Résumé : Un matin, Gray se réveille dans une réalité autre que la sienne sous le toit d'une personne qu'il n'aurait jamais cru revoir un jour. Est-ce un rêve ou est-ce sa vie de mage qui n'est pas réelle ? Ce que le jeune homme croit être un rêve au départ se transforme rapidement en cauchemar lorsque l'une des personnes les plus importantes pour lui, devient elle aussi une chimère aux yeux de tous ses proches...

Genre : Yaoi - Friendship, Angst, Romance

Couple : Natsu x Gray


Nda : Hello à tous ! Me voilà de retour avec une nouvelle fic que je prépare depuis un bon moment. J'espère que j'aurais un peu plus de retours que sur la dernière (Derniers mots) peut-être que vous n'aimez simplement pas les tragédies...

Elle n'est pas aussi longue que Mémoire oubliée je vous rassure, et je retourne cette fois, dans l'univers originel du manga. Je l'ai commencé, il y a plus d'un an en vérité, je voulais attendre de la terminer complètement avant de commencer enfin à la publier, mais comme je suis impatiente, je n'ai pas pu attendre… Il ne me reste que les deux derniers chapitres à écrire, donc ça devrait aller.

Il y aura en tout 7 chapitres (normalement mais ça peut encore changer d'un chapitre...) que je posterais à un intervalle d'une semaine ou deux maximum, entre chaque.

Voici donc la première partie de cette fanfic. Malgré ce qu'elle paraît, ce n'est pas une school fic. Mais je n'en dis pas plus et vous laisse à la lecture.

C'est plus un shoenen-ai qu'un yaoi je pense, enfin, je ne sais pas trop comment la classer pour l'instant, on verra à la fin.


Et si tout n'était qu'un rêve ?

oOoOo

1e partie

Une sonnerie stridente lui vrilla les tympans. Quel était l'objet responsable de ce vacarme insupportable qui semblait vouloir le rendre sourd ? Sans aucun doute un appareil démoniaque ou issu d'une magie noire quelconque ! Il se sentait confus et perdu… S'était-il endormi à la guilde ? Il tâtonna à l'aveuglette dans le noir pour faire taire l'indésirable et réussit, par un quelconque miracle, à enclencher le bouton, mettant immédiatement fin à son calvaire.

— Debout Gray, tu vas être encore en retard ! s'exclama une voix étouffée non loin de lui.

Le jeune homme grogna. Il était tellement bien dans son lit… Dans son lit ?! Il ne se souvenait pourtant pas être rentré chez lui, après la fête qui s'était encore une fois improvisée à la guilde. Il ne se souvenait pas non plus avoir bu plus que de raison… Kana lui aurait-elle joué un mauvais tour ?

— Gray, lève-toi tout de suite ! retentit à nouveau la voix d'un ton plus impératif.

Cette voix

Il la connaissait mais il ne l'avait plus entendu depuis des années. Il écarquilla les yeux. Etait-ce possible que…

— Gray, chéri…, se radoucit-elle.

Le jeune homme n'entendit pas la porte s'ouvrir, ni même la jeune femme s'approcher de lui, pour s'agenouiller à côté de son lit. La main appartenant à la propriétaire de la voix, se perdit dans l'épaisse chevelure ébène du jeune homme, le paralysant sur place. Il n'osait pas ouvrir les yeux, de peur que ce rêve ne s'envole à tout jamais. Mais son cœur se mit à battre plus que de raison.

— Gray s'il te plaît, reprit-elle d'une voix douce tout en continuant sa caresse. Je sais que tu dors mal en ce moment mais tu dois aller au lycée. En plus, ça te fera du bien de voir tes amis.

Au lycée ? Ses amis ?

Gray se risqua à ouvrir les yeux, un œil, puis le deuxième, le tout très lentement. Et la personne qu'il vit en face de lui, un sourire rayonnant sur son visage d'une douceur désarmante, le pétrifia. Les pupilles du jeune homme se mirent à le brûler, menaçant de déverser des flots de larmes sous la vague d'émotions qui le submergeait.

— Ul…? marmonna-t-il.

— Il est sept heures trente, il est temps que tu te prépares, déclara la jeune femme avant de déposer un baiser sur son front, sans remarquer le trouble du jeune homme. Le café est prêt.

Ul ressortit de la chambre non sans avoir offert une nouvelle fois, son merveilleux sourire à Gray.

