Bonsoir à toutes et à tous ! C'est avec émotion que je vous retrouve pour le tout dernier chapitre de cette fanfiction… Au programme : la vision des faits de Dean. Un chapitre qui fait le double des précédents… et qui conclut une fanfiction que je vais avoir beaucoup de mal à abandonner...

Bon sang, je ne sais pas comment vous remercier, tous autant que vous êtes, d'avoir lu et aimé cette fanfiction. Merci à tous pour les reviews, les follows, les favoris… Je ne sais pas comment vous remercier.

Certains d'entre vous ont particulièrement aidé, d'une façon ou d'une autre, à faire avancer cette fanfiction, que ce soit en me donnant (souvent sans même le savoir !) des idées, en m'encourageant, en me laissant des reviews particulièrement instructives…

Mille mercis à Plume-now, Momiji-sama, Loukas-E-Stark, AudeSnape, marianclea, barjy02, stonewhiteclown, Lessa-chan, The girl of the world, Re-ve-enfantin-Tanya, yakusokuyumi, 6Starlight6 pour une idée qu'elle m'a donnée au début de cette fic' et que j'ai utilisée dans ce chapitre, Jadouninette, et tant d'autres…

Je profite de l'occasion pour vous conseiller de lire les fics des auteurs que j'ai cités… Leurs fics sont géniales, allez y jeter un coup d'œil.

Allez lire également les écrits d'une auteur formidable dont les écrits sont plein d'humour et de poésie : Venalosia Zea'rel. Sa fiction Dans la bibliothèque de Gabriel, qui est absolument géniale, ne compte pour reviews que… les miennes. Elle mérite nettement plus de reviews, je vous le garantis ! Allez lire, si vous voulez rire à vous en péter l'aorte, vous serez gâtés ! :D

J'espère vous retrouver très vite pour de nouvelles aventures. Il est possible, si j'ai l'inspiration, que je publie un ou deux bonus à cette fic'… On verra bien ! Sinon, je pense écrire bientôt du Sabriel, sans doute des OS… En tout cas, j'ai hâte de vous retrouver !

Sur ce, je vous souhaite une excellente lecture… J'espère que cet ultime chapitre vous plaira ! On se retrouve en bas pour la review...


Chapitre 15

Et ton homme succombera

Cher Cosmopolitan (barré)

Cher outil des forces démoniaques (barré)

Cher magazine de merde (barré)

Chers envoyés de Crowley (barré)

Hé, vous, là, magazine de mes deux (barré)

Bonjour.

Je m'appelle Dean Winchester. Age, 32 ans, métier, chasseur (et ne me demandez pas de quoi, vous ne voulez vraiment PAS le savoir. Cherchez un peu. Vous prétendez être des génies, vous devriez trouver).

J'ai hésité à vous écrire, en fait. Pas parce que j'ai peur ou que je n'ose pas ou quoi que ce soit d'aussi stupide (n'importe quoi). C'est juste que je pense que Castiel n'apprécierait pas du tout que je le fasse. Et croyez-moi, quand Castiel n'est pas content, c'est dur à vivre.

Genre, dormir sur le canapé. Pendant une semaine.

Il peut dire ce qu'il veut, il ne peut pas tenir plus. J'ai fait l'expérience un jour. J'avais manqué me faire tuer lorsqu'on est allés chasser… Bref. Cas' était furieux, il m'a fait son regard « approche et je t'explose » (oui, oui, il peut le faire), et j'ai dormi dans une autre chambre que la nôtre pendant un bout de temps. Le septième jour au matin, quatre-vingts kilos de Cas' en sévère manque me sont tombés dessus. On a vidé toute une bouteille de lubrifiant, en fait. Y a pire comme punition, au final.

Donc, si Cas' savait que je vous écris, il me ferait son Regard, et je serais bon pour le canapé ou l'autre chambre (bon, je manque la super séance de sexe qui suit, mais ça, ça peut s'obtenir facilement…). Encore une chance, en ce moment, il dort. J'ai découvert que les anges pouvaient dormir.

Il est adorable quand il dort. (barré. Puis réécrit.) Et donc, au lieu de dormir avec lui, je vous écris.

Au cas où vous n'auriez pas compris, Cas' est mon petit ami.

Et c'est de votre faute.

