SAINT SEIYA THE LOST CANVAS

Le Chant des Dieux

Chapitre 1 : Après l'Apocalypse, la naissance d'un Spectre :

Grèce. 18ième siècle.

Un petit village de Grèce, entouré par la forêt, à la frontière de l'Italie. C'est ici où j'ai grandi. Avec ma mère, mon père et ma seule amie. Nous pensions que la paix était éternelle. Nous pensions que le monde était parsemé de couleurs. De couleurs de vie et de bonheur. Nous pensions vivre une vie paisible et heureuse. Nous croyions en l'amour, au bonheur, à la fortune, à la beauté de la nature, aux Dieux… Nous ignorions la guerre. Nous pensions qu'elle n'existait pas. La vie aurait dû être un long fleuve tranquille. Oui, nous y avons tous réellement cru… Mais ce n'étaient que des illusions. Mélangez toutes les couleurs du monde, et c'est du noir que vous obtiendrez. La couleur des Ténèbres. Car la mort est le Salut. La mort est délivrance.

Je m'appelle Yûki. Quel prénom étrange pour une jeune fille née en Grèce. Mon père vient d'Asie et a choisi de me donner un prénom typique. Ma mère est Egyptienne. Ils se sont rencontrés ici, en Grèce, et ont décidé d'y vivre.

Ma seule amie s'appelle Bérénice. Une jolie fille aux longs cheveux blonds, ondulés, et aux yeux d'un bleu pur. Tantôt gentille, tantôt capricieuse, elle est mon unique amie. J'ai toujours été une « louve solitaire » comme me disent mes parents. J'apprécie peu la compagnie des autres. Je ne sais pas pourquoi, mais je sais qu'ils me rejettent. Qu'importe.

C'est par un si beau jour, comme nous avons l'habitude d'en avoir, que l'Apocalypse commença pour nous…

« Oh ! Fit mon amie. Pourquoi le ciel est-il si noir tout d'un coup ? »

Je lève mes yeux pour admirer la couleur du ciel.

« Un orage ? » Murmure t'elle.

Elle se lève et me prends la main pour commencer à courir. Elle a si peur des orages. C'est bien dommage, je les trouve magnifiques.

Le vent se lève, faisant légèrement se lever nos robes blanches.

Nous abandonnons ce petit coin de la forêt où nous avons l'habitude de discuter, afin de regagner le village. Tout le monde est à ses occupations lorsque la pluie commence à tomber.

Mes parents me rejoignent et me disent que je ferais mieux de rentrer si je ne souhaitais pas être trempée. Bérénice en profite pour rentrer chez elle.

Le soir, je suis à table avec mes parents. Je fais encore un caprice. N'aimant pas la nourriture qu'ils me proposent, et ne supportant plus leurs réflexions à mon égard, je me fâche après eux et m'enfuis, claquant violement la porte derrière moi.

Je retourne dans la forêt tout en marmonnant des insultes, sous la colère.

Je me défoule après un arbre, car il faut bien l'avouer je suis une grande enfant.

Après m'être enfin calmée, je me pose contre ce même arbre pour m'endormir. Ne cherchant même pas à réfléchir à mes erreurs. Je ferme les yeux pour tomber dans le sommeil.

Une explosion me réveille. Je sursaute, sous le choc. Qu'est-ce que c'était ? Cela semble provenir du village. Je me lève et me dépêche d'y retourner.

C'est en arrivant que je le retrouve en feu et en sang.

« Que… ? »

Je n'arrive pas à réaliser ce qu'il se passe. Le feu est partout, les villageois hurlent et sont brûlés par les flammes.

« Maman ! » Hurlais-je, en me précipitant vers la maison.

Je ne peux pas ouvrir la porte, la poignée est trop chaude. Je cours vers la maison de mon amie, mais quelqu'un me barre la route. Un homme, vêtu d'une armure noire.

« Laisse-moi passer ! » Criais-je aussitôt.

L'homme fait un sourire sadique et ricane sournoisement. Quelque-chose entoure ses mains. On dirait… De la magie ? Mais non, cela n'existe pas !

