Note : Re ! Voilà (enfin) la fin de la partie 2. Comme toujours cette fic m'a complètement échappé. Genre je devais avoir prévu trois chapitres à la base, la blague. Comme je le disais au chapitre précédent je vais faire une pause après celui là (une pause plus longue que d'habitude oui). Déjà parce que j'ai pas commencé à écrire la suite, ensuite parce que j'ai pas pu voir Cap 3 au ciné et j'ai le seum, ensuite parce que y'a plus grand monde qui commente et j'ai le seum aussi, et ensuite parce que je suis trop occupé à écrire des UA Shadowhunters (oui oui). En fait je sais pas trop, suffirait que je retomber dedans, ça viendra. Pile quand les choses devenaient intéressantes, ah la la...

ENFIN ON SE ROMANCE UN PEU DANS CETTE FIC ! Je commençais à désespérer...

Haha, je viens de relire mon plan... je croyais que ce chapitre concluait la deuxième partie mais en fait il ouvre la troisième. Hem hem. Bon, faites comme si vous aviez rien vu.

Bonne lecture !


3 - Synthèse

3- 1. Fond

Il y avait peut-être quelque chose de plus.

C'était terriblement freudien de le dire, mais pour Tony Pepper était plus comme sa mère. Ou disons pour être peut-être moins glauque (quoique) sa grande sœur. Enfin, une figure maternelle disons, protectrice, nourricière. Que ce soit pour blaguer ou pendant une dispute, elle avait souvent fait remarquer qu'elle agissait plus comme sa nourrice que sa compagne, et elle n'avait pas tort. Il avait trop compté sur elle pour gérer les aspects de sa vie dont il ne voulait pas se préoccuper lui-même. Ils en avaient longuement parlé depuis leur rupture, et le fait de revenir avec honnêteté sur leur relation avait été thérapeutique et d'une grande aide, pour tous les deux. Tony s'était reposé de tout son poids sur elle sans voir à quel point cela était à sens unique, comme il l'avait épuisé sans rien lui donner en retour. Pepper y avait sa responsabilité dans le sens où elle avait apprécié à quel point il avait besoin d'elle, tout en supportant de moins en moins de n'avoir pas elle-même de soutien dans leur relation. Il l'aimait, c'était sûr, et elle l'aimait aussi, mais ils étaient trop différents pour qu'il y ait un équilibre entre eux. Et sans cette ambiguïté entre amant, ami et autorité parentale, ils étaient libres de se remettre en place quand les choses n'allaient pas.

Rhodey était son frère, aucun doute là-dessus. C'était le genre de relation dont il ne serait jamais possible de se débarrasser, quelque que soit la distance, les blessures, les erreurs. Ils s'en étaient fait voir mais Tony n'était plus dans l'optique qu'il avait eu à une époque, de pousser et tirer pour voir si leur lien était vraiment si solide, s'il résisterait à tout ce qu'il lui ferait subir. Rhodey avait vu clair dans ce petit jeu comme dans tous les autres. Il avait tout simplement refusé d'y jouer. Cela les avait surement sauvés, même si tout n'avait pas toujours été au beau fixe entre eux pour autant par la suite. Il aimait à penser qu'il aidait presque autant Rhodey que l'inverse, qu'il n'était pas en reste dans leur amitié. Ils avaient tous les deux eut leur lot de problème et ils avaient toujours été là l'un pour l'autre pour les surmonter. Rhodey était celui qui serait toujours là.

Mais Bruce, ah Bruce... avec Bruce il y avait peut-être quelque chose de plus.

« A quoi tu penses ? »

La question du docteur de tira de sa rêverie. Il revint à l'atelier, où il était en train de relire des pages interminables de code pour déterminer l'erreur de donnée qui faussait les paramètres automatiques de Veronica en mode combat.

« A toi » répondit-il simplement.

Bruce sourit légèrement. Un changement s'était définitivement opéré ces derniers temps entre eux. Tony avait l'inexplicable envie d'être parfaitement honnête avec tout ce qui lui traversait la tête concernant le docteur - que des choses agréables - et, étonnamment, Bruce semblait en être flatté, peut-être même appréciatif.