— Qu'est-ce que ça veut dire…? murmura-t-il à la fois bouleversé et décontenancé.

Il se frotta énergiquement les yeux avant de s'extraire du confort de la couette. Toutefois, malgré sa vigilance, une larme avait réussi à s'échapper de ses paupières pour s'échouer sur sa joue. Le jeune homme ne pouvait s'empêcher de trembler. Il se força à respirer profondément et à calmer les battements frénétiques de son cœur. Gray dut mettre quelques minutes pour se ressaisir. Enfin, il put se concentrer et commencer à observer avec curiosité, la pièce dans laquelle il se trouvait.

Une petite bibliothèque remplie de livres trônait entre une imposante armoire et un bureau jonché de feuilles et de cahiers ouverts. Devant ce dernier, quelques dessins épinglés donnaient un peu de couleur à l'ambiance studieuse du coin. Dans le reste de la chambre, un papier peint bleu marine était agrémenté de quelques posters de sports de glisse et de montagne. Et pour finir, un lit simple recouvert d'une couette duveteuse dans des tonalités semblables au reste de la pièce. En d'autres termes, une chambre d'adolescent tout ce qu'il y avait de plus normale pour un adolescent normal. Mais lui était loin d'être normal puisqu'il était mage et non lycéen. Jamais il n'avait eu pareille chambre. Il ne savait même pas ce qu'être adolescent signifiait. Depuis son plus jeune âge, il se battait pour survivre et effectuait des missions pour gagner sa vie. Et depuis la mort de ses parents, il n'avait plus mis les pieds à l'école…

Le jeune homme se dirigea vers la fenêtre qui donnait sur la rue. La maison était dans un quartier résidentiel où toutes les habitations étaient semblables. Un environnement monotone mais peut-être sécurisant pour certains. Pour lui cependant, cette apparente sécurité avait au contraire tendance à l'angoisser. Pour un mage de Fairy Tail, l'ordre faisait plutôt désordre finalement. En observant la ruelle en contrebas, Gray vit un homme sortir de la maison d'en face pour s'engouffrer dans sa voiture, véhicule qui ne ressemblait en rien à ce qu'il connaissait, du reste. Le jour était en train de se lever et l'on sentait que la vie commençait doucement à s'éveiller.

— Bon ok, je suis où là ? soupira-t-il au bord de l'énervement.

Il entendit la porte de « sa » chambre s'ouvrir brusquement. Gray n'eut pas le temps de se retourner sur le visiteur, que sa voix retentit.

— Gray dépêche-toi d'aller à la douche ! Si t'es encore en retard, tu iras à pieds à Fairy Tail ! Cette fois-ci tu seras le seul à en payer les conséquences !

— Lyon ? sursauta Gray.

— Qui veux-tu que ce soit ? Le voisin ? rétorqua l'argenté agacé.

— Mais… Je ne comprends pas… J'ai cru voir Ul, bredouilla Gray en pleine confusion.

Lyon le toisa avec un air suspicieux.

—Oui… Ul est là, c'est sa maison après tout et puis je te rappelle qu'elle ne commence qu'à dix heures aujourd'hui.

— Mais non, c'est impossible ! Ul est morte ! rétorqua le brun qui ne croyait pas un mot de son ami.

Lyon avança d'un pas rapide vers lui. Sa silhouette cerclée d'une aura menaçante, rappela à Gray, un bref instant, le Lyon qu'il avait affronté sur l'île de Galuna.

— Je t'interdis de parler d'Ul de cette façon ! s'offusqua le jeune homme furibond. Elle nous a recueillis alors que nous n'avions plus de famille ! Tu devrais lui en être reconnaissant !

— Mais…

— Pas de mais qui tienne ! T'as de la fièvre ou quoi ? lui demanda l'aîné en posant sa main sur son front. Non tout semble normal pourtant…

Le regard de Lyon se radoucit légèrement en enlevant sa main, mais ses pupilles laissaient tout de même transparaître la suspicion. Alors que Gray s'apprêtait à rétorquer, Lyon ne lui en laissa pas le temps.

— Va à la salle de bain, je ne veux pas être en retard à la fac, pesta le jeune homme avant de claquer la porte derrière lui.