Pourtant, il met ses mains dans ma direction. Je n'ai pas le temps de comprendre ce qu'il se passe. Je reçois une décharge électrique. Elle me brûle, j'ai l'impression d'être poignardée par quelque-chose d'invisible. Je suis incapable de pleurer, et ma vue commence à se brouiller. Je vais mourir ! Tous mes sentiments m'abandonnent lorsque je pense fermer les yeux pour toujours.

Irais-je au Paradis, ou en Enfer ? Existent-ils ? Qu'y a-t-il après la mort ?

« La Renaissance. »

Cette voix… Il me semble l'avoir entendue en rêve. Et c'est lorsque je vais mourir qu'elle se manifeste de nouveau, ben voyons, comme-ci j'avais besoin de cela…

« La mort est délivrance. »

« Mais ferme-là ! » Tentais-je de crier, en vain.

J'ouvre légèrement les yeux pour ne voir que les Ténèbres. Je ne sens plus mon corps depuis un moment, mais mon ouïe est toujours là.

J'entends encore les villageois hurler. Où suis-je ?

« Dans ton propre cœur. Dit la voix.

- Et… ? En quoi cela va-t-il pouvoir m'aider ?

- Ton cœur n'est que Ténèbres. Pourtant, ton esprit n'est que joie. Enfin, plus maintenant.

- Mais qui êtes-vous ?! »

Les Ténèbres se dissipent peu à peu, laissant apparaître un homme de dos. Ses longs cheveux noirs volent au vent.

« Je suis ton sauveur. »

La lumière qui entoure cet homme devient aveuglante, comme s'il était un Saint. Mais les Ténèbres se referment de nouveau pour le faire disparaître.

Etait-ce une hallucination ?

Je n'ai pas le temps de me poser d'autres questions. J'entends vaguement des hommes parler. Je ferme les yeux malgré-moi. Je parvins faiblement à les rouvrir, mais une atroce lumière blanche m'aveugle et me force à les refermer. Je tente d'ouvrir les yeux une seconde fois. Tout est flou autour de moi. Il me semble distinguer des ruines. Une forte douleur s'empare de moi. Je ne sens plus mon corps tant il est alourdi et tant il me fait souffrir. On dirait que mon âme a quitté mon corps un instant, et refuse de le retrouver. Je sens quelque-chose de dur dans mon dos, comme des briques. Je suis incapable de bouger et n'ais aucune volonté. C'est alors que j'entends des bruits de pas. Ces bruits raisonnent un peu et se promènent autour de moi.

« C'est prodigieux. Commence une voix d'homme. Sa puissance s'accroît à une vitesse ahurissante de jour en jour.

- Mais ce n'est pas suffisant, Eaque du Garuda.

- Certes, Rhadamanthe de la Wyverne, mais c'est un bon début.

- Ce n'est pas suffisant ! » Se fâche le deuxième homme en donnant un coup de point dans une brique.

J'ouvre légèrement les yeux pour ne pas être repérée. Je ne me suis pas trompée, ce sont bien deux hommes.

L'un a les cheveux noirs, mi-longs. L'autre a les cheveux plus courts, un peu ébouriffés et blonds. Ils sont vêtus de noir, on dirait qu'ils portent des armures. Mais ces armures ont une forme peu commune, on dirait qu'elles représentent quelque-chose.

« Moi, je ne m'en lasse pas. » Dit l'homme aux cheveux noirs, en souriant.

Les deux hommes s'arrêtent un instant.

« Tu le sens ? Dit le blond.

- Oui… On dirait qu'un Chevalier est dans le coin. Cela ne m'étonnerait pas, après tout.

- Pourtant, cette cosmo-énergie est faible. Beaucoup trop faible pour que ce soit celle d'un Chevalier. Dit l'autre, avec dédain.

- Penses-tu qu'il y aurait un futur Chevalier dans ce village ?

