Hold On chapitre 15.

Bury them deep, deuxième partie

UN PETIT MESSAGE POUR VOUS :

Voici le dernier chapitre de cette histoire. Désolée pour l'attente, j'étais en vacances.

Après toutes les péripéties que cette fic a connu, je suis contente d'être arrivée à la terminer !

Ma détermination et ma motivation, je vous les dois à vous, lecteurs. Je ne vous remercierai jamais assez pour votre soutien et votre fidélité !

Merci à tous ceux qui m'ont laissé autant de reviews, à ma première publication ! Merci à ceux qui ont remis des reviews malgré la suppression de ma fiction. Merci aux followers, et aux guests... MERCI MERCI MERCI !

Un énorme merci à ma beta Cathouchka31, qui m'a motivé plus que jamais et m'a beaucoup fait rire avec ses commentaires glissés pendant ses relectures ! Une beta en or, je vous dis !

Merci à ma femme d'amour, Celine, qui a supporté mes délires jusqu'au bout et qui m'a offert une magnifique cover pour cette histoire.

Et encore merci à toi, derrière ton écran ! :)

Maintenant que j'en ai terminé avec mon discours mièvre (mais sincère), je vous laisse lire ce dernier chapitre :)


OooOooOooO

« Je sais ! Victor Frankenstein et le monstre prométhéen ! »

« Tiens-toi tranquille, s'il te plait. »

Stiles se dandina sur la table d'auscultation sans pouvoir s'en empêcher. Son trop-plein d'énergie le rendait nerveux.

« Vous pourriez faire des miracles avec ça ! »

Deaton soupira. Il rabaissa la chemise immaculée de l'adolescent, toujours dans son costume funéraire, et contourna la table pour se poster devant lui. D'un geste expert, il lui prit le poignet et examina longuement ses bras et ses articulations.

« On ne joue pas avec la Mort, Stiles. La situation m'a permis d'anticiper les événements, mais si tu devais mourir une seconde fois, je ne pourrais plus te ranimer. »

« Ça marche qu'une fois ? »

« Pas exactement. C'est grâce au Nogitsune qui- »

« Est-ce qu'il est toujours en moi ? Je me sens parfaitement bien ! »

« Être possédé par une créature aussi puissante laisse des traces. Le Nogitsune est parti quand Deucalion a tenté d'aspirer son pouvoir en te mordant. En revanche, une part du monstre restera en toi à jamais. »

La jambe de Stiles se mit à s'agiter nerveusement.

« Tu n'as pas à t'en inquiéter pour le moment. On verra quels effets secondaires le Nogitsune aura laissés derrière lui, mais ça ne devrait être ni trop handicapant, ni trop voyant. »

Le vétérinaire relâcha le jeune homme et se recula d'un pas, bras croisés sur son torse. Il semblait satisfait.

« La morsure de Deucalion s'est résorbée plus vite que prévu. Tu auras juste une cicatrice. »

« Il faut que j'appelle mon père… Il faut… Derek ! Je dois voir Derek. Et Scott... Mon Dieu ils doivent être anéantis ! Pourquoi ne pas leur avoir dit que je me réveillerai ? »

« Trop risqué. Pour le moment, tu restes ici. »

Deaton aurait fait un bon Alpha, pensa Stiles. Il n'élevait jamais la voix, mais ses paroles avaient toujours ce caractère catégorique et impérieux qui lui permettait d'asseoir son autorité sans effort.

Mais bon, Stiles était tout sauf docile. Surtout maintenant que le manque d'Adderall lui offrait une énergie qu'il n'avait pas connue depuis longtemps.

Il fallait qu'il bouge, qu'il parle et qu'il retourne près de ses amis.

Le vétérinaire sembla lire dans ses pensées.

« Stiles, si tu contactes ton père ou les autres, tu les mettras en danger. Tu comprends ? Pour le moment, tu dois rester là. »

« Mais, et Deucalion ? On doit- »

« Ce n'est plus ton combat. »

« Oui, mais Cassie- »

« Ce n'est plus ton combat, Stiles », répéta Deaton en détachant chaque syllabe, le regard sévère.

