Virée à Las Vegas

Ce soir, j'ai promis à mes personnages de les emmener à Vegas. Bon, je sais, ça ne va pas être de tout repos, mais ils me rendent tellement fière que je peux bien leur faire ce petit plaisir. Me voici donc à l'hôtel Caesars Palace, eh ouais, je sais, je ne me refuse rien, mais une fois en passant, ça ne fait pas de mal. Je suis sur la terrasse, et je sirote un cocktail. Je viens tout juste de commander une limousine pour la soirée. Pensez donc, il va me falloir transporter treize personnes, autant dire un joli paqueton. J'avais bien pensé à un mini bus, mais sa seigneurie le roi de Mirkwood, n'aurait très certainement pas apprécié.

Je contemple la vue magnifique depuis ma chambre et me prends à rêver qu'avec un tel panorama, une piscine sur la terrasse, un air de jazz (Franck Sinatra, ce serait raccord) et un roi elfe attentif aux moindres de mes désirs, j'aurais pu passer une soirée d'enfer !

Hélas pour moi, le roi a en tête une autre que moi. Tant pis.

Je passe ma robe ultra moulante en velours pourpre, je sais que c'est la couleur favorite du seigneur, je compte bien tenter ma chance tout de même...Je me maquille, et fais venir un coiffeur. Un soupçon de parfum dont je tairais le nom et je me saisis de mon sac. A l'intérieur le sésame ultime pour Vegas : une carte bancaire.

Je prends l'ascenseur et tombe nez à nez avec Jack :

Arakïell : Eh salut Jack comment vas tu ? Prêt pour une nuit de folie ?

Jack : Et comment ! Mais dis moi tu es très en beauté ce soir, c'est pour moi où l'autre bonze encore ?

Arakïell : Tu connais déjà la réponse ...

Jack : Décidément, il faudra que vous m'expliquiez ce que vous lui trouvez à celui là. Tain, c'est pas vrai ça, il m'a même chouravé mon auteure. Fais chier celui là.

Arakïell : Allez ne râle pas, je danserais avec toi ce soir promis juré.

Jack : J'y compte bien.

L'ascenseur s'arrête dix étages plus bas, et je vois Prince Charmant, Alachnÿ et Amélie déjà bien partis dans l'ambiance, s'engouffrer à l'ouverture des portes :

Prince Charmant : Charmante, tout à fait charmante...Arakïell, vous vous êtes surpassée ma chère...

Arakïell : Hum merci Prince. Dites-moi, il me semble que vous avez mis le paquet vous aussi.

En effet, cet olibrius a encore frappé fort. Habit de cour en soie vert pomme, dentelle à profusion, perruque brune frisottée, visage fardé et une mouche au dessous de l'œil gauche.

Arakïell : Décidément prince, vous allez battre des records !

Prince Charmant : Pensez-vous ? Oh, je sais que mon bon goût me perdra. Ah, suis-je bon ?

Amélie : Dis moi donc pas, quèque t'es belle !

Arakïell : Pas autant que toi ma chérie.

Alachnÿ : Alors, dites moi, va t'on connaître de jolies brins de filles ce soir ?

Arakïell : J'ai prévu une boîte de streap tease. Autant vous dire que vous n'aurez pas assez de vos deux yeux pour mater magicien...

Alachnÿ : Tout à fait adorable de votre part. Je n'en attendais pas moins !

Enfin, l'ascenseur termine sa course au rez de chaussée. Nous ne passons pas inaperçus dans le hall. Heureusement pour moi, j'ai prévu cette soirée pendant la semaine des rencontres de fans du monde entier sur le thème de l'Heroic Fantasy : «World fantasia ». Au moins, nous allons pouvoir nous fondre dans la masse sans passer pour des pignoufs.

Pendant que nous attendons le reste de la troupe, la limousine arrive. Ouah ! La grande classe. J'ai bien fait de sortir un joli petit tas de billet vert...

Alors que j'admire l'intérieur de la caisse, Gabriel, beau comme un ange, forcément c'en est un, arrive avec à chaque bras Opéca et Chaperon Rose. Bon sang, à la limite de la décence, voici Chaperon, une robe ras la moule des talons de 12 centimètres, faux cils à paillette et gloss couleur or. Je m'étonne que Gabriel ne lui ait pas fait la morale :

Arakïell : Ca va Chaperon ? T'avais peur d'avoir chaud ?

Chaperon Rose : Oh, j'ai mis un tout petit rien, histoire d'être raccord avec l'ambiance dantesque de cette ville.

Arakïell : Si on est pas coffrés par les mœurs ce soir, c'est qu'on aura de la chance je vous l'dit !

Opéca a préféré un long fourreau lamé argent fendu jusqu'à la taille ceci dit...

Arakïell : Bonsoir Gabriel ! Dites moi, vous avez traversé le hall avec ces deux péronnelles ?

Gabriel : Je m'accorde à penser, que les avoir à l'œil pourraient nous éviter bien des tracas.

Arakïell : Il n'y a pas çà dire cher ange, j'adore votre optimisme.

Tiens, mais qui accompagne Légolas et Mic Mac ?

Non ! C'est pas vrai ! Je ne l'a reconnaît pas. Pourtant, c'est bien Aliénor. C'est si rare de la voir en robe...Une simple robe courte, noire, près du corps en velours noir avec un rang de perles.

Elle porte des bas couture et avec eux un porte jarretelles à n'en pas douter. Celui qui aura la chance de finir la nuit avec elle pourrait bien entrevoir le paradis...Une véritable beauté intemporelle.

Arakïell : Tu m'as mise k o ma belle.

Aliénor : Merci.

Arakïell : Légolas, vous portez vos vêtements elfiques ?

Légolas : Comme il se doit. Cela vous pose t'il un problème ?

Arakïell : Pas du tout beau blond, vous êtes toujours aussi charmant. Euh, comme ça en passant...votre père est t'il dans les parages ?

Légolas : Je pense qu'il arrive bientôt gente dame. Il m'a parlé dans cette drôle de petite boîte accrochée au mur au dessus de mon lit, pour me dire qu'il serait légèrement en retard Dame Olana avait un problème avec la fermeture de sa robe.

Chaperon Rose vient se poster à mes côtés et me chuchote dans l'oreille :

Chaperon Rose : Oui, bien sûr ! A mon humble envie, le joujou du roi à eu envie, comme ça à la dernière minute de vérifier si l'intérieur du coffre fort était toujours aussi accueillant pour ses bijoux de famille !

Arakïell : Tu as raison. Bon sang ce que je l'envie cette fille...

Chaperon Rose : On est trois sur le coup...le pauvre, si on lui tombe dessus il peut dire adios à son bazouka, ahahah !

Arakïell : Tu es impossible Chaperon.

