Bonjour mes poussins.

Comme vous l'avez remarqué, HOLD ON a disparu. Mon compte a été piraté et on a supprimé cette fic.

Mais je n'ai pas dit mon dernier mot, et je la reposte.

Vous étiez plus de 160 à me suivre, et vous m'avez laissé un peu plus de 300 reviews.

Pour ça, je ne vous remercierai jamais assez. *coeur*

Désolée pour la gêne occasionnée... La fic est terminée tout est posté et j'espère que ça vous plaira.

Pour ceux qui nous rejoignent sur cette histoire : bienvenue à vous et bonne lecture !

A la personne qui a supprimé mon travail : si je te choppe, je te déglingue. Cordialement ! :D

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A la beta, on retrouve la génialissime Cathouchka31. Merci à elle !

Et merci à tous ceux qui m'ont témoigné leur soutien, merci pour vos gentils messages. JE VOUS AIME !


HOLD ON- CHAPITRE 1

On dit souvent que le stress généré par une situation dangereuse est bénéfique pour le corps. Il produit pléthore de réactions physico-chimiques, comme la dilatation des bronches pour nous permettre de respirer, ou encore la sécrétion d'endorphines pour appréhender une douleur à venir.

Le chef d'orchestre qui régule tout ça, c'est l'hypothalamus. Mais croyez-le ou non, ce type est un abruti.

Et Stiles n'était pas dupe.

Il avait lu un jour que le stress chronique qui favorisait la libération de molécules d'adrénaline ou d'hormones d'aldostérone était toxique pour la santé si toutes ces substances chimiques n'étaient pas «consommées » par une activité physique intense.

Et depuis que Stiles avait rencontré Derek Hale, il soupçonnait son hypothalamus de faire des siennes et de décupler ses crises de panique.

Derek Hale était le facteur stimulant qui faisait se réveiller son système nerveux à n'importe quel moment du jour et de la nuit.

Sans compter que, généralement, le loup avait le chic pour dramatiser plus que de raison et Stiles voyait rouge à chaque fois. Son pauvre cœur ne tiendrait pas longtemps à ce rythme…

L'adolescent en était venu à la conclusion que –CQFD : Derek Hale était toxique pour son organisme.

Inspirant profondément pour calmer son système hypothalamo-hypophyso-surrénalien, Stiles se mit à taper nerveusement du pied tout en se rongeant les ongles.

Il était assis sur le perron de sa maison et attendait depuis vingt minutes que Derek rapplique. Ce dernier l'avait appelé (chose qu'il ne faisait a priori que lorsqu'il était dans l'incapacité de faire autrement, c'est-à-dire jamais) et lui avait annoncé qu'il arriverait d'une minute à l'autre, sans donner plus d'explications.

Si ce foutu mec ténébreux s'était contenté de lui envoyer un SMS, Stiles ne serait pas, en cet instant précis, en train de baliser et d'essayer d'éviter une crise de spasmophilie aiguë.

Quelque chose fit tilt dans son esprit qui tournait à plein régime : Scott ne l'avait pas appelé, lui.

En cas d'événement grave, son meilleur ami lui aurait envoyé un message, à défaut de lui passer un coup de fil. Il jeta un coup d'œil sur l'écran de son portable puis soupira.

Rien.

Il n'y avait pas de quoi paniquer, pas vrai ?

Une éternité plus tard, le bruit caractéristique du moteur de la Camaro lui parvint. Il l'aurait reconnu entre mille. Stiles se leva, avançant jusqu'au trottoir tandis que Derek se garait avec une lenteur extrêmement… extrême. Bon sang, ce type savait se faire désirer !

Stiles eut le temps de se demander si la Chevrolet était équipée d'un V8, si les suspensions à l'avant étaient de type MacPherson et si par ailleurs, c'était le modèle RS, avant que Derek ne coupe enfin le moteur et pose un pied sur l'asphalte. Déjà, l'adolescent était à sa portière.

« Va falloir qu'on définisse ensemble l'expression « d'une minute à l'autre », mec ! Ça fait une heure que je t'attends ! » s'exclama Stiles tandis que Derek sortait de la voiture tout en l'écartant de son chemin.

« N'exagère pas, je t'ai appelé il y a vingt minutes », grogna le loup.

Stiles soupira bruyamment et leva les yeux au ciel. Derek observait les alentours avec la même tête que Liam Nesson dans « Taken », ce fameux film où l'acteur disait « Je vous chercherai, je vous trouverai et je vous tuerai » d'une voix d'outre-tombe.

Nesson avait sûrement plagié Derek, en fait.