« Peter… »

Stiles se tourna vers l'oncle psychopathe, adossé à la table, à quelques pas de lui.

« Tu pourrais leur dire, toi. »

« Pas question ! Ça compliquerait tout. »

L'adolescent soupira fortement.

« Dis-leur, et je ferai tout ce que tu veux ! » Tenta-t-il en posant une main sur son bras, le regard suppliant.

« Sans vouloir te vexer, je préfère les hommes plus âgés qui chassent le loup aux gringalets qui ne survivent pas à la morsure », railla-t-il en esquissant son éternel et insupportable sourire Colgate.

Deaton mit fin à la discussion en levant les mains alors que Stiles assimilait lentement la révélation implicite de Peter.

« Jusqu'à ce que Deucalion soit loin de Beacon Hills, tu restes ici, Stiles. Et puis, j'aimerais suivre l'évolution de ton état de santé. »

« Je vais bien », bougonna l'hyperactif. « Vraiment… je vais bien. »

OooOooOooO

Allison était passée chez les Martin le lendemain de l'enterrement. Elle avait retrouvé Lydia, dans une chemise de nuit en soie au prix sans doute céphalophtalmique, assise au pied de son lit. Elle lisait les déclarations d'amour que Stiles lui avait envoyées, de nombreuses années auparavant.

La blonde vénitienne ne savait pas pourquoi elle avait gardé ces messages stupides. Elle ne l'avait jamais dit à Stiles, d'ailleurs.

« Tu as dormi ? » Lui demanda la chasseuse en prenant place auprès d'elle.

« Un peu… Tiens, écoute ça : « tes cheveux sont aussi beaux que le coucher du soleil sur Bora Bora, même si je n'y suis jamais allé, mais si tu veux, je t'y emmènerai quand on sera grands »… Lydia ravala un sanglot et Allison passa un bras autour de ses épaules. « Je peux pas croire qu'il soit plus là… »

Voyant que son amie risquait de s'effondrer de chagrin d'une minute à l'autre, Allison resserra sa prise.

« Ça date de quand ? » demanda-t-elle doucement.

« Première année du secondaire… Comment… Comment on a pu laisser Deucalion le… »

Lydia ne se retint plus de pleurer et se lova contre sa meilleure amie.

« Deucalion ne va pas s'en sortir comme ça. J'ai vu Peter, hier, après l'enterrement. Je ne sais pas si on peut lui faire confiance, mais il a dit qu'il avait un plan pour en finir avec Deucalion. Scott est dehors, il nous attend. On va au loft. »

Lydia renifla et s'écarta d'Allison. Son regard s'était assombri.

« Ne faites pas ça ! » s'écria-t-elle.

« Lydia… »

« Non ! » Elle se leva. « N'y allez pas ! Quelqu'un va mourir ! »

Allison se redressa et attrapa son amie par les épaules, essayant de calmer ses tremblements.

« Hé, Lydia… Qu'est-ce qui se passe ? »

« Cette nuit… J'ai crié. »

OooOooOooO

Scott bouillonnait de l'intérieur. À moitié assis sur sa moto, il essayait tant bien que mal de contenir une rage sourde qui risquait de lui faire perdre le contrôle s'il ne se calmait pas.

Il n'avait plus qu'une idée en tête : arracher les membres du Demon Wolf, un par un, et le faire souffrir pendant des heures.

Il s'en voulait de ne pas avoir été là pour sauver son frère de cœur. À tel point qu'il avait pris sa décision.

Dès que Deucalion serait mort et enterré, Scott quitterait la meute Hale et tâcherait de ne plus se mêler des affaires surnaturelles de la ville.

Allison sortit de la maison des Martin et se dirigea directement vers lui, le teint livide.

« Et Lydia ? » Questionna Scott.

