Note du Jour : Wao, je sens vos aura meurtrières depuis ma chambre. C'est normal ?

Ceci est le dernier chapitre, bien qu'il reste un épilogue. Je dois également écrire un OS qui sera une séquelle. Ah, je sais vous voulez toujours me tuer et je m'en veux également pour la mort de Nono mais il le fallait.

D'ailleurs, si vous pouviez faire diminuer vos aura meurtrières, cela m'aiderait grandement à me concentrer. Enfin, si ça peut vous aider, vous connaîtrez le nom ( c'est grâce aux votes! ) du prénom de Reborn à la fin de l'épilogue ( et pourquoi j'ai l'impression de m'être encore enfoncée un peu plus ? ). Je suis très très désolé pour le retard que j'ai eu. Mais... un mois... c'est pas tant que ça par rapport à une certaine fois, ne ? * - *

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Je vous remercie à toutes/tous de continuer de lire l'Alliance Vongola et ne peux que vous encourager à me dire ce que vous en penser. Wao, c'est très étrange de se dire, que cette aventure est presque terminée.

Réponses aux reviews au bas de la page

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PS : Un petit mot pour Gina-chuu : As you come from Russia maybe you could tell me if a russian word is willing to speak my mind ? The word in question is in the text and I left a note at the foot of the page for it. Can you help me please ? So thank you for your review. Problems with school ? Owa ! You traveled a lot !

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Okay, je n'ai jamais dit que j'étais douée en anglais( c'est le moins que l'on puisse dire ) mais je pense que tu auras compris ma requête =)

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PPS : Je sais qu'il est dit que le 'vrai' nom de Reborn est Renatto quelque chose mais on peut supposer que ceci est aussi une fausse identité, d'où le sondage sur son nom ( vous connaîtrez la réponse dans l'épilogue ).

Warning : Autre que des scènes plus ou moins violentes ? Abus explicite ( les Dursley )

Anglais – Italien - Japonais

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You're alone, you're on your own, so what ?

Have you gone blind ?

Have you forgotten what you have and what is yours ?

Glass half empty, glass half full

Well either way you won't be going thirsty

Count your blessings not your flaws.


Partie 8 - Décisions

Précédemment :

Lorsque la porte s'ouvrit à la volée, tous les membres des Vongola se levèrent comme un seul homme et tournèrent la tête vers l'individu. Sa tenue d'uniforme était formelle c'était une Vongola. La crête sur la combinaison de l'homme ne pouvait pas mentir et était infalsifiable. Mais pourquoi était-il là ? Le Neuvième l'avait-il - ? L'homme ne prit pas la peine de s'annoncer et, le regard hanté et terrifié, chercha le jeune Héritier avant de faire quelques pas chancelants, essoufflé, et d'annoncer des nouvelles chaotiques :

« Le manoir est attaqué ! Le Neuvième du Nom est mort ! »

_._._._._._._

Blaise Zabini hoqueta en entendant les nouvelles. Non.. elles n'étaient pas bonnes, loin de là. Et en voyant les Vongola se figer et pour certains trembler violemment, il ferma les yeux dans une prière silencieuse. Les Vongola étaient ceux qui assuraient un minimum de sécurité pour les civils en Italie. Et alors même qu'il savait le Decimo apte à reprendre le flambeau, il ne pouvait s'empêcher de penser que quinze ans, c'était bien trop jeune. Le garçon à quelques mètres de lui n'aurait jamais du devoir porter un fardeau aussi lourd, mais maintenant c'était le cas et Blaise ne pouvait que se demander ce qu'allait décider le jeune homme. Il le savait courageux, là n'était pas le problème. La question était de savoir quel allait être son choix. Il fallait décider pour le mieux. Pour la survie commune. Le métisse était partagé. Y aller était presque du suicide. Il ne savait pas quelle famille avait attaqué mais pour réussir à mettre à mal la génération et à tuer le Neuvième, il fallait être puissant et bien préparé. Mais d'un autre côté, il savait que les Vongola présents ici ne resteraient sûrement pas là sans rien faire. Non... les Vongola n'étaient pas comme ça. Encore moins ceux-ci.

Tsuna se raidit en entendant les paroles de l'homme. C'était un serviteur Vongola, Tsuna l'avait déjà vu au manoir. Il était extrêmement fidèle et d'autre part son hyper-intuition n'avait cessé de le travailler ces dernières semaines. Et Enma l'avait prévenu d'une possible attaque. Lui-même en avait fait part au Neuvième mais... Timoteo-san ne pouvait pas être mort, si ? Ce n'était pas possible, hein ? C'était une blague ? Tsuna sentit ses yeux piquer et se brouiller mais il ne pouvait rien faire pour empêcher une larme de s'échapper et rouler sur sa joue. Une puis, puis deux, trois. Les larmes dévalèrent silencieusement ses joues alors qu'il fixait le vide. Il le savait. Son cœur lui disait que le jeune disait la vérité. Par ailleurs, le serviteur en question saignait. Il venait directement du cœur de l'attaque et avait été dépêché pour les prévenir. Mais.. comment le Kyuudaime avait-il pu être tué ? Il était fort, il était puissant. Le Neuvième du Nom.. il était l'homme qui l'avait protégé dans l'ombre toutes ces années. C'était grâce à lui que des assassins n'étaient pas venus après Tsuna durant son enfance. Pas grâce à son père ! Grâce à Nono. Il était le seul à avoir fait venir des Vongola à son service au Japon pour se débarrasser des potentiels assassins qui en auraient eu après lui. C'était vraiment grâce à Nono qu'il avait eu une enfance normale et que sa mère était en sécurité. Timoteo-san ne pouvait pas mourir. Il était.. Tsuna avait toujours pensé à lui comme une sorte de super-héro, un héro immortel. Quelqu'un qui pouvait même contrer la mort. Ironique n'est-ce pas. Les Vongola étaient reconnus pour le pouvoir qui résidait dans leur dernière volonté. La volonté de Nono n'avait-elle pas pu surmonter la puissance de leurs adversaires ? Ou peut-être les avaient-ils surpris ? Mais était-ce vraiment mieux ? Quel genre d'adversaires pouvaient donc se trouver là-bas ? Pour même surprendre la neuvième génération qui pourtant en avait vu filer ? Tsuna n'entendait plus vraiment ce qui se passait à l'extérieur. Pour lui, tout s'était figé lorsque le serviteur Vongola était venu apporter les nouvelles sanglantes. Kyuudaime... son grand-père de cœur... l'homme avec qui il avait encore plaisanté et à qui il s'était confié seulement quelques semaines plus tôt était... mort ?

« Le manoir est attaqué ! Le Neuvième du Nom est mort ! »

Xanxus se figea, les yeux révulsés de stupeur. Le vieux était... mort ? C'était possible, ça ? Malgré tout les insultes qu'il avait pu sortir à son vieux et bien qu'il ne soit pas son père biologique, le vieil homme était malgré tout.. ce qui se rapprochait le plus d'un père pour le chef de la Varia. Il s'était toujours conduit du mieux qu'il avait pu avec Xanxus. Il avait fait en sorte qu'il vive bien, qu'il s'adapte, qu'il apprenne. Il lui avait apporté de l'amour aussi. À l'époque, Xanxus avait fait semblant de s'en moquer, mais il avait apprécié – bien qu'à douze ans il pensait ne plus avoir l'âge_, que son père adoptif vienne le border le soir dans son lit. Il avait toujours un enfant relativement violent et impulsif. Et le Neuvième avait tout tenté pour le tempérer au maximum et il avait plutôt bien réussi au début. Xanxus s'était peu à peu laissé touché par l'amour paternel du vieil homme. Le Neuvième parrain Vongola lui avait dit qu'il serait toujours là pour lui, pour eux. Alors.. alors... pourquoi... pourquoi...

Alors même que le gardien de la tempête de Tsuna lâchait une flopée de jurons en italien, Xanxus abattit sa main sur la table des Poufsouffles, faisant sursauter les jeunes sorciers. Il devait reprendre le contrôle. Et quelqu'un devait sortir le gosse de l'état dans lequel il était. Visiblement, personne n'était encore en contrôle de leurs membres, aussi c'était à Xanxus de le faire, même si lui-même était encore très secoué par les nouvelles :

« Boss. » fit-il, en posant une grande main sur la frêle épaule de son supérieur.

La salle était figée de stupeur. Personne, pas même les Vongola n'avaient déjà entendu l'homme, Xanxus, appelé Tsuna par ce patronyme. Tsuna était d'une pâleur maladive mais il entendit tout de même le chef de la Varia Quality. Il eut du mal à en interpréter le sens, mais une fois que ce fut fait, il parvint à échapper à ses pensées et tourna vers lui un regard hanté, ses lames se tarissant peu à peu. Avait-il rêvé où Xanxus -

_ Boss, répéta Xanxus. Que fait-on ?

Le regard de Xanxus était sérieux. Tsuna ne l'avait jamais vu aussi sobre, aussi sûr de ses décisions. L'homme face à lui était en train de s'adresser à lui comme à un égal, non, comme si Tsuna lui était supérieur – ce qui était techniquement le cas. Et Tsuna ne s'était jamais senti aussi en confiance face au regard de l'homme. Il y avait cette lueur dans les yeux de Xanxus, qui lui disait que l'homme le suivrait jusqu'en Enfer. Tsuna aurait aimé que Reborn et les autres arcobaleno soient là. Ils auraient pu les aider, leur dire quoi faire, quelle décision prendre. Mais les anciens arcobaleno n'étaient pas présents. Ils l'avaient été de moins en moins au cours des dernières semaines. Et de toute façon, ce n'était pas à eux de décider. C'était à Tsuna de faire un choix, il l'avait bien compris. C'était son rôle, en tant que successeur des Vongola. C'était à lui de prendre la décision finale. D'un geste tremblant, Tsuna fit signe au serviteur de les brieffer rapidement. Il ne pouvait pas prendre de décision avec aussi peu d'informations.

« Les Dombledgino et les Sempreverde ont formé une alliance avec un groupe inconnu pour attaquer les Vongola. Ils sont entrés par les sous-terrains et ont attaqué à partir de là. Les gardiens du – du Neuvième étaient en réunion lorsque c'est arrivé et des membres des Sempreverde ont brisé les fenêtres après avoir neutralisé les gardes dehors. Le chaos a débuté à partir de là. Le Neuvième a été séparé de ses gardiens et tous les gardes qui le protégeaient ont été tués.

_ Bilan... Bilan des morts. Demanda doucement Tsuna, le regard dans le vague.

_ Lorsque je suis parti il y avait environ une vingtaine de morts mais le décompte reste très vague, Decimo. »

Tsuna ne dit rien pendant quelques secondes et plongea dans le regard de chaque Vongola, cherchant une quelconque aide. Tous étaient pâles et.. et bien il fallait le dire, un peu effrayés. Mais Tsuna pouvait y lire la détermination. Certains serraient déjà leurs armes entre leurs doigts. La dixième génération ne connaissait pas les guerres de clans, ils risquaient de se jeter dans la gueule du loup. Mais ils le devaient. Bien qu'ils ne connaissent pas la moitié des membres Vongola présents sur les lieux, ils n'en restaient pas moins des membres de leur Famiglia. Ils ne pouvaient pas les laisser seuls. D'autant plus que la moitié des résidents Vongola étaient des serviteurs et domestiques qui n'avaient qu'une faible formation d'auto-défense. Tsuna plongea dans le regard de Fran et il y lut la même détermination. Hochant la tête vers ce dernier, l'héritier Vongola passa sa manche sur ses yeux et, lorsqu'il releva la tête pour planter son regard dans celui de Xanxus, ses yeux étaient définitivement oranges.

« On y va ! » s'écria-t-il fermement pour être bien entendu.

Il jeta un coup d'œil aux autres pour vérifier que tous étaient là puis dépassa Xanxus en courant afin d'informer le directeur des dernières nouvelles.

_ Monsieur Sawada ? Que se passe-t-il ? L'interrogea un directeur inquiet.

Tsuna dut calmer sa respiration et chuchota à l'oreille du vieil homme. L'anglais se figea en entendant ses paroles et son regard devint triste et mélancolique alors qu'il acquiesçait mécaniquement.

_ Si vous avez besoin d'aide..

_ Nous préférions éviter d'impliquer d'autres civils mais si c'est inévitable nous vous préviendrons. Lui répondit Tsuna, gagnant un regard approbateur du vieil homme. Cependant, si vous pouviez prévenir Reborn et le reste des arcobaleno. La Varia est dans l'incapacité de les joindre.

Le directeur acquiesça et Tsuna fit demi-tour. Arrivé devant le garde blessé, Tsuna lui demanda dans la langue maternelle du jeune homme, de rester ici pour être guéri et prévenir les arcobaleno si ceux-ci arrivaient ici sans rien savoir de la situation actuelle et le serviteur – un certain Tommaso, acquiesça tandis que Pomfresh accourait vers lui pour lui prescrire les soins appropriés.

Les gardiens rassemblaient leurs armes à la table des blaireaux, ayant repris un semblant de contrôle quand Tsuna les rejoignit.

« Tout le monde est prêt ? Demanda un Tsuna en mode boss. Bien, allons-y.

_ Tsuna ! »

Tsuna se raidit imperceptiblement et se détourna de la sortie pour faire face au Poufsouffle de septième année.

_ Que se passe-t-il ?

Le regard de Cédric en disait long. Le jeune homme était inquiet pour eux. Perdu et désorienté aussi. Ce qui venait de se passer était quelque chose de totalement hors norme pour eux. Tsuna n'arrivait pas à se concentrer. Ils perdaient du temps et du temps c'est ce dont ils manquaient cruellement. Il n'avait pas le temps de tout expliquer à l'autre garçon, il devait synthétiser la chose. Tsuna regarda brièvement leurs mains enlacées et resserra l'étreinte qu'il avait sur celle du plus âgé avant de le regarder dans les yeux.

« Le manoir est attaqué. On doit y aller tout de suite. » annonça-t-il doucement.

Cédric écarquilla les yeux puis enlaça brièvement Tsuna en lui murmurant quelques mots :

« Fais attention à toi. Et reviens-nous vite.

_ Promis. Prends soin de toi. »

Les deux garçons se séparèrent vite et Tsuna fit en sorte d'avoir un bref contact visuel avec chaque personne avec qui il avait été assez proche durant cette année pour ancrer leurs visages dans sa mémoire – au cas où il ne s'en sortirait pas vivant_, avant de se détourner brusquement et de quitter la salle avec ses hommes, Lambo dans les bras.

« Allons-y, nous ne pouvons pas perdre plus de temps. »

Les autres Vongola acquiescèrent et bientôt, on n'entendit plus que le cliquetis des armes et les bruits de pas précipités dans le silence de la Grande Salle ( On ne vit pas le regard mélancolique de Cédric alors qu'il regardait les Vongola quitter la salle. ).


You've got it

You lost your mind in the sound

There's so much more

You can reclaim you crown

You're in control

Rid of the monsters inside your head

Put all your faults to bed

You can be king again.


La salle qui jusque là était emplie de léger bourdonnements fit place à un silence religieux alors que l'on observait les réactions provoquées par l'arrivée de l'étranger blessé à l'épaule. Que pouvait-il donc avoir dit pour créer de telles réactions variées ? Une mauvaise nouvelle, probablement. Le teint tout à coup pâle des Vongola était déjà d'une aide précieuse pour comprendre la situation. Notamment lorsque plusieurs jurèrent bruyamment. Ce ne fut que lorsque l'alcoolique violent – Xanxus s'ils se souvenaient bien_, prit la parole que les étudiants se calmèrent.

« Boss. »

Boss ? Attendez ! Xanxus n'avait jamais appelé personne ''Boss'' depuis qu'ils étaient arrivés à Poudlard plus de sept mois plus tôt. Certes, les étudiants avaient pu remarqué qu'il s'entendait relativement bien avec Tsuna, un peu comme un oncle ou un grand-frère. Et bien, tous savaient – Lussuria s'amusait à raconter des histoires passées aux sorciers les samedi soirs dans la Grande Salle_, que Xanxus avait combattu Tsuna environ un ou deux ans plus tôt. Et on savait bien sûr que Xanxus n'avait jamais appelé personne ''Boss''. C'est pourquoi le fait qu'il appelle Tsunayoshi ainsi était... extrêmement intriguant. On observa alors les rares échange en silence. Comment les yeux de Tsunayoshi devinrent plus orangés que jamais et comment il sembla donner des directions à ses hommes. Oui, parce que là, ce n'était plus le petit garçon timide qui était face – ou dos_, à eux. Non. Là, c'était le boss. Le boss qui donnait des ordres à ses subordonnés. Les jeunes sorciers ne l'avaient jamais vu ainsi. Certes, ils avaient déjà entre-aperçu cette personnalité lorsque le fana de guimauve et les autres mafieux avaient attaqué le gosse à la coupe afro, mais ça n'était rien comparé à maintenant. Une douce vague de chaleur s'échappa du châtain et vint envelopper la salle au grand complet. C'était.. chaud et agréable. C'était comme la.. maison ? Et ça venait de Tsuna.

Et alors, on vit Tsuna parler au directeur et le regard de celui-ci s'agrandir et se teinter de tristesse avant qu'il ne hoche la tête et ne murmure quelques mots en retour. Puis les Vongola quittèrent le château. Et ce fut le calme plat. Quelques secondes plus tard, les deux autres directeurs se levèrent et commencèrent à parler avec animation avec le directeur jusqu'à ce que celui-ci réclame l'attention. Le vieil homme parcourut l'assemblée d'un regard mélancolique et bienveillant avant de se redresser et de s'éclaircir la gorge :

« Bien, votre attention. Le Clan Vongola va être absent pour une durée indéterminé, il - »

Dumbledore fut interrompu par les bruyantes conversations qui surgissaient de toute part de la salle, il dut ramener le silence mais là encore, on chuchotait, se demandant ce qu'il se passait, demandant aux enseignants ce qu'il y avait. Et Dumbledore décida de leur dire la vérité. À quoi cela servirait-il de la leur cacher ? Ils finiraient bien par l'apprendre. Dans le monde moldu, on connaissait les Vongola comme une très grande entreprise et les rumeurs couraient sur un possible lien avec la mafia mais rien de plus. Dans le monde sorcier, ils étaient également très important, connu comme un Clan ayant un lien étroit avec la mafia italienne et étant un Clan très puissant. L'information ne resterait pas secrète très longtemps, peut-être même qu'un article était déjà en cours d'impression ?

« Le Manoir Vongola a été attaqué ( il ignora les bruits étranglés qui en résultèrent, la suite était bien pire ). Malheureusement, le Neuvième du Nom a été tué et les attaques se poursuivent encore. Nos invités ont donc été contraint de faire un choix et ont décidé de rejoindre l'Italie pour repousser les assauts. »

Le silence qui suivit fut mortuaire. On ne parlait pas. On respirait à peine. Le Neuvième... n'était-ce pas le vieil homme qui était venu pour la seconde tâche ? Ce vieil homme qui avait semblé si bon et généreux et qui, durant le court laps de temps qu'il avait passé à Poudlard, s'était montré très proche des autres Vongola ? Était-ce lui ? Et cet homme-là... était mort ? Assassiné ? Les jeunes sorciers n'avaient jamais été aussi proche du sang et de la mort que ce jour-là.

Harry était perdu. Il ne comprenait pas pourquoi le sort s'acharnait sur certaines personnes et pas d'autres. Tsuna n'avait rien mérité de tout cela.. Que diable ! Harry savait même que Tsuna n'avait jamais voulu être un boss de la Mafia alors.. pourquoi toutes ces choses devaient-ils lui tomber dessus ? De même, Harry savait que le châtain était puissant, mais il n'en restait pas moins un jeune homme fragile – tout comme lui en fait, même si pas pour les mêmes raisons.

Harry était désorienté. Tout était arrivé si vite. Il n'avait pas compris la moitié de cette histoire avant que le directeur ne l'explique. Le Neuvième du Nom était mort. Le Survivant comprenait désormais quelque chose : les meilleurs partent bien souvent en premier. Ce n'était pas toujours vrai, mais dans ce cas-ci c'était la vérité. Harry n'avait pas beaucoup parlé avec le vieil homme, mais celui-ci s'était montré gentil avec lui. Il lui avait même fait un truc étrange, que Harry n'avait pas compris. Il savait juste que le vieil homme avait froncé les sourcils en le dévisageant avec de toucher son front, à l'endroit exact de sa cicatrice. Son index s'était enflammé alors qu'il touchait sa peau, puis il l'avait retiré en souriant légèrement et lui avait dit que tout irait bien sans le parasite. Harry n'avait pas compris. Le vieil homme – le Neuvième, avait ruminé quelque chose à propos du directeur qui aimait trop cacher les choses importantes. Harry, malgré son respect pour le professeur Dumbledore, n'avait pu qu'être d'accord. Il était évident qu'Albus Dumbledore cachait beaucoup de choses importantes. Notamment avec lui, Harry. Le vieux sorcier croyait peut-être bien faire, mais Harry n'était pas aussi stupide qu'il ne voulait bien le faire croire. Toujours est-il que ce dernier semblait encore blanc après l'annonce qu'il avait faite mais déjà, on pouvait voir les rouages tourner dans son cerveau. Sous-estimer Albus Dumbledore était une erreur que peu de sang-purs étaient prêts à commettre. On savait tous que le vieil homme était puissant.

Hermione était choquée, mais déjà, elle se levait d'un bond pour quitter la Grande Salle sous les regards éberlués des élèves. Elle revint quelques minutes plus tard, un gros volume dans les bras et ignora les mots dédaigneux de Malfoy – qui décidément y mettait moins de verve que d'habitude.

« M – Mione ? Fit Harry, perdu.

_ C'est le livre que j'ai trouvé au début de l'année. Il parle des Vongola et se remplit au fur et à mesure. »

Bizarrement, elle avait d'un seul coup l'attention de toute la Grande Salle.

_ Il retrace toute l'histoire des Vongola. Il y a en dix volumes. Un pour chaque génération.

_ Donc tu penses que – devina Harry.

_ Sans aucun doute possible.

Sur ce, elle ouvrit l'énorme bouquin et passa directement dans les vingts dernières pages. Elle dut remonter un peu, à peu près cinquante pages pour retourner au début de l'attaque avant de balayer la salle du regard.

_ Qu'attends-tu Granger ? Lança Malfoy. Lis.

Hermione roula des yeux devant l'ordre du sang-pur mais consentit à répondre.

_ Je pense que les plus jeunes risquent d'être secoués.

_ Ils se boucheront les oreilles.

Hermione secoua la tête mais voyant que tout le monde voulait savoir, elle ne dit rien. Bien qu'il s'agisse d'une curiosité morbide, elle obéit et posa le doigt sur la première ligne pour ne pas se perdre. Les directeurs des trois école ainsi que les quatre directeurs de maison étaient partis en réunion d'urgence, ne laissant que les ''petits'' professeurs et Hermione savait que de toute façon, tout le monde serait perdu dans des pensées noires. Autant en apprendre le plus possible sur l'attaque et vérifier que leurs camarades étaient toujours en vie.

