Disclamer : tout à JKR, rien à moi hormis l'histoire

Bêta lectrice : ma bichette chérie unique et préférée, mon amour, Mandy (Mandala7338)

Bêta correctrice : Harmonii3 que je remercie beaucoup beaucoup

Note : Parce que j'avais envie de faire un Harry Poufsouffle, encore que j'avais envie d'un drarry, encore. Et surtout, parce qu'on m'a dit que dans tous mes drarry, Drago était dominateur, manipulateur, presque violent et Harry passif (je m'insurge!). Donc là, je vais faire pareil ! Niark niark. Reste à savoir si ça va bien se finir !

Il y a aussi que finalement, je ne me renouvelle pas tant que ça et que j'avais cette idée en tête depuis que j'ai écrit « Quatorze ans », vous savez, le premier long chapitre où Harry et Drago sortent ensemble sans amour...

Attention, relation entre deux hommes. Si ça gêne quelqu'un, la croix est toujours au même endroit.

WARNING ! mention d'abus sur mineurs, de viols et de violences

fic écrite de A à Z..., plus qu'à relire une dernière fois. Elle fait une centaine de pages que je découpe en chapitres mais pour l'instant je ne sais pas combien y en a...

Elle sera postée une fois tous les 15 jours en alternance avec mes vignettes sur Blaise et Drago, de l'enfance à l'amour.

Une dernière chose, je change beaucoup de choses du canon alors ne soyez pas surpris.

Bonne lecture


1

– Sors avec moi !

La voix froide de Drago Malefoy, Serpentard de Septième Année, résonna dans le couloir des cachots déserts, non loin de la salle de Potions.

Harry Potter se figea au beau milieu du corridor éclairé par les torches, maudissant Merlin que personne ne soit présent autre que Malefoy et lui-même. Si quelqu'un avait été là, l'étudiant aurait pu espérer que cet ordre soit destiné à un autre que lui. Cela aurait grandement soulagé le Poufsouffle qui aurait pu s'enfuir loin de là.

– Q-quoi ? bégaya Harry.

Il se fustigea mentalement d'avoir bafouillé mais se félicita de sa question, tout à fait légitime. Après tout, son esprit fatigué pouvait lui avoir fait entendre n'importe quoi. Comme cette demande incongrue venant de la part d'un Serpentard arrogant, prétentieux et dédaigneux tel qu'était Drago Malefoy.

Que pouvait-il bien trouver à un Blaireaux de Septième Année, petit, maigrichon, avec des yeux verts trop grands par rapport à son visage, des lunettes atroces, et des cheveux en bataille que rien ni personne ne pouvait coiffer ?

Harry se demandait si cet ordre – parce que ce ne pouvait pas être autre chose – n'était pas un moyen douteux, une façon de se moquer de son orientation sexuelle. Il était attiré par les hommes même s'il n'avait jamais sauté le pas, simplement parce que personne ne semblait le voir ou se rendre compte de son existence. Il n'était sorti avec aucun homme – ni femme d'ailleurs. Il était invisible. À Poudlard, c'était relativement normal, étant donné qu'il était presque l'un des rares gays – il y en avait deux autres officiels mais à Gryffondor et ils étaient en couple.

En dehors, par contre, les gens ne voyaient pas qu'il existait. Il fallait dire que pour sa défense, Harry était assez timide avec les personnes qu'il ne connaissait pas et qu'il préférait rester dans son petit appartement Londonien acheté avec ses moyens l'année précédente quand il fut jeté à la rue par son oncle et sa tante parce qu'ils avaient eu vent de son homosexualité.

– Sors avec moi, répéta l'étudiant blond en s'approchant de lui.

Ses yeux gris brillaient d'une lueur orangée, presque féline, due à la lueur des flambeaux accrochés aux murs de pierre. Il était beau, c'était un fait. Les filles de l'école étaient unanimes sur ce point et Harry ne pouvait pas les contredire.

Une chose était certaine, ce que Malefoy venait de lui demander n'était pas une hallucination. Il avait bien exigé – le terme n'était pas trop fort – que Harry sorte avec lui.

– Pourquoi ?

Il était peut-être gay mais n'était pas stupide, ni prêt à sauter sur tout ce qui portait un pantalon pour assouvir ses pulsions. Ce n'était pas un animal, quoi qu'on puisse en penser.

Malefoy croisa ses bras sur son torse et pinça les lèvres.

– Parce que je te le demande !

