À la lumière indélébile, nous prenions tout

Note de l'auteur : Désolée pour cette petite absence. J'ai été accaparée par Cut & Run, des romans qu'une amie m'a fait découvrir la semaine dernière. Pour celles qui connaissent, j'avais d'ailleurs dans l'idée d'écrire quelques drabbles sur Ty et Zane, puisque c'est un format que je n'ai jamais tenté avant et qu'ils s'y prêtent bien. J'ai déjà pas mal d'idées. Pour celles qui ne connaissent pas, je vous conseille de courir les lire. Étrangement, je ne suis pas extrêmement friande de la littérature homosexuelle (si si je vous jure) car je suis souvent déçue par le manque de contexte et d'intrigue, comme si tout n'était qu'un prétexte pour faire forniquer deux beaux mecs. Il y a assez d'histoire de ce genre ici et je ne vais certainement pas m'amuser à gaspiller mon argent pour en lire des "originales". Mais, même si c'est cliché de dire ça, Cut & Run est spécial. On sent qu'il y a un véritable travail de recherche derrière, pour rendre ces deux agents du FBI le plus crédibles possible. Les enquêtes où ils s'embarquent sont très bien pensées et les personnages secondaires approfondis. On a peur pour eux, on espère avec eux que tout se finira bien, on se surprend à chercher les coupables parmi les suspects. C'est très bien construit, avec, en plus, leur relation en dents de scie, passionnelle et déchirante, dans le plus grand secret. Tyler (imaginairement interprété par Karl Urban) est un savant mélange de McCoy, Reaper (Doom), Dredd et Karl lui-même. Zane (imaginairement interprété par Eric Bana (Nero dans ST2009 entre autres)) est tout aussi explosif, emporté et torturé. Ce qui est intéressant, car nous avons là un couple de deux mâles Alpha, qui aiment se bagarrer en permanence, verbalement, physiquement, dans leur travail comme au lit. Donc voilà, c'était la minute littérature. Courrez lire ces bouquins et si jamais vous n'aimez pas, vous aurez le droit de me flageller.

J'ai également des projets de crossovers, avec Star Trek et d'autres univers. Mon obsession pour Karl Urban me perdra et cette fic n'arrange rien XD

J'espère que ce chapitre vous plaira. J'ai décidé de leur accorder un moment sans souci, sans prise de tête.

Bonne lecture et à très vite!


Starfleet Academy. Juin, 2256.

J'ouvris les yeux dans l'obscurité, jetai un œil au réveil – deux heures du matin – et laissai ma tête retomber lourdement sur l'oreiller, le rêve qui m'avait sorti du sommeil déjà évaporé de ma mémoire. Le poids mort de Jim contre mon flanc m'enleva bien vite toute idée de bouger de là. C'était bien trop agréable d'avoir ses membres cramponnés autour de moi, tel un koala en manque d'affection. Je caressai doucement sa jambe remontée sur mon ventre, embrassai son front, plongeai mon nez dans ses cheveux en bataille pour respirer son odeur, et il resserra inconsciemment sa prise sur mon torse, se colla un peu plus à moi. Son érection vint percuter ma hanche et une vague de chaleur réveilla complètement mon corps encore engourdi. Ma main appuya plus franchement sur la peau tendre de sa cuisse, remonta jusqu'à ses fesses fermes et il soupira dans son sommeil en se frottant contre moi. Je glissai mes doigts entre nous, pour venir frôler son membre et, aussitôt, il poussa contre ma paume, se cambra voluptueusement. Il était tellement dur et chaud. Ses yeux s'ouvrirent alors, leur bleu saisissant visible, même dans le noir.

« Qu'est-ce que tu fais ? » Marmonna-t-il, absolument pas dupe.

« Rien. » Osai-je répondre, en prenant mon air le plus innocent.

« Je vois. Ta main se balade toute seule quand tu dors. »

« T'as tout compris. »

Il gloussa contre mon épaule, avant d'y déposer un baiser.

« Maintenant qu'elle est posée là, autant que j'en profite. »

Il donna un nouveau coup de reins, plus vif, et je l'empoignai plus franchement.