Mic Mac, dans son petit pantalon moulant qui fait ressortir son p'tit cul me sourit de toutes ses dents :

Mic Mac : Eh la frangine, tu m'laisses quartier libre ce soir dis ? Tu vas pas me gueuler dessus comme font tous les autres hein ? J'suis qu'un pauvre petit lutin moi, tout gentil, tout mignon...

Arakïell : Arrête ton numéro le microbe.

Mic Mac : Y'auras de la belette à mater ?

Arakïell : Seulement si tu es sage.

Mic Mac : Promis !

Sur ces belles promesses, telle une apparition divine, excusez moi Gabriel, Thranduil, cheveux aux vents, long manteau couleur pourpre, (j'ai bien fait de choisir la même couleur pour ma robe, j'aurais au moins un point commun avec mon bellâtre), bagues aux doigts, lèvres ourlées à faire se damner une sainte s'approche de notre groupe. Olana, à ses côtés, robe de mousseline rose pâle, diamants autour du cou, mèches folles s'échappant de son chignon, les lèvres encore humides des baisers de son amant, marche à ses côtés, le tenant par le bras. Bon, ça va, il ne va pas s'envoler non plus !

J'enrage !

Arakïell : Vous n'arriviez pas à retrouver la clef pour sortir de votre chambre ?

Le roi me transperce de son regard bleu acier. Merdoum, ma plaisanterie tombe à plat comme une bonne grosse...crêpe. Restons polis !

Opéca et Chaperon, bavent devant l'apollon, tandis que le roi se tourne vers sa dulcinée :

Thranduil : Avez-vous froid ma mie ? Je vous sens frissonner.

Olana : Ô, mon roi, je ne frissonne que de l'envie que vous faites naître en moi.

Thranduil : Petit chaton qu'un désir fou affole...

Olana : Ouiiiii.

La belle miaule comme une chatte en folie. Chaperon Rose se moque légèrement, quand à Opéca, elle jette une œillade enflammée en direction du roi. Peine perdue, Thranduil ne voit qu' Olana, ne pense qu'à Olana, ne vit que pour Olana...Bon je continue où pas ?

Allez, il est temps de monter dans la limousine. Le roi fait monter son amoureuse en premier, quel gentleman ! Puis tout le monde s'engouffre joyeusement.

Déjà Mic Mac remplit ses poches de tout ce qui peut traîner dans la bagnole. Petite mignonette de whiskies, cacahuètes, préservatif...Quoi ?

Arakïell : Eh, l'avorton, qu'est ce que tu comptes faire avec ça ?

Mic Mac : Ben quoi ? J'aime bien ces...comment ça s'appelle déjà ? Chevingue goum.

Arakïell : Chewing gum ? Abruti, ce sont des préservatifs...

Alachnÿ : Ah oui ? Et à quoi servent ces choses là ?

Oh,' tain je suis mal là. Tout le monde me fixe et je pique un fard. Comment se sortir de ce mauvais pas ? Sortons le bon manuel du genre "Comment se sortir d'un guêpier sans passer pour une cruche ?" :

Arakïell : Eh bien, cela sert à ...éviter de se reproduire.

Amélie : Quoi ? Quèque tu racontes ?

'tain Amélie ...

Arakïell : Bon, euh il vous est déjà arrivé d'attraper la chtouille où autres joyeusetés du genre ?

Mic Mac : Ah ouais...ben une fois, j'me suis ramené d'une virée chez Rose, une armée d'morpions, j't'explique même pas.

Gabriel : Par tous les saints, mais tu es immonde le gnome !

Arakïell : Et bien ce petit bout de latex permet d'éviter ce désagrément.

Mic Mac : Et commentqu'ca marche ?

Je vois bien qu'il à fait exprès le corniaud de me mettre dans l'embarras. Soudain, une idée germe dans mon esprit embrumé :

Arakïell : Mon Seigneur Thranduil, auriez-vous l'obligeance de tendre votre index (vous remarquerez que j'ai bien spécifié l'index, j'aurais pu ...) en repliant tous vos autres doigts ? C'est pour la bonne cause vous savez. Un peu d'information peut sauver bien des vies...

Thranduil : Si nous pouvons y apporter notre contribution alors...

Là, devant mes magnifiiiiiique index du roi se tend anéantissant mes dernières intentions de bien me tenir. Chaperon Rose pouffe comme une démente. J'ouvre l'emballage, du préservatif et lentement je fais glisser sur ce petit bout de roi, le latex de couleur rose bonbon.

De grosses gouttes de sueurs coulent le long de mon dos. D'ici deux secondes, je sens que je vais, soit mourir, soit me jeter sur ce bellâtre et lui faire le coup de la brouette japonaise. Cà c'est encore un coup d' Opéca. Elle m'apprend que des choses pas recommandables la vilaine fifille !

Ok, la sueur coule, la bave coule, je sens que je vais couler aussi comme le Titanic, et là pas de sauvetage possible. Aucune embarcation ne viendra à mon secours. Ah ! Miséroïdes !

Le préservatif est déroulé, je m'assure qu'il l'est bien, encore une petite vérification...Quand on fait les choses ont les fait correctement. J'ai chaud, j'ai froid et le bellâtre qui me regarde...Mais c'est pas humain. Tout à coup, Surgit de nulle part, (bon en même temps, la limousine c'est pas Versailles...) Chaperon Rose se jette sur le doigt du roi et le gobe. Malédiction !

Par tous les démons surgit de l'enfer, de la terre, et des forges de Sauron, le roi un tantinet surpris essaye de récupérer le petit bout de sa précieuse personne. Je tire sur la robe, enfin, la micro robe de cette fille en folie et là, crac, la belle se retrouve le string à l'air. Quoi ? Chaperon tu as osé mettre un string avec cette robe ras la moulette ? C'est pas les mœurs qu'on va avoir sur le dos, mais tous les maquereaux de Las Vega !.

Situation urgentissime, je demande au chauffeur de faire un arrêt devant un centre commercial. Je jure que je vais acheter à cette gourgandine une bonne culotte de grand mère en coton, bien épaisse, anti intrusion, cela lui servira de leçon.

Arakïell : Bon, vous, vous restez sagement dans la bagnole. Le premier qui en sort, je le rétame !

Passablement énervée, après tout Chaperon m'a grillé la priorité, je pète les flammes. Personne ne moufte. Je m'engouffre dans la galerie commerciale la bave aux lèvres. Je me sens légèrement observé. Il faut dire qu'avec ma robe de soirée, ma coiffure compliquée, genre choucroute qui aurait mal tournée, et mon air revêche, je fais un peu tâche.

J'aperçois une boutique de lingerie. Parfait. J'entre et là autant dire que je zappe vite fait bien fait les dessous affriolants, guêpières, bas, culotte ouverte et autres dessous estampillés : "attrape-moi qu'on joue au docteur".