« Elle ne veut pas venir... »

« Il s'est passé quoi ? »

« La banshee a crié… Peut-être… Peut-être qu'on devrait laisser Peter, Emely et mon père se charger de Deucalion… »

Scott la dévisagea un instant, un éclair passant dans ses prunelles.

« Si tu veux rester en arrière, je comprends. Mais moi je vais au loft. »

Allison secoua la tête et récupéra son casque de moto.

« Allons-y. »

OooOooOooO

Stiles avait attendu des heures avant que Deaton et son œil de Terminator le lâchent enfin. Il s'était éclipsé de la clinique vétérinaire le plus discrètement possible et avait rejoint sa maison à pieds.

Il ne désobéirait pas à l'émissaire… Il voulait juste s'assurer que son père allait bien.

Sans faire de bruit, il longea la maison et s'arrêta devant la fenêtre du salon. Celui-ci était éclairé.

Stiles se colla contre la façade et se pencha juste assez pour jeter un coup d'œil à l'intérieur sans être vu.

Le shérif était affalé sur le canapé, un verre à moitié vide dans une main, un album photo sur ses genoux. Il avait le teint harassé du type qui n'avait pas dormi depuis une semaine et se droguait aux anxiolytiques.

La culpabilité martela la conscience de Stiles. Son paternel avait assez souffert dans sa vie pour devoir survivre à son fils. Il se redressa depuis sa cachette : il devait lui parler.

Mais alors qu'il s'apprêtait à frapper contre la fenêtre du salon, une présence se fit sentir derrière lui. Sans même réfléchir, il se tourna et fit une clé de bras au nouvel arrivant avant de le plaquer contre le mur de la façade.

« Hé ! Ne me confonds pas avec l'autre Hale ! » Marmonna Peter en poussant un grognement.

Stiles le lâcha aussi vite qu'il l'avait attrapé et recula de quelques pas, regardant ses mains avec stupéfaction.

« Et donc, le Nogitsune t'a légué sa super-force », commenta le loup en s'époussetant machinalement. « Je peux savoir ce que tu fiches ici ? »

« Je peux savoir ce que toi tu fiches ici ? »

« Deaton m'a demandé de garder un œil sur toi. »

« Et depuis quand tu es de mèche avec Deaton ? »

Peter leva les yeux au ciel, exaspéré.

« Je dois te ramener à la clinique. Puis il faut que j'aille au loft. Allez, viens. »

« Je peux venir ? »

« Pas question. »

« Tu as parlé à Derek ? Comment il va ? »

« Il a passé sa journée à se lamenter sur sa misérable existence. Dépêche-toi, j'ai pas toute la nuit. »

Évidemment, Peter avait pensé à tout. Il était venu en voiture et Stiles n'avait donc plus aucun moyen de s'échapper. Résigné, il se laissa conduire jusqu'à la clinique vétérinaire.

« Donc, toi et Chris Argent… », lâcha-t-il soudain, alors qu'ils approchaient de chez Deaton.

Le loup lui lança un regard soutenu et finit par esquisser un sourire espiègle. Stiles n'en sut pas plus, le bêta l'abandonna sur le parking et attendit qu'il entre dans le dispensaire.

Mais l'adolescent s'arrêta juste avant d'y pénétrer, car le téléphone portable de Peter avait sonné et il semblait tout à coup de mauvaise humeur. Curieux, Stiles retourna vers le véhicule, interrogeant l'oncle Hale du regard.

«… Et vous n'auriez pas pu… je sais pas, moi… l'assommer ?! » S'énerva-t-il. « Tant pis pour lui, on s'en tient au plan. Ça peut même nous donner une longueur d'avance… D'accord… Non ! J'arrive. »

Et il raccrocha.

Peter sentait le regard insistant du jeune Stilinski sur lui, derrière la vitre côté passager.

« Fiche le camp. »

« Qu'est-ce qui se passe ? »

« Tu te souviens de ce qu'a dit Deaton ? Si tu meurs une seconde fois, ce sera pour de bon. Ne me pousse pas à bout. »

Stiles n'eut que faire de la menace à peine masquée de Peter. Il ouvrit la portière et se réinstalla dans la voiture.

