivé depuis fort longtemps. Lorsque Regina osa enfin lui demander la véritable raison de sa venue, la fée donna une réponse franche :

« Je ne sais que trop bien où la perte d'un être cher peut nous mener. J'ai perdu trop de temps à essayer de me venger du Ténébreux. Je veux t'aider. »


La blonde entra et trouva seule le chemin du salon. La maitresse de maison l'y suivit.

- « Que me vaut le plaisir de ta visite ?, demanda-t-elle.

- Oh des broutilles... Je suis passée d'une forme monstrueuse dans un sous-sol à l'Enchanted Forest où j'ai retrouvé mon corps.. Pour finir de nouveau à Storybrooke.

- Pourquoi n'es-tu pas venue me voir avant ?

- Tu avais... de la famille, je ne voulais pas m'incruster, sourit Maleficent.

- Tu comptes te venger ?

- C'est déjà fait. Je t'ai giflée, j'estime que c'est suffisant. J'ai renoncé à la vengeance depuis longtemps.

- Donc... Pourquoi es-tu ici ?

- Pour le copinage, naturellement. Quoi d'autre ? »

Alors que Regina allait répondre, Henry passa la porte en trombe, Tink à sa suite.

« Salut. Emma avait du boulot alors j'ai ramené Henry. En plus il m'a dit que tu ferais un gât..., commença à expliquer la fée verte avant de s'interrompre. Oh mais c'est... ! C'est Maleficent !, s'exclama-t-elle.

- Bonjour, répondit cette dernière. Je suis ravie. Et vous êtes ?

- Tinkerbell. Mais appelez-moi Tink.

- Oh...La fée qui a défié la Fée Bleue.

- Sans succès, comparée à vous.

- De quoi vous parlez ? » demanda Henry en entrant à son tour dans le salon.

Le jeune garçon était heureux de rencontrer Maleficent. Il lui demanda si elle avait vraiment endormie Aurore par pure méchanceté. Sa mère le réprimanda, lui disant que c'était incorrect.

- « Je ne suis pas maléfique. Maleficent est un... doux surnom que m'a donné la Fée Bleue, sourit-elle tristement.

- C'était quoi votre nom avant ?, demanda Henry.

- Violetta, grimaça l'intéressée. Mais je ne l'aimais guère aussi j'ai gardé Maleficent.

- Pourquoi vous a-t-on appelée comme ça ?

- Laisse-moi te raconter...


La fée alors nommée Violetta était alors douce et gentille. Ne trouvant d'autre moyen, elle fut contrainte d'endormir la jeune Aurore. L'enfant alors âgée de dix ans fut piquée à la point d'une quenouille. Elle ne se réveillerait de ce maléfice qu'avec un True Love Kiss.

Maleficent l'allongea dans un lit où l'enfant semblait dormir d'un sommeil léger, loin de tout danger.

La Fée Bleue apparut. Elle était horrifiée par ce que Violetta avait fait.

- « Comment as-tu pu ?! Est-ce donc vrai ? Tu as tué la reine ?

- Je...

- Tu as tué sa fille également ?!, s'exclama-t-elle en voyant Aurore.

- Elle est endormie.

- C'est un sort, je sens ta magie. Pourquoi détruis-tu tout ? Pourquoi fais-tu le mal autour de toi ? Tu n'es pas digne d'être une fée...tu es si...maléfique. Ton nom ne reflète pas ton âme. Tu es Maleficent !

- Alors je serais ainsi...

- Oh non, tu n'es plus une fée. Je ne crois plus en toi. »

Pourtant, malgré ces mots lâchés, les ailes de Maleficent ne lui furent pas retirées. La Fée Bleue essaya de lui répéter, de lui crier qu'elle ne croyait plus en elle mais rien ne se produisit.

- « Mais...Comment...Comment... ?

- Il y a quelqu'un qui croit en moi. Vous ne pouvez rien y faire » lui expliqua la fée violette d'un ton morne.

Et c'est sur ses mots que Maleficent disparut.


- Tu as défié la Fée Bleue ! Tu es mon héroïne !, s'exclama Tink avec admiration.

- Mais pourquoi, toi, as-tu perdu tes ailes ?, demanda Regina à son amie.

- Je n'étais pas une fée depuis longtemps, étaya cette dernière en haussant les épaules. Blue a cessé de croire et moi et...comme personne n'avait foi en moi...

- Au fait, Tinkerbell, appela Henry, d'où vient ton nom ?

- J'étais une fée enthousiaste, sourit-elle en ressassant quelques souvenirs. Je volais, filais comme le vent faisant sonner carillons, grelots et clochettes. En plus, j'étais souvent en retard pour le couvre-feu et je partais sous le coup des cloches... Les gens m'ont donc surnommée Tinkerbell.

- Ah ça, je ne suis pas étonnée que ton nom reflète ta soif de ponctualité, lui lança la Mairesse pour la taquiner.

- Comment tu es arrivée à Neverland ?, demanda encore le fils de Regina.