« Alors ?! », s'égosilla impatiemment Stiles. « T'as trouvé un cadavre ? Une de tes ex veut tous nous tuer ? T'as mordu quelqu'un ? Allô la Terre?»

« Ferme-la, Stiles ! »

Derek reporta son attention sur lui, faisant luire un instant ses yeux de grand méchant loup. Les poils de l'adolescent se hérissèrent sur sa nuque, mais il feignit l'indifférence. Il avait l'habitude.

Le loup l'attrapa par le bras et le traîna jusqu'au coffre de la Camaro. Il jeta –encore- un coup d'œil au voisinage puis pointa son index droit sur la poitrine de Stiles, tout ça avec une autorité ahurissante.

« Tu dois me promettre de garder ça pour toi, pour le moment », dit-il tout bas.

Stiles blêmit et son hypothalamus entama une petite samba dans son cerveau.

« Attends… Derek, qu'est-ce que t'as fait ?! C'est un truc super grave, je suis sûr. Non, parce que vu ta tête et te connaissant, je m'attends à tout ! J'te rappelle que je suis qu'un pauvre humain sans défense ! J'vais pas pouvoir faire grand-chose, faut appeler Scott de suite, là ! Bon, à la limite si je dois t'aider à enterrer quelqu'un, je peux creuser. Ca je sais faire. Mais j'te préviens, je veux pas être plus impliqué que je le devrais, hein ! J'te rappelle que mon père, c'est un peu le shérif de Beacon Hills et si jamais… »

« Promets-moi ! » gronda Derek.

Comment pouvait-on froncer autant les sourcils? Ce n'était définitivement pas humain.

« OK, OK ! Promis ! » lâcha Stiles avec appréhension.

Derek sembla expirer toute la frustration du monde. Il ouvrit à demi le coffre de sa Camaro et Stiles se pencha…

…Il se pencha, hoqueta de surprise et se jeta sur le coffre pour le refermer, arborant à son tour l'expression de Liam Nesson dans Taken.

« NOM DE DIEU ! »

Il avait hurlé dans un murmure sa surprise. Derek leva les yeux au ciel et croisa les bras. Stiles peina à trouver ses mots (une première).

« Je… Je crois que je fais une crise de panique, là ! » souffla-t-il avec difficulté.

Derek arqua un sourcil.

« Il faut que tu m'aides. »

« Quoi ?! T'es un grand malade, Derek Hale ! Bon sang, alors c'est ça ton kiff ? Moi qui croyais que t'étais un homme de principes… ! »

« Stiles, de quoi tu parles ? », s'impatienta ledit homme de principes.

« De ça ! »

L'adolescent pointa le coffre de la Camaro. Il avait perdu toutes ses couleurs et ses yeux étaient écarquillés comme s'ils souhaitaient sortir de leurs orbites et se jeter dans de l'eau de javel pour oublier ce qu'ils venaient de voir.

« Stiles… »

« Désolé, mec, mais je peux pas t'aider sur ce coup-là ! C'est carrément malsain et… et horrible ! Ôter la vie à une créature innocente, franchement… Je… Je crois que je vais vomir… »

« Ôter la… Stiles, elle est vivante ! » s'indigna Derek.

« Quoi ? Oh mon Dieu ! Tu l'as kidnappée ?! », s'écria l'adolescent.

Derek se jeta sur lui et lui plaqua sa main sur la bouche pour le faire taire, espérant de tout son être que les voisins n'étaient pas à l'écoute depuis leurs fenêtres.

« Ferme-la ! J'ai kidnappé ni tué personne ! »

Le garçon se libéra de l'emprise du loup et se précipita pour ouvrir le coffre.

À l'intérieur, emmitouflé dans le blouson en cuir de Derek, un bébé (vivant -Stiles put enfin le confirmer) dormait paisiblement.

« OK, alors primo : on met pas des bébés dans le coffre de sa voiture, Derek ! C'est carrément suspect ! »

Le loup haussa les épaules avec indifférence.

« Secundo : d'où diable tu le sors, ce gosse ?! »

Stiles plissa les yeux et se tourna vers Derek.

« Ne me dis pas que… C'est… C'est le tien ? »

« Je l'ai trouvé devant le loft… Stiles, qu'est-ce que tu fais ?! »

Le susnommé venait de récupérer l'enfant qui marmonna dans son sommeil et le blotti contre lui.

« On rentre », ordonna-t-il en se dirigeant vers sa maison, bientôt suivit du loup.

OoOoOoO

« OK, on reprend : quelqu'un a abandonné ce bébé devant chez toi, tu l'as mis dans ton coffre et tu es venu jusqu'ici. Tu me promets que tu ne l'as pas kidnappé, hein ?»

