Disclaimer : L'univers et les personnages d'Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.

Et voilà un cinquième OS en annexe du 'Veilleur'… décidément, je me demande si j'arriverai à m'éloigner un jour de cette histoire, lol !
Cette fois-ci, Hermione.

Pas encore de 'Vulnera' cette semaine, désolée, mais ça va venir, patience. Ma muse a eu une petite 'panne'. Peut-être est-ce dû au fait que j'ai commencé à réfléchir sur une autre histoire… ou à celui que le prochain chapitre sera très certainement de dernier et que psychologiquement, j'ai aussi beaucoup de mal à l'idée de terminer cette histoire.

En attendant, selon l'expression consacrée « enjoy & review… a lot ! ) »
(Désolée pour l'heure tardive, mais FF a refusé d'uploader toute la soirée d'hier !)


Hermione Granger

.

Harry se racla la gorge, se décidant à rompre le silence. Depuis la bataille finale, Hermione se retranchait de plus en plus souvent dans un monde intérieur, où rien ne semblait pouvoir l'atteindre. Dans ces moments-là, son corps se déplaçait machinalement, accomplissant la tâche qu'il avait entreprise, mais ses yeux absents témoignaient qu'elle était ailleurs, très loin de la réalité qui l'entourait.

—Remus m'a raconté… ce qui s'est passé à Godric's Hollow à Noël.

« Godric's Hollow… » C'était plus un soupir qu'une réponse. Hermione s'était figée en entendant le nom, et son regard avait pris une fixité anormale.

Elle et Harry étaient seuls dans la salle commune de la tour de Gryffondor, ils avaient décidé de rester à Poudlard pour participer à la reconstruction. Ce n'était pas comme s'ils avaient eu une famille chez qui ils auraient préféré passer l'été. Les parents d'Hermione étaient toujours en Australie, et l'espoir de pouvoir leur rendre un jour la mémoire était pratiquement inexistant, et Harry avait fait ses adieux définitifs aux Dursley l'été précédent. Molly leur avait bien offert de les accueillir au Terrier, mais sans refuser catégoriquement, ils avaient préféré laisser quelques temps aux Weasley pour se retrouver entre eux, pour faire leur deuil après la mort de Fred.

Une demi-journée de travail avait suffi à remettre les lieux en état. Les quartiers des étudiants n'étaient pas ce qui avait le plus souffert de la bataille. Malgré tous leurs efforts, à de rares exceptions près, les assaillants n'avaient pas vraiment réussi à infiltrer l'intérieur du château, et le plus gros des dégâts était concentré ailleurs. Le pont, la porte principale, la grande cour, le hall d'entrée et même la grande salle étaient en bien plus mauvais état. Sans parler des structures extérieures, principales victimes des sortilèges explosifs et des masses des géants. Les Mangemorts avaient eu d'autres préoccupations que de s'acharner sur des dortoirs vides, et le travail avançait bien. En outre, cela les empêchait de trop réfléchir. Penser, se souvenir, était ce qu'il y avait de plus dur.

Le silence s'installa de nouveau. Lorsqu'il commença à devenir pesant, Harry reprit la parole, d'un ton accusateur.

—Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit ? Pourquoi est-ce que tu m'as laissé continuer à croire… Merde ! Tu savais ! Tu savais ce qu'il avait fait… Tu l'avais même aidé à le faire ! Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit ? Tu m'as laissé continuer à le détester, alors qu'il avait accepté de sacrifier sa vie pour moi, tu…

Lorsqu'elle leva son regard vers lui, ses yeux étincelaient de fureur à peine contenue.

—Je quoi, Harry ? Je quoi ? Si je l'avais fait, si j'avais rompu le serment que je lui avais fait, si… si moi aussi, je l'avais trahi, m'aurais-tu seulement crue ? Tu étais tellement aveuglé par la haine que tu lui portais que tu ne voulais écouter personne. Réveille-toi ! Souviens-toi ! Remus a essayé. J'ai essayé. Même Luna a essayé, en sixième année, avant tous les autres. De t'ouvrir les yeux, de te faire comprendre qu'il n'était peut-être pas celui que tu croyais, mais tu ne voulais rien entendre. Jamais. Alors, dis-moi… m'aurais-tu crue ? M'aurais-tu crue ? M'aurais-tu même laissée parler ? Ne m'aurais-tu pas interrompue dès les premiers mots, comme tu le faisais toujours, lorsqu'il s'agissait de lui… lorsqu'il était question d'aller à l'encontre de ce que tu pensais de lui ?