- La Fée Bleue m'a exilée..., avoua-t-elle.

- Je croyais qu'elle avait juste pris tes ailes, s'étonna la brune.

- Au départ oui... Mais il se pourrait que j'aie essayé d'organiser une rébellion contre elle... et aussi que j'ai essayé de lui bruler les ailes avec une torche. »

Regina roula des yeux. Maleficent et Henry rirent au tempérament de feu de Tinkerbell dont la représentation de Disney faisait pale figure.

Les quatre compères poursuivirent leur conversation autour du gâteau de Regina. Il était ardu de dire qui était le plus gourmand entre le fils et Tinkerbell. La brune, même si elle n'en disait rien, était contente de retrouver Maleficent qui avait su la comprendre et la conseiller de manière juste – bien que Regina n'ait jamais suivi ses conseils à l'époque.

Quelqu'un toqua à la porte. Regina ouvrit et découvrit Emma.

- « Hey, Regina... Je suis désolée j'avais du boulot alors j'ai demandé à Tinkerbell de prendre Henry et...

- Il est bien arrivé. Ton travail ne doit pas passer avant Henry.

- Si j'avais une patronne moins chiante, je pourrais m'occuper de lui. Puis c'est pas la mort.

- Et comment crois-tu que j'ai...

- Ma' !, coupa le fameux garçon. Tu veux un bout de gâteau ? Il est super bon !

- Non merci Henry, je crois que je...

- Il y a Maleficent à la maison elle est trop cool, reprit-il, et...

- Attends, Maleficent ?, interrogea Emma en se tournant vers Regina. J'envoie Tinkerbell faire du baby-sitting et je me fais engueuler alors que tu laisses notre fils manger du gâteau avec Maleficent ?

- Elle n'est pas méchante, Swan. rétorqua la brune en croisant les bras. De plus, ce qui se passe dans ma maison ne regarde que moi.

-Bonjour. »

Maleficent était à présent dans l'entrée. Elle estimait qu'elle devait clarifier par elle-même la situation. Emma se redressa et la détailla de haut en bas. Cette Maleficent n'avait rien à voir avec ce qu'Emma connaissait. Elle n'avait ni cornes, ni robe noire, ni traîne, si sceptre. Elle portait un jean noir et un top violet foncé. Elle avait les cheveux plutôt long et ondulés. Elle ressemblait à une femme banale en somme.

- « Vous comptez attaquer Regina ?, lança la Sauveuse d'un ton sec.

- Non.

- Lancer une malédiction ?

- Non.

- Nous faire roupiller pendant cent ans ? Parce que Regina et moi on est plutôt expertes dans la levée de sortilèges par un baiser. Enfin...je veux dire...pas ensemble bien sûr, ajouta la Shérif après un silence gêné.

- Je ne compte pas faire quelque chose de ce genre.

- Tuer mon fils ?

- Non plus. Je n'attaque pas les enfants.

- C'est pourtant pas ce que dit le conte, fit Emma suspicieuse.

- Les rumeurs sont fausses et faites pour amuser le petit peuple.

- Je peux donc espérer passer une année tranquille ?

- S'il y a un problème ici, je n'en serait pas la cause » affirma Maleficent.

Emma se retourna vers la brune et lui dit que sa mère avait organisé un diner au Granny's. Avoir eu Neal semblait rendre Snow-White encore plus attachée aux valeurs familiales. Regina accepta, simplement pour pouvoir passer du temps avec son fils. Dieu sait, que Snow était écoeurante de bons sentiments.

- « Je t'inquiète pas, elle est trop occupée à baver sur Neal pour rouler un patin à mon père, plaisanta Emma.

- C'est sensé me rassurer ?, lança la brune avec un discret sourire en coin.

- Non, te présenter la réalité. Neal pleure, bave et parfois, parfois il sourit ou il grimace je sais pas trop. »

Regina lui fit observer qu'elle serait presque jalouse de son frère et Emma s'en défendit. La Shérif de Storybrooke prit congé suite à un appel lui signalant que Leroy avait encore été retrouvé un peu éméché sur le bord de route.


Emma avait ramené le nain chez lui après s'être assurée qu'il décuverait tranquillement. Elle retrouva son bureau et sa sempiternelle montagne de paperasse. Elle ne voyait pas pourquoi elle devait faire tant de rapports dans un patelin où le plus grand danger était un nain alcoolisé... hormis en période faste où ils étaient menacés par la Wicked Witch ou Peter Pan...

La blonde entendit les pas distincts de deux personnes arriver. Elle s'adossa à sa chaise et lâche un profond soupir.

« Pas eux, encore. » souffla-t-elle pour elle-même.

Et c'est ainsi que la Sauveuse fut confrontée aux bonnes intentions de Robin et de sa femme. Depuis qu'elle l'avait ramenée, ils ne cessaient de passer au poste pour se quérir de son état de fatigue, lui ramener un café ou une patte d'ours. Non pas qu'Emma était opposée aux sucreries. Cependant, si elle se laissait faire, elle finirait par devenir le sosie de Petit Jean,ou de Baloo.

