Avertissements: Les perso ne m'appartiennent pas.

Cette fic est YAOI (amour entre mecs) - Si c'est pas votre tasse de thé, mieux vaut passer surtout que cette fic est aussi classée M, il y a des passages carrément "explicites". Si vous avez pas l'âge, passez aussi.

Pour finir, cette fic est une suite de "Chut". Si vous n'avez pas lu la première partie, vous ne comprendrez certainement pas grand chose.

Si vous avez lu la première partie, cette suite n'est ni obligatoire, ni indispensable. J'assume totalement la fin de "Chut" et je voulais m'en tenir là. Comme je suis faible et facilement larmoyante dans le fond, j'ai écrit cette suite comme un mouchoir pour me consoler. Le chemin de la réconciliation ne sera pas si facile pour autant. Si comme moi, vous avez besoin de vous remonter un peu le moral, enjoy.


POINTS DE SUTURE

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Chapitre 1

Trunks écoutait le tapotement paresseux des gouttes de pluie contre les fenêtres. Sa chambre baignait dans une clarté blanche, qui pleuvait depuis le puits de lumière au-dessus du lit, et se réverbérait contre les murs nus. Il n'y avait aucun autre meuble dans la pièce que le lit, et aucune autre couleur dans la chambre que ce blanc. Il n'avait pas vraiment besoin d'autre chose. Il aimait ce moment, quand il se réveillait lentement, ébloui par cette lumière autour de lui, étendu sur le dos. L'édredon douillet effleurait à peine sa peau avec une légèreté de plume.

Il fixait le plafond et le carreau au-dessus de lui, et, au travers du verre, l'amas de nuages blancs qui obstruait le ciel et lâchait goutte à goutte, sans se lasser, une averse estivale.

Il s'étira doucement en repoussant le bras de Tao sur sa poitrine. Il devait se lever maintenant. Il se redressa sur ses coudes et frissonna en découvrant la fraîcheur qui régnait en dehors des couvertures. Il sentit le bras de Tao qui se glissait à nouveau autour de sa taille. Trunks posa les yeux sur lui. Son amant avait le nez enfoncé dans un oreiller moelleux de sorte qu'on ne voyait pas son visage entier. Juste un œil noir qui luisait au travers de ses mèches de cheveux ébène.

Avant que Trunks ne puisse esquisser un geste, Tao se rapprocha de lui et l'enlaça complètement en se serrant sur sa poitrine. Cédant sous son poids, Trunks se laissa retomber sur le dos. Il ramena ses mains sur la tête de Tao et caressa gentiment ses cheveux.

- Je dois aller voir mes parents, chuchota doucement Trunks, j'ai promis.

En guise de réponse, Tao se cala un peu plus contre son corps, comme pour le prier de rester. Trunks ne bougea pas et continua à jouer avec ses mèches sombres. Tao desserra alors l'un de ses bras enroulé autour de lui, et descendit lentement sa main sous la couverture. Il frôlait la peau de Trunks tout le long de son chemin et s'interrompit au niveau de son entrejambe. Trunks ferma les yeux, savourant le chatouillement de son contact léger, puis ses doigts autour de lui, qui commencèrent à imprimer un faible mouvement de va-et-vient, comme une invitation timide.

Trunks restait immobile derrière l'obscurité de ses paupières. Il crispa à peine sa main qu'il avait plongée dans la chevelure de Tao. Lentement le désir montait en lui. Il le laissait venir à son rythme, sans le forcer, sans le presser surtout. Tao accentua ses gestes et son contact, et bientôt, l'érection de Trunks prit de la vigueur. Il n'avait toujours pas ouvert les yeux et sentit Tao se détacher de lui pour se pencher sur son visage et poser ses lèvres sur les siennes. D'abord furtifs, ses baisers se firent progressivement plus voraces et Trunks y répondit. Quand il sentit la langue de Tao rechercher la sienne, il ne put s'empêcher d'attraper sa tête entre ses mains pour presser leurs bouches plus fiévreusement.

Le demi-saïyen se redressa alors et fit pivoter son amant pour le plaquer sur le dos à côté de lui. Il rompit le baiser pour laisser courir ses lèvres mouillées le long du cou de Tao et jusqu'au creux de sa clavicule, sillonnant sa peau du bout de sa langue. Tao respirait plus bruyamment et eut un hoquet quand Trunks s'empara de son pénis pour le masturber doucement. Il le taquina jusqu'à sentir son désir complet.