Dans un coin, je trouve un lot de culottes à tailles bien hautes, jaune poussin, avec des lapinous sur le croupion. Parfait ! Je prends le lot. Comment ça cent cinquante dollars, non mais ça va pas ? M'en fiche moi du coton bio cultivé sur les hauts plateaux du Pérou exclusivement à la main et ramassé à la sueur du front des aztèques ressuscités ! Bon, allez ça va arrête ton char, voila ton fric et aboule les culottes !

Poliment, Légolas tend la veste de Jack pour faire paravent et permettre à Chaperon rose d'enfiler sa culotte de chasteté. Gnaf gnaf, je rie bêtement du bon tour que je viens de lui jouer. Mic Mac zieute sous sa robe et s'esclaffe :

Mic Mac : Je vois des lapinous partout !

Arakïell : Tiens toi sage le microbe où tu peux dire adieu aux strip teaseuses !

Comme par enchantement, un calme olympien règne dans le carrosse. Tout juste entend t'on de temps à autre, un miaulement de désir de la femelle du roi.

Thranduil : Nous connaissons votre désir pour notre précieuse personne petit chaton ronronnant, mais vous devez vous tenir sage, sinon Dame Arakïell va encore ...nous péter une durite ?

Arakïell : Qui vous à appris ces mots Sire ?

Le roi me désigne Jack.

Arakïell : Traître !

Jack : Eh ma belette il a dû laisser traîner ses esgourdes là où y fallait pas. Tu t'imagines quand même pas ...

Arakïell : Bon ok, je te crois.

Aliénor : Ne vous énervez pas Arakïell.

Arakïell : Mais je suis très calme. Cela ne se voit pas ? Allez, passons à autre chose. Nous allons commencer cette tournée des grands Ducs par le Casino. C'est un endroit où l'on joue, soit aux cartes, soit à la roulette, soit aux manchots...

Alachnÿ : Des gens y ont perdus un bras ?

Arakïell : Si on peut dire oui.

Je leur explique, les machines à sous, le fonctionnement de ce lieu de perdition alors que Gabriel me lance un regard chargé de reproche.

Arakïell : Gabriel, il va falloir lâcher du lest. Ce soir, on décompresse. Promis, ils ne joueront pas beaucoup et cela ne se produira qu'une seule fois...dans la soirée.

Le casino apparaît. Des lumières illuminent l'établissement de toutes part. C'est noël !

Tout le monde descend. Je les compte, sait on jamais...Parfait. Je distribue à chacun un peu d'argent. Mic Mac à les yeux qui brillent. Toutes ces machines qui crachent des sous, pour lui c'est son paradis.

Je me dirige avec Jack et Aliénor à la table de blackjack (hihi trop drôle). Ce jeu demande de la concentration, de la stratégie. C'est tout à fait ce qu'il faut à Aliénor, grande guerrière, tout comme Jack.

Plus loin, Alachnÿ joue à la roulette. Il mise toujours sur le rouge et gagne au moins trois fois. Il est en folie le magicien. Le croupier l'observe en sous marin prêt à appuyer sur son bouton magique situé sous la table si ce drôle de magicien devenait un peu trop strange.

Quelle connerie ce colloque "World Fantasia", si un taré habillé en elfe où en magicien, vient brouiller son attention et détourner du fric...Le croupier commence à détailler ce magicien qui tout à coup lui semble véreux.

'tain, il se promet de le surveiller comme le lait sur le feu celui là. Accroché au manche de la machine à sous, Mic Mac pousse des petits cris lorsque les jetons dorés tombent dans le réservoir. Il jubile notre lutin :

Mic Mac : j'ai gagné, j'ai gagné !

Thranduil, d'un geste gracieux, (qu'est ce qui n'est pas grâcieux chez lui...), recommande à sa rose fraîchement épanouie de souffler sur les jetons de la roulette afin qu'elle lui porte chance. Et le plus beau, c'est que cela marche. Le gredin vient de gagner trois mille dollars en un clin d'œil. Olana soupire de bonheur en le fixant de ses yeux langoureux :

Olana : Ô mon roi, vous gagnez pour moi...

Thranduil : C'est votre souffle amoureux qui me porte vers des sommets que je n'aurais jamais penser atteindre ma mie. Approchez vous que je goûte vos lèvres.

Olana : Oh ouiiiii.

Je fonce vers eux, juste histoire de les interrompre. Voilà, c'est comme ça, et personne n'a rien à dire.

Arakïell : Euh, sauf votre respect votre grandeur exceptionnelle, je vous précise, que dans mon monde, il est très mal vu de se bécoter à tire larigots devant un croupier se demandant comment il va pouvoir vous éjecter de sa table sans perdre son job !

Thranduil : Pour ma Dame, je suis prêt à prendre tous les risques.

Là, sans craindre ma colère, mon désespoir, mon envie de me jeter dans une poubelle et d'attendre d'être embarquer par des éboueurs ivres qui ne font ce boulot que pour mieux gaspiller leur fric au poker, le roi entrouvrent les lèvres et chope la langue d'Olana.

Il y a comme un mouvement à très grande vitesse, du style, tambour de machine à laver sur mode essorage à mille deux cents tours minutes, et là Olana expire en poussant un gémissement qui je le crains fort va mettre le bâton du roi sur mode " levage express".

Discrétos, je baisse la tête sous la table...Miséroïdes, le braquemard du roi est au garde à vous. Branle bas de combat, on est en terrain miné ! Vite, une zone d'isolement est à mettre en place. Surtout, le roi ne doit pas quitter sa place sinon les mœurs vont nous cueillir comme une poignée de figues.

Je tente d'éloigner l'objet de ses désirs, mais la belle ne s'en laisse pas compter. Ah, elle l'a dans la peau son Thranduil !

J'appelle Jack à la rescousse. Ce mercenaire saura quoi faire.

Il commence par se taper un bon fou rire avant de lui expliquer in petto que son zigomar doit opérer un retrait stratégique et rentrer aux abris avant que la poulaille ne nous mettent aux fers. Cela semble marcher. Thranduil revient à de plus nobles dimensions, du moins la petite partie située entre ses deux formidables cuisses, musclées, fuselées, aéroportées, merdoum, le vocabulaire militaire de Jack déteint sur moi.

Oh, je me consume rien qu'à la pensée de ce serpent, (boa constrictor imperator, serait plus adéquat), qui ne demande qu'à ramper jusqu'à son nid. A bien y réfléchir, j'ai toujours aimé les serpents, ces bestioles là ne me font pas peur. Oh, viens là mon boa, vient que je m'occupasse de toi...

Olana sent bien qu'un petit quelque chose se trame dans ma cervelle chauffée à blanc. Du coup, elle entraîne le roi à sa suite en roucoulant comme un pigeon voyageur.