« Je pars pas avant d'avoir eu une réponse. »

Peter joua de son air de grand méchant loup pour le dissuader d'être aussi téméraire, mais évidemment, ça ne marcha pas. Il amorça une moue énervée, mais capitula bien vite.

« Mon neveu est un abruti », annonça-t-il. « Il est parti seul chercher Deucalion. »

Stiles s'agita au quart de tour à cette nouvelle.

« Quoi ?! Mais il est dingue, il va se faire tuer ! Qu'est-ce que tu attends ? Démarre, il faut qu'on y aille tout de suite ! »

« Eh ! On se calme Speedy Gonzalez ! Descends de cette voiture et fous le camp. Je m'en occupe. »

« Pas question. Je viens. »

Peter serra les poings et sortit les crocs. Ce gosse lui courait sur le haricot depuis bien trop longtemps. Peut-être Deaton aurait-il dû le laisser moisir dans son fichu cercueil… Du moins jusqu'à ce que le Demon Wolf ne soit plus en état de nuire.

Le bêta amorça un mouvement afin d'attraper Stiles -et de le jeter par-dessus le pare-brise pour le faire déguerpir s'il le fallait- mais ce dernier avait anticipé le coup. Ses yeux soudain voilés étaient devenus aussi noirs que le néant. On aurait même dit qu'ils emprisonnaient la lumière aussi efficacement qu'un trou noir. Puis à une vitesse folle, il referma d'une main ses doigts autour du cou du loup, et de l'autre immobilisa son bras.

« Je viens », répéta-t-il.

Il n'avait même pas élevé la voix, mais cela suffit à dissuader Peter de tenter un seul autre geste. Ses yeux abyssaux le fixaient comme si d'une minute à l'autre ils allaient se transformer en arme létale.

La main sur son cou se resserrait lentement mais sûrement. L'hyperactif avait une force incroyable.

Lorsque Peter commença à tourner de l'œil, il souffla un pitoyable « OK » et Stiles le relâcha avant de papillonner des yeux, comme s'il se réveillait d'un état de transe.

Son regard redevint vif et les ténèbres disparurent. Peter le fixait toujours, abasourdi.

« Il est toujours en toi… », fit-il avec prudence. « Le Nogitsune. »

Stiles soutint son regard puis se réinstalla confortablement sur son siège et boucla la ceinture.

« Non », répondit-il platement. « Je le sens plus. On y va ? »

L'oncle Hale jeta un dernier regard à l'hyperactif puis démarra.

OooOooOooO

Peter avait réussi à convaincre Stiles de ne pas entrer au loft et de rester sagement dans la voiture. Il devait déjà gérer l'état d'énervement avancé de Scott et la disparition de son neveu.

Un drame à la fois.

Lorsqu'il arriva au loft, Scott, Allison, Isaac, Emely et Chris étaient là. Une bien maigre équipe pour partir à l'assaut des troupes infernales de Deucalion…

« On n'attendait plus que toi », dit Emely en déposant sa fille sur le sofa.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » Soupira le bêta.

Les membres de la meute Hale s'échangèrent des regards embarrassés.

« Derek n'était pas d'accord avec le plan », finit par répondre Chris en s'avançant vers le loup. « Le ton est monté et il est parti. »

« Et bien sûr, personne n'a eu la bonne idée de le retenir ! »

« On a essayé, mais il commençait à perdre le contrôle », expliqua Scott.

Peter soupira derechef. S'ils n'arrivaient déjà pas à contenir leur Alpha, comment allaient-ils réussir à dissoudre la meute de Deucalion ?

« Qu'est-ce que c'est ? » Demanda soudain Chris en désignant des marques noires sur le cou de Peter. « Mauvaise rencontre ? »

« On devrait se préparer à secourir mon abruti de neveu au lieu de perdre du temps à papoter », esquiva le loup avec aplomb. « Mais... Les enfants, je ne vous cache pas que nos chances de nous en sortir sont proches de zéro… » Peter se mit à faire les cent pas. « On a deux loups ados à peine capables de tenir la distance, deux loups adultes, deux chasseurs…

Il se tourna vers Emely.