C'était facile avec lui. Il était si réactif. Et Trunks avait une intuition incroyable pour deviner ce qui pouvait l'exciter un peu plus. Quand il introduisit ses doigts en lui, Tao poussa un bref cri de plaisir qui fit tressaillir Trunks. Il le sentait à la limite déjà. La limite de Tao n'était jamais loin et même souvent, Trunks savait qu'il se retenait. Il avait découvert cette emprise qu'il avait sur lui. Parfois, il suffisait d'un geste bien calculé pour l'exciter. Et ce désir violent et avide que Tao nourrissait pour lui éveillait inévitablement celui de Trunks. Il releva ses jambes doucement, et le pénétra lentement, avec précaution.

La tête enfoncée dans l'oreiller duveteux, Tao gémissait son nom d'une voix rauque. Trunks ferma à nouveau les yeux pour savourer le plaisir qui se diffusait en lui. Il laissa la transe l'envahir tandis qu'il accélérait ses mouvements au rythme qui lui convenait le mieux. Il sentit la jouissance de Tao vibrer dans tout son corps. Trunks n'interrompit pas sa cadence tandis qu'une chaleur intense le submergeait progressivement et irrémédiablement. Tout en gardant ses paupières closes, il écoutait la respiration saccadée de Tao et percevait la sensualité de son corps légèrement moite sous lui. Il ressentait également la tension de l'orgasme de son amant qui retombait peu à peu. Trunks savait qu'il prolongeait son plaisir par ses mouvements vigoureux et c'était un jeu pour lui que de refuser de laisser le corps de Tao en paix, de le maintenir en éveil. A nouveau Tao gémissait faiblement. Ce seul son provoqua un sentiment de délice violent en Trunks qui se libéra enfin avec un râle de satisfaction.

Il se laissa retomber doucement contre son partenaire, le front contre sa poitrine, à bout de souffle. Tao enroula ses bras autour de ses épaules et posa ses lèvres dans ses cheveux au sommet de son crâne. Trunks resta immobile un instant, attendant que son cœur se remette à battre à un rythme normal.

C'est alors qu'il s'aperçut que les larmes avaient reparu. Silencieuses, indolores, invisibles jusqu'à ce qu'elles débordent de ses cils. Chier.

Malgré la résistance de Trunks, Tao lui releva doucement la tête pour contempler son visage. Ses prunelles noires et luisantes le détaillèrent longuement tandis que Trunks essayait encore de détourner le regard avec contrariété. Les traits de Tao s'affaissèrent imperceptiblement dans une expression désolée.

- Tu pleures encore, souffla-t-il.

Trunks se détacha de lui subitement et se releva en essuyant furtivement ses yeux. Il s'assit au bord du lit et lui tourna le dos.

- Mais non… Arrête avec ça, soupira-t-il en fronçant les sourcils sans que Tao puisse le voir.

Tao posa affectueusement sa main sur son épaule.

- Trunks…

Trunks lui fit face à nouveau. Ses yeux bleus étaient voilés mais secs. Il souriait faiblement maintenant.

- Tu vois, je pleure pas… Pourquoi je pleurerais ? … Tu devrais te rendormir. Je vais être en retard et ma mère va faire une crise.

Mais Tao le fixait toujours d'un air navré et candide. Trunks lui retournait son regard avec une douceur mêlée de fermeté qui semblait dire « Contente-toi de cette explication et mêle-toi de tes affaires. »

L'expression de Tao devint grave. Il avait compris que Trunks ne voulait pas parler de ça. Trunks ne voulait jamais parler de ça. De ces larmes incompréhensibles qui apparaissaient subitement et invariablement à chaque fois qu'ils faisaient l'amour. Ils étaient amants depuis quatre mois et Tao n'avait pas remarqué le phénomène tout de suite. Il pensait maintenant que Trunks s'était efforcé de le cacher le plus longtemps possible. Tao savait que ça le gênait et il avait compris que, assez étrangement, Trunks ne pouvait empêcher ses larmes de couler. A chaque fois.

Mais, quand leur relation avait pris plus de consistance, Tao avait finir par s'apercevoir du secret de Trunks. A chaque rapport intime entre eux, il y avait ces larmes. Pas de sanglots, Trunks ne pleurait pas à proprement parlé. Simplement, ses yeux charriaient de l'eau en quantité suffisante pour faire perler ces minuscules gouttes qui finissaient par dévaler ses joues, parfois même sans qu'il s'en rende vraiment compte. Il aurait peut-être dû consulter un médecin. Mais Tao soupçonnait qu'un simple médecin n'aurait aucun remède à proposer contre ce mal.