Je respire un peu, je suis en surchauffe. Vite un détour aux toilettes où je me, passe un peu d'eau. Ca va mieux. Alachnÿ est toujours en mode, "je gagne du fric comme je chie des fleurs" et je me vois dans l'obligation de rassembler tout ce joli petit monde dans le hall d'entrée, pour monter dans la limousine.

J'ai le plus grand mal à décrocher Mic Mac de son manche et je remarque que nous attirons l'attention du personnel du Casino. Je décide d'abandonner les jetons dans la machine sous les hurlements de ce maudit lutin. Jack, l'empoigne sous le bras et nous partons comme des voleurs.

Gabriel et Prince Charmant, sont déjà dans le véhicule à parler ma mine en fleur, ils se regardent d'un drôle d'air :

Arakïell: Oui, bon ça va ! On à dû partir à l'arrache. Enfin, nous allons tous nous calmer et reprendre le cours de la vie. Au fait, vous n'auriez pas envie de grailler un morceau ?

Alachnÿ : Que dit t'elle ?

Légolas lève les mains en affichant une mimique d'étonnement.

Jack : Bouffer, voilà ce que ça veut dire.

Prince Charmant : Voyons jack, un peu de tenue je vous prie.

Jack : Eh Guignol, ici je suis dans mon monde, alors si j'veux jurer et lancer à la cantonade des putains de bordel de merde fais chier ...J'ai l'droit !

Prince Charmant : Quel monde affreux !

Gabriel : Vous êtes loin d'avoir tout vu mon ami.

Aliénor : Où vas t'on se sustenter ?

Arakïell : On va se sustenter dans un resto chic. Sa majesté ne dîne pas dans un fast food.

Mic Mac : Dommage, j'aurais bien aimé y goûter moi.

Arakïell : Si tu es sage, on fera un crochet pour te commander un bon burger.

La limousine s'arrête devant un élégant établissement au doux nom de " Au petit Trianon".

J'ai pensé à mon bon roi. Non, pas Dagobert, mais, à l'autre, mon bellâtre. Rien qu'à l'explication que je lui sers sur un plateau d'argent pour lui expliquer cette appellation, je sens que je remonte dans son estime. Bien joué ma vieille !

Deux jeunes hommes en livrée (je rappelle que ce sont des costumes que les rois et princes donnaient à leurs courtisans et qui étaient à leurs couleurs et à leurs armes, sympa l'explication non ?), se présente devant la portière.

Chaperon Rose sort la première. Les jeunes gens ont les yeux qui plongent direct dans son décolleté. Téti et téta sont en grosse forme ! La bougresse, elle fait exprès de traîner juste pour qu'il ait ...la gaule ? Oh non, je lui file un léger coup de pied pour accélérer la manœuvre. Le roi et sa dulcinée sortent les derniers. Il faut au moins ça pour être admirer de sa cour...

.Olana se blottit contre lui. Lui la couve d'un regard de braise. Il dépose un doux baiser sur le bout de son nez. Ahhh, je tombe en pamoison.

On nous introduit dans la grande salle. Le décor est un peu pompeux, mais bon...Heureusement pour moi, j'ai demandé une tablée à l'écart. Un peu de discrétion ne nous fera pas de mal.

Nous nous installons. Les cartes nous sont présentées. Et là...une tartine de noms tous plus alambiqués les uns que les autres défilent sous mes yeux. Je demande conseil à un serveur, qui de son ton hautain, sombre crétin, m'explique tout ça en détachant bien les syllabes comme si j'étais une demeurée. Pignouf !

Je choisis la même chose pour tout le monde : "Gigot d'agneau en sauce gibelotte sur un lit de petits soleils ardents". Bref, tout ça pour dire gigot avec des patates quoi. Re pignouf !

Aliénor : C'est un bel endroit.

Arakïell : Ne te fis pas au décorum ma belle...

Prince Charmant : Avez-vous remarqué la finesse de cette nappe ? Magnifique !

Opéca : On s'en fout d'ta nappe, j'ai faim moi.

Alachnÿ : Et si l'on commençait par boire ?

Arakïell : Excellent idée, on va s'en j'ter un derrière la cravate.

Prince Charmant : Que dis-t-elle ?

Jack : On va s'torcher un peu quoi.

Gabriel : je vais servir moi même afin que certains ne fassent pas d'excès.

Il jette un regard noir en direction d'Alachnÿ et Mic Mac qui se rapproche de moi.

Arakïell : Qu'est ce que tu as à m'coller comme ça la verrue ?

Mic Mac : Dis, j'peux boire ce soir ?

Arakïell : Avec modération, la soirée est loin d'être finie.

Roulement de tambour, sonnez haut bois, résonnez trompettes, voici qu'arrive nos plats...Oh, je fais fort...Mon roi m'inspire.

Devant nous des assiettes énormes en porcelaine blanche, avec...trois fois rien. Une tranchounette de viande, une gouttelette de sauce formant une délicate arabesque et une demi-patate découpée avec une grâce infinie.

'tain, y s'foute de notre gueule ! C'est pas avec ça qu'on va faire bombance. Et là, Thranduil, MA splendeur se saisit de sa fourchette et de son couteau et le petit doigt en l'air, découpe avec juste ce qu'il faut de politesse le morceau de barbaque pour le porter à ses lèvres délicatement ourlées.

Là, elles s'entrouvrent et je me mets à rêver. Être ce petit bout de viande, atterrir dans cette bouche divine, être mâchouillé, promené de droite à gauche ...la bouche ouverte, la fourchette suspendu entre mes lèvres et le vide intersidéral, nos regards se croisent.

Il me dévisage en haussant le sourcil, ah, je vais mourir la gueule dans mon assiette et on me mettra en terre avec ma chaise, ma fourchette et le morceau de gigot encore accroché dessus !

Gabriel me tapote le dos et je sors de ma transe tandis que Mic Mac rit bêtement.

Ce pauvre roi, je le mets au supplice quand même. Du coup, comme je l'ai stoppé dans son élan, il n'a pas fini de mâcher le fameux bout d'viande et un peu de jus se présente à la commissure de ses lèvres. La goutte hésite, tergiverse et se met à couler sur son menton.

Autre bouffée de chaleur...C'en est trop je prépare ma langue, ce soir elle va léchouiller un menton royal. La diablesse d'Olana m'a prise de vitesse. Elle sort un petit bout de langue rose et délicatement le passe sur le sillon trempé. Je manque m'évanouir.

Là dessus, pour ne pas être en reste, Thranduil se tourne vers l'objet de ses désirs et la transperce d'un regard à fondre le métal. Je plonge la tête discrétos sous la table...Miséroïdes, le moteur royal s'emballe à nouveau. Mais c'est pas possible ! Aliénor toussote gênée, Gabriel ne sait plus à quel saint se vouer, Alachnÿ rit de plus belle, les deux poules folles n'en peuvent plus...Bref, c'est la folie !

