Spirou & Fantasio

« Pacôme »


Note de l'auteur :

Ce texte est une fiction, en aucun cas elle ne constitue une future aventure de Spirou & Fantasio. Les personnages y apparaissant sont tous ©édition Jean DUPUIS ainsi que de leurs créateurs respectifs (André Franquin, Alain Fournier, Philippe Tome & Janry, Yoann et Fabien Vehlmann).


I

Une souris était dans la cuisine... Vite ! Elle courait et... :

-Hiiiiiiiiii ! Désiré ! Viiiiiite ! Une souris ! Fait quelque chose ! , hurlait Mme. Coma, une champignacienne de bonne volonté lorsqu'il s'agit d'observer les voisins ou de « monter au château » du comte mais qui passe le plus clair de son temps à ne rien faire. A force elle en a fait tout un art et si l'envie lui en prenait elle pourrais parfaitement postuler pour figurer dans le World Guinnesse Book des records.

-Désiiiré ! Désiré...?

La cuisine était une pièce assez petite aux murs blancs à qui le temps avait donné une ignoble couleur jaunâtre. De cuisine elle n'avait que le nom car Mme. Coma n'y mettait les pieds que pour sortir du four à micro-ondes gris le dernier plat préparé surgelé de chez Thiriet©.

La souris grise au pelage doux et lisse courait à travers la cuisine cherchant le plus vite possible une issue pour échapper à l'horrible vacarme qui sévissait maintenant depuis plus de deux minutes sans que M. Coma d'ordinaire insomniaque ne daigne réagir.

-Enfin partie ! Sale bête ! s'exclamait soulagée la champignacienne.

Elle entra dans le salon bien décidée à y trouver son mari. C'était une pièce aux murs bleus, tapisseries des années 70, qui était coupée en deux par un étrange fauteuil gris délavé récupéré il y a de cela deux ans aux rebus encombrants. Il était moche et abimé, comme tous les fauteuils des rebus encombrants d'ailleurs, et parsemé de petites coutures rouges qu'on distinguait à peine. Son mari, avachi devant la télévision dormait à point fermés.

-Désiré ! Tu dors ! C'est une blague ! , recommençait à crier Mme. Coma , alors que toutes les nuits tu m'empêches de dormir à cause de tes putains d'insomnies ! Woooh ! Réveilles-toi quand j'te parles !

Tiré brutalement de son sommeil, il la regarda longuement sans réellement comprendre ce qui lui arrivait. Il faut dire que dormir pour un insomniaque est un miracle et réveiller en réveiller un, une hérésie.

-Hein ?! Que... ? Quelle heure est-il ? demanda-t-il gentiment.

-Quoi ? JE te gueule dessus par ce que JE t'ai appelé et que TU n'es JAMAIS venu, me laissant aux prises avec une des bêtes les plus sordides de l'univers, et toi, TU me demandes l'heure ! Mais c'est du foutage de gueule, excuse-moi d'être vulgaire ! , s'exclamait-elle enragée. On aurait pu à ce moment la comparer à une énorme psychopathe asthmatique mais... non, c'était juste elle, et elle était comme ça, il fallait s'y faire. Pauvre homme...

Derrière elle se trouvait une pendule emplie de poussière mais assez propre pour qu'on puisse y lire l'heure. Les aiguilles indiquaient 15h00.

-15h00, Déjà ! Je suis en retard d'une demi heure pour mon rendez-vous avec le maire ! Laisse-moi passer, chérie !

Elle refusait de bouger.

-S'il te plaît..., dit-il en levant les yeux au ciel.

Enfilant son manteau en vitesse il se dirigeât vers la sortie. C'était un homme assez petit, souvent bourru toujours en chemise boutonnée jusqu'au col tel un chef d'entreprise en pleine promotion pour ses produits. Sa tenue dénoter avec sa maison : elle était toujours impeccable. Il avait un pantalon et des chaussures noires. Par dessus, il avait enfilé une veste à la limite entre le marron et le jaune paille. Son béret sur la tête penchait légèrement vers la gauche. Il ne manquait plus que la baguette sous le bras et le vers de vin à la main et on aurait dit le véritable archétype du citoyen français tel qu'on en vois dans les caricatures étrangères. Ainsi les Anglais ont toujours un parapluie et les Italiens roulent continuellement en Vespa©.

A cette heure Champignac-en-Cambrousse était vide.