Pas que je m'en plaigne. Sérieusement. Cas' est juste la personne la plus extraordinaire du monde. Il est tellement gentil (beaucoup trop pour moi), généreux. Il est aussi adorablement naïf et innocent. Mais passionné. Il prépare les tartes à la perfection. Il a un répondant fantastique (et très sexy). C'est un dieu au lit. (Sans blasphème, je précise au cas où il lirait. J'ai arrêté les blasphèmes depuis qu'on est ensemble. J'ai comme l'impression que ça me coûterait plus qu'une semaine hors de notre lit. Même si c'est dur, lorsqu'il a sa bouche sur mon (barré) lorsqu'il me fait… des choses, de ne pas s'exclamer « Oh, mon Dieu ! » Très dur. Vous avez déjà invoqué votre beau-père lorsque vous baisez, vous ? Voilà.)

En fait, je suis heureux avec Cas'. Vraiment.

Sauf que… eh bien, franchement, il faut que je proteste.

Parce que Cas' m'a séduit pour qu'on sorte ensemble. Et quand je dis séduit, je pourrais même dire allumé.

Donc, s'il m'a séduit… c'est à partir de votre satané article, là. « Comment séduire un homme en douze leçons ».

Non mais, sérieusement ? Comment séduire un gars en douze leçons ? Déjà, rien que le titre, ça puait. Mais ce qu'il y a écrit dedans… Vous devriez renvoyer le journaliste qui a écrit ça. C'était un désastre. Avec moi, ça n'a marché que parce que Cas' est adorable.

En dehors du fait que c'est un magazine pour femmes et que lui est un homme. Enfin… si on veut. Homme à tendance asexuée. Même si je vous garantis qu'il tient plus de l'homme. Je ne parle pas de ce qu'il a dans le caleçon ! Enfin, remarquez…

Ce magazine a été donné, au départ, à Cas' par une espèce de fangirl déchaînée. J'ignore son nom. Cas' m'a juste raconté qu'elle mâchait un chewing-gum comme si sa vie en dépendait et qu'elle voulait le convaincre de me séduire pour de bon comme si sa vie en dépendait là aussi. Fangirl, je vous dis. Complètement folle, cette fille. Survoltée. Et pas seule dans sa tête, si vous voulez mon avis. Je le sais, j'en connais une. Elle s'appelle Becky, et elle est fan de mon frère. Quand je dis fan, c'est fan. Genre, il reçoit encore des mails d'elle. Où elle se met en sous-vêtements. Sam en fait encore des cauchemars, je pense.

Mais je m'égare.

Cas' est donc tombé sur une espèce de folle évadée d'un asile qui lui a dit, en gros : « Dean et toi, vous êtes trop mignons ! Mettez-vous en couple et faites des bébés anges ! » (Vu ma belle-famille, je crois que c'est possible. Gabriel nous rendrait ce service, je pense, si on lui demandait – et qu'on lui rendait un service en échange. J'évite d'en parler à Cas', en fait. Manquerait plus qu'un gosse pour me voler mon Cas'. Il ferait un papa poule, j'en suis sûr.)

Donc, la folle a donné à Cas' (gratuitement, tant mieux, vous imaginez Cas' en train de payer un truc ? Non, vous n'imaginez pas. Moi, oui. Fou rire intégral) votre magazine. Et Cas' est parti à fond les ballons dans la séduction de ma petite personne qui ne se doutait de rien.

Résumé de la situation à l'époque : Cas' m'a sorti de l'Enfer. (Prenez-le comme vous voulez et faites pas chier.) Au début je pouvais pas le blairer. Et puis on est devenus amis. Meilleurs amis, même. Il a plus ou moins trahi sa famille pour moi. Et moi, rien, parce que je suis un peu un connard. Pas qu'un peu, en fait. Et donc, d'après Cas', il est tombé amoureux de moi quasiment tout de suite (adorable, je vous dis. Ne lui répétez pas). Quant à moi…

C'est compliqué. Je veux dire, à la base, je suis le mec bien hétéro, une fille par soir, amour inconditionnel pour les bonnets C et mépris pour les gays. En tout cas, gay, moi ? Ouais, et Crowley joue les soubrettes tous les soirs…

