Je voulais commencer par vous remercier pour vos commentaires, ça fait du bien de savoir que ces histoires sont lues et qu'elles plaisent ! Dans l'histoire qui suit, je prends quelques libertés quant à la physiologie des Vulcains…mais après tout, que sait-on d'eux ?

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Une dent contre lui.

Un jour, dans la cour de récréation d'une école de Shikkar…

« J'ai entendu l'infirmière dire qu'il était en train de mourir ! » Dit un enfant.

« C'était prévisible ! Mon père dit qu'il est le seul hybride humano-vulcain à avoir vécu aussi longtemps et qu'il est seulement le résultat d'une expérience : un mélange d'ADN vulcain et humain, personne ne pouvait prédire sa durée de vie ! » Dit un second enfant, sans montrer un seul signe de tristesse.

« Le mien dit qu'il n'est qu'une erreur de la nature… » Dit un troisième garçon, toujours sans émotion.

Habituellement, ces discussions avaient lieu en présence de Spock, pour le mettre mal à l'aise et susciter chez lui une réaction émotionnelle qu'ils pourraient ensuite décrier, mais ce n'était pas le cas aujourd'hui.

Une heure plus tôt, Spock avait été conduit à l'infirmerie par son professeur T'Larhi. Après une brève discussion avec l'infirmière de l'établissement scolaire, le professeur avait décidé d'appeler le père de Spock à l'Ambassade. Ce dernier arriva très vite et traversa la cour d'école sans un mot. Il eut toutefois un regard sévère pour les trois garçons qui mirent immédiatement fin à leur bavardage.

Le visage de Sarek ne montrait aucune inquiétude mais son esprit était bel et bien tourmenté. Qu'était-il arrivé à son fils ? Son professeur lui avait dit qu'il avait perdu trois dents ce matin, de façon inexpliquée. Apparemment il n'avait pas été blessé par ses camarades de classe aujourd'hui …du moins, pas physiquement !

Le visage redevenu impassible, Sarek accéléra le pas après avoir entendu les commentaires des trois jeunes garçons. Il ne le montrait pas mais il était furieux envers eux, envers leurs parents mais surtout, envers lui-même !

Cet environnement est défavorable au bien être de Spock ! J'ai laissé cette situation perdurer trop longtemps, pensa-t-il, plein de remords.

Une fois entré dans le bâtiment, Sarek se rendit immédiatement à l'infirmerie. Il y retrouva son fils, assis devant le bureau de l'infirmière, la tête enfouie entre ses épaules, ses mains serrant très fort un mouchoir couvert de sang. Sarek perçut immédiatement la peur de Spock, une peur viscérale. Spock tentait de contenir ses larmes.

« Bonjour, Ambassadeur Sarek. » Dit simplement T'Larhi, sans faire le salut rituel des vulcains, le Ta'al, dont l'usage était pourtant une marque de respect.

« Bonjour, professeur T'Larhi. » Lui répondit Sarek sur le même ton : froid, indifférent et absolument pas sincère.

L'antipathie était mutuelle et non dissimulée. Sarek ignora ensuite la jeune femme et reporta enfin toute son attention sur Spock.

« Mon fils, comment te sens-tu ? » Demanda doucement Sarek, tout en s'agenouillant devant lui. L'ambassadeur réprimait son envie de le toucher et de sonder son esprit.

Spock, la tête toujours baissée, ouvrit lentement ses mains tremblantes et montra à son père ses petites dents dans le mouchoir.

« Mes…mes dents sont tombées, Père …et …et deux autres sont en train de bouger…je n'ai rien fait…elles sont tombées toutes seules… » Dit Spock dans un murmure. A la fois honteux et inquiet, il détourna la tête et les yeux à présent rivés sur le sol, il demanda : « Père …Suis-je en train de mourir ? »

« Bien sûr que non, Spock ! » Dit Sarek, d'une voix forte et ferme, tout en jetant un regard noir à l'infirmière et à T'Larhi. « Mais ceci est inattendu. Nous devrions consulter vos médecins immédiatement. Venez mon fils, nous allons également contacter votre mère et lui demander de nous rejoindre à l'hôpital. » Dit Sarek, prenant Spock par la main, cette fois sans même se soucier de la réaction des deux vulcaines.

