The End

Je m'appelle Blair Sandburg et j'ai fêté mes 84 ans il y a quelques mois. Je suis un Guide. qui n'a plus de Sentinelle.

Ma Sentinelle, mon ami, mon frère, mon confident, mon âme-s?ur, mon amour. mon amant.

Personne ne connaissait la nature exacte de nos relations sauf quelques très proches comme Simon ou Naomi.

Naomi. Maman. Elle est partie il y a quinze ans, emportée par une pneumonie alors qu'elle revenait du Népal. J'étais anéanti, mais Jim était là. Jim.

Simon va bien. Il a plus de 100 ans (je ne sais plus exactement, ma mémoire défaille un peu.) et vit dans une maison de retraite en banlieue. Qui aurait cru que les infâmes cigares qu'il fumait à longueur de temps seraient la clé de sa longévité !

Jim me manque tellement.

Notre seul regret : n'avoir jamais eu d'enfant. Nous avions envisagé l'adoption, mais aucune assistante sociale ayant un peu de cervelle n'aurait confié un enfant à un couple d'homme, policiers de surcroît. Alors, nous avons renoncé. Dommage, j'aurais vraiment aimé être père.

Le téléphone sonne, mais je ne répondrais pas. Encore des condoléances ! Je ne peux plus les supporter ! Tous ces gens qui croyaient connaître Jim, mais qui ne savaient rien de lui.

C'est égoïste, mais j'aurais préféré partir le premier. Je n'aurais pas eu à endurer cette souffrance.

Mais, tout sera bientôt fini.

Heureusement que je n'ai pas à taper sur le clavier ; je crois que mes mains ne voudraient pas bouger. Vive le progrès !

Quelle ironie ! Jim et moi avons frôlé la mort des centaines de fois au cours de notre carrière, et nous nous en sommes toujours sortis. Pas cette fois. Elle nous a rattrapé.

Je ferme les yeux et je revois Jim dans notre lit. C'était il y a deux jours et j'ai l'impression que c'était il y a une éternité.

Quand je me suis réveillé, Jim dormais toujours. Je me suis rapproché de lui pour l'embrasser, comme tous les matins, lorsque j'ai remarqué son teint pâle et froid. Je ne comprends pas comment ça se fait que j'ai pas eu une attaque en comprenant qu'il était parti pour toujours.

Mon c?ur se déchire quand je pense à lui. Vous vous rendez compte qu'on a passé plus de 60 ans ensemble ! Et, aujourd'hui, je suis seul.

Mais, pas pour longtemps. Je vais bientôt rejoindre Jim où il est. Je sais qu'il n'aurait pas voulu que je fasse ça, mais je ne peux pas vivre sans lui.

J'ai avalé des somnifères ; je ne sais pas combien, beaucoup. Je suis allongé sur mon lit en attendant que la mort vienne me chercher.

J'ai programmé l'ordinateur pour qu'il envoie un message à la police dans quatre heures. D'ici là, je serais parti et ils ne pourront pas me faire revenir dans ce monde.

Je commence à sentir les effets des médicaments. Je n'arrive plus à garder les yeux ouverts.

Jim. Jim, mon amour. J'arrive.