La Confrérie des Pipounettes

Il parait que Dimanche 8 Mars, c'est la « Journée de la Femme » !

Je dois avouer, que je ne pouvais pas laisser passer une telle opportunité…il fallait que je vienne semer au gré du vent quelques belles paroles. J'ai donc pris la décision d'inviter toutes les pipounettes de mon récit Obsession afin de tenir une table ronde…

Celle-ci vaudra à elle seule celle des Chevaliers, ces porteurs de boules dont la seule évocation nous fait, nous pauvres femelles, tomber en pamoison !

Nous avons donc Chaperon Rose dont la verve ne cesse de s'aiguiser au fur et à mesure de l'avancée de ce récit, Amélie, que rien ne viendra jamais perturber et certainement pas une petite révolution sexuelle, Aliénor, fidèle entre toutes et vaillante au combat, tout comme Orlyänne toujours prête à en découdre avec le premier contrariant la façon dont « les choses se passent » pour elle , Opéca qui tend à mettre un peu plus d'eau dans son vin depuis le fait de fréquenter assidûment Ëlnar, l'Intendant de Sa Précieuse Majesté, Oilïnn, la jeune elfine attachée au service du bellâtre, et bien sûr Olana dont la métamorphose pointe le bout de son nez dans son horizon éclairci.

Je me suis proposé pour être la maitresse de cérémonie. Voilà, c'est décidé, je tenterai de mettre un semblant d'ordre. Je ne suis pas sûre que j'y parviendrai parce qu'avec ces poulettes…

Ëlnar nous a préparé des gourmandises à n'en plus finir. Rien qu'à les zieuter, c'est dix kilos de plus au compteur, mais nous n'en avons cure.

Il est bien entendu que les sujets tourneront surtout sur…la pluie et le beau temps ? Le réchauffement climatique ? L'avantage de manger bio ? Que nenni ! Cela tournera autour des…porteurs de boules, hommes avec un grand H, mâles et autre conteneur de testostérone.

Après tout la journée de la femme est bien faite pour prendre un peu notre revanche non ?

Allez, un tout petit peu, trois fois rien, rien que des vérités criantes comme dirait Chaperon Rose :

Arakïell : Bonjour les fifilles !

Chaperon Rose : Bonjour les pipounettes !

Arakïell : Chaperon, c'est le nom que je viens de donner à notre Confrérie. Ca en jette non ?

Chaperon Rose : Formidable ma poupoune. Pour une fois, nous aurons l'avantage sur ces énergumènes à trois jambes.

Arakïell : Pardon ?

Chaperon Rose : Allons, ne me dis pas que tu n'as pas deviné la fonction de la troisième jambe ?

Vite, je sors un mouchoir…et m'éponge. La bougresse, elle commence fort ce soir !

Amélie : Bah, ma fifille, c'est-t-y donc qu't'as la patate !

Chaperon Rose : Toujours ma bonne vieille. Il faut toujours se tenir prête à toute, éventualité.

Opéca : Ouais, si on veut. La drôlesse à la tête dans sa culotte vingt quatre heures sur vingt quatre.

Aliénor : Ca y est ? Vous commencez déjà ?

Arakïell : Bien. Avant que cela ne dérape, je vais tout de même vous poser une question fondamentale, que pensez-vous de cette journée dédiée à la femme ?

Amélie : Ben, pourquoi qu'c'est-t-y faire d'abord, à part faire rire les mâles ?

Arakïell : Penses-tu qu'ils en rient ?

Orlyänne : Que pourraient-ils faire d'autres ?

Arakïell : Louer les mérites de notre condition, nous admirer, nous complimenter, nous offrir une rose…

Toutes me regardent avec de grands yeux et se mettent à rire :

Amélie : Ben dis-moi pas ! Le jour où ça arrivera, les poules auront des dents et plus d'plumes au cul !

Opéca : T'as raison la vieille, tiens bois un gorgeon qu'on s'rince le gosier !

Chaperon Rose : Cessez donc de dénigrer ce que vous ne rechignez pas à accueillir dans vos petits nids bien douillés.

Arakïell : Ca y est, le débat est lancé !

Aliénor : Ne jamais condamner avant d'avoir goûté.

Orlyänne : Et si ça plaît pas, on peut cogner ?

Chaperon Rose : Bon sang, tu es incroyable ! On ne gâche pas la marchandise ainsi ma grande. Regarde ma brune amie, elle ne cracherait pas sur un elfe d'un beau gabarit aux cheveux châtains et particulièrement porté sur la cuisine et ses effets aphrodisiaques…

Opéca : Pouillasse ! Fiche-moi la paix !

