Un problème sans solution.

En italique : les pensées de Spock.

Spock rentrait enfin chez lui après une longue journée de cours et comme souvent, des insultes prononcées par ses camarades de classe résonnaient à ses oreilles. Cette journée n'avait pas été la pire, pensait-il avec amertume alors qu'il approchait de sa maison, mais elle méritait bien de figurer dans le Top 10 des pires journées de sa vie.

Spock soupirait tout en se remémorant sa journée…

Tout d'abord, son professeur l'avait désigné, lui, parmi tous les autres élèves, pour aller résoudre un problème au tableau. Elle n'avait pas choisi son voisin, non, elle l'avait choisi LUI !

La chance n'existe pas…c'est seulement une question de probabilité …VRAIMENT ?

Debout face à ses camarades de classe, il eut à expliquer son raisonnement, point par point, car bien sûr, la chance lui souriant encore, il s'agissait de résoudre cet exercice à l'oral !

C'était un exercice de probabilités. Spock avait toutes les clefs pour le réussir. Il connaissait toutes les formules mathématiques à appliquer pour trouver la solution. Il essaya dans sa tête toutes les combinaisons possibles et en dépit de tout cela, il échoua lamentablement à donner une réponse.

Bien entendu, tous les autres élèves s'étaient moqués de lui. Quelques-uns murmuraient à son attention des mots tels que demi-humain ou bâtard débile …Un autre dit à voix haute que les humains étaient connus pour avoir peu de place pour la logique dans leur si petit cerveau, tandis qu'un autre ajouta que le cerveau de Spock était probablement endommagé !

Ils stoppèrent soudain leurs insultes lorsque leur professeur demanda un volontaire pour aider leur camarade.

Il s'ensuivit un long silence …

Spock n'ayant aucun ami, il n'y eut aucun volontaire.

Après de longues minutes, le professeur annonça la fin de la leçon et donc la fin de son tourment. Il put regagner sa place et prendre ses affaires pour rentrer chez lui. Cependant, avant de partir, leur professeur, qui se nommait T'Larhi, leur annonça qu'ils avaient jusqu'à demain matin pour résoudre le problème.

A présent, Spock en était sûr, à part son professeur, personne n'avait la solution. Si un autre élève l'avait eu, il se serait très vite manifesté auprès de son professeur, afin d'humilier Spock davantage en donnant la réponse à haute voix.

Mais ce n'était pas une excuse ! Sûrement que s'il avait été seul face à son ordinateur, il aurait trouvé la solution au problème. Spock se savait incapable de parler lorsqu'il était face à ses camarades de classe. Les émotions l'envahissaient tel un tsunami et il était très vite intimidé. En fait, Spock manquait de confiance en lui mais s'exprimer en public était d'autant plus difficile que ses camarades de classes le regardaient souvent comme s'il était un Alien ou un monstre !

Tu es si timide, si faible…si humain. Se répétait-il, lui qui rêvait d'être un aussi bon orateur que son père, l'ambassadeur Sarek !

Avec aussi peu de considérations pour lui-même, il rentra chez lui par le jardin. Il s'arrêta net, surpris, à la vue de son père servant un verre de thé glacé à son grand-père humain, Charles Grayson.

« Surpriiiiiiise ! » dirent d'une seule voix sa grand-mère et sa mère, qui s'étaient glissées derrière lui.

Oh non… dans le top 5 …dans le top 5…

« Oh mon dieu ! Viens vite mon chéri ! » Dit la vieille femme tout en approchant Spock qui restait là, comme pétrifié !

Non, non …Ne me touchez pas ! Ne me pincez pas les joues ! S'il vous plait, Père !, pensa-t-il, implorant son père de l'aider par télépathie.

En guise de réponse, ce dernier leva les yeux au ciel, d'une manière trop humaine, pensa Spock plein de reproches ! Par chance, son grand-père vint à son secours !

« Judith ! Cesses d'embrasser ce garçon, tu l'étouffes et tu le mets mal à l'aise ! Aurais-tu déjà oublié ce que t'ont dit Sarek et Amanda au sujet du sens du toucher des Vulcains ! » Dit Charles.

« Oh je suis désolée mais cela fait si longtemps que nous ne l'avons vu ! Et regardes-le ! Comme il a grandi ! Il est si mignon ! »

Spock protégeait maintenant ses joues, déjà plus vertes qu'à l'habitude, en tenant son visage entre ses deux mains.

« Bonjour, Grand-père et Grand-mère ! Je suis surpris de vous voir ici ! »Dit-il enfin, tout en dévisageant ses parents.

