Allons boire un verre, ce soir

Note de l'auteur :J'ai décidé d'introduire un personnage que je n'ai jamais traité avant et, il faut le dire, dont on ne sait que très peu de chose. Je l'ai donc fait comme moi, je le vois. Cette note sera courte, simplement, j'ai écrit comme je le ressentais.
Bonne lecture et donnez-moi votre avis. Merci pour vos reviews, parce que je suis particulièrement attachée à cette fic.


Starfleet Academy. Février 2256.

Jim n'évoqua plus jamais Tarsus IV, et je me gardai bien de le faire également. L'incident du cours d'histoire tomba dans l'oubli, car, personne n'en était venu à la conclusion que cela avait un rapport avec le sujet abordé. Ou, si certains le firent, ils le gardèrent pour eux et le professeur Gill ne fit plus référence au massacre devant notre classe. Jim sortit de l'infirmerie le soir même et la vie reprit son cours normal. Du moins, aussi normal que possible, quand il s'agissait de lui.

Nous étions vendredi et la journée touchait à sa fin. Je sortis d'un amphithéâtre, après deux interminables heures, et passai par le hall de l'Académie. C'est là, que j'aperçus un homme qui n'était clairement pas du coin. Immédiatement, deux choses attirèrent mon attention chez lui. Le bleu particulier de ses yeux et le blond de ses cheveux. Ces deux caractéristiques relevaient de gènes récessifs, donc plus rares. Mais, ce qui acheva de me persuader que je ne voyais pas double, fut la fossette qui creusa sa joue, quand il me sourit poliment en me voyant approcher. Celle-ci, au contraire, dépendait d'un gène dominant. Tellement, que la probabilité que deux individus possèdent la même, sans avoir de lien de parenté proche, était quasi-nulle. J'estimai rapidement qu'il était à peine plus jeune que moi, et en tirai la seule conclusion logique.

« Vous cherchez Jim ? »

Il me regarda, pris au dépourvu.

« Oui. Vous savez où le trouver ? J'allais me rendre à l'accueil, mais vous pouvez peut-être mieux me renseigner. »

« Pour sûr ! Nous partageons la même chambre. À cette heure-ci, il doit s'y trouver. Suivez-moi, George. Je peux vous appeler George ? Je suis Leonard McCoy. »

Sa présence me mettait sur les nerfs, et dès que j'étais stressé, je parlais beaucoup. Pas que le type eut l'air méchant, ou quoi que ce soit. Mais, Jim était avare de confidences sur sa famille et, d'expérience, je savais que c'était rarement le signe d'une bonne entente. Pour ce que j'en savais, Jim était le seul à le nommer « Sam », en référence à son deuxième prénom. Le premier, le même que celui de leur défunt père, devait certainement être trop difficile à évoquer. Leur relation avait toujours été en dents de scie, vacillant entre un fort lien fraternel et des désaccords constants. Mais, là s'arrêtaient mes connaissances. Je ne m'attendais même pas à ce qu'ils se ressemblent autant. Ce qui était très perturbant.

« Ravis de vous connaître, Leonard. » Répondit-il, simplement, en acceptant tacitement la familiarité. « Jim et vous êtes amis ? »

« On peut le dire, oui. » Répliquai-je, en m'engageant dans le couloir menant aux ascenseurs.

« Comment va-t-il ? »

La question était simple. Banale, même. Mais, la manière dont il la prononça, donna un énorme poids aux mots. Comme si cette phrase englobait un million d'autres interrogations, auxquelles je n'avais certainement aucune réponse à donner. Alors, je préférai rester sur des généralités.

« Très bien. Il travaille dur et se donne à cent pourcents, pour réussir. »

« Ça ne m'étonne pas de lui. Quand il a une idée en tête… »

Le ton avait quelque chose de réprobateur, et la suspension à la fin de son affirmation, en dit plus que l'affirmation elle-même. Peut-être l'aîné ne voyait-il pas d'un bon œil, que Jim suive les traces du paternel. Mais, il n'avait pas entièrement tort.

