Titre : Le pacte

Auteur : Nefer (moi)

Disclaimer : Les personnages de cette fanfic ne sont pas à moi. Ils sont la propriété de Masashi KISHIMOTO

Commentaire : Comme je l'avais annoncé dans mon précédent one-shot « La boîte de Pandore », je reviens avec une avec une nouvelle fic centrée sur une romance Sasuke-Sakura.
Cette fic est une nouvelle expérience pour moi car c'est la première fois que j'écris une fic ne se déroulant pas dans l'univers du manga, mais dans un alternatif.

Bien que j'ai souvent imaginé des histoires comme ça, je ne me suis jamais lancée de peur de pas être assez fidèle à l'œuvre d'origine et surtout au caractère des personnages.

En espérant y parvenir.

Bonne lecture.


Chapitre 1 : Le royaume d'Haru

Les deux cavaliers galopaient à vive allure à travers les steppes désertiques balayées par le vent.

Cela faisait des heures qu'ils parcouraient la vaste étendue verte en longeant le fleuve sans avoir croisé âme qui vive ni même une trace, aussi infime soit-elle de la présence passé de l'homme en ces lieux.

Initialement dissimulés derrière leurs épaisses capes noirs, les deux cavaliers avaient peu à peu laissé leur méfiance de côté face à la solitude profonde de cette nature sauvage indomptée.

Si quelques heures auparavant ils avaient avec grand soin masqué leurs visages, à présent le vent et leur folle cavalcade avaient fait voler leurs larges capuches laissant apparaître la chevelure, l'une de soleil et l'autre de nuit, des deux hommes.

Le blond se pencha légèrement en avant, passant le plat de sa main sur l'encolure de sa monture.

La pauvre bête était à bout. Sa robe baie était trempée de sueur et il sentait sous sa main les pulsations cardiaques anarchiques de l'animal. En se penchant encore il pouvait voir sans mal la tête du destrier l'écume blanchâtre qui moussait autour du mors et la vapeur qui semblait lui sortir des naseaux.

Il fallait faire une pause ou les deux chevaux tomberaient bientôt raide mort d'épuisement.

Certes le temps leur était compté, mais sans monture ils n'iraient pas loin dans ces steppes.

« Il faut faire faire une pause aux chevaux. » dit-il d'une voix forte afin que son compagnon l'entende en dépit du hurlement du vent.

Ce dernier sembla à son tour prendre conscience de l'état des bêtes et hocha de la tête.

Son regard de jais parcourut la plaine et il désigna du doigt une direction.

« Allons jusqu'à cette colline là-bas, il y a de l'eau et la végétation semble enfin y faire place à autre chose que de l'herbe. Nous pourrons nous faire un abri contre les arbres. »

Le blond tira sur les rênes et fit dévier son cheval dans la direction indiquée.

Bien qu'à première vue l'endroit leur sembla proche, ils se rendirent vite compte que l'espace sans limite de la steppe déformait les distances.

Ce n'est qu'après vingt minutes de course supplémentaire qu'ils atteignirent enfin le point d'escale fixé.

Les chevaux ne tenaient plus sur leurs pattes que par la force de leur volonté. Sitôt furent-ils débarrassés de leur chargement qu'ils s'effondrèrent sur le sol, bien trop faibles pour pousser leurs pas jusqu'à la rivière pour y chercher de quoi se désaltérer.

Le blond fronça les sourcils et passa, désolé, une main caressante sur le chanfrein de sa monture.

Il tourna tristement la tête en direction de son compagnon et annonça.

« Je crains que nous ne leur en ayons trop demandé et qu'il ne faille les abattre à la fin de notre mission. »

Il passa ses bras autour de l'encolure de l'animal et posa un instant sa tête contre son épaule.

En s'écartant après cette brève étreinte il croisa le regard pers du cheval dans lequel se lisait cette confiance animal sans a priori.

Il se sentit coupable et cette fois rejoignit son compagnon.

Ce dernier ne semblait pas témoigner le même sentimentalisme à l'égard des bêtes, ses priorités et inquiétudes étaient autres, mais il ajouta l'œil sombre.