- Logiquement les habitants ont tous été tués, Eaque. Mais… Si nous en trouvons un, nous devons le tuer. Cela nous fera un ennemi inutile en moins. »

Je ne comprends rien à ce qu'ils racontent ! Des Chevaliers ? Une cosmo-énergie ? J'aurais préféré mourir plutôt qu'entendre toutes ces bêtises…

« Elle est vivante, je l'entends respirer. » Dit le fameux Rhadamanthe lorsqu'il se rapproche de moi. « Tuons-là ! » Dit-il.

« Non, attends !

- Quoi encore, Eaque ?! Se fâche t-il.

- Je sais ce que nous allons en faire. » Dit l'autre, calmement.

Je sens une main se poser sur mon front, et je m'évanouis aussitôt.

Je sens quelque-choses me brûler le cœur. Le reste de mon corps me fait terriblement mal, mais mon cœur devient un brasier. J'ai encore une fois cru que mon heure était venue, mais non. Quelqu'un cherche à se moquer de moi…

J'ouvre les yeux une nouvelle fois. Je ne souffre plus. Comme-ci rien de cela n'était arrivé. Ce que j'aurais d'ailleurs préféré. Je m'assois et remarque que je suis dans un lit.

« Mais… Où suis-je ? » Murmurais-je en regardant la petite chambre, peinte de noir, dans laquelle je me suis réveillée.

Je me lève du lit sans difficultés et me précipite devant une glace. Celle-ci est accrochée à une armoire noire et est assez grande. Je me regarde. J'ai toujours mes longs cheveux bruns qui descendent dans le bas de mon dos. Ils sont un peu ondulés. Mes yeux verts émeraude semblent fatigués.

« Mais que…?! » Dis-je, surprise, en constatant que je porte une autre robe.

Celle-ci est noire et descends jusqu'à mes pieds. Un peu trop décolletée à mon goût, elle forme un corsait au niveau de mon buste. Les manches sont longues et ouvertes. Pour finir, je porte des bottines noires à talon.

Non seulement je ne sais pas où je suis, mais en plus, quelqu'un m'a habillé différemment.

« Mais c'est joli… » Murmurais-je en admirant la robe.

La porte s'ouvre, laissant une femme entrer. Je ne l'ai jamais vue. Mais elle est… Vraiment magnifique. Elle a de longs cheveux noirs, et des yeux assortis, légèrement violets. Elle porte une longue robe noire jusqu'en bas des pieds, avec de la dentelle violette sur le buste. Et bien… On peut dire qu'ils aiment le noir ici…

« Qui êtes-vous ? Demandais-je. Que fais-je ici ? Et pourquoi… ? Je ne comprends plus rien… »

La jeune femme a un petit rire sinistre.

« Tu as beaucoup de chance tu sais. Ce n'est pas n'importe quel être humain qui a le privilège d'être ressuscité par notre noble Dieu des Enfers. »

Je la regarde, comme si elle venait d'une autre planète ou comme si elle devenait folle. Ayant peur de ne pas comprendre, j'essaie d'articuler.

« P-Pardon… ? »

Elle me tend sa main puis me dit :

« Mon nom est Pandora. Suis-moi.

- Heu… Oui. »

De toute façon, je n'ai plus rien à perdre. Nous traversons un long couloir, aussi sombre que les cheveux de cette Pandora. Ce couloir n'en finit pas ! J'ai l'impression d'être dans un château. Nous arrivons finalement dans une très grande salle, un peu plus éclairée. Au fond de cette salle se dresse un rideau bleu nuit, devant lequel je peux voir un trône, aussi noir que les Ténèbres, avec des ailes de dragon de chaque côté. Je jette un coup d'œil au plafond. C'est étrange, on dirait que toutes les constellations y sont représentées. Elles flottent légèrement, comme par magie. Certaines semblent avoir été effacées pour je ne sais quelle raison.

J'ai envie de courir. De retourner dans mon village et de ne plus jamais mettre les pieds dans cet endroit aussi effrayant. Mais si je cherche à m'enfuir, cette femme sera peut-être tentée de me tuer. Et, j'aimerais trouver des réponses à mes questions.

« Comment t'appelles-tu ? Demande-t-elle, en se plaçant devant moi.

- Yûki.