« La réunion avait débuté quinze minutes plus tôt lorsque les vitres explosèrent soudainement et que des hommes débarquèrent dans la salle de conférence, mitraillant les personnes avec leurs armes […]. »


Antonin Dolohov avait quitté l'Angleterre dès qu'il avait appris pour l'attaque. Il avait aussi entendu dire que la Dixième Génération et la Varia étaient en chemin pour l'Italie. Parfait. Avec un peu de chance, il arriverait à temps. Antonin Dolohov n'avait pas été ravi de la nouvelle qu'il avait reçu. Furieux était le moins que l'on puisse dire pour le décrire à ce moment-là. Il savait que le Dark Lord ou ses aspirants avaient à voir avec l'attaque contre les Vongola. Il en était certain. Il n'était pas sûr de savoir pourquoi, mais il pouvait imaginer. La Famille Vongola est une grande puissance. Savoir que le champion des Vongola – l'héritier qui plus est_, risquait de gagner la Coupe était inimaginable pour le camp des Ténèbres. En effet, Antonin avait eu vent des plans du Dark Lord et de ses sbires. Il faut dire qu'une fois ivres, les Lord Malfoy et Rockwood étaient beaucoup plus bavards. Sûrement en gage du bon vieux temps. Savoir l'héritier Vongola en compétition aurait pu faire capoter tous les plans des mangemorts encore à la botte du Lord déchu. L'attaque du Manoir Vongola était probablement une diversion crée par les mangemorts. Nul doute à présent que les sorciers avaient réellement commencé à s'allier aux moldus pour leur propres intérêts. Il ne fallait pas croire, mais on avait beau dire que la Communauté Magique était cachée aux yeux des moldus, beaucoup de moldus étaient néanmoins au courant pour ce monde caché. Beaucoup plus que les sorciers ne voulaient croire. Aussi, cela ne l'étonnait qu'à moitié de savoir que les mangemorts avaient mis de côté leur haine des moldus afin de s'allier avec eux pour mieux détruire leurs ennemis. Et bien, de toute façon, les mafieux avaient tout de même certains pouvoirs et Antonin ne comptait même pas leur capacité à manier les armes à feu.

Anton avait fait beaucoup de recherches et avait été en relation avec plusieurs de ses sources. Malgré tout cela, il n'était pas parvenu à trouver les Familles alliées aux Sempreverde. Il y avait certainement les Virgio, une famille mineure qui avait été alliée aux Estraneo par le passé et peut-être les Veleno. L'espion n'était pas trop sûr de la participation des Virgio dans l'attaque à l'encontre des Vongola mais une chose était sûre, il devait se rendre là-bas de toute urgence. Les Sempreverde avaient une tendance au gore et aimaient voir leurs victimes souffrir. Savoir que le Neuvième était mort lui avait déjà mis un coup au cœur car, quoiqu'on en dise, le Timoteo Nono avait été un grand Homme. Il fallait aussi qu'il soit là-bas pour leur prêter main forte : Antonin ne doutait pas du fait que les Vongola n'avaient pas – ou peu, de sorciers dans leur Famiglia. Transplaner jusqu'au manoir n'était en soit pas un problème mais Anton avait du effacer ses traces en se rendant à divers endroit aux quatre coins du globes afin de ne pas être suivi. Il ignorait si l'on connaissait sa véritable allégeance mais il préférait ne pas prendre de risques. Lorsqu'il arriva à proximité du Manoir, Antonin put découvrir l'étendue des dégâts : le manoir était en proie aux flammes à certains endroits, que quelques hommes se chargeaient de maîtriser. Il y avait du sang, sur la façade et des cadavres jonchaient le sol désormais rouge. La vision était assez pour le glacer d'horreur et Anton , qui avait pourtant déjà assisté à des massacres depuis son enfance, frissonna d'effroi. Il fut tenté d'effacer les traces de sang pour épargner cette vision aux gosses mais se retint au dernier moment. Il n'en avait pas le droit. Ils devaient voir cela. Pour faire face à la réalité. Antonin et les adultes en général, ne pouvaient les protéger contre cela. Tous n'avaient pas choisi cette voie, mais ils étaient tenus d'y faire face et il y avait tout un tas d'autres raisons qui empêchaient Anton d'effacer tout ce sang. De son point de vue, à l'ombre d'un arbre encore enraciné – l'un des rares dans la trentaine de mètres qui encadraient le manoir_, il pouvait entendre les bruits de combats, les cris, les armes à feu que l'on rechargeait, les tirs. Il pouvait sentir, la peur, la douleur, la détresse. Il pouvait même en voir certain combattre. Mais comment rejoindre les membres Vongola sans que ceux-ci ne l'abattent en le prenant pour l'ennemi ? Ces pensées quittèrent immédiatement son esprit lorsqu'il vit un garçonnet bien vivant et terrorisé au milieu du champ de bataille.

Comment était-ce possible ? Les domestiques qui ne savaient guère se battre et les enfants avaient été mis en sécurité dans les cachettes du manoir prévues à cet effet. Un enfant n'aurait jamais du être laissé ainsi, à portée de l'ennemi. Les Vongola portaient beaucoup d'attention aux enfants. Ils n'auraient jamais laissé un jeune garçon assisté à ce massacre et devenir une cible potentielle de l'ennemi, alors pourquoi ? Le cri du garçon le rappela à l'ordre et il vit un colosse approcher l'enfant. Sans réfléchir davantage – Anton n'aimait pas cela de toute façon, il préférait l'action_, il quitta sa cachette d'un bond souple et parvint rapidement à sa cible. L'enfant fut placé derrière lui en un clin d'œil et il tendit la main vers l'homme. Un moldu de toute évidence, à en juger par le regard interrogateur et l'arme qui était cachée dans son dos. Un murmure quitta ses lèvres et l'instant d'après, l'homme s'effondra au sol, un filet de sang dégoulinant de sa bouche. Anton ne perdit pas de temps. Il se retourna et prit l'enfant dans ses bras – bien que le gamin ait une dizaine d'années_, et se précipita pour le mettre à couvert. Il portait l'enfant avec un bras alors que celui-ci s'accrochait à lui en enroulant ses bras autour de son cou pour être sûr de ne pas tomber_, de l'autre, il balançait sortilèges sur sortilèges. Certains pouvaient être qualifiés de noirs, mais il était de toute façon sur le sol italien ( et était un ressortissant russe donc au diable les restrictions ) et l'Italie était l'un des pays qui n'interdisaient pas la Magie Noire.

« Ferme les yeux gamin. » souffla Antonin dans la langue du pays alors qu'il passait devant les cadavres ensanglanté de trois hommes Vongola.

Le gamin lui obéit et enfouit son nez dans le cou d'Anton alors que ce dernier esquivait série de balles qui fusaient dans sa direction. Son instinct de survie hurla en lui et il se retourna brusquement pour lancer un autre sortilège. Une seconde plus tard, un corps tomba et le sang s'écoula d'une longue plaie sur le torse de l'homme. 'C'est toujours ça de moins' songea Antonin en dévisageant un instant l'emblème des Sempreverde sur la veste du mort. Son bras resserra son emprise sur le corps immobile de l'enfant. Malgré le vacarme de la bataille et bien que ses sens soient grandement requis pour la guerre de clan, Anton pouvait sentir le cœur du gamin battre à une vitesse affolante. Malheureusement, il ne pouvait rien faire. D'une part, son esprit était occupé à faire la liste de tout ce qu'il voyait et qui pourrait l'aider à emmener l'enfant en sécurité. D'autre part, si jamais il était pris à parti, blessé ou tué, il fallait que l'enfant soit conscient pour s'échapper. Il ne pouvait donc pas l'endormir. Arrivé à l'entrée, Anton découvrit qu'elle était bloquée par les gravas dus à une explosion. Impossible de pénétrer par cette entrée. Cela ne l'arrangeait pas du tout. En restant dehors, ils étaient trop exposés et donc plus facilement attaquable. Avec l'enfant dans les bras, il avait plus de mal à se défendre et il ne pouvait se permettre de déposer l'enfant à terre. Ses petites jambes ne lui permettraient pas de le suivre et le gros livre qu'il trimbalait était extrêmement important, ça, Anton le savait. Malgré tout, le tueur à gage fit rétrécir le livre qu'il envoya dans la poche de l'enfant. Une autre balle fusa à côté de lui et Anton déglutit. Merde, c'était pas passé loin. D'un geste habile, le jeune espion prit possession d'un revolver qu'il gardait habituellement dans son holster et pointa l'arme devant lui, appuyant à deux reprises sur la gâchette. Deux corps s'effondrèrent et le russe les esquiva sans prendre la peine de ralentir. Quelque chose de mouillé roula le long de son buste et il réalisa que c'était les larmes du gamin, qui coulaient. Il aurait voulu s'arrêter, faire descendre l'enfant, prendre le temps de le rassurer et le serrer dans ses bras, mais ils n'avaient pas de temps à perdre et ils ne pouvaient prendre le risque de s'arrêter ici. Sa prise se resserra néanmoins sur le corps du jeune garçon et il tenta de le rassurer en quelques mots alors qu'il tirait sur tous les ennemis qu'il pouvait voir. Certains hommes Vongola le reconnurent comme un allié lorsqu'il sauva l'un des leurs d'une mort par décapitation. Antonin portait son manteau noir, un manteau fait de matières riches et où l'on pouvait voir l'emblème de sa Famille. Il était connu des Vongola qu'une Famille russe voulait renouer une vieille alliance avec eux, c'était peut-être pour cela aussi, que les membres Vongola ne l'attaquèrent pas. Une rafale de balles fusa quelques mètres plus loin et Anton en déduisit que l'un des deux clans avait décidé de sortir l'artillerie lourde et il s'éclipsa derrière un buisson. Après avoir apposé un bouclier autour dudit buisson, le jeune tueur à gage desserra légèrement sa prise sur le corps de l'enfant mais ce dernier resta blotti contre lui.

« Okay gamin, tu sais où sont les 'civils' ?

_ Dans.. dans les cachettes secrètes du Manoir. Répondit doucement le garçon se redressant un peu pour regarder l'homme dans les yeux. On n'a pas pu atteindre les souterrains. »

Antonin fut touché par la profondeur de ses yeux. Ce gamin avait du en voir des belles depuis son enfance. Il savait qui il était. Il faut dire qu'il était assez reconnaissable en fait, ce petit.

_ Et tu sais où elles sont ? Un enfant ne devrait pas se trouver au milieu d'une bataille. Je suis sûr que ta famille ne voudrait pas te voir ici.

Intérieurement, Anton se flagella car, de toute évidence, tous les membres de la dixième génération étaient mineurs et donc, encore des enfants.

Le jeune garçon hocha la tête.

_ Tu pourrais me guider ?

À nouveau, l'enfant acquiesça.

_ Bien.

Antonin tendit la main et reprit l'enfant dans ses bras en se redressant lentement.

_ Au fait gamin, comment t'appelles-tu ?

L'espion connaissait l'identité du gosse et ledit gosse le savait aussi. Néanmoins, tant qu'à faire, autant se présenter correctement.

_ Futa. Et vous monsieur ?

Futa de la Stella savait aussi qui il était, Antonin en était certain.

_ Antonin Dolohov, de la famille Mordvinov.

_ Enchanté monsieur Dolohov, Костолом(1)[:tsytika:] de la Famille Mordvinov.

Antonin inclina la tête même si Futa ne le vit pas du fait de sa position dans les bras de l'homme. Il apposa un bouclier sur le jeune garçon alors qu'il désactivait la barrière du buisson. Après avoir vérifié qu'aucune menace directe ne pesait sur eux, Anton sauta par dessus le buisson et reprit sa course, se laissant guider par les mots de l'enfant.


Tsuna se mordait la lèvre inférieure dans le jet qui devait les mener sur les lieux de l'attaque. Ils avaient quitté la Grande Bretagne une heure et demi plus tôt. Alors qu'un pilote des Chiavarone les conduisait, le jeune héritier Vongola ne pouvait s'empêcher de penser à tous ceux qui devait lutter en ce moment-même pour survivre. Son sang ne fit qu'un tour alors qu'il revoyait les visages de toutes les personnes qu'il avait rencontré lors de ses quelques séjours au Manoir et il serra les poings. Il savait déjà que de nombreuses personnes avaient du périr. Arriveraient-il seulement à temps pour les aider ? Sa main se resserra autour de son portable qu'il tenait dans une emprise serrée. Il avait essayé de joindre Reborn une bonne dizaine de fois depuis leur départ de Poudlard. En fait, c'était étrange, que Reborn ne réponde pas. Reborn répondait toujours. Y avait-il eu un problème durant sa mission ? Reborn n'avait pas dit grand-chose. . . bien. . Reborn ne disait jamais grand-chose sur ses missions. Mais cette fois-ci était différente. Tsuna n'en revenait pas de n'avoir rien vu venir. Il avait juste dit ''Je pars en mission. Ne m'attends pas avant plusieurs jours.''. Puis il s'était éclipsé. Juste comme ça. Et il en était à peu près de même pour les autres arcobaleno hormis Fon qui avait fourni quelques infos supplémentaires sur sa mission d'assassinat à Shangai. Tsuna n'aimait pas ce que cela impliquait. Reborn avait beau être le meilleur hitman et un tuteur démoniaque, il était malgré tout humain, et ce manque de contact depuis son départ n'était pas normal.

Tsuna ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils auraient du protéger davantage le manoir. Le meeting entre alliés devait avoir lieu ce jour-ci afin de créer une union défensive contre les Famille ennemies mais avant ça la Neuvième Génération avait une entrevue avec les autres Vongola. Les alliés n'étaient pas encore arrivés quand l'attaque avait commencé. N'ayant eu aucune information et Dino étant au Japon avec ses hommes, Tsuna ne pouvait que supposer que leurs alliés sur place ne devaient pas être bien nombreux. Les Shimon devaient sans doute être en route. Ceux-ci étaient aussi au Japon mais Tsuna ne doutait pas de leur loyauté. Enma était comme un frère et lui aussi avait deviné une future attaque des Sempreverde. Les autres alliés étaient pour la plupart des familles mineure aussi Tsuna se doutait que celles-ci n'allaient pas faire le déplacement pour les aider mais c'était une possibilité à ne pas exclure malgré tout. Ce serait bien d'ailleurs, qu'il ait tort sur ce point-là. Tsuna était inquiet. C'était certes déjà le cas depuis des semaines et les cernes sous ses yeux en étaient la preuve, néanmoins aujourd'hui plus que jamais, ce sentiment de peur lui tordait le ventre.

Un peu plus loin dans le jet, le reste des gardiens s'occupaient comme ils pouvaient, mais tous gardaient un air soucieux qu'ils cachaient plus ou moins bien. Mukuro était le moins lisible. Il détestait la Mafia et n'aimait pas particulièrement la Famille Vongola mais celle-ci avait fini par devenir comme une famille de substitution. Et voilà que la 'Génération des papy' comme il l'appelait, s'éteignait ? Anéantie par une stupide Famiglia qui avait eu la mauvaise idée de s'en prendre à Tsunayoshi ? Hibari avait les yeux fermés et semblait dormir, mais personne n'était dupe au point de croire cela. Tous savaient bien qu'en réalité le préfet de Namimori bouillait à l'idée de battre à mort les ennemis qui avaient oser s'en prendre aux Vongola. La Varia n'était pas aussi flegmatique que d'habitude. Des rides d'inquiétude barraient leurs fronts et Fran somnolait dans les bras du prince déchu et les deux se serraient l'un contre l'autre avec beaucoup plus de force que d'habitude. Quelqu'un avait osé s'en prendre aux Vongola. Et ce quelqu'un, s'en était déjà pris aux Vongola avant en enlevant le chaton. Gokudera et Yamamoto étaient assis l'un en face de l'autre, observant Tsuna avec un mélange de compassion et d'inquiétude. Le jeune homme s'était isolé des autres dès qu'ils étaient monté dans l'avion et n'avait pas pipé mot depuis.

« Il m'inquiète comme ça.

_ Moi aussi, mais on ne peut pas faire grand-chose.

_ On ne doit pas le laisser seul. Ce serait pire. »

Les deux garçons échangèrent un regard puis, sans un mot, se levèrent et vinrent rejoindre leur boss à l'arrière du jet. Tsuna ne sursauta pas en les sentant s'asseoir de chaque côté de lui. Il ne leva même pas la tête. C'est comme s'il était profondément plongé et en pleine méditation. La main de Yamamoto se posa sur l'épaule du petit châtain et y exerça une légère pression afin de le 'réveiller'.

« Tsuna ? »

Le susnommé leva lentement les yeux vers lui, de grands yeux marrons, humides et brillants.

_ Juudaime...

un reniflement l'interrompit et Hayato sortit un sachet de mouchoir de sa poche pour en tendre un à son supérieur.

_ Dans quel état sera le manoir quand on arrivera ? Le … La maison dans laquelle on a joué avec Futa et Lambo quand on venait. Je... je n'arrive pas à imaginer l'état dans lequel nous trouverons la.. la maison. Et... et les autres...

Hayato et Takeshi comprenaient leur ami. Au cours des deux dernières années, il était devenu assez courant pour la Dixième Génération de se rendre en Italie, dans les diverses résidences Vongola. Malgré tout, le Manoir de Sicile restait leur principale destination lorsqu'ils devaient voir le Nono. Ils avaient appris à considéré cet endroit comme un seconde maison. Kch... même la mama s'y était rendue une fois.. c'était un endroit précieux pour les Vongola. Le manoir avait été construit lors de la formation du groupe d'auto-défense de Primo et ses gardiens. Il était là depuis le début, il avait vu défiler les boss, les générations. Cet endroit avait connu la misère des premiers jours, la saleté, la sueur, la peur, l'amour aussi, les sentiments forts. Il avait connu des batailles. Avait connu les mauvais jours de Xanxus aussi. Et les coups d'épée de Squalo ainsi que les couteaux de Bel. C'était un fait. Ce manoir avait une âme, il avait vu grandir les Vongola. Il avait vu défiler les neuf -non - dix générations. Il en avait aussi vu des vertes et des pas mûres. Il avait également brûlé à plusieurs reprises – on appartenait aux Vongola ou pas_, et était toujours debout. Qu'en resterait-il une fois tout cela terminé ? Seraient-ils encore en vie pour voir les dégâts ? Seraient-ils morts, tombés sous les coups de l'ennemi ? Hayato pour sa part n'avait aucune idée de son avenir, il n'avait jamais réellement participé à une guerre de clans. Ce serait leur première fois à tous car, même lors de leurs combats avec la Varia, ça n'était pas une guerre de clans, c'était un conflit interne. Même contre les Millefiore, ça n'était pas une guerre à proprement parler car cela n'avait pas été fait selon certaines... circonstances. Et ces circonstances étaient réunies avec les Sempreverde. Cette ancienne famiglia alliée qui ne cessait de monter en puissance et d'écraser d'autres Famille mineur, menaçait depuis pas mal de temps la paix en Italie. Elle menaçait également de s'en prendre aux Vongola. L'enlèvement du Juudaime avait brisé définitivement l'Alliance entre eux et avait entraîné la perte de quelques familles, mineures du côté des Vongola, et majeurs chez les Sempreverde. Ils avaient naturellement perdu l'appui des Calvalone mais aussi des Shimon et des Tommaso. Les Giglio Nero n'avaient jamais été alliés avec eux, mais ils avaient juré de rester fidèles à leur alliance avec les Vongola. L'enlèvement de Tsuna n'avait pas uniquement fait voler en éclat l'alliance entre les deux Familles. Il avait également prouvé que les Sempreverde étaient prêt à tout et que la Guerre de Clans était proche. Très proche. À vrai dire, Hayato était assez étonné qu'ils aient pris la peine d'espacer de plusieurs mois l'enlèvement et la guerre de clans mais après tout, peut-être avaient-ils eu besoin de se fournir en armes et financièrement. Les pots-de-vins avaient du se faire plus rare chez les Sempreverde s'ils devaient économiser. Voilà pourquoi sans doute ils avaient perdu du terrain sur le plan politique.

Hayato sortit de ses pensées en voyant Tsuna se mordre la lèvre jusqu'au sang.

_ Juudaime.. tout -

Hayato s'interrompit avant de dire une bêtise. Tout ira bien. Non.. tout n'ira pas bien. Ils pourront déjà s'estimer heureux s'ils s'en sortent sans trop de dégâts. Ils ne savaient pas du tout comment faire face à une guerre de clans. Comme dit plus tôt, même si Hayato avait grandi dans le milieu de la Pègre, il n'avait jamais eu à faire face à une telle situation. Jamais.


« Bel-sempai ? »

Belphegor ouvrit lentement les yeux en entendant la petite voix de son kohai. Ils avaient décollé quelques heures plus tôt et espéraient arriver dans moins d'une heure. Les choses se présentaient mal d'après le peu d'infos qu'ils avaient pu avoir du garde blessé. Tout le monde était sur le pied de guerre et on déplorait déjà de nombreux morts, davantage chez les Vongola que chez les ennemis. Bel se fichait généralement des gens, il aurait d'ailleurs aimé que cela continue, malheureusement, depuis qu'il avait commencé à fréquenter quotidiennement les chatons sauvages, il avait l'impression de ramollir un peu.

Le jeune prince tourna lentement la tête vers le plus jeune qui était calé contre lui et avisa leurs mains entrelacées.

_ Fran ?

_ Tu.. as déjà été confronté à une guerre de clans ?

Du coin de l'oeil, Bel vit Squalo entrouvrir les yeux pour les dévisager avant de se concentrer à nouveau sur son épée qu'il aiguisait. C'était un truc qui calmait le squale Entretenir son épée. C'était comme si ses problèmes se faisaient la malle dès qu'il commençait. Bel avait remarqué cela quelques années plus tôt. Au moins, maintenant que le commandant était occupé, il pouvait parler en paix et se concentrer un peu sur autre chose que cette putain d'attaque qui avait lieu en ce moment-même à la casa pendant qu'eux planaient à des centaines de mètres du sol !

_ Oui je.. (Belphegor s'interrompit un instant, réfléchissant à ce qu'il allait dire). Après avoir tué toute ma famille, j'ai erré pendant plusieurs jours dans la forêt entourant le domaine, encore ivre du sang qui avait coulé. Il y en avait sur tous les murs. C'était horrible.

Fran se blottit un peu plus contre le prince déchu en l'entendant entonner son récit d'un ton plat et calme. Bel était malade. Fran le savait. Il ne guérirait probablement jamais complètement. Fran le savait aussi. Mais il l'aimait.