« Oui. Ça serait bête de ne pas prendre avantage de la situation. » Murmurai-je.

« Tu pourrais aussi me prendre, tout court. » Susurra-t-il à mon oreille. Et un délicieux frisson parcourut ma colonne vertébrale.

« Ne me dis pas des choses comme ça. » Sifflai-je entre mes dents, en le plaquant contre le matelas.

« Pourquoi ? »

« Parce qu'il te faudra en assumer les conséquences. »

« Je tremble de peur. » Se moqua-t-il, en enroulant ses jambes autour de ma taille.

Il leva ses hanches à ma rencontre et un soupir m'échappa quand il colla son érection contre la mienne.

« Tu l'auras voulu. » Affirmai-je, avant de fondre sur ses lèvres tentatrices.

Il noua ses bras derrière ma nuque, griffa doucement mon cuir chevelu, joua avec ma langue, me serra possessivement contre lui avec empressement. Je pus sentir sa faim, son corps tendu vers moi comme une supplication. Ce même besoin irrépressible qui animait mes propres gestes. Je m'emparai rapidement du lubrifiant qui traînait encore dans nos draps et le pénétrai sans plus attendre, en perdant le peu de contrôle qui me restait. Jim était juste beaucoup trop tentant, quand il me réclamait de tout son être. Il se cambra, enfonça ses ongles dans mon dos, la bouche ouverte dans un cri muet, en m'accueillant dans la fournaise de sa chair. Magnifique. Ses yeux mi-clos sous les assauts du plaisir, ses lèvres purpurines d'où s'échappaient des sons délicieux, ses mèches folles étalées sur les oreillers, alors que j'allais et venais en lui avec force. Oui, il était beau. Et il était à moi.

« Je t'aime, Bones. » Chuchota-t-il, le souffle court.

Ses paroles me transpercèrent de part en part, alors qu'il les prononçait pour la première fois.

« Moi aussi. Tellement. Si tu savais. »

Mais, il savait. Parce que j'avais porté cet amour seul beaucoup trop longtemps, pour arriver à le réprimer, maintenant qu'il se libérait enfin. Il transparaissait dans chacun de mes gestes, chacune de mes paroles, transpirait de tous les pores de ma peau.

Notre étreinte était précipitée, brusque, hâtive. Je sentais déjà le feu nourri de l'orgasme dévorer mon bas-ventre et Jim débitait des propos décousus, une litanie de demandes plus ou moins cohérentes, de gémissements, de cris. La cadence de mes coups de reins devint erratique, presque désespérée et je m'emparai de son membre pour le caresser. Il ne fallut que quelques allers-retours pour que Jim se tende, s'agrippe à tout ce qui lui tombait sous la main jusqu'à ce que ses phalanges blanchissent, et que son sexe pulse entre mes doigts quand il jouit intensément entre nos deux corps soudés. Le voir ainsi me précipita à sa suite dans un gouffre de plaisir et je me déversai en lui, en le serrant de toutes mes forces contre moi.

Je retombai sur lui, à bout de souffle et pris d'un léger vertige. Sa respiration erratique siffla à mon oreille, avant de reprendre peu à peu un rythme normal. Ses doigts caressèrent mes cheveux, envoyant des frissons agréables dans ma nuque.

« Depuis quand ? » Finis-je par murmurer, quand je fus de nouveau capable de réfléchir.

« Quoi ? » Grogna-t-il, pas tout à fait avec moi.

« Depuis quand es-tu amoureux de moi ? » Précisai-je, en roulant sur ma droite, pour m'allonger à côté de lui.

« Qui t'as dit que je l'étais ? »

« Toi. Y a pas cinq minutes. » Lui rappelai-je, en levant les yeux au ciel.

« Vraiment ? Pardon, tu devais être si profondément enfoui dans mon cul, à ce moment-là, que ça a dû m'échapper. » Dit-il, et ses lèvres tremblèrent légèrement alors qu'il essayait vainement de ne pas rire.

