Après une ( ou deux) semaines d'absence je reviens avec une fiction... tout sauf joyeuse. Ami aimant le romantisme et la joie: restez si vous voulez mais je doute que ça vous plaise.

Cette fiction m'a été inspiré par un livre, la princesse des glaces de Camilla Läckerberg.

bonne lecture à vous


Un petit jappement arracha deux jeunes adultes aux bras réconfortants de Morphée. Un des propriétaires gratifia alors la source de bruit de caresses sur le flanc. Il sourit en virant quelques mèches de cheveux de son visage, les jappements étaient de plus en plus rapprochés au fil des minutes et le chiot tenta de toutes ses forces de monter dans le lit de son maître bien aimé. Eden avait trois mois, et à cet âge-là il était très joueur. Il réussit finalement à monter et frotta sa truffe humide contre les abdos bien dessinés en quémandant toujours plus de caresses.

-Vire ta putain de bestiole de notre lit, grogna le basané à côte de l'homme à la peau d'albâtre.

-Oui oui, soupira t'il.

Il poussa gentiment le chiot de sur le lit, et se leva avant d'être brutalement rabattu sur le lit. Comme chaque matin. Son compagnon ne lui laissa aucun choix, il l'embrassa et l'allongea, ne prêtant aucune attention aux mains qui tentaient de le repousser pour sortir. Les mains calleuses passèrent dans son caleçon, il râla d'autant plus mais l'autre s'en fichait. Comme toujours. Celui qui ne s'en fichait pas c' était Eden. Le chiot jappa et monta sur le lit, c'était purement égoïste de la part du chiot, il voulait sortir de cet appartement.

-Kevin, y a Eden qui réclame là !

-Oublie cette saleté de chien !

D'un revers de la main, il éjecta durement le chien du matelas. Il détestait ce chien de malheur qui n'attirait que des problèmes, mais son petit ami avait insisté pour le prendre avant d'emménager. La petite boule de poils heurta le mur dans un glapissement de douleur.

-Kevin ! S'indigna Shawn.

-Ta gueule !

Le plus pâle le poussa et se releva, allant voir son petit bébé poilu. Le chiot chouinait doucement, Shawn flatta son flanc tendrement et le porta pour l'emmener dans la cuisine. Assis en tailleur face à son chien, il se servit des céréales et mangea en flattant son chien. Le basané le rejoignit peu après, le jugeant du regard, Shawn le sentit contre son dos.

-Tu comptes te comporter comme un clébard longtemps ? Remarque ça te va bien !

Il ne rehaussa pas, trop habitué à ce genre de remarque de la part de son compagnon. Il en souffrait un peu mais, il l'aimait. Donc il pardonnait, même s'il se doutait que ce n'était peut être la bonne solution. Eden colla à nouveau sa truffe sur son propriétaire, il se roula par terre en jappant, voulant à tout prix sortir.

-On va le promener ensemble ? Demanda Shawn.

-Comme si j'avais que ça à foutre, occupe toi s'en tout seul ! Et n'oublie pas que ce soir on mange chez Marc et Axel !

-Oui t'inquiète pas.

-Te connaissant tu seras encore en retard.

L'agressé soupira sans bruit, les larmes aux yeux. D'un geste machinal, il prit la laisse et un jouet. Il embrassa ensuite la joue de son compagnon, sachant par avance que, s'il ne le faisait pas, il serai victime d'un crise en rentrant. Il attacha son petit bébé et l'emmena dans le parc en face de chez lui. Ils habitaient dans un des beaux quartiers d'Inazuma, en réfléchissant bien, très peu de joueurs de leur ancienne équipe étaient partis. Caleb et Jude habitaient ensemble de l'autre côté du parc, Nathan et sa femme vivaient dans les quartiers familiales plus en retrait de la ville, et Marc et Axel étaient installés à quelques rues de chez lui. Les autres, il l'ignorait, ils avaient perdus contact, de manière plus ou moins brutale. Le petit chien tenta de tirer son maître, toujours plus impatient de se dégourdir les pattes dans la rosée. Il sourit, s'accroupit et le lâche une fois arrivé dans le parc. A peine libéré de sa laisse, le chiot couru, se roula et joua avec les papillons. Il était trop chou, comme tout les chiot à cet âge là, il était imprévisible aussi. Comme à présent, il courait loin, sûr de son but apparemment.