Amélie : Arrête donc Chaperon, t'es la pire des chipies qu'j'connaisse ma fifille !

Chaperon Rose : Et j'en suis fière Amélie, ainsi, on ne s'ennuie jamais en ma compagnie. Après les paroles, les actes et là je ne sais pas pourquoi, l'attention est deux fois plus soutenue…

Un sourire torve illumine ses traits :

Aliénor : Tu es sans foi ni loi !

Chaperon Rose : Voilà ! Tout à fait.

Arakïell : Bon les fifilles, voilà que je me mets à parler comme toi Amélie.

Amélie : Ben çà m'fais t-y ben plaisir.

Arakïell : Tu es une perle ma bonne Amélie, rien ne te dérange, rien ne te contrarie…

Amélie : Bah, si j'avais dû m'en faire, pour tout c'qui m'est arrivé dans ma longue vie, j'en s'rais encore à pleurer toute une mer.

Chaperon Rose : Ma poétesse adorée !

Elle lui colle un patin sonore :

Arakïell : Alors, une autre question, existentielle ou pas, c'est selon le point de vue de chacune d'entre vous…la galanterie est-elle toujours d'actualité ou a placer au Musée de l'Humanité ?

Chaperon Rose : Hum, je dirais que cela dépend du moment. Pour un peu que la nuit ait étendu son noir manteau et que le second cerveau du mâle conquérant situé près de ses attributs le maintenant à bonne température, ait pris la relève sur le premier usuel et utilisé seulement pour les tâches quotidiennes situé lui, à l'intérieur de son crâne, alors sans doute la galanterie ne fera-t-elle point défaut à nos représentants du sexe masculin. Ceci dit, il ne sera pas exclu, pour peu que la donzelle présente des marques de référence en matière de beauté physique, que cette déférence ne soit teintée d'un soupçon de velléités à mettre ladite chipounette dans son lit à des fins non innocentes.

Arakïell : Donc, si je suis bien ton raisonnement, une fille jolie bénéficierais de la galanterie quant une moins gâtée par la nature, devrait aller peindre la girafe ?

Opéca : Voilà ! Cela dit, ça lui f'ra passer l'temps, parce qu'elle pourra toujours s'gratter pour un coup d'main !

Aliénor : La galanterie des chevaliers me paraît tout de même moins sectaire.

Amélie : Ah mais ça, ma p'tiote, c'est-t-y pour les gens riches.

Oilïnn : Notre Souverain ne se comporte pas ainsi.

Chaperon Rose : Oui mais là, ma pipoune, nous parlons de l'Exception qui confirme la règle ! C'est le Summum de la Distinction, le Soleil posé sur terre inondant de sa grâce, et peut être pas que… son charisme et sa Gloire !

Olana : Oui, il est si…je l'aiiiime !

Arakïell : Ca y est, tu viens d'éveiller chez elle ce tourment délicieux nommé Amour dont elle ne semble plus vouloir se démettre…

Chaperon Rose : Et nous la comprenons toutes, car enfin, un tel spécimen entre ses…

Arakïell : Oh là ! Chaperon attention à ne pas basculer dans l'indécence.

Chaperon Rose : Penses-tu, laisse la machine à rêve fonctionner, cela nous évitera de trop percevoir les défauts chez les autres…

Oilïnn : Tous ne sont pas si…

Chaperon Rose : Tss, tss, tss, aucun n'égalera jamais cette splendeur, et ça c'est une vérité hurlante ma chérie !

Arakïell : Si je suis bien ton raisonnement Chaperon, il n'y aurait que les femmes jolies qui seraient donc appréciées par la Gent masculine ? Et la beauté intérieure ?

Elle rit aux éclats :

Chaperon Rose : Cà ma pipounette, c'est une ruse de la galanterie pour ne point écarter des manières respectueuses, apprises aux jeunes mâles pendant leur éducation, les mal loties, les laiderons et autres monstruosités de la nature que l'homme ne peut parfois éviter. L'on parle alors de beauté intérieure, que jamais personne n'est allée vérifier d'ailleurs, pour peu qu'il en eut existé une ! Je pense qu'elle a dû se perdre dans les méandres, replis et autres anfractuosités de la « bellissima intériorisa », offrant aux mâles, bien éduqués, la possibilité de s'adresser à l'esprit de la fille mal gâtée par la nature afin d'éviter d'avoir à s'expliquer avec le reste de sa « beauté », dont aucun ne souhaite goûter.