Je compris alors qu'il se foutait royalement de ma gueule et frappai ses côtes. Il couina de douleur, avant d'éclater de rire, plié en deux. Je rejetai le drap et m'assis au bord du lit en allumant la lampe de chevet, puis me levai maladroitement, pour me diriger vers la salle de bain, en faisant fi de ma nudité.

« T'es fâché ? » S'inquiéta-t-il, sincèrement, en interprétant mal mon départ.

« Je vais pisser, Jim. C'est possible ? »

Un oreiller percuta l'arrière de mon crâne, en réponse, alors que je lui tournais le dos. Je le ramassai précipitamment et le lui renvoyai, le manquant de peu, alors qu'il s'esclaffait de plus belle, avant de disparaître dans la salle d'eau en cachant mon sourire. Il n'allait pas s'en tirer comme ça.

« Tu n'as toujours répondu. » Criai-je, à travers la porte, après m'être lavé les mains.

J'attrapai ensuite une serviette, l'humidifiai sous l'eau tiède et retournai dans la chambre.

« J'en sais rien. » Répondit-il, en me regardant revenir, tout à coup très sérieux.

Je remontai sur le matelas et frottai doucement son ventre avec le tissu éponge. Il soupira, se détendit sous l'attention.

« Je ne l'ai pas vu venir. » Ajouta-t-il, après un instant.

« Moi non plus. » Avouai-je. « Mais, la première fois que j'ai posé mes yeux sur toi, j'ai su que tu allais me pourrir la vie. »

Il prit un air faussement outré, mais ses yeux étaient rieurs.

« Admets que tu m'as surtout trouvé canon. »

« Tu n'as certainement pas besoin d'une personne supplémentaire pour vanter tes charmes, Jim. » Répliquai-je, en jetant la serviette dans un coin.

« Non. Juste toi, c'est suffisant. »

Je me figeai sur place, foudroyé par le double-sens de cette phrase.

« Allez viens. Rendors-toi. On est dimanche et je compte bien en profiter. » Ajouta-t-il, en tapotant la place à côté de lui.

J'acceptai l'invitation, bien trop fatigué pour me lancer maintenant dans une discussion compliquée, et me blottis dans ses bras en ramenant le drap sur nous, après avoir éteint la lumière. Il enroula immédiatement ses membres autour de moi, de cette manière si possessive qui me surprenait toujours venant de lui.

« Je vis avec une pieuvre. » Bougonnai-je, dans son cou.

Il pouffa en resserrant sa prise sur mon torse. Une de ses jambes se glissa entre les miennes, je posai une main sur sa hanche, embrassai le creux de son épaule et me détendis jusqu'à sombrer dans le sommeil.

Quand j'ouvris de nouveau les yeux, il faisait jour. Un rayon de soleil jouait avec les reliefs du visage de Jim, parsemait ses cheveux d'éclats dorés, alors qu'il dormait encore, emmêlé dans la literie, un bras rejeté par-dessus sa tête. Je ne pus que bêtement le trouver beau, une fois de plus. Je tendis une main, l'ombre de mes doigts s'étendant sur sa joue, pour écarter une mèche folle de son front. Il soupira, s'étira longuement, et j'en profitai allègrement pour caresser son torse.

« 'Jour. » Marmonna-t-il, en plissant ses paupières pour combattre la luminosité, avant d'enfouir son nez dans mon cou.

« Hey. » Soufflai-je, en massant sa nuque.

Je pourrais bien m'y habituer. À son odeur entêtante imprégnée sur nos draps, la douceur de sa peau sous la pulpe de mes doigts, la chaleur et le poids de son corps contre moi, tous les matins du monde.

« À quoi tu penses ? » Demanda-t-il, d'une voix encore endormie.

« Que j'aimerais me réveiller comme ça tous les jours. » Dis-je, sans détour.

« Moi aussi je voudrais faire la grasse mat' en dehors du week-end. »

« Je ne te parle pas de ça, Jim, bon sang. »

« Je sais. » Osa-t-il répondre, avant de rire.