À l'entendre, c'était comme cela que les choses devaient se passer. Toutefois, ce n'était pas ainsi que Harry voyait les choses. Il avait beau être un Poufsouffle timide et assez réservé, il était hors de question d'être une marionnette qui ne faisait que ce qu'on lui disait. Et il voulait des explications sur ce soudain comportement des plus étranges.

Pour ce qu'il en savait – et cela se résumait à des rumeurs entendues par-ci par-là – Drago Malefoy n'était pas gay. Il avait eu des aventures avec plusieurs filles de l'école.

– Donc... commença Harry en veillant à parler lentement pour ne pas bégayer bêtement. Je dois dire oui... parce que tu l'exiges ?

Son visage était rouge écrevisse, mais malgré cela il sentit fier de lui. Sa bouche n'avait pas bafouillé, ce qui était un miracle.

– Eh bien laisse-moi réfléchir. Oui.

– Pourquoi ?

Malefoy leva les yeux au plafond avant de les reposer, froids et calculateurs, sur Potter qui déglutit nerveusement. Il avait l'impression que son interlocuteur allait lui lancer un sort cuisant.

– Tu n'as que cette question à la bouche ? Pourquoi ? singea-t-il.

– C'est... une question qui me paraît normale, non ?

C'était tout du moins ce qui était logique pour Harry.

– Non.

Apparemment, ça ne l'était pas pour tout le monde. Harry se fit la remarque qu'il parlait de Drago Malefoy et que ce genre d'individu se prenait pour le nombril du monde. Il connaissait peu le Serpentard. Ils avaient des cours en commun mais Potter était trop insignifiant pour le grand, beau et richissime héritier de l'une des plus grandes fortunes du monde sorcier anglais.

C'était d'ailleurs plus que surprenant qu'il l'aborde au beau milieu du couloir alors qu'ils ne s'étaient jamais adressé la parole et que les seuls regards échangés avaient été emplis de dédain pour le blond.

– J'aimerais juste... comprendre.

– Comprendre quoi ? Tu devrais être flatté que je m'intéresse à toi. Tu ne dois pas avoir souvent des propositions et ta main doit presque être ta seule amie.

Harry haussa un sourcil, se sentant proprement insulté.

– Donc tu fais dans la charité ? Parce que je te fais pitié, tu t'es dit que je devrais t'être reconnaissant de t'intéresser à ma petite personne et donc que je devais absolument dire oui et sautiller de joie ?

– C'est ça.

– Alors désolé de te décevoir mais je préfère cent fois être seul que mal accompagné.

Harry rajusta la bretelle de son sac sur son épaule et fit demi-tour, assez content de sa répartie alors que la colère bouillonnait dans ses veines. Avait-il l'air si désespéré ? Certes, il n'avait jamais embrassé personne de sa vie ni été en couple. Néanmoins, il n'avait que dix-sept ans ! Ce n'était pas obligatoire d'avoir un copain ou une copine, il avait bien le temps !

Ses pas rageurs le menèrent directement devant la salle commune des Poufsouffle dissimulée parmi un tas de gros tonneaux empilés dans un recoin, sur le côté droit du couloir de la cuisine. Le cours de Potions avait été le dernier de la journée ainsi que de la semaine pour Harry. Il avait mérité son week-end qu'il passerait à travailler.

Il trouva le tonneau situé au centre de la deuxième rangée, en partant du sol, et tapota sur celle-ci en comptant les syllabes de « Helga Poufsouffle ». Le couvercle de la barrique s'ouvrit automatiquement. Harry se glissa à l'intérieur et rampa le long du passage étroit. Une fois à l'intérieur de la salle commune, il jeta presque son sac par terre et se laissa tomber dans le canapé près de la cheminée.

– Eh beh, marmonna Ernie Macmillan en se décalant légèrement, surpris de se retrouver presque écrasé par son camarade de chambrée. On peut savoir ce qui te prend ?

– Rien, aboya presque Harry.

– Si rien ne te met dans cet état-là, je n'ose imaginer ce que quelque chose pourrait te faire.

– Très drôle Ernie. Je suis plié en deux.

– Raconte ce qui te met en rogne.

Harry soupira. Il appréciait Ernie. C'était un bon ami, moins que Ronald Weasley cependant. Ce dernier devait se trouver quelque part dans Poudlard. Sans doute à la bibliothèque pour tenter de faire la cour à Hermione Granger, celle pour qui son cœur battait depuis des semaines alors qu'elle ne se rendait même pas compte de sa présence.