Amélie : Ben dis-moi donc pas, tout ça pour dire qu'les hommes vont pas sucer la pomme de la moche quoi !

Chaperon Rose : Amélie, tu es définitivement la nouvelle Sarah Bernhard de la scène théâtrale. Evidement que nos porteurs de boules vont là ou le centre de leurs intérêts les mènent…ce serait surprenant de constater le contraire. A moins…un pervers peut être et pour avoir traîné Téti et Téta (elle montre sa poitrine opulente) dans le monde de Jack qui regorge de tordus en tout genre, je peux t'assurer que cela pourrait être le cas.

Amélie tient un pilon de poulet entre ses doigts. Elle est aux anges :

Amélie : Que l'cul m'en tombe ! C't'e poulaille est divine !

Chaperon Rose : Ouh là ! Heureusement que Gabinou ne laisse pas trainer sa paire d'ailes dans le secteur ma bonne vieille…tu aurais eu droit à ton sermon !

Arakïell : Aliénor, toi qui viens d'un milieu noble, fille de roi, Princesse quoi, les chevaliers de ton monde ont-ils encore une once de galanterie, ou la situation est-elle vraiment à désespérer ?

Aliénor : Ils peuvent se montrer d'une courtoisie exemplaire pour ensuite aller s'encanailler dans les bordels et profiter des charmes des filles de joies sans se poser la moindre questions, a part peut-être celle de savoir si elles pourront contenter leur appétit sans limite !

Amélie : Bah, dis-moi pas, c'est-t-y qu'j'ai connu, ah, y'a ben longtemps de ça, un Seigneur tout gentil qui m'payait grassement et pour des…clopinettes. Y v'nait juste pour m'causer.

Chaperon Rose : Sans doute devait-il avoir quelques problèmes pour lever haut et fier son étendard ma bonne vieille !

Amélie : Bah, c'est pas çà. Y 'm'disait qu'il était pas trop porté sur la chose et pis…ben fallait sauver les apparences auprès des aut'gars.

Opéca : T'as d'la chance ! Si tu savais le nombre de peignes culs qui en ont bien profité ! Mais j'leur aie fait cracher la monnaie.

Chaperon Rose : Pas que… ma brune amie, pas que !

J'ai chaud là. Cette petite poupée comme la nomme Orlyänne est imprévisible. L'elleth de feu se rapproche d'elle :

Orlyänne : Il serait préférable que personne n'ose se tenir de cette façon avec toi pitïl nouchka (petite souris). Il aurait à craindre pour son petit bout de mâle !

Chaperon Rose : Ouh ! Avec une telle amazone, personne ne s'y risquerait.

Arakïell : Dis-moi Orlyänne, chez ton peuple, les éléments masculins se comporte-t-il raisonnablement ?

Orlyänne : C'est dans leurs intérêts, sinon…

D'un signe de l'index passant sous la gorge, nos fait toutes comprendre combien les mâles vulcaniens doivent être « mâtés » :

Orlyänne : Nous ne sommes pas des meurtrières, mais il ne faut pas se jouer de nous. C'est ainsi que les choses se passent !

Oilïnn : Et ils ne se rebellent jamais ?

Chaperon Rose : Ma petite choupinette, tu es l'innocence incarnée. Les mâles ne sont pas tous identiques. Je dirais que ces elfes sont les exceptions qui confirment la règle car en général, la Gent masculine doit démontrer sa suprématie auprès de la Gent féminine question d'ego.

Opéca : Ouais, ils adorent se faire mousser quoi, comme si on savait rien faire d'autres que baver en les écoutant nous raconter leurs exploits !

Arakïell : Tu sais de nos jours, les exploits se raréfient. Les vies modernes sont plus simples. On ne guerroie plus, on ne coupe plus de têtes, enfin sauf les sérials killers cela s'entend…

L'elfine de feu me regarde avec de grands yeux :

Orlyänne : Mais, s'il ne font plus la guerre…que font-ils d'autres ?

Araékïell : Ils travaillent, évoluent dans la société, se marient, font des enfants…bref, ils vivent tout simplement, mais je te rassure, il existe encore, malheureusement, des endroits dans notre monde où persiste des conflits armés.

Oilïnn : Mais si vous avez le…progrès comme vous me l'avez expliqué, Gente Dame, pourquoi continuent-ils à s'entretuer ?

Chaperon Rose : Quelle innocence ma choupinette, parce qu'un mâle restera toujours un mâle et qu'il est inscrit dans ses gênes « moi trop plein de testostérone, moi guerroyer, pour montrer que je suis le plus fort ! ».

