Disclaimer : Personnages d'après J.K. Rowling, tout lui appartient sauf Yolan (pas touche à mon bébé ^^) et l'histoire !

Bêta-Reader : Chipuliara !

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Note : Voilà, le premier OS que vous m'aviez demandé, j'espère qu'il vous plaira.

Avertissement : comme toujours attention présence de slash et plus précisément de Threesome !

Bonne lecture : )

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Séquelle 1 – Le placard

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Son fils dans les bras, Harry marchait doucement, laissant ses yeux vagabonder tout autour de lui. C'était une belle journée d'été. Le soleil tapait sur les rues de Londres, les rayons de miels se réfléchissaient sur l'asphalte. Les rues étaient bondées de monde. Et le Sauveur se demanda s'il avait bien fait de sortir faire les magasins aujourd'hui.

Il avait décidé d'aller du côté Moldu pour acheter des vêtements à son fils. Le Chemin de Traverse n'avait pas été une option puisque les journalistes le pistaient à la trace dès qu'il mettait un pied en dehors de leur Manoir avec son fils. Aujourd'hui, ils seraient tranquilles. Normalement.

Il n'y avait aucune raison pour que ça se passe mal. Sauf que Lucius était toujours en liberté et qu'il cherchait surement vengeance. Cependant, aujourd'hui, Harry avait décidé de mettre tout ça de côté. Son fils avait besoin de vêtements et il se refusait d'attendre Severus ou Draco ou encore Blaise pour sortir de la sécurité du Manoir.

Après tout, il était le Survivant. Il avait tué Voldemort, il avait survécu à des années de maltraitance chez son oncle et il avait vécu avec Lucius dans sa tête pendant de longs mois. Bien sûr qu'il pourrait se battre contre le blond. Il en avait la puissance magique. Mais Yolan était son point faible et il savait que le Mangemort n'hésiterait pas à se servir du petit pour l'atteindre.

- Fais beau, papa ! s'exclama le petit bout dans ses bras, le sortant de ses pensées.

Dans trois mois, Yolan soufflerait ses trois bougies et c'était un vrai petit ange. Doux, calme, gentil. Il faisait la fierté de ses parents et de son parrain. Harry tourna la tête vers lui, sourit et passa une main délicate dans les cheveux bruns de son fils.

- Tu as raison, c'est une belle journée.

Ils passèrent devant des enfants qui riaient de joie en jouant sous une bouche d'incendie qui avait sauté. Dans ses bras, le petit garçon se contorsionna pour fixer les différents gamins qui couraient sous le jet d'eau.

Un sourire vint prendre place sur ses lèvres. Harry était heureux. Vraiment. Elle était loin l'époque où il se faisait du mal parce qu'il se sentait vide à l'intérieur. Où il se mutilait pour tenter d'effacer le désespoir qui lui vrillait le ventre. Il n'avait plus retouché à un rasoir depuis cette époque. Pourtant, il avait été tenté. Des dizaines de fois.

Mais sa volonté de ne pas décevoir ses deux amants et ses amis l'avait fait tenir. Jour après jour. Heure après heure. Et il était fier de ce qu'il était devenu, fier d'avoir réussi à s'en sortir alors que d'autres n'y arrivaient jamais. Il avait eu la chance de rencontrer les bonnes personnes, celles qui l'avaient sorti des ténèbres qui rythmaient sa vie.

- Gad' papa ! A plein de vroum vroum !

Harry regarda l'endroit que son fils lui montrait du doigt et acquiesça de la tête devant les motos qui les dépassèrent dans un vrombissement assourdissant. Il aimait comment Yolan s'exclamait devant de petites choses du quotidien : il était tellement innocent que ça en était attendrissant.

Le peu de fois où il sortait du Manoir, il pouvait facilement voir des femmes se retourner sur leur passage pour regarder son enfant qui rentrait dans tous les cœurs plus rapidement qu'un claquement de doigts.

- Est-ce que tu veux qu'on aille prendre une glace après les magasins ? demanda-t-il en souriant au petit garçon.

- Glace ? répéta Yolan les yeux pétillants d'envie.

- Si tu es gentil, on ira, promit Harry. Tu auras le droit au parfum que tu veux.

- Chocolat ! hurla presque le garçon en passant ses bras autour du cou de son père pour un gros câlin.