Gray n'avait pas du tout bougé lors de cet échange plus qu'étrange avec Lyon, trop surpris et déconcerté pour réagir. Après son départ, il commença à réfléchir à toute vitesse à sa situation. Était-ce un simple rêve ou bien était-il coincé dans un monde parallèle ? Toujours est-il qu'il ne savait pas comment réagir à pareil phénomène.

Gray ! l'interrompit la voix agacée de Lyon.

— Merde c'est pas vrai… Je suis en plein cauchemar, oui !

Le jeune homme se dirigea d'un pas lent et le cœur battant vers la porte de ce qui semblait être sa propre chambre, puis l'ouvrit tout doucement. Devant lui, un palier qui desservait plusieurs pièces et un escalier descendant à l'étage du dessous. Il vit Lyon passer l'une des portes, vêtu d'un jean, d'une chemisette et d'une veste simple. Gray ne l'avait jamais vu habillé de cette manière, lui qui portait la plupart du temps des tenues extravagantes avec toutes sortes de broderies dorées et clinquantes. Cette simplicité lui allait plutôt bien, pensa le jeune homme. Il faisait moins arrogant de cette façon, plus adulte aussi. Lyon portait également une petite sacoche sous le bras et s'apprêtait à descendre les escaliers, quand son regard se posa sur le brun toujours statique.

Gray se rendit compte à ce moment-là de quelque chose qu'il n'avait pas remarqué jusqu'alors. Lyon semblait bien plus jeune que la dernière fois qu'il l'avait vu, comme si les sept années d'absence sur l'île Tenrô n'avaient jamais eu lieu.

— T'es encore en caleçon ? Bon sang Gray ! s'énerva le jeune homme en marchant vers lui.

Gray le fixait comme s'il était face à un extraterrestre. Ses pensées s'entrechoquaient les unes aux autres sans aucune cohérence entre elles, ce qui ne fit qu'agacer davantage son vis-à-vis.

— Tu… Tu as quel âge Lyon ? demanda-t-il à ce derner qui venait de se saisir de son poignet.

— Tu poses vraiment d'étranges questions aujourd'hui, s'étonna Lyon en le regardant avec des yeux ronds. Etant donné que j'ai un an de plus que toi, j'ai quel âge d'après toi ? A moins que tu ne saches plus non plus ton âge.

Gray ne se formalisa pas de cette dernière pique lancée à son encontre, trop occupé qu'il était à le dévisager.

Exaspéré par son comportement, Lyon le tira par le poignet avant d'ouvrir une porte pour le pousser à l'intérieur.

— Allez, file là-dedans ! lui ordonna-t-il en claquant la porte derrière lui.

Sans avoir eu le temps de protester, Gray se retrouva dans une petite salle d'eau munie d'une vasque et d'une douche. Quand il posa son regard sur son reflet dans le miroir au-dessus du lavabo, il n'y vit aucun changement apparent. Décidément embrouillé, il ouvrit le robinet et s'aspergea abondamment le visage d'eau fraîche.

Quand Gray fut à nouveau face à son image, alors qu'il avait les mains dans ses cheveux, quelque chose attira son regard. Il se rapprocha du miroir, souleva ses mèches noires qui retombaient devant son front et vit avec stupeur que la cicatrice qu'il portait au-dessus de son œil gauche, n'y était plus. Elle avait disparu comme si elle n'avait jamais été là.

— C'est pas vrai…

La panique l'envahit soudainement. Les mains tremblantes, il entreprit alors de s'examiner avec attention en commençant tout d'abord par les cicatrices sur son côté droit, celle laissée par Lyon sur Galuna, puis par lui-même pour vaincre Ultear sur l'île Tenrô.

Disparues elles aussi ! Atteint d'une angoisse sourde, il vérifia enfin son pectoral droit sur lequel trônait fièrement la marque de son appartenance à Fairy Tail, sa guilde, sa famille.

Vide !

Sa peau était immaculée, pas la moindre trace de l'emblème à la fée ! Celui qu'il portait depuis tant d'années et qui semblait ne jamais avoir existé… Gray frôla la zone de peau où aurait dû se trouver le symbole de Fairy Tail. Il eut le sentiment soudain d'avoir perdu une partie de son identité. La seule qui avait un sens à ses yeux.

— C'est impossible, murmura-t-il bouleversé.

Il commençait à suffoquer. Ce qui faisait de lui l'être qu'il était depuis tant d'années, n'existait plus.

— Qu'est-ce que je vais faire ? se lamenta-t-il.