Opéca : Un peu comme celui qui veut faire pipi le plus loin possible…

Chaperon Rose : Voilà ma brune amie. Tu vois quand tu veux ? Toi aussi tu as bien cerné le problème ! Je dirais même que tu l'as bien en main !

Amélie rit de bon cœur :

Amélie : Eh sinon, ma pougne, quèqu'elles ont fait les dames de ton monde ?

Arakïell : Ce qu'elles ont fait ? Des tas de choses Amélie, des choses qui nous ont permis de vivre de façon un peu meilleure.

Chaperon Rose : Et êtes-vous certaine d'être sorties gagnantes de ce bras de fer ma pipoune ?

Arakïell : Euh…

Chaperon Rose : Regarde-moi ma belle, tous me mangent dans la main dès lors que je me montre telle qu'ils souhaitent m'entrevoir. Une femme dont l'homme saura toujours prendre soin. Cela les valorise.

Arakïell : Tous ne réagissent plus ainsi Chaperon.

Chaperon Rose : Ne les auriez-vous point trop castrés par chez vous ?

Arakïell : Eux seuls pourraient te répondre.

Orlyänne : Si cela ne leur convient pas…

Les yeux de la belle brillent d'un éclat meurtrier :

Orlyänne : Je ne crains personne et tous me craignent, c'est ainsi que les choses se passent !

Arakïell : Oh là ! C'est un peu réducteur tu ne crois pas ? Imagine un monde sans homme !

Chaperon Rose ouvre de grands yeux affolés, se lève comme un ressort et fais le tour de la table trois fois en poussant des exclamations. Des sortes de borborygmes, le tout en secouant ses boucles blondes remontées en deux couettes parfaitement égales :

Opéca : Qu'est-ce qui t'arrive la folle ?

Orlyänne tend le bras, la stoppe dans son élan et l'embrasse goulûment :

Orlyänne : Pitïl ninïl !

Chaperon se calme, s'assoit et débite d'un trait :

Chaperon Rose : J'ai fais le tour de la table pour conjurer le mauvais sort ! Un monde sans mâle ! Je n'y survivrais pas !

Nous éclatons toutes de rires :

Aliénor : Dis-moi, on a cassé le moule après toi non ?

Chaperon Rose : Il reste ma dinde de cousine Chaperon Rouge ! Mais, je ne sais pas pourquoi, je ne la sens pas la drôlesse.

Opéca : Me dit pas qu'elle encore plus tordu qu'toi ?

Chaperon Rose : Un trait de famille ma brune amie !

Opéca : Eh ben, ça promet !

Arakïell : Sinon, l'une d'entre vous aurait-elle un message à faire passer aux femmes de tous les mondes existant ?

Chaperon Rose : Tenez bien les mâles comme il faut, c'est-à-dire d'une main de fer dans un gant de velours. Accessoirement, vous pouvez ôter le gant et opérer un mouvement…

Arakïell : Oh là ! Doucement Chaperon, tu pourrais choquer l'opinion publique !

Chaperon Rose : Tu ne vas pas prendre la place de et adorable Gabriel et me couper la parole lorsque j'énonce l'une de mes vérités criantes ?

Arakïell : Je me dois, tout de même, de maintenir un semblant de correction…

Chaperon Rose : Taratata ! Lorsque les mâles se réunissent, ce n'est pas pour casser des noix en chantant des cantiques ! Je pencherais plutôt pour l'éventualité de parler grassement de nous, pauvres êtres faibles et sans défense, en riant et quelquefois en chantant des chansons paillardes !

Olana : Tous ne sont pas ainsi. Prends exemple sur Sa Majesté…oh, je l'aiiiime !

Nos nous regardons toutes un sourire aux lèvres :

Amélie : Mais toi ma p'tite pougnette, t'as tiré l'gros lot !

Chaperon Rose : Amélie, tout ce qui sort de ta bouche est parole d'Evangile ! On devrait inscrire ton nom au Panthéon des Grands de ce Monde !

Amélie n'a pas tout saisi, mais elle sourit :

Olana : Il est si beau, si doux, si prévenant, si charmant, si galant, si poli, si élégant, si fort, si courageux, si instruit, si protecteur, si aimant…

Opéca : Ca y est ? Il en reste encore ? La liste est longue !

Chaperon Rose : Une question primordiale ma petite poulette, est-il habile de son bâton royal ?

Arakïell : Chaperon !

Chaperon Rose : Ne me dit pas que tu n'aimerais pas savoir ?