Tout ce sang avait toujours excité le prince. Fran le savait. Lussuria en parlait souvent autour d'un repas. Tous ces gens... tous les membres qui composaient la Varia ils.. ils étaient malades. Ils étaient fous. Mais Fran faisait aussi parti de la Varia. Est-ce que cela faisait de lui un fou ? Est-ce qu'il était malade ? Faisait-il le bon choix ? Fran secoua intérieurement la tête. Lui n'était pas fou. Mais il avait trouvé sa place. Il était la seule personne à peu près censée dans ce monde de fou, dans cette équipe. Xanxus aurait pu être cette personne censée s'il n'avait pas été aussi impulsif et violent. Il aimait le sang, c'était une évidence. Mammon aurait peut-être pu l'être s'il n'avait pas été un tel radin. À une époque apparemment révolue, il aurait même pu vendre sa propre mère pour de l'argent. Ne l'avait-il pas fait d'ailleurs ? N'avait-il pas commis des crimes atroces pour de l'argent ? Avant d'être respecté pour l'un des plus puissant tueurs à gages et maître illusionniste, Mammon avait été l'un de ces êtres misérables qui vivait pour s'enrichir. Un de ceux qui aimaient tant l'argent, qu'ils seraient prêt à n'importe quoi. Avec le temps, et après avoir perdu quelque chose de très précieux ( Fran ignorait quoi ), l'ex arcobaleno de la Brume avait fini par se calmer. Un peu. Lussuria était un peu la ''Mama'' du groupe, comme il aimait se faire appeler. Malgré tout, il ne fallait pas le sous-estimer. Fran était accidentellement entré dans la chambre de l'assassin un jour et il avait vu. Il était tombé nez à nez avec sa collection. Dans la chambre froide. Il avait vu les cadavres être exposés dans ce que Lussuria avait alors appelé son 'Saint Graal personnel'. Le jeune illusionniste avait encore des frissons à cette simple pensée. Quant à Squalo... c'était peut-être lui en fait, le plus saint d'esprit parmi eux. Il était un peu crétin sur les bord parfois, concernant des choses pourtant simples, et il était incroyablement bruyant, mais il avait été de bons conseils pour Fran et il était – et ça faisait mal de l'avouer_, assez observateur, presque intelligent. Fran, lui, se connaissait assez pour dire qu'il avait aussi sa part de mystères et d'ombre. Il était peut-être fou lui aussi. Il avait un seuil de douleur [bien] au-dessus de la moyenne. Bien sûr, il se servait aussi parfois d'illusions pour tromper l'ennemi et le laisser croire qu'il l'avait frappé, mais ça n'enlevait en rien le fait qu'il avait une meilleure tolérance à la douleur que n'importe quelle autre personne. On l'avait entraîné pour cela. Personne ne connaissait véritablement son passé. Personne ne savait ce qui s'était passé lorsque sa grand-mère était malade et qu'elle le refilait au berger du village à presque un kilomètre de leur maisonnette de campagne. Celui-là même qui disait qu'il ne valait rien et que c'était sa faute s'il n'avait plus de mère. Personne n'avait jamais su qui était réellement le berger et Fran s'était assuré de lui faire payer après son entrée chez les Vongola. En fait si, il y avait bien deux personnes qui savaient. Mais celles-ci ne parleraient pas. Elles connaissaient l'importance des secrets et le degré de confiance qu'il avait envers eux, pour leur confier une telle chose. Tsuna-nii et Enma-san étaient des personnes de confiance. Et ils emporteraient ce secret avec eux dans leurs tombes.

_ J'aurai aimé resté plus longtemps pour graver ce moment dans ma mémoire mais, le médecin de famille, je l'avais oublié lui. Il est arrivé quand je finissais de m'entretenir avec Rasiel. Quand il m'a vu il a fui. Bien sûr, je l'ai vite rattrapé et tué mais.. il semblerait qu'il ait eu le temps d'appeler la police. C'était la première fois que je tuais des humains.

Son aveu laissait à penser qu'il avait commencer par expérimenter sur les animaux. Fran frissonna. Ils étaient dans la Mafia et ça ne le gênait plus vraiment de voir ses coéquipiers tuer sous ses yeux. Mais des animaux... Fran avait du mal.

_ Je me suis enfui. J'ai pris l'argent et les bijoux cachés de la maison et j'ai mis le bazar dans le manoir. Il y avait peu de chance pour que l'on ne se rende pas compte de l'absence d'un des héritiers et donc que l'on garde l'hypothèse d'un braquage mais j'avoue que j'avais toujours rêvé de saccager cet endroit.

Cet endroit. Belphegor n'avait-il jamais considéré son lieu de naissance comme une maison, alors ?

_ J'avais toujours eu tout ce que je voulais quand je vivais là-bas. Tout. Mais il y avait une chose que l'on m'avait toujours refusé, à moi, le plus jeune des Gonzague. Mon frère était mon aîné de quelques minutes seulement, mais c'était lui l'héritier. Il était.. le seul digne d'attention de mes très chers parents.

Le jeune illusionniste pouvait sentir le goût des larmes dans le ton du prince déchu. Il y avait cette amertume et cette.. cette colère, qui n'avait en rien été effacée par le temps ni par le meurtre. Bel-sempai avait donc été ce genre d'enfant délaissé et négligé. Le genre qui finit par péter un câble, sombrer et commettre l'irréparable.

_ Chaque, félicitation, poursuivit Bel, la voix hachée par les souvenirs, le regard vague. Chaque anniversaire, chaque, événement... il avait toujours toute l'attention de nos géniteurs. Je le détestais tellement. Et je les haïssais encore plus pour m'oublier.

Il y eut un instant de calme, ou personne ne parla, puis Fran leva les yeux et vit brièvement les magnifique iris du prince avant que celui ne serre les dents et secoue la tête, comme pour chasser un mauvais souvenir.

_ Et puis un jour, j'ai craqué. Je suis descendu à l'étage des domestiques et je les enfermé pour qu'ils ne me gênent pas. Puis je suis allés dans la chambre de mes parents. J'ai commencé par ma mère, souhaitant garder mon géniteur pour la suite. Elle été tellement facile. Je ne suis même pas sûr qu'elle ait senti quelque chose tant c'est arrivé vite. En une seconde elle était morte. Mon couteau était rentré dans sa peau comme si de rien n'était.

Fran frissonna. Il savait, pour l'avoir expérimenté, que les couteaux de Bel étaient extrêmement aiguisés. Bel ne sentit pas le malaise de son.. euh.. coéquipier. Ses souvenirs le rongeaient à nouveau et il revivait la scène, comme si elle se jouait pour la première fois.

_ Puis je me suis attaqué à mon père. Il n'était pas dans le lit conjugal avec ma mère. À vrai dire, je me demande même s'il dormait encore dedans. Ils étaient assez froids l'un envers l'autre. Tu sais, c'était l'un de ces mariages arrangés entre familles nobles. C'était encore assez courant lorsqu'ils étaient enfants. Ils avaient été fiancés l'un à l'autre à leur six ans, s'étaient rencontré à leurs huit ans et s'étaient mariés lorsqu'ils en avaient eu seize. Mon père était à son bureau. Je suis entré calmement.

Fran n'osait pas lui dire qu'il ne voulait pas savoir et que cela n'avait rien à voir avec la question qu'il avait posé, mais il savait que cela ne servirait à rien : Bel n'était pas vraiment là.

_ Il ne s'est douté de rien jusqu'à ce que l'un de mes couteaux ne se plante dans son épaule. Mon géniteur avait toujours détesté les couteaux, leur préférant des armes à feu comme ces vulgaires fusils de chasse. Oh, il aimait beaucoup la chasse. Ça lui plaisait de voir la peur dans les yeux de ses proies. Il aimait être considéré comme un prédateur par elle. Il aimait croiser leur regard lorsqu'il pressait la détente, quand elles s'éteignait sous ses yeux... quand il était le roi. Il aimait ce pouvoir qu'il exerçait sur ces bêtes.. ce droit de vie ou de mort.. ça l'excitait.

Le jeune gardien de la brume resserra sa poigne sur la chemise du prince.

_ C'était un carnage – quand je me suis occupé de lui. Il hurlait, il criait. Cela a suffit à réveiller Rasiel. J'ai du mettre un terme à la souffrance de mon pauvre père. Lui, le créateur de Prince the Ripper. M'occuper de mon aîné a été un véritable plaisir. Je l'avais tellement haï pour être le préféré. Je me suis acharné sur lui pour le tuer. Je l'ai laisser souffrir et agoniser pendant que j'allais finir m'occuper des domestiques enfermés. Ils étaient peut-être déjà devenus fous en entendant les cris de mon paternel et de mon frère aîné. En y réfléchissant, m'occuper des domestiques était assez ennuyeux mais j'étais encore pris sous la folie meurtrière et ivre de sang. Il y en avait partout. Pas que sur les murs. Mais sur mes vêtements aussi. Quand je suis revenu à mon frère, il rampait pour essayer de sortir. J'ai joué avec lui pendant un certain temps, puis je me suis lassé... et je l'ai achevé. Enfin, je le pensais. Je ne me doutais pas qu'il survivrait à une telle torture. Je le croyais mort. Apparemment, il a survécu jusqu'à l'arrivée des ambulances. Quand je suis revenu à moi, il y avait plein de sang sur mes vêtements et mes couteaux étaient éparpillés au sol, rouge, et visqueux. J'ai fui la maison avec l'argent et les bijoux et je me suis caché. J'étais bête. Je n'avais même pas changé de tenue. Mais la vérité, c'est que sentir le sang de mon frère sur moi me rappelait mon triomphe sur lui. Il avait perdu. J'avais gagné. C'était ça. Au bout de quelques jours, j'ai fini par atterrir dans un endroit en proie à deux Familles ennemies. Verone ( NdA : Ne me regardez pas comme ça, c'est tombé sur Verone dans ma folie d'écriture ). quand je suis arrivé là-bas, les gens ont été terrorisés en me voyant. En voyant l'état de mes vêtements et le sang sur mes mains. Mais l'un des bourreaux m'a accueilli et m'a laissé changé de vêtements. Il les a jeté au feu puisque inutilisables. J'étais un peu déçu, mais trop crevé pour protester. J'ai dormi.. longtemps.. et quand je me suis réveillé, c'était parce que l'on criait. J'ai mis du temps à me ressaisir et à sortir de l'atelier du bourreau. Et quand j'ai finalement quitté la maison, Verone était en feu. ''C'est une guerre de clans !'' criaient les habitants. Les deux Familles en avaient apparemment eu assez et avaient décidé de régler ça en s'entre-tuant. J'étais fasciné en voyant tout ce feu. Je me souviens, j'ai pensé que c'était joli, mais que je devrais peut-être y apposer ma marque, moi aussi. Il n'y avait pas assez de sang. Il y avait des corps, mais pas beaucoup de sang. Il y avait des brûlés aussi. Certains étaient morts, tués à coups d'épée, mais.. y avait presque pas de sang. L'ivresse du moment m'a pris une nouvelle fois et...

Bel s'interrompit, fronça les sourcils et soupira.

_ Et je ne me souviens pas vraiment de la suite. Mais ça, c'était la première Guerre de Clans à laquelle j'ai assisté.

Fran acquiesça sans se prononcer. Il savait que Bel avait fait beaucoup de choses par le passé. Il savait que Bel ferait encore beaucoup de choses dans le futur, mais il était prêt à vivre avec ça. Serait-il ici si ça n'était pas le cas ? Les Vongola étaient sa maison. Quoiqu'on en dise.


« Non ! Vous ne pouvez pas y aller mam'zelle Bianchi ! » fit une des domestiques alors qu'elle calmait en même temps un enfant de trois ans dans ses bras.

Bianchi, qui surveillait derrière les nombreux pièges mis en place par elle-même, secoua la tête en se redressant.

_ Je dois y aller. J'ai une formation pour me battre, je peux être utile là-bas. Sergio et Louis, fit-elle en inclinant la tête vers les deux majordomes armés, sont préparés au cas où un ennemi réussirait à venir jusqu'ici, ce dont je doute fortement. Et Futa n'est toujours pas revenu, je dois y aller. Il lui est peut-être arrivé quelque chose.

_ C'était une mauvaise idée. Nous n'aurions jamais du le laisser y aller. Chuchota une servante en se rongeant les ongles.

_ Je suis sûr qu'il va bien. Nous l'aurions senti si ça n'était pas le cas.

Malgré ce qu'elle avançait, Bianchi n'était sûr de rien. Il était tout à fait possible qu'il soit arrivé quelque chose à Futa sans qu'elle ne le sache. Sans qu'elle ne le sente. Futa et elle n'étaient pas officiellement des Vongola, leurs liens n'étaient donc pas assez fort pour qu'elle le ressente. Elle ne perdit pourtant pas de temps et quitta la cachette barricadée, par l'une des trappes et se faufila dans les couloirs, veillant à toujours avoir du poison sur elle. Dès qu'un ennemi se pressait dans sa direction, elle lui envoyait une dose de poison dont il ne se relevait pas. C'est comme ça qu'elle avait toujours fonctionné. Et elle en était fière. Elle était inquiète aussi. Elle savait que la Xème Génération avait prévu de venir aussi tôt que possible. Elle ne pouvait pas mentir et dire n'être pas inquiète pour son frère – demi-frère. Elle avait peur de le perdre, lui aussi. Et bien... ce n'est pas comme s'ils étaient quelque chose l'un pour l'autre. Hayato le lui avait clairement dit à plusieurs reprises lors de leurs entrevues. Elle n'était rien pour lui. Bianchi esquiva une balle et lança une autre dose de poison. Hayato ne l'aimait pas. Il la considérait comme une étrangère. Tout comme son père. Hayato ne les aimait pas. Il ne leur pardonnerait jamais. Sa mère à elle avait toujours détesté le 'petit bâtard' qui était venu loger chez eux. De l'avis de Bianchi, elle n'arrivait juste pas à se faire à l'idée de que son père ne l'aimait pas. Après tout, il était un fait connu que les mariages arrangés étaient encore réalisés dans le monde de la Pègre. Pas tout le temps, mais ça arrivait parfois. Sa mère avait été ravie d'épouser le futur Don d'une famille relativement importante. Son père l'avait été beaucoup moins. Il aimait sa liberté et avait trouvé Valentina ( la mère de Bianchi ) beaucoup trop superficielle pour lui. Ce n'est que quelques années plus tard, bien après sa naissance, qu'il avait rencontré une femme, Rebecca. Elle était japonaise, avait un nom occidental et la grâce des nobles japonais. Elle avait été élevée selon les vieilles traditions : elle parlait couramment plusieurs langues, jouait du piano et aimait la littérature. Malgré tout, elle n'avait pas un haut statut à son arrivée en Italie. Elle avait été la maîtresse de son père pendant un long moment mais avait du renoncer à son droit de garde sur Hayato. Esquive. Flip arrière. Attaque. Bianchi se souvenait encore du regard douloureux de l'instructrice de piano de la résidence. C'est vrai, réalisa-t-elle alors. Rebecca avait pris un emploi à la maison pour être proche d'Hayato même si elle ne pouvait lui révéler son identité. Elle avait tout fait pour assurer la sécurité de son fils.. Et puis finalement, un jour, elle était morte. Elle avait été tuée. Sa voiture.. trafiquée.

Bianchi se souvenait du regard empli de douleur d'Hayato, à la mort de la femme. Il n'avait su qu'après son renvoi, qu'elle était sa mère, et n'avait pas eu l'occasion de la connaître avant sa mort. C'était une triste histoire.. le passé d'Hayato Gokudera.

Soudain, Bianchi sentit une emprise sur sa chevelure et fut entraînée en arrière. Elle trébucha en arrière et reçut un coup dans le thorax. Un coup de couteau mit sa chemise en lambeau, laissant apparaître son soutien-gorge et un autre lui entailla le ventre. Malgré tout, Bianchi ne laissa pas la douleur prendre le dessus et attrapa fit une nouvelle dose de poison qu'elle balança sur un membre des Sempreverde. Et... était-ce Naito Longchamp qu'elle voyait arriver au loin en guise de renfort ? Mon dieu.. ils n'étaient pas sorti de l'auberge. Un couteau l'effleura et la rappela à l'ordre. Bianchi prit appui sur un pied et se propulsa en arrière pour éviter une nouvelle salve de couteau. Merde, c'était le domaine de ce fou furieux de Belphegor ça ! La jeune femme évita de justesse une balle perdue et lança un regard noir au domestique. Il avait mal visé. Bon, ça n'était pas sa faute, il excellait dans le lancer de couteau mais était nullissime dans le domaine des armes à feu. Le domestique déglutit et changea de position et de point de vue avant de finalement donner son arme à un collègue pour récupérer ses bons vieux couteaux qu'il balança par dizaine à l'ennemi ( il avait été entraîné involontairement par un Belphegor en colère quelques années plus tôt ). Bianchi se propulsa à nouveau, mais cette fois-ci en avant et percuta d'un coup de poing à pleine puissance, un homme de main des Veleno. Ils méritaient d'avoir mal. Ces deux familles faisaient parti des kidnappeurs de Tsuna. Ils méritaient de souffrir. Et voilà que maintenant ils les attaquaient ? Il faudrait trouver pourquoi, mais d'abord, ils devaient les appréhender avant qu'ils ne blessent ou tuent plus des leurs. Ils ne devaient surtout pas trouver la salle où se cachaient les domestiques sans aucune formation et les enfants. Ceux-ci n'avaient pas eu atteindre les souterrains à cause des ennemis qui arrivaient en nombre mais Bianchi allaient faire en sorte qu'ils puissent y parvenir cette fois-ci. Alors qu'elle préparait un nouveau poison, la jeune femme prit de sa poche une oreillette pour être en contact avec les autres hommes Vongola.

« Ici Poison Cooking, où êtes-vous ?

_ Ici BlackCross, notre unité est avec Red Blood, nous progressons vers la cachette des civils.

_ Très bien. Dès que ce sera fait, emmenez-les dans les souterrains.

_ Compris.

_ Bien. Terminé. »

Bianchi, trop occupée à préparer une nouvelle dose de poison, se retrouva à la merci de trois hommes qui la firent agenouiller pour la rouer de coups. Et... elle avait mal. Bon dieu qu'elle avait mal. L'un des hommes s'arrêta soudainement, fit quelques pas en arrière et les deux hommes qui étaient derrière elle la redressèrent de force. Alors, celui qui semblait être le chef de ce petit groupe ricana, puis sortit un couteau de boucher. Bianchi déglutit. Elle avait déjà été en situation de danger mortel, mais jamais ainsi. Jamais on ne l'avait menacé avec une telle arme. Bianchi haïssait ce type d'arme. Elle s'en servait à l'occasion dans ses préparations et encore, mais jamais elle ne s'en était servi pour attaquer. L'Affaire Casar avait suffit à la dégoûter de ce type d'arme. C'était une affaire assez similaire à celle de Belphegor – du moins pour autant qu'elle en connaissait_, sauf que c'était le père de la famille qui avait massacré toute sa famille. Il avait torturé sa femme, avait abusé ses deux fils et avait obligé sa plus jeune fille à se taillader les veines. Elle avait été présente lorsqu'ils avaient retrouvé des corps. Elle accompagnait son père pour un meeting avec la parrain des Casar et quelques autres alliés. Mais celui-ci n'était pas là : il n'y avait que les corps morts et défigurés des membres de la famille Casar. Les cousins et oncles avaient été défigurés, littéralement. La femme du chef ne ressemblait plus à grand-chose et son visage – du moins ce qui ressemblait à un visage_, était figé dans un masque d'horreur et de douleur. Seuls les deux jeunes fils et la plus petite avaient encore un doux visages mais, ce que leur avait réservé leur père avait été atroce. La plus jeune avait vu ses deux grands-frères êtres abusés avant de devoir se tuer, puis le père avait finalement achevé les deux garçons. Le sang avait éclaboussé les murs. Encore maintenant alors que le manoir abandonné servait parfois de meeting en terrain neutres pour les familles non-alliées, on pouvait les murs éclaboussés par le sang qui avait coulé. Bianchi n'oublierait jamais la vision qu'elle avait eu lorsqu'elle était entré dans le château avec les autres mafieux. Elle n'avait que treize ans à l'époque. Ça avait été beaucoup trop pour sa première réunion en tant qu'accompagnatrice. Le pire en fait – ou peut-être pas_, était que l'on avait jamais retrouvé le père Casar. Celui, à présent âgé d'une quarantaine, peut-être d'une cinquantaine d'années, avait fui le pays et avait changé de nom. Et il avait disparu, évanoui dans ce vaste monde. Il avait sans doute bien fait : la grande majorité des Familles italiennes étaient à présent à sa recherche pour avoir sa tête. Les couteaux de bouchers... elle en avait horreur. Et elle allait mourir avec ça. Quelle misère. L'homme leva son arme, un sourire carnassier aux lèvres. Et Bianchi sut que c'était la fin. Rien ne pourrait la sauver. Son seul regret était de n'avoir pas pu être pardonnée par son petit frère. Mais ça ne servait à rien de regretter maintenant : rien ne pourrait la sauver.

Rien ? C'est étrange alors. Parce que, alors même que la jeune femme était décidé à affronter la mort en face et à garder les yeux rivés sur son meurtrier, une silhouette jaillit devant elle et une explosion retentit alors que l'homme était éjecté une dizaine de mètres plus loin, s'écrasant contre un mur qui s'écroula sous la puissance avec lequel le corps l'avait heurté. Bianchi ne grimaça même pas lorsque les deux hommes resserrèrent leur prise sur ses épaules. Son regard brumeux était concentré sur son sauveur. Ses contours étaient flous et elle avait du mal à garder les yeux ouverts. Un instant plus tard, la prise sur ses épaules se desserra et deux corps s'effondrèrent à côté d'elle. Bianchi essaya de reprendre sa respiration, mais des points noirs se dessinaient dans sa vision. Elle avait trop forcé. Sa vie n'était plus en danger, mais elle ne doutait pas que si elle restait ici, elle allait mourir, sauveur ou pas. Ledit sauveur l'attrapa par les aisselles pour la hisser debout avant de la prendre sur son dos. Les points dansaient dans ses yeux, mais avant d'être hisser sur les épaules de l'autre homme, elle eut le temps de croiser des orbes vertes émeraudes, et ses yeux s'écarquillèrent.

Était-il possible que.. ?

« Hayato.. »


Harry était stressé. Très angoissé aussi. Les nouvelles n'étaient pas très bonnes. Le directeur n'avait pas reçu de nouvelles directes et, avec les éditions répétés des journaux internationaux ainsi que du Daily Prophet, on avait pu en déduire que la Guerre de Clans était toujours en cours. Malgré tout, le temps ne s'était pas arrêté au château. Les cours continuaient bien que personne ne puisse rester concentré bien longtemps, pas même les professeurs. Une réunion avait donc été décrétée et les cours avait été annulés pour la journée. Le livre qu'Hermione avait trouvé avait donc été ressorti en urgence dans la Grande Salle ou beaucoup se pressaient mais l'on n'eut pas le temps de l'ouvrir que des hiboux volèrent dans la Grande Salle et laissèrent tomber l'édition spéciale du Daily Prophet. Deux journalistes du mag étaient dans un village à proximité du manoir Vongola et relataient l'assaut.

''UNE ALLIANCE FORMÉE CONTRE LES VONGOLA'' disait le titre.

