Disclaimer : Tout est à Marvel !

Paring : Jack Thomspon / Daniel Sousa

Avertissement : Légers spoilers fin de saison 1 !

Note : Salutations, nouveau fandom ! Ceci est ma première publication sur "Agent Carter" et, étrangement, sur tout Marvel en général ! Je débarque avec quelque chose de court et de très fluffy, j'espère que ça vous plaira :)

Enjoy !

. . .


- Man's Man's World -

Daniel ne savait même pas pourquoi il était resté si tard au bureau ce soir là. Ni pourquoi il était resté si tard au bureau les soirs précédents. Les couloirs du SSR étaient vides, désertés. Sombres, aussi. Les seules lumières qui persistaient étaient celle de son bureau personnel, et celle qui filtrait à travers les stores des fenêtres du bureau privé du Chef Thompson – puisque c'était ainsi qu'il fallait l'appeler maintenant.

Il commença en ré-empiler ses dossiers pour la nuit et ré-arrangea rapidement la surface pratique de son bureau. Il était l'heure pour lui de partir, il n'allait définitivement pas passer la nuit ici. Il se voyait déjà mettre son manteau, son chapeau, prendre sa mallette, saisir sa canne et éteindre sa lumière avant de fixer quelques secondes supplémentaire la porte fermée de son nouveau patron. C'était ce qu'il faisait, souvent, espérant peut-être qu'il éteigne sa lumière lui aussi et qu'il sorte un peu du service. Qu'il s'accorde un peu de repos, peut-être.

Mais en même temps, Daniel était en colère contre lui. Il voulait le lui dire, aussi, mais ce n'était jamais le bon moment, jamais le bon endroit. Il lui en voulait pour ne pas avoir cité Peggy dans leur dernière affaire. Elle avait été d'une importance si capitale, elle avait sauvé tellement de gens, et Thompson s'était juste... attribué tout le mérite. Son visage se ferma. Il avait pensé, pourtant, que d'apprendre à mieux la connaître l'aurait fait changer, rien qu'un peu. Que, au moins, il aurait su reconnaître sa valeur devant un tiers.

Crac.

Il y eut comme un battement supplémentaire dans la poitrine de Sousa. C'était le parquet du bureau devant lui qui venait de grincer, et il savait ce que ça voulait dire. Thompson allait ouvrir sa porte, et il allait le voir là, à moitié dans le noir, paré à partir mais pourtant toujours là, à regarder dans sa direction. Il devait détourner les yeux.

Mais la porte s'ouvrit, et Daniel n'avait pas bougé. Jack le vit, et ils se regardèrent un instant sans rien dire, dans le blanc des yeux. Et puis l'agent Thompson leva un sourcil sardonique, et Sousa déglutit.

-Quoi ?

-R-rien, tenta Daniel. Je m'apprêtais à partir.

L'autre leva les yeux au ciel et se détourna pour aller jusqu'à la fontaine d'eau la plus proche. « Eh bien bonne soirée, Sousa. ». Tout dans sa voix et dans son attitude avait des relents de sarcasme piquant. C'était arrivé à un point où Daniel n'était plus sûr s'il devait le voir comme un homme normal dans une armure d'amertume, ou juste comme un connard profond.

-Pourquoi t'as fait ça ? S'entendit-il demander.

Le truc, c'était qu'il ne pouvait pas croire à la théorie du connard. Il y avait quelque chose chez Thompson qui ne collait simplement pas à l'image. Mais c'était peut-être aussi son imagination.

-Pourquoi j'ai fait quoi ?

On ne pouvait pas paraître plus ennuyé par une conversation. Il s'était servi un gobelet d'eau fraîche qu'il but d'une traite, avant de s'en resservir un et de, cette fois, prendre son temps. Il se retourna vers Sousa, attendant la suite, et Daniel ne cilla pas même un peu en précisant :

-Priver Carter de la reconnaissance qu'elle mérite.

Il avait été froid et il savait que c'était ce qu'il fallait pour que Jack réagisse, mais il ne put pas s'empêcher de s'en vouloir, rien qu'un peu. Thompson leva les sourcils si hauts que Sousa trouva cela déplacé. C'était comme s'il se moquait de lui, Daniel n'aimait pas ça. Mais il savait aussi que c'était comme ça que Jack était, que ça n'avait rien à voir avec lui en particulier.

-Qu'est-ce que t'aurais voulu que je fasse ? Répondit Jack, perplexe. Dire la vérité ?

-Parfaitement.

Sa voix tremblait à peine, et c'était plus de rage que d'angoisse. Il sentit ses poings se fermer doucement, presque par réflexe. Il avait les mains moites. L'autre eut un petit sourire en coin, comme s'il était soudain pris d'incrédulité. Comme s'il pensait que c'était Sousa, maintenant, qui se moquait de lui. Mais Daniel était des plus sérieux.

