Coucou

Bon je sais pas si vous avez vu, mais FF a été en maintenance une bonne partie de la journée, du coup je ne poste que ce soir alors que je prévoyais de le faire ce matin :/

Voici donc le dernier chapitre (booooooooooooouuuuuuuuuh c'est finiiiiiiiiiiiiiiiiiiii) J'espère que ça va vous plaire :D

Bonne lecture :D


RAR

Riska: Mais j'ai vu ça t'es une sans gêne toi (surtout continue) j'aime ça et j'aime que t aime mes phrases longue et ma façons de voir les choses xD Et maintenant j'aime TheCrasy grâce a qui on a droit a des chapitre en avance vous êtes génial Toi, Ta bêta et L'auteur (même si vous avez (surtout l'auteur) des coter sadique pour nous pauvre maso que nous sommes) Maintenant qu'on a enfin réussis a débarrasser Derek de ces vêtement gênant a nos yeux curieux on a enfin pouvoir le Violé. C'est partie tous a bord de L'AbrutiAirLine Whiiii ! ... Qui après ce chapitre va malheureusement avoir a petit accident et Derek aussi (Tu le tiens et je le massacre avec ma table, mon entrainement va porter ces fruits) J'approuve ce chapitre est horrible et la fin aussi. Est-ce que Derek a enfin compris et va aller tout de suite tout arranger sans ce poser de question (oui l'espoir fait vivre) Après des nombreux coup et menace le cerveau de Derek se serait-il mit en marche ? Si même Scotty se rend compte de tout avant Derek c'est qu'il n'y a vraiment plus aucun espoir. Méchant Derek il rend notre Stiles tout triste et Non Stiles tu dois pas te satisfaire que de ça écoute les conseils de Boyd et va te jeté dans la gueule du loup (au sens propre évidemment) Hâte de lire le prochain chapitre mais pas vraiment parce que c'est le derniers mais comment la curiosité l'emporte J'ai vraiment hâte Bye

- Ouais, j'aime bien, je me gêne pas looool THE CRASY c'est la meilleure! non mais on aime le sadisme sinon, on n'écrirait pas et on lirai encore moins looool Mais pourquoi le Violer? On sera consentante nous ;) AbrituAirLine s'est crashé, je confirme lol (Je le tiens! Vas-y!) Derek? faire quelque chose sans se poser de question? T'as fumé quoi? Patate McCall moi je l'appelle Scotty lol J'espère que la suite va te plaire et être à la hauteur de tes attendes ^^ A bientôt ;)

MariYann Oula la la la ! Mes armes sont chaudes ! brulante ! Bon weekend a toi.

- Ouch, pauvre Derek loool Mon week end a été excellent, j'espère que le tiens aussi :D

Lady B Ah c'est le dernier chpaitre mardi prochain? oh non lol En tout cas Derek a bien merdé lol mais il ne voulait pas tromper le rêveur et cela se comprend. Là, j'ai la même réaction quand Derek a fait la boulette dans ton histoire XD : OH MON DIEU, LE NAZE ! mais je me demande s'il la vraiment fait pas exprès. Merci à The Crazy. bisous bisous !

- Eh oui, dernier chapitre, je sais moi non plus je ne veux pas que cette magnifique histoire s'arrête! Et c'est là que je me rends compte de l'influence de cette histoire sur certaines des miennes lol oui oui c'est vraiment pas fait exprès lol TheCrasy est fabuleuse Bisous bisous

Soleil Alors... Ceci sera mon premier - et surement avant-dernier commentaire - sur cette histoire. Que dire ? En lisant cette fiction, j'ai enfreint une règle implicite que je me suis fixée : ne pas lire d'histoires incomplètes. Mais je l'ai fait ; parce que je suis en pleine crise Sterek (alors que je ne regarde pas la série x) et que le premier chapitre m'a plu. J'ai lu l'entièreté des chapitres Dimanche... et l'ai relue aujourd'hui. Parce que putain c'est bon... et que je suis tellement - mais TELLEMENT - frustrée. Pourtant, je n'arrive pas vraiment à maudire leur imbécilité qui est tellement... humaine (si, de temps en temps : quand Stiles fantasme sur le PUTAIN de canapé où ils sont assis, avec les MÊMES putain de fringues qu'ils portent, et que Derek ne devine pas que c'est le Rêveur !)*. Et j'ai malgré tout une tendresse particulière pour l'inconcevable cécité de Derek car je suis comme lui : fantasmes et pouvoirs de loup-garou en moins, imagines ! Alors j'espère ARDEMMENT que le Mardi dont tu parles est CE Mardi, donc DEMAIN, parce qu'une part un peu parano de moi a peur de s'être trompée en regardant la date de mise à jour... alors rassure-moi s'il te plait. Dis-moi que le vol d'AbrutiAirLine va enfin se cracher... Et un GRAND merci pour ton travail de traduction (malgré mon bon niveau en anglais, je ne saisis malheureusement pas toujours toutes les subtilités d'une histoire : et c'est tout de suite moins esthétique et plus "global". Alors, OUI, j'ai essayé de lire le chapitre 11 en VO et OUI, j'ai abandonné pour attendre sagement que tu postes la fin :D (mais ce n'est que partie remise). *Pardonne ma vulgarité, c'est un trop-plein. P-S : Mon plus long commentaire jamais écrit. Mais je n'en ai écrit que trois...

- Je te comprend, j'ai la même règle, je ne lis que les fics complètes depuis que je me suis faites avoir sur deux ou trois histoires :/ (je t'avoue que je ne suis pas loin d'abandonner la série moi-même) Je comprends que tu ais lu cette histoire plusieurs fois, elle est trooop fabuleuse! J'avoue qu'ils sont plus qu'humain dans cette fic, mais dieu que oui c'est frustrant (non mais on se demande à quoi lui sert son cerveau au Derek pfff -vulgarité totalement pardonné, ça m'arrive aussi-) Oui oui le mardi dont je parlais était ben celui ci et j'aurais même posté ce matin si FF n'avait pas décidé de faire une maintenance le même jour grrrrr Merci, tes compliments me touchent beaucoup :D J'espère que la traduction du chap 11 sera à la hauteur de tes attentes :D A bientôt ^^ PS: moi je trouve que pour une 3ème rw, tu te débrouilles bien ^^


Stiles fixe son téléphone.

Le nom de Derek le fixe en retour, noir et le jugeant dans la pièce sombre.