Mais d'après Sam, Charlie, Crowley, Gabriel, Balthazar, Anna (mes beaux-frères et belle-sœur), j'ai toujours été fou amoureux de Cas'. Je ne peux même pas nier. Amoureux, oui, en fait, si je suis honnête… (Ne le dites pas aux personnes précitées, ce serait l'Apocalypse, croyez-moi.) Au point de l'inclure dans ma famille, moi qui ne supporte personne, de le chercher un an dans le Purgatoire, et d'aimer un peu trop qu'il s'approche de moi. Tellement trop que j'ai instauré des distances d'espace personnel. Je suis un connard, je vous dis. Et maintenant… il s'éloigne de moi quelques heures, et je suis en manque de lui. Je crois que ma vie est mieux maintenant, pourtant.

Donc, Cas' a commencé d'appliquer les leçons. Avec plus ou moins de succès.

En tant qu'ange qui ne connaît pas grand-chose à l'humanité mis à part ce que je lui en avais montré (c'est-à-dire mon amour pour ma voiture, Casa Erotica et les tartes aux pommes), Cas' a appliqué aveuglément (c'est le cas de le dire) votre conseil sur le maquillage. Il est arrivé avec les yeux peints en bleu.

Je devais déjà être fou de lui, oui, je pense. Je veux dire, j'ai pensé que ça lui faisait des yeux magnifiques (il a les yeux bleus, profonds et splendides au naturel…). Avant de chasser cette idée très vite, parce que Dean Winchester ne pense pas ça pour un homme, et encore moins pour son meilleur ami.

Pauvre, pauvre Cas'. Je n'ai pas toujours été très sympa avec lui. Il m'a fait votre histoire de regards, là. Stupide leçon ! A quoi ça vous sert de raconter des conneries pareilles, hein ? Bref. Il m'a fait le coup des yeux papillonnants à la Bambi, puis celui de « je ne te regarde pas ». Je peux vous dire que j'ai pas apprécié. J'ai une fascination pour les yeux de Cas', et une haine pour tout ce qui change de mes petites habitudes. En fait, c'est là que j'ai réalisé à quel point Cas' avait de beaux yeux, et à quel point j'aimais les voir. Bon.

Je vous raconte pas le jour où, POUR APPLIQUER VOS CONSEILS DE MERDE, il a décidé de ne plus répondre à mes appels. J'ai paniqué. Je me suis dit « ça y est Cas' est mort ses frères l'ont buté Crowley l'a buté il a fait une overdose il a été écrasé par une voiture il est tombé dans un coma éthylique il a été victime d'un tueur en série il… » Oui, c'est débile, mais VOUS êtes débiles. Cas' me répond toujours, toujours. J'ai envie de vous tuer juste pour avoir cru qu'il était mort.

Et puis, le magazine est tombé par terre.

Vous savez, ça aurait pu tout gâcher, hein. De voir cet article. Mais Cas' n'a pas assez de bol pour ça (héritage Winchester, on peut pas dire qu'il fait pas partie de la famille). Noooon, votre foutue revue est tombée sur l'article de l'épilation du maillot.

J'ai failli faire une crise cardiaque à ce moment-là.

Mettez-vous DEUX SECONDES à ma place. On parle de Cas', là. Limite asexué (je le pensais à l'époque, je peux vous affirmer que non à présent).

Et visiblement, il voulait se faire épiler le maillot.

Okayyyyy…

J'ai pas compris. Ou plutôt, j'ai commencé à cogiter sévère. Cas' ne pouvait pas me demander conseil là-dessus, ni à Sam, donc il a acheté un magazine. Logique.

MAIS POURQUOI VOULAIT-IL SE FAIRE EPILER DU MAILLOT ?

Hypothèse 1 : il a honte de ses poils. Sauf que c'est un ange, qu'il a pas besoin d'aller aux chiottes (sauf un jour, mais c'est une autre histoire), et qu'il est peut-être même pas conscient qu'il est poilu de cet endroit-là.

Conclusion 1 : Cas' est donc conscient qu'il est dans un corps sexué. Peut-être qu'il s'adonne aux plaisirs solitaires. (Etrangement, presque pas de traumatisme en y pensant.) Il veut peut-être se faire beau. Il cherche à séduire. Mais pourquoi ?