- Tu viens d'Asie ? » Demande-t-elle, avec un ton remplit de haine et de dégoût. Comme si je lui rappelais un mauvais souvenir.

« Non. Je suis née en Grèce. C'est mon père qui vient d'un pays lointain. Mais que… ?

- Quel âge as-tu ? Me coupe-t-elle.

- Seize ans… Mais j'aimerais savoir où je suis ?! » Dis-je, sur un ton plus agressif.

Sans prêter attention à la question que je lui ai posé, elle me demande :

« Quelles sont tes croyances religieuses ?

- Pardon ? Non mais c'est une plaisanterie ?! Et vous voulez connaître la couleur de ma culotte aussi ?!

- Assez ! » Se fâche t'elle, avec agressivité. « Tu n'es pas en mesure de me parler sur ce ton !

- Ca va… Pour vous répondre, ma mère vient d'Egypte et a conservé des croyances très anciennes. Quant à mon père, je ne saurais le dire…

- Mais toi qui es née en Grèce, tu dois bien croire aux Divinités de notre Mythologie.

- Je vais vous dire une chose je crois surtout en ce que je vois. Et pour le moment je ne vois que mensonges et tromperies. Cessez de vous moquez de moi et avouez qui vous êtes !

- Comment oses-tu ?! » Se fâche t'elle, en criant plus fort que moi. « Insolente ! » Fit-elle en levant sa main droite, comme pour me gifler.

D'un coup, elle sursaute et se retourne en direction du trône, comme si quelqu'un se tenait derrière l'imposant rideau. On dirait que quelque-chose l'effraie, ou qu'elle redoute quelqu'un. Elle baisse sa main et a un regard plus doux.

« Nous nous trouvons en Italie, et nous sommes dans le Château de sa Majesté Hadès, l'Empereur des Ténèbres. »

Il y a un moment de grand silence, et je la regarde comme si elle était complètement attardée.

« C'est une blague ? Et il est où votre Hadès ? Que je rigole un peu. Dis-je, sur un ton moqueur.

- Tu ne pourras pas le voir aujourd'hui, mais… C'est grâce à sa grande bonté que tu es encore en ce monde.

- En quoi votre Dieu m'a-t-il sauvé ? Mon village a été détruit, j'ai perdu mes proches et ma vie, j'ai TOUT perdu ! Vous direz à votre Hadès que je me fiche de sa bonté et qu'il ferait mieux de m'envoyer dans son monde.

- Mais ton destin est autre ! Tu devrais l'accepter… Connais-tu la Déesse Athéna ?

- Ouais, et je fréquente très souvent Zeus aussi… Dis-je, ironique.

-… Je vois… Et bien saches que la Déesse Athéna réside dans son Sanctuaire en Grèce. Elle est entourée de Chevaliers portant une armure sous le signe d'une constellation. Ton village a été détruit récemment… Par ses Chevaliers. Deux des trois Juges des Enfers t'ont sauvé.

- Alors… C'est cette Athéna qui a détruit mon village… ? Mais enfin, dans quel but ?!

- Depuis l'époque Mythologique, Athéna et le Seigneur Hadès sont ennemis. Tous les deux cent ans, ils se réincarnent pour prolonger leur Guerre Sainte. Ton village était une cible. A la frontière de l'Italie et à proximité du Château d'Hadès… Les Chevaliers d'Athéna sont venus le détruire. Ce sont nos ennemis, et de vulgaires parasites qui veulent empêcher le Seigneur Hadès d'arriver à son but.

- Son… but ?

- Délivrer l'Humanité entière du malheur et de la souffrance.

- Ha, bah je lui souhaite bon courage. Bref, c'est par où la sortie ?

- Ecoute ! » Dit-elle en me prenant par les épaules. « Le Seigneur Hadès t'as ramené à la vie dans le but de nous aider à vaincre cette maudite Athéna.

- Je croyais qu'elle incarnait la justice…

- Celui qui incarne la vraie justice est notre Seigneur Hadès. Tu as été choisie pour être l'un de ses Spectres, une Etoile Maléfique.