Malgré son désarroi, il essaya de se reprendre. Peut-être ne s'agissait-il que d'un mauvais rêve duquel il allait se réveiller d'un moment à l'autre ?

Peut-être qu'en agissant normalement, tout redeviendrait comme avant ? Malgré son angoisse, il se décida à prendre une douche qui l'aiderait peut-être à se réveiller tout à fait.

Peut-être…

Quelques minutes plus tard, Gray regagna sa chambre d'un pas traînant, toujours dans son rêve semblait-il. Il s'assit quelques instants sur son lit, désespérément désorienté. Pourtant, il fallait bien qu'il fasse quelque chose, il ne pouvait tout simplement pas rester là, assis à moitié nu sur ce lit, jusqu'à ce qu'il ressurgisse dans la réalité ! Et puis, il y avait Ul… Il voulait la revoir mais pour cela, il devait agir comme si tout était normal. Il ne voulait pas voir la crainte dans son regard, mais juste son sourire… revoir son si précieux sourire, le seul à avoir été capable de redonner à l'enfant désenchanté qu'il était, un semblant d'espoir dans sa nuit noire.

Une profonde respiration lui permit de se lever d'un seul bond. Gray prit son courage à deux mains pour affronter à nouveau la vision de celle qui avait été sa mère pendant quelques années.

Une fois qu'il eût repris contenance, Gray se dirigea d'un pas lent vers l'armoire. Il farfouilla à l'intérieur en quête de vêtements, tout en essayant de s'imaginer ce qu'un lycéen pouvait bien porter comme style de vêtements.

— Ça ne doit pas être bien différent d'un jour normal, déclara-t-il en haussant des épaules.

Il attrapa un jean et un t-shirt et s'habilla rapidement avant de jeter un œil à son reflet dans le miroir.

— C'est pas un peu moulant… ? se demanda-t-il en se tournant sur lui-même. Mouais, c'est pas trop mal.

Gray était soucieux de son apparence. Il aimait se sentir bien dans ses vêtements tout en étant à la pointe de la mode mais là, il avait l'impression que ce jeune homme devant lui était quelqu'un d'autre.

Finalement plutôt satisfait de sa tenue, il sortit enfin de la chambre mais son angoisse le reprit bien vite en songeant qu'il était sur le point de revoir Ul. Qu'allait-il bien pouvoir lui dire ?

Le jeune homme descendit les escaliers fébrilement, se rapprochant des voix qu'il entendait retentir au rez-de-chaussée. Une douce odeur de café s'infiltra dans ses narines, l'apaisant momentanément.

« Lyon, j'aimerais que tu gardes un œil sur Gray, je m'inquiète pour lui, chuchota la voix de son maître.

Je ne suis pas sa baby-sitter ! protesta le concerné. »

Gray se rapprocha lentement de ce qui semblait être la cuisine mais n'osa pas tout de suite entrer. Son cœur tambourinait à une vitesse infernale.

Ul

Il essaya de se calmer avant de lui faire face.

— Lyon s'il te plaît…, supplia la jeune femme juste au moment où Gray pénétrait dans la pièce.

Ul et Lyon étaient tous deux assis autour d'une table ronde qui trônait au milieu de la cuisine. Ils se retournèrent d'un même mouvement, vers le nouvel arrivant. Gray plongea son regard dans celui de la femme qui avait été son maître de nombreuses années plus tôt. Elle n'avait pas tellement changé et paraissait toujours aussi jeune malgré les années passées. Ul était exactement comme dans son souvenir.

Son maître se leva et serra le jeune homme affectueusement dans ses bras. Tout d'abord, il n'osa pas bouger, trop bouleversé par ce contact si soudain. Puis, tremblant, il enroula ses bras autour de sa taille et engouffra sa tête dans le creux de son cou en étouffant un sanglot. La jeune femme sursauta.

— Gray que t'arrive-t-il ? s'inquiéta-t-elle en lui caressant les cheveux.

— Rien Ul… je suis juste heureux de te voir, murmura-t-il.

Elle paraissait si petite et fragile songea Gray. Dans son souvenir, Ul était une femme imposante et forte, mais le petit garçon qu'il était alors avait bien grandi depuis. Il avait dix ans de plus et était devenu depuis lors, un jeune adulte. Désormais, il la dépassait de quasiment une tête.