Hypothèse 2 : Cas' a un rendez-vous. Il a une copine. IL A DES RELATIONS SEXUELLES. Et sa copine aime pas les poils. Mais qui est sa copine ? C'est qui cette pute ? Ciel, sa copine c'est peut-être MEG ! Meg la poufiasse ! Non, Cas', pas elle !

Conclusion 2 : Cas' couche avec Meg. Meg a vu Cas' à poil. Cas' a des relations sexuelles. Cas' connaît le sexe. Cas' aime le sexe.

Bref, vous voyez le topo. Même quand Cas' m'a affirmé que ce n'était pas le sujet, le mal était fait. Cas', pour moi, était passé d'ange asexué à homme viril avec un potentiel de séduction (vu que je pensais qu'une nana lui était tombée dans les bras).

Et donc, après, Cas', inconscient de ce qu'il avait provoqué (c'est une tentation vivante, je vous jure), a eu l'idée merveilleuse, sublime, extraordinaire d'appliquer votre foutu conseil sur le foutu toucher. Alors que je venais juste de réaliser qu'il était un être avec des désirs, une libido et un potentiel sexuel. Magnifique.

J'aime pas toucher les gens. Enfin, j'aimais pas toucher Cas'. C'était trop… comment dire ? ça me faisait trop de trucs bizarres. Loi Winchester n°2 : si tu ne comprends pas quelque chose, fais comme si ça n'existait pas, et repousse-le.

Sauf que Cas' est un redoutable petit manipulateur (en vrai, c'est sexy. Sur lui. Crowley est manipulateur, et il est pas sexy. Pouah). Il m'a contraint (après m'avoir gentiment tâté un peu partout pour que je croie que le pire était passé, la petite peste) à lui apprendre à tirer au fusil. Il a fait EXPRES d'agiter son magnifique popotin là où il fallait pas. Après m'être tombé dans les bras, avoir été à deux doigts de m'embrasser, et m'avoir souvent pris la main. Manipulateur, je vous dis.

Mon premier rêve érotique sur Cas' a été cette nuit-là. Je ne vous raconterais pas. Disons simplement qu'il y avait une douche, une carabine, du shampooing à la vanille (l'odeur de Cas') et une fleur d'éponge. Ne cherchez pas à comprendre, je vous en supplie.

Quand je lui ai raconté ça, Cas' a adoré. Surtout la fleur d'éponge.

C'est encore mieux en vrai qu'en rêve.

BREF.

J'ai fait, au départ, comme si ce rêve n'existait pas. Délire passager, point barre.

Mais ce n'était pas fini, bien sûr que non…

Il est passé à l'étape des compliments, et… Comment dire ? J'ai eu l'impression de… Je ne sais pas. D'être important. D'être quelqu'un de chouette. Que Cas' m'appréciait. Et… Je ne sais pas, vraiment. Je me suis senti bien.

En fait, je n'ai pas arrêté de retourner dans ma tête ce qu'il m'a dit. Qu'il me trouvait à son goût. Enfin, il l'a sous-entendu. Je me suis mis devant mon miroir, et je me suis regardé, et je me suis dit : « Cas' te trouve beau ». C'était bizarre. C'est pour ça que je l'ai vite effacé. Cf loi n°2.

Il m'a fait beaucoup de compliments sur mon physique, en fait. Mes cheveux, ma tenue, ma ressemblance avec Dr Sexy, mes muscles (oh oui, Cas', touche-moi… NON NON DEGAGE ! Vive la logique.).

Ce soir-là, ne pensant pas à mal, je suis allé dans un bar pour trouver une jolie nana. Elle m'a dit qu'elle me trouvait beau en papillonnant des cils comme Cas'. TOUT PAREIL. Qu'est-ce que j'ai fait ?

J'ai fait les gros yeux, et je lui ai dit : « Oui, mais Cas' me trouve plus beau ».

J'ai pas compris pourquoi j'ai dit ça.

Mais j'ai très bien compris pourquoi je me suis pris une tequila sur la tête.

Quelle drôle de vie.

Mais surtout, il m'a dit quelque chose de splendide. Je ne me souviens plus du reste, même s'il m'a tout raconté. « Je suis heureux et fier de te connaître, Dean ».

C'est la plus belle chose qu'on m'ait dite de toute ma vie.