De plus, cette gratitude permanente la faisait se sentir encore plus coupable vis-à-vis de Regina. Emma en était même venue à regretter de ne pas avoir égorgé elle-même Marianne dans sa cellule c'est du moins ce qu'elle s'autorisait à penser quand elle était à bout de nerfs.


Emma rejoignit la brune et son fils au Granny's. Il faisait un froid hivernal. Il avait neigé toute la nuit. La blonde avait ressorti son épais bonnet de laine noir pourvu d'un ponpon. Elle sautilla sur la paillasson du restaurant pour faire tomber la neige de ses chaussures.

Elle se jeta presque sur la table où se trouvait Henry et Regina, pour se dérober à Marianne. L'effet fut instantané : à peine était-elle assise sur la chaise, que la compagne de Robin se désintéressa d'elle et retourna à sa discussion avec son mari et son fils. La Sauveuse laissa échapper un soupir de satisfaction.

- « Allez Maman, continua Henry. S'il te plaiiiiit.

- Je ne crois pas que ce soit possible mon chéri, dit sa mère brune.

- Quoi donc ?, demanda Emma tout en faisant signe à Ruby de bien vouloir lui apporter un chocolat.

- Il veut faire un bonhomme de neige mais il fait trop froid.

- C'est le principe de la neige, Regina. On peut pas en avoir en été, sourit la blonde, taquine tandis que la Mairesse roulait des yeux.

- Donc on y va ?, demanda un Henry enthousiaste.

- Yep Gamin. On va se le faire ce bonhomme de neige » affirma sa mère blonde.


Après avoir pris leur petit-déjeuner, les voilà dans le jardin du manoir Mills. La couche de neige était épaisse et craquait sous leur poids. La neige tombait encore dans une moindre mesure. L'air qui s'échappait de leurs bouches formait de petits nuages. Ils étaient habillés chaudement pour faire face aux conditions hostiles de l'hiver.

Emma et Henry se jetèrent dans le jardin pour construire un bonhomme de neige. Regina les rejoignit avec plus de réserve. Elle n'avait jamais joué ainsi auparavant. Henry essayait de former une énorme boule en collectant toute la neige du jardin. La blonde commençait à donner forme à un bonhomme de neige plus modeste. La brune pouffa en voyant la mine discracieuse de la sculpture blanche.

La blonde s'accroupit pour ramasser de la neige afin de consolider sa création. Soudain elle sentit un souffle chaud dans son dos. Elle se releva vivement et vit que la tête de son bonhomme avait fondu.

« Il était tellement laid que j'ai jugé bon d'abréger ses souffrances » avoua Regina d'un ton dramatique.

Devant l'air désabusé de Miss Swan, elle éclata de rire avant de vite cesser, sentant le froid sur son visage. Emma venait de lui lancer une boule de neige. Un échange s'ensuivit et elles se mitraillèrent mutuellement de ces projectiles immaculés. Elles riaient de cette bonne guerre et de cet enfantillage.

Emma la poursuivit. Regina tenta de fuir. La blonde lui sauta dessus dans un « banzai » retentissant lui faisant piquer du nez dans la neige. La brune s'étala de tout son long, face contre le manteau froid de l'hiver, Emma à califourchon sur son dos.

Regina se retourna d'un mouvement pour faire face à la blonde, toujours assise sur elle. Elle avait le visage rouge mais impossible de dire si la neige ou sa colère en était la cause. Emma se redressa et voulut fuir en courant.

La brune tendit le bras, Emma se stoppa dans sa course. Elle ferma le poing et le ramena vers elle. Emma fut jetée à terre et trainée jusqu'à ses pieds.

- « J'exige des excuses.

- Jamais, lança la blonde avec aplomb.

- Dans ce cas, tu l'auras voulu...Emma. »

Et d'une autre main, Regina abattit un tas de neige sur le visage de la blonde qui hurla à quel point il était injuste de sa part d'utiliser la magie. Mais elles riaient encore ensemble, malgré le froid qui les trempaient et leur gelait jusqu'au os.

Henry acheva son bonhomme. Il le trouvait fort réussit. En voyant ses mères s'amuser ainsi, il se demanda comment, à Neverland, il avait pu douter. Comment avait-il pu se sentir abandonné ?


Le petit garçon avait écouté attentivement. Ses parents allaient les abandonner dans la forêt. Il était le moins aimé de sept frères. Il n'avait que sept ans mais était déjà fort malin. Il prit plusieurs cailloux blancs avant que les parents ne mettent en place leur idée sordide. A l'aide de ce chemin constitué, les sept enfants retrouvèrent le chemin du logis.

Les parents avaient touché de l'argent qu'on leur devait depuis longtemps. Lorsque leur progéniture frappa à leur porte, le bucheron et sa femme pleurèrent d'émotions. La mère était fort heureuse d'avoir retrouvé son ainé car il est un peu rousseau comme elle. Le cadet ne comprenait pas pourquoi il n'était pas aussi aimé que son frère : lui aussi était roux pourtant.