« En bien, j'espère. »

Plus surprenant encore, de plus en plus, il y répondait.

« Toujours. »

Ils se sourirent quelques instants avant de se reconcentrer sur leur travail.

Il y avait peut-être vraiment quelque chose de plus.

Bruce était son égal, pour tout ce qui importait. Il avait ses propres problèmes et ses démons, ne jugeaient pas les siens. Il avait ses propres projets et opinion, il avait son intellect qui pouvait rivaliser avec celui de Tony, et n'était-ce pas la plus géniale de toutes les qualités ? Mais il y avait plus que ça. Il avait rencontré Tony après, après tout ce qui leur était arrivé, respectivement, après leurs propres épreuves et obstacles, leurs batailles et leur prise de conscience. Et c'est cette version de Bruce qui était devenu ami avec cette version de Tony, même en sachant tout ce qui avait précédé, même en sachant qu'il y avait bien des choses qu'ils ignoraient encore. Dans leur histoire, au final, dans cet atelier à trois heures du matin avec un CD d'Iron Maiden en fond mais tourné à un volume acceptable, c'était juste Bruce et Tony. Ni Iron Man ni Hulk, ni Stark ni Banner, ni le marchand de mort ni le monstre, mais Bruce et Tony.

Et Bruce était extraordinaire. Et Tony l'adorait.

Et il y avait quelque chose de plus.

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Bruce n'avait pas connu cela depuis des années. D'ailleurs ça ne lui était vraiment arrivé qu'une seule fois, avec Betty, dans une autre vie lui semblait-il. Quand il s'en était rendu compte, il était persuadé qu'il y mettrait aussitôt un frein. Qu'il aurait envie de fuir, qu'il le combattrait. Mais non. Il n'en avait pas envie, pas plus qu'il ne l'avait voulu quand il s'était laissé tomber amoureux de Betty.

Aussi extraordinaire que cela puisse paraitre, et il avait encore du mal à y croire mais il ne pouvait pas le nier, il n'avait pas peur.

Enfin, il avait peur de perdre le contrôle et de blesser les gens autour de lui. Il avait peur de transmettre sa malédiction, qu'on l'exploite à des fins militaires, qu'on l'arrache à la vie qu'il avait tant bien que mal réussi à reconstruire ici, ou pire, qu'on l'en chasse.

Mais il n'avait pas peur de Tony.

« Tu sais, je ne pensais jamais retrouver un endroit où je me sentirais vraiment en sécurité, » lâcha subitement Bruce au milieu de leur commande habituelle à l'indien. La confession le fit sourire dans son container de curry, et quand il releva la tête, Tony le regardait avec une sorte de surprise émerveillée, la fourchette figé à mi-distance de sa bouche.

« Merci » ajouta Bruce et il découvrit seulement à cet instant à quel point il le pensait. Il ne pensait pas pouvoir faire comprendre à Tony à quel point il lui était reconnaissant, mais ça ne l'empêcherait pas d'essayer. Il s'attendait à ce que Tony réplique avec une plaisanterie qui atténuerait le sérieux de l'instant, comme il le faisait toujours, mais avant d'avoir émis un son, l'homme sembla se raviser. Il ferma la bouche, un sourire impossiblement tendre aux lèvres, et finit par répondre un simple « De rien », sans le quitter du regard. Regarder Tony dans les yeux, lui sourire et le voir sourire en retour, il n'aurait jamais pensé que cela puisse être aussi apaisant.

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« J'ai une proposition à te faire » osa finalement Bruce au bout de plusieurs minutes de débat interne. Tony releva le nez de son ouvrage - il semblait déterminé à fixer un moteur de missile à un skateboard, pour une quelconque raison. Il allait faire un commentaire déplacé sur le genre de « proposition » que Bruce pouvait lui faire mais se ravisa en voyant la mine sérieuse et légèrement anxieuse de son ami.

« Vas-y » dit-il avec une expression neutre, ne sachant pas trop à quoi s'attendre. Bruce hésita encore avant de se lancer.

« Laisse-moi finir avant de dire quoique ce soit, d'accord ? C'est à propos des tests réels. »

Il avait bien fait de demander à ne pas être interrompu, car Tony se retint de ne pas protester tout de suite.