Toutes les fois que Stiles a pensé à juste appeler Derek : quand ils ne savaient pas comment communiquer dans les Fantasmes, quand la pression de porter deux visages et de ne pas savoir combien était réel devenait trop forte… et maintenant, Stiles est assis, les dernières paroles de Boyd résonnant dans l'air et taper un simple message n'a jamais semblé aussi impossible.

« Est-ce que la semaine t'a semblé bonne

Du dimanche jusqu'au mercredi, Stiles s'est senti mort à l'intérieur. Vide, perdu, le monde entier étant une ombre autour de lui. Il a passé des heures à se demander sans fin où il avait foiré et comment réparer ça, comment il pouvait réajuster ses morceaux brisés en un semblant de personne.

Le mercredi, Derek l'a cherché et Stiles a réalisé qu'il était possible de se sentir encore plus mal, parce qu'il savait que tout ce que Derek voulait, c'était le Rêveur. Il a dit de but en blanc que Stiles devrait laisser tomber, que ce qu'ils avaient partagé n'était pas réel.

Et le jeudi soir, Stiles n'avait rien voulu de plus que blesser Derek, lui faire mal comme Stiles avait mal, pour ne pas voir ce qu'il avait juste devant lui, pour ne pas vouloir Stiles, pour ne pas voir à quel point ils allaient bien ensemble, s'il pouvait juste l'accepter, les laisser être heureux…

Et il avait fallu que Derek prenne soin de lui.

Il avait senti la misère du Rêveur et avait arrêté de l'embrasser, avait empêché leurs corps de se frotter ensemble et l'avait juste tenu, l'apaisant, comme s'il était voulu. Aimé.

Stiles ne s'était jamais senti aussi bien et aussi misérable de toute sa vie. On pouvait leur faire confiance, à Derek et lui, pour totalement tomber amoureux, hein ?

… Et puis, il y a eu cette nuit.

Retenu et débraillé, les yeux fatigués et rouges de trop de nuit sans sommeil. Tapi dans les coins et évitant le regard de Stiles, ayant l'air hanté, comme si quelque chose l'avait déchiré toute la semaine.

Une main agrippant son poignet, un murmure urgent et chuchoté :

« Tu me manques »

Si les mensonges de Stiles avaient fait de sa propre vie un enfer, c'était une chose. C'était son choix. Mais ce n'est pas juste pour le loup.

Lourd et mélancolique, alors qu'une main maladroite attrape sa manche : « Qui es-tu ? »

Ça blesse Derek aussi, bordel. Boyd est venu le voir parce que Derek a mal. Mélancolique à cause du Rêveur, Stiles lui manquant. Stiles a attiré Derek dans les Fantasmes, a gardé des faits pour lui, s'est retiré et en a voulu à Derek pour des choses qui ne sont pas de sa faute.

Un corps chaud se presse contre lui, musclé, puissant et réconfortant, s'ajustant si parfaitement à lui qu'il ne veut plus jamais être ailleurs. C'est là, pendant à peine un battement de cœur, juste assez longtemps pour arracher un gémissement étouffée à la gorge de Stiles et lui laisser une envie, un cœur douloureux.

Non, ces moments volés ne sont pas assez. Ça ne sera jamais assez pour aucun d'eux. Ce n'est pas juste pour Derek… Et non, ce n'est pas juste pour Stiles non plus. Il ne peut pas continuer à vivre dans le mensonge.

Il combat l'urgence d'embrasser le loup, de juste tomber dans le Fantasme. De prendre et avoir et se sentir bien à nouveau, d'oublier sa misère et le besoin de prendre une décision pour un peu plus longtemps.

Au lieu de ça, il étouffe un geignement et effleure les lèvres de Derek du bout des doigts : Attend.

Il doit le faire maintenant, avant de perdre le courage. Il ressort du Fantasme, reprenant son téléphone.

OoOoO

Stiles

Les cheveux de Stiles, la peau parcourue de grains de beauté, les longs membres emmêlés au corps de Derek dans une rapide étincelle de Fantasme avant de disparaître.

C'était Stiles. Il sait qu'il a cherché Stiles. Il en est sûr.

Et Stiles lui a dit d'attendre, a touché sa bouche. A utilisé un signal que seul Derek et le Rêveur sont en droit de connaître. Stiles l'a effleuré de ses doigts si gentiment, si tendrement, si désinvoltement, comme s'il l'avait déjà fait une centaine de fois avant.

Stiles doit être le Rêveur.

Le Rêveur est Stiles.

Derek se perd dans ce cercle, se repassant sans cesse ces deux pièces de puzzle qui ne devraient pas aller ensemble, mais qui quelque part… quelque part, ça a soudainement beaucoup trop de sens.

Si quelqu'un te voulait comme ça… Si quelqu'un Fantasmait sur toi, tu serais d'accord avec ça ?

Dieu, c'était presque une confession.

Mais alors… Non. Non, ça ne peut… Si Stiles est le Rêveur… S'il était là tout ce temps-là, regardant Derek dans les yeux…

Derek doit se tromper. Doit faire erreur. Si le Rêveur était là tout ce temps-là et n'a rien dit…

Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ?

Le téléphone, toujours dans la main de Derek, vibre, le surprenant au point qu'il l'écrase presque.

Il regarde l'écran trop brillant et tout ce qu'il peut voir jusqu'à ce qu'il s'éteigne, c'est le nom de Stiles. Stiles, lui envoyant un texto en plein milieu de la nuit, quelques instants après avoir senti les doigts de l'humain (peut-être les doigts de l'humain, il n'arrive pas encore à l'accepter) effleurer ses lèvres.

Il se secoue, active son téléphone pour lire le nouveau message.

On doit parler

C'est tout. Ils doivent parler.

Parler peut vouloir dire beaucoup de choses. Parler peut vouloir dire une nouvelle menace dont la meute doit s'occuper, une nouvelle créature sur laquelle Stiles veut faire des recherches pour l'ajouter au Bestiaire. Ça peut être quelque chose en rapport avec dimanche dernier, à propos de la façon dont ils se sont évités depuis ou à propos de Derek l'approchant à la réunion de la meute de ce soir, attrapant son bras avant même de pouvoir y penser et murmurant « Tu me manques ».

Parler ne veut pas dire que Stiles est le Rêveur.

Le Rêveur ne s'est jamais embêté à parler avant.

L'écran s'éteint encore, avant de se rallumer tout seul, vibrant vite et douloureusement bruyant dans le loft silencieux alors que plusieurs messages arrivent si vite que Derek n'arrive pas à comprendre comment Stiles fait pour les écrire.