« Si seulement nous avions pu trouver un relais. Mais ces fichues prairies sont si désolées. Pas même l'ombre d'un nomade. »

Il saisit dans son sac une carte qu'il déroula à la hâte à même le sol.

« Où pensez-vous que nous soyons ? » demanda le blond en venant s'asseoir par terre au côté du brun.

« Difficile à dire. Si la nuit était tombée nous aurions pu nous repérer aux étoiles, mais là...

Si on estime notre temps de route et la vitesse moyenne de notre course, je pense que nous devrions être dans cette zone. »

« Hum, fit le blond, ça pourrait en effet ressembler à la topographie du lieu où nous nous trouvons. »

Il tourna la tête de droite à gauche.

« Mais c'est tout de même assez difficile de juger. Rien ne ressemble plus à un brin d'herbe qu'un autre brin d'herbe. Ce fleuve et ses méandres est notre seul guide. »

Le brun qui avait lui aussi redressé son regard sur la plaine, le replongea sur la carte.

« Le royaume d'Haru est l'un des plus vastes parmi les douze royaumes formant l'Empire du Feu, mais il est composé à 90% de steppes. Les villes et ses habitants se situent principalement au niveau de la frontière avec l'Empire du Vent et sur les côtes. Il nous faut impérativement traverser cette étendue pour parvenir au palais du Seigneur Haruno, mais y parviendrons-nous ? Et dans les temps ? » l'inquiétude teintait sa voix.

Il posa à nouveau son regard sur les chevaux et soudain, interloqué, ses yeux s'agrandir.

« Les chevaux... »

En dépit de leur grand état de fatigue ces derniers s'étaient redressés, aux aguets, les oreilles tendues en avant, signe qu'ils avaient repéré quelque chose.

Aussitôt les deux hommes se saisirent de leurs armes, sur la défensive.

L'intrus entendu par les chevaux ne tarda pas à sortir de la maigre forêt auprès de laquelle les deux hommes avaient trouvé refuge.

Il s'agissait d'une jeune fille montée sur un pur sang à la robe perlino.

En dépit de la race noble du destrier il était difficile de dire de quel milieu pouvait venir cette fille.

Le fait qu'elle monte, à cru, un cheval alors qu'elle était une femme pouvait laisser penser qu'il s'agissait d'une nomade, mais son simple kimono de grossière toile de chanvre blanche était celui d'une pauvre paysanne.

Cette image d'appartenance à la paysannerie semblait être aussi renforcée par ses longs cheveux roses noués que par une simple ficelle et par l'absence de tout maquillage sur son visage d'albâtre.

Mais le fait qu'elle monte un pure sang était contradictoire.

Et puis son maintien ainsi que ses longues et fines mains blanches qui n'avaient jamais connu, de toute évidence, le travail manuel trahissaient un niveau social bien plus élevé.

C'est les yeux ronds que le blond du duo regarda cette étrange apparition tout en rengainant son sabre à la différence de son compagnon qui semblait toujours sur la défensive.

La surprise se lisait aussi dans les grands yeux verts émeraude de la jeune fille, visiblement étonnée de rencontrer d'autres humains qu'elle en ce lieu désolé.

Elle se remit toutefois bien vite et sauta avec agilité de son cheval, nerveuse. Une fois à terre, elle s'inclina en une profonde révérence, face contre terre.

« Mes Seigneurs, veuillez me pardonner, je ne m'attendais pas à rencontrer quelqu'un ici. »

Le statut social des deux hommes, lui, ne faisait aucun doute. Leurs capes entrouvertes laissaient clairement voir leurs belles armures de généraux d'armée aux couleurs des maisons qu'ils servaient.

Ils étaient nobles, et de haut rang.

« Ce n'est rien, nous aussi nous sommes surpris de croiser une jeune fille telle que toi seule au milieu de ces landes. » fit le blond avec un sourire amical, tout en offrant sa main à la demoiselle afin qu'elle se relève.

Elle s'en saisit tout en faisant une petite révérence pleine de déférence en remerciement. Cependant, cet instant de grâce ne dura pas.

« Qui êtes-vous et d'où venez-vous ? » Fit d'une voix autoritaire et méfiante le brun .