L'argent manqua une nouvelle fois. Et pour la seconde fois, le bûcheron et son épouse décidèrent d'abandonner leurs enfants dans la forêt pour qu'ils ne meurent pas de faim devant leurs yeux. Poucet usa de nouveau de son intelligence pour triompher. Il trompa l'ogre chez lequel il était venu chercher la charité, fit passer ses frères pour ses filles. Poucet déroba les bottes magiques de l'ogre qui pouvaient parcourir les lieues et les mondes d'un seul bond.

Poucet fut utilisé pour ramener l'or. Il effectua courses et livraisons et ramena toujours l'argent à ses parents. Ses frères avaient bien vite pardonné le geste ignoble de leurs géniteurs. Le cadet ne leur avait jamais pardonné, il n'avait jamais oublié. Il haïssait ses parents de ne pas l'aimer, haïssait ses frères de toujours l'ignorer.

Poucet ne parlait pas beaucoup mais il était toujours attentif. Cependant, on ne faisait jamais attention à lui. On le méprisait, le rejetait, le bafouait.

Alors un soir, il se mit à sa fenêtre et souhaita de tout son cœur trouver une famille, une maison. Il tendit l'oreille et ouïe une douce mélodie, un air qui enchanta son cœur. L'air était doux et captivant.

Poucet aperçut une tête. Il fronça les sourcils. C'était un garçon et il...volait ? Le mystérieux individu se mouvait doucement comme bercé au gré d'un courant d'air. Il soufflait dans une flute pourvue de plusieurs petits tubes de bois de différentes longueurs.

- « Qui êtes-vous ?, demanda Poucet, inquiet.

- Je suis celui qui a entendu ton appel.

- Quel appel ?

- Mais le tien, répéta le jeune homme en haussant les sourcils. J'ai entendu un petit garçon qui cherchait une famille. Il se trouve que je te cherchais moi aussi.

- … ?

- Tu cherches une famille. Je cherche un garçon exceptionnel. Tu es ce garçon, Poucet. Les garçons perdus n'attendent que toi.

- Les garçons perdus ?

- Oui, c'est ta nouvelle famille. Nous serons une famille si tu es avec nous.

- Mais qui es-tu ?

- Je suis Peter, Peter Pan » sourit le jeune homme vêtu de vert.

Poucet quitta sa famille car cet éternel garçon joueur lui proposait tout ce qu'il avait jamais osé espérer. Peter Pan lui offrait une famille, une place où il existerait. Peter Pan lui offrait une maison où il ne se sentirait jamais abandonné.

Le benjamin des sept frères partit pour Neverland, espérant être plus heureux qu'il ne l'avait été dans cette habitation modeste.


Elle choisit de rentrer à pied. Il faisait froid mais il était agréable de se promener ainsi emmitouflée dans un épais manteau.

Quelle ne fut pas sa surprise de trouver Emma au détour d'un pâté de maison. La blonde ne la remarqua pas : elle était trop occupée à faire du bouche à bouche à son pirate. Elle était étroitement enlacée dans ses bras et seuls les petits nuages provoqués par le froid attestaient qu'ils respiraient encore entre deux baisers.

Regina enfouit son visage dans le col de son manteau, fixa droit devant elle et avança à grandes enjambées. Elle accéléra afin de s'éloigner le plus vite possible d'Emma et de Hook.

L'intéressée se dégagea vivement de son amant en apercevant Regina du coin de l'oeil.

« Regina, je... » commença-t-elle.

La brune n'entendit pas la suite de sa phrase. Elle était déjà loin.

- « Pourquoi te soucies-tu d'elle, Love ?, demanda Killian.

- Parce que j'ai ruiné son bonheur et c'est pas correct.

- Tu ne dois pas te sentir coupable d'être heureuse », lui souffla Killian avant de se pencher vers elle en quête de ses lèvres.

Emma se dégagea de son étreinte. Elle n'avait plus la tête à cela à présent.


Regina pestait. Elle râlait contre Emma qui batifolait librement à la vue de tous, contre ce fichu pirate qui n'avait aucune manière, contre tout ceci qui faisait non sens. Elle ne comprenait pas pourquoi, alors qu'elle avait changé, alors qu'elle avait fait des efforts, on lui refusait encore l'amour. Elle était aussi jalouse d'eux pour cela... Mais était-elle jalouse du fait d'avoir quelqu'un ou du pirate ?

« Qu'est-ce que je ne donnerai pas pour un autre sleeping curse... » lâcha-t-elle entre ses dents.


- « S'il te plait, fais-le pour moi !

- Et si ça ne marche pas ?

- Et bien je dormirai à jamais, déclara la jeune femme avec humour.

- Ce n'est pas drôle.

- Je le sais mais vois-tu, lui confessa-t-elle en prenant ses mains dans les siennes, je souffre trop de cette solitude. Je préfère ne plus jamais me réveiller plutôt que d'endurer encore cette souffrance.