« Tu crois que ta fille pourrait nous seconder ? », ironisa-t-il.

« On ne sera pas seuls », intervint alors Allison.

« Un groupe de chasseurs s'est proposé », renchérit Chris. « Sérieusement, on a nos chances. »

« Alors qu'est-ce qu'on attend ? »

OooOooOooO

Derek était complètement hors de lui. Ils avaient osé insinuer qu'il n'était pas en état de combattre la meute de Deucalion… ils voulaient l'écarter. Ils voulaient l'empêcher d'assouvir sa vengeance.

Ils ne pensaient pas à Stiles, non.

Scott, peut-être.

Mais pas les autres.

Ils n'avaient qu'un objectif. Évincer la meute du Demon Wolf et redonner un semblant de tranquillité à la région.

Venger Stiles était secondaire.

Mais pas pour Derek.

C'était sans doute égoïste de sa part, mais il n'en avait que faire. Deucalion allait payer pour avoir arraché l'adolescent à ses bras.

Le loup ne verrait pas le soleil se lever.

Derek n'avait pas mis longtemps à retrouver la meute, grâce aux précieuses informations données par Emely. Alors, sans plus réfléchir, il s'était jeté dans la gueule du loup...

… avant d'être arrêté quelques minutes plus tard par un groupe de bêtas qui le conduisirent jusqu'à leur Alpha.

« Qu'avons-nous là ? » Susurra ce dernier d'un ton gourmand.

Derek jeta un rapide coup d'œil autour de lui. Il y avait une vingtaine de loups, en majorité des femelles.

Une petite voix en lui ne se gêna pas pour le traiter d'abruti de première. Vingt contre un ! À quoi avait-il pensé ?

« Comment va notre cher Stiles Stilinski ? » Poursuivit calmement Deucalion.

Derek poussa un grondement terrifiant et tenta de se libérer de la prise des bêtas qui le tenaient fermement.

« Hum. À voir ton expression chagrine, j'en déduis qu'il n'a pas survécu à la morsure ? Dommage. »

« Je vais arracher la tête de chacun d'entre vous ! » Hurla Derek. « Vous allez tous payer ! »

Un rire cristallin s'éleva derrière lui. Jennifer Blake s'avança pour se poster aux côtés de Deucalion.

« Et comment comptes-tu t'y prendre, chéri ? » Railla-t-elle. « Personne n'est venu t'aider à venger ton précieux Stiles. Tu vas mourir comme tu as vécu, Derek. Seul. »

Le loup sentit une haine herculéenne le traverser de part en part. Son loup hurla et il se libéra sans peine de l'emprise des bêtas.

Le combat pouvait enfin commencer.

Sauf que la vision de Derek se troubla. Il ne se contrôlait plus.

Ça lui fit peur, mais il ne pouvait plus revenir en arrière. Les coups de griffes, les morsures et le sang pleuvaient.

Il ne modérait pas sa force. Chaque bêta qui s'approchait un peu trop près de lui n'échappait pas à sa colère destructrice…. Jusqu'à ce qu'une morsure brûlante vienne lui enserrer le cou et lui faire perdre l'équilibre.

Jennifer avait ganté sa main et tenait son abominable fouet enduit d'aconit. Un sourire triomphal fendait son visage.

« Deucalion ? » Héla-t-elle.

L'Alpha haussa les épaules et lui tourna le dos, prêt à quitter la pièce.

« Fais-en ce que tu veux », dit-il.

Le sourire de Jennifer s'élargit. Elle tira sur le fouet et enjamba Derek, qui essaya de la mordre, mais c'était sans compter les bons réflexes de la Darach et sa position de force.

Elle laissa alors paraître son vrai visage et de sa main libre, se prépara à frapper.