« Je me nomme Sakura. J'arrive de la ville de Koosai, à 30 milles d'ici, où je rendais visite à des membres de ma famille, et je rentre chez moi. »

« Sakura, juste un prénom et pas de nom, comme les paysans. *»

Le regard toujours suspicieux, le brun reposa toutefois son sabre.

Voyant que son explication semblait avoir satisfait les deux hommes, la jeune fille se relaxa un peu et avisant la carte posée sur le sol elle reprit la parole.

« Je vois que vous cherchez votre route. Peut-être puis-je vous aider, Mes Seigneurs. »

« Peut-être bien. » lui sourit le blond qui l'invita à s'asseoir à leurs côtés.

La dite Sakura s'exécuta, son regard attiré bien malgré elle par les blasons qui ornaient les armures des deux hommes.
Ses yeux se plissèrent, elle semblait se demander ce qu'ils faisaient là, elle aussi.

Le blond tapota de l'index sur l'emblème qui ornait son poitrail.

« Connais-tu les blasons que nous portons jeune Sakura ? »

La jeune fille hocha de la tête.

« Oui, il s'agit des armes des Uzumaki et des Uchiwa. » déclara-t-elle.

« Deux clans qui n'ont en principe rien à faire ici. » pensa-t-elle le regard fixé avec plus d'insistance que nécessaire sur l'éventail du Uchiwa.

« Vous êtes bien instruite pour quelqu'un qui à l'apparence d'une paysanne. » cracha le brun en posant, à son tour, un regard torve sur la chevelure rose de la jeune Sakura.

Elle ne répondit rien. Qu'aurait-elle pu répondre ?

Le blond lui continuait à offrir un visage aimable à la jeune fille qui semblait désarçonnée par le ton sec du brun.

« Je me nomme Minato Namikaze, époux de Kushina Uzumaki, chef du clan Uzumaki et roi du royaume d'Uzu. »

Son compagnon lui lança un regard noir, mais il poursuivit.

« Et voici Fugaku Uchiwa, chef du clan Uchiwa et roi du royaume éponyme. »

Deux hommes seuls, perdus au milieu de nul part, déclarant être roi aurait dû naturellement paraître suspect, pourtant avec stupeur, la jeune Sakura remit face contre terre en une prosternation de convenance.

Ils disaient vrai, elle en avait l'intime conviction. L'aura même de ces deux hommes ne pouvait mentir.

« Allons, allons, c'est bon. On est en petit comité inutile d'être si protocolaire. » ria Minato.

Fugaku souffla quant à lui. Comment un homme de son rang pouvait se comporter de la sorte avec cette inconnue ?
La jeune Sakura se redressa mais ses grands yeux émeraude trahissaient ses questionnements intérieurs.

« Tu te demandes ce que font les rois de deux des plus puissants royaumes de l'Empire du Feu, sans escorte, seuls au milieu de ces steppes, n'est-ce-pas ? »

Une fois de plus la jeune fille opina positivement du chef.

« Nous devons nous rendre au plus vite à la Capitale du Royaume d'Haru afin d'y rencontrer Kizashi Haruno. C'est une question de vie ou de mort. »

A cette déclaration Sakura se statufia. Oui, c'était sans doute une question de vie ou de mort pour que deux rois prennent la peine de voyager dans de telles conditions. Une situation gravissime sans doute, une affaire d'État, même un enfant aurait pu le comprendre.

Quel qu'est pu être le danger qui les poussait à accomplir cette mission, la jeune fille comprit qu'il était de son devoir de les aider et les servir.

Avec détermination elle planta son regard vert dans celui d'azur du Namikaze.

« Majesté, dans ce cas laissez-moi vous aider. Je me rends aussi à la Capitale, je vais vous y guider. »

Minato lui adressa un sourire reconnaissant avant que la jeune fille ne reprenne la parole.

« Cependant..., elle se tourna vers les chevaux des deux rois, ...vos montures sont à bout et il reste encore une demi-journée de marche avant d'atteindre la Cité de Saphir. »

Elle pointa du doigt sur la carte l'endroit où ils se trouvaient actuellement, puis traça un chemin invisible en direction de la grande ville.

« Ils tiendront. » affirma Fugaku pressé d'arriver à destination.