Harry sourit et tapota gentiment le petit dos, le serrant un peu plus contre lui. Presque trois ans qu'il était venu au monde et ses papas l'aimaient plus que tout au monde. Le Sauveur savait que son fils devrait bientôt aller à l'école. D'un commun accord, Draco, Severus et lui avaient décidé de l'envoyer dans une école maternelle moldue puis de l'intégrer à l'école primaire sorcière Les petits sorciers.

Bien sûr, ils pourraient le laisser dans une école moldue mais Harry ne voulait pas qu'il soit autant démuni que lui quand il serait en âge pour Poudlard. Draco voulait qu'il prenne des cours particuliers comme lui en avait eu à son âge mais Severus refusait que leur fils reste cloîtrer au Manoir jusqu'à ses onze ans. Harry était d'accord avec lui, même si le fait que Lucius soit encore en liberté le mettait sur les nerfs. Laisser Yolan seul dans une école qui ne connaissait pas la magie était risqué et presque stupide.

- Vrouuuummmm ! Vrouuuuummm ! s'exclama le petit garçon en se tortillant entre ses bras pour regarder les motos qui s'éloignaient d'eux.

- Calme-toi, mon ange, chuchota-t-il en retour contre la tempe brune.

Harry resserra ses bras autour de lui pour l'empêcher de tomber. Au coin de la rue, il tourna à gauche. Le magasin était à deux pas d'ici et il ne lui faudrait pas trois heures pour acheter de nouveaux vêtements. Dans maximum deux heures, ils pourraient déguster une merveilleuse glace.

En tournant un peu la tête sur le côté, Harry se figea en apercevant quelqu'un. Quelqu'un qu'il n'aurait jamais imaginé croiser. Que faisait-il ici ? Il ne devait pas revenir dans sa vie. Il aurait dû disparaître totalement pour qu'il ne le recroise jamais.

C'était un cauchemar.

Parce que dans la foule de londoniens moldus, il y avait Vernon Dursley. Son oncle. Celui qui avait fait de sa vie un enfer. Celui qui peuplait encore ses cauchemars. Celui qui devait encore se trouver en prison.

Ses doigts se crispèrent sur le tee-shirt de son petit ange.

Il était là, devant lui. Comme si rien ne s'était passé, comme s'il n'avait jamais violé ou battu son propre neveu. Les gens le croisaient, le touchaient parfois – sans vraiment le faire exprès – sans savoir qu'ils côtoyaient un monstre qui avait détruit la vie d'un innocent gamin. Et lui, ne pouvait plus bouger parce que la peur – ce sentiment vicieux – s'insinuait en lui comme un serpent venimeux.

Et son fils qui continuait de gazouiller gaiement dans ses bras, inconscient du danger à proximité.

Des flashs tournaient continuellement dans sa tête. Lui agonisant sur le sol froid de sa chambre au 4 Privet Drive. La douleur quand son oncle s'enfonçait encore et encore en lui alors qu'il criait pour la fin de son calvaire. La ceinture qui s'abattait sans pitié sur la peau de son dos. Les mots meurtriers qui brisaient son cœur. L'envie de mourir, le sentiment d'être un moins que rien. La honte, le dégoût, le désespoir.

Harry était perdu dans son monde de douleur et il était maintenant persuadé que son oncle l'avait vu. Peut-être avait-il repéré son petit ange dans ses bras et qu'il allait s'en prendre à lui. Non, non, non, tout mais pas ça.

- Papa ? demanda doucement le petit bout de chou qui ne comprenait pas ce qui se passait.

Mais son père ne répondit pas. Au lieu de ça, il ferma les yeux et se concentra sur le Manoir. Il devait à tout prix regagner la sécurité de leur demeure pour protéger son fils. Il y mit toute sa magie, pas question que Yolan soit blessé par un transplanage fait à la va-vite.

Il réapparut dans le parc, à la limite de la barrière de protection.

- Trans-pla-nage ! sourit Yolan en levant les mains.

Sans y faire attention, Harry courut vers la porte, passant les protections en un clin d'œil. Le garçon se tut en fronçant les sourcils. Il se demandait pourquoi son papa était pâle comme s'il était malade. N'aimant pas le voir ainsi, Yolan posa sa main sur la joue à sa portée pour attirer son attention et en lui faisant passer un sentiment d'amour incommensurable.

- Papa ?