Vexé, je le poussai, jusqu'à ce qu'il tombe du lit. Il s'écrasa au sol dans un bruit sourd, sans que cela ne stoppe son hilarité. Essayez d'être un peu romantique avec Jim Kirk, et voilà ce que vous récoltiez. Sa tête émergea de derrière le matelas, barré par ce sourire canaille auquel je ne résistais pas, et il s'appuya sur ses bras pour se relever.

« Je vais prendre une douche. » Me lança-t-il, en contournant le lit.

Je mis spontanément une claque sur ses fesses rebondies quand il passa à côté de moi et il disparut dans la salle de bain, en me tirant la langue comme le sale gosse qu'il était. Je me laissai retomber sur les oreillers, en levant les yeux au ciel et me décidai à le rejoindre quand j'entendis l'eau commencer à couler.

La petite pièce s'embuait lentement de vapeur. Les contours de la silhouette élancée de Jim étaient visibles à travers la vitre en verre trempé et cette vue me ravit quelques secondes, avant que la porte coulisse et que Jim passe une tête pleine de shampoing par l'entrebâillement.

« Arrête de me mater et viens me frotter le dos. »

Je souris, très tenté par l'invitation, et y répondis sans me faire prier. Il se décala pour me faire de la place sous le jet brûlant, puis se colla à moi, sa peau humide glissant contre le mienne. Il leva le menton, en offrant son visage à la cascade et je fourrai mes mains dans ses cheveux pour les rincer, embrassai son cou dégagé, le creux d'une épaule. Puis, je le tournai, dos à moi, avant de m'emparer du gel douche, bien décidé à le laver. J'en versai une généreuse quantité sur ses omoplates et l'étalai doucement. Mes doigts glissants moussèrent, délièrent ses muscles durs, passèrent sous ses aisselles, sur son torse imberbe et lisse, son ventre ferme. Il soupira d'aise, rejeta sa tête en arrière.

« Moi, c'est ça que je voudrais tous les matins. »

« Parce que bien évidemment, à ton âge, tu ne sais pas te doucher tout seul. » Me moquai-je, gentiment, et il ricana.

« Il n'y a pas que ça que je ne sais pas faire tout seul. » Murmura-t-il, en s'emparant d'une de mes mains pour la poser sur son membre déjà dur.

« Tu es insatiable. » Soufflai-je, en l'empoignant fermement.

Il gémit, en poussant contre ma paume.

« Comme si ça te déplaisait. À moins que tu sois trop vieux pour tenir la distance. »

Je plantai mes dents dans sa nuque en réponse et il poussa un cri où se mêlaient rire et douleur.

« Viens par là, old man. » Dit-il.

Il coupa l'eau et se dégagea pour sortir de la cabine, avant d'agripper mon bras pour m'entraîner dans la chambre sans même prendre la peine de nous sécher.

Un coup d'œil au réveil m'apprit qu'il était déjà quatorze heures, alors que j'émergeai lentement de notre sieste improvisée, et j'en vins franchement à me demander si nous allions sortir de cette chambre un jour. Attaquer une nouvelle semaine de cours, demain, allait nous demander un effort surhumain. Mon corps délicieusement courbaturé protesta quand je tentai de me relever, alors que Jim somnolait à côté de moi. Je me pris à l'observer, mon regard rampant sur son corps nu, alangui sur les draps, son torse large, ses abdominaux finement dessinés, son sexe au repos dans son écrin de poils blonds, ses cuisses fermes. Plongé dans mes pensées, j'avais encore du mal à réaliser qu'il m'aimait aussi. Que pouvait-il bien me trouver après tout ?

« Arrête de me regarder comme ça ou je vais te bouffer. »

Ses yeux bleus s'étaient ouverts, me fixant avec envie. Je levai un sourcil, face à son avertissement.

« J'aimerais bien te voir essayer. » Le provoquai-je, impunément.