Stiles était assis sur le canapé, l'enfant en bas âge toujours endormi dans ses bras. Derek faisait les cent pas face à lui.

« J'ai une tête à kidnapper des enfants ? » grogna Derek.

Stiles s'apprêtait à lui répondre positivement, mais son regard assassin l'en dissuada.

« Pourquoi moi ? »

« Comment ça ? »

« Pourquoi tu es venu me voir moi ? »

Derek arrêta de creuser une tranchée sur le parquet du salon et observa Stiles un moment.

« J'en sais rien. »

« OK, on va essayer avec une autre question… T'es sûr que cet enfant n'est pas le tien, hein ? »

« Oui. »

« Alors pourquoi tu m'as fait promettre de n'en parler à personne ? »

« J'en sais rien, Stiles ! » s'exaspéra Derek en levant les mains.

« Mais bien sûr. J'vais te dire ce que je pense, Sourwolf. Une de tes conquêtes a voulu se débarrasser de l'enfant que tu lui as fait en le déposant devant chez toi au lieu de le noyer comme un chaton indésirable. Et t'es venu me voir parce que tu savais que Super Stiles trouverait vite une solution à ce petit problème ! Alors voilà ma solution : retrouve la mère, excuse-toi, et assume tes responsabilités ! Parce que j'espère que tu comptais pas me refiler le môme et me faire porter le chapeau ! Si mon père pense que j'ai un bébé, il va pas survivre ! »

Derek se pinça l'arête du nez.

« Pour la dernière fois : ce bébé n'est pas à moi ! Mais je pense savoir pourquoi on l'a abandonné devant ma porte. »

« Ah ? »

Derek s'avança puis s'agenouilla devant Stiles, qui paniqua (très) légèrement. Bah oui, parce qu'avoir un alpha à genoux devant soi, c'était assez bizarre. Et étrangement excitant.

Excitant ? Certaines zones de son cerveau avaient vraiment un souci.

Derek porta un doigt au visage de l'enfant et releva sa lèvre supérieure avec précaution. La petite avec deux minuscules crocs à la place des canines. Stiles étouffa une exclamation surprise.

« Et après tu oses me dire que ce bébé n'est pas de toi ?! Bon sang, Derek, c'est un louveteau ! »

« C'est une femelle », jugea bon de préciser l'homme toujours à genoux.

« Comment tu sais ça ? »

« L'odorat. »

Stiles fit la moue, l'air de dire « évidemment », avant de reporter son attention sur l'enfant.

« Elle doit avoir à peine un an… » souffla-t-il. « Qu'est-ce qu'on va en faire ? »

« On doit retrouver sa meute. La personne qui l'a laissé devant chez moi devait savoir qui j'étais. »

« Et si sa mère a voulu la protéger de sa propre meute en abandonnant sa fille ? Et si cette petite était en danger de mort et que le destin voulait que tu deviennes son père ? »

« Tu regardes trop de films », fit Derek en se relevant. « Quand ton père rentrera, essaie de savoir si on lui a signalé une disparition d'enfant ces derniers jours. »

« Qu'est-ce que tu vas faire d'elle, en attendant ? »

Derek attrapa l'enfant à bout de bras. Il allait répondre à Stiles lorsque la petite se réveilla brusquement et se mit à pleurer à chaudes larmes. Le loup soupira et tenta de la bercer maladroitement, mais cela ne fit qu'augmenter les pleurs du bambin.

Stiles se leva et la prit dans ses bras en jetant un regard réprobateur à l'alpha.

« On tient pas un bébé comme ça ! » dit-il. « Tu t'es jamais occupé de tes sœurs ou quoi ? »

« Ma mère s'en occupait », bougonna Derek.

« Elle doit avoir faim », avança l'hyperactif. « Pas vrai, choupette ? T'as faim, c'est ça ? »

« Choupette ? »

Derek suivit Stiles jusqu'à la cuisine. Ce dernier farfouilla dans le réfrigérateur, tenant la petite fille d'un bras. Elle semblait s'être calmée et, reniflant de temps en temps, elle observait avec attention le garçon qui la portait.

Stiles récupéra un yaourt et un pot de confiture. Il fit signe à Derek de prendre la petite et versa les ingrédients dans un bol avant de les mélanger frénétiquement.

L'enfant regardait Derek avec de gros yeux ronds, la mine boudeuse. Le loup fit luire ses yeux et laissa échapper un léger grognement animal. La fillette fondit une nouvelle fois en larmes.