« Votre mère a pensé qu'il était préférable de vous cacher cette information, afin de vous faire …une bonne surprise. » Expliqua Sarek.

Est-ce une blague, Père ?

« Approches, mon garçon…Alors, comment s'est passé ta journée à l'école ? » demanda Charles.

retour dans le top 5…

« Eh bien, j'ai passé une mauvaise journée… » Commença Spock avec sérieux et sincérité, comme s'il s'apprêtait à faire un exposé, tandis que son père lui servait une boisson fraîche et sa mère une part de gâteau...

« Qu'est-il arrivé ? » demanda Sarek, masquant aussitôt son inquiétude. Bien entendu, il craignait que Spock fasse le récit d'une nouvelle histoire, démontrant une fois de plus la xénophobie de son professeur et la haine qu'avait pour lui ses camarades de classe, et cela devant ses grands-parents humains. Non pas qu'ils ignoraient tout de ces histoires, car en fait, Amanda leur en avait déjà parlé.

« Je n'ai pas réussi à résoudre un problème de logique. C'était un problème insolvable ! J'ai essayé toutes les combinaisons possibles sans trouver la bonne réponse…et bien sûr, mes camarades se sont moqués de moi …en affirmant que mon échec était dû à mon côté humain illogique ! » Expliqua-t-il, murmurant les derniers mots à l'attention de son père dont l'ouïe était plus fine. Hélas, ses grands-parents n'étaient pas sourds et ils soupirèrent à l'unisson tandis que Sarek posait gentiment une main sur son épaule.

« Il n'existe pas de problème sans solution, mon fils. » Dit Sarek. Parlait-il du problème mathématique ou du fait qu'il ne parvenait pas à se faire accepter par ses camarades ?

Spock soupira, baissant la tête.

« Ton père a raison, mon petit ! » Ajouta Charles avec un petit sourire. Il y a toujours une solution, du moins c'est ce que nous pensons, nous autres humains ! »

« Certes… »

« Spock, cela me rappelle une histoire que ma mère, ton arrière-grand-mère Hannah Grayson, m'a raconté il y a bien longtemps, je devais avoir ton âge... Aimerais-tu l'entendre ? »

« Oui, Grandpa ! » Lui répondit Spock, utilisant son surnom pour lui faire plaisir.

« Très bien. C'est l'histoire de la jeune fille et des deux galets…et comme toutes les histoires, elle commence par ces mots… »

oOOOo

Il était une fois un vieux fermier et sa magnifique fille. Tous deux vivaient dans une vieille ferme entourée de galets. A cause de cela et d'une mauvaise météo, le fermier eut une mauvaise récolte. Or les terres qu'il cultivait appartenaient à un cruel Seigneur qui lui louait sa ferme et ses terres et demain était précisément le jour où il devait venir réclamer son dû. Le fermier était très inquiet. S'il ne le payait pas, lui et sa fille pourraient être expulsés de la ferme ou pire, il pourrait être envoyé en prison, laissant sa pauvre fille toute seule et sans un toit…

Le matin suivant, comme prévu, le Seigneur arriva et réclama son argent. Très vite cependant, il comprit que le vieux fermier n'avait pas de quoi payer sa dette et il décida alors dans profiter pour passer un cruel marché.

Il lui proposait d'effacer sa dette si en échange sa fille acceptait de l'épouser.

Le vieil homme, à présent, pleurait à chaudes larmes. Il savait que cet homme odieux serait un mauvais mari et qu'il abuserait quotidiennement de sa fille.

Le Seigneur sentait que le vieux fermier allait refuser son offre, alors il appela la jeune fille et lui dit qu'elle et la Chance, décideraient de leur avenir !

Le Seigneur détacha la bourse de cuir qu'il portait à sa ceinture, celle-ci aurait normalement due contenir l'argent que son père lui devait. Il expliqua à la jeune fille qu'il allait y mettre deux galets, un noir et un blanc. Si la jeune fille piochait le blanc, la dette de son père serait effacée et elle comme son père seraient libres de rester sur ses terres. Si elle piochait le galet noir, la dette serait également effacée mais la jeune fille devrait l'épouser. Si elle refusait de piocher dans le sac l'un des galets, alors son père serait envoyé en prison et elle finirait seule avec cette culpabilité.

Le fermier pleurait tant qu'il ne vit pas le Seigneur se pencher et ramasser furtivement deux galets noirs, qu'il glissa ensuite dans le sac.