Est-ce que je peux venir ? Demain ?

S'il te plaît ?

J'ai juste

Je ne serai pas bizarre, promis. J'ai juste…

On doit parler et ça doit être en personne et vraiment vraiment très vite ok ?

Derek fixe les textos pendant quelques secondes, quelques battements de cœur.

Pas pour le Bestiaire alors.

Il sent son cœur accélérer, combat l'instinct qui veut rejoindre le Rêveur pour trouver le réconfort de ces bras sûrs autour de lui.

Est-ce que Stiles peut vraiment être le Rêveur ? Stiles ?

Derek n'a jamais pensé que ça pouvait être quelqu'un de la meute. Quelqu'un qu'il voit tous les jours. Travaille avec, combat à ses côtés.

Stiles ?

Parce que Stiles a toujours été beau d'un façon que Derek ne s'est jamais autorisé à reconnaître –le corps svelte, les longs doigts, les grands yeux ambrés et cette bouche, douce et pleine et capable de rendre Derek fou avec des mots si bien choisis. Si le loup se laisse à y penser, et il y a toujours une centaine de raisons pour s'empêcher d'y penser, Stiles est son genre de toutes les façons qui comptent. Il y a une raison qui fait que son esprit l'a rejoint le week-end dernier, pourquoi frotter leur corps ensemble l'a laissé rassasié d'une façon dont il ne peut même pas se souvenir avoir été avant.

Mais si le Rêveur est Stiles… Comment Derek est-il supposé aborder le sujet ? Comment peut-on regarder quelqu'un dans les yeux et lui demander si vous êtes dans une espèce de relation depuis des semaines sans le savoir ?

… Et s'ils l'ont été ? Si Derek ne se trompe pas totalement, s'il n'était pas juste confus quand il a cherché cette nuit ou mal-interprété la réaction de Stiles… Si le Rêveur est vraiment Stiles alors pourquoi n'a-t-il rien dit, bon dieu ? Pourquoi a-t-il laissé les choses continuer ? Garder Derek dans le noir ? Tout garder dans les Fantasmes quand Derek était juste là, l'attendant ?

Il n'y a toujours que trois options : ne peut pas le trouver, ne peut pas le rejoindre, ou ne veut pas.

Le téléphone vibre à nouveau, bruyant et en colère dans sa paume.

Putain, Derek, tu as dit que tu savais envoyer des textos

La frustration pousse Derek à répondre, le sortant de son immobilité choquée. Peu importe ce qui se passe, peu importe ce que Stiles pense ou veut ou pas, rester assis là à paniquer ne va rien y changer.

Son corps entier semble étranger, distant, instable, alors qu'il appuie son pouce sur deux simples lettres.

OK

Et il laisse tomber le téléphone, se laisse retomber sur le lit et ne fixe rien du tout.

OoOoO

Il est trop agité pour rester immobile, pour se reposer dans le lit où il s'est si souvent imaginé avec le Rêveur. Finalement, il se retrouve à faire les cents pas dans le loft, allant et venant sur le sol en bois, en une spirale sinueuse partageant la forme de ses pensées vertigineuses.

Il fait demi-tour devant le canapé, là où ils se sont assis ensemble, ont mangé chinois et regardé des films d'actions. Là où il a saigné, à peine conscient, pendant que Stiles le veillait.

« Tu vas bien, Derek. Tu vas aller bien. Je suis là. »

Il passe devant la table avec l'éclat de bois qui a la forme de sa main, là fois où il a réalisé que le Rêveur pouvait partager ses Fantasmes. L'endroit où il se tenait la semaine précédente, disant à Stiles qu'il avait Fantasmé sur lui. L'endroit où Stiles se tenait, l'ai brisé et farouche quand Derek lui a dit que ça ne voulait rien dire.

Il pense à aller courir, sachant que ça ne fera rien pour faire taire ses pensées. Ne faisant pas confiance à ses pieds pour ne pas le mener directement à Stiles.

Et il ne peut pas. Il n'est pas prêt. Sa tête est trop pleine.

Il finit sous la douche, le bruit blanc de l'eau noyant ses pensées, jusqu'à ce que ce soit trop froid pour y rester et il est de retour dans sa chambre, fixant ses vêtements pendant trop longtemps –il va voir Stiles ce matin, son Rêveur. Il va voir son Rêveur ce matin- jusqu'à ce qu'il calme ses nerfs ridicules. (C'est Stiles, Stiles l'a déjà vu des centaines de fois, ce qu'il porte ne compte pas) et finit par mettre une paire de jeans foncé et un T-Shirt noir moulant et se retrouve à enfiler sa vieille veste en cuir comme si c'était un bouclier, jusqu'à ce qu'il se rappelle qu'il ne s'habille pas pour une bataille, que les blessures que Stiles peut lui infliger ne sont pas de celles dont du cuir pourra le protéger.

Il laisse tomber la veste, enlève le T-Shirt également et trouve son Henley* rouge favori à la place. Il fait frais dehors, se dit-il, et le T-Shirt est chaud. C'est pour ça.

*Marque de vêtements. La plupart des T-Shirt à manches longues de Derek sont des Henley.

Il sort à nouveau de sa chambre, recommençant à faire les cents pas jusqu'à ce que les lumières de l'aube baignent le loft.

OoOoO

Boyd le trouve presque une heure plus tard, faisant toujours les cent pas, ses pieds bougeant mollement à travers l'espace ouvert, comme si retracer ses pas pouvait l'aider à remettre les pièces ensemble. Allait l'aider à comprendre tout ça, à comprendre ce que Stiles veut.

Ce que Derek devrait dire, une fois qu'il sera là.

Boyd ne dit rien, croise juste les bras et regarde son Alpha avec des yeux patients, alors qu'il trébuche et le regarde. Une autre pièce s'emboîte à sa place.

« Stiles était là souvent cette dernière semaine. »

« Ça ne serait pas non plus un problème si tu avais quelqu'un pour de vrai. »

- … Tu savais.

Les sourcils du Bêta s'élèvent lentement, un éclair de compréhension passant dans ses yeux. C'est aussi bon qu'une confirmation.

- Tu es en colère ?

Derek pense qu'il devrait probablement l'être. La colère, il comprend. Mais il n'y a pas d'ennemis, gardant des secrets pour le tuer. Et ses doux sentiments nostalgiques qui lui ont comprimé la poitrine dernièrement…

Il expire lentement, les yeux glissant alors qu'il essaye et échoue à appeler l'émotion familière.

- Il vient ici, murmure-t-il finalement, sans venin.