Trunks caressa sa joue et passa son pouce sur ses lèvres avant de déposer un baiser sur son front. Tao était peu à peu devenu son havre. Le temps qu'il passait avec lui était le temps où il prenait sa respiration avant de replonger dans sa vie sans saveur et sans air. Trunks devinait qu'il représentait exactement la même chose pour Tao. Cette relation étrange entre eux n'autorisait aucune question. Chacun ne connaissait de l'autre que ce qu'il avait bien voulu livrer, mais aucun des deux n'avait jamais posé de questions. Y compris sur les larmes.

Trunks abandonna Tao dans le lit pour se doucher et s'habiller. Il allait vraiment être en retard maintenant. Quand il ressortit de la salle de bains, Tao était en train de lacer ses baskets.

- Tu pars déjà ? demanda Trunks avec étonnement.

- Hnn… Je vais voir si y a pas moyen de faire des heures sup… Je suis un peu à sec pour le loyer, expliqua le jeune homme sans même relever la tête.

Trunks l'observa sans rien dire. Tao était concentré sur ses lacets, tête baissée. Dans cette position, Trunks ne voyait pas son visage et son cœur se serrait. Il lui ressemblait tellement. Tao figea ses gestes et se redressa brusquement, comme s'il lisait les pensées de Trunks. Ses grands yeux noirs le fixèrent un instant mais il ne dit rien.

- Tu es là ce soir ? demanda Tao.

- Je sais pas. Je t'appelle pour te dire si ça te va.

Tao se contenta de hausser les épaules et se détourna pour enfiler sa veste. Trunks percevait sa tristesse. Il savait que Tao ne se plaindrait pas, qu'il ne demanderait rien mais il savait qu'il était triste. Il semblait que cette loi du silence qui avait toujours été la règle entre eux lui pesait de plus en plus ces derniers temps, et surtout depuis qu'il avait découvert les larmes. Trunks avait conscience que, peut-être, Tao s'attachait à lui plus qu'il ne l'aurait dû. Assez lâchement pourtant, Trunks refusait d'y réfléchir. Il était bien avec Tao, aussi bien qu'il pouvait espérer être depuis que le sort lui avait si durement arraché ce qu'il avait de plus précieux. Trunks ne pouvait pas supporter l'idée d'être maintenant privé de ce fragile réconfort. Si leur arrangement ne convenait plus à Tao, il saurait le dire. Trunks avait depuis longtemps deviné que son amant avait vécu des événements plus cruels qu'une peine de cœur. Il survivrait sans état d'âme.

Trunks soupira et enroula doucement ses bras autour de Tao pour l'attirer contre lui. Le jeune homme lui rendit son étreinte et cala son front contre son épaule.

- Je vais vraiment être en retard, chuchota Trunks pour encourager son amant à le laisser partir.

Tao comprit le message et le libéra à contre-cœur. Trunks lui adressa un sourire rassurant et ils sortirent ensemble de l'appartement.

Trunks le laissa partir en galopant pour tenter d'attraper son bus qui le mènerait dans les quartiers mal famés où il travaillait et où il habitait. De son côté, Trunks descendit au parking souterrain pour monter dans sa rutilante voiture tout terrain.

Il n'avait jamais beaucoup utilisé cette voiture auparavant, le moteur n'était pas assez puissant à son goût. Mais, depuis le départ de Goten, il n'en prenait plus d'autres. Elle était encombrante en ville, elle se traînait sur les autoroutes mais elle restait comme un souvenir de Goten. Parfois, quand Trunks restait coincé dans les embouteillages, il repensait à ce qu'il avait vécu avec lui dans cette voiture et une boule se formait dans sa gorge. Il avait même retrouvé une écharpe dans la boite à gants, et son paquet de chewing-gum immondes. Il n'avait touché à rien, comme pour conserver précieusement des bribes de lui. Le cuir des sièges et les mois qui avaient passé n'avaient laissé aucun espoir de survie à l'odeur de Goten, mais parfois, en fermant les yeux, Trunks pouvait avoir l'impression qu'il était vautré sur le siège passager à côté de lui observant les bouchons avec une indifférence rêveuse.

Cette stupide voiture était devenue son petit musée obsessionnel. Il savait que cette manie était malsaine et toxique. Il avait lui-même impulsé leur séparation et avec le recul, il restait fermement convaincu qu'elle avait été nécessaire au bien-être de Goten. Il ne regrettait pas sa décision. Ce qu'il regrettait, c'était de ne pas être assez fort pour en tirer les conséquences. Presque un an après le départ de Goten, il était incapable de continuer à avancer. Il était même devenu incapable d'essayer.