Moins d'une heure plus tard, Spock et son père étaient à l'hôpital de Shikkar. Plus précisément, ils se trouvaient dans le département de la recherche génétique.

Spock connaissait très bien cet endroit ainsi que les scientifiques et médecins qui y travaillaient. Il s'y rendait pour des examens depuis sa naissance et même avant cela... Ces généticiens avaient en effet participé à sa conception…Pour ainsi dire, ils connaissaient Spock depuis sa mise en éprouvette jusqu'à sa sortie de l'utérus de sa mère…et au-delà !

Plusieurs scanners et tests sanguins avaient été réalisés lorsque sa mère arriva enfin.

Spock était assis aux côtés de son père dans la salle d'attente. Le petit garçon de huit ans essayait de faire passer sa langue à travers le trou laissé par ses dents manquantes. A la vue de son fils et de sa bouche contorsionnée par tant d'effort, Amanda se mit à rire sans aucune retenue !

En réaction, son mari et son fils la regardèrent avec stupeur et incrédulité !

« Mon pauvre chéri … » dit-elle en étouffant ses rires.

« Ma chère femme, je ne vois pas en quoi cette situation est comique ! » Dit Sarek, indigné, craignant à la fois pour la vie de son fils et pour la santé mentale de sa femme !

« Sarek, je suis désolée …laissez-moi vous expliquer… » Commença Amanda mais l'arrivée du Dr Sorel l'empêcha de poursuivre.

« Sarek, Amanda …Spock, les résultats des examens sont rassurants, il n'y a rien de grave…Il semblerait seulement que Spock ait hérité d'un trait commun aux humains : le développement en deux temps de leur dentition. Comme vous le savez, malgré nos nombreuses études et estimations … la physiologie unique de Spock reste toujours un mystère et son développement une source de surprise. »

« … Spock a perdu ses dents de lait ! C'est merveilleux ! » Dit Amanda d'un ton joyeux, comme si cet évènement était le plus beau moment de sa vie !

Les humains sont fous ! pensa Spock.

« Oui…c'est exact. Nous avons toujours pensé que Spock était comme les vulcains dans ce domaine. A savoir que ses dents, comme les nôtres, seraient définitives, alors que les premières dents des enfants humains, également appelées dents de lait, tombent entre l'âge de six et neuf ans. »

« Je vais …je vais perdre toutes mes dents ! » S'écria Spock, en état de choc, s'imaginant devoir porter un dentier pour le reste de sa vie.

« Spock ! Ne soyez pas bête ! Vos dents définitives vont bientôt sortir ! » Dit Amanda, serrant son fils tremblant dans ses bras.

« Amanda a vu juste encore une fois. Les scanners montrent en effet qu'une seconde rangée de dents est en train de pousser sous la première. » Ajouta le Dr Sorel, amusé par les réactions émotionnelles opposées de la mère et du fils…

« Combien de temps cela prendra-t-il jusqu'à ce qu'elles sortent toutes ? » demanda Sarek.

« Nous ne pouvons le dire avec précision… » Répondit Sorel. « Il conviendrait d'en référer à un confrère humain… »

« Mais… ils …ils vont tous se moquer de moi à l'école. » Balbutia Spock, le visage toujours enfoui dans la robe de sa mère.

« Non, Spock. Ils ne se moqueront pas de vous car vous ne retournerez jamais dans cette école ! » Annonça Sarek avant de se tourner vers sa femme : « Pardonnez-moi, mon épouse, si je ne vous ai consulté avant de prendre cette décision importante, c'est tout simplement dû au fait que j'ai pris cette décision aujourd'hui même ! »

« Oh Sarek, il n'y a pas lieu de vous excuser. Je suis entièrement d'accord avec vous. » Dit Amanda d'une voix aimante et rassurante.