Ul s'éloigna légèrement de son fils adoptif puis essuya ses joues mouillées en lui souriant. Le jeune homme lut de l'inquiétude dans son regard. Il ne supportait pas de savoir qu'elle se faisait du souci pour lui, lui rappelant de bien mauvais souvenirs.

— Moi aussi je suis heureuse de te voir mon ange, comme chaque jour, mais je suis surprise par cet élan d'affection. Ça ne te ressemble pas…

Ul avait raison. Rares étaient les fois où Gray montrait ouvertement son affection pour quelqu'un. Depuis la mort de ses parents, il avait enfermé son cœur dans une carapace de glace, pensant ainsi qu'elle le protègerait de la douleur. Il savait pourtant qu'elle servait uniquement de leurre aux yeux de ses proches. Son apparente froideur masquait ainsi la fragilité de son cœur durement éprouvé pendant toutes ces années.

— J'ai juste fait un mauvais rêve, mentit-il.

— C'est bien ça qui m'inquiète, tu en fais souvent en ce moment, rétorqua la jeune femme avec inquiétude.

Ul conduisit Gray vers la table de la cuisine, tira une chaise en l'invitant à s'asseoir, puis lui servit son café.

— Tu ne veux rien manger ? demanda-t-elle.

— Non, tu sais bien que je ne déjeune pas le matin, répondit-il machinalement.

Le savait-elle au moins ? Il essaya de se souvenir de ce qu'ils mangeaient le matin avec Lyon lorsqu'ils vivaient avec Ul. Des casse-croûtes écrasés dans du lait, se souvint-il tendrement.

— Oui je le sais mais tu as mauvaise mine ce matin, expliqua la jeune femme.

— Ça va passer une fois que j'aurais bu mon café…

Tout en portant la tasse à ses lèvres, Gray intercepta le regard argenté de Lyon fixé sur lui depuis plusieurs secondes.

— Je pars dans cinq minutes, je ne t'attendrais pas une minute de plus, déclara-t-il avant de se lever brusquement de sa chaise et de sortir de la cuisine.

Ul soupira et regarda intensément son deuxième fils.

— Il est juste inquiet lui-aussi, déclara-t-elle le regard tendre. Lyon ne le montre peut-être pas mais il tient beaucoup à toi.

— Je le sais Ul, moi aussi…

La jeune femme semblait surprise par cet aveu.

— Tu es différent aujourd'hui, j'ai l'impression que tu es plus… mature.

Gray attrapa la main de celle qu'il considérait encore comme une deuxième mère.

— Pourquoi se rend-on compte de l'importance de certaines personnes, qu'après les avoir perdues ? demanda-t-il avant de se lever à son tour.

Gray s'approcha d'Ul qui n'avait pas prononcé le moindre mot, visiblement touchée par ses paroles. Le jeune homme reprit la main de la brune dans la sienne et l'embrassa tendrement.

— Je t'aime Ul.

Puis il sortit de la cuisine, laissant la jeune femme totalement désemparée et le visage ruisselant de larmes.

— Gray…

Le jeune homme n'avait jamais prononcé ces mots avant ce jour, à qui que ce soit. Et c'était l'un de ses plus grands regrets. De ne pas avoir dit à ses parents qu'il les aimait avant qu'ils ne soient tués par Deliora, et de ne pas l'avoir dit à Ul ensuite, avant qu'elle ne disparaisse à tout jamais, son corps transformée en glace éternelle. Ces mots étaient encore plus difficiles à prononcer depuis qu'il avait perdu les personnes les plus chères à son cœur. Aujourd'hui, il avait la chance de pouvoir rétablir en partie cette erreur, même s'il savait que cette Ul n'était qu'une chimère…

Lyon attendait dans le couloir, sa main jouant nerveusement avec des clés.

— Je suis prêt, lui déclara Gray.

— Et tu comptes aller au lycée les mains dans les poches ? se moqua Lyon, sarcastique.

Gray le dévisagea incrédule. Que devait-il prendre exactement ? Il n'en avait aucune idée puisqu'il n'était jamais allé au lycée.

Lyon soupira bruyamment avant de lui tendre un sac à dos.

— T'es vraiment à l'ouest aujourd'hui ! Je me doutais que tu oublierais ton sac. Appelle-ça l'instinct…

— Merci Lyon, déclara Gray en attrapant le sac de toile.