Cas' est devenu de plus en plus important pour moi. On a organisé un dîner, et je voulais qu'il me remarque, qu'il me regarde. Je ne sais pas pourquoi (enfin, je ne savais pas, à l'époque). J'avais envie qu'il me trouve toujours aussi extraordinaire. Et envie de lui faire comprendre que j'étais heureux de le connaître, moi aussi.

La seule chose dont je me souvienne de cette soirée, c'est les yeux de Cas'.

Et qu'à cause de vous et vos conseils de MERDE, Cas' a choppé mal au dos et s'est ridiculisé devant Sam.

Et que j'ai failli lui faire un massage. Sérieux. Quand il m'a demandé ça, j'ai vraiment failli faire ça. Et bizarrement ça ne m'a tant répugné que ça. Le charme Castiel, sûrement. L'idée de toucher sa peau, de le voir à demi nu, de lui faire du bien… Nan, ça me faisait bizarrement plaisir.

Les rêves érotiques sont revenus en force. Ils ne sont jamais repartis, en fait. Tout y est passé. Dans la voiture, dans la chambre, la baignoire, le canapé, la table de la cuisine, la bibliothèque, l'ascenseur, Cas' en infirmier, en pompier, en…

Bref.

PAR VOTRE FAUTE, il a eu l'idée de me faire croire qu'il était en danger, et de me demander ma protection. Parce qu'il ne fait pas les choses à moitié (très pratique au lit, très très bien), il m'a carrément fait croire qu'il était en danger de mort.

Je suis parti au quart de tour, j'ai bouclé la maison et surveillé Cas' seconde après seconde.

En fait, c'était plutôt cool. On était tout le temps ensemble…

Mais j'étais mort d'inquiétude. J'avais peur que Castiel me quitte. Qu'il meure. Qu'il soit blessé.

Et puis, Sam n'arrêtait pas de faire des remarques sur la douche. J'ai même lâché que Cas' n'avait qu'à aller sous la douche avec moi… Hrem.

Ensuite, il y a eu cette histoire de s'intéresser à moi.

C'est là que j'ai constaté que Cas' et moi on avait des tas de trucs en commun, et que je l'appréciais vraiment. Que j'aimais passer du temps avec lui. Que je voulais lui offrir mon bébé, ma voiture, à ma mort, plutôt qu'à mon frère, que j'aimais chanter à tue-tête avec lui, et encore plus passer du temps blotti contre lui sur le canapé à regarder Dr Sexy. En fait j'ai complètement perdu le fil de la série. J'ai mis du temps à le réaliser, mais j'étais fixé sur Cas' juste à côté de moi, contre moi… La télé faisait « bla bla bla bla bla ». Cas' était doux, chaud, il sentait bon, il…

Alors j'ai commencé à me poser des questions.

Je me suis dit : « Mais, Dean… on dirait que tu es gay ! »

Et c'était franchement étrange.

Pour être honnête, j'ai paniqué. Je ne pouvais pas être gay. Ce n'était pas possible. J'aimais les femmes, les corps de femme, pas les hommes. Et puis c'était si tard dans ma vie pour faire mon coming out… Et qu'aurait dit mon père ?

Mon père, John, était (parce qu'il est mort)… pas du genre tolérant. Il m'avait répété que les gays étaient des tapettes, des femmelettes, que ni moi ni Sam ne serions aussi déviants sous son toit. (Même si toit il n'y avait guère. Il parlait peut-être du capot de l'Impala. Si c'est ça, je suis foutu, Cas' et moi avons déjà testé la banquette arrière. Plusieurs fois.)

Alors j'ai tenté de savoir si j'étais gay.

J'ai fait des tests sur Internet (pas de moqueries, merci) pour vérifier mon taux de gay-ittude. J'ai été dans une boîte de nuit gay voir si ça me plaisait. J'ai maté des films pornos gays (et appris plein de trucs… très utiles…).

Et je n'étais pas gay.

Mais Cas' m'attirait.

J'en ai un peu parlé avec Charlie.

Charlie, c'est une de mes meilleures amies. Elle est drôle, intelligente, extravertie, originale, rousse et lesbienne. Elle s'est installée pour de bon à la maison, en fait. Et donc, Charlie m'a dit (sous couvert de silence…) que je n'étais sûrement pas gay, mais que j'étais amoureux de Cas'.