Il bondit alors, avec une vivacité surprenante pour quelqu'un qui venait de se réveiller, et me cloua au matelas de tout son poids. La sensation n'était pas désagréable. J'aimais sentir sa musculature ferme, sa rudesse, la brutalité retenue de ses gestes. Jim était fait pour dominer. Cela me surprenait, d'ailleurs, qu'il ne l'ait toujours pas revendiqué, qu'il me laisse me perdre dans son corps, encore et encore, depuis deux jours maintenant. Mais, la lueur que j'aperçus dans son regard, à cet instant, me fit clairement comprendre son intention d'y remédier. Étrangement, l'idée même de le sentir en moi incendia littéralement mon bas-ventre. Cependant, cela ne suffit pas à repousser totalement l'angoisse qui me tordit l'estomac.

« Je n'ai jamais… »

« Je sais. » Me coupa-t-il, d'une voix étonnamment calme. « Si tu ne veux pas… »

« Si. » Affirmai-je. « Juste… Vas-y doucement. »

En réponse, il frôla ma joue de ses lèvres légèrement tremblantes, fébriles, puis il descendit dans mon cou, mordilla le lobe d'une oreille, lécha une clavicule. Et je fus de nouveau statufié face à sa douceur. Jim n'était que contraste. Un jeu d'ombre et de lumière. Ses mains possessives sillonnèrent les reliefs de mon corps, caressèrent la peau sensible de mes flancs, griffèrent le dos de ma cuisse pour relever mon genou contre sa hanche. Ses yeux restèrent verrouillés aux miens, quand d'un geste précis, il lubrifia ses doigts, avant de les glisser entre mes jambes. Je retins mon souffle, tenaillé par l'appréhension et fus incapable de réfréner un sursaut quand il frôla mon intimité.

« Respire, Bones. Détends-toi. » Chuchota-t-il, en me fixant toujours.

Sa caresse se fit plus appuyée, plus franche et je m'exhortai à respirer lentement, quand son index se fraya délicatement un passage. La sensation n'était pas réellement agréable, plutôt gênante même. Et j'en vins à craindre, stupidement, de n'y prendre aucun plaisir. Jim sembla, en revanche, quelque peu amusé par mon expression dubitative.

« Sois patient. »

Je hochai simplement la tête, peu sûr de ma voix. Une deuxième phalange rejoint la première et cette fois, je dus me faire violence pour ne pas reculer. Ce fut difficile de ne pas totalement me crisper sous la douleur. Je me raisonnai en me rappelant que j'avais vu bien pire et Jim se voulut apaisant, passa sa main libre dans mes cheveux, sur mon torse, murmura des paroles calmantes à mon oreille. Puis, il se saisit de mon membre qui retrouva sa vigueur sous sa paume brûlante, détourna mon attention, alors qu'il creusait plus profondément en moi, écartait mes chairs avec plus d'assurance. Un gémissement timide m'échappa et il sourit, en étudiant encore chacune de mes réactions. Être scruté de la sorte avait un léger côté embarrassant, et je m'interrogeai, une fois de plus, sur la capacité de Jim à se montrer si décomplexé quand il était à ma place. Il raffermit sa prise sur moi, me caressa habilement, et je me cambrai sur les draps, oubliant presque ses doigts qui me fouillaient. Jusqu'à ce qu'il heurte ma prostate et qu'un éclair de plaisir me transperce.

« Gotcha. » Murmura-t-il, avant de répéter son geste, encore et encore, avec plus de fougue, sans ralentir ses attentions sur mon sexe tendu.