-A un homme de pouvoir comme lui ? Insista Thompson. Comment est-ce que tu penses que ça se serait passé ?

Il riait presque, mais il n'y avait aucune joie sur son visage. Daniel fronça les sourcils. Ça ressemblait... à de la peine... ou quelque chose qui s'en serait approché. Il le vit écarter les bras, sans plus penser à son gobelet qui par miracle ne se renversa pas. C'était comme s'il l'invitait à regarder autour d'eux, à réfléchir à deux fois avant de répéter ce qu'il lui avait dit.

-Le- le monde n'est pas prêt, Sousa ! Dit-il comme une évidence.

Mais il n'y avait rien d'évident là-dedans pour Daniel. Ses sourcils froncés se relevèrent, un peu. Il regarda Jack, puis autour d'eux dans ces bureaux vides, comme si la réponse aurait pu se trouver là, sous son nez. Pourtant non, il ne pouvait pas voir où Thompson voulait en venir.

-Pas prêt pour quoi ? Demanda-t-il, incrédule à son tour.

-Pour des femmes comme Carter !

Et il avait l'air si certain de ce qu'il avançait que Daniel eut besoin de quelques secondes pour intégrer l'information. Alors c'était ce qu'il pensait, c'était ce que Thompson pensait ?

-J'arrive pas à le croire...

Quelques mots laissés échapper, comme ça, du bout des lèvres. Comment voulait-il que les choses changent, comment voulait-il qu'un jour des « femmes comme Carter » puissent se faire une place dans ce monde d'hommes si on ne commençait pas dès maintenant à leur rendre le mérite qu'elles avaient gagné ? Le monde ne serait pas « prêt » miraculeusement un jour ! Il fallait... il fallait le rendre prêt, et ça c'était quelque chose que des hommes dans leurs positions avaient le pouvoir de faire. Thompson fronça les sourcils, témoin étrange de la révélation intérieure de son agent.

-Quoi ? Demanda-t-il.

-Le pire c'est que tu pourrais- tu pourrais être un type bien ! Geignit-il presque.

C'était tellement frustrant que s'en était irréel. Comment un homme comme l'agent Thompson, avec une telle posture, une telle prestance, pouvait être si... « si ». Si fermé, si têtu, si aveugle. Daniel se détourna, puis lui fit face de nouveau. Il ne tenait presque plus en place. Il ferma les yeux, prit quelque secondes pour reprendre son calme. Quand il les ouvrit de nouveau il releva le regard vers lui.

-T'aimes ton job, dit-il. T'aimes ton pays, t'es un bon agent... t'es loyal, t'es intelligent. Mais Jack, tu ne vois pas plus loin que le bout de ton arrogance.

Silence. Se rapprocher de lui en lui parlant n'avait peut-être pas été la meilleure idée de son existence, mais au moins il eut le loisir de le voir baisser les yeux, et ses traits perdre un peu de leur superbe. Il avait l'air... moins... dangereux... Il le vit déglutir, l'entendit se racler la gorge, un peu.

-Ce n'est pas vrai, dit-il doucement.

-Ah non ?

Il ne savait pas où était passé son agressivité, mais Daniel l'avait perdue. Il était toujours déçu, cependant. Déçu par Thompson et sa vision qu'il avait du monde et des individus qui foulaient son sol. Il voulait croire, cependant, qu'il y avait en lui plus d'humanité que ce qu'il semblait le penser. Et pourtant, il n'arrivait pas à se convaincre qu'il avait tord, comme Jack semblait vouloir le dire.

-Pour que je le crois il faudrait que tu le prouves, Thompson, fit-il avec peine. Nomme ne serait-ce qu'un agent ici que tu respectes plus que toi-même.

Et il voulut, il voulut vraiment qu'il lui donne une réponse, n'importe laquelle. Mais Jack releva les yeux dans les siens, pris de cours un instant. Il le vit ouvrir la bouche pour parler, se raviser, retenter, mais rien ne vint. Il finit par fermer la bouche et baisser les yeux, nerveusement, comme s'il cherchait toujours une façon de lui répondre. Mais Sousa avait saisi. Attristé, il baissa les yeux à son tour.

-J'en étais sûr...

Sur ce, il n'avait plus grand-chose à faire ici, alors il lui tourna les dos et se décida enfin à se diriger vers la sortie, comme il aurait dû le faire il y avait déjà plusieurs heures de ça.

-Daniel, attends !

Il se sentit retenu par une main à son bras et s'arrêta, net. Il se retourna d'un quart à peine, le visage presque incrédule, levé vers l'homme près de lui. Malgré lui il sentit son rythme cardiaque augmenter légèrement. C'était idiot, mais c'était ainsi. Parce qu'ils étaient seuls dans les bureaux du SSR, qu'il faisait sombre et qu'à cet instant, seulement éclairés par la lumière émanant de la porte ouverte du bureau de Chef de section, Jack venait de l'appeler « Daniel » pour la première fois.