« Donne-moi là, père indigne ! » se moqua Stiles en récupérant l'enfant avant de l'asseoir à même le comptoir de la cuisine. « Tu veux lui donner à manger » ?

Il indiqua le bol d'un signe de tête tout en tenant la petite pour ne pas qu'elle tombe.

« Non. »

« Derek », souffla Stiles. « Jusqu'à ce qu'on retrouve ses parents, tu es responsable de ce bébé, il va falloir que tu apprennes à t'en occuper correctement ! »

Le susnommé leva les yeux au ciel face à ce Stiles trop adulte pour être vrai. Il finit par capituler et récupéra le bol et une cuillère avant de présenter une bouchée à la petite, qui garda la bouche fermée en lui lançant un regard mauvais.

Derek se tourna vers Stiles, exaspéré.

L'adolescent lui prit la cuillère des mains et n'eut aucune difficulté à faire manger le bambin.

Le loup observa Stiles s'appliquer dans sa tâche. Il parlait doucement à la petite en lui faisant le coup de l'avion avec la cuillère. Elle laissait parfois échapper un petit rire aigu, et son regard bleu perçant ne lâchait pas celui, noisette, de Stiles. Hypnotisée par le garçon, elle semblait ne voir que lui.

Derek se dit que c'était, en règle générale, l'effet que faisait Stiles. Il parlait beaucoup, mais parvenait toujours par focaliser l'attention sur lui, d'une manière ou d'une autre. Et en cet instant, l'alpha le trouva tout simplement adorable.

Cette pensée n'avait pas fini de se matérialiser dans son esprit qu'il sentit la présence du shérif à proximité et se ressaisit rapidement.

« Ton père ».

Stiles eut à peine le temps de se retourner que son père entrait dans la cuisine. Le garçon se raidit, la cuillère dégoulinante de yaourt et de confiture dans les mains.

« Je peux tout expliquer ! » s'exclama Stiles.

Le shérif haussa les sourcils : « M'expliquer quoi ? Que tu manges des cochonneries entre les repas ? C'est pas nouveau, Stiles. »

Au tour du jeune Stilinski de hausser les sourcils. Il fit un tour sur lui-même. Il était seul. Derek et le bébé avaient disparu.

« Euh… Ouais » dit-il alors à son père. « La main dans l'sac !... »

Le shérif observa d'un air suspicieux son fils pendant quelques secondes, mais ne fit aucun commentaire. Il se dirigea plutôt vers le frigo en marmonnant quelque chose en rapport avec le dîner de ce soir.

« Rien d'intéressant, au boulot ? »

Stiles tenta d'afficher une mine désintéressée, mais c'était peine perdue avec son père. Il lui fit face, les sourcils froncés.

« Il s'est passé quelque chose ? » demanda-t-il.

« Quoi ? Non, non ! J'ai le droit de demander comment s'est passée ta journée, quand même, tu crois pas ? »

« Stiles… »

« Tu m'connais, p'pa ! » s'exclama-t-il théâtralement « J'aime me tenir au courant ! Ça manque d'action, ces derniers temps ! »

« Et c'est que mieux ! »

« Alors, rien de spécial ? »

« Rien de spécial. Juste un signalement de… »

« Une disparition ?! » s'empressa de demander l'adolescent avant de se rendre compte qu'il avait été tout sauf subtil.

« Oui. Madame Stevenson qui a encore perdu son chat. »

Les épaules de Stiles s'affaissèrent.

« Tu sais quelque chose ? »

« À propos du chat de la mère Michel ? J'ai bien peur que non, mais je vais tâcher d'enquêter sérieusement là-dessus », le taquina-t-il.

Son père le gratifia d'un sourire indulgent puis retourna s'occuper du repas du soir.

Stiles passa le reste de la soirée à éplucher les sites Internet, à la recherche d'informations quelconques sur une disparition d'enfants et sur les enfants loups. Il apprit beaucoup de choses, d'ailleurs. Il se doutait que la plupart des informations étaient erronées, mais globalement, tous les sites s'accordaient sur le fait que les louveteaux-garous étaient de petites créatures intelligentes à l'esprit vif et au fort caractère. Il songea un instant à Derek chargé de s'occuper de la petite fille et un sourire espiègle balaya son visage. Sur ces dernières pensées, il sombra dans un sommeil lourd, la tête sur le clavier de son ordinateur.

OoOoOoO

Il était un peu plus de trois heures du matin lorsque le téléphone de Stiles se mit à sonner. Il fit un bond et tomba de sa chaise, le clavier de son ordinateur imprimé sur sa joue. Marmonnant toute sa haine envers cette sonnerie agressive, il réussit à se redresser assez pour attraper son portable.