La double stimulation était grisante, délicieuse, avait un goût d'interdit qui me fit enfin lâcher prise. J'agrippai son bras, levai mes hanches à sa rencontre. Mon corps en voulait plus. J'en voulais plus. Il se pencha sur moi, dévora mes lèvres, puis ses doigts me quittèrent et je me sentis vide et frustré. Il s'agenouilla entre mes cuisses et pris le temps de m'observer. Etendu sur le lit, mon corps tout entier offert, quémandeur. Je n'avais jamais ressenti un tel besoin. La vision parut l'exciter davantage, fit monter un grondement dans sa poitrine, comme s'il se retenait de simplement me baiser dans l'instant. Une part de moi vibra à cette idée. Il passa sa langue sur ses lèvres sèches, versa une quantité généreuse de lubrifiant sur son membre, puis attrapa l'arrière de mes genoux, pour les pousser contre ma poitrine. Le tout, sans me quitter des yeux. La position accentua mon impression de vulnérabilité, je me sentis exposé, pénétrable. Au sens propre. Mais, je n'en éprouvai aucune peur. Ma confiance en lui m'en préserva. Il s'appuya sur ses mains, mes mollets reposant sur ses bras et m'offrit un baiser brûlant, alors que je le sentais pousser en moi lentement. Quand il passa la barrière de mes muscles, je plantai mes ongles dans son dos sous la douleur. Une plainte m'échappa, alla se perdre dans sa bouche. Il caressa mon visage, posa son front contre le mien et je vis ses traits crispés sous l'effort qu'il fit pour s'immobiliser. Ma respiration était lourde, irrégulière et je fermai les yeux, m'efforçai de me détendre, jusqu'à ce que la brûlure reflue, laissant place à la sensation étrange et inconnue d'être plein. Il se retira alors, délicatement, avant de plonger de nouveau en moi, plus franchement. Et le plaisir perça enfin derrière la douleur.

« Fuck. Bones. Tu es tellement… étroit. »

Sa remarque enflamma mes joues. Je le sentis aller et venir en moi, imposant et chaud. Il empoigna mes épaules pour me maintenir, alors que ses coups reins gagnaient en amplitude, en force. La pièce s'emplit de nos gémissements, nos cris, le bruit de nos corps se percutant, du montant du lit heurtant le mur. Le soleil de l'après-midi cognait à travers la fenêtre, couvrant nos peaux de sueur, frappait les muscles tendus de Jim, alors qu'il me prenait avec ardeur et que je m'abandonnai à lui, à ses mains, à sa bouche, à sa langue, à ses yeux trop bleus qui me dévoraient. Me livrer à quelqu'un de cette manière était une expérience enivrante, troublante. Mais c'était bon, putain. Plus que je ne l'aurais cru. Jim enroula de nouveau ses doigts autour de mon érection, alors que perdais le contrôle, submergé par les sensations. Ce fut soudainement trop, et j'explosai dans sa main, sur mon ventre. Mon esprit se vida et je n'entendis ni ne vis plus rien durant un interminable instant. Puis Jim se cambra contre moi, tendu comme un arc dans un rayon de soleil, et rien que de l'imaginer en train de jouir en moi, de le sentir, sembla prolonger mon orgasme et manqua de me faire perdre l'esprit.

La tension retomba doucement. Il déplia mes jambes, les reposa sur le lit, caressa mes cuisses endolories, mon torse, mes épaules malmenées. Puis il se retira délicatement, me laissant vide, avant de s'allonger à côté de moi et de m'encercler de ses bras. J'avais l'impression de flotter.

« Je t'aime. » Murmura-t-il, en embrassant ma tempe.

« Je t'aime aussi. »

J'avais mille questions à lui poser. Tellement de choses que je ne savais pas encore. Mais, je le connaissais, et c'était suffisant pour l'aimer, pour lui faire confiance. Mais, je savais également que demain, les choses seraient réellement différentes. Je ne pouvais qu'espérer que ce week end n'était pas qu'un interlude et que nous trouverions un équilibre. Que cette relation ne l'étoufferait pas et qu'il ne me laisserait pas tomber.

« Tu recommences, Bones. » Marmonna-t-il, dans mon cou. Je grognai en réponse. « Comment fais-tu pour arriver à penser clairement maintenant, de toute manière ? Ça me dépasse. »

« Désolé. » M'excusai-je, vaguement. Je n'avais aucune envie d'épiloguer.

« Ça va ? » Demanda-t-il, néanmoins.

Et je ne sus pas si sa question concernait mon état physique, mental ou les deux à la fois. Alors j'optai pour une réplique brève, mais sincère.

« Oui. »

Car, alors que l'après-midi s'écoulait tranquillement, au rythme de nos respirations apaisées, tout me semblait juste parfait. Apparemment satisfait de ma réponse, il s'enroula possessivement autour de moi, de cette manière que je sentais devenir une habitude, et appuya confortablement sa joue sur ma poitrine. Oui, à cet instant, tout était parfait.