La jeune fille, elle, avait bien vu le manège du Seigneur…Elle avait maintenant trois possibilités. La première, elle dénonçait la tricherie du Seigneur en sortant du sac les deux galets noirs, mais ainsi, elle risquait de déclencher la colère de cet homme odieux qui n'hésiterait pas à les envoyer tous deux en prison, ou pire, il pourrait les tuer !

La deuxième possibilité était de piocher l'un des galets noirs du sac et d'accepter son sort. Son père serait libre et sa dette serait effacée.

La troisième possibilité était de refuser de piocher un galet, et de finir seule, son père en prison !

oOOOo

« Dis-moi, Spock, que penses-tu de ce problème ? Au final, deux pierres noires et trois possibilités ! » Demanda Charles.

Spock, qui était fasciné par le récit de son grand-père, fut surpris par sa question. Il regarda son père puis sa mère avant de répondre : « Je pense …et bien, qu'il n'y a pas d'autre solution que de piocher un galet noir du sac…pour au moins sauver mon père… Mais le Seigneur est un tricheur ! Il doit être puni ! »

« Donc …Dirais-tu que ce problème n'a pas de solution ? » Demanda sa mère… « Et toi, Spock, que ferais-tu ? »

Bien sûr, elle a déjà entendu cette histoire ! Elle connait donc la fin et peut-être la réponse…Donc, comment effacer la dette, garder la ferme, sauver mon père et éviter ce mariage…Il n'y a que trois choix possibles …Non, il n'y a pas de solution !

« Je …Je ne sais pas. Je pioche un galet noir …et ainsi je sauve au moins mon père ! » Dit Spock d'une petite voix.

« Merci mon fils ! » Dit Sarek tandis que sa femme se pencha pour l'embrasser tendrement sur le front. Bien sûr, en bon vulcain, Spock ne montra aucune émotion…Si ce n'était son impatience à connaître la fin de l'histoire !

« Grandpa ! Qu'a fait la jeune fille ? Qu'est-elle devenue ? » Demanda Spock.

« Eh bien, elle a accepté l'offre. Cependant, après avoir pioché l'un des galets du sac, elle le fit sciemment tomber par terre. Le galet noir se confondit avec les autres sur le sol et elle s'excusa d'avoir été si maladroite ! Puis elle annonça que cela n'avait aucune importance sur le résultat. En effet, si elle tirait maintenant un galet noir du sac, cela ne pourrait signifier qu'une seule chose : que le premier galet pioché était, en toute logique, le blanc ! Ce qui se révéla exact, évidemment ! Le Seigneur ne voulant pas admettre qu'il avait triché, accepta le résultat du tirage et comme il l'avait promis, il effaça la dette du père, qui était libre de vivre sur ses terres avec sa fille, pour un an encore… »

Les trois humains présents se mirent ensuite à rire.

La solution était là, à ses pieds ! La jeune fille avait certes utilisé la même tricherie ou presque que le Seigneur, usant de la ruse et de la logique pour se sortir d'un mauvais pas !

Mes camarades de classe ont tort…les humains peuvent être logiques !

Spock regarda son père resté stoïque, puis posa un nouveau regard sur sa mère et ses grands-parents.

Soudain, il se leva et s'écria tout excité : « Père ! Grandpa ! J'ai trouvé ! J'ai trouvé la solution du problème ! »

« Spock ! Ne courez pas ! Votre solution ne va pas s'envoler ! »Dit Sarek, tandis que Spock disparaissait à l'intérieur de la maison.

« Sarek…Ne le grondez pas…C'est un bon fils, un bon petit vulcain ! Vous pouvez être fier de lui ! » Dit Charles.

« Je le suis, Charles. Je suis fier de lui.»

Le jour suivant, Spock arriva à l'école avec un petit sourire, rapidement réprimé à la vue de ses camarades de classe et professeur, T'Larhi. Lorsque cette dernière demanda si l'un d'eux avait trouvé la solution au problème donné la veille, Spock se leva et vint fièrement se placer devant tous les autres élèves. Après qu'il ait reçu l'accord de son professeur, il donna sa réponse, d'une voix claire, sûr de lui et attendit.

Tous les regards étaient rivés sur Spock, tandis que T'Larhi, avec réticence, le félicitait d'avoir trouvé la bonne réponse. Spock ressentait leur haine et leur jalousie mais cela n'avait pas d'importance…

Plus tard, sur le chemin du retour, Spock repensa à cette journée et décida qu'elle méritait bien d'être dans le top 10 des meilleures journées de sa vie !

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Haloa : Il ne s'agit que d'une suite de petites histoires. Merci de me dire ce que vous en pensez…