Harry se pencha sur le journal et le prit entre ses mains :

« Les Sempreverde ont semble-t-il formé une alliance avec les Veleno et une famille inconnue avec lesquelles ils avaient déjà enlevé le jeune Héritier des Vongola, Tsunayoshi Sawada, quelques semaines seulement avant le départ de la Famille Vongola pour Poudlard où se tient actuellement le Tournois des Trois Sorcier. »

Harry s'arrêta. Tsuna avait été.. enlevé ? Cela.. expliquerait en effet les crises d'angoisses répétées de l'autre garçon. Comment.. comment avait-il pu ne pas voir ça ? Il avait pris les crises d'angoisses du Vongola pour.. et bien.. une grande timidité ou l'angoisse des tâches. Après tout, ce tournois était une chose très effrayante et s'il se souvenait bien, Tsuna ne voulait pas du tout participer en premier lieu. Comment avait-il pu louper un truc pareil ? Après tout.. lui aussi.. même si – même si ça n'était pas la même chose.. lui aussi avait... eu des problèmes pour gérer ce genre de crises.

« L'attaque a commencé hier, vers 11:30 quand des individus ont pris d'assaut le manoir Vongola, attaquant la salle de conférence du Manoir, où devait se tenir plus tard dans la matinée un meeting d'alliés. »

L'article défilait ainsi, relatant les faits, annonçant qu'ils ne savaient pas encore à combien s'élevait le bilan des victimes étant donné qu'ils ne pouvaient se rendre sur place puisque la guerre était toujours en cours. Sur la photographie qui surplombait l'article, on pouvait voir au loin un immense château en proie en flamme ainsi que quelques petites figures dans les airs. Harry ouvrit le journal, se doutant que les autres articles parlaient également de l'attaque. Il y avait quelques photos parfois, prises de loin mais avec la magie, ils avaient pu améliorer la qualité. Sur l'une d'elle, il y avait une figure flou, en sang, encerclées par des hommes en noir, tous dans les airs. Un doigt étranger se posa sur la photo, soulignant la petite figurine encerclée et un souffle au creux de son oreille le fit frissonner :

« C'est Tsuna. »

Harry sursauta et affronta les yeux noisettes du Champion de Poufsouffle.

_ Qu'est-ce que – quoi ?

_ Le gars en sang. C'est Tsuna. Même sans les couleurs, je n'oublierai jamais une flamme aussi pure.

Harry dévisagea Cédric avant de baisser à nouveau les yeux vers le journal. En plissant les yeux, il reconnut effectivement la flamme du Ciel ( le livre qu'Hermione avait trouvé, expliquait les différences entre les flammes ) du jeune Vongola. Les battements de son cœur s'accélérèrent alors qu'il fixait l'image, le regard vide. Tsuna, un Tsuna en sang, était encerclé. Il était fort, c'était un fait indéniable, mais l'était-il assez pour lutter contre autant de personnes ?

Une douleur le prit à la poitrine et Harry serra les dents. C'était vraiment pas le moment. Sa main trembla et il tendit le journal à Cédric avant de partir sans un mot, ignorant les appels répétés du septième année. Il n'avait pas le temps pour ça. Il devait trouver un coin tranquille et réfléchir en paix. Ses jambes se mirent automatiquement en mouvement et il se déplaça dans le château sans savoir où il allait. Il n'avait pas emprunté d'escaliers donc il était à peu près certain d'être toujours au même niveau. Son inquiétude pour les Vongola revint au galop et il agrippa sa chemise au niveau de son cœur. Les crises d'angoisse s'étaient faites très rares depuis son entrée à Poudlard. En fait, il avait eu quelques crises ces trois dernières années durant les moments les plus intenses, ainsi que deux cette année. La première avait été arrêtée par les jumeaux Weasley, qui trouvaient toujours le mot pour rire_, et la seconde par Cédric, juste avant la seconde épreuve. La plupart des crises qu'il avait eu à Poudlard avait été retardées grâce à Mme Pomfresh et ses potions calmantes. Celle-ci était tenue au secret professionnel mais elle n'avait pas aimé ce qu'elle avait trouvé en lui faisant faire un check up à Harry. Malheureusement, lui pas plus qu'elle n'avait apparemment leur mot à dire face au directeur. Il fallait s'y faire. L'infirmière lui avait conseillé de trouver un point d'ancrage, un repère pour éviter ses crises, malheureusement jusqu'ici, Harry n'était pas parvenu à le trouver. Et avec la fin de l'année qui approchait, on ne peut pas dire que cela calmait ses crises. Au contraire, elles étaient de plus en plus fréquentes. Seamus le regardait étrangement, presque avec inquiétude depuis quelques jours, de même que Dean. Les deux avaient été réveillés par Harry quelques jours plus tôt : ses cauchemars n'en finissaient pas et il avait oublié d'activer le sortilège de silence. Ils l'avaient entendu s'excuser et supplier ! Harry n'avait jamais été aussi mortifié que quand il s'était réveillé, les deux garçons assis de chaque côté de lui, un air concerné sur leurs visages. Honnêtement, Harry ne savait pas quoi faire. Dean et Seamus étaient gentils, plus observateurs que Ron aussi, mais Harry ne se voyait pas parler de ça à qui que ce soit. Personne ne devait savoir. C'était son secret le mieux gardé. Ses pieds s'arrêtèrent dans un salle sombre et Harry tourna la tête tête de droite à gauche pour tenter de reconnaître l'endroit. C'était une salle abandonnée du rez-de-chaussée. Personne n'y allait jamais : on racontait qu'un professeur avait été assassiné ici. Harry frissonna, il ne voulait pas y rester plus longtemps. D'un geste, Harry dégaina sa baguette et lança d'une voix faible un sortilège pour ouvrir toutes les portes et fenêtres. Il ne tenait pas à rester dans un endroit aussi sombre. Le problème avec ce sortilège, c'est qu'il n'ouvrait pas seulement les portes et les fenêtres. Ainsi, une armoire qui aurait du rester fermée fut.. ouverte. Harry n'y fit pas attention, il avait d'autres chats à fouetter. Du moins.. jusqu'à ce que des pas lourds ne retentissent dans le silence de la salle. Et Harry, par réflexe, leva les yeux pour voir d'où provenait le bruit. Il se figea cependant et sa respiration se bloqua dans sa cage thoracique. Les pas lourds devinrent plus forts. Harry se sentit ostracisé et les bruits de pas résonnèrent dans son esprit. Tout était si loin. Il ne pouvait pas crier à l'aide, personne ne l'entendrait. Non, ça n'était pas à ça qu'il devait penser. La première chose qu'il aurait aimé savoir était : comment avait-il fait pour se rendre ici ? Harry commença à reculer lentement, mais percuta une chaise et finit par terre, les mains égratignées.

« Garçon..

_ S – S'il te plaît. »


Les Serpentards n'étaient pas très joyeux ce matin-là. Tout d'abord, leur principale source d'amusement à Poudlard cette année était partie la veille suite à la Guerre de Clans déclarée aux Vongola. Donc, naturellement, ceux-ci étaient partis. Dix minutes plus tôt, les Serpentards présents dans la Salle Commune avaient assisté à une scène étrange d'un Theodore Nott deuxième du nom, se démenant avec un.. étrange boîtier noir. Terence Higgs leur avait fourni l'information manquante : il s'agissait d'un téléphone portable, un engin moldu qui servait à communiquer avec quelqu'un d'un espace à un autre. Apparemment, c'était bien plus pratique que les cheminettes bien que pour l'instant on ne puisse pas encore voir son interlocuteur sur un écran. Ensuite, ils avaient eu le plaisir de voir Theo parler avec son cher et tendre, le 'cascadeur immortel' comme il s'était présenté, pour l'avertir de l'attaque. Et il avait apparemment bien fait puisque la plupart des arcobaleno n'étaient à ce moment-là pas encore au courant. Après des adieux déchirant au téléphone, Les verts et argents avaient presque du traîner l'héritier Nott hors de la salle commune. Ils étaient tous stressés et cela se voyait. La plupart des familles de Serpentards étaient foncées, bien que pas toutes. Néanmoins, les enfants avaient eu l'occasion d'apprendre (en espionnant ) certaines choses pas très jolies. Il y avait donc de fortes chances que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom soit prochainement de retour. Que ce soit clair, la plupart d'entre eux ne voulaient pas une telle chose. Il y avait bien Yassen et quelques autres qui n'étaient pas contre mais ceux-là étaient isolés la plupart du temps. Le retour du Mage Noir serait terrible pour eux. Surtout pour les aînés. Bizarrement, il semblerait que ce soit un tradition pour l'Autre de ne marquer que les septième – voire sixième, années (peut-être était-ce durant sa sixième année qu'il s'était réellement transformé en... l'Autre et avait marqué ses premiers camarades ?). Les autres étaient donc encore un peu tranquille. Mais qu'allaient donc faire les plus vieux ? Certains ne savaient pas encore, d'autres prévoyaient de se laisser porter par le courant et de se soumettre si le Seigneur des Ténèbres revenaient. D'autres encore voulaient se battre ou quitter le pays, qu'importe ce qu'en penseraient les parents. Oui, c'était l'anarchie dans le salle des verts et argents.

Bref, Draco, Blaise et Theo marchaient à présent en compagnie de l'équipe de Quiditch et Terence Higgs vers la Grande Salle pour déjeuner lorsqu'un bruit résonna dans le couloir désert. Marcus Flint fronça les sourcils mais n'eut pas le temps de s'appesantir là-dessus qu'on le harcelait à nouveau.

_ Ta p'tite amie est peut-être venue t'espionner Marcus ? Le taquina Pucey, un sourire joueur.

Le capitaine de l'équipe de Quiditch résista à l'envie de le frapper et renifla.

_ C'est pas ma p'tite amie j'te dis.

_ T'as quand même dansé avec elle. Toi, le grand héritier Marcus Flint. L'impulsif et vulgaire Marcus Flint, héritier de la puissante famille Flint.

À nouveau, Marcus lui lança un regard noir.

_ Ta gueule putain.

_ Quoi, elle ne t'intéresse pas ? S'étonna Samuel Warrow, le poursuiveur de réserve.

_ Euh les gars..

_ Elle aurait pu mais.. les choses ont changé.

Terence haussa un sourcil devant l'aveu énigmatique du poursuiveur et capitaine. C'était quoi ça ?

_ Les gars.. insista Blaise, qui avait l'oreille particulièrement fine.

_ Sérieux ? Moi qui pensais que tu avais enfin trouvé une fiancée.

_ Pas mon style.

_ Tu lui as dit ? Parce qu'elle semble croire que cette danse signifiait quelque chose.

Flint voulait vraiment lui dire de s'occuper de ses affaires. C'est vrai quoi, lui aussi pensait que peut-être, il pourrait inviter la jeune femme à sortir avec lui, au moins deux ou trois fois mais voilà : les choses avaient changé. Et ils s'étaient vus en quelques sortes. Ils s'étaient parfois bécoter au détour d'un couloir et Marcus l'avait peut-être peloté aussi mais elle s'était laissée faire, elle avait été consentante. Oui mais.. depuis ça avait changé. Il ne ressentait plus trop l'attraction qu'il avait ressentit pour la Poufsouffle au début de l'année. Il était davantage occupé à penser à -

_ Marcus, souffla la voix fluette de Miles, juste à côté de lui. Est-ce que ça va ?

Marcus leva baissa les yeux vers le plus jeune.

Miles Bletchley était d'un an son cadet, en cinquième année. Il était aussi relativement petit mais très bon avec un batte de Quidditch. Il était l'un de ses plus proches amis, ici à Poudlard. Il y avait quelque chose dans le regard que Miles lui donnait, qu'il trouvait chez peu de personnes au pensionnat : du respect. Peu de gens le respectaient pour ce qu'il était et pour ce qu'il représentait. La famille Flint était inclinée vers les Ténèbres mais oscillait entre neutralité et noirceur et ce depuis des générations. Les Flint n'avaient pas une très bonne réputation bien qu'ils soient assez influent dans le monde sorcier. On les traitait de tricheurs ( y avait qu'à voir les parties de Quiditch ), d'ivrognes ( malheureusement, l'oncle de Marcus n'allait pas leur donner tort ) et de tout un tas d'autre conneries que certains membres de la maison Flint pouvaient révéler juste. Malgré cela, Miles le regardait toujours avec cette lueur respectueuse.

_ Les gars, j'veux pas vous embêter mais je crois que y a quelqu'un qui.. eum ben, qui va pas bien.

Et, en effet, quand les jeunes gens cessèrent de se chamailler, ils entendirent des sanglots provenir de quelques mètres plus loin. Miles fit prudemment quelques pas et, à mesure qu'il approchait de la salle désaffectée, les sanglots devenaient plus fort. L'enfant semblait avoir du mal à respirer et Miles avança un peu plus vite. Les crises d'angoisse, ça le connaissait. Il en avait eu beaucoup depuis que la nourrisse engagée par ses parents avait tenté de le sacrifier dans un rituel bizarre. Il connaissait, il se souvenait même des symptômes principaux palpitation, sueur, tremblements, douleur au niveau de la poitrine et difficultés à respirer. Oui, il se souvenait de tout ça, probablement parce qu'il n'avait jamais été à l'abri d'une nouvelle crise.

« Si – s'il te plaît.. »

Miles se figea. Cette phrase, non, cette supplique, lui aussi l'avait prononcé un nombre incalculable de fois lorsque Cassandre, la nounou, l'avait fait asseoir de force au centre d'un pentagramme satanique. Elle voulait invoquer un démon. Miles secoua la tête et ouvrit la porte à la volée. À l'intérieur de la pièce lumineuse, juste en son centre, se tenait un jeune garçon replié, recroquevillé sur lui-même, tremblant et se balançant d'avant en arrière. Ses bras entouraient ses genoux et son visage était plongé entre ceux-ci donc Miles ne pouvait voir son visage. Seule une masse de cheveux bruns en bataille lui fit prendre conscience de la situation.

« Qu'est-ce que c'est qu'ce bordel.. » susurra-t-il en écarquillant les yeux.

Devant le garçon, un homme en sur-poids ( et bien en sur-poids ) le surplombait de tout son volume et jouait avec une ceinture en cuir. Miles déglutit, c'était mauvais. L'homme ne bougeait pas mais ses insultes et sa langue acérée faisaient des ravages. Le jeune batteur de Serpentard ne pouvait pas bouger. Même s'il savait qu'un avatar ne pouvait théoriquement pas toucher sa cible, il pouvait causer de terrible dégâts pour le moral de sa victime. Malheureusement, Miles était comme figé. Il prit vaguement conscience que les autres verts et argents étaient arrivés à côté ou derrière lui et fixaient également l'étrange scène sans pouvoir intervenir. Ils étaient comme hypnotisés.

« Nous qui avons du t'accueillir chez nous.. tu oses faire de la Magie ? Ici ? Sale petit monstre !

_ Je – je serai un bon garçon ! Sanglota l'enfant. S – s'il te plaît oncle Vernon. S'il te plaît..

_ SILENCE ! Tu sembles avoir oublié la règle numéro une. Alors ? »

L'enfant sanglotait et Miles était toujours figé. Aucun muscle de son corps ne répondait. Et il était obligé d'écouter et de regarder la scène. Le garçon plaqua ses mains sur ses oreilles pour faire taire les cris de l'oncle.

_ Les – les m – monstres ne.. les mon - stres ne parlent pas.

L'homme obèse afficha un sourire méprisant et frappa sa ceinture contre la paume de son autre main. Le claquement fit tressaillir l'enfant recroquevillé et il se balança un peu plus avant de s'affaler, cherchant visiblement sa respiration. Le souffle erratique réveilla Miles et celui-ci bondit dans la salle, balança un puissant 'Reducto' qui anéantit l'épouvantard et vint s'agenouiller devant l'adolescent. Il secoua doucement la tête lorsqu'il vit qu'il avait correctement deviné l'identité de ''l'enfant'' et lança un bref sortilège de sommeil. La crise était bien trop avancée pour être calmée et Miles était bien trop paniqué pour parvenir à calmer l'autre adolescent. Les autres Serpentards entrèrent prudemment et avisèrent les débris de l'armoire avant de reporter leur attention sur leur ami et ' l'élève inconnu '.

_ Un.. un épouvantard ?

_ Il ne savait probablement pas qu'il était là. Cette salle est abandonnée depuis longtemps. Expliqua à mi-voix le jeune batteur. Est-ce quelqu'un peut le porter ? Il faut l'amener à l'infirmerie.

_ Je m'en charge. Annonça Warrington avant de retourner l'adolescent inconscient.

Ses yeux s'écarquillèrent brièvement en reconnaissant le petit brun mais il secoua la tête et prit l'adolescent dans ses bras, ignorant les hoquets de stupeur et se dirigea hâtivement vers l'infirmerie, Miles lui ouvrant la voix. Les rares élèves présents dans le couloir les dévisagèrent, ahuris, mais les laissèrent passer. Il ne s'agissait pas d'une mauvaise blague : si ça avait été le cas, les Slytherins n'auraient jamais pris le risque de se faire prendre en traversant un couloir fréquenté, un Survivant inconscient dans les bras. Non. Sûrement pas.

Flint et Miles ouvrirent brutalement les portes de l'infirmerie. Quelques élèves -alités ou assis sur des sièges dans la vaste salle blanche_, levèrent les yeux vers eux et froncèrent les sourcils en avisant leur paquet. La vieille Pomfresh ne tarda pas arriver et hoqueta avant de se reprendre :

« Allongez-le sur le lit Mr Warrington. Dit-elle avant de se tourner vers les autres Serpentards. Que s'est-il passé ?

_ Nous l'avons trouvé dans une vieille salle de DCFM, répondit Miles en faisant un pas en avant. Un épouvantard était sorti et il faisait une crise de panique. »

Poppy acquiesça et se tourna vers le jeune sorcier inconscient lorsque Warrington l'eut déposé. Le plus jeune se recroquevilla instantanément et laissa échapper de faibles gémissements à travers les sillons de larmes qui étaient encore visibles sur son visage. L'infirmière lança une série de sortilèges de diagnostic avant de soupirer et de récupérer une fiole que Flint reconnut comme une potion de sommeil sans rêves. Mme Pomfresh suspendit son prochain geste et pivota vers les vert et argent, l'air pensive.

« Quelle était la forme de l'épouvantard ?

_ Pardon ?

_ L'épouvantard. Quelle était sa forme ? »

Les jeunes sorciers échangèrent un regard et une fois de plus, ce fut à nouveau Miles qui répondit :

« Il l'a appelé ''oncle Vernon''. »

Flint sursauta, il n'avait pas entendu ça. Il observa l'infirmière se figer, soupirer profondément et se frotter les yeux d'un air las avant de poser un regard insondable sur son patient alité. Puis il observa les traits tirés du Survivant, la pâleur de sa peau et les cernes sous ses yeux. Le grand Garçon-Qui-A-Survécu semblait si frêle dans ce grand lit blanc que Marcus en vint à se demander comment il avait fait pour survivre à toutes ses aventures au château. Un coup d'œil vers ses camarades lui assura que cette histoire n'était pas finie mais quand il baissa les yeux vers le fils Malfoy, ce fut pour trouver un garçon hagard qui avait les yeux rivés sur le Gryffondor.

Draco ne pouvait pas quitter sa Némésis du regard. Potter était.. Potter paraissait si fragile dans cette pièce. Rien ne pouvait le détourner de cette vision. Pas ses camarades serpents à ses côtés, qui répondaient aux questions de Mme Pomfresh, pas les quelques autres patients qui observaient toujours la scène comme un moldu devant sa télé. Pas même Warrington, qui lui pinçait doucement les côtes pour le faire redescendre sur Terre, ne parvint à le sortir de sa rêverie. Toutes les histoires qu'on lui avait dit sur le célèbre Survivant, tout ce qu'il avait pris pour vrai était.. pour la plupart... faux ? La plus grande peur d'une personne pouvait en dire beaucoup et donner beaucoup d'informations sur celle-ci. En quelques minutes, Draco en avait appris plus sur sa Némésis qu'en plus de quatre ans de vie commune.. euh.. non.. de disputes. Il était même presque certain d'en savoir plus que la sang-de.. que la née-moldue et Weasmoche. Harry.. Potter.. non.. Harry bougea dans son sommeil, mais ne s'agita pas. Cela aurait d'ailleurs été bizarre vu la dose de sommeil sans rêve que lui avait administré l'infirmière.

« Vous semblez savoir quelle dose lui donner, madame. » releva Draco, le regard fixé sur la fiole à moitié vide.

Poppy regarda la fiole de Sommeil sans rêves et soupira.

_ Monsieur Potter est déjà venu me voir à plusieurs reprises.

Devant le regard insistant du blondinet, la vieille femme prit un air sévère.

_ Je suis tenu au secret médical, monsieur Malfoy.

_ Mais madame, s'il lui arrive quelque chose, que vous n'êtes pas là et que personne ne sait ce qu'il a, comment pourra-t-on l'aider ? Releva Miles. Vous pourriez au moins en parler aux préfets ?

Poppy avisa les insignes brillantes sur les vestes d'uniforme de Miles et Marcus et se frotta l'arrête du nez avec irritation.

_ S'il arrive quelque chose à Mr Potter en rapport avec cela, je saurais que vous y êtes pour quelque chose.

Miles la fixa en retour d'un air grave et sérieux.

_ Madame, nous sommes peut-être des Serpentards mais nous ne rions pas de la santé des gens.

Cela sembla convaincre la vieille femme et elle se détendit légèrement.

_ Je sais que vous comptez faire des études dans la médicomagie Mr Bletchley, votre idée est assez bonne et puisque vous serez mon apprentis à partir de l'an prochain ( Miles allait commencer sa formation durant sa septième année ), je veux bien vous laisser savoir certaines choses, cependant je n'en dirais pas plus que nécessaire.

_ Bien sûr, madame. Approuva Miles avant de la suivre dans son bureau, accompagné par Marcus, qui lui était préfet en septième année.

Les autres membres de l'équipe se dispersèrent autour du lit du blessé, après tout, personne d'autre n'était là pour Potter et la discussion allait sûrement durer un moment. Autant se mettre à l'aise. Draco fit quelques pas hésitant puis finit par prendre le fauteuil le plus proche d'Harry et croisa les bras sur le matelas, près de la main gauche du Survivant.

À l'intérieur du bureau de l'infirmière, les deux étudiants vert et argent étaient installés sur les sièges du bureau, face à Poppy. Celle-ci les dévisagea avec sérieux avant de soupirer.

« Que voulez-vous savoir ?

_ Ses problèmes de santé.

_ Je ne m'en serais pas doutée.. rumina la vieille femme. Des précisions seraient les bienvenues puisque au cas où vous n'auriez pas remarqué, Mr Potter est un patient récurrent à l'aile de l'infirmerie.

Un bref sourire passa sur le visage de Miles au ton cynique qu'avait pris la vieille femme mais il se reprit aussitôt.

_ Le bilan des blessures qu'il s'est fait, hors cadre scolaire. Je vais bientôt commencer ma formation auprès de vous madame, je finirais de toute façon par connaître le dossier de Potter.

Poppy prit une lente expiration et commença à fouiller dans son bureau pour trouver le dossier Potter. C'était un dossier assez volumineux qui était divisé en plusieurs parties. Elle fouilla dans la pochette et prit plusieurs feuilles dont une qu'elle tendit à Miles. C'était un duplicata elle gardait toujours les exemplaires originaux dans un compartiment secret de sa malle. Marcus se pencha vers lui et tous deux décryptèrent le jargon médical qui encombrait le parchemin. Les yeux des deux garçons s'étrécirent en comptant le nombre de blessures qui s'étaient guéries d'elles-même ou qui n'étaient même pas encore totalement guéries ( ainsi que celles que la femme avait déjà traité ). Puis Poppy tendit un autre rouleau de parchemin où elle avait noté certaines de ses observations.