« Vraiment, Père ? …Je …je ne retournerai pas à l'école ? » Demanda Spock, se dégageant enfin du giron maternel, contrôlant avec difficulté sa surprise et sa joie !

« Oui, mon fils. Mais nous aurons à discuter de la suite de vos études à la maison, pas ici ! Pouvons-nous partir, Dr Sorel ? » Demanda Sarek.

« Vous pouvez, Sarek. Spock, vous n'avez aucune raison de vous inquiéter. Si tous les enfants de la Terre traversent cette épreuve, vous le ferez aussi ! »

Si Spock avait été un enfant 100% humain, il aurait souri…révélant une rangée incomplète de dents ! pensa Amanda, partageant cette joyeuse pensée avec son époux à travers leur lien télépathique.

Plus tard ce jour-là, Sarek et Amanda appelèrent leur fils dans le salon.

« Spock, » commença sa mère. « Votre père et moi avons une grande nouvelle à vous annoncer. »

« Mon fils, comme vous le savez, mes fonctions d'Ambassadeur nécessitent que je retourne bientôt sur Terre. Puisque j'ai pris la décision de vous retirer de cette école, et après en avoir longuement discuté avec votre mère, je n'ai pas trouvé d'objection à ce que votre mère et vous m'accompagniez pour cette mission ! »

« Nous…Nous allons quitter Vulcain ? » demanda Spock, soudain inquiet à l'idée de partir.

« Oui, Spock, mais seulement pour une durée de trois mois. Et tant que durera notre séjour sur Terre, je serai votre professeur pour les matières telles que les mathématiques, les sciences, l'informatique et la musique, tandis que votre mère vous enseignera les langues telles que l'anglais et bien entendu l'Histoire de la Terre. » Annonça Sarek tout en regardant sa femme pour confirmation.

« J'ajouterai que durant cette période, nous visiterons ma famille : vos grands-parents bien sûr, mais aussi ma sœur, votre tante Elisabeth, et votre arrière grand-tante Clara qui sera ravie de vous voir enfin. En Amériques du Nord, Spock, cette période correspond à l'hiver. Nous passerons donc les vacances de Noël, tous ensembles, avec vos cousins ! »

« Noël …avec mes cousins … » Répéta le jeune vulcain, testant ces nouveaux mots sur sa langue, alors qu'une peur refaisait surface !

« Spock, vous n'avez aucune raison de vous inquiéter. » Ajouta son père qui avait perçu sa peur. « Votre mère m'a lu la dernière lettre envoyée par votre tante Elisabeth. Cette dernière écrit que votre cousin, Timothy, âgé de sept ans, a perdu sa deuxième dent de lait. Lorsque nous arriverons sur Terre, il sera probablement comme vous ! »

«Et donc …ils ne se moqueront pas de moi là-bas ? »

« Exactement ! » Lui répondit sa mère.

« A notre retour sur Vulcain, une nouvelle année scolaire commencera. Votre mère et moi aurons à choisir une nouvelle école, qui je l'espère, comblera vos attentes. »

« Spock, cela vous satisfait-il ? » Demanda Amanda, un large sourire aux lèvres.

« Oui, Mère ! »

« Bien. C'est donc décidé. Demain matin, je retournerai voir votre professeur et l'informerai que vous n'êtes dorénavant plus son élève. »

« Merci, Père ! » Dit Spock d'une voix neutre, contrôlant sa joie.

Son père venait de mettre un terme à son plus long cauchemar. Cela signifiait la fin des brimades de la part de ses camarades de classe et la fin des regards pleins de haine et de dégoût de la part de certains professeurs. Trois mois de tranquillité …trois mois sur Terre…et après ?