Une fois sorti, il regarda avec envie, la voiture de Lyon garée juste devant le garage. Une carrosserie gris métallisé, un capot à la forme fuselée, Gray n'avait jamais vu pareil véhicule de toute son existence.

— Depuis quand tu l'as ? demanda-t-il à son ami.

— Ul me l'a offerte quand j'ai eu mon bac, tu ne t'en souviens pas ? hoqueta Lyon.

— Comme tu l'as dit, je suis un peu à l'ouest aujourd'hui, justifia Gray avant de prendre place du côté passager.

De plus en plus de choses le laissaient perplexe depuis son réveil. Certains mots étranges qu'il ne comprenait pas ou des objets dont il ne connaissait pas l'existence. Mais il fut interrompu dans ses songeries, par le vrombissement d'un moteur qui le fit sursauter.

Lyon venait de mettre le contact.

Quand Gray tourna la tête vers son frère de cœur, il se rendit compte que son véhicule n'était pas relié à sa magie. D'ailleurs, ce monde semblait tout sauf magique ! Mais alors, comment pouvait-elle bien fonctionner ? Etait-ce cette petite clé seule qui permettait un tel phénomène ? Toutes ces énigmes ne faisaient qu'ajouter un peu plus à sa confusion. Pourtant, il choisit de ne pas en faire part à Lyon, il aurait tout le temps de l'interroger plus tard. Gray décida à la place, de passer cette journée tout comme le ferait le Gray de cette réalité : le plus normalement possible. C'était en tout cas ce qu'il espérait.

Une fois sur la route, Lyon jeta un œil de biais à son frère qui demeurait les yeux dans le vague.

— Maintenant que nous sommes seuls, tu m'expliques ton comportement de ce matin, outre le fait que tu sois à l'ouest ? s'enquit-il avec curiosité.

— Comme je l'ai dit à Ul, j'ai fait un mauvais rêve.

— Raconte, l'encouragea Lyon.

— Je… je n'étais pas un lycéen mais… un mage, commença Gray en surveillant la réaction de son aîné.

L'argenté parut d'abord surpris puis étira ses lèvres en un sourire moqueur.

— Un mage ? répéta-t-il en pouffant légèrement. Et tu jetais des sorts à tes ennemis ?

— En quelques sortes, bredouilla Gray.

— Et moi je faisais partie de ton rêve ? demanda Lyon curieux.

— Oui tu étais mage comme moi et Ul était notre maître.

L'aîné soupira bruyamment en secouant la tête.

— Tu as toujours été un doux rêveur, Gray. C'est bien beau de rêver mais à un moment donné il faut se réveiller, déclara-t-il d'une voix plus douce. Je te rappelle que tu as le Bac à la fin de l'année, c'est là-dessus que tu dois te concentrer.

Le Bac, encore ce mot dont il ne comprenait pas le sens, mais il ne voulut pas s'y attarder. Il aurait bien d'autres occasions de demander en quoi cela consistait. Il en était là de ses réflexions, lorsque Lyon arrêta subitement la voiture.

— On est arrivé, lui annonça-t-il.

Le jeune homme gara son véhicule devant un bâtiment à la façade richement sculptée. Gray trouva étrange sa ressemblance avec la guilde, bien que le décor soit un peu moins tape à l'œil. Au-dessus de la porte d'entrée, était écrit en grosses lettres, le nom de l'établissement secondaire : Fairy Tail. Gray se figea de stupeur en reconnaissant le symbole qu'il connaissait si bien, celui-là même qui aurait dû se trouver sous sa clavicule. Inconsciemment, le mage se caressa l'endroit désormais vide. Il se sentait incomplet sans elle, comme amputé d'un membre essentiel et cela lui faisait terriblement mal.

— Gray ça va ? demanda Lyon inquiet par l'attitude de son jeune frère.

— Oui ça va, répondit ce dernier machinalement.

Lyon lui jeta un regard suspicieux mais n'ajouta rien de plus. Il voulait simplement retrouver son frère comme il l'avait toujours connu.

— Tiens, on dirait ton fan-club là-bas ! ironisa-t-il en pointant une direction du doigt, pour le sortir de sa torpeur.

Gray tourna le regard vers un attroupement de jeunes filles qui regardaient dans sa direction en rougissant, parmi lesquelles Juvia.

— On dirait que t'as toujours autant de succès avec les filles veinard ! s'exclama Lyon en ébouriffant les cheveux de son jeune frère. N'empêche, je ne te comprends pas, la petite Juvia est tellement sexy, faudrait être aveugle pour ne pas s'en rendre compte !