Le brun ne lui répondit pas alors qu'il ouvrait la porte à toute vitesse. Il devait absolument mettre le plus de distance entre Vernon et eux. Protéger son fils était le plus urgent, le plus important. Rien d'autre ne comptait. Vernon n'aurait jamais Yolan, jamais il ne le toucherait comme il l'avait touché, lui. Plus jamais il ne ferait du mal à sa famille.

La porte se referma derrière eux et Harry s'empressa de la fermer avec un puissant sort, à la limite de la magie noire tellement il avait peur de voir son oncle enfoncer la porte pour venir briser leur bonheur.

Une fois fait, il se dépêcha de s'éloigner. Où pourraient-ils se cacher ?

Le petit garçon toujours dans ses bras, le Sauveur tenta de reprendre une respiration normale en s'enfonçant dans les couloirs sombres du Manoir Prince. Ce ne fût lorsqu'il passa devant le placard sous l'escalier qu'il reprit espoir.

Lorsqu'il habitait avec les Dursley, sa seule véritable chambre avait été son placard et ses seules amies avaient été les araignées. Au fils du temps, il avait compris que Vernon ne pouvait pas l'atteindre dans son placard qui était trop petit pour sa corpulence.

Après s'y être engouffré, Harry se laissa glisser le long du mur pour s'asseoir au sol. Yolan sur les genoux, serré contre son torse, il sentit sa peur augmenter quand un bruit retentit dans le Manoir.

- Je vous en supplie, je vous en supplie, je vous en supplie, je vous en supplie, je vous en supplie, je vous en supplie, répéta-t-il à mi-voix en augmentant son étreinte autour de son fils.

- Papa ? Papa peur ? Pourquoi ?

- Merlin, ne le laissez pas faire de mal à mon enfant, pria-t-il sans faire attention aux paroles de Yolan.

Ce dernier se tortilla un peu, recula sa tête de sa poitrine et leva de grands yeux écarquillés vers lui. Harry reprit un peu pied dans la réalité en rencontrant les deux billes vertes aux paillettes noires et grises. Son fils avait besoin de lui mais… mais il était trop paniqué pour l'aider.

- Je… Il ne te fera pas de mal, d'accord ? Je te protégerai, mon ange. Je t'aime tellement, pleura-t-il sans pouvoir s'en empêcher.

D'un geste, il ramena le petit visage contre lui. Le contact le calma un peu même s'il ne pouvait s'empêcher d'imager Yolan entre les mains de Vernon. Il le briserait aussi sûrement qu'il l'avait brisé, lui. Et Harry ne pouvait pas le laisser faire ça. C'était son rôle de père que de protéger sa progéniture.

Les larmes coulaient le long de ses joues et les murmures désespérés – je vous en supplie – passaient la barrière de ses lèvres dans une supplique déchirante. C'était une demande d'aide, une litanie douloureuse pour sauver son fils.

- Rien ne t'arrivera, je te le promets, continua-t-il en plaçant une de ses mains dans la chevelure brune.

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XOXOXOXOXOXOXO

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Draco ouvrit pour la énième fois une porte, soupira en constatant que la pièce était vide puis referma le battant avec rage. Un peu plus loin, il entendait Severus faire de même et comprit qu'il ne les avait pas trouvés. Tout comme lui.

Voilà, vingt minutes qu'ils étaient entrés presqu'en même temps vu que ses cours finissaient à la même heure que ceux de Poudlard. Ils s'étaient attendus à retrouver Harry et leur petit monstre dans le salon en train de jouer ensemble, comme d'habitude. Mais contrairement aux autres soirs, leur mari et leur fils n'étaient pas là pour les accueillir.

Alors, ils s'étaient inquiétés.

- Harry ? Yolan ? appela la voix de Severus plus loin dans le couloir.

La barrière de protection les avait renseignés sur le fait que leur mari et leur enfant étaient bien dans le Manoir. Ils ne savaient juste pas où ils se cachaient, ni pourquoi. Ce qui était sûr c'était qu'ils étaient clairement inquiets pour eux.

- Tu les as trouvés ?

Draco se tourna vers Severus qui s'avançait à grands pas vers lui, sa robe noire se gonflant sous son mouvement rapide.

- Non. Pas de nouvelles non plus de ton côté, n'est-ce pas ? Où est-ce qu'ils peuvent être ?

- Et pourquoi ne se montrent-ils pas ?

Un frisson parcourut le blond. S'était-il passé quelque chose ? Un terrible évènement qui avait obligé Harry à se cacher pour sauver leurs vies ? Lucius les avaient-ils trouvés ? C'était impossible puisque le Manoir était protégé par toutes sortes de sorts.