Quoi qu'on en dise, les Poufsouffle étaient mis de côté. Trop bêtes pour les uns, trop fleur bleue pour les autres, trop loyaux pour d'autres encore. On ne se rappelait de leur existence que lorsque leur aide était la bienvenue. Aussi, la maison des noirs et jaunes préférait cent fois se retrouver entre elle. Mais parfois, comme Ron, le cœur avait ses raisons qui le poussaient à tomber amoureux d'une Gryffondor.

– Malefoy, marmonna Harry.

– Oh. Tu lui es rentré dedans et il n'a pas apprécié ?

Malgré lui, Potter sourit. Ernie était à des milles de la vérité, toutefois c'était bien du Drago Malefoy tout craché d'agir ainsi. Surtout que le jeune homme avait vécu cette situation sans le faire exprès. Ils étaient à l'époque en Troisième Année. Le Serpentard l'avait vertement réprimandé pour son manque d'inattention.

– Non.

– Alors pourquoi sieur Malefoy te rend-il aussi énervé ? Il s'est rendu compte que tu existais et t'a insulté ! s'écria Ernie.

– Pas loin. Il m'a demandé de sortir avec lui. Enfin, il a exigé que je sorte avec lui.

Pour le coup, Ernie ne sut quoi dire, sous le coup de la surprise.

– Oh. Je ne savais pas qu'il était... de ce bord-là.

– Moi non plus. Je ne comprends pas ce qu'il cherche.

– Tu lui as demandé ?

Harry hocha la tête tandis que la réponse insultante de Malefoy lui revint en mémoire.

– Apparemment, je suis tellement désespéré de ne trouver personne qu'il se sent une âme charitable et qu'il se dévoue pour sortir avec moi.

Ernie le fixa, la bouche ouverte et les yeux écarquillés. À l'évidence, il n'était pas le seul à trouver cela choquant.

– Tu lui as dit quoi à ce crétin ?

– Que je préférais être seul que mal accompagné. Ce n'est parce que je suis gay, célibataire, que je vais accepter de me faire insulter sous couvert d'une proposition malhonnête, non ?

Même si Drago Malefoy était beau.

– On est bien d'accord, approuva Ernie. Mais... admettons qu'il t'ait demandé ça poliment, enfin... de façon normale je dirais. Tu aurais accepté ?

Harry observa son ami, ne sachant pas quoi répondre à cela.

– Aucune idée. Non, probablement pas.

– Pourquoi ?

– Parce que... parce qu'il ne s'est jamais manifesté avant, qu'il est prétentieux, arrogant, vantard et que je n'ai aucune envie d'être sur son tableau de chasse. J'ai envie d'une aventure sérieuse. Même si à dix-sept ans, c'est plus du sexe à l'état brut.

Le jeune homme soupira une nouvelle fois et riva son regard sur les flammes dans la cheminée. Il ne savait que penser de cette histoire. Ce qu'il venait de dire à Ernie était exactement ce qu'il pensait. Son but était de vivre une histoire d'amour, qu'elle dure ou non, pas qu'une simple affaire de sexe.

Par moment, il se faisait l'impression d'être une fille à espérer vivre un conte de fée. Il était ridicule.

Harry remonta ses genoux contre sa poitrine et posa sa tête dessus. Ernie le laissa tranquille non sans lui tapoter un instant l'épaule pour lui montrer son soutient.

Quelques minutes plus tard, ils assistèrent au retour d'un Ronald au visage défait, traînant son sac sur le sol, les épaules voûtées comme s'il portait les malheurs du monde sur son dos.

– Ron ? l'appela Harry.

L'étudiant aux cheveux de feu s'arrêta un instant pour considérer son meilleur ami puis secoua la tête.

– Je... je vais me coucher, dit-il avant de s'enfuir dans le couloir qui distribuait les dortoirs des garçons.

À son air abattu, Harry pouvait deviner que son entrevue avec Hermione s'était encore plus mal passée que sa rencontre fortuite avec Malefoy. Il laissa à Ron quelques minutes pour se reprendre avant de le rejoindre et parler avec lui.

– Ronny ? l'appela Harry en pénétrant dans le dortoir des garçons.

Ron était là, assis sur son lit, sur l'édredon noir. Harry sentit son cœur se serrer. Pourquoi son meilleur ami devait-il toujours souffrir ?

Harry et Ron s'étaient rapprochés dès le premier regard dans ce wagon. Le second était issu d'une famille nombreuse. Avant-dernier enfant après cinq frères, le jeune homme avait voulu leur ressembler et aller à Gryffondor. Mais il avait été réparti à Poufsouffle. Depuis, si ses parents avaient montré une certaine stupeur et un soupçon de déception, ses frères Fred et George avaient décidé de faire de sa scolarité un enfer. Cela faisait deux ans qu'ils étaient partis de Poudlard, deux ans que Ron semblait revivre.