- D'accord, soupira-t-elle. C'est d'accord, Elsa. Mais je tiens à veiller sur toi. »

Elsa sauta au cou de son amie pour lui témoigner sa gratitude. Elle la rassura en lui disant qu'elle avait foi et que tout irait bien. La fée, toute de violet vêtue, n'était pas rassurée par ses mots. Elsa se piqua le doigt et sombra dans un sommeil magique dépourvu de rêve. Violetta veilla à ses côtés, priant pour que son amie ne fusse pas en tort.

Moins d'un an plus tard, un homme se présenta devant Violetta et Elsa endormie. Il déclara que sans savoir pourquoi, son cœur l'avait mené en ce lieu. Il trouva Elsa fort belle et, le cœur déjà épris, il lui donna un baiser le premier qu'il n'eut jamais donné, un baiser sincère.

Violetta vit son amie s'éveiller doucement. Un large sourire ému naquit sur le visage d'Elsa qui enlaça son prince avant de lui rendre son baiser.

- « Mon beau prince, je ne t'attendais plus.

- Tu es pourtant celle que j'ai toujours cherchée, confessa-t-il.

- Comment t'appelles-tu ?

- Stéphane. »

La solitaire Elsa partit au château du futur roi Stéphane qui lui donna tout l'amour dont elle avait manqué jusqu'alors. Violetta était rassurée que son amie ne se soit pas trompée. Il est parfois fort difficile d'éveiller un cœur qui se meurt dans le sommeil.


La Shérif lançait distraitement des fléchettes en direction de la cible. Après tout ce temps passé entre quatre murs, elle était devenue la Guillaume Tell du poste.

Une personne entra. La blonde crut que c'était Regina, venue lui balancer quelques critiques en vue de la taquiner mais elle s'étonna de voir que c'était Maleficent.

- « Je voudrais retrouver Aurore, lui dit-elle.

- Vous comptez la finir en prétextant une séance d'acupuncture ?

- Bien sûr que non. Je n'ai jamais rien eu contre elle. »

Emma doutait. Elle appela Regina.

- « Allo Regina ? Maleficent vient de se pointer au poste...

- Elle a perdu sa licorne ?, demanda la brune à l'autre bout du fil, amusée.

- Hein ? C'est pas un corbeau qu'elle a ? répondit-elle alors que la dénommée Maleficent la regardait en haussant les sourcils.

- Non, laisse c'est... une histoire entre nous.

- Elle demande où est Aurore.

- Et donc ?

- Bah c'est pour savoir si elle compte la trucider ou pas. Il y a aucun problème avec Aurore ?

- Pas que je sache. Maleficent a toujours beaucoup aimé les enfants. »

Emma rit de cette dernière réplique et raccrocha.

- « Je peux vous aider en contrepartie si vous voulez, se proposa la fée.

- Je ne suis pas Rumpelstilskin.

- Pourtant vous auriez bien besoin d'aide...en amour j'entends.

- J'ai déjà Killian, merci.

- Vous n'êtes pas fichue de voir ce que vous avez sous le nez.

- Pardon ?

- Vous pourriez avoir une famille si vous le vouliez.

- J'ai déjà une famille.

- Pas celle que vous désirez pourtant.

- On a pas le choix, c'est la vie, lança sèchement Emma.

- On a toujours le choix, rétorqua Maleficent, Toujours. »


Elsa avait mis au monde des jumeaux. Ils étaient à l'aube de leur vie et marquaient pour leur mère, l'entrée en une existence rayonnante. Elle tenait ses deux nourrissons dans ses bras, tout contre elle afin de les faire profiter de sa chaleur. Le Roi Stéphane incarnait la fierté d'un amant et la bienveillance d'un père.

« Ma douce, souffla la Reine Elsa à son petit bébé, tu es si belle. Tu as la beauté du soleil... Ma petite Aurore. »

Elsa se tourna vers son deuxième bébé : « Mon ange, tu es déjà si fort.. comme ton père. Un véritable petit feu dans la nuit. Aedan... ». Elle plaça son petit doigt dans la main de son fils qui se serra instantanément.


Emma quittait son bureau pour la pause déjeuner. Elle devait retrouver Regina et Henry au Granny's.

« Emma ! »

Elle ne se retourna même pas. Il s'agissait encore de Marianne qui venait la voir pour la remercier ou une autre connerie du genre. La blonde se donna du mal pour avoir l'air naturel et ne pas accélérer le pas. Elle tourna à l'angle d'une rue et vit Regina de dos. Marianne étant encore loin derrière, Emma fit de grandes enjambées pour rattraper la Mairesse. Elle l'attrapa par le bras. La brune en était plus que surprise.

- « Emma qu'est-ce que..?

- Attend s'il te plait, y a Marianne. Parle-moi.

- Heu...je...