La jeune fille regardait toujours, soucieuse, les chevaux. Non, ils ne survivraient pas dans les conditions actuelles. Il fallait pourtant, elle l'avait compris, que les deux rois arrivent au plus vite dans la capitale des Haruno. Humblement elle proposa alors.

« Si je puis me permettre, vos Majestés, vous devriez charger mon cheval avec toutes vos affaires afin de leur imposer le fardeau le moins lourd possible. »

La proposition était judicieuse pourtant

« C'est ton cheval qui va s'y épuiser. » affirma Minato.

« Pas si je ne le monte pas. »

« Nous sommes pressés nous vous avons dit, nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre quelqu'un marchant derrière nous. » ajouta l'Uchiwa

« Mon cheval connaît le chemin, il vous guidera jusqu'à votre destination. Vous n'aurez qu'à me laisser derrière, je rentrerai par mes propres moyens. » fit la jeune femme consciente de l'urgence que pouvait représenter la mission des deux hommes.

« Nous sommes certes pressés, mais nous ne pouvons pas nous permettre d'abandonner une noble dame au milieu de nul part en la détroussant de sa monture. »

Pour Minato, qui avait l'âme chevaleresque, l'un des devoirs sacrés des hommes était de protéger la gente féminine, aussi ce plan ne pouvait lui convenir.

« Vous êtes des rois, vous avez tous les droits s'il s'agit du maintien de la sûreté de l'Empire. Et puis je ne suis pas une noble dame » insista Sakura

Minato lui adressa un petit sourire vaguement ironique bien que très tendre, alors que Fugaku, lui, semblait chercher à sonder cette étrange jeune fille de ses yeux de jais.

Il se tourna vers Minato.

« Faisons ainsi de toute façon nous n'avons pas de temps à perdre. » conclut-il d'un ton sans appel.

Le Namikaze aurait voulu protester, mais il savait que la priorité était la réussite de sa mission. L'image de Kushina s'imposa à ses yeux renforçant sa détermination.

Sans un mot de plus Sakura se leva et alla en direction de sa monture pour la préparer.

Profitant qu'elle se soit éloignée, Fugaku se plaça à côté de son compagnon de route afin de lui adresser des remontrances.

« Vous êtes bien bavard, que vous-a-t-il pris de révéler à cette inconnue nos identités et notre destination ? Elle pourrait-être une espionne à la solde de l'ennemi. »

« J'en doute. L'armée ennemie n'a pas encore pu avoir accès au territoire d'Haru, notre armée les bloque. De plus notre mission est demeurée secrète et je doute que même un homme seul, envoyé par les forces ennemies, ait pu nous devancer. En plus, toute aide est bonne à prendre, surtout au milieu de ces steppes. »

En cela le brun était d'accord mais la prudence était de mise. De nombreuses vies étaient en jeu, des vies d'êtres chers pour lui, mais aussi pour Minato.

« Restons tout de même prudent. »

Minato lui sourit

« Je dois admettre que cette jeune fille est bien mystérieuse. Je sais bien qu'on prêtant que le Royaume d'Haru à l'image de son voisin l'Empire du Vent accorde beaucoup de libertés aux femmes, mais de là à laisser une jeune fille voyager seule au milieu de ce désert...Ce n'est plus de la liberté, c'est de l'imprudence.

Cependant je dois dire que c'est la première fois que je vois une femme monter à cheval. Je suis sûr que Kushina adorerait voir ça. » conclut-il avec une pointe de tristesse non dissimulée dans la voix.

« Les nomades qui traversent ces steppes montent tous à cheval, homme comme femme. » rappela Fugaku.

« Vous avez raison, mais les nomades se déplacent en groupe, pas seul, et cette fille n'est pas une nomade, pas plus qu'une paysanne. Son maintien, sa façon de parler, ses mains plus fines que celles d'une dame de la cours le prouvent bien.

Pourtant j'ai peine à imaginer une dame de haut rang voyager seul dans un tel accoutrement, même ici au pays d'Haru. En plus elle dit ne pas être une « noble dame ». Serait-elle la fille d'un riche marchand ? Bizarre, vraiment. Si nous n'étions pas si pressés par le temps j'aurais bien aimé connaître la réponse à cette question. »

Le brun fixait toujours la jeune fille de ses yeux de jais fronçant imperceptiblement les sourcils à chaque fois que son regard se concentrait sur sa chevelure.