—Je…

—Parce que c'est bien là qu'est le problème avec toi, tu es convaincu d'avoir la science infuse ! Depuis la première année, tu proclames à qui veut bien l'entendre que tu te passerais bien de ton statut de Survivant, d'Elu ou quel que soit le nom qu'on te donne maintenant… mais avoue qu'au fond de toi, tu n'échangerais rien de tout cela pour une vie normale. Grâce à ta célébrité, tu existes aux yeux des autres, on t'admire, on te craint, même, maintenant que tu as vaincu Voldemort. Tu n'es plus 'Harry le monstre' relégué au fond d'un placard, tu es Harry Potter, le Sauveur du monde sorcier… et quoi que tu puisses en dire, tu aimes ça. N'essayes pas de prétendre le contraire, je te connais trop bien… c'est facile de faire le modeste lorsque tout le monde vous adule, mais tu étais réellement impossible, en cinquième année, lorsque tout le monde te dénigrait !

—Tu es injuste, Hermione, je n'ai jamais…

Tu n'as jamais quoi ? Tu n'as jamais été persuadé que tu savais plus de choses, que tu pourrais mieux résoudre les problèmes, que les adultes qui t'entouraient ? Tu n'as jamais couru volontairement au-devant de choses qui ne concernaient en rien un enfant de ton âge et qui nous ont fait courir des dangers mortels, parce que tu t'étais mis dans la tête, et qu'au passage tu avais réussi à nous persuader, que Snape était forcément mauvais ? Et pourquoi ? Parce qu'il n'était pas sympathique ? Parce qu'il se fichait bien, lui, de ta célébrité, de ton fichu statut de 'survivant', et qu'il te traitait comme il traitait tous les autres ? Parce qu'il faisait descendre ton père de son piédestal ? Parce qu'il n'aimait pas les Gryffondors ?

« Tu critiquais sa partialité envers les Serpentards, mais dans le même temps, tu trouvais absolument normale la partialité de McGonagall et de Dumbledore envers les Gryffondors en général, et envers toi en particulier... Tu nous as amenés à affronter un molosse à trois têtes, des pièges mortels et un monstre psychopathe à onze ans, parce que tu étais persuadé que Snape voulait voler la Pierre philosophale, un basilic à douze, parce que tu n'as jamais voulu parler à un adulte de ce que tu entendais. Tu nous as incités à neutraliser Snape, toujours lui, parce qu'il menaçait ton parrain, sans aucune garantie que Sirius, dont tu n'avais jamais entendu parler avant, et qui était, de plus, censé être responsable de la mort de tes parents, disait la vérité… Ce qui ne l'a pas empêché de s'interposer peu après entre un Loup-garou qui nous menaçait et nous. Tu…

—C'était Remus, il ne nous…

Ce n'était pas Remus, c'était un Loup-garou ! Pendant la durée de la transformation, il n'est plus lui-même et pourrait tuer n'importe qui, et tu le sais très bien. En première année, tu t'es mis dans la tête une fois pour toute que Snape était un traitre, et un salaud qui t'en voulait personnellement. Oui, il était partial, froid et antipathique, c'est vrai. Mais toi-même, dès le premier cours, tu as été insolent avec lui. Et même s'il s'en prenait régulièrement à toi, et tu sais maintenant pourquoi il le faisait, il était ton professeur, tu lui devais le respect. Peut-être que si tu avais cessé de lui tenir tête, d'être arrogant, de le provoquer à la moindre occasion, les choses auraient pu être différentes… Mais tu n'as jamais voulu ne serait-ce qu'envisager les choses sous un autre angle que le tien, tu n'as jamais voulu voir ce qu'il faisait pour toi… pour nous.

—Tu ne le voyais pas non plus, il me semble ! Cracha Harry.