Olana : Mon roi, vous aviez un peu de sauce sur votre mentonnnn.

Thranduil : Ma mie, vous volez toujours à mon secours.

Olana : Ouiiiiii.

Thranduil : Petit chaton ronronnant, vos voyelles sont un appel à la luxure.

Olana : Oh ouiiiii.

Mais bon sang, qu'elle arrête de miauler comme ça. Je m'éponge le front tandis qu'Amélie fait diversion :

Amélie : Ben que l'cul m'en tombe. M'es avis qui fait aussi chaud qu'sous l'cul d'une poule !

Chaperon Rose : T'as raison la vieille.

Jack : Bon les filles redescendez d'un étage là, on a un repas à finir. 'tain, quel repas à la con ! J'te préviens Arakïell, en sortant je fonce au fast food.

Arakïell : Tu as raison, d'ailleurs, on devrait y aller tout de suite. Je règle la note et on file.

Prince Charmant : Mais enfin, nous étions pourtant dans un cadre charmant avec du personnel à l'écoute de nos moindres désirs...

Tous ensemble : Ta gueule !

Je file les consignes au chauffeur : ce sera le drive.

Inutile de nous faire remarquer au fast food. Nous sommes tous affamés. Déjà pour se mettre d'accord pour la commande il à fallu que je leur explique pendant un très très long moment. Au final, je me suis énervée et du coup, j'ai pris pareil pour tout le monde.

Non mais !

Chacun mord dans son hamburger. Légolas regarde avec la plus grande attention ce pain rond bourré de choses incroyable. Il détache une bouchée en y mettant les formes et trouve cela très bon. Un peu de sauce coule sur son menton (c'est inscrit dans leurs gènes où quoi ?). Parfait. Je tiens là ma revanche. Je fixe Thranduil dans les yeux et m'approche de son rejeton, la langue prête à l'emploi. Il se raidit :

Thranduil : Ion nin, (mon fils, pour ceux qui ne connaissent pas l'elfique), tu as ces carrés de papier prévu à cet usage.

Arakïell : Oh ! Mon seigneur, vous ne voudriez pas que votre enfant, Prince de Mirkwood, se serve de ce papier ordinaire, quand je me propose de lui venir en aide avec ...

Thranduil : Cela suffit ! Veuillez utiliser le papier.

Je le provoque sciemment et j'adore ça. Ses yeux sont deux feux incandescents. Olana roucoule :

Olana : Mon Seigneur, comme vous êtes magnifique drapé dans cette colère !

Thranduil : Vraiment ma petite puce adorable ?

Olana : Ouiiiiii.

J'en profite, gredine que je suis, pour passer ma langue à la vitesse de la lumière sur le menton de Légolas qui me regarde d'un air ébétté. Le paternel me fusille de ses yeux bleux aciers je lui réponds d'un sourire narquois. Une joute des plus féroces s'installent entre nous. Aliénor intervient rapidement :

Aliénor : Et où nous emmène tu à présent ?

Arakïell : Je vais sans doute le regretter jusqu'à la fin de mes jours, mais je vous l'avais promis...on va se faire une p****n de virée dans une boîte de streap tease...Je vous explique même pas !

Alachnÿ : Nous allons voir de jolies jeunes femmes se dévêtir devant nos yeux ébahis ?

Mic Mac : J'vais toucher du croupion ?

Arakïell : Je préfère vous mettre en garde tout de suite, interdiction formelle de toucher, embrasser, voire plus avec les filles du podium. Le premier qui envoie une main baladeuse, je lui coupe ses c...

Gabriel : Arakïell !

Arakïell : Je n'ai rien dit, j'ai juste suggérer.

Chaperon Rose : Penses-tu Arakïell que je puisse monter sur le podium pour faire étalage de mon savoir ?

Arakïell : Au point où nous en sommes...

Opéca : Tout pareil pour moi.

Chaperon Rose : Ce n'est pas avec ton gros cul, que tu vas faire ...

Gabriel : Chaperon, vous dépassez les bornes, veuillez vous excuser immédiatement !

Chaperon rose : Absolument pas.

Gabriel : Je vais vous mettre une correction.

Chaperon Rose : Oh oui, une fessée, une fessée, une fessée...

Aliénor : Calme-toi tout de suite.

Amélie : Eh ben Arakïell, m'es avis qu't'as pas fini d'en chier !

Arakïell : J'en ai comme l'impression.

Aliénor : Dis moi, il te fait toujours autant d'effet Thranduil non ?

Nous chuchotons comme deux collégiennes :

Arakïell : Tu ne saurais imaginer...

Aliénor : Il est vrai qu'il a des atouts exceptionnels.

Arakïell : Ne m'en parle pas, je n'arrive plus à retrouver une température corporelle correcte.

Aliénor : Olana ne connaît pas sa chance.

Arakïell: Je crois que si elle l'a connaît. Il n'y a qu'à voir comme elle le bade...Dit moi ma belle, je compte bien te voir en folie tout à l'heure sur le dance floor. Te défile pas ok ?

Aliénor : Ok boss.

Arakïell : J'adore quand on me répond comme ça.

Ca y est.

Nous sommes arrivés devant le club. Attention, je n'ai pas choisi n'importe lequel. Devant nos yeux ébahis, s'affichent en lettres de néon " Cheetah's Topless Lounge".

A nouveau, je glisse quelques billets verts à chacun des convives, peut être un peu plus aux mâles qui vont baver devant les belettes aux seins nus et j'énumère à nouveau quelques règles que j'ai glané sur Internet en ce qui concerne la fréquentation de ce genre d'établissement.

Arakïell : Filez un pourboire aux filles, du moins, pour ceux qui seront assis au premier rang. De toute façon c'est quasiment obligatoire. Ne filez pas plus de fric que ce qui est prévu sinon, les morpions resteront accrochés comme des ventouses, évitez d'accepter tout et n'importe quoi des serveuses, sinon elles vous feront boire toute la réserve de champagne et à mes frais en plus...

Je rajoute que, il est possible d'avoir une danse avec un contact physique avec une fille : tarif 2O $ environ, plus le pourboire. Et surtout, laissez la fille décider où elle veut que vous posiez vos menottes, compris ? COMPRIS ?

Tous les mâles : COMPRIS !

Arakïell : Si vous souhaitez une danse contact dans la pièce vip, venez me voir, parce que là, ça risque de me coûter un bras et je préfère choisir à qui reviendras cet honneur !

Le roi me lance un regard furibond :

Thranduil : Pensez-vous que j'infligerais pareille horreur à, ma mie adorée ?

Alors là, je lui plante un regard volontairement provocateur dans ses jolies prunelles bleues acier :

Arakïell : Vous n'imaginez même pas ce que ces filles seraient prêtes à faire pour vous faire cracher la monnaie et accessoirement ...autre chose !