- Cela ne m'inspire pas confiance…

- Tu devrais, ne désires-tu pas venger ta famille ? »

Je réfléchis un instant. Si je m'enfui, je n'ai nul part où aller. Je ne vais pas aller jusqu'au Sanctuaire, je ne sais même pas où il est ! Je n'aurais rien à manger et rien pour me vêtir. Je finirai de toute façon par mourir. Tant pis, je ferais mieux d'accepter. Lorsque j'en aurais la possibilité, je m'enfuirai.

« C'est d'accord. Mais je ne comprends pas ce qu'est une « Etoile Maléfique ».

- Les « Etoiles Maléfiques » sont au nombre de cent huit et constituent la garde du Seigneur Hadès. Normalement nos Spectres se réincarnent de génération en génération. Les « Etoiles Maléfiques » représentent l'âme de nos Spectres. Les Spectres portent des « Surplis », des armures si tu préfères. Elles permettent de les protéger et d'aller librement aux Enfers. Tu me dis avoir des origines Egyptiennes et cela tombe bien car ton futur Surplis représente une créature Mythologique de l'Egypte Antique.

- Attendez… Parce que je vais devoir porter vos machins ? Très peu pour moi…

- Ces armures sont extrêmement légères. Je t'assure que tu ne le regretteras pas. »

Je ne réponds rien. Je n'ai donc pas le choix, tant pis…

Elle me guide jusqu'à une porte sur la gauche. Nous entrons, elle ouvre un rideau, et j'ai la surprise de découvrir des hommes vêtus de ces « Surplis » dessinés sur le mur. La jeune femme se place devant une armure sans propriétaire et la fait sortir du mur, comme par magie.

L'armure brille et est entourée d'un voile noir. Un voile de Ténèbres.

« N'ais-je pas besoin d'entraînement spécifique pour porter cette… chose ?

- Le seul entraînement dont tu bénéficieras c'est une épreuve. Celle de parvenir à endosser ton Surplis. S'il t'accepte, tu seras officiellement nommée Spectre d'Hadès.

- Et si elle me refuse ?

- Commence déjà par voir si elle t'accepte. » Dit-elle, un peu agacée par toutes mes questions.

Je me rapproche du Surplis qui flotte au-dessus du sol. Quelle forme étrange, on dirait un Sphinx. Cette chimère Egyptienne dont le corps est celui d'un lion et dont la tête représente le visage du Pharaon. Elle possède aussi de belles ailes et est entièrement noire. Le Surplis commence à bouger et se détache d'un coup en plusieurs morceaux. Chaque partie se colle à mon corps. Au début, il me brûle et semble lourds, mais je m'y habitue vite. Je regarde discrètement et remarque que je porte des « bottes » remontant jusqu'aux cuisses. Le reste semble former une robe un peu décolletée. J'ai aussi des épaulettes, de longs gants jusqu'aux coudes, de petites ailes et une couronne en forme de serpent. Le tout est bien évidement une armure qui semble solide.

« Bienvenue à toi, Spectre du Sphinx de l'Etoile Céleste de la Bestialité ! » Dit Pandora.

Je la regarde, ahurie.

« Mais, cela veut dire que ce Surplis m'accepte ?

- Bien sûr.

- Et ce truc là, qu'est-ce donc ? » Demandais-je en désignant un objet à cordes assez particulier sur le sol.

Pandora le prend dans ses mains et me le donne.

« Cette harpe est un instrument de l'Egypte Antique le benet. Tu as beaucoup de chance, en plus de porter le Surplis du Sphinx tu deviens également une musicienne. Le Seigneur Hadès aime beaucoup entendre les rares Spectres musiciens jouer en sa gloire et en son honneur.

- Mais, je ne sais pas du tout jouer de ce… benet.

- Ne t'inquiètes pas, tu apprendras vite.

- Et j'ai des attaques, ou je dois me servir de ma force physique ?

- L'instrument de musique que tu possèdes permet de détruire le système nerveux de ton adversaire lorsque tu joues un air maléfique. Tu possèdes l'attaque Balance of Curse, il s'agit de la pesée de l'âme, mais je suppose que tu connais déjà les croyances Egyptiennes après la mort. Quant à l'attaque Kiss in the Darkness, elle fait allusion au baiser de la Déesse Nout qui enlève la vie.