- Ahahahah, fit Emma en parlant bien fort. Tu as bien raison. Tu m'as sauvée la vie cette fois-là. »

Et sans prévenir, la blonde prit Regina dans ses bras. Cette dernière resta bien droite, ne sachant comment réagir. Marianne tourna à l'angle de la rue et croisa le regard de la Mairesse. La femme de Robin baissa les yeux et poursuivit sa marche, sans dire un mot.

- « Elle est partie... ?, souffla Emma à l'oreille de Regina.

- Oui, Miss Swan.

- Ah merci ! Elle me court sur le haricot à me suivre comme ça. Je vais finir par la frapper.

- La Shérif aurait-elle un côté evil ?

- Si elle continue, je la change en crapaud, plaisanta la Sauveuse.

- Pour cela, il faudrait que tu prennes des cours.

- Ah bah, puisque c'est proposé si gentillement !, s'enthousiasma-t-elle. Ce week-end c'est bon ? »


Storybrooke accueillait de nouveaux habitants. Ils passèrent au poste pour que la Shériff puisse prendre notes de leurs identités.

Emma haussa les sourcils en voyant que l'un d'eux était un lapin blanc. Elle paria pour elle-même que c'était le lapin blanc d'Alice au Pays des Merveilles...ou Coco lapin de Winnie l'Ourson.

La Sauveuse prit bonne note. Il s'agissait du Valet de cœur, du lapin d'Alice et d'une certaine Anna. Si les deux autres venaient du Pays des Merveilles, la jeune femme disait venir d'Arendelle.

Emma leur souhaita la bienvenue dans la ville et disposa.

« Attendez, l'interppela Anna. Vous n'auriez pas vu ma sœur, Elsa ? »


« Rumpelstilskin ! Rumpelstilskin ! » appela-t-elle désespérément.

Le Ténébreux apparut dans un nuage caractéristique et demanda les termes du contrat.

- « Je veux que vous arrêtiez ma sœur. Elle déchaîne les éléments.

- Qu'as-tu à m'offrir, très chère ?

- J'ai de l'or.

- Je fais de l'or. Tu n'as rien d'autre à me proposer ?

- Je vous donnerai tout ce que vous voulez mais arrêtez-la je vous en supplie.

- Dans ce cas je trouverais une contrepartie en temps voulu. »

Le Ténébreux se munit d'une urne argentée et partit à la rencontre d'Elsa. Le vent, le froid et la neige faisaient rage. Le magicien ne la prévint pas de sa présence et ouvrit l'urne. Le corps de la femme fondit comme neige au soleil et le liquide d'un bleu d'hiver rejoignit la boite enchanteresse. Il la referma d'un mouvement du poignet et rejoignit Anna.

« J'ai décidé de la contrepartie. Je vais garder ta chère sœur. Bonne journée. »

Et sur ses mots il se volatilisa avec le fruit de son contrat.


Emma avait fait l'effort de venir à l'heure. Elle ne voulait pas froisser la brune. Elle savait à quel point son statut était en péril en ce moment. L'accueil était encore un peu froid par moment mais la blonde n'en espérait pas plus. Elle devait se racheter et elle le savait.

Regina les téléporta dans la forêt où l'espace serait assez grand pour l'exercice qu'elle avait préparé.

- « Tu vas apprendre à dévier les boules feu et à te téléporter, expliqua-t-elle à la blonde.

- Si tu voulais me tuer, fallait le dire.

- Si je voulais te tuer, tu serais déjà morte depuis longtemps... »

Avant qu'Emma n'ouvre la bouche, la brune fit naître une sphère de flammes dans le creux de sa main. Elle la lança dans sa direction, prenant garde à viser les flans, de sorte qu'elle puisse éviter le projectile d'elle-même en se déplaçant. Emma du combattre son réflexe qui la poussait à se dévier de la trajectoire. Elle réussit à user de ses pouvoirs pour les diriger ailleurs et parvint même à en éteindre certaines. La blonde n'était pas peu fière d'elle et même Regina esquissait un léger sourire devant la prouesse de son élève.

« Maintenant pour te téléporter, tu dois visualiser où tu veux être. Tu dois t'imaginer là-bas. Ne laisse rien te distraire. Rien. »

Emma l'écouta attentivement. Elle lui fit signe qu'elle avait compris et qu'elle était prête à essayer. Toujours dans le but de mobiliser son instinct de survie, Regina forma une boule de feu. Elle prit soin de les faire le plus petit possible afin de minimiser les brûlures éventuelles. Comme précédemment, elle visa les flans, évitant une attaque trop offensive. Emma réussit d'abord à se déplacer par magie sur la droite, esquivant le mini brasier magique de Regina. La brune renouvela le geste.

Cette fois, Emma commença à rayonner. Une lueur blanche l'entourait. Elle commençait à disparaître. Au dernier moment, elle échoua. Les flammes lui touchèrent la main. La Sauveuse poussa un cri sur le coup de la douleur. Elle posa son autre main sur la brûlure. Regina inspira un grand coup et retint son souffle sur le coup de la surprise. Elle n'aurait jamais pensé toucher Emma. Jamais.