« Ses cheveux... » dit-il.

« C'est vrai que cette couleur rose n'est pas courante. » admit Minato

« Non, ce n'est pas ça... »

Il n'eut pas le temps de poursuivre car Sakura était revenue à leur côté.

« Mon cheval est prêt si vous souhaitez le charger. »

Les deux hommes suivirent les conseils de la jeune fille allégeant au maximum leurs propres montures qui avaient un peu repris des forces de leur côté.

Ils n'avaient guère le loisir de pouvoir les faire reposer plus, aussi s'empressèrent-ils d'enfourcher leurs chevaux.

Sakura leur sourit.

« N'ayez crainte, vos Majestés, Kazemaru vous mènera au Seigneur Haruno en un rien de temps. »

Elle se retourna vers son cheval pour aller lui dire au revoir. En faisant la route à pied elle ne le reverrai certainement pas avant un ou deux jours.

Fugaku du haut de son destrier continuait à l'observer. Il murmura alors à l'attention de Minato.

« Cette gamine n'est pas la fille d'un commerçant, elle est noble. Et je pense même pouvoir affirmer sans me tromper qu'elle est une Haruno. » La colère se lisait sur son visage.

Minato était lui stupéfié par ce qu'affirmait son ami. C'était impossible !

Kizashi Haruno était connu pour ne pas avoir d'héritier et être de fait le dernier des Haruno. Ainsi, on ne lui connaissait ni neveu et nièce, ni même une quelconque parenté lointaine.

Ce problème successorale avait fait l'objet de nombreux Conseil d'État au sein de l'Empire qui craignait pour son fragile équilibre si l'un des douze royaumes qui le composaient se retrouvait sans dirigeant. Et puis, en plus des problèmes internes à l'Empire du Feu, l'Empire du Vent n'en profiterait-il pas pour tenter d'annexer ce territoire ?

Si cette jeune fille était réellement une Haruno, ça faisait d'elle de fait l'héritière du royaume d'Haru mettant fin ainsi à bien des inquiétudes.

Impossible que Kizashi soit passé outre cela. D'autant que la naissance d'un héritier, ou même d'un simple prince ou princesse, était toujours annoncée publiquement dans chacun des royaumes de l'Empire. Cette enfant sortie de nul part au beau milieu des steppes ne pouvait tout bonnement pas être une Haruno. Fugaku se trompait.

Le brun de son côté avait fait avancer sa monture jusqu'à à jeune fille.

« Majesté, ne perdez pas de temps à présent si vous êtes pressés. Je vous souhaite bonne route. »

Mais contre toute attente, Fugaku se pencha et saisit la jeune fille à la taille.

« Que faites-vous ? » s'écria-t-elle apeurée.

Le chef des Uchiwa la plaça devant lui sur la selle.

« Pensez-vous vraiment que nous allions laisser une jeune femme seule au milieu de ces steppes avec pour seules provisions une gourde et une miche de pain ? »

« Mais votre cheval... »

« Ce n'est pas votre poids qui va changer grand chose. » fit-il avec une ironie froide face à celle qu'il avait soulevée du sol d'une seule main.

Bien que gênée, surtout d'être sur la même monture que l'Uchiwa, Sakura se laissa finalement faire.

Minato les avait rejoints. Il porta un bref regard à Sakura.

Qu'est ce qui faisait penser à Fugaku qu'elle put-être une Haruno ? Il avait mentionné ses cheveux...

A vrai dire pour le moment cela devrait être le cadet de ses soucis. Mais tout de même.

« Bien nous sommes au complet, allons-y » dit-il pour couper cours à ses pensées.

« Dans ce cas dans cette direction » indiqua la jeune fille en pointant du doigt l'horizon.

« Par là nous ne suivons pas le fleuve. » fit avec défiance l'Uchiwa.

« Le fleuve mène bien à la Cité de Saphir, mais il serpente trop, rallongeant le chemin. Nous irons plus vite en suivant mon chemin. » affirma-t-elle.