''Patient sujet aux crises d'angoisse répétées et victime de terreurs nocturnes […] Malnutrition, carences, nombreux signes de maltraitances [ …]''

Lorsque Miles releva les yeux, ils étaient remplis d'incompréhension.

_ Madame Pomfresh, je comprends que vous soyez tenue au secret médical mais lorsqu'il s'agit de maltraitance et de la sécurité d'un élève -

_ Malheureusement Mr Bletchley vous savez aussi bien que ce n'est pas aussi simple. Il y a d'autres facteurs à prendre en compte, répondit-elle amèrement alors qu'elle faisait le ménage sur son bureau. Et ces facteurs sont -

Elle ne termina pas sa phrase, la réponse vint d'elle-même sous la forme du directeur qui venait de passer les portes de l'infirmerie.

_ Oh non, je n'avais vraiment pas besoin de cela. Gronda-t-elle doucement.

Miles plissa les yeux lorsque le directeur entra dans le bureau sans y avoir été invité. D'un geste de baguette discret, Miles fit rétrécir les quelques documents qu'il avait en main et les rangea dans sa poche. Il devrait s'assurer de ne pas les perdre et il savait que Poppy avait assez confiance en lui pour le laisser emprunter des dossiers afin de mieux les étudier.

_ Poppy, la héla Albus. J'ai entendu dire qu'il y avait un problème avec Harry.

Cette fois-ci, les deux garçons échangèrent un regard suspicieux. Certes, il était possible que le directeur ait entendu parlé de cela à cause des bruits de couloir mais le vieil homme quittait rarement son bureau et certainement pas en pleine journée. Le vieux avait de toute évidence un moyen de savoir ce qui se passait avec son précieux Golden Boy. Les tableaux ? .. pas sûr.

Poppy fronça les sourcils, ayant elle-même les mêmes hypothèses depuis un sacré moment déjà.

_ En effet, Albus. Monsieur Potter a fait une mauvaise rencontre avec un épouvantard dans l'ancienne salle de DCFM.

_ Que faisait-il dans cette salle ? Demanda le directeur en jetant un regard suspicieux aux deux Serpentards toujours assis.

_ Il suffit Albus. Ces jeunes gens ont été assez bons pour amener ici monsieur Potter. Claqua l'infirmière.

_ Bien sûr, Poppy, bien sûr.

Mais l'on voyait bien que cela l'agaçait.

_ Directeur je crois que nous devons parler, fit Poppy, avec un regard appuyé aux deux étudiants.

Ceux-ci comprirent l'ordre muet et quittèrent le bureau sans se faire prier, rejoignant leurs camarades devant le lit du patient – qui aurait bientôt une plaque à son nom si cela continuait.

Albus se mordit presque la lèvre lorsqu'il entendit le ''directeur'' froid et véhément de l'infirmière. Poppy était souvent impétueuse lorsqu'il s'agissait de la santé de ses élèves et il était clair qu'elle avait fini par s'attacher à l'un de ses patients récurrent. Et même Albus avait parfois peur d'affronter la jeune femme ( jeune par rapport à lui ).

Miles et Marcus quittèrent le bureau à reculons, curieux de connaître la conversation qui allait se dérouler dans le bureau. C'est pourquoi ils étaient particulièrement heureux d'être à Serpentard ils n'éprouvaient aucun remord à épier une conversation à l'aide d'un sortilège d'espionnage. Et c'est pourquoi on retrouva tous les membres de l'équipe, planqués autour du lit d'Harry afin d'écouter.

« Je vous avais dit de ne pas renvoyer cet enfant là-bas. Mais vous comme d'habitude vous n'en avez fait qu'à votre tête. Quand comprendrez-vous Albus ? Tempêta l'infirmière. Ces gens là ne sont pas bons pour Mr Potter. L'épouvantard a pris la forme de son oncle. De son oncle ! Je vous avais prévenu.

_ Mais les protections de sang -

_ Il suffit ! Je n'ai que faire de ce prétexte. Vous et moi savons parfaitement que pour que protection de sang il y ait, Mr Potter doit se sentir heureux et en sécurité et n'allez même pas essayer de me faire croire que c'est le cas ! Siffla la vieille femme.

_ Wah, elle en a la vieille, souffla Warrington, émerveillé par le cran de l'infirmière.

_ Ne la laisse pas t'entendre dire ça. Lui conseilla Miles. En même temps, elle n'est pas surnommée ''Dragon'' pour rien.

_ Monsieur Potter ne retournera pas là-bas. Je le suis depuis des années et j'ai accepté de garder le silence pendant tout ce temps parce qu'il me suppliait mais ce qui s'est passé l'été dernier est allé trop loin. »

Miles et Marcus échangèrent un regard. Ils n'avaient aucune idée de ce qu'il s'était passé puisque Poppy ne leur avait donné que certaines informations mais vu qu'elles n'étaient déjà pas très jolies.. Miles ne pouvait que se demander s'il souhaitait réellement savoir.

_ Vous allez perdre le soutien des médicomages Albus. Décidez-vous.

Il y eut un silence. Puis un soupir.

_ Je suis désolé Poppy, mais c'est pour le plus grand bien.

_ Au diable votre plus grand bien directeur, ressaisissez-vous ! Je me moque du plus grand bien, ma priorité a toujours été le bien de mes patients. Claqua-t-elle en lui faisant signe de quitter son bureau.

Le vieil homme poussa un profond soupir navré, comme s'il portait le poids du monde sur ses épaules, et se laissa redirigé par l'infirmière. Ses pieds s'arrêtèrent à proximité du lit d'Harry et il se permit un haussement de sourcil en voyant tous les Serpentards entassés là.

« Messieurs, puis-je m'enquérir sur la raison de votre présence ici ? »

Vraiment, Miles se demanda comment Flint parvint à étouffer le ricanement qui menaçait de franchir la barrière de ses lèvres.

_ Nous sommes des personnes responsables monsieur le directeur. Répondit Cassius Montague. Nous attendons que Potter se réveille.

_ Peut-être serait-il mieux que vous alliez l'attendre dehors ? Je doute que Mr Potter soit enclin à -

_ Albus je crois que vous avez encore de la paperasse à faire, il me semble ? Le pressa Poppy, le regard noir.

Le susnommé frissonna et acquiesça.

_ Oui, oui tout-à-fait. Bien, bonne journée.

Lorsqu'elle fut sûr que le directeur était définitivement parti, Poppy retourna à son bureau et laissa les garçons s'exciter tous seuls. Quand ils furent sûr que chacun était retourné à ses affaires, les vert et argents échangèrent un regard complice :

« Et bien, le vieux avait pas l'air content. »

Harry s'agita à nouveau dans son sommeil et se retourna. Un gémissement douloureux passa la barrière de ses lèvres à ce mouvement et Mrs Pomfresh accourut jusqu'à son patient. D'un léger sort de lévitation, elle le fit redresser.

_ Messieurs, je vais vous demander de reculer.

Haussant un sourcil, les garçons s'exécutèrent, hormis Miles qui prétexta un apprentissage précoce pour rester de l'autre côté d'Harry. Draco se mordit les lèvres et essaya de ne pas regarder le Gryffondor inconscient.

« Monsieur Flint, pouvez-vous fermer le rideau je vous prie ? Il n'y a pas besoin de faire de ceci un spectacle. »

Marcus acquiesça et fit ce que lui avait demandé la vieille femme. Elle était trop effrayante pour ne serait-ce que songer à désobéir et de toute façon, où était le point ? La vieille médicomage fit ouvrir la chemise du jeune garçon. Elle ne voulait pas vraiment que d'autres voient ses marques mais elle connaissait les Serpentards présents ici, elle savait qu'ils ne feraient rien de mal et, au contraire, elle avait la conviction que cela pourrait peut-être aider le jeune serpent déguisé en lion. De toute façon il n'y avait pas d'autre façon que de retirer la chemise et elle savait d'ores et déjà que si elle avait viré les verts et argents, Miles leur aurait raconté. Au moins à eux, même si juste à eux.

Marcus vit Miles pâlir alors que celui-ci inspectait le dos du Survivant endormi. S'il n'avait pas été tout-à-coup absorbé par le torse du petit lion, il se serait peut-être posé des questions. Mais il était plus intéressé par les marques qu'il voyait que par celles que son camarade et ami pouvait admirer.

Draco haleta. Le torse pâle et maigre du garçon face à lui était recouvert d'ecchymoses. Pourtant, ça n'avait pas de sens, même s'il était clair qu'il était abusé, les marques auraient du disparaître puisque l'autre garçon n'était pas rentré chez lui pour Yule. Pourtant, elles n'avaient pas disparu. Elles étaient toujours là, contrastant avec la pâleur maladive du petit brun. Les entailles laissées par un objet contondant – qui n'était certainement pas une baguette_, parsemait la peau un peu partout et de vieilles cicatrices complétaient le tableau. C'était un peu triste en fait, de constater qu'un camarade de classe avait plus de cicatrices qu'un vétéran de guerre et ce pour la simple et bonne raison qu'il était maltraité par des moldus. Lui ne voyait pas Miles grimacer en regardant le dos de Potter... Harry. Il ne voyait que son ancienne Némésis, flottant dans ses vêtements trop larges pour lui. Il ne voyait que les marques. Un sale moldu avait osé toucher le garçon.. Draco sentit son sang bouillir dans ses veines. Ça ne se passerait pas comme ça. Il allait détruire la vie de ce type. Quoique.. à en juger par le regard meurtrier de Bletchley, quelqu'un allait peut-être s'en charger avant lui. Ce serait peut-être mieux d'ailleurs.. la famille Bletchley était connue pour sa neutralité. Si Vous-Savez-Qui revenait, Draco ne voulait pas apporter de problèmes à son père.

Monsieur Malfoy avait fait beaucoup de mauvais choix dans la vie, et il en ferait certainement encore beaucoup, mais il avait toujours eu deux raisons qui l'avaient poussé à faire ce qu'il avait fait. La première de ces choses était le pouvoir. Quand il était plus jeune, tout juste diplômé de Poudlard, il avait été mis en relation avec un homme influent. Un homme qui se faisait déjà connaître comme Lord Voldemort. Cela lui avait tout de suite plu. Lucius était malgré ses dires un jeune homme très influençable. La simple mention du Pouvoir l'avait influencé et il avait été aisé pour le grand sorcier noir de manipuler le sorcier fraîchement diplômé. Lucius Malfoy avait été et serait à nouveau, sa plus grosse source financière. Même dans son état actuel, Voldemort commençait à faire bouger ses pions et à élaborer des stratégies. Il attendrait un peu avant de faire bouger les choses. Il laisserait le doute s'installer et la peur distiller leurs sens. Il commencerait avec des attaques sur des territoires moldus. Les sorciers seront trop stupides pour faire le rapprochement. Il suffirait de mettre sous imperium des terroristes, pas besoin de payer pour cela. Il devra aussi entrer en contact avec d'anciens associés. Ah, et il y avait ce gars, l'un de ses meilleurs hommes. Antonin Dolohov. Il était très jeune à l'époque. Il devait avoir tout juste dix-sept ans lorsqu'il était entré sous ses ordres et malheureusement, Voldemort avait ''explosé'' en fumée à peine un an plus tard, néanmoins, le jeune russe était d'une puissance effroyable et d'une efficacité incomparable. C'était un tel dommage qu'il n'ait pu le marquer comme l'un des siens. L'homme appartenait déjà à une autre organisation. En temps normal, ce l'aurait mis dans une rage folle mais Dolohov était très utile à Voldemort aussi lui avait-il permis quelques petits privilèges.


« Draco ? »

Draco sursauta. Il était tellement pris dans ses pensées concernant le futur incertain et les futurs choix de son père ( et les siens aussi d'ailleurs ), qu'il n'avait pas entendu Miles l'appeler à plusieurs reprises.

_ Oui ?

_ On va manger. Tu viens avec nous ?

Draco le fixa plusieurs minutes sans rien dire, puis détourner les yeux pour regarder la frêle silhouette endormie du Survivant.

_ Allez-y sans moi. Je vais rester ici.

Miles lui lança un regard sympathique et acquiesça.

_ 'Kay. On te ramènera quelque chose.

Draco ne répondit pas. Il n'en avait pas besoin. La majorité des Serpentards avai(en)t appris à regarder au-delà des apparences. Du moins avec les autres Serpentard, songea sombrement le blondinet en gardant les yeux rivés sur Harry. Visiblement, ils avaient échoué avec les autres. D'ailleurs, peut-être n'avait-il pas tout-à-fait réussi non plus avec les autres Serpentards. Après tout, qui aurait pu croire que se cachait un joyeux garçon sous l'étonnante couche d'impassibilité de Theodore Nott jr ? Personne. Et surtout pas eux. Pourtant, c'était bien le cas. Depuis que l'Héritier Nott ( le fils aîné avait été désavoué à cause de son comportement et de ses nombreuses frasques qui se retrouvaient fichées dans le journal ) batifolait (NdA : C'est Draco qui a dit ce mot ! Pas moi !) avec le Cascadeur Immortel, le jeune homme froid et renfermé laissait souvent libre-cours à ses pensées et se montrait moins réservé et davantage... puéril et enfantin. Il avait même tiré la langue à des aînés qui se plaignaient d'être célibataires ! Enfin, c'était un bon changement. Ils n'avaient pas à s'en plaindre. Ce dont ils se plaignaient à présent était la soudaine proximité entre lui et les jumeaux Weasley. Des rumeurs couraient sur l'association entre ces trois-là. On disait que Nott les aidaient à présent avec certaines de leurs farces. Au début ils n'y avaient pas cru. Puis un matin ils avaient découvert leur salle commune décorée tout en rose. Et Draco avait crié sur Nott, outré. Mais Theo avait nié, prétextant que lui aussi vivait ici et ne voulait pas se réveiller chaque matin avec cette horrible couleur qui lui agressait la rétine. Puis finalement il avait décrété que ça lui donnait l'occasion et la bonne excuse pour aller voir Skull et de les laisser se ''débrouiller avec ça, bonne chance''.

Draco soupira et posa sa tête sur ses bras croisés qui reposaient sur le matelas. Potter n'allait sûrement pas se réveiller tout de suite et lui était épuisé. Il pourrait peut-être se permettre un petit repos.. quelques minutes.. pas grand chose. Sa tête glissa et il s'endormit quelques minutes plus tard.

Quand Harry commença à s'éveiller lentement, la première chose qu'il nota fut le silence. Cela n'était pas étonnant en soit puisqu'il était à peu près sûr d'être dans une infirmerie. Néanmoins, il était certain d'avoir entendu du bruit plus tôt lorsqu'il était dans un semi état de conscience. Du bruit et des chuchotements. En essayant de se remémorer la raison de sa présence à l'infirmerie, Harry se souvint de la scène dans l'ancienne salle de classe et son pouls s'accéléra. Pourtant, étrangement, il se calma presque aussitôt. Son visage se détendit, son cœur reprit un rythme normal et l'une de ses mains serrait quelque chose de chaud. Se forçant à ouvrir les paupières, ses yeux papillonnèrent à la soudaine lumière et la Paresse lui promit tranquillité s'il gardait les yeux fermés un peu plus longtemps. Harry finit cependant par se réveiller complètement, curieux de voir qui était à ses côtés. Il doutait que ce soit Hermione et Ron, ceux-ci étaient davantage bruyant et – heep !

Harry se redressa lentement. Ça n'était pas réel. Pas réel du tout. Les cheveux blonds l'interpellèrent immédiatement et lui prouvèrent qu'il ne s'agissait pas de ses meilleurs amis. Mais... sérieusement.. pourquoi Malfoy, de tous les hommes ( garçons!) serait resté à son chevet , ça ne pouvait pas être... il ne pouvait pas connaître son plus grand secret.. pas vrai ?


Le jet avait atterrit il y a plusieurs minutes déjà et la Dixième Génération était surpassée en nombre par la quantité d'ennemis qui se jetaient sur eux. La Varia était partie vers le Sud pour contrôler la masse grouillante d'attaquant mais Tsuna et ses amis avaient du mal à se frayer un chemin vers l'entrée du Manoir. Mordvinov lui avait téléphoné durant le trajet en avion pour le prévenir de l'arrivée d'un de leurs hommes au Manoir Vongola donc Tsuna devrait se montrer prudent pour reconnaître leur allié. Il reconnut au loin le visage arrondi de Naito Longchamp et – dans une autre situation_, se serait demandé s'il s'agissait vraiment d'une aide. Un couteau le frôla et il dut faire un flip pour en éviter un autre. Cependant, ce n'est pas un couteau qui fit couler les premières gouttes de sang chez Tsuna. Ce fut un Senbon lancé à toute allure. Le sang roula sur sa joue et sa langue goûta au liquide carmin mais l'arme ne semblait pas être empoisonné et Tsuna ne perdit pas de temps à tester les premiers symptômes. Du coin de l'oeil, il avisa Hayato, lequel était aux prises avec plusieurs hommes afin de sauver sa [demi-] sœur aînée. Au moins, il semblait y avoir un point positif dans tout cela Hayato avait surmonté l'une de ses plus grandes craintes. Son hyper-intuition le força à reculer et un frisson le traversa, mais il n'avait pas le temps d'avoir peur. Des vies étaient en jeu et des vies avaient déjà basculé de l'autre côté. Une lame aiguisée fit une courte entaille peu profonde au niveau de sa nuque et il jura faiblement avant d'envoyer un coup de poing enflammé dans l'un des hommes qui essayaient de l'atteindre. Un éclat argenté lui fit lever les yeux et il se tourna juste à temps pour avertir son ami :

« TAKESHI ATTENTION ! »

Son attention à lui fut détournée lorsqu'il se retrouva projeté sur plusieurs mètres mais il put tout de même apercevoir son gardien de la pluie se déplacer juste à temps. La lame laissa une coupe assez profonde sur son menton mais l'épéiste s'en sortait on ne peut mieux. Sonné, Tsuna se redressa à temps pour esquiver un coup de pied dans le ventre et plongea en avant pour tacler l'homme devant lui.

Soudain, un tremblement agita le sol sous eux et une vague de chaleur se déversa sur les Vongola. C'était le pouvoir de Fran, ce dernier venant tout juste de l'activer. Tsuna ne pouvait se permettre de détourner son attention de ses nombreux adversaires mais il savait déjà que la jeune recrue de la Varia devait user d'illusions de haut niveau pour prendre au piège les hommes qui attaquaient le manoir. Il pouvait sentir la puissance du plus jeune et, si son pouvoir faisait frissonner de peur et de froid leurs ennemis, ils enveloppait les Vongola et les alliés dans un cocon de chaleur bienvenue.

Tsuna serra les poings lorsqu'un des domestiques armés, se prit deux balles dans le ventre et cessa de respirer. Des larmes dévalèrent sur ses joues devant la cruauté à laquelle il – non, ils faisaient face. Il savait que la Pègre n'était pas un monde tout beau, tout rose, raison pour laquelle il avait au début refusé d'en faire parti, et il savait que la Varia aussi se montrait cruelle et sanguinaire, mais ils faisaient partis de la Famiglia et tous avaient leurs défauts. Mais eux, ces gens qui étaient venus et empiétaient ainsi sur leur territoire, qui attaquaient sans concession le Manoir Vongola, qui tiraient sur tout ce qui bougeait... non, Tsuna ne pardonnerait pas. Jamais.

Antonin dévalait les escaliers, l'enfant Futa toujours dans ses bras. Il avait été contraint de prendre des raccourcis rallongés afin d'éviter certaines personnes particulièrement armées et certains couloirs ou escaliers étaient trop endommagés pour être utilisables. Alors qu'il courait, son regard dériva brièvement vers le mur en parti détruit du manoir, le laissant voir l'extérieur. Comme il l'avait deviné, les combats continuaient dehors.

« Oï ! Il a l'enfant ! »

Anton jura et accéléra. Les trois Famiglia n'étaient pas venues ici pour cela, mais quand elles avaient appris que le Prince des classements étaient là, ils en avaient profité. Au loin, il vit un éclat oranger et reconnut l'Héritier Vongola, planant dans les airs et encerclé par les ennemis qui le surpassait en nombre. Ainsi donc la dixième génération était arrivée. Cela voulait donc dire qu'il y avait aussi -

« VOOOOOIIIII ! ! ! »

Antonin s'arrêta brusquement lorsqu'une silhouette argentée surgit devant lui et trancha un homme qui venait d'apparaître subitement. Un sorcier de toute évidence. La silhouette bruyante se retourna vers lui et Antonin reconnut le commandant Superbi Squalo, bras-droit du chef de l'escouade d'élite d'assassinat des Vongola, la Varia Quality.

_ VOI c'est toi le Mordvinov ?

_ En effet. Répondit Anton en tirant son arme pour abattre un nouvel arrivant.

Squalo haussa un sourcil intéressé mais ne commenta pas et pointa du doigt un long corridor étroit.

_ Les civils sont cachés dans l'une des salles là-bas. Il faut les emmener dans les souterrains.

_ Compris.

Simple. Clair. Précis. Les deux hommes se détournèrent et, tandis que l'épéiste partait traquer les plus courageux qui avaient osé s'aventurer à l'intérieur du château, le russe obéit docilement à la requête. Trouver la salle ne fut pas si compliqué en fait, surtout depuis que Levi et Squalo tranchaient/électrocutaient tous ceux qui se dressait sur son chemin et Antonin n'eut aucun mal à entrer puisque Futa était avec lui. À l'intérieur de la pièce se trouvaient tous les domestiques qui n'avaient aucune formation en combat ainsi que les quelques enfants desdits domestiques, qui logeaient temporairement au manoir et étaient présents lorsque l'alarme avait retenti. Antonin ne se perdit pas en salutation et guida rapidement les civils de pièces en pièces, ne se rendant jamais dans les couloirs. Il dut abattre deux hommes qui avaient pu se rendre dans l'une des chambres du rez-de-chaussée et détaillaient les bijoux qui ornaient la pièce. Ils ne pourraient plus voler. Pas qu'ils puissent même encore respirer cela dit.