-Il y a... il y a toi ? Sembla tenter Jack.

Mais Daniel n'en crut pas un mot. Il fronça les sourcils, eut un petit rictus amusé. Lui ? Ce serait bien une première. S'il y avait bien un agent qui supportait les remarques puériles de Thompson toute la journée depuis son admission au service, c'était bien Sousa. Et de ce qu'il pouvait en dire, ça n'avait rien à voir avec du respect.

-On ne peut pas dire que ça saute au yeux, railla-t-il.

-Je sais.

Sousa perdit doucement son air moqueur. La façon que Jack avait eu de... il semblait si... sincère que... Daniel fronça légèrement les sourcils, si légèrement que ça ne se vit pas. Qu'est-ce qui pouvait bien pousser un homme à feindre de ne pas respecter un semblable. Il voyait tout l'intérêt de faire l'inverse, socialement, politiquement. Mais, de Thompson à lui, ça n'avait... ça n'avait pas de sens.

Enfin...

Si, il connaissait une raison. Penser « ça m'amuse » et dire « ça m'agace ». Penser « tu es adorable » et dire « tu es un idiot ». Il avait vu, il avait été témoin de femmes aillant similaires attitudes. Mais... ce n'était pas comme si... Enfin Jack n'était pas... et lui-même ne...

Ils remarquèrent au même instant ou presque que Thompson tenait toujours le bras de son agent, Daniel se racla la gorge et Jack le lâcha, gêné. Quelques secondes s'écoulèrent, longues, et ils ne surent pas quoi se dire. Daniel n'avait plus été aussi proche de quelqu'un depuis bien longtemps. Il eut dans l'idée de reculer, mais n'en fit rien. Peut-être était-ce cette chaleur qui émanait du corps à un demi-pas de lui.

-Je...

C'était une voix de gorge. Thompson avait sans doute voulu briser le silence, mais il ne trouva rien à dire. C'était embarrassant. Les yeux de Daniel se baissèrent sur les lèvres de son collègue, puis se détournèrent aussitôt. Il aurait bien eu envie de... mais il n'aurait voulu en aucun cas que Jack ne lui mette son poing dans la figure.

-Je vais... peut-être, hm...

-Ouais, coupa Sousa. Ouais, moi aussi.

Y aller. Mais ni l'un ni l'autre ne bougea. Daniel pouvait presque sentir le souffle de son collègue effleurer la peau de sa joue. Pouvait-il ? Il comprit alors que cette chaleur supplémentaire, c'était Jack qui avait doucement comblé cette distance d'un demi pas entre eux. S'en était-il rendu compte ? L'avait-il fait exprès ? Ou avait-est-ce été un mouvement involontaire, comme un piétinement, dû à leur si peu commune situat- Daniel écarquilla les yeux, toute pensée disparaissant totalement de son esprit. Jack penchait... doucement... le visage... vers lui.

Que faisait-il ? Que devait-il faire ? Il sentait, dixième de seconde après dixième de seconde, les lèvres de Jack se rapprocher des siennes. Ça bouillait au fond de son ventre, ça tambourinait dans sa poitrine. Son souffle tremblait lorsque la bouche de Thompson effleura la sienne si légèrement, si chastement, que la caresse en fut fragile.

Jack avait fermé les yeux, Daniel les ferma, aussi. Et puis, doucement, il raffermit le contact. Ça dura... quelque secondes, à peine. Le temps d'une inspiration, peut-être de deux. S'ils avaient été dans un de ces films romantiques il y aurait eu de la musique. Mais il n'y avait rien que le silence des bureaux vides et Daniel eut un petit sourire quand ils se séparèrent doucement. Ils l'avaient fait. Ils s'étaient embrassés.

-Je te l'ai dit, Jack, souffla-t-il contre ses lèvres. Tu pourrais vraiment être un chic type.

Il fit un pas en arrière, le visage toujours adouci de ce sourire qui ne le quittait pas. Il était excité comme un enfant et pourtant ne s'était jamais autant senti un homme. Il avait embrassé Jack Thompson. Il reprit sa mallette et, canne aidant, se dirigea vers la sortie du service. Il lui fallut toute la volonté du monde pour ne pas se retourner.

-A- A demain ! A demain Sousa.

Mais il échoua à s'y tenir, et Daniel se retourna une dernière fois vers son collègue toujours dans la pénombre. Thompson avait lui aussi ce petit sourire mi-idiot, mi-attendrissant. Ça fit fondre ce qu'il restait de son estomac. Alors sur un dernier sourire il se retourna, pour de bon cette fois, et quitta le bureau en pensant que peut-être, finalement, Thompson n'était pas, à ce point là, un cas désespéré.

Fin


Voilà voilà ! Un avis ? Quel qu'il soit je serais ravie de l'entendre, si ça vous dit ! :3

(Et ensemble espérons pour une saison 2 !)

Chip.