« C'est bien vrai. Le faire changer d'avis est un tour de force que je réussis rarement. »

Il parut surpris, autant que ravi, alors que nous montions dans l'une des cabines et que je demandai l'étage où nous logions.

« Vous, au moins, il vous arrive d'y parvenir, apparemment. Cela veut dire qu'il a une grande estime pour vous. »

« Vraiment ? » M'étonnai-je, franchement.

« James est un électron libre. Il n'écoute que lui et ses fameuses intuitions. Si votre opinion a un quelconque pouvoir sur lui, c'est que vous devez être vraiment spécial à ses yeux. »

J'eus la décence de ne pas rougir. Du moins, je l'espérai, puisque je n'osai pas regarder mon reflet dans la glace pour m'en assurer. La révélation qui m'avait frappé le mois dernier, n'avait pas quitté mon esprit, loin de là.

« Vous aimez beaucoup mon frère, n'est-ce pas ? »

La question me donna envie de disparaître sous terre.

« Ce n'est pas ce que vous croyez. »

« Oh, mais, je ne crois rien. C'est vous, qui sous-entendez quelque chose. »

Il me sourit, clairement amusé. Et je maudis silencieusement les Kirk, et leur foutu instinct, jusqu'à la trente sixième génération.

« Vous restez longtemps à San Francisco ? »

« Je suis là pour assister à un séminaire sur les dernières avancées en biologie, puisque c'est ma spécialité, et je ne pouvais décemment pas séjourner dans cette ville, sans venir lui rendre visite. J'aurais aimé que ma femme et mes fils fassent partie du voyage, mais ce n'était malheureusement pas possible pour elle de se libérer. » M'apprit-il, en acceptant, sans plus insister, le changement brutal de sujet.

« Vous, au moins, vous avez fait votre vie. » Remarquai-je.

« Jim est encore jeune. Il a le temps d'y songer. Et vous ? »

« Divorcé. » Répondis-je, succinctement, ne souhaitant pas m'étendre là-dessus. « J'ai aussi une petite fille de sept ans. Joanna. »

L'ascenseur s'arrêta et les portes s'ouvrirent sur le long corridor où s'alignaient les portes, toutes identiques, des nombreux quartiers.

« Elle doit vous manquer. » Dit-il, doucement, en m'emboîtant le pas.

« Plus que je n'aurais pu l'imaginer. »

« Pardonnez-moi, je ne voulais pas… »

« Y a pas d'mal. » Balayai-je, d'un geste de la main. « C'est ici. » Annonçai-je, alors que nous arrivions.

J'allais ouvrir, mais j'hésitai un instant.

« Sera-t-il… content de vous voir ? Ou non ? »

« Cela dépend de nombreux facteurs sur lesquels je n'ai aucun contrôle. »

« Qu'est-ce que c'est sensé vouloir dire, bon sang ? » M'exclamai-je.

« Que je ne sais jamais vraiment à quoi m'attendre avec lui. »

« Écoutez. » Soupirai-je. « Il va bien, en ce moment, mais il n'a vraiment pas besoin… »

« De quoi ? » Me coupa-t-il, agacé. « De voir son frère ? »

« Peut-être qu'il n'en a pas envie. » Insistai-je, en faisant toujours barrage devant la porte.

« Peut-être que si. »

« Peut-être qu'il pourrait décider lui-même ce qu'il veut. Si vous avez fini de parler de moi. »

La porte venait de s'ouvrir sur un Jim torse nu, en bas de jogging et visiblement énervé. Je ne savais pas exactement ce qu'il avait entendu de notre conversation, mais apparemment, ça ne lui plaisait pas du tout.

« Je suis assez grand, pour foutre mon propre frère dehors si je n'ai pas envie de voir sa gueule, Bones. » Me rappela-t-il à l'ordre. Et je me sentis con d'être aussi protecteur avec ce gamin, qui n'en était plus vraiment un, et qui semblait attirer les emmerdes comme un cadavre attirait les mouches.

« Je sais. » Grognai-je, vaguement, en regardant ailleurs.

« Entrez, tous les deux. » Dit-il, ensuite, en nous tournant le dos.