Chaperon Rose : Parfaitement votre majesté, et je vous parle en connaissance de cause !

Opéca : On en doute pas pouillasse.

Chaperon Rose : Je sens que je vais faire transpirer mon string.

Je regarde...non, c'est pas possible !

La gourgandine à jeter la culotte lapinou pour remettre son string à paillette...Je sens que la nuit va être chaude bouillante ! 'tain, qu'est ce qui m'a pris d'avoir cette idée à la con !

La voici déjà devant l'entrée de la boîte. Tant pis, je me lance. Après tout, moi aussi j'ai envie de décompresser.

On entre sous le regard suspicieux d'une montagne de muscle. A l'intérieur, une scène immense, parsemée de barre pool dance où des filles se contorsionnent, bougent leurs croupions et minaudent à qui mieux mieux.

Tous les mâles que j'ai ramenés ouvrent de grands yeux, Thranduil en tête.

Ca y est, je remarque deux serveuses qui foncent vers nous et surtout sur mon bellâtre. Les pouillasses ont intérêt à garder leur string bien à leur place où des gnons vont voler dans tous les sens.

Vite réfléchissons, va falloir mettre tous mes sens en alerte maximum. La musique est dantesque ! "Lords of Acid - I sit on acid». Cette charmante comptine commence par ces mots : (et je n'invente rien)

_ Darling come here, Fuck me...

Oh là là ! L'ambiance est lancée. Je sue à grosses gouttes. Mic Mac bouge en cadence son p'tit cul en zieutant les filles sur le podium. Légolas envoie un message subliminal à son père par l'intermédiaire d'un échange visuel. Tous deux se demandent où ils sont tombés. Des miaulements se font entendre avec cette musique qui réveillerait la libido d'un macchabée.

Aliénor : Bon sang, ça déménage ! J'aime bien cette musique !

Elle commence à se déhancher.

Opéca et Chaperon rose sont déjà bien partis. Des mâles commencent à leur tourner autour. Olana, jusque là discrète, est tout à coup toute émoustillée par cette musique et les miaulements de la fille sur la bande son.

Petit à petit, elle commence à se bouger d'une façon si équivoque que le roi semble hypnotisé par sa femelle. C'est qu'elle y met de plus en plus d'entrain la bougresse.

J'emmène vite Gabriel dans une alcôve afin de le protéger des tentations de ce lieu de perdition. Son acolyte saint Michel l'attend pour lui tenir compagnie. Parfait, en voici un de casé. Je ferme les rideaux de velours rouge, les voilà soustrait à ces perversités.

Jack surveille Aliénor, il n'a aucune confiance envers les mâles de ce monde. Aucun code de l'honneur, aucune manière distinguée, va falloir surveiller tout ce joli petit monde de très près.

Amélie tente de remuer comme Aliénor...euh, comment dire, c'est pas gagné. Pourtant, là, à l'autre bout de la pièce, un petit chauve la regarde avec une insistance non feinte. Ventrebleu ! Ca va être chaud.

Légolas danse avec Opéca. Elle tente d'envoyer ses mains baladeuses sur ce petit corps tout choupinou. Je la rappelle à l'ordre. Son paternel le surveille également, mais sa femelle déchaînée vient d'accaparer toute son attention.

Elle tourne autour de lui en lui lançant des œillades à faire rougir de honte les travailleuses du bois de Boulogne. Oh là, je sens le danger !

Thranduil s'approche et commence à esquisser quelques mouvements de danse. Je dirais un mix entre un déhanchement et des mouvements de bassin qui rappelle...Oh miséroïdes !

Moi et Chaperon Rose, nous regardons complètement éberluées. Le bougre bouge tant et si bien qu'il commence à s'exciter tout seul. Olana, au bord de l'implosion se colle à lui, penchée vers son oreille, elle doit lui débiter des cochonneries sans doute, car le roi met sa main sur ses reins et la presse contre...Oh miséroïdes !

Elle passe ses mains dans la longue chevelure du roi qui la colle contre lui, tandis que je la vois ouvrir la bouche formant un Oh d'étonnement. Je me doute un peu de ce qui à pu l'étonner. Mes yeux descende un peu en dessous de la ceinture...ah, je ne vois rien avec tous ces danseurs...soudain...Oh miséroïdes, le roi à encore la gaule !

Je bois cul sec une vodka pour me donner du courage. Je rassemble tout mon joli petit monde et les dirige vers une table réservée. Nous nous installons.

Coup de projecteur sur quatre nouvelles danseuses. Vêtues, euh plutôt dévêtues, elles ne sont parées que d'un string et d'un soutif à paillettes.

Là commence une danse, euh le racolage serait plus juste, contre la barre de pool dance. L'une d'elles l'attrape monte un peu puis sans la moindre pudeur écarte ses jambes.

Alachnÿ et Légolas crache le contenu de ce qu'il vienne d'avaler. Mic Mac, en folie, monte sur le podium et continue à remuer son p'tit cul moulé. On le presse gentiment de redescendre. Thranduil ouvre des yeux gigantesques tandis qu'Olana pose son visage contre son épaule et miaule de plus belle. Il n'en peut plus le pauvre !

Aliénor : Bon sang, elles n'ont pas froid au...

Arakïell : Ni ailleurs...

Nous rions de concert. Soudain, sans prévenir, Chaperon Rose se lève, monte sur la scène et se met à onduler...'tain, c'est pas possible, elle pourrait donner des leçons aux professionnelles qui s'activent.

Les mâles de l'établissement ont tous les yeux sur sa croupe. Elle à du métier cette fille. Même le patron la zieute. Non mais, il va me la débaucher à coups sûr.

Une fille vient se trémousser devant Légolas qui baisse les yeux. Prince Charmant fait virevolter son mouchoir en dentelles en s'épongeant de temps à autre. Jack se lève et glisse un bifton dans la ficelle du string de la fille.

Légolas regarde Alachnÿ et devant une assistance médusée, accroche timidement un billet vert dans le soutien gorge de la danseuse laquelle lui chuchote quelque chose à l'oreille. Je le vois frémir et opiner de la tête. Je suis certaine qu'elle vient de lui proposer une danse contact. Effectivement, elle descend de la scène et commence à onduler devant lui.

Thranduil se lève et se poste non loin de là afin de protéger sa progéniture contre un quelconque dérapage.

Légolas osa à peine regarder la fille. Comprenant qu'elle à affaire à un bon garçon, la fille l'encourage à poser ses mains sur ses hanches. Il est tout gêné le pauvre elfe. Elle aperçoit ses oreilles pointues et se met à rire en soufflant un air chaud à l'intérieur du conduit auditif. NON !

Fallait pas, fallait pas...