Son regard pétilla de mille étoiles lorsqu'il se posa sur la jeune femme.

— Juvia est une amie, rien de plus, marmonna Gray.

— Tu vas finir vieux garçon si tu continues à repousser tous les canons qui te courent après, s'affligea Lyon.

— Les filles ne m'intéressent pas, déclara l'autre pensif.

Lyon hoqueta en réaction à cette réponse spontanée… Trop spontanée ! Et d'autant plus en constatant que son cadet ne semblait pas se rendre compte de l'ambiguïté de ses paroles.

— Tu sais, si jamais tu préfères… si tu préfères les garçons ça ne me dérange pas, bafouilla Lyon. Après tout, tu fais ce que tu veux… Est-ce que toi et Loki vous…

— Loki ? Pourquoi tu me parles de Loki ? s'enquit le brun, ressurgissant dans la réalité.

— Tu l'aimes ? demanda brusquement Lyon en fixant le visage de Gray qui affichait une mine dubitative.

— Hein ? Loki est mon pote alors on peut dire ça oui, mais pourquoi tu me poses cette question ?

— Merde Gray ! Est-ce que tu te drogues ou quelque chose comme ça ? Tu n'es vraiment pas toi-même aujourd'hui ! s'inquiéta Lyon en examinant le blanc de ses yeux.

— Désolé…

— Ecoute, j'ai cours dans une demi-heure, il va falloir que je te laisse, tu es sûr que ça va aller ? interrogea l'aîné en se demandant s'il pouvait laisser son cadet dans cet état.

— Oui, affirma ce dernier, mais il était tout sauf convaincant au vu de son regard désemparé.

Gray descendit de la voiture mais semblait désorienté, ne sachant visiblement pas où aller. Il faisait peine à voir, comme un enfant perdu à la recherche de ses parents. De plus en plus inquiet, Lyon descendit à son tour pour le rejoindre.

— Ce n'est pas Loki là-bas ? montra-t-il du doigt. L'idiot qui te fait de grands signes.

Gray reporta son attention vers un jeune homme qui faisait de grands gestes dans sa direction. Il sourit devant son attitude qui était tout sauf discrète. De plus, son ami était entouré d'une armada de jeunes filles toutes plus jolies les unes que les autres, virevoltant autour de lui comme des abeilles autour du miel. Cette scène lui rappelait l'époque où Loki faisait encore partie de Fairy Tail, lorsqu'il était encore mage.

— Si, c'est bien lui, le seul et l'unique, acquiesça Gray en souriant.

Rassuré, Lyon lui ébouriffa une fois de plus les cheveux.

— Fais-moi plaisir, arrête d'inquiéter Ul comme ça… Bon je te laisse, je dois aller à Lamia.

— Lamia Scale ? demanda Gray les yeux ronds.

— T'es vraiment bizarre aujourd'hui, t'as déjà oublié le nom de mon université ? se moqua-t-il gentiment. Je dois retrouver Sherry et les autres là-bas.

Et sur ces dernières paroles, Lyon remonta dans sa voiture avant de démarrer, pied au plancher. Gray, quant à lui, resta planté sur le trottoir sans savoir quoi faire. Il avait vraiment le sentiment de se retrouver dans un monde à part, complètement déconnecté de la réalité. Que devait-il faire à présent ?

— Gray, tout va bien ? demanda une petite voix derrière lui.

Le jeune homme se retourna brusquement et se retrouva face à deux grands yeux noisette qui le sondaient avec inquiétude.

— Lucy ! se réjouit-il avant de la prendre dans ses bras.

Surprise, la blonde le repoussa gentiment, les joues rosissantes.

Gray n'était pas habitué à montrer ainsi son affection, mais il se sentait tellement perdu dans ce monde qu'il ne reconnaissait pas comme le sien, que le visage d'une personne connue et qu'il appréciait, suffisait à alléger un tant soit peu sa tension.

— Gray tu sais que je t'adore, murmura Lucy, mais si Juvia me voit dans tes bras, je ne donne pas cher de ma peau !

Et le fait est, que Juvia les avait bel et bien vus. La preuve en était ses yeux qui semblaient jeter des éclairs vers la petite blonde, laquelle vit avec horreur qu'elle n'était pas la seule.