Arakïell : Chaperon, réfléchis deux secondes…qui écrit l'histoire ? Pense-tu que je ne connais pas Sa Glorieuse Majesté par cœur ? Hum ?

Elle se lève subitement et viens se coller à moi :

Chaperon Rose : Parle vite, c'est une question de vie ou de mort !

Arakïell : Je ne vais pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué !

Amélie : Pourquoi qu'tu veux zigouiller un ours ?

Arakïell : Façon de parler Amélie ! Tout ça pour dire que je garde certains secrets pour moi. Je vends du rêve ma belle ne l'oublie pas.

Oilïnn : Il ne faut pas dévoiler ce que Sa Majesté souhaite conserver pour elle.

Chaperon Rose : Comme c'est charmant, seulement, cela ne nourris pas mon imaginaire !

Amélie : M'es avis qui doit ben s'servir de son gourdin.

Chaperon Rose : Amélie, je vais te dérouler le tapis rouge !

Amélie : Bah, un roi, c'est-t-y qu'ça a toujours du prestige, non ?

Chaperon Rose : Il est temps ma choupette d'entrouvrir ces jolies lèvres roses et bien faites afin de laisser échapper quelques paroles et sustenter mon appétit féroce !

Aliénor : Tu es …

Chaperon Rose : Gourmande, je sais oui !

Arakïell : Les femmes de mon monde vont vous prendre pour de drôles de phénomène, surtout toi Chaperon Rose !

Chaperon Rose : Je déclenche toujours un mouvement d'exaspération chez les femelles alors que chez les mâles, un mouvement vertical se pratique automatiquement. C'est inné chez moi, j'ai donc l'habitude que l'on me montre du doigt, voire…

Arakïell : Oui, j'imagine !

Chaperon Rose : Que veux-tu, la montée des drapeaux doit avoir son mât de cocagne et comme le plus souvent, comme il glisse sans effort, la récompense n'en est que plus belle !

Elle sourit de toutes ses dents, Amélie sourit de sa quenotte, Orlyänne sourit de ses trente mille dents…bref, l'émail blanc ferait presque des éclats sous le soleil :

Arakïell : Je commence à suer là, et manque de bol, j'ai pas prévu ma pile de mouchoir ! Bon, s'il fallait apporter une conclusion à l'évocation de cette journée de la Femme, que me diriez-vous ?

Olana : Que toutes les femmes doivent se sentir belles, fortes et ne jamais baisser la tête. Les hommes bien existent…

Opéca : Ouais, toi t'as connu un elfe, ça compte pas ! Moi j'dirais qu'elle fassent gaffe aux entourloupes d'ces messieurs et d'pas l'laisser bouffer l'morceaux d'foie !

Orlyänne : Si vous n'êtes pas satisfaite…

Elle frappe la table d'un coup sec, ce qui nous fait toutes sursauter :

Amélie : Qui vous emmène à l'auberge d'temps en d'temps, z'êtes pas des bonniches à leur faire leurs soupers tout'l'temps !

Aralkïell : C'est une suggestion intéressante le restaurant Amélie !

Chaperon Rose : Voilà ! Ensuite, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Des dessous affriolants, une menotte gracile, parler une langue commune, voire deux, faire faire quelques vocalises au porteur de boules…

Aliénor : Chaperon ! Un peu de romantisme, cela entre-t-il dans tes attributions ?

Chaperon Rose : Mais c'était ce que j'étais en train de vous expliquer…Sortez de dessous vos coussins, un livre de poésie, de votre main gracile sachez en tourner les pages avec élégance, déclamer une chanson d'amour dans une langue agréable…à quoi pensiez-vous ? Hum ?

Ceci dit, une fois les préliminaires effectués attaquez la bête de front et soyez sans pitié. Utilisez toutes les armes dont vous disposez et faites couiner votre adversaire jusqu'à ce qu'il vous demande grâce…

Aliénor : Tu changeras jamais !

La petite Oilïnn, timide, le regard baissé ose une dernière parole :

Oilïnn : Et si, chacun de notre côté, faisions preuve de sagesse, de politesse, de tendresse…ne nous en trouverions-nous pas grandis ?

Un silence plane au dessus de nos têtes. Il ne ressemble pas à des serpents sifflants mais plutôt à une ronde d'angelots babillant avec leurs petites fesses à l'air ! Un rêve éveillé….

Ce sera le mot de la fin. Chacune nous entourons la jeune elfine et l'embrassons avec notre cœur de femme et comprenons que finalement, une femme peut en cacher une autre et celle qui vient de se découvrir est peut-être la plus naïve mais sûrement la plus sage !