Lorsqu'ils étaient arrivés dans la dernière pièce, Antonin ouvrit doucement la porte et sortit le premier, prêt à tirer à la première occasion. Mais il n'y avait personne. Il avisa le tableau géant qui gardait l'entrée des souterrains puis fit signe aux civils de se dépêcher et d'avancer. Il déposa Futa, lequel connaissait le code et rechargea ses armes. Grand bien lui en prit car, quelques secondes plus tard, un homme tourna à l'angle et les aperçut. Il n'eut pas le temps de crier. Une balle se logea dans son cœur tandis qu'un couteau volait dans sa gorge. Le ''Ushishishi'' qui résonna entre les quatre murs l'informa de l'identité du propriétaire du couteau et Antonin secoua la tête avant de reculer de quelques pas, s'apprêtant à suivre les civils. Il tira à deux reprises lorsqu'il avisa un homme armé d'une baguette. Bon sang, pourquoi fallait-il que les sorciers s'allient à eux ? .. Erm.. lui aussi était un sorcier, mais lui était cependant un allié des Vongola. Un bref soupir de soulagement quitta ses lèvres lorsqu'un 'clic' retentit et qu'il vit Futa entrer en premier dans les souterrains, une lampe torche à la main. Les autres civils s'empressèrent de suivre, et Antonin leur emboîta le pas, ne pouvant les laisser seuls et sans armes au cas où un autre trouverait la cachette. Futa alluma la lampe de poche et avança à petit pas dans les tunnels du manoir. Il avait peur. Il n'aimait pas le noir. Ça lui faisait vraiment peur en fait. Une grande main se posa sur son épaule et il sursauta, pointant la lumière sur le visage de l'inconnu. Celui-ci grimaça brièvement lorsqu'un flash de lumière l'obligea à fermer les yeux mais il sentit le plus petit se détendre et rouvrit les yeux. Futa adressa un sourire penaud à son sauveur et lui attrapa finalement la main pour le guider alors que le tableau se refermait derrière eux.

Belphegor riait comme un psychopathe en lançant son argenterie à quiconque n'était pas un Vongola ou un allié. Du coin de l'oeil il avisa un garçon qui s'il se souvenait bien s'appelait Aoba-quelque-chose et en déduisit donc que les Shimon étaient finalement arrivés. Son hypothèse se révéla fort juste lorsque la gravité changea brusquement et qu'il fut emporté vers le boss des Shimon. Il ne fut rattrapé que grâce aux pouvoirs conjoints de Mammon et Fran, lequel avait une méchante entaille sur le front. Le sourire de Bel se figea et ses yeux prirent une teinte sombre bien que seul Fran le remarqua.

« Qui t'a fait ça, Fran ? »

Fran n'eut pas l'occasion de répondre. Un cri déchira l'air et tout bruit cessa un instant. Tous levèrent les yeux pour voir un de leur précieux petit-frère être foudroyé dans les airs et chuter à une vitesse vertigineuse.

« TSUNA ! »


Reborn était... furieux. Furieux dans le genre... vraiment furieux. Lui et les autres anciens arcobaleno avaient quitté Poudlard plusieurs jours plus tôt parce qu'ils avaient tous été appelés sur différentes missions importantes qui ne pouvaient attendre. Et c'est vrai, elles ne pouvaient attendre. Cependant, ils avaient baissé leurs gardes. Ils n'auraient jamais cru à un tel piège. Et quand ils étaient rentrés – c'est à dire une quinzaine de minutes plus tôt_, c'était pour entendre parler de l'attaque et du départ des 'étudiants' Vongola. Il avait été tellement idiot. Il aurait du voir quelque chose. Le fait même que tous les arcobaleno aient été appelés en même temps sur des missions différentes sans qu'il n'y ait un quelconque rapport de près ou de loin à la Tri-ni-sette était étrange. Alors même que Fon recueillait des informations au téléphone grâce à ses contacts pour découvrir les instigateurs de cette sinistre nouvelle, le tueur à gage au fédorat rangea son téléphone et donna les dernières nouvelles à ses collègues. Tout le monde les fixait et c'était normal en fait, considérant le fait que c'était eux qui étaient en possession des dernières nouvelles et qu'ils avaient sans doute des informations plus précises concernant l'attaque, contrairement à la Gazette du Sorcier, qui ne pouvait que se contenter de ce qu'ils voyaient de loin et de quelques sortilèges bien placés. Albus leur lança un regard désolé auquel Reborn ne prit pas la peine de répondre.

« Des nouvelles ? » Demanda le vieil homme.

Reborn renifla.

_ Pas grand chose. Il y a déjà eu beaucoup de morts, principalement les domestiques qui n'avaient qu'une faible formation en défense et une explosion a causé de gros dégâts près du manoir.

Quelques hoquets résonnèrent mais Reborn n'en tint pas compte.

_ Et les.. les étudiants ?

_ La Varia va bien. Je n'ai pas de nouvelle de Tsuna et des autres mais je sais que certains ont été blessés et que les Shimon viennent tout juste d'arriver pour les aider.

Reborn se détourna sans plus de cérémonie et quitta le château avec les autres anciens arcobaleno. Verde ne tarda pas à les guider vers une sorte d'hélicoptère de sa propre invention, disant qu'ils arriveraient bien plus rapidement au manoir sicilien.

Et c'était vrai, ils ne mirent qu'une heure et demi ( ce qui en soit était censé être impossible mais bon, impossible n'est pas Reborn ) pour arriver en Sicile et trouver le château ne fut pas compliqué. Ils traversèrent le village italien qui se situait à moins d'un kilomètre du château pour découvrir qu'il n'y avait pas âme qui vive en dehors du bar du village qui était ouvert et semblait débordé. Tous devaient s'être réfugiés pour échapper au bruit d'armes à feu et d'explosifs. Après tout, les Vongola protégeaient le territoire depuis des siècles et c'était la première fois depuis un bon moment qu'ils subissaient une attaque d'une telle envergure. Les villageois avaient bien fait de se cacher, ils n'avaient rien pour lutter contre les étrangers. Environ trois cents mètres avant le château, il y avait déjà des débris et des cadavres. Les cadavres des hommes qui gardaient l'entrée du manoir. Puis les cadavres s'empilaient presque une fois à l'intérieur du domaine. Reborn était habitué à ce genre de vision, mais, pour la première fois depuis un long moment, il avait peur de reconnaître un visage. Apprendre la mort du Neuvième était déjà extrêmement choquant alors ne pas savoir si son élève et ses gardiens étaient toujours en vie.. n'était guère mieux. Reborn pressa le pas lorsqu'il entendit les bruits de coups de feu. Il dégaina et tira trois coups secs lorsqu'il avisa des Veleno qui traînaient devant. Les Veleno... ces enfoirés. Les Sempreverde n'étaient pas mieux. Reborn se ferait un plaisir de leur faire payer.


Cédric se sentait... angoissé. Tout s'enchaîna avec une telle rapidité ! Tout d'abord, à quelques jours de la dernière épreuve, Tsuna et l'ensemble des Vongola quittaient l'école parce que leur maison avait été ATTAQUÉE. Les nouvelles qu'ils recevaient du Grimoire des Vongola et des journaux sorciers n'étaient pas très rassurantes. Ensuite, il avait eu vent d'un incident au sein de l'école : Harry Potter avait perdu connaissance et avait été porté à l'infirmerie par des SERPENTARDS. Depuis, les rumeurs les plus folles couraient. On disait que le Gryffondor avait eu une mauvaise rencontre avec un Epouvantard et, si au début Cédric n'y croyait pas – après tout, Potter.. Harry avait déjà appris à se défendre contre son épouvantard, un Détraqueur s'il se souvenait bien_, il devait admettre que c'était l'hypothèse la plus juste. Après tout, si les Serpentards lui avaient fait quelque chose, ils n'auraient certainement pas pris la peine de l'emmener à l'infirmerie, non ? Depuis, il n'avait pas aperçu l'autre Champion de Poudlard. Pourtant, il avait eu l'occasion de croiser à plusieurs reprises les élèves de Durmstrang et Beaux-Bâtons. Et pas une seule fois un élève de son école ?! C'était à n'y plus rien comprendre. Apparemment, Harry était encore à l'infirmerie. Il pouvait voir les deux amis de celui-ci dans la Grande Salle... Granger et Weasley. Les deux n'avaient pas grand appétit et discutaient avec animation d'un sujet inconnu. Probablement d'Harry. Les jumeaux Weasley venaient d'y mettre leur grain de sel et ajoutaient des informations au fil des minutes, faisant pâlir les deux plus jeunes. Cédric était trop loin pour les entendre, mais il devinait que les nouvelles informations ne devaient pas être bonnes.

Enfin, les adultes Vongola avaient fait un passage éclair au château, où ils avaient appris pour l'attaque et la mort du Neuvième. Ils avaient également informé le directeur – et donc les étudiants puisque ceux-ci étaient présents au niveau des faits_, que les missions qu'ils avaient reçu avaient servi à détourner leur attention des jeunes Vongola. Cédric n'était pas très rassuré par les informations et, les rares informations et photographies qu'il avait pu glaner sur l'attaque ne le rassurait pas des masses. Avec un soupir, il rangea son journal sous son oreiller et s'assit sur son matelas en se massant les tempes. Quand est-ce que sa vie était-elle devenue si compliquée ? Il était un Poufsouffle ? Il était exactement comme l'on décrivait les Poufsouffles : fidèle, travailleur acharné, et zen. Il prenait la vie calmement, savait profiter de sa jeunesse et de son adolescence. Il ne se posait pas trop de question – enfin si quand même un peu mais pas trop. Il était bon élève mais pas non plus un rat de bibliothèque. Il avait une petite-copine même s'il ne semblait pas insensible aux charmes de certains mâles du château et avait des amis sur qui il pouvait compter. Ah, et il avait couché avec Marcus Flint ! Bien... ça s'était passé lors d'une soirée trop arrosée et il s'était disputé avec Cho, mais ça comptait tout de même !

Le lendemain matin, alors que Cédric prenait son petit-déjeuner tout comme beaucoup d'élèves, l'infirmière passa les portes de la Grande Salle aux côtés d'un homme en blouse blanche d'une trentaine d'années ou un peu moins. Un médicomage de Ste Mangouste. Le Poufsouffle fronça les sourcils.

« Cu Crois qu'il ch'est passé quelque choge ? » Demanda Kalid à côté de lui, la bouche pleine de sa tartine de chocolat.

Cédric haussa les épaules il n'en avait aucune idée. Il se passait beaucoup trop de choses ces derniers temps et il ne savait plus où donner de la tête. En levant les yeux vers la table professorale, il vit le directeur Dumbledore froncer les sourcils, l'air contrarié et déçu. . . . Heh ?

« Poppy, fit celui-ci. Je vois que tu as amené ton ami.

_ Je vous avais dit que je ne laisserai pas une telle chose ainsi, Albus. Déclara froidement la vieille femme.

_ Je vois. soupira le grand sorcier en secouant doucement la tête. Je vous prie de nous excuser monsieur.. ?

_ Silver, directeur.

_ Monsieur Silver, acquiesça Dumbledore. Il semblerait que nous vous ayons dérangé pour rien. Notre problème ne nécessite pas de -

_ Il suffit Albus ! Claqua Poppy avant de balayer la salle du regard, notant le nombre de regards curieux qu'ils recevaient. Ce n'est ni le lieu ni le moment d'en parler mais sachez que vous n'avez rien à dire à ce sujet.

_ C'est exact, approuva le médicomage – Silver. Je ne suis pas sous votre direction et j'ai été invitée par une consœur pour examiner un patient. Vous ne pouvez rien faire contre cela. Si vous vous obstinez, je serai contraint de rapporter une entrave à l'enquête aux aurors qui attendent mon rapport. »

Le directeur pâlit mais les étudiants ne comprenaient pas. Que se passait-il ? Pourquoi tout ce raffut ? Le directeur avait-il fait quelque chose ? Et... qui était ce patient ? Il n'y avait pas grand-monde dans l'infirmerie bien qu'il y ait eu quelques incidents ces derniers jours donc cela pourrait être n'importe qui mais... il y avait de plus fortes chances que cela concerne... quelqu'un en particulier.

_ Une enquête ?

_ Oui, une source est venue nous avertir de l'incident et a parlé aux aurors. Une enquête vient d'être ouverte. J'espère que vous ne nous empêcherez pas de faire mon travail, monsieur le directeur.

Il y avait du venin dans la voix du médicomage et une petite lueur de défi dans ses yeux, qui firent renifler Severus. Il se souvenait de Silver. Johannrès. Il avait quelques années de moins que lui et les maraudeurs. Silver était en troisième année lorsqu'il avait été diplômé de Poudlard et il avait commencé à enseigner les potions durant la dernière année du Serdaigle. Severus s'était toujours demandé pourquoi le jeune homme n'était pas allé à Serpentard. Un tel esprit retord.. du gâchis, vraiment. Maintenant cela le perturbait. Sur quel sujet Poppy avait-elle donc pu tomber en désaccord avec le directeur ? Leurs disputes n'étaient pas rares, mais pour qu'ils en arrivent à une telle situation ou la vieille femme défiait ouvertement le directeur.. cela devait être quelque chose. Et le fait que Silver se soit déplacé en personne ne démentait pas ses hypothèses.

La voix des jumeaux Weasley le sortit de ses pensées et il leva les yeux pour voir ceux-ci levés, encadrant le plus jeune garçon Weasley et la jeune Granger. À côté de ceux-ci se tenaient courageusement Finnigan, Thomas et Londubat.

« Peut-on aller l'voir m'dame ? » demandèrent en chœur les deux rouquins identiques.

Severus fronça les sourcils. Pas de Potter en vue... ah. Voilà la solution. Un soupir quitta ses lèvres. Comment pouvait-il protéger Potter si celui-ci se mettait toujours dans des situations pas possible. N'ayant pas quitté son laboratoire depuis la fin des cours la veille, Severus n'était pas au courant des dernières rumeurs et il secoua la tête avec agacement. Potter ne changerait donc jamais ? Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi Gryffondoresque ?

_ Non messieurs Weasley. Nous devons d'abord lui faire passer plusieurs examens.

_ Quand pourrons-nous le voir ? Insistèrent-ils.

Madame Pomfresh soupira, sachant qu'ils ne lâcheraient pas l'affaire.

_ Passez demain matin. Je doute qu'il sera réveillé mais nous verrons bien.

Les jumeaux acquiescèrent et se rassirent en silence, aussitôt imités par les autres Gryffondors, bien que Granger, Weasley et Londubat soient beaucoup plus pâles depuis la mention ''d'examens''.

« Nous sommes seulement venus vous avertir Albus. Nous n'attendons aucune autorisation de votre part. » l'informa Poppy avant de se détourner pour quitter la salle avec son confrère.

Dès qu'ils eurent quitté la grande salle, Poppy les dirigea jusqu'à l'infirmerie où ils se posèrent en aménageant la salle. Miles Bletchley avait fait du très bon travail. Il avait appelé ses parents dès qu'il en avait eu l'occasion. En fait, il avait d'abord appelé son frère qui était avocat et qui lui-même avait prévenu ses parents. Ceux-ci avaient ensuite parlé au chef des aurors et ordonné l'ouverture d'une enquête. On avait alors envoyé Johannrès Silver, un médicomage très compétent et de confiance il soignait les deux fils Miles depuis des années. Miles était le plus jeune. Son grand-frère Arès n'était pas trop occupé en ce moment. C'était une période relativement calme, lu qui était toujours très sollicité. Ça n'augurait rien de bon. Après tout, ne dit-on pas ''le calme avant la tempête'' ? Cela dit, pour le coup, le temps libre de son aîné l'arrangeait puisque celui-ci avait pu se rendre utile dans cette affaire. À présent, il fallait laisser le médicomage faire son travail.

Draco était bien pâle depuis sa place à la table des Serpentard. À n'en pas douter, cela avait à voir avec Potter. D'ailleurs, pourquoi était-il si préoccupé par le sort du Golden Boy au juste ?

Les paroles du Soleil des Vongola lui revinrent en pleine face ''Est-ce qu'il te plaît à l'extrême ?'' et le blondinet s'étrangla avec son jus de citrouille, devenant la cible de regards curieux en provenance de ses camarades serpents. Draco leur adressa un regard froid et retourna à son assiette, maugréant dans sa barbe :

« Merde Potter. »


Tsuna sentit son sang, le sien, couler le long de sa nuque et un frisson d'effroi le traversa. C'était un cauchemar...

« Ne, Decimo. Heureux de voir que vous vous portez comme un charme. »

Son souffle resta bloqué dans sa gorge. Ce n'était pas possible.

« Hum ? Pas de bonjour ? Je suis tellement vexé ? Nous qui avons fait tout ce chemin pour venir vous voir. »

Ils ne pouvaient pas être là. Ils ne devaient pas être là. Ça n'était qu'une illusion. Ils étaient tous dans les airs, mais Tsuna était encerclé. Par eux. Il avait espéré ne jamais les revoir. Visiblement, il avait du être damné dans une autre vie. La panique le gagna mais Tsuna se força à rester calme – au moins autant qu'il pouvait_, il ne devait pas se laisser gagner par la peur. Trop de vies étaient en jeu. Beaucoup trop. Ses traits se durcirent alors qu'il s'obligeait à rester concentrer. Il avait envie de pleurer, de crier et de se rouler en boule. Il voulait vraiment. Mais il ne pouvait pas. Pas maintenant. Bientôt, quand ce cauchemar serait enfin fini. Pour l'instant, il devait assurer la sécurité de sa famille. Toute sa famille. Trop étaient déjà tombés. Nono.. n'aurait pas voulu ça. Mais... pouvait-il vraiment se battre contre eux ? Ils l'avaient eu si facilement la première fois. Ils pourraient probablement recommencer. Tsuna avait vraiment peur. Ses mains tremblaient et il déglutit avec effroi. Un frisson le parcourut et le petit châtain sentit la sueur rouler le long de son dos, rendant ses vêtements collants alors qu'il dévisageait avec méfiance ses ennemis. Ils pouvaient attaquer n'importe quand. La flamme de Tsuna grandit sous la résolution qui se lisait dans son regard. Il ne les laisserait pas blesser ses précieuses personnes.

« Ne vous avisez pas de toucher à ma famille. » siffla-t-il d'une voix dangereusement basse.

Ce n'était plus le Tsuna habituel, le Tsuna craintif et timide. Ce n'était pas le Dame-Tsuna qui pouvait trébucher sur ses propres pieds. C'était le jeune Boss qui avait déjà tant vécu alors qu'il n'avait même pas encore reçu officiellement le titre de Vongola Decimo. C'était le jeune homme qui avait affronté la mort avec ses amis pour protéger les siens et pour faire face à un futur plus beau. Tsuna savait enfin qui il était. Il était Tsunayoshi ''Tsuna'' Sawada. Et il était l'Héritier des Vongola. Le Dixième Parrain des Vongola. Il avait déjà fait son choix lorsqu'ils avaient décidé de quitter Poudlard pour rejoindre les leurs. Ça n'était qu'un pas de plus vers leur Destin. Les flammes qui enveloppaient Tsuna étaient si pures que ses assaillants reculèrent sous la surprise. Ils pouvaient sentir la chaleur de là où ils se tenaient. La peur commença à s'insinuer en eux lorsqu'ils plongèrent dans le regard oranger du Vongola. Le son des pistolets ne les atteignaient même plus. ils étaient totalement pris au piège par le regard du châtain qu'ils avaient sous-estimé. La peur. Ils la ressentaient parfaitement. S'en prendre aux Vongola avait été une terrible erreur et ils allaient en payer le prix. Un soupir quitta les lèvres du sous-chef alors qu'il sortait un anneau de sa poche.

« Peu importe, le boss veut qu'on le fasse. Faisons-le. Désolé, Vongola. »

Tsuna n'attendit pas. Son cœur battait à un rythme effréné lorsqu'il fit un bond en arrière et évita une nouvelle charge. En quelques secondes, il parvint à assommer plusieurs hommes avant d'être rabattu au centre. Il maudit son manque de liberté. Il ne pouvait presque pas bouger. Par ailleurs, s'il esquivait, l'attaque fonderait sur Lambo et Hayato. Malheureusement, il avait beau être un puissant héritier, il n'était encore qu'un enfant et après avoir combattu pendant un moment, la force lui manquait. De même, il avait déjà utilisé une fois le X-Burner et se sentait à bout. Le monde magique l'avait vidé de ses forces. Et ça, leurs ennemis en étaient parfaitement conscients. Et ils en jouaient.

Enfin, protéger sa famille, c'était ce à quoi il pensait lorsqu'une violente douleur irradia tout à coup dans tout son corps. C'était comme.. comme être foudroyé sur place. Dans un immense effort, et en proie à des tremblements incontrôlables, il tourna la tête sur le côté, pour voir un Raiju. C'était une sorte de tanuki, fait de lumière. C'était de lui que provenait la foudre. Une boîte-arme..

Tsuna chancela, puis bascula et se sentit tomber. Cependant, alors que son corps perdait de l'altitude, le jeune homme puisa dans ses dernière forces pour attraper le chef de sections des Veleno et le faire tomber avec lui. Après tout, le plus haut gradé présent sur les lieux de l'attaque, c'était lui. Et tout le monde savait que les Veleno et les Sempreverde ne maintenaient l'alliance avec les Virgio que pour détruire les Vongola. Si le 'commandant' des Veleno tombait, se débarrasser du reste serait moins compliqué. Il tenta d'amortir sa chute avec ses flammes, mais la force lui manqua et elles disparurent.

« TSUNA ! »

Tsuna les entendit, mais Tsuna n'eut pas le temps de répondre. Le sol vint trop vite.

Le Vongola, au sol, n'était pas en trop mauvais état. Nuts, qui s'était transformé en manteau il y a un moment déjà, l'avait protégé des plus gros dommages et le jeune homme commençait déjà à reprendre conscience mais la douleur ne disparaissait pas. Des bruits de pas se firent entendre. Tsuna essaya de tourner la tête sur le côté. Le commandant des Veleno était étendu à ses côtés. La seule différence était que le sang encadrait sa silhouette brisée. Il était mort. Les bruits de pas se firent plus fort et Tsuna grimaça. Sa tête lui faisait si mal. Et tout son corps aussi finalement. Un gémissement quitta ses lèvres et il se rendit compte du silence pesant. Pas un seul coup de feu, pas un seul bruit de métal contre métal. Rien.

« Decimo. On dirait que le temps est venu. Je voudrais vous féliciter d'avoir eu Frederico. Il était réputé pour sa puissance. Malheureusement, on dirait que vous n'aurez pas le temps de - »

Un bruit sourd retentit dans le silence et Tsuna, bien que sa vision soit floue, crut reconnaître les silhouettes audacieuses de ses gardiens du brouillard ( masculin ) et des nuages. Ceux-ci se dirigeaient droit vers lui, ignorant tous les assaillants qui se dressaient sur leur chemin, se contentant de les envoyer voler, ou de les tuer proprement.

« Kufufu ~ Il semblerait que tu aies fait une mauvaise chute, Tsunayoshi-kun.

_ Hn. »

Et.. dans une situation aussi horrible que celle-ci, Tsuna ne trouva qu'une seule chose à faire il gloussa. Oui. Il gloussa. Il n'aurait sans doute pas du car - alors que Mukuro, Hibari et Hayato se vengeaient sur tous les ennemis qui les entouraient, que Lambo et Ryohei flirtaient dangereusement avec la mort en attaquant tout ce qui attirait leur intérêt ( bien que Lambo avait les larmes aux yeux et la morve au nez ) et que Yamamoto tentait de protéger une Chrome blessée bien que lui-même ait posé un pied à terre_, l'homme qui avait pris la parole ne supporta pas ce manque de respect et se pencha en avant pour lui coller le canon d'une arme entre les deux yeux.

_ Un dernier mot à dire, morveux ?