Ayant l'air instable, sur le point de tomber, comme un Alpha n'en a pas le droit, à l'idée qu'un maigre humain vienne le voir.

- Juste… Prend Erica et restez hors du loft pour un moment.

Isaac est déjà chez Scott et peu importe quoi, peu importe ce que Stiles va lui dire, Derek n'a pas besoin de témoin pour ça.

Boyd est facilement d'accord, faisant un pas avant de s'arrêter.

- Ne soit pas trop dur avec lui. Il a peur.

Il a peur. Ce n'est pas lui qui a tous les pouvoirs ici ? Faisant Derek tomber amoureux de lui et le laissant ensuite se demander s'il était voulu ?

Ne peut pas le trouver. Ne peut pas le rejoindre. Ne veut pas.

Il hoche rapidement la tête et Boyd disparaît dans l'escalier en spirale, réapparaissant deux minutes plus tard avec une Erica endormie et grognonne.

- J'espère que peu importe ce que se passe, ça vaut le coup d'interrompre mon sommeil réparateur.

- Tu n'en as pas besoin, lui dit Boyd, ce qui fait qu'Erica arrête de regarder furieusement Derek assez longtemps pour flasher un timide sourire surpris à son petit ami.

Derek regarde ailleurs, le cœur serré par la facilité de l'échange, les regards doux qu'ils partagent seulement entre eux, leurs doigts enlacés.

C'est stupide et doux et probablement plus que ce qu'il mérite, mais c'est ce qu'il veut. C'est ce qu'il a voulu avec le Rêveur depuis si longtemps. Avait juste voulu qu'il le trouve.

Quand il regarde à nouveau, Boyd le fixe comme s'il reconsidérait sa décision de partir. Ça pourrait avoir quelque chose à voir avec les nouvelles marques que Derek est en train de faire dans le bois de la table.

Derek rétracte ses griffes.

- Je sais, grince-t-il, les dents serrées. Je vais y aller doucement avec lui.

Au moins quelqu'un semble penser qu'il contrôle la situation. Qu'il n'est pas complètement pris dans le truc, en proie aux caprices de Stiles, pour ce qu'il est prêt à offrir. Derek prendrait probablement n'importe quoi, au point où il en est. Il est parti tellement loin et il ne sait même pas comment il en est arrivé là.

Boyd secoue légèrement la tête, pendant qu'Erica leur jette de petits coups d'œil curieux.

- Non, c'est juste… Être heureux n'est pas aussi dur que ce que tu crois. Laisse-toi juste le droit de l'être.

Et puis, il prend la main d'Erica pour la tirer par la porte.

- Attends, attends, est-ce que c'est à propos de ce truc dégueulasse de son béguin des Fantasmes ? Boyd, est-ce qu'on est sexilés* ?

Derek bat des paupières, ses nerfs le reprenant.

Laisse-toi juste le droit de l'être.

Comme si c'était aussi facile.

*Contraction de sexe et exiler. En clair, virer quelqu'un pour pouvoir coucher en paix.

OoOoO

Stiles a probablement changé de tenue douze fois, avant de se forcer à arrêter. Il a pris trois douches –Oh dieu, les odeurs sont importantes pour un loup-garou, l'odeur est la chose la plus importante et s'il utilise trop de gel douche et que Derek en est écœuré ou qu'il le rejette ou est trop proche et commence à éternuer ou- et vide complètement son armoire sur son lit, détestant absolument toute sa vie.

Son père passe la tête par l'embrasure et Stiles laisse échapper quelque chose à propos d'un nettoyage de printemps, ce que, bien sûr, son père ne croit pas une seconde. Il laisse couler, se disant probablement qu'avec toute la merde que Stiles a traversé, s'enterre vivant sous son écrasante collection de chemises à carreaux devait être la manière la plus plaisante de partir. Il fait un signe de la main à Stiles et part au travail et Stiles finit habillé… Comme d'habitude.

Ce qui… Bref. C'est un peu le but de tout ce truc, non ?

« Hey Derek, donc tu voulais savoir qui est ton Rêveur, pas vrai ? Eh bien, c'est juste cet ennuyeux, maigre bon vieux moi avec mes stupides T-Shirt imprimés, mes jeans râpés et mes chemises à carreaux et… »

Oh dieu, mais à quoi il pensait ? Il allait vraiment le faire ça ?

Son cœur martèle trop vite, sa respiration est tremblante et –

Le souffle de Derek est soudain contre sa bouche, étrangement mal assurée alors que leurs fronts sont collés l'un contre l'autre.

Stiles grogne, agrippant instinctivement la nuque de Derek alors que leurs bouches se rejoignent en un lent baiser ferme.

Stiles ne devrait probablement pas céder, ne devrait pas laisser Derek faire ça juste avant que Stiles vienne le voir et lui annonce qui il est, mais il en a besoin. C'est comme si Derek savait qu'il en a besoin. Il se laisse aller, tombant sur son lit couvert de carreaux, emmenant Derek avec lui, empoignant ses cheveux et l'embrassant profondément, savourant la bouche de Derek, essayant d'imprimer dans son esprit la sensation de sa peau contre la sienne, pendant qu'il le peut encore.

Pas qu'il va s'autoriser à utiliser ce souvenir, si Derek le rejette.

… Ça pourrait être leur dernier baiser.

Il se frotte contre lui, contre le corps dur de Derek pendant que le loup le presse contre lui et l'embrasse tout aussi désespérément, une main glissant jusqu'à la taille de Stiles et se pose sur sa peau frémissante.

Et alors, Derek ralentit soudain, se recule et dépose d'étranges et doux baisers contre sa joue et son cou avant de s'immobiliser entièrement.

Stiles reste allongé, les yeux fermés, trempant dans cette étrange et silencieuse immobilité, jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Alors il rapproche Derek de lui et le loup laisse prendre l'initiative, laisse Stiles les emmener dans un profond baiser avant de reculer à nouveau.

Et avec son doigt sur l'abdomen de Stiles, il trace une étrange ligne sinueuse due la peau de l'humain.

Il s'arrête encore et Stiles se demande presque si quelque part, ce n'est pas un autre Rêveur. Parce que, même s'il a imaginé Derek –ses lèvres humides, ses cheveux décoiffées par le tiraillement des mains de Stiles- toutes ces pauses, ces mouvements paresseux, ne ressemblent pas du tout à Derek. L'Alpha bouge toujours à dessein, tendant vers un but. Ce but est généralement de les amener au bord du précipice, mais là…

La main de Derek s'arrête et il se penche pour embrasser Stiles, bizarrement timide. Ensuite, il recule encore, son doigt traçant rapidement deux lignes qui se croisent perpendiculairement, comme une croix, contre le torse de Stiles.