— Elles me foutent la frousse les filles de ton fan-club, bégaya-t-elle en tremblant légèrement.

— De quoi tu parles ? Lyon m'a dit la même chose tout à l'heure.

— T'es vraiment le seul à ne rien voir Gray… Ce dragueur de Loki n'est pas le seul à avoir ses groupies, déclara-t-elle tout en jetant un œil mauvais au roux.

— Je croyais que depuis que Loki était ton esprit ça se passait mieux entre vous, déclara Gray surpris.

— Mon esprit ? Si Loki est un esprit, c'est un esprit malfaisant alors ! rétorqua la jeune femme renfrognée. Je ne sais pas ce que tu lui trouves à cet idiot, il n'a rien pour lui !

Bizarrement, Gray songea que Lucy avait tout l'air de penser le contraire de ce qu'elle affirmait. Elle était bien trop virulente pour être honnête, pensa-t-il.

— Je t'ai vu discuter avec ton frère tout à l'heure, tu avais l'air un peu paumé, est-ce que tu vas bien ? demanda-t-elle pour changer de sujet.

— Oui… oui ça va. Je n'ai pas très bien dormi c'est tout, déclara-t-il en se frottant les cheveux.

Il était bien tenté de lui avouer ce qui le troublait ainsi, mais Lucy réagirait sans doute comme Lyon… Il ne voulait pas l'inquiéter non plus, surtout qu'il ne savait pas lui-même pourquoi il se retrouvait dans cette autre réalité. D'abord, il devait en savoir plus sur ce monde et peut-être qu'il réussirait à trouver le moyen d'en sortir naturellement.

— Mes hommages jolie princesse ! les interrompit Loki en se saisissant de la main de Lucy, avant de la lui baiser, tel un prince faisant la cour à une damoiselle.

La jeune femme mécontente, l'enleva aussitôt en lui lançant un regard chargé d'étincelles. Loki se tint théâtralement le cœur.

— Ma mie, vous m'avez foudroyé en plein cœur ! Mais je vais mourir heureux ! s'exclama le jeune homme avant de tomber genou à terre, devant une Lucy excédée, les yeux levés au ciel.

Cette attitude amusa plutôt Gray mais pas les jeunes filles qui accompagnaient le roux.

— Tu es vraiment pitoyable mon pauvre ! lui asséna la blonde, bougonne.

— Au moins il y en a un qui apprécie mon jeu ! rétorqua le jeune homme en se relevant. Salut vieux, heureusement que tu es là toi.

Loki gratifia le brun d'une tape amicale dans le dos. Gray observa ses deux amis en songeant que ce qui se déroulait devant lui, n'était pas tellement différent de ce qu'il voyait habituellement à la guilde. Peut-être bien que ce rêve ou cette autre réalité, serait bien plus agréable finalement, songeait le jeune homme.

— Où est Natsu ? s'enquit-il machinalement, cherchant du regard la chevelure rose de son bouillonnant camarade.

Gray se dit qu'une petite bagarre matinale avec son meilleur ennemi lui ferait un bien fou et lui permettrait sans doute, d'y voir un peu plus clair dans tout ce bazar.

— Qui ? demandèrent d'une même voix Lucy et Loki.

— Natsu, la tête à flammes, qui d'autre ? précisa Gray, incrédule.

Loki et Lucy se regardèrent tous deux avec étonnement.

— On ne connait pas de Natsu, lui apprit Lucy.

— Quoi… ?

Son cœur fit un bond dans sa poitrine et pendant un bref instant, tout devint blanc devant lui.

Blackout.


Nda : Voilà pour ce premier chapitre. Alors on a apparemment un Gray bloqué dans une réalité dans laquelle il vit avec Ul et Lyon… Certains de ses amis sont là, sauf le plus important : Natsu. A votre avis, comment Gray s'est retrouvé là ? Où est Natsu ? Et que voyez-vous dans la suite ?

Je peux vous le dire maintenant, quand j'ai eu cette idée, j'ai tout de suite repensé à un épisode de Stargate SG-1 (oui c'est une vieille série mais c'est ma préférée :p) dans lequel Teal'c est bloqué dans un rêve mais pour une raison différente. Après je vous l'accorde, Gray et Teal'c sont aux antipodes l'un de l'autre ! :p

J'attends vos commentaires avec impatience !

Merci pour votre lecture et à bientôt pour la suite !