-Eden au pied !

Son propriétaire couru, puisque le chiot ne répondait pas. Il venait de sauter sur quelqu'un dans la rue. Un soit disant passant qu'ils connaissaient bien. L'homme avait une carrure athlétique et une démarche insolente et reconnaissable parmi toute. Il se pencha et caressa son petit assaillant.

-Coucou le clébard! Ils sont où tes maîtres ? Questionna Caleb.

-Caleb ! Appela Shawn. Eden lâche le !

Il rattrapa enfin son chiot et le rattacha à regret, il détestait le retenir contre son gré, il se sentait comme un tortionnaire lorsqu'il le faisait.

-Désolé il n'obéit pas encore très bien.

-T'inquiète Shawn, on sait tout les deux que j'adore ses bestioles. Mais évite de me le mettre sous le nez, ça me frustre déjà assez que Jude refuse d'en prendre un, râla Caleb.

-Désolé.

C'était devenu un réflexe depuis quelques temps, il s'excusait pour tout, tout le temps. Un réflexe qui énervait par dessus tout son interlocuteur. Mais il se doutait, alors il ne s'énervait pas et se contenta d'exciter le chiot en le rendant fou avec sa jambe. Non ce n'était pas cruel, c'était juste drôle.

-Comment va Jude ?

-Il bosse, il bosse et .. Ah je t'ai précisé qu'il bosse ? Répondit Caleb toujours aussi sarcastique. Et il s'est coupé la lèvre avec une feuille de papier. Je sais que tu t'en fiches mais j'adore niquer sa crédibilité en le disant.

Il réussit à faire rire Shawn. Il lui sourit, un de ses sourires à lui, on les sentait plus qu'on ne les voyait. L'animal tourna autour d'eux, obligeant celui qui tenait la laisse à faire tourner autour de lui pour ne pas se prendre les pieds dedans. Ils parlèrent quelques minutes de tout et de rien. Depuis que les deux stratèges vivaient ensemble, le sarcastique était devenu plus gentil, moins agressif. Il n'était toujours pas un homme doux et respectueux mais on pouvait vivre avec lui à présent. Tout le contraire de Kevin.

-Bon salut le schizo, j'aimerai profité d'un petit déjeuner avec Jude avant d'aller me coucher ! Emmerde bien tes maîtres, adressa t'il au chiot avant de disparaître dans le hall d'un immeuble.

Le schizo sourit, il était trop heureux d'avoir pu parler avec quelqu'un sans que Kevin ne le surveille. Il joua encore quelques minutes avec Eden, il se sentait libre dehors, comme un oiseau hors de sa cage. Mais toute les bonnes choses ont une fin, il s'en était rendu compte avec son couple, il devait remonter maintenant, ranger l'appartement, faire le repas et le linge, laver le bébé poilu, peut être même faire a poussière s'il en trouvait le temps avant d'aller au travail. Il soupira, passa sa main dans son visage et dans ses cheveux et remonta. Kevin n'était plus là, il reviendra, ou pas, chez eux avant d'aller chez Axel ce soir. Il faisait machinalement ce qu'il avait à faire, comme un robot, pour s'interdire de penser, ce n'était qu'une mauvaise passe, tout allait aller mieux, très bientôt.

Le soir venu, il mit une chemise, sobre, pour ne pas attirer l'attention, et un jean, encore plus banal. Tout était fait pour qu'il soit invisible, Kevin détestait qu'il se fasse remarquer, alors il ne le faisait pas, pour pas avoir de crise, pour avoir une paix relative. La porte s'ouvrit, finalement son compagnon avait décidé de passer plutôt que de lui donner rendez vous directement sur place.