L'humain est prêt pour le baiser suivant, quand il arrive et il se perd dedans, déjà ennuyé par le nouveau jeu, voulant juste la bouche de Derek sur lui. Voulant juste un long et obscène baiser d'au revoir et pas interrompu par cette fascination que Derek semble avoir développé pour la cage thoracique de Stiles.

Quand Derek se recule pour la troisième fois, il trace une lente ligne délibérée depuis le sternum de Stiles, jusqu'à son nombril avant de se pencher encore, sans embrasser Stiles cette fois, respirant juste quelque chose sans son contre la joue de l'humain.

Il passe une main dans les cheveux du loup et le doigt de Derek trace la même chose qu'avant –Du sternum au nombril- avant d'ajouter une ligne qui va jusqu'à la hanche de Stiles, comme un genre de L.

… Un L… Heu… Derek trace des lettres sur sa peau.

La respiration de Derek dans contre son oreille, son corps entier étrangement tendu et peu sûr alors qu'il embrasse encore le coup de Stiles et trace la lettre suivante : un long trait vertical avec trois lignes horizontales, en haut, au milieu et en bas.

E

Avant que Stiles puisse réagir, la bouche de Derek est à nouveau sur la sienne, profonde et dominatrice, court-circuitant le cerveau de Stiles si méchamment qu'il manque presque la ligne sinueuse, un écho de la première forme que Derek a tracé. Un long mouvement serpentant que Stiles peut facilement identifier comme étant un S maintenant qu'il sait ce qu'i comprendre.

Alors S, ensuite une croix, puis une ligne, L, E, S

St…

Stiles sursaute si violemment qu'il tombe du lit et il ne sait même pas ce que ça a pu donner dans le Fantasme, mais Derek est parti et Stiles reste accroupi sur le sol, pantelant, le cœur martelant, la peau tremblante de l'écho de la main de Derek. Ces lettres tracées sur sa peau.

Son propre nom.

Ensuite, il attrape ses clés avant de pouvoir réfléchir, descendant les marches quatre à quatre jusqu'à sa jeep.

OoOoO

Derek est assis sur le canapé quand Stiles débarque dans le loft, les coudes sur les genoux, les mains croisées, ayant l'air étrangement vulnérable.

Il ne croise pas le regard du jeune, les yeux fixés sur ses articulations blanches alors que Stiles passe la porte, tenter de partir par la sortie la plus rapide avant de décider qu'il n'est pas lâche à ce point.

- J'allais te le dire.

Ça sort vite et maladroitement, ressemblant bien trop à une excuse.

- Ce matin, je veux dire. C'est pour ça que je venais.

Derek hoche un peu la tête, celle-ci toujours baissée.

- J'avais compris. Tes messages avaient l'air… J'ai juste pensé que ce serai plus facile comme ça, que tu saches que je sais.

Stiles laisse échapper un léger soupir –se rappeler, continuer à respirer- fait un pas avant de se figer à nouveau. Une part de lui veut se sauver en courant, une autre part veut s'écrouler sur les genoux de Derek et oublier qu'ils doivent parler, oublier les explications et les excuses et juste l'embrasser jusqu'à ce que tout aille bien à nouveau.

- Beaucoup de choses sont plus faciles dans les Fantasmes, murmure-t-il et Derek relève un peu la tête.

Le loup essaye si fort de durcir son expression, de jouer le grand méchant Alpha invulnérable, mais son regard ne peut pas se poser sur lui, glissant plus loin parce que ce qu'il pourrait voir lui fait peur, parce que c'est trop dur de regarder. Stiles tient sa posture et, résolument, ne commence pas à pleurer.

- Je n'avais jamais compris, commence Derek, bas et bourru, après un trop long silence, pourquoi le Rêveur ne venait pas juste à moi. Il savait qui j'étais, savait que j'étais… Intéressé.

Il ferme les yeux sur son balbutiement inhabituel.

- S'il ne venait pas me trouver, c'était parce qu'il ne pouvait pas ou ne voulait pas.

Il rouvre les yeux et il retrouve enfin son attitude d'Alpha, parce qu'ils sont froids et illisibles quand ils se verrouillent enfin sur Stiles.

- Je suppose que j'ai ma réponse maintenant.

Merde, non, non, non, il y a une douleur dans les yeux de Derek, dans son ton dur, protégé par des murs et Stiles ne peut pas laisser ça arriver, ne pas laisser Derek penser –

Il traverse la pièce sans y penser, tombant à genoux entre les jambes écartées du plus âgé.

- Non, mec. Derek, ce n'est pas…

Sa main va pour se poser sur le genou du loup, mais la laisse tomber avant de le toucher.

- C'est… je veux dire, oui, je ne voulais pas, mais pas parce que je ne voulais pas, j'avais juste –

- Tu avais peur, le coupe Derek, ses lèvres grimaçant un sourire qui n'atteint pas ses yeux.

Il regarde ailleurs, la tête tournée de l'autre côté pour éviter de regarder Stiles et l'humain essaye de trouver les mots, souhaitant avoir mieux planifié les choses, avoir fait cette liste qu'il a passé la moitié de la nuit à penser faire, mais a été trop nerveux pour y arriver, quand la mâchoire de Derek se contracte et il grince :

- Est-ce que tu m'as embrassé ?

Stiles flanche, parce que… Quoi ? Et oui, évidemment et plein de fois. Mais Derek incline la tête vers l'autre bout du canapé et murmure :

- Quand j'étais blessé. Je me rappelle, je crois… Tu l'as fait ?

Sa voix se brise un peu, un petit indice de vulnérabilité qui veut dire qu'il se brise à l'intérieur. Et Stiles bouge sans y penser, sa main se levant, faisant une légère pause quand Derek hésite.

- J'ai juste… Comme ça.

Il s'avance bougeant pour moitié par instinct quand il passe sa main dans les cheveux de Derek. Et le loup ne s'éloigne pas cette fois, ses yeux se ferment alors qu'il s'enfonce, tremblant, dans cette sensation. Les lèvres de l'humain effleurent sa tempe et un son s'échappe de l'Alpha, comme s'il était blessé.

- Chch, c'est bon, c'est bon, Derek. Je suis là. Seigneur, je…

Il l'embrasse encore, apaisant les plis aux coins des yeux fermés le plus serré possible de Derek. Pensant à peine à ce qu'il fait, voulant juste faire que les choses aillent mieux.

