Hello. Alors voilà. Dernier chapitre. Cette fois-ci devrait être la bonne: c'est la vraie fin de cette histoire. Merci à tous ceux qui ont manifesté leur soutien. Merci à tous ceux qui sont restés jusqu'au bout.


Chapitre 22 (bis)

Trunks fut obligé de rompre le baiser passionné de Goten pour reprendre son souffle. Son amant lui laissa à peine un instant avant de presser à nouveau ses lèvres avides sur les siennes, tout en le saisissant par la chemise pour le pousser contre le mur de la salle de bains avec empressement. Trunks trébucha mais Goten le maintint debout et plaqua son entrejambe contre le sien.

Trunks grommela avec désapprobation et le repoussa fermement.

- Goten, bordel, les invités, siffla-t-il avec désapprobation.

- Oublie les, deux minutes, susurra Goten en essayant de l'embrasser à nouveau.

Trunks sentait l'une des mains de son amant tenter de se faufiler sous sa chemise tandis que l'autre partait à l'assaut de sa ceinture. A nouveau, Trunks détourna la tête.

- Chibi, arrête, t'es complétement bourré déjà, objecta-t-il avec amusement.

- Et alors? J'ai envie de baiser, grommela Goten se collant un peu plus contre lui. Allez, on fait vite.

Trunks plissa les yeux avec incrédulité.

- Mes parents sont là, ton père et ton frère aussi, tu te souviens? Reprit-t-il.

- Oh, on a qu'à fermer la porte à clé, suggéra Goten avec une moue implorante.

Il n'avait pas lâché la ceinture de Trunks et ce dernier se demandait s'il était vraiment sérieux. Ils avaient invité toute leur famille pour leur montrer la maison et Goten arrivait encore à trouver l'occasion idéale pour se murger et baiser dans la salle de bains.

La sonnette de l'entrée retentit juste à cet instant, les ramenant tous les deux à la réalité.

- Merde, je croyais que tout le monde était arrivé, grogna Trunks.

Moi, je peux pas ouvrir, je bande trop, soupira Goten avec déception.

- Ha. Et dans quel état tu crois que je suis avec tes conneries? Et t'as vu ce que t'as fait de ma chemise? Râla Trunks en l'écartant de lui.

Goten s'adossa au mur, observant Trunks qui se passait de l'eau sur la figure et essayait de défroisser sa chemise.

- T'es sûr? miaula Goten sur un ton implorant, ils sauront bien s'en sortir sans nous pendant deux minutes.

Trunks se tourna vers lui et passa ses mains mouillés sur les joues de son ami. Goten eut un hoquet sous l'effet de la fraicheur mais Trunks n'y prit pas garde. Il ajusta les épis noirs et désordonnés sur la tête de Goten pour le rendre à peu près présentable.

- Fais-moi plaisir, Chibi, freine sur l'alcool, ça va mal finir, conclut-il en rebouclant consciencieusement la ceinture de Goten.

Trunks sortit de la salle de bains pour descendre ouvrir mais après quelques pas, il s'aperçut que Goten ne le suivait pas et il jugea plus prudent de retourner le chercher. Son ami était toujours appuyé contre le mur et ses doigts jouaient distraitement avec la boucle de ceinture que Trunks venait d'ajuster.

- Quel obsédé, jura Trunks, n'y pense même pas, Chibi, tu viens avec moi.

Il l'attrapa par le bras et le tira hors de la salle de bains.

- Tu me referas une pipe, tu sais, comme la dernière fois? Chuchota Goten à son oreille.

Sa voix était pâteuse et son haleine teinté d'effluve d'alcool. Trunks ne put s'empêcher de sourire.

- Si tu ne te tiens pas bien, y aura plus de sexe pendant deux semaines, lui susurra-t-il en retour.

- Que de la gueule, maugréa Goten en commençant à descendre les escaliers.

Dans la maison, la lumière avait été tamisée et des lampadaires avaient été installés à l'extérieur pour que mieux profiter de la vue sur le canal. Une petite musique de fond jouait, couverte par les rires et les conversations des invités. Pan et Bra s'étaient calées sur le canapé et regardaient un DVD, casques vissés sur les oreilles, tandis que les adultes étaient déjà à table.