– Ça va ?

– Non. Pas vraiment.

Potter le rejoignit et s'installa à ses côtés. Il n'avait pas de frère, ses parents n'avaient pas eu le temps d'avoir un autre enfant. Ils avaient été attaqués et soumis à la torture par une folle puis envoyés à Ste Mangouste alors que Harry n'avait que quinze mois. Cependant, il considérait Ron comme son frère.

– Tu veux m'en parler ?

– Au point où j'en suis, marmonna Ron avant de remonter ses genoux sous son menton. Je suis allé voir Hermione à la bibliothèque. Enfin, je l'ai suivie après le cours de Potions. Pour lui parler, tu vois. Lui dire ce que je ressentais.

– Ça s'est mal passé, affirma Harry.

– Ouais. Elle m'a rejeté.

Ron serra ses bras autour de ses genoux et cala sa tête au sommet.

– Qu'est-ce qui s'est passé ?

– Elle est déjà en couple, ragea Weasley.

– Oh.

– Avec George ! hurla Ron en se levant d'un bond. Il savait que j'étais amoureux d'elle ! Et il en a profité pour sortir avec elle parce que je n'osais pas l'aborder !

Son regard bleu était brillant de rage et de larmes. Il était au bord de l'explosion tout en étant abattu.

Harry était désolé pour lui. Ron était quelqu'un qui avait du mal à avoir confiance en lui. Un peu comme Harry. Il n'osait pas faire le premier pas lorsqu'une jolie fille lui plaisait. Il avait fallu un mois de matraquage continuel de la part d'Ernie et de Harry pour qu'il se décide enfin à aller aborder la brunette de Gryffondor.

– Tu penses qu'il l'a fait exprès ?

Même Harry pouvait dire que c'était pour rendre son frère fou de rage. Après tout, les jumeaux Weasley avaient tout fait pour énerver leur cadet, le prenant pour cible dans leurs blagues.

– À ton avis ! gronda Ron. Tu ne trouves pas ça bizarre que mon frère, au courant que j'ai des sentiments pour Hermione, se décide de la draguer et de sortir avec ?

– Si. Venant de George, ça ne m'étonnerait même pas. Tu vas faire quoi alors ?

– Tu veux que je fasse quoi ? Il... Je ne peux rien faire. Me battre contre George ne servira à rien. Tenter de la reconquérir ? À côté de mon frère, je ne suis pas grand chose alors...

– Ronny, arrête tu veux ? Tu vaux bien plus que tu ne peux le penser. Et si Granger... Hermione ne voit pas la formidable personne que tu es, alors c'est qu'elle n'est pas pour toi. Tu trouveras une fille qui t'aimera.

– De toute manière, je vais laisser tomber. Je crois que ce que je viens de vivre ne vaut pas la peine que je tente quoi que ce soit d'autre pour elle. Pourquoi tu n'es pas une fille, hein ?

Harry sourit.

– Pourquoi tu n'es pas gay ? répliqua-t-il.

Ce n'était pas la première fois qu'ils se disaient une telle chose mais c'était plus par plaisanterie qu'autre chose. Harry n'éprouvait rien d'autre que de l'amour fraternel pour Ron.

– Tu veux que je t'en raconte une bien bonne ? dit-il pour changer de sujet et pour parler avec quelqu'un de proche de qui venait de lui arriver.

– Au point où j'en suis...

– À la fin du cours, Rogue voulait me voir pour ma retenue officielle. Et puis, quand je suis sorti de la salle de classe, Malefoy était là. Il...

– Malefoy ?

– Oui. Malefoy. Il a exigé qu'on sorte ensemble. Comme si c'était... une faveur qu'il me faisait. Selon lui, j'ai l'air désespéré, moche, insipide et donc il me proposait de sortir avec lui pour que je connaisse au moins une fois une histoire avec un homme avant de devenir moine.

Il avouait extrapoler un peu, cependant après réflexion, c'était un peu ce que Drago avait voulu dire.

– L'enflure, s'emporta Ron. Tu sais quoi Harry, ajouta-t-il en tapant sur l'épaule de son meilleur ami, ta vie est peut-être plus pourrie que la mienne.

Harry s'étendit en travers du matelas, parfaitement d'accord avec lui.

Sa vie était pourrie.


À suivre

Alors? Drago? Salaud ou salaud? Vous voulez la suite? Si oui, elle sera publiée dans 15 jours