Il se laissa tomber sur son lit, je m'assis sur le mien et George resta debout, au milieu de la chambre, comme s'il ne savait pas quoi faire de lui-même. Et, je n'eus aucune envie de lui venir en aide. L'aîné des Kirk me faisait vaciller entre animosité et curiosité, ce qui me tapait sur les nerfs.

« Aurelan et les gosses ne sont pas avec toi ? » Demanda Jim, toujours sans l'inviter à s'installer. George me jeta un bref regard. « Tu peux parler librement devant Bones. » Ajouta mon ami, en interprétant son malaise.

« Non. Je suis venu seul, pour assister à un séminaire. »

Jim ne fit même pas un effort pour cacher qu'il se foutait royalement de cette conférence.

« Ils vont bien ? Votre installation sur Deneva s'est bien passée ? » L'interrogea-t-il, ensuite.

« Très bien. Peter vient d'avoir quatre ans et il est intenable. » Tenta de plaisanter le plus âgé. Mais, il ne parvint même pas à arracher un sourire à son frère. « Maman m'a demandé de tes nouvelles. » Ajouta-t-il, hésitant.

« Maman vit, la plupart du temps, sur la même planète que moi. Contrairement à toi. Elle n'a qu'à venir les demander elle-même. » Répliqua Jim, acide.

Je n'osai pas intervenir, alors que la situation devenait dangereusement bancale.

« Ce n'est pas comme si tu répondais à ses messages. »

« Je me trompe peut-être, mais il me semble que ça ne te regarde pas. »

« C'est aussi ma mère, Jim. Et tu es mon petit frère. Évidemment que ça me concerne. Ça fait combien de temps que tu ne l'as pas vue ? »

« Depuis que je suis entré à l'Académie. Mais, elle a dû déjà te le dire. »

« Tu ne peux pas l'éviter pour toujours. » Soupira l'aîné. Et, mon ami se leva brusquement.

« Tu ne sais pas de quoi tu parles, Sam ! Tu ne sais pas ce que c'est d'être né le même jour que la mort de ton père, de supporter le regard indéchiffrable de ta mère, de réaliser qu'elle te hait au moins autant qu'elle t'aime, parce que tu lui rappelles trop son mari, de la regarder volontairement accepter des missions loin de la Terre pour ne pas être présente le jour de ton anniversaire ! Tu ne sais rien ! » Hurla Jim.

Il était rouge de colère, quelque peu tremblant et je dus réprimer le besoin viscéral de le prendre dans mes bras pour le calmer.

« J'étais là, toutes ces années, je te rappelle. » Contra son frère.

« Oui, et tu n'as rien fait. »

George encaissa l'accusation comme une gifle, dont j'eus presque l'impression d'entendre le claquement contre sa joue, tant il parut blessé.

« Qu'aurais-tu voulu que je fasse ? Vous avez toujours été incapables de dialoguer. Et depuis Tarsus… »

« Sors d'ici. »

La sentence tomba comme un ordre sans appel. Et j'entraperçus furtivement le capitaine en devenir.

« Ne fais pas l'enfant, Jim. Il va bien falloir faire face à un moment donné. »

Je savais qu'il n'avait pas tort. Mais, Jim était au bord de l'implosion et mon instinct prit le dessus.

« Il vous a dit de partir. » Répétai-je, en faisant barrage de mon corps.

George serra les lèvres dans une ligne sévère, se retenant visiblement de dire certaines choses.

« Très bien. Si tu as envie de me voir, je reste à San Francisco jusqu'à jeudi. » Capitula-t-il, finalement, en m'affrontant du regard.

« Je vous raccompagne. » Dis-je, en le contournant pour ouvrir la porte.

D'un geste de la main, je l'invitai à passer devant et il s'engagea dans le couloir. Avant de le suivre et de refermer, je jetai un œil à Jim, resté prostré au milieu de la pièce. Il me fixa quelques secondes, insondable. Puis, il articula silencieusement un « merci » et retourna s'allonger sur son lit.