Trunks ressentit un moment de flottement dans les conversations quand il reparut avec Goten. Il y avait des chuchotements. Un instant, il eut l'impression que tout le monde venait d'assister à la scène qu'ils avaient jouée dans la salle de bains et il se sentit mal à l'aise.

Tout le monde était assis sauf Gokû. Son regard fut la première chose que Trunks remarqua. Il était interrogateur, inquiet presque, et tourné vers l'entrée.

Trunks suivit sa direction et remarqua avec surprise une silhouette à quelques pas de la porte. Il ne la reconnut pas tout de suite. Goten de son côté se figea dès qu'il l'aperçut.

Ils se tenaient immobiles à quelques marches des pieds de l'escalier. Tout le monde se tut et seule la petite musique d'ambiance rompait encore le silence.

- Goten, appela Goku d'une voix qui semblait tout à la fois l'implorer, le mettre en garde et l'encourager.

Goten lança un coup d'œil à son père puis ses yeux retournèrent à la silhouette de l'invitée inattendue. Trunks dévisagea Chichi avec embarras, incertain de la suite des événements. D'habitude, rien que de la voir, le mettait en colère instantanément mais à cet instant il n'y avait même pas un soupçon d'amertume en lui. Juste une méfiance inquiète et sourde. Il posa une main sur la nuque de Goten pour lui faire savoir qu'il était avec lui quoiqu'il arrive. La voix enjouée de Bulma rompit le silence tout d'un coup.

- Chichi, viens donc prendre un verre avec nous.

Chichi se tordit les mains avec une moue confuse.

- Je ne vais pas vous déranger, je voulais …

- Nous déranger? S'exclama Bulma avec perplexité, on est dans la maison de ton fils. Goten, depuis quand ta mère ne peut-elle plus te rendre visite sans déranger?

Trunks fusilla sa mère du regard. Il fallait toujours qu'elle mette les pieds dans le plat au pire moment. Mais Bulma l'ignorait et fixait Goten qui restait silencieux.

Chichi poussa un soupir sonore.

- Goten, j'ai juste besoin de te parler, murmura-t-elle.

Trunks sentait son ami hésitant sous l'assaut conjugué de leurs deux mères. Bien que l'apparition de Chichi l'ait dégrisé instantanément, il était encore sous l'effet de l'alcool et Trunks voyait bien qu'il n'arrivait pas à réunir tous ses esprits.

- D'accord. Sortons, répondit-il enfin.

- Chichi, je te prépare une assiette. On t'attends, lança à nouveau Bulma.

Trunks avait envie de l'étriper à cet instant. La façon d'agir de sa mère le dépassait complètement parfois. Gokû avait un sourire au coin des lèvres tandis que Végéta n'avait même pas interrompu son repas, se contentant de lever un œil sur la scène de temps à autre pour compter les points.

Chichi avait déjà ouvert la porte d'entrée, attendant que son fils la suive à l'extérieur.

- Avec Trunks, précisa Goten.

Trunks se tourna vers lui avec surprise et le visage de Chichi se crispa.

- Chibi, tu es sûr que c'est une bonne idée, marmonna-t-il.

- Je veux que tu entendes, clama-t-il, inflexible.

Chichi n'osa pas protester et Goten la suivit, Trunks à sa suite.

L'air du soir était doux malgré une brise insistante. La végétation commençait déjà à se rabougrir en vue de l'hiver. Trunks se sentait légèrement mal à l'aise de se trouver là mais il réprima ce sentiment. Si Goten avait besoin de lui maintenant, il écouterait. Il s'adossa au mur de la maison, un peu en retrait pour laisser Goten et sa mère debout face à face.

Elle baissa les yeux, comme pour rassembler ses idées. Elle était nerveuse, les mains jointes et crispées. De son côté, Goten avait planté ses mains dans les poches et la fixait sans ciller, attendant qu'elle parle.

- Goten, j'ai réfléchi. Hm. Je te dois peut-être des excuses, murmura-t-elle.

Peut être. Trunks ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.

- A quel sujet? Demanda Goten avec un calme étonnant.