Et Derek continue de faire ces petits bruits –petits, sans force, à moitié étouffés- et sa tête tourne, sa barbe griffant la joue de Stiles alors qu'il frotte son nez contre la peau du jeune, le respirant profondément.

- Dieu, c'est toi, souffle Derek, comme s'il n'en était pas sûr jusqu'à cet instant. Je ne peux pas…

Et il recule, arrivant à se mettre debout et à s'éloigner de Stiles, bougeant de l'autre côté du canapé, comme si le meuble pouvait lui offrir un genre de protection.

Toute vulnérabilité à disparu de sa voix quand il crache :

- Qu'est-ce que tu veux Stiles ?

C'est froid et blessant et il se noie dedans et ça fait mal. Ça fait mal quand Stiles a vu ces murs s'effondrer, senti Derek se briser contre lui, lui faire confiance, s'ouvrir à lui et se mettre à nu… Et les entrailles de Stiles se tordent, sa bouche s'assèche, son corps entier tremble du besoin de le réconforter ou de courir ou juste que Derek le regarde comme s'il ne détestait pas son existence et que tout l'espace entre eux ne suffisait pas. Il se remet sur ses pieds, s'éloigne, l'air est trop lourd, ses propres mots se bousculent dans sa gorge alors qu'ils sortent en une ruée amère.

- Au début, j'ai juste… je te voulais. Tu es sexy et j'avais envie de toi et c'était bon et j'y pensais pas vraiment ou à ce que ça voulait dire.

La mâchoire de Derek se crispe si fort que Stiles se demande comment elle ne craque pas et on dirait que c'est comme si ses pires suspicions étaient avérées.

Stiles se sent comme s'il allait ramper hors de sa peau, se demande si ça pourrait être pire. Se demande s'il n'aurait pas dû rester à la maison aujourd'hui et laisser sa montagne à carreaux l'avaler.

- Jusqu'à cette réunion de meute, continue-t-il, les mots trébuchant rapidement et maladroitement sur sa langue. Et j'ai réalisé à quel point c'était moche… ce que ça faisait d'avoir quelqu'un qui Fantasme sur toi…

Penser à ce jour, se rappeler, c'est trop, avec ses sentiments si proches de la surface comme ça et la main de Stiles agrippe les cheveux de Derek, leurs corps nus se frottant ensemble comme une bouche mord des baisers affamés à la gorge de Stiles.

De l'autre côté de la pièce, les yeux de Derek jaillissent, sombres et sauvages et la main de Derek agrippe ses poignets, les immobilisant alors qu'il se tortille désespérément, pas pour s'échapper –jamais- mais pour être plus proche.

Un bruit frénétique s'échappe de la gorge de Stiles et Derek se rapproche de quelques pas et ne semble même pas s'en rendre compte.

Le Flash du Fantasme s'évanouit –un écho du premier Fantasme de Stiles, la première fois qu'il a jamais été un Objet, on n'oublie pas une expérience pareille- Et Derek semble lentement revenir à lui. Il parcourt la gorge de Stiles des yeux, puis il regarde ailleurs, visiblement tremblant. Stiles ferme les yeux.

- Et ce n'était pas juste, continue-t-il. J'allais arrêter après ça. J'avais planifié d'arrêter, mais alors tu m'as cherché et tu me voulais… Le Rêveur –

- Toi, le coupe fermement Derek et Stiles ouvre les yeux.

Le loup le regarde enfin, comme s'il ne l'avait jamais vu, comme s'il avait faim de lui. Ça devrait être bon, flatteur, mais c'est juste douloureux.

- … Est-ce que tu me veux même réellement ?

Derek a l'air surpris par la question, ses sourcils se fronçant, ses yeux passant le long de Stiles, avant de laisser échapper un souffle d'air tranchant. Ses mains se serrent à ses côtés, ses épaules s'affaissent, tendues et Stiles l'a vu aller combattre une demi-douzaine d'Alphas avec plus d'assurance qu'il n'en a maintenant.

- Je… Stiles, tu es tout ce que je veux depuis des semaines. Tout ce à quoi je pense.

Un autre souffle avant que ça sorte, brisé par l'effort.

- Je t'aime.

Les mots vibrent dans l'air, comme s'ils étaient choqués de leur propre existence.

Ou peut-être que c'est juste Stiles, parce que Derek le regarde maintenant, doux et étrangement vulnérable, murmurant :

- Il fallait que tu le saches.

C'est tout ce que Stiles voulait entendre et il flanche, se sentant malade, combattant le frisson des mots sur sa peau. Ils ne sont pas pour lui.

- Tu aimes le Rêveur. C'est comme… Aimer un masque. Ce n'est pas vraiment moi.

Derek veut… Un Fantasme. Et maintenant, il pense qu'il devrait vouloir Stiles, essaye de vouloir Stiles. Oh dieu, le premier « je t'aime » romantique que Stiles a jamais entendu et il n'est là que par pitié.

Derek secoue lentement la tête et se rapproche. Sa confession ou peut-être la réaction paniquée de l'humain, a changé quelque chose en lui, évacuant ses insécurités.

- Bien sûr que c'est toi.

Stiles secoue la tête, vite et frénétique et Derek traverse l'espace entre eux à pas lents, une surprenante expression de compréhension noyant son visage. Et Stiles ne peut pas s'éloigner, sa respiration devenant trop bruyante, et il aime Derek, il aime Derek et il peut probablement l'avoir là, maintenant parce que l'Alpha pense qu'il est supposé vouloir Stiles.

- Ce n'est pas moi, souffle-t-il, tremblant. Tu n'as jamais voulu de moi.

Il est juste le dernier d'une longue liste de personnes qui ont manipulé Derek pour avoir ce qu'ils veulent de lui. Et maintenant, Derek le touche, agrippe son coude alors qu'il essaye de s'écarter, le regardant avec tellement de douceur.

- Stiles, tu… Tu ne comprends pas. Tu ne peux pas mentir dans un Fantasme.

Stiles le sait, tout le monde le sait, mais apparemment il y a quelque chose qu'il ne comprend pas, parce que la poigne de Derek se resserre sur son bras.

- Tu t'es mis à nu dans un Fantasme. Je… Kate n'a jamais Fantasmé sur moi.

Stiles grimace au nom et la main de Derek se serre encore avant de se relâcher.

