Note de la traductrice : les personnages de la saga Twilight appartiennent à Stephenie Meyer.

Le contenu original, les idées et la propriété intellectuelle de cette histoire appartiennent à Sebastien Robichaud qui m'a donné l'autorisation de la traduire.

Cette fiction est cotée M pour son contenu destiné à un lectorat adulte.

Je suis Milk40 et je traduis The Ice Queen and Mister McCarty pour me faire plaisir, mais j'espère que cette merveilleuse histoire vous plaira aussi.

Bonne lecture.

La Reine de Glace et Monsieur McCarty

Chapitre 1

Il la voyait tous les jours au bureau, et tous les jours il lui souriait en guise de bonjour.

Mais elle ne lui retournait jamais son sourire. Elle hochait la tête imperceptiblement, rigide, détournant les yeux pour se concentrer sur ses tâches – qu'il la croise en train de marcher dans le couloir, faire des photocopies, s'approvisionner en papeterie et en cartouches d'encre, lorgner par-dessus ses lunettes rouges.

Reine de Glace.

C'est ainsi qu'on l'appelait. Il avait entendu la plupart des rumeurs. Même dans un cabinet d'avocats aussi gros que Smithson & Sons, la machine à potins était bien huilée. Son bureau étant situé juste à côté du distributeur d'eau fraîche, il entendait beaucoup plus que ce qu'il n'aurait jamais souhaité apprendre à propos des exploits et penchants sexuels de ses collègues. C'est pourquoi il gardait sa porte fermée. Malheureusement, certains des gens avec qui il travaillait parlaient tellement fort que leurs voix traversaient les murs sans difficulté, allant jusqu'à enterrer le faible bourdonnement généré par la musique rock qui émanait de son ordinateur portable.

Par un lundi particulièrement morne, il lisait une série de contrats pour une entreprise qui comptait parmi les clients de la firme. Les contrats en question n'étaient pas particulièrement complexes, mais comme il s'était spécialisé en droit contractuel, tous les documents s'y rapportant atterrissaient sur son bureau.

C'est alors qu'il l'entendit.

Tyler Crowley, l'enquêteur privé au service du cabinet, et Michael Newton, un étudiant en droit passant les trois quarts du temps à faire la fouine, étaient absorbés dans un petit tête-à-tête à côté du distributeur d'eau. C'était la voix de Tyler qui était la plus forte. En fait, elle pouvait sans doute être entendue jusqu'à l'autre bout du couloir.

« Je te le dis, mec, elle n'a pas bougé. Elle n'a pas gémi ou fait quoi que ce soit, elle est juste restée là, les yeux fermés. Et quand j'ai eu fini, je jure devant Dieu qu'elle a pleuré. Je suis tombé de mon nuage assez rudement merci. »

« Merde, vieux. Je croyais que le courant passait bien entre vous… »

« Si c'est comme ça qu'elle se comporte quand elle est attirée par quelqu'un, je n'aimerais pas voir comment elle est pendant une simple baise amicale. »

Michael grouina comme le porc qu'il était.

« Elle a de superbes nichons, par contre. Et un cul du tonnerre. Je le lui tapoterais bien, moi. »

Tyler se mit à rire. « Tu peux toujours essayer. Mais je te le redis : Rosalie Hale est frigide. C'est vrai que ses nénés ne sont pas siliconés, mais j'ai eu plus de plaisir avec ma main droite qu'avec elle. »

Ça. Suffit. Bordel.

Emmett se leva et ouvrit sa porte à toute volée. Elle claqua contre le mur intérieur, ce qui fit vibrer et tressaillir les diplômes et les œuvres d'art qui y étaient accrochés.

Tyler et Michael, qui étaient tous les deux plus petits que le mètre quatre-vingt-quinze et les cent dix kilos d'Emmett, reculèrent légèrement, serrant chacun leur petit gobelet Dixie en carton un peu trop fort. Lorsque l'eau des petits verres s'écoula du carton et tomba directement sur leurs pantalons, elle forma ce qui ressemblait à des taches d'urine.

« Toi ! » Emmett éleva la voix et pointa un doigt massif en direction de Tyler. « Ferme ta putain de grande gueule ! »

Emmett porta ensuite son attention sur Michael, qui cette fois-ci recula pour la peine. « Et toi, apprends à te comporter de manière civilisée ou bien je vais annuler ton internat et te renvoyer d'où tu viens avec un coup de pied dans le cul. Et ensuite j'écrirai une lettre à ton Doyen expliquant pourquoi tu as été congédié d'un emploi pour lequel tu n'es même pas payé. »

Ayant instillé la peur du Doyen dans les veines de Michael, Emmett s'approcha de Tyler, le dominant de toute sa carrure, et pencha son visage pour être nez à nez avec lui. « Ce que tu es en train de faire consiste en du harcèlement sexuel. Si tu mentionnes encore une fois son nom dans une conversation, je vais porter plainte pour elle. Me suis-je bien fait comprendre ? »

Tyler cligna des yeux vers lui avec la clairvoyance intellectuelle d'un lampadaire.

Emmett se pencha davantage. « Peut-être que tu ne m'as pas entendu. Si tu parles encore de Mademoiselle Hale dans ces termes, tu vas être giflé avec une plainte pour harcèlement. Littéralement. Est-ce – que – tu – comprends ? »

Tyler hocha la tête comme un idiot.

« Bien. Maintenant, dégagez de mon couloir, bande d'enfoirés, et retournez travailler. »

Emmett observa les deux hommes jusqu'à ce qu'ils disparaissent au tournant du corridor avec leurs gobelets Dixie, tels des rats regagnant rapidement leur égout.

Il s'apprêtait à retourner dans son bureau, marmonnant un chapelet de jurons, mais quelque chose bougea dans sa vision périphérique et attira son attention. Rosalie Hale, la Reine de Glace en personne, était visible dans la porte du vestibule.

« Mademoiselle Hale ! Hum, bonjour. » Il força un sourire, espérant qu'elle n'avait pas entendu les insultes proférées par Tyler, ou ce qui s'ensuivit.

Elle s'empressa de passer devant lui sans dire un mot, serrant plus fort la pile de dossiers qu'elle tenait comme si quelqu'un allait la lui arracher. La larme solitaire qui striait sa joue ne pouvait indiquer qu'une seule chose : elle avait tout entendu.

« Merde, » soupira Emmett avant de réintégrer son bureau et de fermer la porte derrière lui.

Merci à Evelyne-raconte de me relire.

Milk