Auteur : Nat.

Disclaimer : Rien n'est à moi, tout est au vénéré Tolkien.

Warnings : Ce recueil de OS est peut-être un peu déprimant… Un peu.

° 30 °

Maedhros saupoudre de sable le bas de sa lettre, pour absorber l'excès d'encre du paraphe qu'il vient de tracer. Il laisse le messager rouler pour lui la missive et la cacheter d'une cire rouge sombre, dans laquelle le grand seigneur roux imprime lui-même son sceau.

« A l'intention d'Ereinion Gil-galad. Veillez à la lui remettre en mains propres. Précise-t-il. Ne revenez pas sans réponse. »

Le coursier acquiesce. Maedhros lui confie le rouleau de parchemin et lui signifie son congé. Son regard reste longtemps attaché à la porte que l'autre elfe referme en partant.

Maglor revient des écuries lorsqu'il croise l'estafette de son frère. Celui-ci lui sourit et le salue avant même d'arriver à son niveau, tout prêt à discuter. Le ménestrel avise son paquetage, ses vêtements de voyage, ses bottes d'équitation. Son œil gris s'arrête une seconde sur la lettre roulée et scellée que l'autre elfe tient dans sa main gantée de cuir. Il n'a pas besoin d'en voir le sceau pour savoir.

Le ménestrel incline la tête en guise de salut, un peu raide. Il prétend une fatigue due à l'exercice, souhaite un voyage rapide et sans encombre à son vis-à-vis et oblique dans le grand salon pour éluder toute tentative de conversation. Il n'a pas envie de parler.

Elrond est dans la grande cour, assis sur le rebord de marbre de la fontaine. Près de lui, Elros est trop occupé à essayer de faire flotter son petit bateau de bain pour prêter attention au trafic des domestiques. Il ne voit pas le guérisseur fureter partout. Il ne voit pas non plus le messager de Maedhros sortir des écuries en tenant son cheval par la bride. Elrond, si. Il le regarde se rapprocher et l'écoute lui dire quelques mots gentils. Elros n'entend pas : il est en train de se faire gronder par sa femme de chambre pour avoir mouillé ses manches.

Le courrier fëanorien enfourche son cheval et Elrond lui adresse un petit signe de la main. L'autre elfe lui sourit avant de lancer son cheval au trot vers les grandes portes. L'enfant le suit des yeux jusqu'à ce que les grilles se referment sur son passage.

« Tu regardes quoi ? » Demande la voix ingénue d'Elros.

Elrond hausse une épaule et se détourne. Il ne répond pas.

°0oOo0°

Fin du premier cycle de cette histoire. Les déboires psychologiques de nos dépressifs préférés se poursuivent dans L'enfant en chemin.

En espérant vous y retrouver si cette première partie vous a plu, je vous souhaite une bonne journée !