-Je sais que je suis imbuvable en ce moment, s'excusa t'il. Je suis tellement désolé, je ne mérite pas un homme aussi parfait, tolérant et doux que toi. Je te promets que c'est fini, que je vais redevenir l'homme aimant que je suis normalement, qu'entre nous les beaux jours vont revenir. Parce que toi et moi on sera toujours là l'un pour l'autre. C'est ça l'amour, s'améliorer pour l'autre, ne pas rester dans les habitudes néfastes et je sais que je suis le plus fautif. Je me déteste de t'avoir fait du mal, ça n'arrivera plus jamais.

Au milieu de son discours, il avait enlacé son compagnon, déposant des baisers dans son cou entre certains mots ou certaines phrases. Il le câlina comme si ça permettait de tout pardonner, comme si tout s'effaçait avec l'étreinte. Et ça fonctionna. L'homme du nord se sentit fondre, et pardonna.

-On devrait y aller, sourit Shawn entre deux baisers. Ils vont nous attendre.

-Oui mon cœur ! On emmène Eden ?

-Non.

Ils laissèrent donc le chiot seul avec tout ce qu'il fallait et arrivèrent peu après chez leurs amis. Eux louèrent une petite maison avec un jardin et une terrasse, Axel leur ouvrit, de la farine sur le t-shirt et vraiment pas près. Il leur sourit et les fit entrer.

-Bonjour vous deux ! Marc n'est pas encore rentré, je ne sais pas où il est mais installez vous.

Kevin serra la main à son hôte, mais alors que Shawn allait faire de même, Axel le prit dans ses bras, sous le regard furieux de Kevin. L'homme de feu et celui de glace avaient toujours été proches, ils étaient meilleurs amis et très tactiles l'un envers l'autre. Pourtant depuis quelques temps, l'homme du nord s'éloignaent de plus en plus, refusant les câlins et ne venant plus aussi souvent. Le blond s'inquiétait, il ne pouvait pas le nier, mais il n'arrivait pas à le faire parler, alors il abandonna peu à peu. Il l'invitait donc moins souvent à sortir ou tout simplement à venir.

Marc arriva tard, l'apéritif était déjà fini et son petit ami venait de servir le plat principal. Ce dernier l'embrassa et lui montra sa place. Axel savait, il savait que rien n'allait mais sauvait les apparences devant ses amis. Il sentait sur son copain l'odeur d'un autre, une odeur maintenant devenue tristement familière à son odorat. Il la haïssait, plus que tout. Mais il maintenait les façades, tout comme Shawn qui sentait les doigts crispés de son compagnon s'incruster dans sa cuisse.

-Tu faisais quoi aussi tard ? Demanda Kevin pendant le fromage après une discutions totalement tournée vers le foot.

-Entraînement spécial ! Répondit simplement le gardien.

-ça lui arrive souvent mais j'espérais qu'il fasse un effort pour ce soir. Mais bon Marc et ses entraînements ! Rit faussement l'ex-attaquant.

-D'ailleurs ! Pourquoi tu n'as pas invité Jude et Caleb ce soir ?

-Caleb et lui étaient pris, répondit Shawn.

Les doigts se crispèrent encore plus sur sa cuisse.

-Tu m'as l'air bien au courant, dit Kevin.

Cette voix, Shawn la connaissait seul pouvait la décrypter. Elle était imprégnée d'une colère sourde, d'une rage indéfinissable, d'une fureur de la force d'un ouragan.

-J'ai vu Caleb en promenant Eden, on a un peu parler, répondit Shawn en cachant la peur dans sa voix.

-Leur couple bat de l'aile à ce qu'il paraît, raconta Marc. Ils essayent de le sauver comme ils peuvent. C'est bien, je trouve, de se battre pour son couple.

« Alors fait le » pensa amèrement Axel. Il se tourna donc vers Shawn, en souriant comme la vie le lui avait appris et changea de sujet alors même que Marc et Kevin continuaient à parler du couple des stratèges. Eux parlaient de leur boulot, Shawn travaillait comme libraire alors que Axel était devenu médecin comme le voulait son père.

-Tant que tu es là Shawn, tu pourrais venir me dire le prix du livre dont je te parlais ? Demanda Axel, voulant s'éloigner de son copain un moment.