Tsuna essaya de déglutir est-ce qu'il allait réellement mourir maintenant ? Alors que ses camarades étaient encore sur le champ de bataille, à se battre pour survivre ? Comment pouvait-il même songer à mourir ? Malheureusement, il n'était pas dans une série fantastiques ou dans l'un des mangas qu'il suivait auparavant ( avant l'arrivée de Reborn ) et tout ne pouvait pas toujours bien finir, Tsuna le savait parfaitement. Surtout lorsque l'on vit dans le monde de la Pègre.

_ Non ? Bon. Dommage.

Deux choses se produisant simultanément empêchèrent l'étranger de tirer. Tout d'abord, il y eut Enma, qui se précipita et décocha un puissant coup de pied dans la trachée de l'homme. Ensuite, juste quelques secondes avant l'action d'Enma, un coup de feu résonna et une balle alla se loger près du cœur de l'homme. Juste de quoi le faire agoniser un peu avant de rendre l'âme. Ne pouvant pas bouger, Tsuna se résolut à attendre son sauveur, mais il ne put que se sentir soulagé en remarquant que les bruits de batailles diminuait, signe qu'il n'avait pas eu tort en pensant que se débarrasser de leur 'commandant' rendrait leurs ennemis plus vulnérables. Ouvrir les yeux fut tout une étape mais lorsque son regard rencontra des yeux sombres remplis d'inquiétude, Tsuna songea qu'il aurait été prêt à n'importe quoi pour cela. La grande silhouette de son sauveur permit à ses yeux de s'habituer à la lumière du soleil et son regard admira le fédora qui couvrait une partie du visage du tueur à gages.

« Re – born. »

Le susnommé s'accroupit juste à côté de lui et posa un doigt sur ses lèvres.

_ Chut, Tsuna. Ne t'épuise pas trop.

_ La -

_ Non. On a pris les choses en main. Tes gardiens vont bien.

Vraiment ? Mais... depuis combien de temps était-il dans les vapes alors ? Combien de temps s'était passé entre leur arrivée ici, près du château et sa chute ? Combien de temps depuis sa chute. Sa tête lui tournait un peu et il avait l'impression de chuter à nouveau mais il était déjà à terre. On le souleva à cet instant et l'adolescent gémit pitoyablement.

_ Doucement les gars. Siffla quelqu'un que Tsuna crut reconnaître comme Mammon, alors qu'on le soulevait.

Après cela, ce fut le trou noir. Tsuna eut juste le temps de voir Reborn prendre sa main dans la sienne avant de perdre connaissance.

Ils l'avaient fait. Ils avaient réussi à stopper l'attaque avant qu'elle ne se transforme en massacre. Mais à présent, il allait falloir dénombrer les morts, mettre des noms sur des visages, pleurer et faire le deuil.


À son réveil, quelques heures plus tard, Tsuna se prit la tête dans les mains. Tout son corps était douloureux et un marteau cognait dans sa tête. Il lui fallut plusieurs minutes avant de se souvenir de tout ce qui s'était passé plus tôt. L'accumulation d'informations lui valut une grimace qui alerta les personnes présentes dans la pièce, de son réveil.

« Tsuna ! »

Ses mains se crispèrent sur ses tempes mais Tsuna consentit à ouvrir les yeux et découvrit son environnement. Il devait être dans une chambre d'une des ailes non détruites du Manoir ou alors peut-être chez un des Alliés venus à leur aide. La pièce était grande et ressemblait à un dispensaire puisque sur les lits alentours, d'autres blessés étaient allongés et Tsuna ne tarda pas à voir la chevelure argentée de -

_ Hayato !

Le susnommé, se redressa subitement, grimaçant lorsque ses côtes cassées se rappelèrent à lui. Des utilisateurs de type soleil s'étaient proposés de le guérir mais il avait grogné dans sa barbe que ses blessures ne pressaient pas. Le soulagement pouvait se lire sur son visage lorsqu'il comprit que son boss était vraiment en vie, qu'il allait s'en sortir. Bien sûr, rien ne serait comme avant, la nouvelle génération venait de connaître leur première véritable Guerre de Clans. Les nouvelles s'étaient déjà répondues dans toute l'Italie si ce n'est dans le monde entier de la Pègre et tous savaient déjà ce qui était arrivé à leurs ennemis. La plupart était morts, mais il fallait à présent s'occuper de démanteler les trois Familles responsables de l'attaque. Leurs alliés avaient déjà commencé à s'en charger. Hayato posa les yeux sur supérieur et ami. Juudaime paraissait épuisé et mal en point, mais il n'était certainement pas aussi blessé que lorsqu'il était arrivé ici. Il avait payé le prix pour protéger sa Famiglia.

_ Pas ma Famiglia, Hayato, chuchota doucement Tsuna, comme s'il avait lu dans ses pensées. Ma famille.

_ Juudaime. Souffla l'argenté en écarquillant les yeux.

Bien sûr, lui même venait de comprendre ce qu'entendait son Juudaime. Ils n'étaient pas uniquement membres d'une famille mafieuse. Tsuna les accueillait tous comme des membres de sa famille. Tous. Ils s'en étaient rendus depuis un moment déjà, mais ils avaient commencé à considérés certains comme des frères et ça n'avait pas changé avec le temps. Certains étaient vraiment ennuyeux, mais ils faisaient tout de même partis de la famille et que feraient-ils sans eux franchement ? Hayato ne l'admettrait probablement pas à voix haute mais cette révélation l'enveloppa dans un cocon de chaleur. Sa famille de sang était un peu une catastrophe même si lui et Bianchi avaient parlé à son réveil, la veille, et avaient décidé d'essayer de se rapprocher, alors se sentir... voulu, quelque part, ça le faisait se sentir chaud. C'était bon.

_ Takeshi, tout va bien ?

Le susnommé sourit à son tour, heureux que tout soit fini et que son ami se soit enfin réveillé.

_ Tout est okay, Tsuna. Tu as soif ?

Tsuna ne s'étonna pas du fait que Hayato n'intervienne pas comme il avait l'habitude de le faire auparavant ils avaient tous traversé ensemble une dure épreuve et ils avaient déjà commencé à changer un peu dans leur comportement, à grandir et à gagner en maturité.

_ Hum hum, approuva-t-il en dodelinant de la tête.

Un léger rire quitta les lèvres du baseballeur et épéiste et il se redressa contre le mur, abandonnant les griffonnages qu'il faisait sur une feuille, assis à même le sol, pour prendre la carafe d'eau à quelques mètres du lit de Tsuna et remplir un verre qu'il tendit à ce dernier.

_ Merci.

Ce n'est que quand la gorgée d'eau coula dans sa gorge que le petit châtain comprit à quel point sa gorge était sèche et qu'il avait soif. Alors, il regarda plus en détail son ami et fronça les sourcils.

_ Takeshi-chan ( Tsuna ne manqua pas le gloussement du concerné mais le suffixe lui avait échappé ), qu'est-il arrivé à ton menton ?

Yamamoto se frotta pensivement le menton à l'endroit même où se dessinait à présent une cicatrice en diagonale.

_ Ah ça, c'est quand nous étions là-bas. Chrome est tombée sous l'épuisement et l'un des Veleno allait l'emmener.

Tsuna déglutit. Il n'était pas assez naïf pour ne pas savoir ce que l'on faisait subir aux femmes qui appartenaient à ''l'autre camp''. Chrome n'était qu'une adolescente, mais la Pègre était un monde cruelle. Heureusement que Yamamoto avait pu empêcher cela.

Le dixième esquissa un doux sourire mais une grimace vint bientôt obscurcir ses traits alors qu'il gémissait doucement.

_ Juudaime, vous avez mal ?

Tsuna secoua doucement la tête.

_ Ça va passer. Où sont les autres ? Comment vont-ils ?

À cette question, la porte s'ouvrit sur ''les autres'' et tous se figèrent en voyant le jeune Sawada éveillé. Lambo fut le premier à se ressaisir :

« Sale bâtard ! Tsuna-nii s'est réveillé et tu ne nous as rien dit !? S'écria-t-il en fusillant du regard le Smoking Bomb.

_ Oï à qui tu crois parler Bébé-vache ? » gronda Hayato.

Son ton suggérait une légère colère, mais ses yeux verts brillaient de bonheur et Tsuna se retrouva à partager ce sentiment, de même que toute la famille. Ryohei, qui tenait Lambo dans ses bras, avaient des bandages sur les bras et semblait encore un peu amoché, mais à part ça, tout allait bien. Chrome apparut alors, entourée de Ken, Chikusa, Basil et Enma. Basil n'avait pas été présent lors de l'attaque, de même que son supérieur, Iemitsu, le père de Tsuna, parce qu'une attaque avait lieu au même moment dans l'une des sociétés japonaises des Vongola. Des Sorciers avaient été dans le lot. Peu de morts heureusement. La jeune fille semblait faible mais Ken la supportait, un bras passé autour de sa frêle taille. Les deux, Ken et Chikusa n'avaient pas non plus participé à l'attaque mais avaient pris le premier vol pour l'Italie quand ils avaient appris et avaient aidé à ramener les corps. Enma avait un bandage autour de la tête et semblait un peu ailleurs mais il tenait debout et pouvait marcher presque normalement. Sa gorge lui faisait mal. Alors, juste derrière la tête rouge de son ami, entrèrent Kyoya et Mukuro. Les deux arboraient des hématomes et des entailles sur le visage. En temps normal, Tsuna aurait sans doute parié sur un combat entre les deux puisque ceux-ci aimaient faire passer le temps ainsi, mais la Guerre de Clans avait pris tout le monde au dépourvu et même ses deux gardiens les plus violents semblaient avoir été marqués par cela. Tsuna avait du mal à avaler sa salive tant sa gorge lui était douloureuse. Quelqu'un avait réussi à les mettre suffisamment en difficulté pour les atteindre plusieurs fois au visage. Un sentiment d'effroi s'insinua en lui mais Tsuna se força à le renvoyer ailleurs. C'était fini. Les assauts avaient été repoussé et bientôt, Veleno, Sempreverde et Virgio ne seront plus que des lointains souvenirs.

Tsuna leva la main pour se gratter la gorge dans un geste machinal, parce que celle-ci le faisait souffrir lorsqu'il s'arrêta. Il venait de toucher un pansement. Un long pansement. Ryohei dut aviser son mouvement et son regard interrogateur et perturbé puisqu'il se gratta la tête, l'air désolé :

« On a fait ce qu'on pouvait mais tu vas en garder une cicatrice petit frère. On devait traiter des blessures bien plus graves sur ton corps. Tu as été grièvement touché. »

Tsuna sursauta, ravala une grimace de douleur et dévisagea son gardien du soleil avant de secouer doucement la tête.

_ Ça ira. Merci, Oni-san. Comment vous allez, vous tous ?

Tous répondirent en même temps dans un amalgame de ''je vais bien'', qui créa un brouhaha fantastique mais dans l'ensemble, Tsuna fut rassuré.

_ Enma ?

_ Ne t'inquiète pas pour moi, Tsuna-kun. Mes gardiens vont bien aussi.

Un soupir de soulagement quitta ses lèvres. C'était comme si un poids avait quitté ses épaules... pour les regagner aussitôt.

_ Et Dino ? La Varia et les arcobaleno ?

_ Du calme Tsuna, rigola Yamamoto. Ils vont tous bien. Lussuria et Levi ont été un peu amochés mais ils vont bien aussi. Je crois que Colonello et Lal ont été gravement blessés mais -

_ Ils iront extrêmement bien, le coupa Ryohei. Ils sont passés au bloc opératoire à l'hôpital des Chiavarone et tout s'est bien déroulé.

_ Tsuna-nii !

Tsuna, qui était déjà occupé à rassurer Lambo, se retrouva avec I-pin et Futa dans les bras. Il les accueillit avec plaisir et soulagement dans une étreinte fraternelle il avait eu peur que l'un d'eux ne soit blessé bien que I-pin se défende assez bien. Par ailleurs, il savait que l'allié de la famille russe, un certain Dolohov, avait veillé à ce qu'il n'arrive rien à son petit-frère, ce dont il lui serait toujours reconnaissant.

Tsuna passa en revue dans sa tête tous ceux qu'il avait vu sur le champ de bataille et acquiesça avant de demander :

« Reborn ?

_ Ici. »

Le jeune parrain sursauta : comme souvent lorsqu'il était distrait ou inquiet, il n'avait pas senti son tuteur arriver. Celui-ci portait encore et toujours son célèbre fédorat mais Leon était endormi endormit et ne bougeait pas. Tsuna pouvait voir des cernes sous les yeux de ce dernier bien que l'ombre du chapeau rendait cela difficile à discerner. D'un léger signe de la tête, l'ancien arcobaleno du soleil incita les personnes présentes à quitter la salle bien que les juniors obtempérèrent à contrecœur. Hayato laissa Yamamoto l'aider à marcher et ne rechigna même pas.

« Les p'tits étaient inquiets pour toi. Souffla Reborn en venant s'asseoir sur le siège le plus proche du lit. Tu es resté inconscient deux jours. »

Tsuna avala sa salive. Deux jours ? Tant que cela ? Il n'en avait pas eu l'impression à son réveil. Bien sûr, il s'était senti épuisé et dans les vapes, mais il n'avait pas pensé qu'il s'était déjà passé deux jours. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux.

_ Reborn..

_ Tout le monde va bien Tsuna.

_ Est-ce.. est-ce que le corps du Kyuudaime a été -

Tsuna ne termina pas sa phrase, préférant baisser la tête pour cacher ses larmes. Le Neuvième avait été un grand homme et davantage un grand-père pour Tsuna bien que l'adolescent l'ait rarement vu. Il avait été un homme formidable. Le matelas s'affaissa à côté de lui et un bras vint s'enrouler autour de sa taille alors que Reborn le faisait basculer contre lui.

_ Les subordonnés de la Varia l'ont retrouvé. Il a été installé dans la grande salle, Xanxus est avec lui pour l'instant.

_ Et les – les gardiens de Timoteo-san ? murmura Tsuna.

Il n'était pas sûr de vouloir poser la question mais il devait entendre la réponse. Ça n'était pas une question de vouloir ou non, c'était un besoin irrépressible de connaître la vérité.

_ Croquant Bouche et Brabander Schnitten n'ont pas survécu à leurs blessures.

Tsuna baissa la tête. Il se souvenait d'eux. Il se souvenait de tous les gardiens de la neuvième génération et chacun d'eux s'était montré charmant à sa manière. Croquant Bouche était un peu brusque mais il était agréable et Schnitten s'était toujours montré gentil. Il était dur de les imaginer... morts.

_ Qu – qui a tué Timoteo-san ?

_ Un homme des Veleno. Les Vendices l'ont attrapé.

Tsuna acquiesça distraitement avant d'agripper le cou du tueur à gages et de plonger sa tête dans le cou de l'homme. Il savait qu'il devait faire face à la situation, mais pour l'instant, il voulait juste être rassuré et réconforté. Tout ça... c'était trop à prendre quand on avait seulement quinze ans. Reborn le laissa faire, l'étreignit et le porta au salon lorsqu'il avisa l'heure et qu'il remarqua que l'adolescent commença à dériver vers le sommeil. Tout le monde était là : une dixième génération échevelée, une Varia éreintée, des Alliés las et fatigués et la neuvième génération qui venait de quitter la salle après s'être assuré de la santé de chacun, pour aller veiller le corps mort de leur boss. Les domestiques et autres civils étaient dans la même pièce, tous encore sous le choc bien que deux jours aient passé et tous ou presque étaient assis par terre. Des matelas avaient été installés mais personne n'avait vraiment beaucoup dormi depuis que l'attaque avait pris fin. Et personne n'avait voulu se retrouver seul dans une grande pièce froide, raison pour laquelle tous s'étaient retrouvés dans cette grande salle aux couleurs chaudes. Reborn déposa son fardeau dans le tas de couvertures au sol et observa la dixième génération prendre place tout autour, les juniors se précipitant près de ''Tsuna-nii'' alors que tous prenaient lentement place sur les matelas, tout autour. Même Xanxus. Deux jours plus tôt, une génération s'était éteinte. Demain, une nouvelle se réveillerait. Ainsi était faite la vie.


Harry sanglotait hystériquement dans les bras de Miles. L'adolescent venait tout juste de se réveiller à l'infirmerie après avoir subi les effets du Doloris durant une période prolongée et des flash de ce qui était arrivé lui étaient revenus d'un seul coup. Cedric et lui prenant la Coupe. Tous deux atterrissant dans un vieux cimetière. Pettigrow envoyant un Avada à Cedric, lequel s'effondra. Puis le rituel et le retour de Voldemort. L'appel des mangemorts. La torture du Doloris. Tout était encore si clair et si confus à la fois. Son esprit était un immense fouillis et il tremblait encore bien que les effets se soient calmés. La tâche avait été une véritable catastrophe. Tout le monde était déjà stressé puisque les Vongola n'étaient pas revenus, que les nouvelles dans les journaux n'étaient pas rassurantes et que le livre qu'Hermione avait trouvé au début de l'année avait mystérieusement disparu. Le matin de la tâche, tout le monde avait été sur les nerfs et encore plus lorsqu'on avait appris que la tâche ne serait pas reportée. Avec l'absence d'un champion c'est ce qu'il aurait fallu faire. De plus, on savait parfaitement que le Survivant n'était pas en état de participer. Personne ne savait pourquoi cependant. Tout ce que l'on savait, c'est que Miles Bletchley était devenu très protecteur du petit Golden Boy de Gryffondor. Malgré tout, la tâche avait eu lieu et... le résultat n'avait pas été plaisant. Lorsque Harry Potter était réapparu avec le corps mort de Cédric Diggory, tout en convulsant à ses côtés, encore en proie aux effets secondaires du Doloris prolongés, les cris d'effroi avaient suivis et la panique s'était installée. Malgré tout cela, le Ministre refusait de voir la vérité en face et affirmait que Voldemort n'était pas de retour et que le Survivant était ''Le-Garçon-Qui-Ment''. Il avait affirmé que c'était probablement un adepte de ''Vous-Savez-Qui'' ( même pas foutu de dire son nom ) qui avait enlevé les deux garçons et que Potter délirait.

Draco était en colère. Il était en colère contre beaucoup de choses. Contre lui-même pour commencer mais aussi et tout d'abord contre le Seigneur des Ténèbres et son père, qui, s'il avait bien compris les propos d'Har – Potter... Harry, avait été présent lors de l'appel du 'maître'. Il se sentait en colère parce que Miles essayait depuis quelques jours de réparer les dégâts causés par les tuteurs d'.. d'Harry et ce vieux fou de Bumbledore et que eux détruisaient tout sur leur passage. Il se sentait aussi en colère contre Harry parce que sans même s'en rendre compte, il était parvenu à le désorienter complètement. Draco avait été élevé selon le fanatisme des sang-purs anglais qui disait en gros que si l'on était pas de sang-pur, on pouvait tout aussi bien mourir. Peut-être que s'il avait eu une autre éducation, il aurait trouvé cela révoltant et débile, mais on le nourrissait avec ce discours depuis sa naissance, comment aurait-il pu en douter une seule seconde ? Et puis, il y avait forcément un fond de vérité : les moldus étaient dangereux. Il suffisait de voir ce qu'ils avaient fait au Survivant. Mais là encore, si les lois n'étaient pas aussi strictes sur les utilisateurs de magie de premier cycle, peut-être que l'autre garçon aurait pu se défendre. Draco se demandait si Harry et lui auraient pu être amis s'il n'avait pas été élevé comme un parfait petit sang-pur arrogant. Probablement. Après tout, ils s'étaient parlés convenablement lors de leur première rencontre sur le Chemin de Traverse. À nouveau, la colère tourbillonna dans son esprit et il maudit son éducation. Il avait à l'époque été tellement aveuglé par son humiliation qu'il s'était réfugié dans sa colère et s'était laissé bercer par son faux sentiment de supériorité. Chaque fois qu'il le croisait il se souvenait de son refus et la fureur et la honte prenaient le dessus. Il ne ferait plus cette erreur. Après tout, il était l'héritier qui allait rendre l'honneur à son nom de famille.

Un soupir sur sa droite le rappela au monde des vivants et il leva les yeux pour voir que Harry s'était calmé et était replongé dans son sommeil. Miles le déposa sur le lit avec toute la délicatesse du monde avant de fermer les yeux à son tour, l'air épuisé. Alors, lentement, presque avec timidité, Draco se pencha en avant et posa sa main sur celle du petit Survivant. Il était peut-être un Malfoy, mais il était le meilleur des Malfoy, et il savait quand reconnaître la défaite. Et Harry l'avait vaincu, sans aucun doute possible.


Marcus shoota dans un cailloux en ruminant sombrement. Le Tournois des Trois Sorciers avait pris fin de la pire des façons possibles avec la mort tragique de l'un des champion. Le champion de Poufsouffle, Cédric Diggory. Un grondement quitta ses lèvres. Pourquoi fallait-il que ce stupide Poufsouffle soit mort ? Ils avaient couchés ensemble, bordel ! Il ne pouvait pas juste mourir comme ça quelques semaines plus tard ! Il n'avait pas le droit ! Le Serpentard était bien conscient de réagir comme une jeune fille pré-pubère mais il n'y avait pas cru lorsque les deux champions de Poudlard étaient réapparus, dans le chapiteau. Cela avait été une vision terrifiante. Honnêtement.

Le jeune homme s'arrêta lorsqu'il fut arrivé devant le Lac Noir, là où avait eu lieu la Seconde Tâche. Son air renfrogné était plus marqué que d'habitude et des marques sombres soulignaient ses yeux. Il n'avait pas pu trouvé le sommeil. Plus tôt, il était allé à l'infirmerie pour demander une potion de sommeil sans rêve à Mme Pomfresh. Il y avait vu Potter... Harry, le plus-que-probablement-futur-protégé-des-serpents, hystérique dans les bras de Miles. C'était autre chose qu'il n'avait jamais vu chez le Gryffondor. Il ne pensait pas même l'avoir déjà vu pleurer à Poudlard. Le plus jeune aussi avait été relativement proche de Cédric. En même temps, ils étaient tous les deux les champions de Poudlard et ils s'étaient refilés quelques informations. Ce n'était pas parce qu'il était un Serpentard qu'il n'avait pas de sentiment comme tous les autres êtres vivants. Il n'allait pas dire humain parce que là ce serait faux, mais... C'était injuste que le sort s'acharne sur certaine personnes. Diggory avait la vie devant lui. Il aurait pu faire ce qu'il voulait. Harry n'aurait jamais du connaître toute cette douleur. Et certainement pas à un si jeune âge. Une grimace furieuse déforma les traits du garçon. Pourquoi avait-il fallut que ce ptit fils de pute(2) s'inscrive à ce Tournois ? Ce maudit Poufsouffle aurait du savoir... que ça ne finirait pas bien. Pourquoi avait-il voulu se prouver ? Ça ne ressemblait pas à un Poufsouffle de faire ça. Pourtant, il fallait bien que Cédric Diggory se distingue de ses camarades, pas vrai ? Encore une fois. Que ce soit clair, il avait réellement été attiré par la fille, Gabriella, mais ça n'était tout simplement pas la même chose. Raison pour laquelle il l'avait plaqué. Maintenant, il était seul. Et ce p'tit con était six pieds sous terre ! Marcus sentit son corps commencer à trembler, mais il était trop occupé à contenir sa magie pour s'en soucier.