La blonde hissa instinctivement un mur d'eau tout autour d'elle. Le mur était épais qu'on ne pouvait que difficilement deviner la silhouette de la blonde derrière. Regina s'approcha, inquiète. Emma ne semblait pas bouger, comme paralysée par quelque chose. La brune essaya de faire tomber les remparts par magie mais en vain. Elle tendit timidement la main en direction du mur d'eau. Sa main passa au travers sans rencontrer aucune résistance alors elle le franchit entièrement. Elle se retrouva trempée de l'autre côté. Emma tremblait légèrement. Elle semblait perdue dans ses souvenirs.

La brune posa sa main sur son bras. Elle l'appela plusieurs fois pour la faire réagir et la sortir de cet état. Regina jeta un œil à la brûlure : elle était superficielle. D'un geste, elle fit apparaître un sac de glaçons qu'elle apposa dessus pour minimiser la douleur.


On l'avait adoptée, abandonnée de nouveau car ils avaient eu un enfant à eux. Pourquoi garder un enfant adopté alors que l'on allait en avoir un avec son sang ? Elle avait trois ans, encore jeune. Il y avait encore de l'espoir pour trouver une famille.

Un couple voulut d'elle. Des parents la choisirent. Elle était heureuse. Elle pleurait, riait et prenait dans ses petits bras celle qu'elle appelait déjà « maman ». Ils étaient parfaits : aimants, attentionnés, avenants... devant les autres. Le discours était tout autre une fois la porte fermée. La mère n'était pas violente, elle laissait juste son mari faire. Lui n'avait jamais voulu d'enfant et il le faisait payer à la petite blonde.

Emma était si gentille, si adorable. Elle essayait toujours de faire plaisir. Elle donnait beaucoup mais ne recevait que très peu. Sa mère si douce devint froide et distante. Son mari lui reprochait toujours de trop cajoler Emma alors elle se mit à rejeter la petite fille.

Le père s'amusait à la bousculer sans raison, la punir sans motif. Il avait été licencié et noyait son mal être dans la boisson. Qu'il est aisé de se venger sur une enfant. Qu'il est facile de lui faire courber l'échine devant un adulte.

Emma pleurait le soir dans sa chambre. Le jour, elle redevenait elle-même. Elle essayait de rendre service à sa mère, de tout ranger pour faire plaisir à son père. Quand il n'avait pas bu, il était gentil. La petite blonde savourait ses moments de paix avant la tempête qui revenait toujours. Car il semblait que son bonheur jamais ne dure entre ces murs, comme si un instant de bonheur exigeait son lot de tristesse.

Il commença à la brûler avec ses cigarettes. L'odeur de tabac était associée aux vives brûlures la chaleur à la punition. La plupart des cicatrices avait disparu. Cependant il en restait une à sa main. Il avait tellement, tellement écrasé la cigarette contre la chair, elle en était marquée si profondément que le temps n'avait pu l'effacer.

Même s'ils lui faisaient du mal, Emma les aimait. Ils étaient ses parents, sa famille. Elle ne savait qu'une vraie famille ce n'est pas ça. Elle n'avait jamais rien dit. Elle s'était toujours tue. Mais un jour, les enfants ont jasé, les voix des professeurs se sont élevées et Emma a été arrachée à sa famille. On a mis ses affaires dans un sac poubelle. Elle n'était que cela : un déchet dont l'on s'occupe avant de le rendre, un meuble que l'on déplace. Elle hurla. Elle ne voulait pas partir. Elle cria qu'elle serait gentille, qu'elle aurait des bonnes notes. Elle s'égosilla. Ils la regardaient froidement, sans un mot.

Emma détestait la chaleur. Elle haïssait le feu qui brillait, si beau, qui brûlait dès qu'on s'en approchait trop. Elle haïssait qu'on la touche. La chaleur de l'autre donnait une fausse impression de sécurité, on s'attachait, et quand la personne finissait par partir - car ils partent toujours – il ne laissait que le froid et le vide derrière eux.


« Emma... Emma. Ca va ? Je m'excuse, la blessure est minime. Tu n'auras pas de cicatrice. On va au manoir, je vais te donner un cachet contre la douleur. Emma ? »

La blonde ancra son regard dans celui de la brune. Cette dernière était inquiète. Machinalement, Regina caressa doucement le bras de le blonde de son pouce. Emma se rappela où elle se trouvait. Le mur d'eau s'évanouit. Sa main la piquait un peu mais engourdie déjà par le froid de la poche de glace. Rien d'aussi douloureux que ses souvenirs, que sa vie.

La main de Regina sur son bras était chaude. Une douce chaleur comme le soleil. Ce n'était pas brûlant. Ce n'était pas douloureux, non, rien de tout cela. C'était rassurant.


« Comment pourrais-je m'y prendre ? »

Soudain une idée traversa son esprit.