- Je… J'ai mal réagi à ton sujet. Je n'ai pas compris. J'étais… J'étais sous le choc.

- Sous le choc? S'exclama Goten, quel choc? Le choc de voir le monde entier s'en prendre à ton fils?

Le sarcasme parut atteindre Chichi en plein cœur et elle écarquilla les yeux.

- Non! Mais… Ces gens parlaient de toi comme… C'était comme s'il parlait de quelqu'un que je connaissais pas et j'ai pris ta défense, je leur ai dit qu'ils devaient se tromper de personne et…

- Et c'était bien de moi qu'il parlait, hein? C'était ça ton choc? Tu as préféré voir les choses à leur façon plutôt que de savoir ce qui m'arrivait réellement?

Elle serra les dents et fronça les sourcils. Goten ne lui avait jamais parlé comme ça. Personne n'avait jamais dû lui parler comme ça. C'était elle qui criait et qui reprochait, jamais l'inverse. Trunks remarqua cependant qu'elle ne tentait plus de se défendre.

- Moi, j'ai tout fait pour essayer de te comprendre et te consoler, jusqu'à jouer cette comédie à Eloma, s'écria-t-il.

- Je sais Goten, Eloma m'a coûté suffisamment cher en humiliation, maugréa-t-elle.

Trunks se mordit la langue. Il bouillonnait intérieurement mais s'était juré de ne pas intervenir. Il savait qu'il n'avait en réalité même rien à faire là. Le silence se fit un instant.

- C'est à moi que ça a coûté le plus cher, maman. A moi et à lui, répliqua froidement Goten en pointant Trunks du doigt.

Chichi lança un coup d'œil furtif à Trunks. Il sentait qu'elle détestait qu'il soit là et il détourna le regard.

- Mais tu as raison, tout ça est de ma faute, soupira Goten. Tout ce gâchis, alors que j'aurais dû savoir dès le départ qu'on ne se comprendrait pas. A l'instant même où tu m'a claqué la porte de notre maison au nez, j'aurais dû savoir qu'il était inutile d'essayer de te satisfaire. Tu vois, j'arrive même pas à t'en vouloir. T'es comme ça et on y changera rien.

A ces mots, elle se pendit à son cou et le serra contre elle. Il la laissa faire mais ne lui rendit pas son étreinte, gardant ses mains obstinément enfoncés dans ses poches.

- C'est pas vrai, Goten, hoqueta-t-elle.

Elle pleurait et Trunks se sentait de plus en plus gêné. La distance de Goten surtout l'impressionnait. Lui qui était d'habitude si chaleureux, si humain et sensible, paraissait se contrefoutre des larmes de sa mère. Trunks devait admettre qu'elle était une adepte du genre, mais à cet instant, ses pleurs avaient l'air sincères.

Elle releva la tête pour le regarder. Elle renifla avant de reprendre.

- C'est vrai qu'on s'est pas compris. J'ai pas vu ou j'ai pas voulu voir mais peut-être que tu n'as pas su me montrer.

- A quel moment j'aurais pu te montrer? Grogna-t-il.

- Avant de montrer aux autres, murmura-t-elle. Avant le procès et les journalistes.

Goten serra les dents mais ne trouva rien à répondre. Elle le lâcha et fit un pas en arrière. Puis, elle se tourna vers Trunks.

- Toi aussi, je t'ai mal jugé, lui dit-elle, Je ne pouvais pas rêver compagnon plus fidèle et plus dévoué pour mon fils, même si tu n'es pas exactement la belle-fille que je m'étais imaginée.

Elle finit sa phrase dans un petit rire nerveux en essuyant ses larmes, mais elle fut reprise de sanglots. Il y eut un moment de silence entrecoupé des hoquets étouffés de Chichi. Enfin, Goten s'approcha d'elle et l'enlaça pour la presser contre lui. Il la laissa pleurer doucement en frottant ses épaules d'un geste réconfortant.