- Tu penses qu'ils sont blessés ?

- Non.

La voix du professeur de Poudlard était tellement ferme qu'il ne pouvait que le croire. Draco le suivit à travers la demeure, se tordant les mains d'anxiété. Il essayer de rester calme, de ne pas céder à la panique qu'il sentait peu à peu monter en lui.

Harry était un aimant à problèmes. C'était un fait établi. Il suffisait de voir toutes les épreuves qu'il avait traversé pendant son adolescence et son enfance. Il n'y avait que lui pour subir autant d'évènements traumatisant. Alors que lui était-il arrivé cette fois ?

Ça ne pouvait être Bellatrix puisqu'elle pourrissait à Azkaban. Lucius était porté disparu depuis des années. Voldemort n'était plus de ce monde. Sa famille moldue était hors circuit puisqu'ils purgeaient leur peine. Plus rien ne devait s'en prendre à Harry ou à Yolan. Ils devaient être en sécurité ici.

Draco faillit rentrer dans Severus quand ce dernier s'arrêta brusquement.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Depuis quand ne réfléchissons-nous plus ? grogna le brun.

- Quoi ?

- Depuis quand sommes-nous devenus plus bêtes que ces putains de Gryffondors ?

A l'insulte, le fils Malfoy haussa les sourcils. Il n'avait jamais eu l'occasion d'entendre son amour parler ainsi. D'ailleurs si Harry l'entendait il était bon pour mettre une noise dans le pot des mauvais mots. Draco ricana en se souvenant pourquoi ils en étaient venus à instaurer un truc aussi con et son ricanement devint un rire quand il imagina Severus mettre de l'argent dans le pot devant Yolan, gai comme un pinson.

Une taloche à l'arrière de sa tête le calma immédiatement.

- Eh !

- Je sais ce que tu imagines et ne pense même pas le répéter à Harry, gronda Severus. Bien, qu'est-ce que je disais ?

- Tu te demandais depuis quand on est bêtes. Soit dit en passant, tu serais prié de ne pas m'inclure puisque je ne suis loin d'être bête.

- Alors pourquoi n'as-tu pas pensé à utiliser la magie pour les trouver ?

Draco ouvrit la bouche mais la referma très rapidement. D'accord, il pouvait l'avouer mentalement : il se pourrait qu'il ne soit pas très intelligent quand il s'agissait d'Harry et de Yolan. Il était même souvent irrationnel et perdait ses moyens quand ils étaient en jeu.

Severus sortit sa baguette de sa robe noire et après un mouvement de poignée, dit clairement :

- Pointe Harry Potter.

La baguette posée à plat sur sa main tourna sur elle-même jusqu'à s'arrêter en pointant sur la droite, vers le couloir menant à l'escalier. A pas rapides, ils se dépêchèrent de suivre la direction donnée par le morceau de bois. Ils allaient prendre l'escalier qui menait à l'étage quand la baguette bougea pour leur montrer une autre direction. Fronçant les sourcils, ils s'entreregardèrent et descendirent les premières marchent qu'ils venaient de franchir.

Ils passèrent devant le placard mais une nouvelle fois la baguette s'agita quand ils s'éloignèrent de l'escalier.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda Draco.

Severus fronça les sourcils, en ne comprenant pas non plus. Puis ses yeux semblèrent s'illuminer de compréhension quand la baguette pointa le placard. Et si… C'était réellement la pièce sous l'escalier qu'elle montrait et non pas l'étage.

- Je crois qu'on les a trouvés.

- Quoi ?

Au lieu de répondre, l'homme habillé tout en noir s'avança vers le battant en ayant précédemment rangé sa baguette. Draco le regarda faire en se demandant pourquoi il s'occupait du placard sous l'escalier.

- Quel meilleur en droit pour se cacher que la pièce semblable à celle où Harry a vécu pendant toute son enfance ?

- Tu veux parler… du placard ?

Après avoir jeté un coup d'œil par-dessus son épaule, Severus ouvrit tout doucement la porte au cas où leur mari serait effectivement dedans. Draco se rapprocha à petits pas. Il se figea en remarquant qu'effectivement Harry et Yolan se trouvaient là. Ils ne semblaient pas blessés mais le Sauveur était dans un mauvais état.

Il était assis au sol et se balançait légèrement d'avant en arrière. Yolan était contre lui, paraissant dormir. Les bras d'Harry étaient enserrés autour du petit corps, ses lèvres bougeaient sans arrêt et des larmes coulaient le long des joues pâles.