Elle sortit divers ingrédients et les disposa sur la table du grand salon. Elle commença à préparer sa potion. De petits nuages de fumée colorée s'élevaient de temps à autre au fur et à mesure de l'avancée de la préparation. Cependant, elle n'obtenait pas le résultat souhaité. Elle versa le contenu du récipient dans une fiole et se volatilisa chez Gold.

- « Gold, je n'arrive pas à achever cette potion, lança-t-elle en guise de bonjour tout en s'avançant vers l'antiquaire.

- Bonjour à vous aussi Madame le Maire...

- Alors, sais-tu ce qui cloche ?, demanda-t-elle en lui donnant la fiole.

- Et bien..., commença le Ténébreux en observant le liquide, il manque un ingrédient.

- Lequel ?

- Pourquoi prépares-tu une telle potion ?

- Quel ingrédient ?, redemanda la brune, indifférente.

-Ceci ne t'aidera pas. Tu en as conscience ? La magie est une canne sur laquelle tu t'appuies. Tu dois réapprendre à marcher seule.

- Je ne suis pas venue pour un conseil mais pour une réponse. Réponds-moi et donne-moi ton prix.

- Il manque un bout de la personne sur qui tu veux que cela fasse effet. Je pense également que l'aide d'Henry pourrait rendre cette potion plus puissante.

- Pourquoi Henry ?

- C'est le True Believer. Ses paroles sont d'or...

- Que risque-t-il ?, demanda la mère, suspicieuse.

- Rien et c'est là toute la beauté du geste. Il n'a qu'à..parler et son pouvoir agira de lui-même.

- Ton prix.

- Aucun.

- Je te demande pardon ? Avec toi, tout a toujours un prix, rappela Regina en plissant les yeux.

- Dans ce cas, je veux un repas.

- Pardon ?

- Je veux un repas entier porté chez moi.

- Pourquoi ?

- Granny's est bonne cuisinière mais tu es la meilleure de Storybrooke. Et si je peux offrir à Belle un repas digne de ce nom, je ne me le refuserais pas, déclara Rumple dans un sourire.


- « Rumpelstilskin. Pouvez-vous le ramener à la vie ?

- Quand c'est mort...c'est mort.

- Pourriez-vous lui éviter de souffrir ? Elle ne peut pas vivre ainsi.

- Et pourquoi très chère ? Qu'aurais-je à gagner ? Rien qui ait de la valeur. Je refuse de passer un contrat. Quoique tu penses, ce n'est pas de ça dont tu as besoin. »

Et le Ténébreux disparut, abandonnant Violetta à son triste sort. Les larmes ruisselaient sur ses joues. Elle prépara la potion et en enduit la quenouille du rouet, symbole de Rumpelstilskin. La jeune Aurore s'y piqua le doigt et sombra dans le sommeil. La fée la déposa sur son lit. L'enfant dormait paisiblement, loin de l'ombre de la tragédie. Violetta lui en fit oublier jusqu'au plus petit souvenir.

« Tu ne souffrira plus, te le promets. »


La Mairesse rentra chez elle et finit sa potion. Elle y incorpora un cheveu blond et la potion vira du noir pétrole à un vert intense parsemé de paillettes d'or. Henry rentra en début de soirée après avoir mangé avec Emma et ses grand-parents.

Il ôta ses chaussures, laissa son sac dans l'entrée et fila rejoindre sa mère dans le salon. Il fut surpris de voir tout l'étalage de tubes et de récipients en verre sur la table.

- « Je... Je prépare une potion, expliqua la brune.

- Oui, je vois ça. Pour quoi faire ?

- Et bien c'est-à-dire que je... c'est un...secret.

- Pourquoi ?

- J'aurais besoin de ton aide, fit-elle espérant détourner la conversation. J'aurais besoin que tu dises deux mots au-dessus de la potion...

- C'est pour faire quoi ?

- Rien de mal. Ca ne nuira à personne.

- Si je t'aide, tu me diras après ?

- Oui, bien sûr mon chéri » s'empressa d'accepter la brune.

Henry s'approcha de la fiole scintillante. Il était heureux de partager un secret avec sa mère brune. Il était aussi curieux d'apprendre ce qu'elle mijotait... Sa mère lui expliqua les mots qu'il devait dire. Le garçon se mit au-dessus de la potion et murmura, comme sa mère le lui avait demandé : « I believe. »

De sa bouche s'échappa une fine brume dorée qui rentra dans la fiole. La potion changea de nouveau de couleur pour prendre une couleur dorée.

Regina sourit. Visiblement, c'était le résultat qu'elle attendait. Elle se saisit de la potion et l'approcha de ses lèvres. Henry haussa les sourcils, surpris : il ne se serait pas douté que cette mixture était pour sa mère.

La brune l'avala en deux gorgées. Elle regarda ses mains et n'observa aucun changement. Elle soupira de déception. Soudain, son corps se mit à changer et elle sourit : cela faisait effet.


J'ai séparé l'OS en deux pour le rendre plus digeste. En espérant que ça intéressera quelqu'un de lire la suite ^^"