« Arrête ! »

Jennifer eut tout juste le temps de relever la tête. Des éclats de lumière explosèrent dans les quatre coins de la salle, l'aveuglant juste assez pour que Derek l'envoie s'écraser contre un mur.

Derrière eux, un groupe de chasseurs s'élançait à l'assaut des bêtas qui tentaient de les arrêter.

Derek ne s'en préoccupa guère. Il devait trouver Deucalion et le tuer.

Jouant des griffes et des crocs pour se frayer un passage, il n'eut pas à chercher bien longtemps. Dans le chaos ambiant, le Demon Wolf se tenait légèrement en retrait.

Il l'attendait.

Les deux Alphas ne perdirent pas un instant en paroles inutiles. Le choc fut tel que les personnes autour d'eux s'interrompirent une seconde pour les observer.

À l'entrée, Stiles tortillait nerveusement ses doigts.

Deaton venait de le rejoindre. Il avait posé une main apaisante sur son épaule, espérant l'empêcher de se jeter dans la mêlée.

Peter n'avait pas réussi à cacher la présence de l'hyperactif bien longtemps… Scott avait alors connu tous les stades émotifs possibles, pour finir par s'accrocher à son meilleur ami comme une sangsue. Il avait enfin accepté de le lâcher lorsqu'ils étaient arrivés à destination.

« Il faut les aider », déclara Stiles à l'émissaire.

« Et que vas-tu faire ? On ne sait toujours pas ce que t'a légué le Nogitsune. »

L'adolescent suivait des yeux le combat entre les deux alphas. L'estomac noué. Il avait l'impression que son sang bouillonnait dans ses veines.

Mais ce fut Scott qui attira soudainement son attention. Des louves avaient encerclé son frère de cœur et Isaac.

Stiles n'y tint plus. Il échappa à l'emprise de Deaton et s'élança dans ce capharnaüm d'humains et de créatures.

« Scott ! »

Deucalion l'avait entendu. Il renifla l'air et grogna tout en parant un coup de griffe de Derek.

« Il est vivant ! » Gronda-t-il avant d'écarter brutalement Derek.

D'un pas rapide et impérieux, il bouscula chasseurs et bêtas, mordant lorsque cela fut nécessaire pour atteindre l'objet de sa convoitise.

Les louves se retirèrent immédiatement, laissant les trois adolescents face à leur Alpha, vibrant de rage.

« Toi… »

Deucalion grogna encore, dévoilant ses crocs maculés de sang.

« Eh oui ! « Il était le dernier de son espèce : trop bizarre pour vivre, mais trop rare pour mourir. » (1) »

Stiles ne se priva pas de sourire exagérément face à la mine déconcertée de l'Alpha. Mais son excès de confiance se retourna vite contre lui. Deucalion l'attaqua sans qu'il ne puisse esquiver.

Il mordit la poussière et se tordit sous la douleur.

Que lui arrivait-il ? Où était passé sa super-force ?

« Non ! Stiles ! » S'écria Scott au même moment, mais déjà, les louves l'assaillaient, lui et Isaac.

« Ça ne t'a donc pas suffi d'une fois, mon garçon ? » Grogna Deucalion qui s'avançait lentement vers l'hyperactif. « Tu es quoi ? Mort-vivant ou juste chanceux ? »

Stiles s'était retourné sur le dos et reculait pitoyablement sur le sol. Deucalion leva une main aux griffes acérées au-dessus de lui.

« Cette fois, je ne te louperai pas ! »

« Non ! »

Alors qu'il fendait l'air de sa main, Emely s'interposa entre les deux hommes.

« Emely ! »

Peter n'était qu'à quelques mètres d'eux. Le temps sembla s'arrêter quelques secondes alors que la jeune femme, ses mains tenant en coupe le visage de Deucalion, le regardait avec des yeux écarquillés.

Un grondement roula dans la gorge du Demon Wolf et alors qu'il retirait ses griffes du cœur de sa bêta, encore surpris par son arrivée inattendue, Chris Argent tira sur lui à plusieurs reprises.