- Harry ? demanda Severus, doucement.

- … en prie, je vous en prie, je vous en prie, je vous en prie, je vous…

- Harry ? demanda de nouveau l'homme.

Puis – comme il ne voyait pas leur mari réagir à son appel – il tendit la main pour la poser délicatement sur une de ses épaules. Harry sursauta au contact, tenta de s'éloigner en enserrant son emprise sur Yolan et tourna la tête vers eux. Severus leva les deux mains pour lui montrer qu'il ne lui voulait pas de mal.

- Ça va, d'accord ? On te veut pas de mal.

- Il ne le prendra pas ! Il ne fera pas de mal à mon bébé ! hurla Harry.

Draco frissonna en voyant les yeux troublés de son amour. Que s'était-il passé ? Pourquoi une telle réaction ? Et pourquoi avait-il si peur ?

- Ok, acquiesça Severus tout aussi doucement que précédemment. Personne ne prendra Yolan et personne ne lui fera de mal. Promis.

En réponse, le brun hocha la tête, rassuré par les paroles du professeur de Poudlard. Il ne lâcha pas leur fils mais cessa de se balancer d'avant en arrière. Draco vit leur amant le plus vieux se mettre à genoux sans chercher à avancer dans le renfoncement. Se sentant un peu de trop, lui ne savait pas comment réagir alors il préférait rester un peu en retrait.

- Il nous a vus, chuchota Harry en enfouissant une de ses mains dans les mèches brunes du garçon. Je suis sûr qu'il nous a vus et qu'il a imaginé nous faire du mal.

- Qui ?

Le fils Potter enterra son visage ravagé par les larmes contre le crâne de Yolan.

- Harry, qui vous a vus et qui veut vous faire du mal ?

- Mon oncle.

Draco sentit son sang se glacer dans ses veines. Sa respiration se bloqua dans sa gorge et son visage pâlit. Vernon. Harry avait revu son oncle alors qu'ils lui avaient promis – des années auparavant – qu'il ne le recroiserait jamais. Il comprenait pourquoi il réagissait ainsi. C'était peut-être excessif mais il le comprenait. Après tout ce qu'il avait connu, après tout ce qu'il avait vécu, il avait le droit de craquer après avoir revu son bourreau.

- Il lui restait des mois de prison, non ? chuchota-t-il pour que seul Severus l'entende.

- Liberté conditionnelle, sûrement.

- Il va venir et emmener mon petit ange et il le violera comme il l'a fait avec moi parce que c'est mon fils et qu'il est un sorcier.

Tout en secouant la tête, Draco se détacha du mur et alla s'agenouiller aux côtés du plus vieux pour qu'Harry l'ait bien dans son champ de vision. Les yeux verts analysaient chacun de ses mouvements, tel un cerf prit dans les phrases d'une voiture.

- Cela n'arrivera pas, amour. Tu sais pourquoi ? Parce que tu le protégeras comme tu l'as toujours fait et nous aussi. Jamais on ne laissera Vernon l'emmener et lui faire du mal, quitte à y laisser la vie.

Le regard troublé glissa sur le petit corps endormi. Draco retint un sourire en le voyant faire. Il reprenait de plus en plus conscience de la réalité, ça se remarquait par cette lueur de lucidité qui brillait dans ses yeux.

- Il… Yolan est… est fatigué, il faudrait le mettre au lit, dit-il doucement d'une voix enrouée par les pleurs.

- Je vais le faire, assura le blond en souriant.

Harry acquiesça, le garda un peu plus contre lui avant d'écarter son fils pour le donner à Draco qui l'attrapa immédiatement. En se relevant, il échangea un coup d'œil avec son autre amant : « sors-le de là, maintenant ». Il savait que Severus gérerait ça plus facilement que lui.

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Quand Draco revint dans le couloir, ni Severus, ni Harry ne s'y trouvaient encore. L'endroit était désert comme si rien ne s'était passé. En se demandant mentalement où ils pouvaient bien être, il finit par décider que Severus avait dû emmener leur précieux amant dans leur chambre.

Remontant les marches qu'il venait de descendre, Draco espérait que le plus petit brun allait mieux et qu'il s'était un peu calmé. Le voir si démuni, si perdu lui avait vrillé le cœur. Cela faisait presque trois ans qu'il ne l'avait plus vu aussi désespéré. Il n'avait jamais vraiment pu oublier ce visage marqué par la tristesse et l'angoisse mais il avait souhaité ne plus jamais le revoir ainsi.