Amoureux de Cas' ? Et puis quoi encore ? Je n'étais pas gay, d'abord, et puis…

Ok, c'est pas logique comme raisonnement. Comprenez-moi. Je ne voulais pas être amoureux, déjà. Je trouve ça stupide et ça n'apporte que des emmerdes. Et puis Cas'… Voilà, quoi.

A bien y réfléchir, je ne sais pas ce que veut dire « voilà, quoi ». Je pense que j'avais peur.

En tous cas, j'avais résolu de ne plus prêter attention à ça, de faire comme si ça n'existait pas. (Loi Winchester n°1 : si ça ne te plaît pas, ça n'existe pas.)

Et puis Cas' n'a rien trouvé de mieux à faire, SUR VOS CONSEILS, que de tenter d'être spirituel. Il m'a sorti la fameuse blague spirituelle à sous-entendus des toilettes (cf ma lettre plus haut)

Et de me dire qu'il aimerait ma présenter à… Comment dire ça sans être vulgaire ? A sa… Vous avez compris.

J'ai fait un bond. Bon Dieu de bon Dieu. Ça, c'était du sous-entendu, pile au moment où je ne m'y attendais pas, et qui frappait fort ! Je veux dire, j'étais fortement tenté de vouloir rencontrer le loup de Cas'. A des fins purement scientifiques. Je m'étais posé des questions sur le physique, la taille… la texture, le goût, la sensation… Hum-hum. Donc, étude scientifique. Rien de plus !

Et puis il a continué, hein. J'ai dû m'enfuir en courant dans ma chambre pour qu'il ne voie pas ma… réaction physique, on va dire, lorsqu'il m'a parlé d'humecter la tête pour que ça rentre mieux… (Il m'a dit qu'il avait entendu ça dans Casa Erotica, et qu'il n'avait pas tout compris. J'ai longuement étudié le film. Et je lui ai expliqué chaque séquence. En pratique. Héhé.)

J'ai réalisé que je ne pouvais pas nier que j'étais attiré par Cas', le jour où il m'a fait des sous-entendus au téléphone. Sur la douche. Encore la douche. Il était si chaud… si…

Qu'est-ce que je peux dire qui ne choquerait pas la morale publique ?

Oh, et que la morale publique aille se faire foutre.

Sa voix était si chaude, si bandante, si sexy, si… suggestive que je n'ai pas pu m'en empêcher. Se masturber en écoutant Cas' parler… quelque part, ça a été ma première relation sexuelle avec lui, en fait. Pas la meilleure, de loin, mais la toute première, et à mon sens ça a été une révélation.

J'étais accro à Cas'… Ses yeux, sa voix, son corps, son regard, son sourire, son rire, sa façon d'incliner la tête lorsqu'il ne comprend pas, LUI, tout simplement…

J'avais presque tout compris.

Il y a eu notre premier rendez-vous, après. Il a appliqué vos techniques FOIREUSES pour tenter d'obtenir un rendez-vous de ma part… J'en ris encore tellement je n'ai rien compris à son manège. Je ne suis (presque) pas le plus bouché des hommes… Vous n'avez jamais reçu de réclamations ?

Et puis, alors qu'il pleuvait, qu'on était l'un contre l'autre dans la voiture, j'ai vraiment compris que, en fait, j'aimais Cas'.

Ce n'était pas une attirance, pas un béguin, j'étais amoureux et trop bête pour le réaliser avant. Et en fait, ce n'était même plus grave, à ce moment-là. Que ce soit un homme… que ce soit Cas'… aucune importance. J'étais heureux de l'avoir. Je le suis toujours. Je ne sais pas ce que je serais sans lui. J'ai besoin de lui.

Mais je pensais qu'il ne m'aimerait pas. Qu'il ne m'aimerait jamais. Pourquoi m'aimerait-il, moi, un pauvre humain pécheur et vicié, lui, l'ange bon et parfait ?

Ça aurait été formidable s'il m'avait aimé… Mais je savais que ce n'était pas le cas, que je ne pouvais même pas en rêver.

Puis, il y a eu mon anniversaire, et sur votre conseil, Cas' a voulu me faire un cadeau.

On va faire simple, vous avez provoqué une catastrophe.

Outre un kama-sutra gay de la part de Charlie (très utile, lui aussi…), Cas' m'a offert sept cadeaux. SEPT.