Il leva les yeux vers Trunks. Son regard laissait transparaître un immense soulagement et Trunks comprit pourquoi Goten avait voulu qu'il soit là. Goten n'avait pas seulement besoin qu'elle s'excuse auprès de lui, il avait aussi besoin qu'elle s'excuse auprès de Trunks. C'était la seule façon pour lui d'être sûr qu'elle avait vraiment réalisé qui son fils était, et pourquoi il avait fait tout ce qu'il avait fait. Et, aussi incroyable que ça ait pu paraître, Chichi avait compris l'importance d'accepter Trunks pour se réconcilier avec Goten. Le chemin avait été long et douloureux mais elle avait l'air d'être enfin arriver au bout.

Trunks adressa un petit sourire à l'attention de Goten et les abandonna silencieusement à leurs retrouvailles pour rentrer dans la maison et retrouver les invités.

Dès qu'il entra, Bulma, Goku et Gohan se tournèrent vers lui avec espoir, en retenant leur souffle. Trunks contempla leurs mines soucieuses. Sans s'expliquer pourquoi, leur préoccupation pour Goten et Chichi lui serra le coeur.

- Ils vont pas tarder à nous rejoindre, annonça-t-il.

Ses paroles furent accueillies par une rumeur de soulagement et il ne put s'empêcher de sourire en les voyant tous retourner à leur habituelle bonne humeur.

A cet instant, il sentit son portable vibrer dans sa poche et vérifia discrètement le message. Bien arrivé à Satan City. Tout est OK. Reste plus qu'à trouver un mec baisable. Trunks eut un petit rire. "Quel crétin, ce Tao" pensa-t-il.

Après avoir compris le danger que son ami courait, Trunks était devenu nerveux. Les types qui avaient essayé de lui faire la peau risquaient de le pourchasser jusqu'à l'hôpital. Cette idée avait obsédé Trunks et il avait fini par organiser le transfert de Tao dans l'infirmerie privée de sa mère, celle qu'elle utilisait en temps normal pour son père. Bulma n'avait pas pu s'empêcher de poser des questions. Trunks avait évité d'y répondre autant que possible, ce qui n'avait pas empêché Bulma de faire le nécessaire pour que Tao soit soigné en toute sécurité.

Trunks s'était aussi attendu à ce que les types qui avaient traqué Tao essayent de s'en prendre à lui ou à Goten. Ils avaient dû comprendre que Trunks était son amant, et certainement, il était devenu pour eux un moyen de faire pression sur Tao, à défaut de pouvoir lui mettre la main dessus. Pourtant, après le saccage de son appartement, il ne s'était bizarrement plus rien passé.

Quand Tao fut guéri, il voulut quitter la ville et disparaître. Trunks estimait que c'était une sage décision et lui proposa de l'argent. Tao avait à peine accepté la moitié de la somme, et il avait filé en promettant de donner des nouvelles. Et il tenait parole.

Trunks empocha son portable avec satisfaction et rejoignit les invités. Il s'assit entre Videl et son père. A cet instant, la porte d'entrée s'ouvrit et Goten parut, suivi de Chichi qui prit place à table à côté de Bulma qui poussa fermement Végéta pour lui ménager un espace.

Le repas reprit joyeusement. Trunks laissa son regard errer sur la tablée. A côté de lui, il remarqua que Videl avait discrètement pris la main de Gohan qui observait son frère avec une lueur de fierté dans les yeux. A côté de Gohan, Gokû se goinfrait sans trop de manières, disputant la main mise sur les plats à Végéta, de l'autre côté de la table. Bulma, qui avait presque fini une bouteille à elle toute seule déjà, parlait fort et son ton joyeux trahissait sa joie intense de revoir Chichi. Chichi discutait avec elle et, bien que leur conversation semble des plus anodines, Trunks remarqua que ses yeux revenaient sans cesse à son fils retrouvé.

Et en face de Trunks, était assis Goten. Goten le fixait silencieusement au milieu du brouhaha ambiant. Il était heureux, Trunks pouvait le voir, juste à ses yeux. Leurs familles étaient unies. Tout ce qui avait été déchiré avait été recousu. Peut-être qu'il y aurait des cicatrices, mais la vie était faite de cicatrices, après tout et, tout en se noyant dans les prunelles noires de son ami, Trunks se disait que ces cicatrices n'empêcheraient jamais le frisson qui le parcourait à chaque fois qu'il croisait le regard de Goten.

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