Il s'engagea sur l'avenue principale et prit la direction de la maison de Bulma. Etrangement, sa séparation de Goten l'avait irrémédiablement éloigné de sa mère. Il devait même admettre qu'il lui avait voué une certaine rancune de ce qui était arrivé à un moment. Pourtant il n'avait rien de concret à lui reprocher. De toute façon, il avait été si malheureux qu'il en avait voulu à la Terre entière, comme si le reste du monde lui avait arraché Goten. Il s'était replié sur lui-même, et la première à en faire les frais avait été Bulma.

Elle avait perçu sa détresse, mais il ne l'avait pas laissée en sonder l'immensité. Il avait repoussé abruptement toutes ses tentatives pour le consoler ou lui changer les idées. Il ne se confiait plus, ni à elle, ni à personne d'ailleurs. Trunks avait l'impression que personne n'avait vraiment compris ce qu'il avait vécu avec Goten et que tout le monde autour de lui s'était mis, très hypocritement à s'intéresser à la question alors qu'il était trop tard. Ça le rendait furieux, et ce sentiment, allié à son caractère solitaire, qui ne savait s'accommoder que de Goten, avait fait le vide autour de lui.

Bizarrement, la seule personne qui était peu à peu arrivée à lui apporter un semblant de réconfort était sa sœur. Au fil des mois, Trunks avait appris à vivre avec sa douleur. Il avait appris à revêtir à nouveau son masque impassible d'homme sans faille. Il avait retrouvé les réflexes d'une vie sociale qui lui permettait de se concentrer sur une discussion et de se souvenir qu'il fallait de temps à autre rendre visite à sa famille. Il avait à peu près renoué les liens avec Bulma et de ce fait, avait retrouvé Bra.

La gamine avait été si spontanément heureuse de le revoir, elle l'avait si naturellement accueillie, sans s'inquiéter vraiment de son état d'esprit, qu'il avait été stupéfait de tant de fraîcheur. Elle était une enfant encore par bien des côtés, elle ne s'embarrassait pas de toutes ces complications d'adultes. Ce qui s'était passé avec Goten était déjà loin de ses préoccupations et, à l'inverse des adultes, plutôt que de proposer son soutien à son frère, elle exigeait son attention. Penaud de l'avoir si ouvertement négligée, il s'était senti obligé d'accepter de passer du temps avec elle. Dans ces moments, elle le happait dans son monde sucré de fillette effrontée et turbulente, qui était aux antipodes du sien, si sérieux et triste. Dans ces moments, il n'était plus question de Goten, de ce qui s'était passé ou du vide sidéral de sa vie. Trunks n'avait plus le temps de penser à ça et laissait son esprit reprendre vie. Il arrivait même à rire.

Bra n'avait jamais proposé une franche discussion sur ses préoccupations, elle ne lui avait jamais demandé ce qui n'allait pas, elle ne l'avait jamais serrée contre elle dans un geste consolateur, elle n'avait jamais forcé sa bonne humeur pour le détourner de sa mélancolie. C'était une gamine. Elle avait juste considéré que, quoiqu'il arrivait, elle restait le centre du monde et Trunks, l'un de ses satellites préférés. Finalement, c'était ce qui avait fait le plus de bien à Trunks.

Cependant, jusqu'à ce qu'il rencontre Tao, il lui avait semblé que sa vie était vouée à tourner à vide. Bulma ne connaissait pas Tao mais Trunks savait qu'elle se doutait de son existence. Même si il ne lui accordait plus la faveur de ses confidences, elle restait une mère perspicace et le changement d'humeur de son fils depuis qu'il fréquentait son amant ne lui avait sûrement pas échappé. Trunks se demandait quand arriverait l'instant où elle ne serait plus capable de résister à l'envie de lui poser des questions, et il le redoutait intérieurement.

Il se gara devant la Capsule et remarqua une voiture qu'il ne connaissait pas. Bulma avait de la visite, elle ne lui avait rien dit. Il hésita un instant, debout devant sa portière ouverte. Il n'avait pas franchement envie de faire la conversation à Dieu sait qui en se forçant à sourire comme quelqu'un qui va parfaitement bien, et l'idée de rentrer chez lui sans se manifester lui traversa l'esprit. Mais il avait promis qu'il passerait et, malgré tout, il n'aimait pas décevoir Bulma qu'il soupçonnait de l'attendre avec excitation. Il claqua sa portière avec un soupir et se dirigea vers la porte d'entrée.

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