- Sympathique tout cela. Dis-je, sur un ton ironique.

- Je vais te faire visiter le château d'Hadès. » Conclut-elle, sur un ton glacial.

Sans vouloir paraître vulgaire, je suis dans un sacré merdier. Engagée dans l'armée de ce Hadès contre ma propre volonté, quelle plaie. Je découvre les salles diverses et variées de ce château qui était avant une grande cathédrale. C'est étrange, je n'ai vu personne. Ce qui est assez inquiétant sachant qu'il existe 108 Spectres.

Pandora me dit que seulement deux filles sont des Spectres désormais. Elle préfère donc me laisser la chambre dans laquelle je me suis réveillée, ce qui m'arrange.

Je n'arrive pas du tout à me souvenir de ce qu'il s'est passé avant que je n'atterrisse ici. Je sais juste que mon village a été détruit par les Chevaliers d'Athéna, selon Pandora. Mais au fur et à mesure que je découvre toutes les salles peintes du noir des Ténèbres et dans lesquelles règnent une ambiance de silence et de mort, un grand désir de vengeance et de haine commence à naître en moi.

Pandora me parle de notre « hiérarchie ». Hadès est notre maître et elle est sa sœur. Nous, Spectres, obéissons à leurs ordres ainsi qu'à ceux des trois Juges des Enfers, Minos, Rhadamanthe et Eaque.

En traversant le couloir qui me mène à ma chambre, une ombre marche face à nous. Ah, je vais enfin pouvoir rencontrer l'un de mes nouveaux… camarades ?

Face à nous apparaît un garçon qui semble avoir une quinzaine d'années environ. Il porte une armure noire qui laisse voir son torse. Il a la peau mâte, les yeux dorés et les cheveux courts et blancs. Ce qui est amusant c'est de voir sa démarche féline.

« C'est qui celle-là Dame Pandora ? Demande t-il, une fois à notre hauteur.

- Le nouveau Spectre du Sphinx.

- Et toi, qui es-tu ? Demandais-je avec sympathie.

- Je suis Cheshire du Caith Sith, de l'Etoile Terrestre de l'Animalité.

- C'est bien, entre bestiole, vous devriez bien vous entendre. » Dit Pandora sur un ton sec avant de partir, suivie de près par le jeune garçon qui ne m'adresse pas le moindre sourire.

Le Caith Sith, une créature surnaturelle issue du folklore Irlandais ayant l'apparence d'un énorme chat noir, et possédant une tâche blanche sur le torse. Ce n'est donc pas étonnant qu'il ait l'air d'avoir un côté bestiale.

Enfin, je retourne dans cette chambre qui est désormais la mienne. Je m'assois sur mon lit et m'ennuie déjà. Il n'y a vraiment rien à faire dans ce trou ! Mais qu'est-ce que je fiche-là ?! Et qu'est-ce que ça m'énerve de ne pas rencontrer son fichu Hadès. Remarque, il vaudrait mieux, je serai tentée de lui foutre une bonne tarte dans sa tronche.

Je pose l'instrument de musique sur mes genoux et tente d'y jouer en titillant les cordes.

Malheur et désespoir, comme ce son est laid. Je ne sais pas si c'est parce que je joue mal, mais… Pouah ! Jouer avec ce truc devant un Dieu, non merci.

De toute façon, une fois que j'aurai gagné la confiance de tout le monde, j'en profiterai pour m'enfuir. Pour ne plus m'ennuyer, je prends un carnet avec des feuilles blanches et commence à dessiner.

Et puis, si je m'enfuis, je me ferais un plaisir de défaire moi-même l'armée d'Athéna. Si ses Chevaliers ont détruit mon village pour leur guerre à deux sous, je n'aurai aucune pitié pour eux.

Après avoir dessiné, particulièrement des animaux, je décide déjà de retirer mon Surplis, et de me coucher pour dormir un peu.