Emely n'eut pas le temps de s'effondrer. Peter la prit dans ses bras et l'allongea doucement sur le sol.

Déjà, les combats ralentissaient et certains bêtas de Deucalion s'échappèrent dès qu'ils virent leur Alpha criblé de balles.

« Eh… Emy… Reste avec nous, OK ? » Fit doucement l'oncle Hale, une main posée sur la plaie béante.

« Peter… J-je… »

« Ne parle pas. Ça va aller. »

Stiles aidait Isaac à se relever, Deaton était déjà auprès d'Emely tandis que Chris, Allison et deux autres chasseurs s'assuraient que Deucalion était bien mort.

« Argent ! » Appela un homme noir en accourant vers eux. « On a un problème avec Derek Hale. »

L'hyperactif relâcha immédiatement Isaac, qui faillit s'étaler une nouvelle fois sur le sol. Sans qu'on l'y invite, il suivit Chris jusqu'à un groupe de chasseurs qui avait encerclé le loup.

Derek ressemblait à un animal sauvage blessé. Il grognait et faisait claquer ses crocs chaque fois qu'un des hommes tentait de s'approcher.

Il était prêt à attaquer.

« Derek ! » Appela Chris. « C'est fini. Calme-toi ! »

Il essaya d'avancer au milieu du cercle, mais le loup l'en dissuada. Le chasseur préféra reculer sans faire de gestes brusques.

Stiles posa une main sur son bras en lui lançant un regard entendu. Le chasseur fronça les sourcils, mais s'écarta.

« Derek… ? » Souffla Stiles, le cœur battant.

Le loup grogna de nouveau et tourna son regard incandescent vers l'adolescent, qui avançait très lentement vers lui.

« Hé, Sourwolf… Tu vas pas me manger, hein ?... C'est moi, Stiles… »

Nouveau grognement. Plus fort, cette fois. Derek semblait à des années-lumière de cette grande salle.

« Tu me feras pas de mal, hum ?... » Poursuivit Stiles en tendant une main vers lui.

Les crocs claquèrent une nouvelle fois et le jeune homme eut un sursaut, mais se reprit immédiatement.

« Reviens, Derek… C'est fini… Je suis là… Je suis revenu. »

Le loup scrutait intensément l'humain face à lui, les genoux fléchis. Un éclair étrange traversa son regard animal.

« S'te plait, Sourwolf… Le Côté Obscur et tout ça, c'est pas pour toi… J'ai besoin de toi… Allez, range tes crocs… »

Stiles était arrivé à trente centimètres de l'Alpha.

La salle était plongée dans un étrange silence. Tout le monde retenait son souffle.

L'adolescent déglutit. Dans quelques secondes, Derek allait lui arracher la main -au mieux. Mais il persista, ne le lâchant jamais du regard.

Finalement, sa main frôla une pommette saillante aux poils hirsutes. Le loup se tendit immédiatement, mais n'attaqua pas, comme hypnotisé. Il grogna encore quand Stiles fit glisser sa main jusqu'à la nuque.

« Derek… », souffla-t-il.

Un autre éclat traversa les yeux rougeoyants… Mais cette fois, c'était quelque chose comme… de la tristesse ?

Sa gueule encore pleine de crocs laissa échapper un faible geignement.

« C'est moi, Stiles. » Répéta le jeune homme, presque dans un murmure.

Il prit son visage en coupe et caressa les joues râpeuses. Derek ferma les yeux, en proie à ses démons intérieurs.

Et lentement, ses traits s'adoucirent. Son loup s'effaça peu à peu et lorsqu'il ouvrit les yeux, il avait repris apparence humaine.

« Stiles ? »

Le susnommé sourit et acquiesça.

Derek semblait perdu. Sans doute se demandait-il s'il n'avait pas plongé dans la folie. Mais non. Stiles était bien là. Il sentait son odeur, il sentait sa chaleur… Et il ne voyait que lui.

Un profond soupir de soulagement lui échappa, et il attira l'adolescent contre lui, capturant ses lèvres avec empressement.