Nous marchâmes silencieusement, dans une atmosphère à couper au couteau, jusqu'au turbolift. Arrivés devant, il se tourna vers moi.

« Merci, mais, je pense pouvoir aisément retrouver mon chemin. » Je hochai simplement la tête. « Je n'aurais pas dû venir. Il n'est pas encore prêt. Peut-être, quand il sera capitaine et que les vies de centaines de membres d'équipage dépendront de ses décisions, il sera enfin capable de regarder certaines choses en face. James n'a jamais eu à se préoccuper de quelqu'un d'autre que lui-même. Je pense que cela doit changer, pour qu'il puisse mûrir. Ça a fonctionné pour moi. J'ai ma femme et mes enfants. Ils sont ma raison d'avancer. »

« Je le soutiendrai autant que je peux, dans cette démarche. »

« Je le sais. Et je suis heureux de vous connaître. Car, je pars un peu plus serein, grâce à vous. Vous êtes bon pour lui. »

« Je fais de mon mieux. Et, il est aussi là pour moi. »

Il approuva, puis respira profondément, en paraissant peser soigneusement ses paroles.

« Vous devriez lui dire, vous savez. »

Et je n'eus pas réellement la force de faire comme si je ne comprenais pas de quoi il parlait.

« Je ne suis pas tout à fait son genre. » Répondis-je, alors, ironiquement.

« Je connais très bien mon frère, Leonard. Et, Jim n'a pas de genre. » Je le regardai, indécis. « Mais, je comprends. » Reprit-il. « Vous avez certainement peur de souffrir de nouveau. C'est légitime. »

Je ne trouvai pas d'arguments pour le contredire. Parce que c'était vrai. J'étais paralysé par la peur. Littéralement terrorisé, à vrai dire. Mais, il ne semblait pas attendre de réponse de ma part, puisqu'il appela l'ascenseur et monta dedans, sans un mot de plus.

« Au plaisir de vous revoir. Prenez soin de lui. » Conclut-il, avant de demander le rez-de-chaussée.

« Comptez sur moi. » Lui assurai-je, alors que les portes se refermaient.

Je rentrai prudemment dans notre chambre. Jim me tournait le dos, en boule sur ses draps. Il me semblait parfois si fragile, alors que rien n'était plus éloigné de la réalité. Il ne montrait ses faiblesses que devant moi. Silencieusement, je m'approchai de lui et m'assis doucement sur le matelas, derrière lui, hésitant à le toucher, ne sachant pas quoi dire. À l'aveugle, il chercha alors ma main, l'agrippa, puis me tira vers lui. Je ne résistai pas et m'allongeai contre son dos, passai un bras autour de son torse et le serrai fort. Il se détendit, respira plus paisiblement et je m'autorisai à déposer un baiser furtif sur sa nuque. Il mêla ses doigts aux miens, sur son cœur que je sentis battre régulièrement.

« Allons boire un verre, ce soir. » Chuchota-t-il.

Ce n'était pas une bonne idée. Vraiment pas. Mais, je n'avais jamais su lui dire non. Surtout pas quand il allait mal.

« Ok. »

Le bar était bondé et extrêmement bruyant, comme tous les vendredis soir. Jim s'était directement dirigé vers le comptoir, sans s'attarder sur les gens présents. Il n'était pas « en chasse », ce soir. Non, il voulait juste oublier et j'avais bien l'intention de le garder à l'œil.

Juché sur un tabouret, Jim accoudé à ma droite, je parcourus la salle du regard. La musique, assourdissante, couvrait le bourdonnement des nombreuses conversations. Les lumières tamisées donnaient une ambiance feutrée à l'établissement. En face de nous, une petite piste de danse pleine de monde. À notre gauche, de larges tables, toutes occupées par des groupes composés de diverses espèces, de tous âges et de tous horizons. Au fond de la salle, des box, plus intimistes, pour les couples qui souhaitaient s'isoler un peu de la foule. Mes yeux revinrent sur mon ami et je le surpris en train de me fixer. Il ne se détourna pas pour autant, soutint mon regard, puis un sourire canaille étira ses lèvres. C'était moi, ou il m'allumait ? Je reniflai mon verre, dans le doute, car je devais avoir des hallucinations. Sûrement un effet d'optique, dû à la lumière. Puis, le moment passa et il replongea dans son troisième verre de la soirée. Il le vida cul-sec, avant de faire un signe au serveur pour commander le p'tit frère. Pour ma part, je faisais durer ma boisson. L'un de nous deux devait rester le plus sobre possible, et ce ne serait certainement pas lui. Il leva sa quatrième bière vers moi, avant d'y tremper ses lèvres et d'en boire une bonne rasade. Il n'avait pas encore atteint le stade où sa langue se déliait, et resta enfermé dans son mutisme une demi-heure encore, avant de se détendre enfin sensiblement.