Et s'il n'y avait que cela ! L'attaque contre les Vongola avait été revendiquée par un groupe d'ex-mangemorts en fuite lesquels avaient fait affaire avec des Clans ennemis aux Vongola. Les nouvelles n'étaient pas bonnes. Les nouvelles du matin rapportaient qu'il y avait eu de nombreux morts, aussi bien chez les domestiques que les alliés. On disait aussi que l'héritier Vongola, Tsuna, avait été gravement blessé et était resté un long moment en salle de chirurgie. Ils avaient aussi mentionné brièvement les combats mais tout restait flou. Seulement que la Varia avait été un peu amochée, que la dixième génération avait été sérieusement blessée mais qu'ils se remettaient tous et que les 'arcobaleno' les avaient rejoint et avaient montré leur puissance en abattant tous les ennemis qui se montraient à eux – et même ceux qui se cachaient. Néanmoins, à part ça, aucune nouvelle. Tous comprenaient bien évidemment. Ils avaient autre chose à faire que d'envoyer des nouvelles à Poudlard quand plusieurs des leurs étaient entre la vie et la mort.

Et lui, qu'allait-il faire ? S'il rentrait à la maison pour les vacances, il était mort. Son père regrettait sincèrement de s'être mis au service de Voldemort et d'avoir mis sa famille en danger, mais sa mère, elle, était une fervente admiratrice du Lord Noir. Elle était prête à tout pour lui plaire. Marcus savait bien que quelque chose se tramait depuis le début de l'année. Et même, depuis quelques années déjà, sa génitrice ne cessait de parler du Lord comme si celui-ci allait soudainement réapparaître. Il semblerait qu'elle ait eu raison. Marcus cependant, ne comptait pas ramper au pieds du 'maître'. Voldemort allait sans doute être faible durant un moment encore et ne marquerait sans doute pas les recrues avant un moment mais lui ne comptait pas rejoindre les rangs mangemoresques. Il était un peu mal pour son père mais de toute évidence, la majorité des Serpentards allaient refuser de rejoindre le Lord. Son père ne serait pas le seul parent à décevoir son maître. Pour sa part, Marcus allait passer ses vacances chez les Bletchley Miles l'avait invité. Sa famille était neutre depuis bien des générations et aucun n'avait suivi Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, sa famille était donc dans une situation moins précaire. Pour l'instant. Si jamais quelqu'un apprenait qu'ils comptaient récupérer la garde d'Harry... mieux valait ne pas y penser. De toute façon, la famille Bletchley refusait de faire marche arrière. Miles ne voulait pas penser à ce qui se passerait si le petit lion devrait finalement retourner chez ses tuteurs violents. En parlant de cela, jusqu'à maintenant, l'affaire était resté secrète, mais Marcus avait surpris des journalistes en parlant durant la troisième tâche. Ce qui signifiait qu'une fois les retombées du Tournois, relâchées, les journaux en parleront probablement. Après tout, qu'est-ce qui était plus intéressant qu'observer la chute du Ministre ? La vie privée du Survivant ! Marcus ricana pour lui-même. C'était tellement... pathétique. Ne pouvaient-ils pas cesser de jouer les requins et de fouiner partout ? Non, bien sûr que non. Cela ferait plaisir à bien trop de personnes. Le seul point positif dans cela c'est que le directeur serait mis dans une situation dangereuse au vu de son implication dans l'affaire.

Le Serpentard gronda doucement. Les choses ne s'arrangeront-elles jamais ? Lui ne voulait pas participer à la guerre. Vraiment. Mais il savait que cette fois-ci, les neutres devront prendre parti. Et si tel était le cas, lui savait quel serait son choix. Il ne voulait pas penser à ce qui arriverait s'il se retrouvait face à son père sur le champ de bataille, mais cela relevait du possible et il devait s'y préparer. Les alliances commençaient sur le banc de l'école, mais certaines débutaient plus tard. Harry ne semblait pas savoir pour quoi se battre. En fait, la seule chose que le petit lion semblait savoir était qu'il devait se battre. Sa loyauté irait au p'tit, mais il allait devoir parler avec le gamin. Après tout, avec une telle façon de pensée, le gosse mourrait en martyr avant même d'avoir commencer à vivre. Et Marcus n'était pas méchant au point de laisser cela se produire. Avec un soupir, l'adolescent lança un dernier regard vers les profondeurs du lac noir avant de faire demi-tour et de regagner le château il avait une malle à remplir.


Chaud. Tsuna se blottit un peu plus contre la source de chaleur qui l'enveloppait. La source de chaleur trembla un peu et Tsuna fronça les sourcils dans son sommeil avant de se retourner. Un léger rire attira son attention, mais ne l'incita pas à se lever. Il avait parfaitement reconnu son tuteur mais puisque ce dernier avait abandonné les réveils violents, Tsuna ne comptait pas lui faire l'honneur de se lever sans rechigner. À dire vrai, il n'avait pas la force suffisante pour le faire. Sa tête tambourinait et il se sentait faible. Il avait été forcé au repos par les médecins et Ryohei mais même sans cela il doutait sincèrement d'avoir été capable de se lever et de marcher. Tout son corps était endolori, pire, il ressentait chacun de ses muscles, même ceux dont il ignorait l'existence ! À chaque fois qu'il bougeait, il se sentait pris de vertiges, un peu comme lorsque étant petit, il rêvait d'être coincé dans son lit, et de tomber à l'infini. Sa gorge, sa – sa nuque.. c'était peut-être ce qui était le plus douloureux, bien qu'en somme tout son corps lui fasse mal. Il était douloureusement conscient de l'immense bandage qui recouvrait son torse. Comment allait-il expliqué cela à sa mère ?

Sa mère... Tsuna ravala des larmes amères. Elle n'avait pas mérité cela. Nana Sawada était la mère la plus merveilleuse et la plus compréhensive qui soit. Et malgré cela, son mari lui mentait depuis le début et Tsuna était en train de suivre ses traces. Et il ne voulait pas ! Bien sûr, il savait que son père avait essayé de les protéger en restant à l'écart mais malgré tout, Tsuna savait qu'il y aurait eu d'autres moyens et surtout, qu'il aurait pu cessé de mentir à sa mère et de lui faire face avec la vérité. Sa maman le méritait. Elle avait le droit de savoir. Tsuna ne ferait pas la même erreur. Il ne le lui cacherait pas. C'était trop important et puis.. lui aussi avait besoin de réconfort. Il voulait... il voulait terriblement revoir sa mère. Il voulait qu'elle le prenne dans ses bras et le réconforte, lui chuchote des mots doux rassurants. Comme quand il était petit. Comme quand il faisait un cauchemar. Nana avait été là à chaque fois qu'il avait eu besoin d'aide. C'était elle qui avait recousu ses pantalons lorsqu'il tombait et s'écorchait les genoux. C'était elle qui le portait et le rassurait quand il échappait à ses camarades de classes tyranniques. Des larmes s'échappèrent et mouillèrent la chemise de son oreiller humain. Elle avait le droit de savoir.

Maintenant, maintenant que tout était fini, Tsuna sentait le poids du monde retomber sur ses épaules. Timoteo était parti. Timoteo-san était mort. Mort. Et beaucoup d'autres également. Deux gardiens de la neuvième génération avaient suivi leur boss. Maintenant, Tsuna allait devoir gérer, avec l'aide de ses gardiens. Il allait sans doute devoir quitter le Japon pour rendre les choses plus faciles avec la Famiglia et se trouver un établissement à proximité de la Casa ou tout simplement recevoir une éducation scolaire à domicile. Ils allaient devoir faire des réparations. C'est ce à quoi il songeait encore lorsqu'il gagna l'extérieur de la résidence. Bien que les réparations du Manoir avaient déjà commencé, l'extérieur ressemblait toujours à un champ de bataille abandonné. Le jeune homme se sentit malade et réprima un haut le cœur. Tout était encore si vif. Il pouvait voir sans mal les cadavres éparpillés sur l'herbe verte. Que diable ! Le sang était même encore là à certain endroit ! Tsuna se laissa tomber à genoux lorsque ses jambes tremblèrent et menacèrent de le lâcher et il s'assit correctement avant de ramener ses jambes contre sa poitrine. Il avait mal, mais il ne pouvait se convaincre de rentrer à l'intérieur.

« Tu devrais être au lit, Tsuna. »

Un sursaut. Rien de plus. Il ne l'avait pas senti approcher. Voilà sans doute pourquoi il était le meilleur tueur à gages du monde. Tsuna se désintéressa du lever du soleil pour rencontrer le regard assombri de l'assassin professionnel.

_ Toi aussi, Reborn. Murmura-t-il aussi doucement que possible, comme s'il avait peur de briser le silence contemplatif.

Le susnommé soupira et commença à s'approcher. Son idiot d'élève n'avait pas idée de se lever alors qu'il était en pleine convalescence. Il avait été sérieusement blessé. Les médecins l'avaient même pensé mort pendant un instant. Sa mâchoire se serra en pensant à cela. Ils avaient été à deux doigts de perdre leur Ciel après avoir tout juste perdu le Neuvième..

« Reborn.. ? »

Le tueur à gages s'arrêta à quelques pas de sa charge et l'incita à lui parler par un haussement d'épaule.

_ Que.. que fait-on maintenant ?

Le brun ne répondit pas avant un long moment, prenant le temps de penser à la réponse. Bien sûr, Tsuna parlait aussi bien pour le court terme, que le long. Ils savaient tous que les prochains mois seront incroyablement dures pour tous. Mais.. pour l'instant, Tsuna ne devait pas essayer de se projeter aussi loin. La douleur n'en serait que plus forte. Le tueur se pencha en avant et offrit son bras, ou plutôt sa main au plus jeune. Il détestait le voir si mal en point.

« Nous pleurons nos morts, Tsuna. »

Tsuna avisa la main tendue et adressa un sourire tremblant à son tuteur avant de la prendre et de laisser l'homme le ramener à l'intérieur du Manoir. Avant de rentrer cependant, Tsuna adressa un dernier coup d'œil au gardien de la Tempête de Nono, debout non loin, et songea que lui aussi devait être en train de pleurer pour leur morts. La grande main de Reborn enveloppa celle, plus frêle du jeune Decimo et les deux hommes se dirigèrent vers l'intérieur, saluant les rares domestiques éveillés, sur leur passage. Peut-être.. juste peut-être que.. tout irait mieux.. avec le temps ?


Nougat fixa l'olivier qui surplombait le lac, avec mélancolie. Il se souvenait encore de ce qu'ils avaient enterré sous ce petit olivier, bien des années plus tôt, quand ils étaient à peine majeur et que lui et le reste de la neuvième génération venaient tout juste d'être diplômés de l'école secondaire. Il se sentait tellement amer. Il avait échoué à son rôle de gardien et son boss et ami était décédé. Deux de ses collègues étaient décédés, mais ça n'était pas juste cela. À cause de leur chute, la nouvelle génération avait été tâchée par le sang. Il avait failli à son rôle de gardien. Lui, qui connaissait Timoteo depuis qu'ils étaient enfants, n'avait pas réussi à protéger son meilleur ami. La culpabilité l'étouffait, malgré les paroles réconfortante de ses collègues survivants. À côté de cette olivier, presque en dessous, étaient enterrés leurs souvenirs et leurs rêves d'avenir. Ils les avaient enfermé dans une vieille boîte en ferraille. C'était tellement courant à leur époque. Ils avaient été un peu vieux pour cela, mais ils l'avaient tout de même fait. Et, pendant un temps, ils avaient réalisé leurs rêves. Mais maintenant.. ils avaient échoué à un certain nombre de choses et, parmi cela, ils avaient échoué à protéger la jeune génération alors qu'ils étaient encore en activité. À cause de cela, les éléments de la Dixième Génération venait de comprendre réellement pourquoi la Mafia était un monde sombre. Et ils l'avaient compris de la pire des façons. Pourtant, il y avait encore de l'espoir. Il avait vu la détermination briller dans leurs yeux et leur volonté s'exprimer à travers leurs flammes. Il les avait vu se rassembler autour de leur Ciel et se protéger les uns les autres.

« Tu serais fier d'eux, Tim. Tellement fier. » murmura-t-il avec émotion.

Il ne faisait pas seulement référence à Tsuna et ses gardiens. Il parlait aussi de Xanxus, qui avait enfin commencer à se battre pour autre chose que le plaisir et pour lui-même. Il avait enfin décider de protéger quelque chose, quelqu'un. Parce que, Nougat avait bien vu que la balle qu'il avait prise dans l'épaule durant les dernières minutes de combat, était destinée à Tsunayoshi-san, lequel, à terre, ne bougeait plus. Nougat était conscient de tout cela. Et c'était pour cette raison qu'il n'était pas inquiet pour la relève. Il savait que tout se passerait bien. Ces enfants étaient bien plus braves qu'il ne l'avait cru au début.

« Ils sont bien plus fort que nous à leur âge, Tim. Je n'ai aucun doute qu'ils réussiront là où nous avons échoué. »

N'était-ce pas pour cette raison qu'ils avaient été choisis ? Une larme perla au coin de son œil et roula sur sa joue alors qu'il laissa son regard dériver sur l'eau clair de l'étang. Ces gosses étaient l'avenir. Nougat se jura de ne plus échouer. Timoteo ne voudrait pas ça et.. comme nouveau but, il se décida de conseiller au mieux la jeune génération. C'est ce que le boss aurait voulu. Comme une dernière Volonté.


Harry était assis au bureau de sa nouvelle chambre chez Miles et regardait expectativement la missive qu'il tenait dans les mains. Il avait été installé ici après que le Serpentard le lui ai proposé. Sa famille était entièrement d'accord et Miles avait même du supplier son père de ne pas quitter sa mère des yeux une seconde de peur qu'elle ne fonde à Poudlard pour ramener elle-même Harry à la maison. Depuis, il était ici et suivait de nombreux traitements magiques pour corriger toutes ses carences et autres dus à vie chez les Dursley. Il n'arrivait même pas à avoir honte de savoir son secret diffusé aux yeux de toute la Grande-Bretagne – sorcière et moldue puisque Grunning Entreprise était une entreprise assez réputée dans le bricolage et que savoir un des plus haut employés arrêtés n'étaient pas bon pour les affaires ( et donc bon pour les journaux )_, car il était bien trop euphorique à l'idée d'enfin découvrir ce qu'était une famille. Il essayait de ne pas penser à Cédric et à tout le reste, mais c'était compliqué puisque ses cauchemars, revenus à la charge, impliquait dorénavant le Poufsouffle et ses parents. Le fantôme de Cédric lui avait affirmé que ça n'était pas sa faute, mais ce n'était pas ce que lui disaient ses cauchemars. Dumbledore n'avait pas été content de savoir que Harry ne retournait pas chez les Dursley, mais n'avait rien pu faire depuis que tout le monde savait que Vernon Dursley avait été arrêté et surtout pour quoi il avait été jeté en prison en l'attente d'un procès. Les Bletchley étaient très gentils. Miles était le plus souvent possible avec lui, les parents de ce derniers étaient très bons pour Harry et le frère aîné de Miles, bien qu'il ne l'ai croisé que deux fois, s'était montré charmant et assez délicat pour ne pas mentionné les raisons de l'emménagement d'Harry dans la résidence Bletchley. En fait, Harry n'était pas encore officiellement sous la garde des Bletchley, il faudrait sans doute un petit moment avant que ça ne soit le cas – si tant est qu'ils veulent encore de lui après quelques semaines, ce dont Harry doutait un peu bien malgré lui.

Marcus s'avéra finalement n'être pas si mauvais que ça, et vraiment troublé par la mort de Cédric. Les sujets de conversations ne manquaient pas bien que Harry se montra très timide et répondit dans un premier temps par des réponses majoritairement monosyllabiques. Néanmoins, malgré le regard mélancolique affiché par le capitaine de l'équipe de Serpentard, il était difficile pour le petit lionceaux de rester calmer lorsque Miles commençait à s'exciter sur tel ou tel sujet. Harry n'avait pas eu de nouvelles des Vongola depuis son départ d'Hogwarts. En fait, personne ne semblait avoir eu de contact directs si ce n'est les Diggory et les personnes présentes lors de la cérémonie d'enterrement de Cédric. Harry n'y avait pas été. En fait, aucun étudiant ou presque n'avait été présent. Après tout, ils étaient encore à Poudlard. On leur avait refusé le droit de lui rendre un dernier hommage, alors tous s'étaient retrouvés dans le parc de Poudlard un soir, faisant fis du règlement, pour se retrouver et s'asseoir, adressant une dernière prière au jeune Diggory, tué à par un mangemort inconnu. Ou par Voldemort si l'on croyait les rumeurs.

Harry décacheta l'enveloppe et la déplia lentement, avec toute la délicatesse du monde. Il déglutit et s'étouffa presque lorsqu'il reconnut l'écriture fine quoiqu'un peu maladroite de Tsunayoshi.

Un coup à sa porte le fit sursauter et il lâcha presque la missive. La chevelure blonde vénitienne de Miles apparut dans l'encadré de la porte et le nouveau venu lui adressa un sourire :

« Je peux entrer ? Marcus est coincé avec m'man. »

Un timide sourire effleura les lèvres d'Harry et il acquiesça en se laissant choir contre le dossier de sa chaise de bureau. Le dossier pivota et il se retrouva face à son aîné.

_ Tu lis quoi ?

Le petit brun papillonna des yeux puis avisa la lettre qu'il tenait dans les mains et l'agita lentement, avec attention.

_ Je crois que ça vient de Tsuna.

Instantanément, Miles devint calme. Puis il rebondit joyeusement et s'approcha d'Harry, veillant à ne pas faire de geste brusque lorsqu'il entra dans la bulle d'espace vital de son futur 'petit-frère adoptif'.

_ He ? Vraiment ? Qu'est-ce qu'elle dit ?

_ E – Et bien..

Harry posa les yeux sur la missive et un léger sourire étira ses lèvres quand il entendit Hedwige hululer avec approbation. Peut-être que oui finalement. Peut-être que tout irait bien. Le jeune garçon s'éclaircit la gorge et sursauta à peine lorsque Miles se pencha au dessus de son épaule pour lire par dessus lui, une main pressant doucement son autre épaule.

« Cher Harry [...] »

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1/ Et bien, je ne peux pas être sûr parce que reverso c'est parfois de la merde mais tous les sites me l'ont confirmé. Quoiqu'il en soit, comme ce sera traduit plus tard ( bien traduit ou pas ), le mot signifie à peu près ''l'Exécuteur'', dans le sens 'faucheur', 'bourreau' etc...

2/ Bon, je doute que les sang-purs utilisent réellement ce genre d'injures mais n'oublions pas que Flint est tout de même.. assez rude. Je trouve que le côté ''Je-n-peux-pas-prononcer-une-phrase-sans-jurer'' irait bien à Marcus.

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Wao.. ça y est. C'était le dernier chapitre.

Cela est très étrange à annoncer. Bien qu'il reste l'épilogue à poster bien entendu.

Je crois.. je crois que ça a été le chapitre le plus difficile à écrire.

Je ne peux honnêtement pas penser à un autre moyen de boucler ce chapitre puisque cette 'suspension' indique la fin d'une histoire, le début d'une autre. Elle montre que leur aventure n'est pas terminée, que c'est bien loin d'être le cas. L'épilogue devrait servir à donner d'autres détails et à conclure l'histoire parce que certaines choses n'ont pas encore été évoquées.

Je vous remercie à toutes pour me suivre depuis le début de cette histoire et j'espère que vous n'avez pas été trop déçues. J'avais à la base prévu un combat épique entre Tsuna, ses gardiens, la Varia et leurs ennemis, mais ça s'est avéré dur à écrire, émotionnellement parlant et je n'ai pas pu me résoudre à trop en parler. Néanmoins, la violence est mentionnée dans le passage avec Anton.


Réponses aux Reviews :

Enelica : Oui, je sais très cruel. Je me le suis dit dès que j'y ai pensé. Mais ainsi le suspens était là ! Enfin, vu le temps que j'ai mis à conclure ce chapitre, je pense que je vais mourir par asphyxie en sentant vos auras noires. Huh. Yeey je voulais tellement que Bel et Fran se réconcilient enfin ! Euh, je ne sais pas si j'ai précisé que c'était Gabrielle mais non, c'était juste une putain de coïncidence ( une très grosse coïncidence mais ça arrive parfois ).

Merci, je vais mieux en effet ( bien que je sois à nouveau malade puisque toute notre classe a été touchée ~chu. )

Tahury : Salut ~ merci beaucoup ! Effectivement, maintenant que tu le dis ça ne pas être cool pour lui mais je ne sais pas si au Japon les coutumes sont les même donc bon. Vrai aussi. Et dire qu'au début cette histoire d'enlèvement n'était pas prévue du tout ! Dans celui-ci non plus on ne l'a pas beaucoup vu. Moi qui voulait faire un combat épique, je n'ai pas réussi et j'ai du zappé certains combats qui auraient pu être intéressants ( comme par exemple Hibari et Mukuro assommant/tuant/mutilant le plus de personnes possibles en un temps record, huh ). Oui, j'ai osé. Je ne sais pas... tu ne veux pas m'empoisonner par hasard ? Ce serait cool ! Ou alors.. peut-être un coup de poignard... mais ça doit faire mal, non ? Geez ~

Welldone : Hey ~ merci d'avoir laissé une trace écrite pour me savoir tes impressions:) une heure ? J'hésite à te demander combien de temps tu as mis pour celui-ci puisqu'il fait le double de mots.

Guest : Yep il est là !

Echo : Siiiii Nonooo ! Je le devais. Heureusement, je n'ai pas eu à décrire sa mort je crois que j'aurai été mal, aussi mal que vous. Oui, comme quoi, il n'est pas un génie pour rien. Sybille des eaux, oui u.u Je me suis souvenue d'un cours d'histoire des arts où on avait étudié les prophètes et les sybilles sur le plafond de la chapelle Sixtine et comme il me fallait prévenir Tsuna d'un grand danger, et bah voilà ! Ah, il y en a trop pour qu'il n'y ait qu'un seul sacrifice. Ils ont agit en meute les ptits salopards. Mercii.

ThePrincessofKatz : Yah merci ! Mes premiers chapitres n'étaient pas très fameux mais je pense que le reste était pas mal ( hein ? Hein ? Rassure-moi *-* ). Oui, je pense que je me défoule aussi quand j'écris ( cette fiction en particulier ). La réaction de Xanxus a été décrite, peut-être un petit peu trop courte mais j'y tenais aussi à sa réaction puisque c'est tout de même l'homme qui l'a accueilli et élevé comme son propre fils.

Théoriquement, je ne prévois pas de m'arrêter bientôt =)

Saya-chan : Voici la suite :)

Taeh : Yeah it's funny but maybe it's ''Nice stick'' or something like that.

Barukku-sama : Oui... je crois effectivement que c'est normal. Avec beaucoup de sadisme ? Oui... je crois aussi. Je me demande comment vous envisager toutes de me tuer ? Un crime collectif ? Ou trop solitaire pour commettre un crime à plusieurs . Brr j'en ai froid dans le dos.. mais c'est peut-être parce que ma fenêtre est ouverte ?


Publié le : 01.10.2016