« J'y ai beaucoup réfléchi. Je comprends ton point de vue comme je sais que je ne peux pas laisser tomber l'idée. C'est trop important pour moi. Mais je pense que... tu sais que j'ai beaucoup travaillé avec Natasha et... et l'Autre. Et je pense sincèrement que je peux... que je peux lui expliquer. Lui faire comprendre. Tu avais raison à l'époque en disant qu'il te verrait certainement comme une menace, mais la situation a changé. J'ai changé aussi. Ce ne sont pas des progrès extraordinaire mais je... nous te faisons confiance. Ça se passera très bien. »

Tony ne protesta pas aussitôt qu'il eut fini, ce qu'il compta comme une victoire.

L'ingénieur plonger dans ses réflexions considéra attentivement ce qu'il venait de lui dire.

« Tu détestes te transformer, encore moins quand ce n'est pas absolument nécessaire, souligna-t-il.

-C'est vrai, mais je pense que ça l'est. De toute façon, c'est comme ça. En attendant de trouver... quelque chose, il faut bien faire avec.

-Natasha fait vraiment des miracles pour réussir à te faire penser ça. »

Bruce nota, amusé, un certain agacement dans le ton de son ami.

« Tu n'y es pas étranger non plus, tu sais. »

Tony soupira, vaincu.

« D'accord.

-D'accord ?

-Ça ne me plait toujours pas. Mais si tu dis que... Enfin, je te crois.

-Tu ne dis pas ça juste pour... Tu as le droit de refuser. Je ne vais pas... je comprendrais, cette fois.

-Non non, tu l'as dit, il faut bien trouver un compromis. Ça ne me plait pas mais la décision t'appartient. »

Touché, Bruce se rapprocha de l'ingénieur jusqu'à se tenir tout proche.

« Merci, Tony » dit-il tout bas, comme si c'était un secret que personne d'autre ne devait entendre. Il le disait souvent ces derniers temps, et à chaque fois il avait l'impression que ce simple mot portait bien plus que ce qu'il ne le laissait entendre. A chaque fois qu'il le remerciait pour quelque chose en particulier, il le remerciait en même temps pour tout le reste, pour une liste grandissante de ce que Tony avait fait de bien à sa vie.

« Tout ce que tu veux, » répondit Tony, et tout deux avait conscience que ce n'était pas une simple formule. Ils se rapprochèrent encore.

« On a du boulot alors » dit faiblement Tony, comme si il avait voulu dire complètement autre chose. Le moment était passé. Ils remirent un peu de distance entre eux, un peu gêné.

« Du boulot. Oui » répéta Bruce d'un ton absent.

« Jarvis, quand est-ce qu'on pourra jouer avec une version fonctionnelle de Veronica ? » interrogea Tony à l'IA qui s'était fait particulièrement oublié ces dernières minutes.

« Je pourrais lancer la production aussitôt que vous aurez validé les dernières modifications, répondit l'IA.

« Fais voir ça. »

Ils ne relevèrent pas le nez de leur calculs avant de nombreuses heures, à part pour voler quelques coup d'œil à la dérobée quand l'autre ne regardait pas.

.

Tony avait pris soin de renforcer la quasi-totalité de la tour des Avengers quand elle avait dû être reconstruite après l'attaque de New York. Entre les aliens et les dégâts dont était capable les membres de l'équipe, accidentellement ou pas, il ne pouvait pas être trop prudent.

Néanmoins, l'étage entier qui séparait les niveaux R&D de ceux d'habitation n'avait été conçu qu'avec Bruce en tête. Il n'était accessible que par un nombre très limité de gens et seulement en cas de nécessité. Il n'avait pas de fenêtres, pas de cloison intérieur, il pouvait absorber la force d'une explosion de bonne taille.

Ils le mirent rudement à l'épreuve en y testant Veronica.

Bien sûr, l'opération étant le succès que Bruce avait prédit, Hulk n'était pas dans une rage meurtrière et il ne tenta pas de tester plus que de raison la résistance des parois qui l'entourait. Ses efforts se concentrèrent sur Tony, presque comme pour un jeu. Une chose est sure, Hulk passa un bien meilleur moment que l'ingénieur.