- J'étais trop jeune pour comprendre ce que ça voulait dire, que… Tout ce qu'elle aurait pu essayer avec moi dans un Fantasme. Tu ne peux pas être quelqu'un que tu n'es pas.

Stiles déglutit péniblement et la main libre de Derek se lève, effleurant à peine le long de la mâchoire de Stiles.

- Ça ne veut pas dire…

- Tu m'as montré exactement qui tu es dans les Fantasmes. La façon dont tu as été là pour moi. Ce n'est pas quelque chose que je… Tu as été là…

Il s'arrête regarde Stiles d'un air émerveillé.

- Et tu m'as défié…

Des corps se frottant ensemble. Des bras se tordant contre la prise de Derek.

- Et ta bouche…

Embrassant les abdos de Derek. Respirant sans bruit contre sa gorge

- … N'arrêtait jamais de bouger.

Stiles met du temps à réaliser que les doigts de Derek effleurent sa lèvre, ici, dans la réalité. Ça laisse Stiles gémissant doucement alors que les Flashs de Fantasmes le traversent. Les lèvres de Derek sont légèrement relevées, ses yeux verrouillés sur Stiles, le buvant. Ce sont des yeux emplis de convoitise, un regard de loup et Stiles a imaginé Derek comme ça, le regardant affamé, aimant, avec ces yeux lourds et sombres qu'il a entrevu pendant quelques secondes pendant une soirée film. Mais maintenant qu'il les voit en vrai, qu'il voit que Derek le veut, qu'il se laisse le vouloir, il n'arrive pas à croire qu'il aurait pu se contenter de son imagination.

- Ouais, murmure-t-il un peu tard, le souffle court. On m'a dit que c'était un défaut. C'était toi, je crois. Genre une centaine de fois.

Derek n'essaye même pas de le contredire, ses lèvres souriant tendrement alors que son pouce s'éloigne de la bouche de l'humain.

- Tout ce que le Rêveur est, tu l'es. J'aurais dû savoir que c'était toi.

La main de Stiles trouve timidement le chemin de la hanche de l'Alpha, jouant avec l'ourlet de son T-Shirt.

- Je t'ai pas vraiment rendu les choses faciles. C'est juste que…

Je ne voulais pas te perdre. Ne comprenais pas pourquoi tu aurais voulu de moi.

Ça reste dans l'air, passé sous silence, mais Derek semble l'entendre quand même. Sa main attrape le menton du jeune, le levant jusqu'à ce que leurs regards se rencontrent.

- Ce n'est pas quelque chose de nouveau Stiles. Ces dernières semaines, quand tu as juste commencé à venir ici…

Il secoue la tête, regardant ailleurs.

- Ma tête est trop bruyante parfois, il y a trop de choses… Et le monde est trop silencieux.

Stiles déglutit, sa main se serrant sur le tissu. Sa voix tente d'être nonchalante, échoue misérablement.

- Alors, tu dis que tu aimes secrètement mon babillage.

Il ne le croit pas vraiment jusqu'à ce que Derek le fixe à nouveau et ses yeux sont aussi honnêtes que dans les Fantasmes.

- Je ne savais pas qui tu étais jusqu'à la nuit dernière et tu m'as manqué, Stiles m'a manqué toute la semaine.

Ce qui fait que le cœur de Stiles commence à battre une frénétique petite danse avant même que Derek ne se penche, pressant sa bouche contre l'oreille de l'humain, comme il l'a si souvent fait dans leurs Fantasmes.

- J'aurais aimé le Rêveur, peu importe qui c'était.

Parce que les loups sont loyaux par-dessus tout.

Parce que Stiles s'est mis à nu dans les Fantasmes.

Parce que Stiles s'est ouvert, ils l'ont fait tous les deux, comme ils ne l'ont pas fait en un an dans la réalité.

Derek est tombé amoureux du pur lui et pour la première fois, Stiles se laisse le ressentir. Il est le Rêveur et Derek l'aime.

Le loup sourit contre lui, respirant son odeur et passant sa main sur sa colonne.

- Mais je suis content que ce soit toi.

Et c'est ça. C'est tout ce dont Stiles avait besoin d'entendre et il attire Derek dans un baiser frénétique avant de pouvoir se contrôler.

Derek rit contre son oreille et alors, il agrippe la nuque de Stiles, tourne la tête et l'embrasse, pour de vrai. Avec leur bouche. C'est familier et étranger et Stiles tombe dedans, vite et désespéré, tenant fermement le loup et se perdant dans le glissement de leur bouche, la barbe qui le brûle si gentiment, ça va laisser des marques. Dieu, il va avoir des marques maintenant, pas juste les piqûres des Fantasmes qui s'évanouissent trop vite. Il va avoir de réelles preuves physiques.

Ça va rester.

C'est assez pour le laisser trop tôt sans souffle et il recule, collant son front à celui de Derek et sourit stupidement.

- Le goût, note-t-il, c'est nouveau. La menthe est peut-être cliché, mais 10 sur 10 pour l'effort.

Et puis…

- Attends, merde, attends, quel goût j'ai ? J'ai pris trois douches, mais je –

Derek le coupe avec un rire étouffé et un rapide baiser.

- Tu as bon goût Stiles. Tu as le goût de la caféine et… Du coca ?

Stiles hausse les épaules, incroyablement soulagé, même si « bon » n'est pas exactement un compliment flamboyant.

- Je ne pouvais pas dormir la nuit dernière.

Il regarde sa main traîner le long des côtes de Derek, savourant autant la vue que la sensation du tissu doux et des muscles durs en dessous.

- Mais, si tu n'aimes pas le soda, je peux t'emprunter du dentifrice ? Ou peut-être –

- Je commence à regretter, murmure Derek, son nez traînant sans honte le long de la racine des cheveux de Stiles.

Les mots ne mordent pas comme ils l'auraient fait deux minutes plus tôt. Stiles ricane.

- Ah ouais, (big guy ?) (mon grand?)? On peut retourner dans les Fantasmes, si tu –

Derek grogne, grogne vraiment, tenant possessivement les côtés de Stiles. Et l'humain est quasi-sûr qu'il est amoureux de ce son.

- Et bien, si tu veux mon odeur, faut faire avec mes bavardages. Deux pour le prix d'un.

Et puis, parce qu'il réalise qu'il ne l'a pas encore dit, pas quand Derek peut l'entendre et pas juste chuchoter contre sa peau et gémit dans la chaleur d'un Fantasme, il souffle :

- Et je t'aime aussi. Évidemment. J'ai combattu ton Rêveur et tout pour toi.