Dans la salle, la tension se relâcha soudain.

« J'ai raté un épisode ? » Laissa échapper Isaac, surpris de voir son Alpha embrasser à pleine bouche l'hyperactif.

Peter, lui, tenait toujours Emely dans ses bras. Deaton avait tenté de la soigner, mais même avec son métabolisme, la louve ne put guérir de la blessure faite par son Alpha.

Elle était morte en souriant à Peter et ce dernier semblait bouleversé, mais il le cacha bien vite.

OooOooOooO

Les chasseurs avaient fait le grand ménage, à tel point que personne n'aurait pu dire qu'un combat sanglant venait de se dérouler dans le QG de la meute de Deucalion.

Jennifer Blake était encore une fois parvenue à s'enfuir, mais Chris avait assuré qu'il se chargerait de la retrouver et de lui faire la peau selon ses propres mots.

Scott et Derek avaient ramené Stiles chez lui… Le shérif avait failli faire un arrêt cardiaque en voyant son fils bien vivant et en bonne santé.

Tout paraissait être rentré dans l'ordre.

La vie reprenait doucement son cours. Les dernières semaines ne s'effaceraient pas aussi facilement de l'esprit des adolescents, mais ils étaient à nouveau tous réunis, alors ils feraient face ensemble et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes…

OooOooOooO

Quelques jours plus tard.

Stiles observait son reflet devant le miroir.

Il était planté là depuis quelques minutes. Plongé dans son propre regard abyssal.

Une voix lui parvint du rez-de-chaussée.

Ses yeux reprirent immédiatement leur éclat habituel.

« Stiles ! » Appela une deuxième fois le shérif. « Derek est là, descends ! »

L'adolescent se passa de l'eau sur le visage, s'assura une dernière fois que tout était normal, puis rejoignit les deux hommes.

« Salut ! » S'exclama-t-il joyeusement en plantant un baiser sur les lèvres de Derek sous le regard sévère de son père.

Le loup parut aussi gêné que le shérif par l'attitude provocatrice de Stiles, mais il n'avait pas le regard de celui qui disait « je vous chercherai, je vous trouverai et je vous tuerai ». Liam Neeson s'était réincarné, mais pas dans la bonne personne, cette fois.

« Je veux mon fils à la maison avant vingt-deux heures. Compris ? »

« Papa… »

« Oui, shérif », coupa immédiatement Derek.

Comment se faisait-il que Stilinski senior avait soudain autant d'autorité sur Derek Hale ?

Alors que les garçons s'apprêtèrent à quitter la maison, on sonna à la porte et John marmonna dans sa barbe.

Son agacement s'accentua lorsqu'il ouvrit sur Peter accompagné de June sagement assise dans sa poussette dernier cri.

« Il y a trop de Hale dans cette maison », bougonna le shérif. « Qu'est-ce que vous voulez ? »

« Bonjour, shérif. Très cher neveu…Stiles », salua le bêta de son sourire suffisant. « Je sais que ce que je m'apprête à vous demander dépasse l'entendement… Mais… Vous n'êtes pas sans savoir que je vais quitter Beacon Hills pendant quelque temps… Chris Argent est sur une piste pour trouver la Darach… »

« Peter ? » Le pressa Derek.

« Vous savez bien que moi et les enfants… »

L'oncle psychopathe haussa les épaules, une moue faussement désolée sur le visage.

Si on avait dit un jour à John Stilinski qu'il allait avoir un beau-fils - loup-garou de surcroît - et qu'il adopterait un enfant loup, il aurait bien ri.

Sauf que ça venait justement d'arriver…

Fin ?


(1) Réplique culte du film « Las Vegas Parano ».


Je vous avais promis un happy end, non ?

En demi-teinte, certes... A votre avis, Stiles est-il encore possédé par le Nogitsune ?

Comment le shérif va s'en sortir avec un bébé sur les bras ?

Encore merci d'être arrivés jusque là !

A bientôt mes poussins !

Maly.