« Tu sais, ma mère m'a toujours regardé comme si elle me reprochait quelque chose. Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi. Je crois que c'est parce que je lui ressemble. » Finit-il par m'avouer, alors je me penchais sur lui pour l'entendre par-dessus la musique.

Il n'eut pas besoin de préciser qui était « lui ». Quiconque avait déjà vu George Kirk en photo, ne pouvait douter que Jim était son fils.

« Viens. On rentre. » Décidai-je, sans lui laisser le choix.

Étonnamment, il ne protesta pas, ce qui en dit long sur son état d'esprit, et descendit de son siège. Son équilibre sembla quelque peu précaire et, par habitude, je le collai à moi, un bras passé dans son dos. Il s'appuya sur mon épaule, au sens propre, comme au figuré, et continua à débiter à mon oreille de multiples anecdotes d'enfance. Dont certaines que j'avais déjà entendues. Son haleine chargée venait chatouiller ma joue, le timbre chevrotant de sa voix me fis resserrer ma prise sur lui, la chaleur de son corps irradiait le mien, même à travers nos vêtements. Je ne m'en voulais même plus d'avoir des pensées déplacées envers lui. Il paraissait si ouvert, dans ces moments-là, que je devais garder tout mon sang-froid, pour ne pas faire une connerie. Parfois, j'avais vraiment l'impression qu'il me cherchait. Mais, c'était certainement l'alcool qui parlait.

Notre relation avait presque toujours eu ce côté ambigu. Les contacts physiques, entre nous, étaient naturels, confortables. Même si on pouvait rarement parler de câlins, ce n'était plus réellement des accolades fraternelles.

Je le ramenai péniblement jusqu'à nos quartiers, le soutenant à travers les couloirs déserts de l'Académie. Il était tard. Très tard. Ou tôt, selon le point de vue. Je galérai un moment pour ouvrir la porte, alors qu'il pesait comme un poids mort contre mon flanc, puis le soutins, avant de l'allonger sur son lit sans prendre la peine d'allumer la lumière. Je m'exhortai ensuite à le déshabiller sans trop m'attarder sur sa peau pâle, échouai malgré tout, incapable de ne pas laisser mon regard traîner sur son corps musclé. Il m'observa, les yeux mi-clos, à moitié dans les vapes, le fantôme d'un sourire sur ses lèvres. Quand il fut en boxer, je tirai sur le drap, avant de le rabattre sur lui. Puis, lui souhaitai une bonne nuit et allai m'asseoir sur mon matelas pour me dévêtir à mon tour.

« Reste avec moi. » Murmura-t-il, dans l'obscurité. Si bas, que je crus mal comprendre.

« Je ne compte aller nulle part, Jim. »

« Dors avec moi. » Précisa-t-il.

C'était tentant. Extrêmement tentant. Mais, j'étais un être humain, bon sang ! Comment réagirait-il, une fois dessaoulé, si je me réveillais avec une trique d'enfer, collé contre son dos ?

« Je suis juste à côté de toi. Si tu as besoin de quoi que ce soit, réveille-moi. Je serai là en une seconde. »

Mais, face à son absence de réponse, je pris conscience qu'il dormait déjà. Je le regardai, son visage détendu, durant quelques instants encore, avant de me coucher aussi et de me laisser bercer par le souffle de sa respiration, jusqu'à ce que le sommeil m'emporte.