De Vulcain à la Terre.

Spock et ses parents avaient quitté leur maison de Shikkar au milieu de la nuit. Le réveil du jeune demi-vulcain n'avait pas été difficile, n'ayant jamais réellement trouvé le sommeil. Etait-il nerveux, inquiet, triste ou soulagé et heureux, excité à l'idée de vivre une nouvelle expérience ? Spock ne savait pas interpréter ce qu'il ressentait tant ces émotions étaient contradictoires mais partir de nuit lui semblait comparable à prendre la fuite …Devait-il en ressentir de la honte ?

Le court trajet jusqu'au spacioport n'avait présenté aucun intérêt. En effet, que pouvait-il voir de la ville de Shikkar, même faiblement éclairée par le reflet de T'Khut, à travers les vitres sombres de leur véhicule ? Même le nez collé à la vitre, Spock ne reconnut pas les bâtiments et les rues qu'ils traversaient. Le véhicule s'engouffra bientôt dans un long tunnel creusé dans la montagne et déboucha sur un parking souterrain. Sarek gara le véhicule et sortit, bientôt suivi par son épouse et son jeune fils. Une douzaine d'adultes vulcains se déployèrent autour du véhicule. Spock reconnut plusieurs assistants de son père et d'autres membres du personnel de l'Ambassade. Deux d'entre eux ouvrirent le coffre pour en sortir les derniers bagages à main de la famille. Après les salutations d'usage vint le tour des présentations. Spock apprit ainsi que plusieurs membres du Corps Diplomatique de Vulcain s'apprêtaient à partir avec leurs conjoints.

« Je regrette Spock, mais tu seras le seul enfant à bord du vaisseau. » Lui annonça sa mère.

Tant pis ou tant mieux, là encore, Spock hésitait dans sa réponse. De fait, il acquiesça poliment et s'empressa de rejoindre son père qui en tête du cortège, se dirigeait déjà vers la salle de téléportation. Les passagers du vol à destination de New-York, sur Terre, arrivèrent à bord par groupe de cinq. La planète Vulcain n'étant éloignée de la Terre que de 16 années-lumière et le voyage devant durer 10 heures et trente-six minutes, Spock espérait bien voir autre chose que la vue depuis le hublot de sa cabine !

Aussi, lorsqu'il entendit le Capitaine Sor'oth inviter Sarek et ses collaborateurs à assister au départ du vaisseau depuis la passerelle, Spock s'empressa de lui emboîter le pas, se faufilant, se cachant presque derrière les robes des adultes qui l'entouraient. Malheureusement, sa mère aperçut son manège et le retint par le bras au moment même où les portes menant à ladite passerelle s'ouvraient devant lui !

«Halte-là jeune homme ! Vous, vous avez rendez-vous avec votre lit ! Il est près de cinq heures du matin et vous avez beaucoup de sommeil en retard ! » Dit Amanda tout en l'attirant vers elle.

« Mais je ne suis pas fatigué, Mère ! » Lui répondit Spock, masquant parfaitement sa déception d'être stoppé si près du but !

« Amanda, allez-vous reposer dans notre cabine. Spock et moi-même vous y rejoindront sitôt que le vaisseau sera passé en vitesse de distorsion. Ce sera une expérience à la fois éducative et divertissante pour notre fils ! » Dit Sarek tout en posant ses mains sur les épaules de Spock, le ramenant ainsi vers lui.

« Très bien. Je renonce pour cette fois, Sarek. Mais je vous rappelle qu'il a moins de 11 heures pour se caler sur l'horaire de New-York ! »

« Dois-je vous rappeler que les Vulcains ont besoin de moins de sommeil que vous ? Spock s'adaptera très bien. Vous vous faîtes du souci pour rien. » Ajouta Sarek.

Il se trouvait maintenant assis face à l'écran principal, Spock sur ses genoux. La dernière fois qu'il l'avait tenu ainsi contre lui, Spock devait avoir deux ans et demi !

Spock était aussi impassible que son père mais intérieurement il jubilait.

C'était la première fois qu'il contemplait Vulcain depuis l'espace. La planète rouge tournait lentement sur elle-même tout en devenant de plus en plus petite à mesure que le vaisseau s'en éloignait. Ce dernier accéléra après un dernier virage autour de la planète jumelle de Vulcain, T'Khut et se mit en position pour filer droit vers la Terre. Spock avait un court instant manifesté son excitation lors de l'entrée du vaisseau en vitesse de distorsion. Crispé, il avait fixé l'écran avec intensité avant de se détendre et de s'endormir.

Il se réveilla 6 heures plus tard dans un lit, collé à sa mère. Il s'en éloigna de quelques centimètres et se mit à grelotter. Pourquoi faisait-il si froid dans la cabine ? Il se leva, s'entoura dans une grande couverture et se dirigea vers le cadran qui affichait la température de la pièce : 20°C !

« Spock ? Est-ce que ça va ? » Demanda soudain sa mère. Celle-ci avait dû sentir l'absence de son fils qui toute la journée lui avait servi de bouillotte !

« Mère, pour-pourquoi la tem-température est-elle si basse ? » Dit-il, essayant de ne pas claquer des dents.

« Spock, cette température est celle que vous rencontrerez chez votre oncle et tante ainsi que chez vos grands-parents, bien que j'ai dans l'idée qu'ils auront augmenté le chauffage pour votre père et vous ! Si l'Ambassade de Vulcain sur Terre est surchauffée, en hiver comme en été, il n'en sera pas de même partout ailleurs. Il convient de vous habituer dès à présent à ce qui est pour vous, de basses températures. A présent, habillez-vous. Il est temps de rejoindre les autres pour le diner. »

« Diner ? Mais nous n'avons pas encore pris de petit-déjeuner !»

« Spock, le vaisseau est à l'heure de New York où il est 20.00 ! Nous arriverons sur Terre dans moins de 2 heures et trente minutes, il fera nuit et il sera l'heure de vous recoucher… »

«Mais je ne serai pas fatigué ! » s'écria Spock, dont l'horloge interne indiquait qu'il était 13.00 !

« Voilà tous les inconvénients des voyages spatiaux, mon fils. » Annonça Sarek qui venait de faire son entrée dans la cabine. « A présent, obéissez. Comme vous l'a dit votre mère, la Terre sera en vue d'ici deux heures. S'il nous reste un peu de temps après manger, je vous emmènerai visiter la salle des machines ! » Lui promit Sarek.

Les yeux brillants soudain d'excitation, Spock s'empressa de quitter sa couverture pour la salle de bain. Il se hâta de s'habiller tout en regrettant d'avoir passé autant d'heures à dormir.

Deux heures plus tard, Spock observait une petite planète bleue par l'une des grandes baies vitrées du vaisseau.

"La Terre..." Murmura-t-il.