Quand Bruce revint à lui, il ne savait pas où il était, ni comment ni pourquoi, pourtant il n'eut pas envie de bouger, ni même d'ouvrir les yeux. Il avait la conviction d'être parfaitement en sécurité, de n'avoir nul besoin de se lever. Quand il se décida finalement à voir ce qu'il se passait autour de lui, il était allongé sur le côté, la tête posée sur les jambes de Tony assis contre le mur de l'étage, le visage pressé contre son abdomen. Tony avait une tablette ouverte sur un article de journal dans une main. L'autre passait distraitement dans les cheveux du docteur. Il se désintéressa de son écran le sentant se réveiller.

« Bon retour parmi nous, dit-il avec un sourire. J'ai pris la liberté de te mettre au moins un pantalon. En tout bien tout honneur. »

Bruce cligna des yeux pour chasser sa confusion et se redressa lentement, presque à regret, pour se retrouver dans la même position que Tony, pressé contre son épaule. Effectivement, il portait un jogging lâche qu'il mettait d'ordinaire pour méditer et quand il n'avait vraiment pas envie de prendre la peine de s'habiller. Il était torse-nu. Un sweatshirt qu'il reconnut comme appartenant à Tony couvrait ses épaules. Il le rajusta en se redressant.

« Ça va ? » demanda Tony en tournant la tête pour le regarder.

« Et toi ? » contra Bruce au lieu de répondre. Il ne savait jamais dire comment il se sentait en revenant à lui. Ce n'était pas facile à expliquer, et encore moins à comprendre pour quelqu'un qui n'avait jamais connu une telle expérience. Pour tout le monde en fait.

« Pas mal secouer, je dois dire, tout cette violence vraiment ce n'est pas pour moi, » plaisanta Tony, avant d'ajouter sur un ton plus sérieux : « tout s'est bien passé. Jarvis a enregistré toutes les données, mais cela peut attendre. Je me suis dit que tu ne voudrais pas te réveiller seul, et je t'avoue que je suis lessivé.

-Mais tu vas bien, » redemande Bruce. Il avait besoin de la confirmation. A cet instant, rien d'autre ne l'intéressait.

« Oui.

-Bien. C'est bien. »

Une nouvelle fois ils étaient tout proche, incapable de se quitter du regarde, et Bruce se trouva débordé d'émotion mal contenue. Il avait suivi le mouvement comme il avait pu depuis qu'on l'avait forcé à retourner prendre part à la marche du monde, et de manière tout à fait extraordinaire et inattendue, cela l'avait mener là, à cet instant, avec cet homme, contenté et en paix, pour la première fois depuis tellement longtemps qu'il ne pouvait pas s'en souvenir.

« Tony... »

Il avait trop de chose à dire et aucun mot ne lui venait. Il pensait s'être résigné, quelque part en cours de route, à ne jamais pouvoir retrouver ne serait-ce qu'un fragment de ce qu'il avait perdu, à ne plus jamais rien avoir de bon. Et ils étaient tellement abîmés tous les deux, tellement blessés et craintifs, persuadé que le bien n'arrivait qu'aux autres.

Et pourtant.

Le regard de Tony passait rapidement de ses yeux à ses lèvres et Bruce décida de ne rien dire. A la place, il couvrit la distance qui les séparait encore et qui était devenu la chose la plus insupportable qui soit, et quand ils s'embrassèrent pour la première fois, il eut l'impression que c'était un long soupir de soulagement qu'ils laissaient enfin échapper. Assis par terre contre un mur, les yeux fermés et les lèvres jointes, Tony portant une main à son cou et Bruce tirant sur son t-shirt pour se rapprocher encore, l'univers leur accordait enfin un peu de répit.

Tony sourit dans leur baiser. Il avait surement envie de dire quelque chose, comme toujours, mais semblait avoir plus envie encore de ne jamais s'arrêter d'embrasser le docteur.

Il n'allait pas s'en plaindre. Pour quelques instants encore, il n'y avait rien d'autre qu'eux, et tout était pour le mieux.


Eh bah ça vous aura pris le temps les gars... Merci d'avoir lu, à la prochaine !