-Il n'est pas compétent pour ça, trancha Kevin. Il n'est que libraire.

Cette remarque faisait baisser la tête du concerné, il aimait son métier, être au calme entre les passionnés qui lui parlaient des heures de livres qu'il ne connaissait pas et les fillettes de 13 ans venues acheter des livres pas de leur âge mais à la mode. Mais être sans cesse dévalorisé par l'être qu'il aimait le rendait moins sûr de l'utilité de son métier.

-Je suis sûr qu'il en est capable, insista son ami en se levant. Aller viens !

Shawn s'arracha donc de l'emprise douloureuse de son compagnon pour suivre son meilleur ami dans son bureau. Ce dernier lui tendit un livre ancien, qui sentait bon la poussière et l'usure, cette odeur caractéristique des livres qui vivaient dans une bibliothèque loin de l'humidité depuis plus de 30 ans. Il aimait cette odeur, elle l'apaisait et, sans vraiment s'en rendre compte, il porta le livre à son nez. Il l'ouvrit et sourit.

-De l'allemand ?

-Oui, ça influe sur son prix ?

-Pas vraiment si tu le vends sur internet, sourit Shawn. Il a plus de 90 ans, c'est un auteur connu, il est en bonne état pour son âge, et c'est une édition original, énumèra t'il. Tu peux le vendre à plus de 300 euros en Europe.

-Merci.

Adossé au mur, il regardait son meilleur ami. Il se sentait bien ici, mais il savait que s'il restait trop longtemps il risquait une crise. Mais le blond semblait plus disposé à rester là à parler de tout et de rien. Ils restèrent plus d'une heure en haut avant que Kevin appelle son compagnon pour partir, il obéit, descendant aussitôt au ton de l'autre.

Dans la rue, le basané serra si fort le poignet de son compagnon que ce dernier était presque sûr que son poignée allait céder, cassant comme une brindille sous la poigne de l'autre. La porte franchit, son dos heurta le mur, une main enserra sa gorge et des yeux remplis de rage le transpercèrent.

-Tu crois quoi ? Susurra l'agresseur. J'ai bien vu ton petit jeu ! D'abord tu t'éclipses pour voir Caleb et après tu allumes Axel sous mon nez ! Tu cherches à être pris comme la pute que tu es ? Tu me dégoûtes !

L'uppercut lui donna un violent haut le cœur. Il se débattit, tenta de se sauver, le chiot aboya. Il ne comprenait pas les larmes qui coulaient des yeux de son maître préféré. Il ressentait sa douleur et sa peur panique, son poils se hérissèrent et ses petites dents apparurent derrière des babines retroussées. Il mordit, ça ne servait pas, il était trop petit, mais il mordit, défendant l'homme qui le nourrit. D'un coup de pied, l'agressé devint l'agresseur et le chiot percuta le mur à nouveau. Il resta au sol sous le regard horrifié de celui qui l'aimait. Un second uppercut le fit vomir, augmentant la fureur de l'autre qui resserra un peu plus l'emprise sur la gorge fragile. Shawn était tétanisé, incapable de bouger et de réagir. Ses yeux pleurèrent alors qu'il heurta le sol froid. Son compagnon, l'homme qui était censé l'aimer, venait de le lâcher et le frappait dans les côtes. Un dernier coup de pieds avant qu'il ne fût traîné dans la chambre et jeté sur le lit sans ménagement. Il avait peur, peur que le supplice ne continu dans un registre tout autre mais tout autant destructeur. Mais il se ne fût pas le cas, son monstre sortit, jetant peu après et sans ménagement le bébé poilu à côté de lui et les enferma, comme de vulgaires animaux. Les larmes coulèrent, l'incompréhension était totale mais, épuisé autant physiquement que mentalement, il céda et dormit, une petite bouillotte vivante et douce contre son ventre pour seul réconfort.


Tout en joie et en finesse. Voilà .

J'espère que ça vous aura plût et si c'est le cas, ou si ça ne l'est pas, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Merci et à la semaine prochaine