« Hummallooo ? » bafouilla l'adolescent, les yeux mi-clos.

« Stiles ?! »

« Nan, le Pape ! Derek, il est trois heures du mat' et je… »

« Viens au loft de suite ! »

Et il raccrocha.

Fichu loup-garou.

Stiles balança son portable avec énergie sur son lit et soupira. Ce type allait l'achever. Il était vraiment toxique pour sa santé.

Dix minutes plus tard, Stiles ouvrait l'énorme porte blindée du loft, ne cessant de prier pour que son père ne remarque pas son absence quand il se lèverait dans quelques heures pour aller travailler.

Des hurlements à déchirer le cœur ricochaient sur les murs en béton de la grande salle. Derek se précipita vers Stiles, les cheveux étrangement coiffés (pas coiffés, en fait. Carrément en pétard), le t-shirt à moitié rentré dans son jeans, un début de cernes sous ses yeux clairs. L'adolescent dut faire appel à tout son self-control pour ne pas exploser de rire.

« Fais-la taire, ou je la tue ! » s'écria le loup en pointant du doigt la petite fille abandonnée sur le lit de l'Alpha.

Stiles s'y dirigea et la prit dans ses bras en la dorlotant, mais elle ne se calmait pas.

« Ça fait longtemps qu'elle pleure ? »

« Depuis que je suis parti de chez toi. »

« Tu lui as redonné à manger ? »

« Évidemment ! Je l'ai trempée dans l'eau, aussi. »

« Quoi ?! »

« Elle a vomi dans ma voiture. Je l'ai lavée », grogna Derek.

« La petite ou la voiture ? »

Un regard assassin lui répondit.

« Tu l'as pas remise dans le coffre, au moins ? »

« J't'ai pas demandé de jouer à l'assistante sociale, Stiles. Fais-la taire, c'est tout ! » vociféra l'alpha en quittant la pièce d'un pas rageur.

L'adolescent leva les yeux au ciel puis reporta son attention sur le bébé. Il l'examina brièvement avant de s'asseoir sur le lit et de l'allonger sur le dos. Il en fit de même et se cala sur le flanc, de manière à rester face à la petite qui pleurait sans répit.

« Chuuut… Ça va aller Choupette, tonton Stiles est là, maintenant… », murmura-t-il. Qu'est-ce qu'il t'a fait le grand méchant Derek ? Il est pas si méchant que ça, promis. Il a juste du mal avec les enfants… Et pas que les petits bébés tous mignons comme toi, je te rassure… », continua-t-il en soupirant.

La petite sanglotait et le regardait, sans doute sans comprendre, mais au moins, ses hurlements avaient cessé.

« Je reste avec toi, d'accord ? T'es une gentille petite louve, faut pas avoir peur d'un alpha bourru… », Stiles caressa machinalement la joue de la petite quand il remarqua qu'elle était plus rouge qu'elle ne devrait. Il passa une main sur son front puis esquissa un sourire.

« Ah bah voilà… Tu fais tes dents… Ou tes crocs, plutôt ! s'exclama-t-il. Ça te fait mal, Choupette ? Hein que ça te fait mal… Meuh oui… Bon sang… je deviens gâteux ! »

Stiles se redressa, enleva sa veste et ses chaussures, puis s'allongea un peu plus confortablement sur le lit. Il offrit son index au bambin qui le mordilla frénétiquement. Ses petits crocs meurtrissaient sa chair, mais l'adolescent était tellement fatigué qu'il ne s'en formalisa pas et finit par s'assoupir, le loft baignant dans une douce sérénité.

Derek était resté dans l'ombre, en haut de l'escalier, à épier les deux gamins.

Il redescendit chercher une couverture qu'il posa sur eux en prenant soin d'être le plus discret possible.

Il observa un moment le visage endormi de Stiles, détaillant chacun de ses traits, ses grains de beautés, ses longs cils, ses cheveux qui avaient bien poussé, sa bouche… Il détourna le regard et s'éloigna du lit, les poings serrés.

Derek batailla avec son esprit pour faire taire les pensées déplacées qui l'assaillaient. Et il y avait son petit (trèèès petit) côté fleur bleue qui n'arrêtait pas de brandir des pancartes « STILES EST TROP ADORABLE AVEC CE BÉBÉ DANS LES BRAS, OMG ! » qu'il s'efforçait de chasser plus que toutes autres choses.

Pour l'heure, il devait se concentrer sur la louve.

… Merde, il était Derek Hale. Pas un bisounours !


Et rappelez-vous, un petit mot d'amour (ou de haine, si vous voulez) fait toujours plaisir ! :p