Une écharpe que je porte toujours quand il fait froid, un mug qui me sert tous les matins, une coque de portable avec une photo de nous deux dessus que j'adore, deux places d'un concert qui a été formidable, un baume à lèvres qui est déjà vide (sans commentaire, merci), un briquet splendide que j'ose à peine utiliser, et… un canard en plastique.

Oui, Cas' m'a offert un sex-toy pour mon anniversaire.

Je vous l'avais dit, qu'il était génial.

Même si je ne l'utilise pas (plus), de ce temps. Mais, je ne sais pas… il trône quand même dans notre salle de bains. Il s'appelle Ducky.

Ce jour-là, j'ai réalisé qu'en fin de compte, Cas' m'aimait.

Et c'était un problème, en fait. Parce qu'il est si parfait, et moi, si… si… Je suis un connard, je l'ai dit. J'allais rendre Cas' malheureux. Je ne méritais pas son amour. J'ai préféré… j'ai préféré ne plus l'aimer, quitte à être malheureux, moi. C'était lâche. Mais… il est tellement mieux que moi. (Je le pense toujours. Mais Cas' me fait dormir sur le canapé dès que j'y fais référence. Manipulateur, disais-je…)

Sa réaction n'a pas tardé.

IL A FAIT SEMBLANT DE DRAGUER SAM. MON PROPRE FRERE !

J'ai cru que j'allais tuer mon frère. Je suis devenu à moitié fou. Même totalement. Ce n'est pas un hasard si Sam a été pris de diarrhée éternelle durant vingt-quatre heures quelques temps après. Il a passé sa journée assis sur le trône. Ça lui apprendra à se prendre pour le prince charmant.

Aaaaah, les sortilèges qu'on peut trouver au bunker… Bien pratique !

On s'est réconciliés, depuis. Mais au départ, quand Cas' et moi nous sommes mis ensemble, j'ai voulu le dégoûter à jamais de vouloir coucher ou embrasser Sam. Stupidité, je sais. C'est de votre faute, je vous dis !

Ce n'était pas étonnant que Cas' ait été voir Sam… Sam est grand, beau (beurk), intelligent, poli, bien élevé, cultivé…

Je voulais reconquérir Cas'. Alors, j'ai tenté d'imiter Sam.

Il m'avait offert, pour mon anniversaire, un exemplaire de votre magazine. Dans un moment de folie (et croyant qu'il voulait m'aider à draguer Cas', et pas à me faire comprendre que Cas' me draguait depuis le début…), j'ai obéi à vos conseils.

Ce fut un désastre.

Sam se fout encore de ma gueule pour ça.

Mais bon, je lui ai donné la chiasse… c'est un peu sa revanche.

Et moi ?

Moi, je suis heureux… Parce que le lendemain, Cas' et moi, après explication, on s'embrassait comme des assoiffés… Qu'on était en couple…

Et ce n'est pas grâce à vous.

Absolument pas.

En fait, si Cas' n'était pas aussi formidable, aujourd'hui on ne serait sûrement pas ensemble…

Alors j'ai juste envie de vous dire : changez de métier. Ne donnez plus de conseils amoureux. Sérieusement.

Ou employez Sam Winchester et Charlie Bradbury…

Oh oh, Cas' se réveille. Hmmm, j'aime quand il me caresse comme ça… Et qu'il m'embrasse juste là…

Le devoir m'appelle, braves gens.

Adieu. J'espère ne plus entendre parler de vous.

Dean Winchester, petit ami de l'ange Castiel


La silhouette reposa la lettre qu'elle tenait en ses mains, et frotta celles-ci l'une contre l'autre en poussant un ricanement satisfait.

Cette lettre fleurait bon le profit, les potins, la promotion… Les trois P qui étaient le but de sa vie… Les confessions de Dean Winchester : comment Castiel l'a-t-il séduit !

Dean Winchester n'avait sans doute jamais vraiment eu l'intention de poster cette lettre ô combien compromettante… Il l'avait abandonnée dans un coin…

Mais Gabriel était là. Et Gabriel, archange messager, veillait toujours sur ses créations…

Gabriel avait récupéré la lettre.

Rochel, ange rédacteur de la Gazette des Anges, éclata de rire.

La lettre de Dean allait faire la une du lendemain !

FIN !