La langue de Derek lèche son cou et Stiles frissonne.

- Tu es un idiot.

- Mais ton idiot, lance l'humain légèrement avant de se figer. Attends, je suis ton idiot, pas vrai ? C'est ce que tout ce…

Derek le regarde, cherchant quelque chose et souriant et satisfait par ce qu'il trouve.

- Tu es mon idiot, si je suis le tien.

Et c'est incroyable, Derek lui souriant. Doux et ouvertement, d'une façon que Stiles n'a sentie que pour le Rêveur, mais n'avait eu la chance de voir. Stiles ne va pas dire que c'est à couper le souffle mais… Ouais, ok, peut-être que soudain, c'est un peu dur de respirer.

- Évidemment, répète Stiles, un peu impressionné, soutenant le regard de Derek jusqu'à ce que le loup baisse la tête.

Il embrasse la tempe de l'Alpha et Derek s'aligne contre lui. Et puis ses bras sont drapés autour du loup et Derek l'enlace et c'est un câlin et c'est stupide que ça le laisse tout ému, mais il sourit et n'essaye même pas d'empêcher Derek de flairer contre sa gorge, respirant profondément.

Après un très long moment à juste se respirer l'un l'autre, Stiles sourit et s'écarte légèrement.

- Alors, comment on fait tout ce truc de « allons au lit » dans la réalité ? Parce que je ne peux pas nous imaginer maintenant et c'est –

Il se tait, riant quand Derek attrape ses hanches et le porte. Stiles enroule ses jambes autour de la taille du loup, c'est nouveau et familier, et laisse ses bras pendre mollement autour de ses épaules.

- Mmm, soupire-t-il et il embrasse doucement l'Alpha, savourant le goût de sa bouche, l'odeur de son shampooing.

Qui a dit que les humains ne peuvent pas apprécier les odeurs ?

- Ça va le faire.

OoOoO

Ils sont entortillés ensemble sur le canapé, une pizza à peine touchée sur la table basse, Hulk hurlant quelque chose en arrière-plan, alors que Stiles trace un chemin de baisers le long du torse nu de Derek.

Ça a été une journée incroyable. Du sexe –tellement bon, réel, en personne et Stiles ne peut que dire dieu oui parce que les Fantasmes, aussi réels soient-ils, n'ont rien à voir- interrompu par de brefs moments à prétendre être de vrais humains qui portent des vêtements et mangent, avant qu'un de leurs esprits ne vagabonde vers un Flash de Fantasme et ils sont l'un sur l'autre à nouveau.

Derek s'étire sous lui, le T-Shirt relevé et la main agrippée aux cheveux de Stiles. La respiration coupée, des halètements silencieux que l'humain sait qu'il peut transformer en vrais gémissements, donnez-lui juste une minute. Maintenant qu'il a entendu les bruits que Derek fait pendant le sexe, il ne pense pas que le silence des Fantasmes pourra encore le satisfaire.

Il commence à ouvrir le jean de Derek, ayant douloureusement envie de le goûter encore, quand Derek bouge soudainement, se dépêchant de s'asseoir correctement et de baisser son T-shirt. Et avant que Stiles puisse dire autre chose que « Qu'est-ce que… », la porte du loft s'ouvre.

Scott se fige dans l'embrasure, Isaac un pas derrière lui. En fait, on dirait que la meute entière a envahi l'entrée et les expressions sur leurs visages montrent clairement que le petit « coup de speed » de Derek a fait que dalle pour cacher ce qu'ils faisaient.

- Attendez…

- Les mecs…

- Enfin !

Tout le monde s'arrête pour fixer Lydia qui lève le regard de son téléphone assez longtemps pour rouler des yeux.

- Quoi ? Derek a commencé à « sentir la joie » au même moment où Stiles a commencé à devoir sortir de classes à cause de son petit problème de Fantasmes. Personne d'autre n'a fait la connexion ?

Derek jette un coup d'œil à Stiles et l'humain hausse juste les épaules, les lèvres tordues.

- Tu avais l'habitude bizarre de commencer les choses pendant les maths.

- Ce que vous n'allez plus faire, coupe Lydia. Dois-je envoyer Jackson faire une crise pendant les entraînements ?

A l'arrière du groupe, Jackson devient rouge, marmonnant qu'il peut supporter un Fantasme sans faire de scène.

Tout le monde entre nonchalamment dans le loft pendant que Stiles et Derek sont assis là, muets et rougit par le sexe et…

- Heu, les gars, on vous aime et tout, mais pourquoi vous êtes là ?

Scott est occupé à regarder partout sauf eux avec embarras et Erica –Habillée en pyjama, note Stiles- saute sur l'occasion.

- Réunion de meute ? Tous les samedi soirs non ?

- On a eu une réunion de meute hier, répond platement Derek et Erica, l'image même de l'innocence cligne des paupières.

- C'était une fête de meute… Attends, tu ne m'as vraiment pas dit de ramener tout le monde pour une réunion ?

Et elle flashe un autre sourire avant de monter les escaliers, probablement pour aller se changer.

Derek lance un regard aigu à Boyd qui se contente de hausser les épaules en réponse.

- Il n'y a pas assez de pizza pour tout le monde, note Isaac en passant.

Et Scott semble s'être assez distrait de la notion perturbante de son meilleur ami ayant une vie sexuelle pour remarquer Ed Norton à l'écran.

- Génial, le bon Hulk !

Allison s'appuie contre l'épaule de Scott, lançant un regard d'excuse au nouveau couple, et Boyd ferme la porte et c'est soudainement très clair et frustrant qu'ils ne vont pas se débarrasser comme ça de la meute, au moins tant que le film n'est pas terminé.

Stiles lance un coup d'œil à Derek, pas sûr d'où ils en sont, comment ils doivent agir devant la meute qui a l'air de s'en foutre.

Derek soutient son regard pendant un long moment avant de lever les yeux au ciel, se rapprochant et attrapant Stiles. L'humain bouge jusqu'à ce que leurs corps soient confortablement emboîtés. Si confortablement qu'on dirait qu'ils font ça depuis des semaines.

Et puis, Derek soupire contre son oreille, lève la main et effleure les lèvres de Stiles d'un doigt.

Attends.


Et voila les amis, c'est fini *pleure*

Merci à tous d'avoir suivi, commenté ou même seulement lu cette fabuleuse histoire que je tenais à partager avec vous

On est passé par des montagnes russes émotionnelles, mais avouez, ça valait le coup non? ;)

A bientôt! Gros bisous!