Le bassin de Légolas vient de s'emballer et se frotte désormais sur la croupe de la demoiselle. Thranduil vole au secours de son fils. Il écarte la fille qui devant MON bellâtre remue son boule avec frénésie. Mais comment fait-elle ça ?

Elle essaie de le séduire...Borgniasse. Je fonce et la pousse sans ménagement ! Personne ne se frottera à MON Thranduil.

Passablement énervée, la fille, je le prévois, ne va pas s'en laisser conter. Jack intervient et la calme tout de suite. Olana parle à l'oreille de son mâle qui ouvre de grands yeux. Elle se dirige vers les toilettes. Dix secondes plus tard, je vois le roi se lever à son tour. Je me penche vers Alachnÿ :

Arakïell : Bon sang, il faut que j'aille vérifier quelque chose.

Chaperon Rose, qui a fini son numéro de charme, descend de la scène sous les applaudissements et me rejoints tout comme Aliénor et Opéca. Nous fonçons aux toilettes.

Des hommes nous matent sans vergogne.

Nous entrons dans les toilettes pour dames. Apparemment elles sont vides. Nous sortons lorsque...pas possible, d'une porte fermée nous arrive de drôles de sons. Des gémissements appuyés accompagnés de grognements rauques. Je comprends tout !

Je frappe à la porte. Les sons continuent de s'envoler de plus en plus fort :

Arakïell : Sortez de là !

Chaperon Rose rit comme une baleine, a t'on déjà vu une baleine s'esclaffer ? Quelle expression à la con !

Arakïell : Je sais que vous êtes en train de vous envoyer en l'air ! Vous avez intérêt à stopper net et sortir où j'enfonce la porte !

Aliénor : Euh, peut être devrions nous les laisser terminer ce qu'ils viennent de commencer tu ne crois pas ?

Arakïell : NON !

Chaperon Rose : Tu es jalouse ?

Arakïell : OUI et alors ?

Chaperon Rose : Alors rien ! C'était juste histoire de le faire remarquer.

Opéca : Ils m'échauffent les sangs ces deux là !

Arakïell : Sortez !

D'un coup, j'entends la voix rendue rauque par le désir du roi :

Thranduil : Nous honorons Dame Olana, et ne souhaitons pas être dérangés ! Passez votre chemin où vous encourrez la colère du roi !

Arakïell : Vous quoi ? Non mais on n'est pas dans votre palais là. Qu'est ce que c'est que ces manières ?

Thranduil : Ma mie, souhaitez vous sortir ?

Olana : Nonnnnn

Thranduil : Préférez vous que nous continuions à vous honorez avec ferveur ?

Olana : Ouiiiiiiiiiii

Thranduil : Vous constatez par vous même que la principale intéressée ne désire point accéder à votre injonction...oui, ma mie je ne vous fait plus languir...

Arakïell : Je vous jure ...

Aliénor : Laisse-les.

Chaperon Rose : Bisque bisque rage...

Arakïell : Oh arrête-toi...

Bientôt, comme cela était prévisible un long gémissement, vraiment, mais alors vraiment très appuyé atteint nos oreilles :

Olana : OH Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Thranduil : Ahhhhhhhhhhhhh

Et voilà, l'affaire est faite.

Tous deux sortent des toilettes. Lui, les cheveux en bataille les lèvres humides, elle, les cheveux dans les yeux, les lèvres tremblantes, les yeux mi clos. Elle plonge son visage dans le cou du roi et continue à gémir, signe que la joute à dû être ardue !

Thranduil : Oh ma mie, nous savons que nous sommes fort compétent, nous vous voyons toute alanguie par nos assauts royaux ! Venez dans mes bras goûter le repos avant que nous ne vous honorions à nouveau tant votre joli petit corps nous rend fou !

Chaperon Rose, Aliénor, Opéca et moi même restons bouche bée. 'tain, la chance qu'elle a !

Olana : Ouiiiiiiii mon roi. Honorez-moi le nombre de fois qu'il vous plaira !

Nous les regardons passer avec une envie non dissimulée. Juste histoire d'enfoncer le clou, Thranduil lance un dernier missile :

Thranduil : Vos tétons sont en émois, nous nous promettons de les déguster sans tarder.

Et ils s'en vont. Je mets une bonne minute à reprendre mon souffle...Comme les autres d'ailleurs.

Arakïell : Vous comprenez à présent ce que je vis ? La dure réalité de la vie me rappelle chaque jour combien je suis passée à côté d'une merveilleuuuuuuse histoire d'amour...

Aliénor : Je compatis l'auteure.

Opéca : Ben, c'est pas facile je l'reconnais.

Chaperon Rose : Moi, je me fiche de tout ceci, car j'ai toujours l'espoir chevillé au corps mes amies.

Arakïell : Tu as un optimisme incroyable toi. 'tain, tu m'épates.

Chaperon Rose : Eh oui, c'est ça la vie d'artiste.

Opéca : Qu'est ce tu racontes borgnasse ?

Chaperon Rose : Tout glisse sur moi, même tes petits mots d'amour ma chère !

Je décide de retrouver le reste de ma petite troupasse. Bon sang, ça fait un moment que je me suis absentée. Dans quel état vais-je les retrouver ?

Arrivés sur le dance floor, je pousse un cri de surprise.

Mic Mac, sur les épaules de jack se dandine du croupion. Alachnÿ et Prince Charmant se sont payé une danse contact et le magicien en a la bave qui dégouline sur son précieux manteau. Légolas est en prise avec une danseuse un peu trop entreprenante.

Le paternel vient mettre son grain de sel. Comme il beau, le poitrail gonflé par l'importance qu'il se donne, le regard noir, les cheveux formant une auréole autour de son visage so perfect !

La danseuse discute deux secondes et se tourne vers le roi avec dans la tête autre chose que parlementer sur sa manière de danser avec son rejeton.

Et que vois-je ? Elle envoie la main en dessous de la ceinture juste un peu au dessus de son joujou. Bon sang, je baisse la tête et fonce comme un taureau dans l'arène. Elle va l'avoir sa dérouillée celle là. J'arrive avec un tel élan que nous basculons à terre toutes les deux. J'empoigne une grosse mèche de cheveux...Diantre, ils me restent dans la main...Oups ! Merdoum, ce sont des extensions.

Bien fait ! Ca va lui coûter un bras pour s'en faire poser de nouvelles. La fille m'arrache les miens de cheveux cette fois, sauf que les miens sont vrais. Aïe ! Elle me fait mal. Ni une, ni deux, je lui balance un direct et en profite pour attraper la ficelle de son string qui...craque et la donzelle se retrouve le cul à l'air.

Mic Mac arrive en courant et se place derrière la fille. Tiens, une éclipse lunaire...totale celle ci.

Super, un peu d'astronomie. Le videur arrive tel Zorro et nous prie de nous calmer où c'est direct la porte. Je me redresse et lui file quelques biftons. Ah, la saveur de l'argent !