« Bien nous te faisons confiance. » conclut Minato.

« Comme si nous avions vraiment le choix » pensa Fugaku.


Le chemin se déroula sans encombre dans un silence quasi complet que seuls les hurlements du vent et les quelques indications de Sakura venaient briser.

Les deux rois avaient préféré se concentrer sur leur mission et laisser de côté leurs interrogations concernant la jeune fille.

Malgré la monotonie du décors cette dernière semblait s'orienter sans problème, corrigeant parfois la trajectoire de façon incompréhensible pour Fugaku et Minato.

Pourtant, comme elle leur avait annoncé après une demi-journée de course à travers la steppe ils parvinrent enfin au sommet d'une colline qui dominait la Capitale d'Haru.

La surprise fut grande pour l'Uchiwa et le Namikaze.

Jamais ils n'auraient imaginé trouver de l'autre côté de cette hauteur une immense cité grouillante de vie après tout ce désert vert.

Ils stoppèrent un instant leur progression pour admirer le paysage depuis ce promontoire d'exception.

De là ils dominaient toute la cité qui était encore si lointain et si proche à la fois.

Pour chacun des deux souverains c'était la première fois qu'ils se rendaient en ce lieu. Ils comprirent vite que le surnom de « Cité de Saphir » que portait la ville n'était pas usurpé.

En effet, au-de-là de sa vaste enceinte de murs de pierres blanches, ils pouvaient admirer, dans le couchant, les maisons de la cité dont les toits de tuiles vernies bleues, typique du lieu, brillaient de mille éclats aux nuances dansantes allant du violet clair au bleu nuit le plus profond.

La capitale était gigantesque.

On considérait souvent le Royaume d'Haru comme le moins glorieux parmi les douze de l'Empire, rustre, paysan, peu peuplé, n'entendant rien à la finesse, à la délicatesse et raffinement de ses voisins.

Pourtant, la Cité de Saphir faisait mentir tous ces dires.

Chaque demeure semblait posséder des jardins intérieurs merveilleusement entretenus où, à cette distance, on pouvait deviner les fleurs bleues de l'hortensia, les arabesques de la glycine grimpante ou encore le rose vif de l'amaryllis.

En plusieurs endroits, l'espace de la ville s'aérait à l'aide de belles places ou d'agréables parcs.

Le fleuve sauvage qu'ils avaient suivi dans la première partie de leur périple semblait ici dompté, traversé d'élégants ponts, et longé de quais ou s'activait une foule de marchands et de commerçants aux costumes bigarrés à l'image des épices et autres denrées qu'ils transportaient.

Une grande artère principale semblait scinder le ville en deux et courait jusqu'à l'horizon où se dessinait la silhouette des toits sculptés de dentelle bleue du palais royal.

Leur but était enfin à portée de vue.

C'est alors que Fugaku fut sorti de sa contemplation, sentant Sakura se dérober d'entre ses bras.

Elle sauta avec souplesse au sol, se réceptionnant avec une grâce toute féline.

« Il ne vous reste plus qu'à redescendre la colline et rejoindre la route qui se trouve à ses pieds, dit-elle en désignant plus bas une route pavée où circulait de nombreux, chars, charrettes et piétons entrant et sortant de la ville. Elle vous mènera à la porte principale de la ville. Là, adressez-vous à un garde, il vous escortera jusqu'au Seigneur Haruno, affirma-t-elle ».

« Tu ne viens pas avec nous ? Interrogea avec surprise Minato. Je croyais que tu devais te rendre toi aussi à la Capitale. » finit-il avec une certaine suspicion.

« C'est vrai, mais je ne rentre pas par ce côté de la ville. » expliqua-t-elle avec une certaine gène dans la voix.

« Et votre cheval ? » demanda avec une froideur extrême l'Uchiwa.

« Rendez-lui sa liberté lorsque vous n'aurez plus besoin de lui. Il saura me retrouver. »

Fugaku lui lança à nouveau un regard noir qui rendit la jeune fille imperceptiblement nerveuse.