—C'est vrai, et je ne m'en voudrai jamais assez ! Je préférais t'écouter, te croire. Je n'avais que deux amis et je ne voulais pas les perdre. Et j'étais prête à mettre toutes les œillères pour les conserver. Il était le seul à ne jamais me donner d'Optimal, à ne pas chanter mes louanges, il m'appelait la-miss-je-sais-tout, il se moquait de moi, et ça m'énervait, et je le détestais pour ça. J'étais une gamine orgueilleuse et insupportable, avec ma manie d'étaler mes connaissances en regardant les autres de haut, j'en suis consciente maintenant. Et je me rends compte, aujourd'hui, que c'est grâce à lui que j'ai pu justement en prendre conscience. Je pensais qu'il me détestait, mais je sais aujourd'hui que ce n'était pas le cas, il faisait ça pour m'aider. Et si j'avais été aussi intelligente que je le croyais, j'aurais dû comprendre beaucoup plus tôt qu'il ne remettait pas en cause mes capacités intellectuelles, mais ma manière de les utiliser, ma façon de les étaler…

« Il m'a fait confiance à Godric's Hollow, et ça, ça vaut tous les 'Optimal' du monde. C'est ta vie et la sienne, qu'il avait remises entre mes mains, mais il savait que j'avais compris qui il était, et c'est à moi qu'il a confié le défibrillateur. Il savait que je ferais tout pour te sauver à toi, mais aussi que même avec Lupin à mes côté j'aurais pu faire semblant d'échouer pour lui, et le laisser mourir. Remus ne connaissait rien à la technologie moldue, il ne se serait aperçu de rien. Il m'a fait confiance, répéta-telle les yeux embués… « Il ne faisait pas les choses pour la gloire, ou la reconnaissance, il les faisait, c'est tout, sans le crier sur les toits, et il n'en attendait aucune reconnaissance, aucun remerciement.

—Je le sais maintenant, fit Harry dans un souffle. « Je m'en veux tellement…

Hermione s'approcha de lui, et posa une main sur son bras, fixant sur lui un regard farouche.

Tu le sais, je le sais, mais beaucoup ne voudront jamais l'admettre, c'est à nous de faire en sorte que son nom soit lavé, de lui redonner son honneur. Je sais que de nombreuses voix se sont élevées contre le fait qu'il soit enterré à Poudlard, contre son Ordre de Merlin. Beaucoup le considèrent encore comme un traitre ! Nous devons utiliser notre notoriété pour faire changer les choses. Depuis le jour où il a décidé de changer de camp, le professeur Snape a toujours fait face, il n'a jamais reculé devant le danger, ou les difficultés, il a su surmonter tous les obstacles. A partir du moment où il a commencé à espionner Voldemort, il a risqué sa vie à chaque instant. Mais à Godric's Hollow, il a fait bien plus encore, il s'est sciemment condamné à mort pour te sauver. Pour te permettre, à toi, au fils de son pire ennemi, d'avoir un jour une vie normale. Et même s'il se fichait de ce que les gens pouvaient dire ou penser de lui, nous lui devons bien ça !

Elle se tenait debout en face de lui, ses cheveux en bataille auréolant son visage passionné, fière comme la lionne qu'elle était, malgré les larmes qui perlaient à ses paupières. Prête à mener un autre combat, qui ne serait pas plus facile que celui qui venait de se terminer. Et en la regardant, il ne doutait pas un instant qu'elle soit capable de le gagner… même s'il n'arrivait pas à comprendre tout à fait la flamme qui animait son amie lorsqu'elle parlait du professeur Snape. Elle l'avait muselée, cette flamme, mais depuis Noël, il s'était bien rendu compte d'un certain changement dans l'attitude de la jeune fille, de son exaspération à la limite de la colère, à chaque fois qu'il parlait du Maître des potions. Évidemment, elle savait, elle, ce qu'il avait fait, mais cela justifiait-il une telle fougue ?

Il la regarda plus attentivement. Elle avait maigri, ses joues s'étaient creusées, il ne restait aucune trace d'enfance ou même d'adolescence sur son visage, et son regard perpétuellement triste se perdait souvent dans le vague… Pourquoi avait-elle préféré rester ici, avec lui, plutôt que d'apporter son soutien à Ron ? Et à y bien réfléchir, n'avait-elle pas mis une certaine distance entre son petit-ami et elle, depuis quelques temps… depuis… Noël ? Une impression confuse lui traversa l'esprit, mais il la chassa comme on chasse un insecte importun. Non, c'était une idée complètement incongrue, ridicule. Hermione ne pouvait pas être… Il tendit une main vers sa joue pour y effacer une larme fugitive.

—Ne sois pas triste, bientôt, nous irons passer quelques jours au Terrier, Ron doit être impatient de te revoir !

Ron ! Elle éclata brusquement d'un rire hystérique qui se perdit dans un sanglot, et s'enfuit vers le dortoir des filles, abandonnant au milieu de la salle commune un Harry abasourdi…

FIN


un 'tit Lumos ?