Thranduil, me tend la main gracieusement afin que je me relève. Oh, je suis toute émue. Je l'attrape et la retiens plus que nécessaire. Il est obligé d'utiliser l'autre main pour dégager ma menotte qui reste VOLONTAIREMENT dans la sienne.

Thranduil : Pourquoi avoir usé de violence ?

Arakïell : Qu'est ce que ça peut bien vous faire ?

Thranduil : Répondez à ma question !

Arakïell : Sinon ?

Thranduil : Vous êtes impossible !

Arakïell : Vous me donnerez une bonne fessée ? J'ai entendu parler de votre prédisposition à utiliser ce genre de punition et pas seulement pour les enfants. Je pourrais être corrigé par le grand roi elfe ? Dites ? Siou plaît ?

Quelqu'un se reconnaîtra dans cette révélation que je viens de lâcher comme une bombe à eau.

Le roi lève les yeux au ciel.

Thranduil : Nous constatons tout de même que vous avez agi dans un but louable. Pour notre précieuse personne. Ainsi, cela vous dérange que nous soyons courtisé par d'autres femelles ?

Arakïell : Bouhh ! OUI, voilà, vous êtes content ? Crâne d'œuf !

Thranduil : Nous sommes magnanimes et vous pardonnons cet accès de fureur.

Arakïell : Quelle générosité ! Je pourrais avoir ma fessée quand même ? Cul nu, et la main généreuse ? Dites, dites...

Thranduil : Nous préférons nous abstenir de répondre;

Arakïell : Lâche.

Thranduil : Attention à ce que vous dites !

Arakïell: M'en fiche !

Aliénor : Ce n'est un peu fini ces enfantillages.

Arakïell : Je fais mon caca nerveux, j'ai le droit non ? Tain, j'ai passé ma soirée à surveiller les uns et les autres, à sortir mon fric généreusement, alors OUI, j'ai le droit de péter les plombs !

De rage, je prends le premier verre se trouvant sur la table et l'avale d'un trait. LA VACHE ! Qu'est ce que c'est qu'ce tord boyaux !

Je me remets lentement et pars bouder sur le dance floor où je me déhanche sans la moindre pudeur. M'en fous ! Fallais pas me chercher. Sur la piste, avec Aliénor, Chaperon et Opéca, nous mettons le feu !

Olé, les culottes se dévoilent et ça transpire de partout. La nuit a étendu son long manteau...de conneries ! C'est assez pour ce soir. Je décide le replis des troupes. Mic Mac reste accroché sur le podium. Celui là a dû être un morpion dans une autre vie, c'est pas possible.

Nous sommes affalés dans la limousine.

Je lance un mauvais regard au roi. Le coup des toilettes me reste en travers de la gorge.

Olana, les yeux fermés commence à somnoler. Le roi lui caresse les cheveux. Je m'imagine à sa place...Je préfère fermer les yeux. Nous arrivons devant l'hôtel.

Nous descendons et prenons l'ascenseur dans un silence total.

Nous nous souhaitons la bonne nuit et chacun réintègre sa chambre.

Je sors la carte pour ouvrir la porte et envoie valser ces satanées chaussures. Des ampoules sont à prévoir. Tiens, je les trempe dans la piscine. Ahhhh, ça fait un bien fou.

Bizarrement, j'entends frapper. Tiens, me dis-je, parce que ça m'arrive quand même de me parler. Je me réconforte toute seule...

J'ouvre la porte et qui vois je ? Sa précieuse majesté:

Arakïell : Encore vous ? Vous venez vous repaître de mon malheur ? Malandrin, bandit de grands chemins !

Contre toute attente, il me prend la main, la porte délicatement à ses lèvres et me fais un baise main dantesque. Je manque m'écrouler par terre. Il me retient :

Thranduil : Nous sommes venus vous présenter des excuses largement méritées. Nous vous avons causé des soucis ce soir et nous en sommes navrés. Le...hum, enfin, nous avons manqué de tact dans les toilettes pour Dames et regrettons de vous avoir mise au supplice. Toutefois, à notre décharge, nous devons vous avouer, que notre comportement nous est dicté par la seule passion que nous éprouvons pour Dame Olana.

Arakïell : Je sais oui. Moi aussi je vous dois des excuses. Mais si vous n'étiez pas si beau aussi... si parfait, si...

Il sourit. Ouah, quel exploit !

Thranduil : Nous sommes si amoureux de cette jeune femme.

Arakïell : Et elle le mérite. Elle n'a pas mangé que des pâtisseries celle là !

Il lève son charmant sourcil. Oh, un de ces jours je vais les lui raser et garder les poils précieusement dans une boîte...

Arakïell : Allez, on va dire qu'on est quitte ...pour ce soir.

Le grand roi des elfes s'approche de moi :

Thranduil : Vous savez, nous vous estimons beaucoup...Si le destin avait été différent...En d'autres circonstances...

Arakïell : Oui, Majesté, en d'autres circonstances.

Je lui offre un bien triste sourire. Alors que je m'apprête à lui souhaiter bonne nuit, son doigt se positionne sous mon menton, son visage s'approche du mien complètement en attente d'un événement exceptionnel...

Je sens arriver le scoop, la révélation suprême, le coup de bambou...

.

Alors que je suis à deux doigts de succomber, je fais vite mes prières, sait-on jamais, sinon je vais me faire remonter les bretelles par le gardien du paradis. Et alors, vous ne pensiez tout de même pas que j'allais atterrir chez l'autre cornu non ? Si ? Traître !

Bref, il me regarde intensément en me souriant et dépose un doux baiser. Juste sa paire de lèvres posée sur le miennes rien de plus. Promis, juré, crrr !

J'ai encore les paupières fermées et je gémis a fendre les âmes du purgatoire. Ah, je comprends maintenant pourquoi Olana est toujours en mode " chaton qui ronronne".

Je pousse un gros soupir et me décide, enfin à ouvrir les yeux.

Et ben dis moi pas, comme aurait dit Amélie, si j'm'attendais à çà !

Arakïell : Merci.

Thranduil : Nous n'avons pas fait cela pour un merci, mais pour vous prouver combien vous êtes une personne précieuse.

Je commence à décoller du sol, je m'envole...Commencerait il à me pousser une paire d'ailes ? Je m'interroge.

Thranduil : Nous vous laissons à votre repos Dame Arakïell.

Arakïell : Je vous laisse à votre aimée.

Il ouvre la porte et s'engage dans le couloir. Je le regarde partir le dos large, la démarche royale...

Au revoir doux rêve...

Je lui fais un dernier signe et ferme la porte.

Un transat sur la terrasse m'attire irrésistiblement. Je m'y écroule, branche mes écouteurs sur un morceau de Mister Sinatra et me prend à rêver :

_ Qu'en d'autres circonstances...

THIS IS THE END