L'Uchiwa était partagé. Son instinct lui hurlait que cette fille était une Haruno. Si tel était le cas il ne pouvait pas se permettre de la laisser lui filer entre les doigts, ou il le regretterait à jamais. A ce moment, en dépit de sa mission, il n'avait qu'une idée en tête, recapturer ce petit oiseau moqueur et sauvage, l'amener de force à Konoha, capitale de l'Empire du Feu, et l'enfermer à tout jamais dans une belle cage à oiseau, garante de l'honneur des Uchiwa.

Pourtant comme si elle avait pu lire le fond de sa pensée à travers son regard d'onyx, la jeune Sakura lui lança un étrange regard. Elle semblait dire :

« Mon seigneur, par pitié ne me volez pas ma liberté. »

Fugaku souffla, vaincu, et se tourna vers Minato qui demeurait perplexe.

« Bien continuons, à cette distance de la Capitale, même à pied elle ne devrait rien risquer. »

A contre cœur lui aussi Minato laissa la jeune fille.

« Au revoir vos Majestés, je vous souhaite bonne chance. » dit-elle en s'inclinant en une profonde révérence alors que les deux hommes et les trois chevaux reprenaient leur chemin.

Le Namikaze lui fit un signe de la main et contre toute attente l'Uchiwa répondit :

« A bientôt. »

Sakura frissonna, observant encore un instant leurs silhouettes descendre la colline et rejoindre la route avant de disparaître.

Elle pivota sur elle même, tournant le dos à la civilisation pour contempler les plaines infinies qui s'étendaient dans son dos.

Elle avait toujours été libre comme le vent qui courait dans les steppes, mais aujourd'hui en croisant les deux rois, elle avait compris que cette vie d'insouciance était finie.

Elle l'avait compris dès qu'elle avait vu l'emblème des Uchiwa et appris l'identité de Fugaku Uchiwa. Elle savait que lui aussi avait compris qui elle était. Cette colère dans ses yeux le prouvait.

Elle se détourna à regret de la plaine et prit à son tour le chemin de la Cité de Saphir.

Il était temps pour elle de faire face à ses responsabilités.

L'Haruno pressa le pas et s'enfonça vers la ville au rythme du soleil déclinant.

Note : Dans le Japon médiéval, seul les nobles avaient le droit de porter un nom de famille. Les autres classes sociales n'en avaient pas. Bien que cette histoire ce déroule dans un monde fictif, différent du Japon médiéval j'ai quand même voulu intégrer ce principe à l'histoire.

Commentaire : Voilà pour ce premier chapitre. Bien que j'annonce un SasuSaku, les protagonistes de la romance de sont pas encore tous là. Je suis désolée pour ceux et celles qui aiment des entrées en matière plus directes (je les comprends moi aussi j'aime quand ça démarre sur les chapeaux de roues).

J'espère que ça ne vous aura pas trop rebuté. D'autant que je suis pas satisfaite à 100% de cette intro mais bon.

Du coup j'en profite de ce commentaire de fin pour vous donner quelques informations « géopolitiques » sur l'univers dans lequel évoluent nos chers ninjas (oh rien de bien compliqué, d'autant que je m'inspire quand même beaucoup de l'univers de base de Naruto).

L'histoire ce déroule donc dans l'Empire du Feu, un empire composé de douze royaumes fédérés dirigés chacun par une des douze grandes familles à savoir :

Les Senju, les Uchiwa, les Uzumaki, les Hyûga, les Sarutobi, les Hatake, les Inuzuka, les Aburame, les Nara, les Yamanaka, les Akimichi et les Haruno.

En tant que royaumes fédérés, chacun des douze royaumes est administré librement par son roi qui possède un pouvoir régalien propre (législatif, militaire, etc).

Ils sont toutefois sous la tutelle de l'empereur qui prend lui les décisions au niveau global de l'Etat et de la politique extérieure.

L'empereur est élu par les douze rois et est à l'origine l'un d'entre eux. C'est un titre à vie. Dans cette histoire c'est actuellement Hiruzen Sarutobi qui porte ce titre.

Afin d'empêcher la prise de pouvoir par une famille plus que par une autre, les alliances illégales, et de maintenir l'équilibre de l'Empire, les rois et leurs héritiers sont soumis à certaines lois très strictes que je détaillerai dans les commentaires des prochains chapitres.

Voilà pour ces premières infos.