VI

La nuit était calme, seul le hululement d'une chouette coupait avec le silence.

Les trois hommes dormaient bien. A partir d'une certaine heure Spirou commença à avoir le sommeil agité. Au vu de son rêve c'était compréhensible :

« Un Objet Volant Non Identifié planait au-dessus de Champignac. L'image était encore floue, sa netteté venait peu à peu : c'était une Zorglumobile ! Son conducteur était un ennemi bien connu : Zantafio*, l'ignoble cousin de Fantasio ! C'était un

homme brun, l'air mauvais et de grande taille. A force de faire une tête de « gros dur »

ses traits s'étaient tirés. Il était tout de noir vêtu. L'atmosphère était étouffante en cette nuit du moi de Juin. La Lune n'éclairait que de faibles minutes entre les nuages noirs poussées par le vent. La Zorglumobile arrivait près du château, telle une énorme

menace sur le sommeil tranquille de nos deux héros et de leur grand ami. Dans un silence de mort elle se posa au beau milieu du jardin, à coté de la fontaine dans la « petite place » de devant. Zantafio sortait cagoulé du véhicule, le regard vide il se dirigeait vers le laboratoire dans les dépendances de droites, là où le comte avait laissé sa découverte qui avait occasionnée après plusieurs dangereuses expériences des problèmes parmi les champignaciens. Ouvrant lentement la porte, il prit dans ses mains deux fioles à l'étrange liquide noir ainsi que deux cultures de bactéries. Sortant du laboratoire, il réapparu dans la cour, trébuchant, il tomba entraînant dans sa chute les cultures de bactéries qui se mélangèrent au liquide noir et s'étalèrent dans la pelouse. En percutant le sol, son index droit fit pression sur son revolver, un 9 millimètre, et... »

PAN !

Un énorme bruit venait de retentir dans la battisse réveillant d'un coup Spirou et le comte. Torse nu, déjà stressé à cause de son rêve Spirou descendait le premier. Arrivé en bas, il marcha sur une vis qui s'enfonça dans son pied, il hurla :

-Aaaaah ! Putain de …. !

Le comte dévala les escaliers, alarmé :

-Spirou, que se passe-t-il ?!

-L'horloge est tombée monsieur le comte, je viens de marcher sur une vis, elle m'est rentrée dans le pied. C'est l'horloge qui a fait autant de bruit en tombant.

Le comte était vêtu d'une robe de chambre grise clair comme ont souvent les grand-pères. Dessous, il avait un pyjama orange.

-Allons Spiou, dit le comte, c'est pas un grand gaillard musclé comme vous qui va avoir mal à ce point avec une petite vis, je vais voir ce que je peux faire.

En effet, Spirou était assez musclé, abos, pectoraux, tout y passait ! Forcément après toutes les aventures qu'il a vécu il y a de quoi ! Fantasio lui... Bon, passons sur Fantasio ! En parlant de ça, notre reporter dormait toujours, lui !

Un grand bruit de moteur retenti soudainement.

Spirou, faisant bien attention, rampait lentement sur le plancher pour accéder à la porte. Il ouvrit cette dernière et... la cour était vide, juste au loin le bruit des phares d'une voiture.

Pacôme revenait :

-Voilà, avec ça je vais pouvoir retirer la vis en douceur...et sans douleur. C'est à base de champignons.

-Je m'en doute, merci Pacôme, répondit Spirou

Le comte tira d'un coup sec et la vis partit tout aussi vite, laissant échapper un mince filet de sang sur le plancher.

-Voilà qui est fait, dit Pacôme, venez, allons nous coucher, nous sommes tous fatigués.

Le propriétaire des lieux monta une à une les marches de l'escalier laissant Spirou allongé sur le sol. S'en rendant compte, le comte redescendit et aida Spirou à monter.

Au dehors la voiture rentrait prudemment dans la cour. Fantasio émergeait. Il sortit de la chambre et aida Pacôme à monter notre groom sans trop comprendre ce qui se passait. La sonnette retentit.

-Pouvez-vous aller ouvrir mon ami ? Surtout n'oubliez pas, la porte a une fermeture automatique, ne sortez pas sans les clés, conseilla Pacôme.

-J'y vais, dit Fantasio.

Spirou gagna son lit, le comte de même pendant que Fantasio ouvrait la porte. L'homme se trouvant sur le pas de la porte était de petite taille. Avec l'obscurité on ne pouvait en voir plus. En ce milieu de nuit la température du début plutôt chaude était redescendue à 16°. Fantasio alluma la lumière extérieure. C'était Itho Kata** ! Un illusionniste japonais en costume noir avec de petites lunettes rondes, le sourire aux lèvre, les deux dents de devant légèrement en avant.

-Ah ! Itho Kata ! Mais qu'est ce que tu fais là ! Ça fait si longtemps ! Dit Fantasio agréablement surpris.

-Fantasio ! Ce que j'ai à vous dire est d'une urgence extrême et...

-Ah non ! Pas les problèmes ! Pas tout de suite ! D'abord, je monte vos valise !

Fantasio descendit les quelques marches menant vers l'extérieur laissant la porte se refermer !

CLAC !

-...Oups...

-Non Fantasio, ne me dites pas que nous sommes enfermés dehors ! Dit Itho Kata.

-Ben... Mais vous pourrez la rouvrir, vous êtes magicien... non ?

-C'est de ça que je voulais vous parler ! Il y a ici une ambiance de mort ! Ce n'est pas une expression, je ne peux utiliser mes pouvoirs qu'à une grande distance, c'est d'ailleurs moi qui vous ai retransmis dans vos rêves ce qu'il s'est passé ici i peine une heure ! J'ai senti depuis le Japon que quelque chose n'allez pas qui allait provoquer un désastre sans précédant ! Et...

-Attendez, ça veut dire qu'on est coincé dehors ? Demanda Fantasio.

-J'y arrive, mais ce n'est pas ça le plus important et...

-C'est à cause des expériences du comte que vous êtes venus ?

-Oui, continuait Itho Kata alarmiste, J'ai donc pris le premier avion pour venir vous prévenir ! Pour l'ambiance de mort ce n'est pas une expression ! Quelque chose m'empêche d'utiliser mes pouvoirs ! Nous sommes donc coincés dehors pour le nuit, mais ce n'est pas le plus grave : Pacôme a libéré la mort... !

*Zantafio est le cousin de Fantasio, tous deux héritiers de Tanzafio, ils se sont rencontré dans le tome 4 des aventures de Spirou & Fantasio : « Spirou et les héritiers »

**Itho Kata est un magicien japonais rencontré pour la première fois par Spirou & Fantasio dans une histoire courte « Le champignon Nippon » mais surtout dans l'album 21 de leurs aventures « Du glucose pour Noémie »