Après avoir traversé le couloir, il poussa la porte de leur chambre et entra à pas de loup à l'intérieur de la pièce. Comme il s'y était attendu, ses deux amours se trouvaient ici. Harry s'était finalement endormi après cette journée trop pleine en émotion. Severus s'était allongé sur le matelas, tenant le petit brun serré contre sa poitrine, une partie de son corps reposant contre ses jambes écartées.

Attendri, Draco sourit. C'était une belle image que de les voir ensembles, presque en paix. Doucement, il s'approcha du lit et monta dessus en essayant de ne pas déranger le petit brun endormi. Il se pencha, embrassa tendrement les lèvres de Severus puis la tempe de l'endormi.

- Comment il va ?

- Un peu mieux. Il a repris conscience avec la réalité. Cependant, il m'a obligé à vérifier chaque porte et chaque fenêtre pour savoir si tout était bien fermé à clé. Il n'a pas voulu se séparer de moi et il s'est endormi. Le microbe ?

- Il s'est réveillé au moment même où je l'ai déposé dans son lit. J'ai dû lui expliquer qu'Harry allait bien et qu'il devait dormir pour être en forme demain.

Le silence envahit la pièce seulement troublé par le souffle d'Harry. D'une main ferme, Draco caressa les cheveux bruns ébouriffés. L'autre bougea un peu, rapprochant sa tête de cette main douce puis cessa tout mouvement, toujours dans le pays des rêves.

- J'espère que son sommeil sera calme.

- Si ce n'est pas le cas, nous serons là pour le rassurer.

- Arrivera-t-il à se relever de cette épreuve ? Nous lui avions promis qu'il ne reverrait jamais son oncle et regarde le résultat, nous avons eu tort. Vernon est libre et Harry ne va plus oser sortir du Manoir.

- Tu as raison. Je vais voir avec le cabot et le loup-garou pour qu'ils accueillent Harry avec Yolan chez eux, le temps qu'il se calme et qu'il comprenne qu'il n'y a aucun danger à vivre près de Londres. Pendant ce temps, nous pourrions nous occuper de Vernon.

Une lueur démoniaque passa dans les yeux mercures du blond qui se demandait si « s'occuper de Vernon » avait la même signification pour Severus que pour lui. Parce que là, tout de suite, des dizaines de scénarios tournaient dans sa tête.

- Tu penses à quoi ?

- Petites séances de Doloris et cobaye pour mes potions, répondit simplement Severus en regardant la tête brune posée sur sa poitrine.

- Je te suis, sourit Draco dangereusement. On le torture et on l'oblige à quitter le territoire avec la promesse qu'il ne remettra plus un orteil dans ce pays. Bien que j'aurai préféré le tuer lentement.

- Si on se fait prendre, on finira à Azkaban. Je préfère le torturer, lui faire peur et le virer d'Angleterre que de perdre Harry et Yolan.

Draco inclina la tête sur le côté. Il avait raison. Bien sûr qu'il avait raison, comme d'habitude. Severus pensait toujours à tout, sans jamais se laisser entraîner par ses émotions ou ses désirs de vengeance. C'était sûrement grâce à cela qu'il était encore en vie après tant d'années à jouer son rôle d'espion.

- Tu as raison.

Ensuite, il s'allongea plus confortablement après avoir enlevé son tee-shirt et son pantalon. Il se pelota sous les draps et posa sa tempe contre son épaule en soupirant de bien être.

Il savait que la suite ne serait pas facile. Harry aurait certainement du mal à faire surface mais ils seraient là comme ils l'avaient toujours été. Ils l'aideraient, le soutiendraient et le rassureraient du mieux qu'ils le pourraient.

Combien d'épreuves devraient-ils encore traverser avant d'avoir le droit à une tranquillité bien méritée ? Connaissant l'aimant à problème intégré à l'héritier Potter, il pouvait assurer que leur vie ne serait jamais semblable à un long fleuve tranquille. Malheureusement.

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Voilà ! Alors comment vous trouvez cette première séquelle ? Vous aviez imaginé ça ?

J'attends vos commentaires avec impatience.

Je ne sais pas trop quand je publierai le prochain OS mais j'essayerai de ne pas trop vous faire attendre !

A bientôt les gens et bonne journée.